Chapitre 8 : Premier jour de cours
- Mais, monsieur, vous ne fer…
- Désolé, mais je n'accepte pas les fainéants dans ma salle de classe ! Alors, soit, vous travaillez, soit, j'appelle votre père pour qu'il vienne vous chercher !
- Mais…
- PAS DE « MAIS » MONSIEUR ! Eloïse, reprit-il avec un changement de ton étonnement plus doux, je te dispense de la fin du cours, enfin, je veux dire que tu restes dans la salle, mais étant donné que tu as tout fait toute seule jusque-là, laisse Drago se débrouiller, d'accord ?
- Oui papa, merci, répondit la jeune fille, gênée par cet avantage, bien qu'heureuse de ne pas continuer la potion.
Le professeur retourna alors à son bureau, le bas de sa cape voltigeant derrière lui. Toute la classe s'était retournée pour voir ce qu'il se passait et regarda Eloïse s'asseoir tranquillement en croisant les bras. Le cours reprit son court, et Rogue devint encore plus désagréable avec ses élèves.
C'est d'un ton beaucoup plus poli que d'habitude que le dénommé Malefoy junior adressa la parole à sa voisine.
- Ne… ne me dis pas que tu es la fille de ce vieux con ?
« Il n'aurait jamais dû dire ça » pensa-t-elle. Il avait vraiment été sympa avec elle, du moins jusque là, et Eloïse n'apprécia pas cette remarque. Elle lui lança un regard noir, puis, sous le coup de l'énervement, sortit sa baguette magique, et la pointa discrètement sur lui.
- Tu n'oserais pas, lui dit-il, apeuré.
- On parie ? fit-elle, sur un ton de défi, et, contrairement à lui, à voix haute.
Mais Harry posa sa main sur son épaule et la regarda, puis bougea la tête de droite à gauche en voyant le visage d'Eloïse. Le blond n'en valait pas la peine.
La sonnerie retentit enfin. Eloïse sortit la première de la salle. Ne connaissant pas le chemin, elle dut attendre Hermione. Elle suivit sa classe sans adresser la parole aux autres. Elle s'était approchée un peu plus du trio, histoire que personne ne lui adresse la parole. Car elle le savait, elle serait capable d'envoyer n'importe qui balader à cet instant.
Malefoy jetait des regards de chien battu à la fille du professeur, ce qui fit rire Harry et Ron. Eloïse n'avait qu'une idée en tête : le tuer.
Après quelques marches et quelques dizaines de mètres, Harry tenta de faire la conversation.
- Eh, ça va bien Eloïse ?
- Euh… ouais, ça va… je stresse un peu, je ne sais pas comment ma mère va être avec moi…
- Ta mère ? cria presque Ron.
Eloïse grimaça. Elle venait encore de faire une gaffe.
- McGonagall m'a pratiquement fait jurer que je n'en parlerais pas, mais… Bon, étant donné que nous avons une longue route à faire ensemble, je crois qu'il vaut mieux que je vous dise toute la vérité.
Eloïse expliqua donc brièvement ce qui s'était passé depuis qu'elle avait quitté le monde moldu. Harry, Ron et Hermione étaient très impressionnés. Hermione comprenait maintenant mieux la façon d'être d'Eloïse, et trouvait anormal qu'on ne lui ait pas permis de garder le même âge. Mais ce n'était pas une question de permission, plutôt une sorte de protection… d'après le directeur. Si Vous-Savez-Qui savait que son partisan-espion avait une fille et qu'il l'avait eu avec un membre de l'Ordre, il y aurait certainement perdu sa vie… ainsi qu'elle.
Ils arrivèrent devant la salle de métamorphose. Un lourd silence s'imposa dans le couloir. Ce dernier avait un aspect plus miteux que celui des cachots, il faisait sombre, très sombre… Quand soudain, une porte s'ouvrit à la volée.
- Bonjour ! Entrez s'il vous plaît, cela fait 10 minutes que je vous attends ! Et Asseyez-vous.
La dureté du professeur n'eût pas l'air d'affecter la classe, hormis Hermione, Harry et Ron. D'après leur expression, ils trouvaient cela étrange… Eloïse n'avait jamais eu cours avec sa mère, et ne connaissait donc pas sa manière d'être.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle à voix basse à Hermione, en allant s'asseoir à sa table, à côté du mur.
- Je sais pas, d'habitude elle… elle est sèche mais ne nous parle pas sur ce ton. Quelque chose doit vraiment l'avoir mise en colère.
McGonagall commença son cours, et posa quelques questions sur la métamorphose. Eloïse qui avait bien discuté sur les cours avec Hermione, leva la main de temps à autres, mais le professeur n'interrogea qu'Hermione, et un autre élève. Eloïse avait l'impression d'être transparente. La frustration la gagnait au fur et à mesure que le cours avançait.
La porte s'ouvrit soudainement, à la volée. Tous les élèves sursautèrent, et regardèrent qui avait fait ce bruit.
- Bonjour, dit le monsieur qui venait d'entrer.
Il était essoufflé, et n'était guère beau à voir. Une expression de dégoût apparut sur le visage d'Hermione et quelques autres élèves.
- Je viens chercher Miss Granger et Rogue, ainsi que Messieurs Potter et Weasley. Veuillez me suivre s'il vous plaît, le directeur vous attend dans son bureau.
Ron lança un regard interrogatif à Eloïse et le groupe prit ses affaires et sortit en silence. Le professeur de Potions les attendait à l'extérieur de la salle.
Ils parcoururent donc les longs couloirs du château tout en gardant le silence. Des tableaux les suivaient du regard, en chuchotant. Ils arrivèrent enfin dans le bureau du directeur.
- Bonjour jeunes gens, dit le directeur sur un ton paisible. Prenez des bonbons, leur dit-il, en nous tendant un bol rempli de délicieux bonbons au citron, dont Eloïse prit d'ailleurs une poignée.
Mr Rusard, vous pouvez prendre congé.
Il partit donc, toujours essoufflé, et les laissa en compagnie de Dumbledore.
- Bien, reprit-il, alors, tu as passé un bon début de matinée Hely ?
- Ouais, ça va ! Mis à part un petit accrochage avec Malefoy… rajouta la jeune fille en regardant Harry qui lui sourit.
- Alors, tout va bien ! Alors, en fait, comme le professeur Lupin et le professeur Rogue me l'ont fait si bien remarquer hier soir, il faudrait procéder à la libération de Sirius…
- Quoi ? intervint Ron. Libérer Black ? Vous êtes fou ?
- Non, ne vous inquiétez pas Mr Weasley, je suis en pleine forme. C'est gentil de vous inquiéter de ma santé mentale. En fait, le ministre, bien que ce soit contre son gré, va arriver dans 2 secondes…
°OooO°
