Chapitre 8 : Pour calmer mon esprit agité

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Lorsque je me réveillai, je me sentis un peu perdu. Je compris avant même d'ouvrir les yeux que je n'étais pas mon lit. Mais je n'étais pas non plus chez Kyle. Je sentais des cheveux me chatouiller la joue, mais ils n'étaient pas bouclés, il étaient lisses. Il remua et se redressa en me souriant.

_Salut. Murmurai-je, comme toujours le matin.

_Salut.

Il me donna un petit baiser sur les lèvres.

_T'as bien dormi ? Demanda-t-il.

_Ouais, répondis-je en passant lentement ma main dans ses cheveux, et toi ?

_Oh, très bien. Mais me réveiller à côté de toi c'est encore mieux.

Il fit un grand sourire et appuya son pelvis contre ma hanche. Je rougis, son érection matinale se pressait contre moi. Son sourire s'élargit encore un peu et il se mit à m'embrasser tendrement le long de la mâchoire et de ma gorge.

_Kenny...

_Hum ?

Une de ses mains glissait sur mon torse et il se mit à se frotter contre moi, lentement, parfois à demi.

_J'adorerais, euh, faire ça.

J'avais du mal à formuler des phrases cohérentes avec sa main qui ne cessait de descendre.

_Mais j'ai pas tous mes livres de cours sur moi alors faut que je repasse chez moi avant d'aller au lycée. Dis-je très vite.

_C'est trop dommage, souffla-t-il, la bouche contre mon oreille, j'espérais qu'on pourrait refaire ce qu'on a fait la nuit dernière.

Tout en répondant, mes mains traçaient des cercles sur son dos.

_On peut faire ça la prochaine fois.

Il recula et me sourit. Tous ces baisers avaient rosi ses lèvres.

_Ce serait super.

Nous nous embrassâmes encore, je sentis une décharge de bonheur dans mon ventre. Bon sang, il était tellement génial.

_Tu veux prendre le petit-dej' ? Proposa-t-il, guidé par le gargouillis bien audible émis par mon estomac. Kenny rit par petits hoquets avant de se lever.

_Je prends ça pour oui. Dit-il, et je me levai à mon tour.

_Tu peux prendre une douche si tu veux. Je vais nous faire des œufs brouillés.

_Vraiment ? Dis-je en attrapant la serviette et le t-shirt propre qu'il venait de me lancer.

_Ah, je sais bien m'occuper de mon homme.

Il me fit un clin d'œil et me pinça la fesse. Je ris et l'attirai contre moi pour l'embrasser.

_J'en ai jamais douté. Répondis-je.

Nous nous embrassâmes encore puis j'allai à la salle de bain tandis que lui descendit à la cuisine. La douche était très étroite et un peu crasseuse. Du shampoing et du gel douche premier prix étaient posés au sol. Un rose, avec des fleurs, pour Karen ; un viril et épicé pour Kévin ; des ordinaires pas chers pour les parents et un doux, à base d'ingrédients naturels pour Kenny. Je choisis de me servir du sien. C'était plutôt agréable de sentir comme Kenny. Je me dépêchai pour ne pas user toute l'eau chaude puis m'habillai avec un jean et le t-shirt que m'avait donné Kenny. Il était voyant : violet foncé, avec écrit en grandes lettres "trop sexy pour ce t-shirt". C'était tellement typique de Kenny qui cela me fit sourire. Je descendis à la cuisine où Karen était également là.

_Oh, je ne savais pas que tu étais là Stan ! Dit-elle, surprise.

_Ouais, il a passé la nuit là. Expliqua Kenny, qui versait du café dans des tasses.

_Vous vous êtes bien amusés ? Pourquoi vous m'avez pas invitée ?

_J'crois pas que Kenny aurait voulu que tu sois là.

Je souris. Kenny avala son café de travers et ma répartie me fit rire comme une dément. Je me mis à manger mes œufs sans cesser de sourire.

XXX

Le lycée fut plus sympa que d'habitude. Pendant les cours je remarquai que je me laissais distraire de plus en plus souvent et je compris que je pensais à Kenny, ce qui me surprit. Je pensais à ce que nous pouvions faire : jouer aux jeux vidéos, aller au cinéma ou bien juste traîner au parc. Je faisais déjà ce genre de choses avec lui, mais c'était plutôt des activités que l'on faisait tous les quatre, ou du moins avec Kyle. Ce n'était que depuis que nous jouions au poker que j'avais commencé à passer plus de temps seul avec Kenny, sans les autres.

J'avais adoré chaque minute de ces moments ensemble.

Je ne pus m'empêcher de sourire encore, Kyle me regardait, étonné, chaque fois qu'il me surprenait à sourire comme un débile à un mur, une chaise ou au sol, alors que je pensais à Kenny. J'étais plus heureux, je mettais de l'énergie dans chacun de mes pas, j'étais plus agréable avec mes amis. Je savais qu'ils pensaient que, soit Wendy et moi nous étions remis ensemble, soit que je voyais quelqu'un de nouveau.

Ce dont je n'étais pas vraiment sûr. Est-ce que je voyais Kenny, dans ce sens-là du terme ? Ou nous n'étions que des sex friends ? Essayer de définir notre relation me donnait l'impression de la gâcher, je n'osais donc pas le faire.

Puis, il se passa quelque chose qui détruisit mon petit monde. Cela eut lieu quelques jours après ma nuit chez Kenny, alors que j'allais partir du lycée et que j'étais à mon casier en train de ranger mes livres.

Je posai certains livres dans mon casier et le fermai en m'appuyant bien sur la porte pour être sûr qu'elle soit verrouillée. Je remarquai du coin de l'œil quelque chose à l'autre bout du couloir.

Bebe et Kenny, très près l'un de l'autre. Kenny avait son bras posé contre le casier situé à côté d'elle pour s'approcher d'elle le plus possible. Il souriait, d'un sourire que je connaissais trop bien. Je me figeai, mon épaule encore contre la porte de mon casier. La main de Bébé vint caresser les côtes de Kenny et je vis son sourire s'agrandir. Je me forçai à détourner le regard de cette scène et quittai rapidement le hall, content de ne pas à avoir à passer devant eux pour atteindre la sortie.

Arrivé en haut des escalier, à la lumière du jour, je pris plusieurs grandes inspirations. Pourquoi ça me perturbait autant ? Je connaissais Kenny ! Je savais très bien comment il
était ! Il fleurtait avec la moitié de l'école, et il avait probablement couché avec cette moitié ! Qui étais-je pour pouvoir tout à coup réclamer quelque chose ? Je secouai la tête, pour essayer de retenir les larmes que je sentais monter. J'étais ridicule, il avait dit qu'il m'aimait vraiment bien, non ?

Mais il n'avait jamais mentionné qu'on ne devait pas voir d'autres personnes.

Avais-je vraiment pensé être capable de tenir la plus grande pute au masculin de South Park en laisse ?

Je poussai un grognement de rage, énervé contre moi-même et quittai l'école, pris dans mes pensées. J'étais tellement en colère qu'il n'y avait aucun mot pour l'exprimer. Énervé contre moi-même de ne pas l'avoir vu venir et énervé contre Kenny d'être celui qu'il était. Une fois à la maison, je m'aperçus que j'étais incapable de me concentrer.

"Salut vieux, tu viens chez moi pour un entraînement ce soir ? ;)"

"Désolé, je suis pas libre"

J'avais menti et ça me mettait mal-à-l'aise, mais j'étais incapable d'affronter Kenny ce soir. Pas après l'avoir vu avec Bébé. C'était trop pour moi. Je reposai mon téléphone dans un soupir après l'avoir éteint. J'avais envie d'être tranquille ce soir. Je mis mes écouteurs et décidai de me récompenser en jouant à Assassin's Cread.

Cela ne faisait qu'une heure que je jouais, quand je sentis une main se poser sur mon épaule. Je poussai un cri et enfonçai immédiatement le bouton pause, prêt à crier sur ma sœur qui avait osé m'interrompre. Mais lorsque je fis pivoter ma chaise, je ne vis pas ma sœur les sourcils froncés ou mon père, hors de lui. C'était Kenny. J'enlevai mes écouteurs à la hâte, mes mains tremblaient.

_Alors, on est pas libre, hein ?

Je me sentis pris la main dans le sac.

_Ouais, voilà. Dis-je. Il s'avança, la main sur le dossier de ma chaise. J'étais obligé de le regarder dans les yeux et je fus figé par leur intensité.

_Stan, souffla-t-il, qu'est-ce qui va pas ?

_Rien, d'accord. J'avais juste pas envie de jouer au poker ce soir. Répondis-je, je restai vague et détournai le regard. Je savais toutefois qu'il me percerait à jour. Le fait qu'il soit si près détournait mon attention, j'avais tellement envie de le regarder, de le toucher, tout de suite.

Il attrapa mon bras et me tira de ma chaise.

_Kenny, quoi ?

Mais il me tira sur le lit et vint s'y asseoir avec moi.

_Pourquoi tu ne me dis pas ce qui va pas ?

Il caressa mon bras pour me réconforter mais à l'instant, me toucher ne fit que renforcer mon agacement et je le repoussai.

_Stan...

_Tu devrais y aller.

Je me levai mais il me tira pour me rasseoir, il tira si fort que je tombai allongé. Il m'immobilisa et se pencha sur moi en vitesse.

_Pas avant que tu m'aies dit ce qui n'allait pas.

Il avait l'air inquiet et quand nos regards se croisèrent, je sus qu'il l'était vraiment.

_Y'a rien, d'accord ? Tentai-je à nouveau, mais on entendait très clairement que je mentais. J'essayai de le repousser, mais quand ma main fut sur son épaule, au lieu de le pousser, je le tirai à moi. Nos lèvres se rencontrèrent, impatientes. Je devinai que cela l'avait surpris mais il m'embrassa quand même lui aussi.

Notre baiser devint vite plus intense, nos bouches pressées l'une contre l'autre et nos langues s'emmêlaient. Mes mains caressaient ses épaules, et, sur un élan de courage, je nous séparai pour lui arracher son t-shirt. Je n'attendis pas une seconde de plus pour caresser son corps. il poussa un gémissement et reprit notre baiser, ses mains se perdirent dans mes cheveux. Je parcourais chaque centimètre de sa peau que je pouvais toucher et ça me faisait bander. À son tour, il glissa ses main sous mon t-shirt et me l'enleva d'un seul mouvement.

Sa bouche glissa dans mon cou, et il lécha un point sensible, juste sous mon oreille. Je me relâchai complètement contre lui et gémit bruyamment. Ses mains revinrent se glisser dans mes cheveux, exactement comme il l'avait fait à Bebe. J'ouvris brusquement les yeux et je le repoussai.

_Non !

Je pris une inspiration et me levai, à la recherche de mon haut. Quand il se leva, je fis de mon mieux pour éviter son regard. Je pouvais voir son érection à travers son jean. Mais après avoir trouvé mon t-shirt et l'avoir remis, je n'avais plus d'excuse pour l'éviter. Il saisit fermement mon bras.

_Stan... Commença-t-il.

_Non ! Non ! Laisse-moi ! Je veux être seul !

Je me libérai de son emprise et bondis hors de ma chambre. Je me précipitai dans les escaliers et pris mon manteau au passage. Je ne vis que l'expression intriguée de ma mère avant d'ouvrir la porte et de sortir. Je l'entendis dire quelque chose tandis que je rejoignis la rue en enfilant mon manteau. Après avoir respiré plusieurs fois profondément, je me sentis un peu mieux. Mais j'étais toujours triste et désespéré. Je n'étais qu'un autres des plans-cul de Kenny. Je me sentais mal et tellement seul. J'avais envie de parler à quelqu'un. À Kyle.

Je sortis mon téléphone de ma poche et l'allumai. Je vis tout de suite que j'avais deux appels manqués de Kenny, il avait bien évidemment tenté de m'appeler avant de passer chez moi. Sans hésiter une seconde, j'appelai Kyle.

_Salut vieux.

_Salut, mon gars. T'es occupé ?

_T'as pas l'air bien, qu'est-ce qui y'a ?

Ce n'est qu'à ce moment que je me rendis compte que des larmes coulaient sur mes joues.

_Je... j'ai juste... Je peux venir ? Réussis-je à demander.

_Oui, oui bien sûr. Viens tout de suite, okay ?

_Okay.

Je raccrochai et fis le reste du chemin jusqu'à sa maison. Lorsque j'arrivai, il m'attendait déjà à côté de la porte d'entrée, l'air inquiet. Il me prit dans ses bras et je laissai retomber ma tête contre son épaule. Il se contenta de me serrer plus fort et de me tapoter le dos, il me laissa pleurer quelques minutes. Mes sanglots se calmèrent doucement.

_Tu veux entrer ?

_Oui, s'il te plaît.

Il me tira à l'intérieur puis nous montâmes dans sa chambre.

_Alors, commença-t-il (j'enlevai mon manteau et m'assis sur son lit), qu'est-ce qui ne va pas ?

Mais tout à coup, j'hésitai à lui dire. Est-ce que je pouvais révéler à Kyle que je voyais un de nos amis ? Alors qu'il avait toujours pensé que j'étais hétéro ? Alors que moi-même j'avais toujours pensé être hétéro ?

_Je... je, euh, je sors avec quelqu'un depuis quelques semaines.

Je m'assis à côté de lui.

_Je me disais que ça devait être un truc du genre.

_Quoi ?

Je regardai Kyle, qui lui-même avait du mal à me regarder dans les yeux.

_Eh bien, c'était plutôt évident que tu me cachais quelque chose (il fit un grand sourire) et tu étais tellement, je sais pas, heureux, depuis quelques jours que je m'étais dit que tu sortais avec quelqu'un ou un truc du genre.

Je souris à mon tour, malgré mes larmes. Il semblait bien que mes capacités de bluff n'étaient pas aussi bonnes que ce que j'aurais espéré. D'un autre côté, cacher quelque chose à Kyle était totalement impossible, mon meilleur ami était capable de lire en moi comme dans un livre ouvert, mieux que quiconque.

_Eh ben, t'as eu raison.

_Et du coup, tu t'es engueulé avec elle ?

Il me massait les épaules.

_Ouais, c'est plus ou moins ça (je détournai le regard) ça fait quelques semaines qu'on se voit maintenant. Mais elle a, disons, une mauvaise réputation. Terminai-je. C'était bizarre de parler de Kenny en ces termes. Kyle fronça les sourcils mais me laissa terminer :

_Je le savais qu'elle était comme ça, mais j'ai cru que peut-être, elle... changerait.

Je l'avais vraiment cru. Kenny et moi étions proches, je connaissais toutes ses histoires de meuf. Mais puisque c'était moi, un de ses plus proches amis, j'avais cru que s'il changerait pour quelqu'un, ce serait pour moi.

_Mais elle n'a pas changé. Terminai-je.

_Elle t'a trompé ?

_... Non, pas exactement.

_Qu'est-ce que tu veux dire ?

_C'est juste que je l'ai vue parler à un autre gars et j'ai paniqué, en gros.

_Ils s'embrassaient ?

_Non ils faisaient que discuter.

Kyle se mordit la lèvre à l'entente de ma réponse et il prit une expression exaspérée.

_Quoi ? Tu penses que ma réaction était démesurée ?

_Peut-être, oui.

_Non ! Ils discutaient et... ils se tenaient super près l'un de l'autre, elle souriait, et il touchait ses cheveux. Et... et...

Kyle m'attrapa par l'épaule et me força à lui faire face.

_Est-ce que vous avez abordé le sujet de l'exclusivité ?

_Non...

_Est-ce que tu lui as parlé de ce que tu as vu ?

_Non, je le- la fuis depuis.

Kyle leva les yeux au ciel.

_Oh nom de dieu Stan ! Tu es trop débile des fois !

_Quoi ? Mais pourquoi ?

_Tu sais comment sont les filles : elle a probablement fait en sorte que tu la vois avec l'autre gars pour te rendre jaloux.

Effectivement c'était la stratégie de beaucoup de filles.

_Peut-être qu'elle veut que vous soyez officiellement ensemble, qu'elle savait pas comment amener le sujet à cause de sa réputation et a tenté un truc de ce genre.

C'était bien trop typiquement féminin pour quelqu'un comme Kenny.

_Je sais pas, c'est pas trop son genre tous ces petits manèges.

_Est-ce que tu l'aimes ?

_Quoi ? T'es malade ? Je suis fou d'elle ! Elle est géniale et avec elle, j'ai l'impression d'être sur un nuage ! Et j'ai le sentiment que je peux lui faire ressentir la même chose.

Kyle hocha la tête, une lueur de satisfaction dans le regard.

_Est-ce que tu peux lui faire confiance ? En dépit de ses tendances... nympho.

_Mais oui ! Bien sûr que oui ! Elle est juste... très populaire, je pense, et elle en profite.

Kyle eut un souffle de mépris :

_Tout comme Kenny.

Je sentis un poids s'installer dans mon ventre.

_Ouais, comme Kenny. Admis-je à voix basse.

_Tu as ta réponse alors. T'as l'air accro à cette fille, tu devrais lui en parler. Peut-être que ce que tu as vu, n'était pas ce que tu croyais. Ce serait dommage de la perdre pour un truc aussi nul

_Ouais, t'as peut-être raison.

Kyle avait le don de résoudre tous mes problèmes en quelques mots.

_Mais j'ai vraiment envie de te dire, en tant que meilleur ami, que si jamais je découvre que cette fille te trompe...

Il serra les poings.

_Calme-toi vieux (je lui souris et pris ses poings pour l'obliger à se détendre) merci de m'avoir écouté.

_Et finalement, tu vas me dire qui c'est cette fille ?

Son sourire ne retombait pas. J'eus un coup de stress.

_Peut-être plus tard, pas aujourd'hui, okay Kyle ?

_Okay, y'a pas de soucis. Tu sais que je suis super curieux maintenant.

_Ouais, pardon. Mais je te le dirai plus tard, je te promets.

_Donc, tu te sens mieux maintenant ?

_Ouais.

_Tu veux dormir ici ?

_Oui s'il te plaît.

Nous nous préparâmes à aller au lit, j'envoyai un texto à ma mère pour lui dire que j'allais bien et que je passait la nuit chez Kyle. Je fus un peu déçu de voir que je n'avais rien reçu de Kenny, mais je me souvins que je lui avais dit vouloir être seul. Il respectait mon choix. Il fallait que je me ressaisisse et que j'affronte les conséquences de mes actes. Peut-être que je pourrais demander à Kenny de ne pas sortir avec d'autres personnes. Cette idée me rendit tout content. Qui aurait cru que parmi toutes les personnes sur terre, Kenny me ferait ressentir ça. Mais il y avait également une chance que Kenny refuse, je repoussai toutefois cette pensée pour l'instant. Ma conversation avec Kyle m'avait permis de me rendre compte que j'avais envie d'avoir Kenny rien que pour moi. Je décidai de lui envoyer un sms alors que Kyle faisait toilette.

"Salut vieux, désolé d'avoir tapé une crise, j'avais des soucis qui me trottaient dans la tête. On peut se parler demain ?"

J'avais essayé d'éviter le fameux ''il faut qu'on parle'', je n'avais pas envie d'avoir l'air d'une meuf. Il répondit dans la seconde.

"C'est pas grave. On se voit demain chez Kyle de toutes façons ?"

Ah oui, c'est vrai, la soirée chez Kyle. Je savais que Kenny travaillait toute la journée et moi je devais aller à l'entraînement, on n'aurait probablement pas le temps de se voir.

"Oui. Mais c'est dommage que les deux autres soient là ;)"

L'idée de voir Kenny seul à seul m'enchantait et je ne pouvais pas m'empêcher de flirter.

"Peut-être que Kyle peut détourner l'attention de Cartman. Ou qu'on peut s'organiser une autre soirée avec juste nous deux."

"Ca m'a l'air cool. On choisira une date demain."

"On fait ça. Je me languis ;)"

Retrouver le fleurt habituel de Kenny me fit sourire et je rangeai mon téléphone dès que Kyle revint dans la chambre.

_Oh ? C'est quoi ce sourire ? (il sourit aussi) Tu textes cette mystérieuse fille ?

_Peut-être.

C'était très difficile de m'arrêter de sourire. Nous nous mîmes au lit et il éteignit la lumière.

_J'ai trop envie de savoir qui c'est.

Kyle souriait, il se tourna vers moi.

_Bon sang Kyle, un homme ne peut-il pas avoir des secrets ?

Habituellement il aurait simplement rit et aurait continué de m'embêter, mais tout à coup il fut étrangement silencieux.

_Oui, je suppose...

Je me relevai sur un coude pour le regarder.

_Kyle...

Nos regards se croisèrent enfin. S'il lisait facilement en moi, l'inverse était également vrai. Il se sentait coupable de quelque chose. Et à présent j'avais vraiment envie de savoir.

_Quoi ?

_Qu'est-ce que tu me caches ? Allez dis-moi ! Ne me force pas à en venir aux chatouilles ! Ajoutai-je en guise de menace. Le fait qu'il soit chatouilleux était toujours très pratique dans ces situations.

_Non ! Non ! Okay !

Il recula, les mains en avant pour se protéger.

_C'est juste que... (il soupira) est-ce que je peux attendre pour t'en parler ? Je suis pas trop sûr de ta réaction.

Il avait l'air vraiment mal-à-l'aise et nerveux.

_Quoi ? Kyle ! Vieux, tu peux tout me dire ! Tu le sais !

_Je sais, je sais.

Il détourna le regard. Je détestais quand Kyle était aussi frileux.

_C'est... c'est comme toi avec ta fille mystérieuse, tu vois ?

_Est-ce que ça un rapport avec le fait que tu m'aies menti pour Yom Kippur ?

Il devint rouge comme une tomate.

_Tu le savais ?

_J'ai deviné un peu après, ouais.

_Oui... ça a un rapport.

_Juste pour être sûr, dis-je, tu n'as pas une maladie en phase terminale ou t'as pas mis une meuf enceinte, ou un truc grave comme ça ?

Cela le fit rire.

_Non, non, rien de tout ça.

_Tant mieux.

Je me rallongeai et fermai les yeux.

_Parce que ça me plairait vraiment pas de devoir convaincre Cartman de te donner son deuxième rein. Ça le tuerait, mais je pense qu'on peut passer au-dessus de ça.

Puis je lâchai :

_En parlant de Cartman, c'est pas lui la raison de ton mensonge ?

_Qu'est-ce que tu veux dire ?

_Ben, tu me caches un truc et vous êtes tout le temps en train de vous engueuler. Je me suis dit que, vous aviez peut-être trouvé un moyen d'apaiser ces... tensions.

_Quoi, quoi... quoi ?

Il recula, l'air vexé.

_C'est juste que-

_NON !

Kyle semblait furieux. Pendant un moment, je ne sus dire s'il était en colère parce que j'avais deviné ou si son secret n'avait rien à voir avec ça.

_Même si je... Cartman ?!

Il n'arrivait même pas à formuler des phrases complètes tant il était énervé.

_Pardon ! Mais il s'est tellement énervé quand Clyde a dit qu'il craquait sur toi, j'ai cru que tous les deux, en secret, vous...

_N'essaie même pas de le dire !

Une fois de plus ilme donna l'impression qu'il avait envie de me jeter au pied du lit.

_Pourquoi tu dis toujours ce genre de trucs quand on est couchés dans le même lit ?!

_Oh ! la la ! Je suis désolé, okay ?

Ça commençait à m'énerver moi aussi. Il était clair que quelque chose se tramait et il refusait de m'en parler. Peut-être que c'était important, peut-être pas. Mais le fait qu'il ne voulait rien me dire m'agaçait, et m'effrayait aussi.

_Je m'inquiète Kyle ! Pourquoi tu ne veux rien me dire ?

_T'es pas le mieux placé pour parler ! Pourquoi toi, tu ne m'as pas dit que tu sortais quasiment avec quelqu'un ?

Cela me fit taire.

_Je... je suis pas prêt à en parler. Marmonnai-je.

_Ouais, ben peut-être que moi non plus.

La tension se dissipa et Kyle se calma, comme si sa colère s'était lentement évaporée après ma réponse.

_Je te le dirai, d'accord ? Juste, plus tard.

J'acceptai et hochai la tête.

_Quand on sera tous les deux prêts.

Il acquiesça.

_Sans déconner, Cartman. Dit-il avec mépris. Il se rapprocha, sa tête se posa sur mon épaule. Nous étions tous les deux fatigués, il commençait à glisser vers le sommeil. Je marmonnai, la voix endormie :

_Mais s'il te faut vraiment un autre rein, on peut lui annoncer demain. Je suis sûr qu'à nous trois, on aurait assez de force pour le maintenir au sol.

Une image de nous quatre en train de nous débattre me vint, et, tandis que je m'endormais, elle fut remplacée par une autre de juste Kenny et moi, en train de nous chamailler. Je m'endormis en souriant.

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À suivre


Bonsoir tout le monde !

Je voulais m'excuser du retard. J'aimerais vous dire que j'ai été super occupée ces derniers mois mais ce ne serait pas la stricte vérité. Je suis occupée bien sûr, je suis toujours en master et j'ai dû également chercher un stage, mais c'est surtout la fatigue et la lassitude qui m'ont éloignée de cette fiction. Parfois je me dis que je devrais arrêter, mais je suis tout bonnement incapable de lâcher ça. Je n'écris plus du tout car mon cerveau n'a plus la force ou la patience mais je ne peux pas lâcher la traduction car je me suis rendue compte que c'était peut-être la seule chose que je faisais par pure générosité. Offrir l'accès à ses textes à des personnes non anglophones me remplit de joie. Ça, et un amour incommensurable pour l'anglais me poussent à continuer, ainsi que le fait que c'est mon dernier retranchement : personne ne sait (à l'exception d'un très petit nombre de personnes) que je traduis des fanfictions. C'est mon activité rien qu'à moi, je la partage avec vous et ça me fait vraiment ressentir quelque chose.

Et comme je le dis souvent à ma mère : vous en faîtes pas, un jour je serai au chômage et vous allez me voir tout le temps !

Jusqu'à la prochaine fois
~ BillySage