Disclamer : Ces personnages ne sont pas à moi.
Note : Oui je sais, vous allez vous dire « une revenante, elle ne manque pas d'air celle-là ! Après nous avoir abandonné ainsi…» J'assume, mon retard est impardonnable, mais les fics se révèlent aussi obsédante que ces musiques qu'on chantonne sans cesse et qui ne quittent pas votre esprit avant de l'avoir écouté une bonne fois pour toute. Ben les fics, c'est un peu pareil : faut les finir parce que de toute façon, elles ne quitteront pas votre esprit.
En espérant que la lecture vous plaira toujours autant qu'avant, et que je n'ai pas perdu ma plume.
Bonne lecture !
Ps : je dois avouer que le triangle amoureux était difficile à gérer mais heureusement, certaines de vos reviews m'ont guidé pour la suite, alors merci à vous tous !
Chapitre 8 : Réagis, bon sang !
Toute situation a forcément une solution. Qu'elle soit celle qu'on attendait ou non, elle existe. Et c'était ce à quoi se raccrochait désespérément Duo.
Son amant avait perdu ses parents, son frère l'avait trompé et avait abusé d'Heero, et pour couronner le tout, il lui avait menti en prétextant qu'Heero nourrissait des sentiments pour lui ! C'était un peu comme s'autoriser un dernier shoot alors qu'on a déjà 3g d'alcool dans le sang… Et à la colère déstabilisante du début, la rage dévastatrice qui s'était emparée de lui quand il avait affronté son frère, s'ajoutait désormais le doute terrible de se demander s'il s'agissait véritablement d'un mensonge…
Heero n'avait jamais vraiment parlé de Trowa, ne l'avait jamais évoqué. Tout au plus savait-il où se situait sa boutique, et il l'avait bien évidemment croisé en faisant ses courses. Mais leur relation s'arrêtait là. Du moins, elle en donnait toutes les apparences ! Imaginer Heero draguant Trowa entre les boîtes de petits pois et celle des lentilles, c'était inimaginable ! Et quand bien même, si c'était le cas, si le japonais nourrissait bel et bien des sentiments pour son frère, alors… Duo aurait dû se douter de quelque chose, le sentir ! Heero n'aurait jamais pu cacher quelque chose d'aussi énorme !
Sauf qu'il était ravagé par la disparition de ses parents, et que, peut-être… Le chagrin qu'il manifestait n'avait pas une seule et unique raison…
Mais Heero et Trowa… ?
Poussant un long soupir, Duo se pencha et mit sa tête entre ses mains, tentant de calmer ses pensées confuses. Ce qui découragea son partenaire de révision qui replia violemment son bouquin et le jeta sur son sac.
« Bon, ok, je vois. Monsieur n'est pas disposé à travailler ! T'aurais pu me le dire au moins ! »
« Wufy, steuplaît, c'est pas le moment… »
Le chinois haussa un sourcil, mais au lieu de sortir la répartie cinglante qu'il aurait voulu lui hurler, il baissa les épaules dans une mimique désarçonnée et soupira.
« Bon, Maxwell, je t'aime bien, t'es un bon bougre mine de rien. Chiant, mais sympathique… »
« Whaooh Wufy, tu m'impressionnes là ! Tu cherches à me draguer ? » répliqua ironiquement Duo, la tête toujours entre ses mains.
Le chinois ne daigna même pas répondre à la pique et reprit calmement :
« Mais quand t'as un truc en tête, ben tu deviens vraiment con tu sais. C'est pas comme si t'avais pas d'amis à qui parler de tes problèmes hein ? Que t'étais seul au monde, abandonné et rejeté de tous… Que t'avais pas un frère génial qui.. »
A ces mots, Duo se redressa subitement et foudroya Wufei du regard :
« Me parle pas de mon frère ! »
Le chinois plissa les yeux et esquissa un demi-sourire victorieux :
« Donc c'est là que résides ton problème. Qu'est-ce qui s'est passé ? Engueulade entre frangins, c'est ça ? »
Le natté soupira et leva les yeux au ciel, non pas parce qu'il ne voulait pas répondre, mais parce qu'il ne savait pas comment l'exprimer. Ce que Wufei comprit et il le laissa doucement venir.
« Ecoute, j'le connais peu c'est vrai, mais du peu que je l'ai vu, ton frère était un chic type. Non attends (il stoppa aussitôt la répartie que Duo allait lui sortir), tu sais que ce que je dis est vrai ! J'ai jamais vu un type couvé autant son petit frère que lui ! Il t'adore Duo, et il se plierait en quatre pour toi ! Alors quoi qu'il ait fait, je suis sûr que tu peux lui pardonner, non ? »
Duo lui retourna un regard noir et répliqua du tac au tac :
« Même s'il a couché avec mon petit copain ? »
« Ouch… Ah quand même. »
Un petit silence s'installa entre eux, le temps de digérer l'info, ponctué uniquement par les soupirs de Duo. Ce fut finalement Wufei qui décida de le rompre :
« C'est bizarre, je ne pensais pas qu'il s'agissait d'un coureur. Il avait plutôt l'air du type sentimental… Qui s'attache tu vois. Pas le genre à faire des coups en douce comme ça. »
Duo tiqua : fronçant les sourcils, il baissa son regard vers le sol, visiblement en pleine réflexion.
« Ouais… Je me suis toujours dit… Qu'il attendait le prince charmant. Un peu comme un couillon en fait. Il bosse tout le temps à la boutique, s'occupait de moi et de mon père, il ne sortait pratiquement jamais et je ne crois pas l'avoir jamais vu avec quelqu'un en fait… Maintenant que j'y pense… »
« T'as raison : c'est pas vraiment le profil du type qui saute sur tout ce qui bouge ça. Plutôt de la princesse qui attend qu'on vienne la réveiller d'un baiser pour la sortir de son trou miteux. »
Wufei ricana à cette idée, avant de donner un petit coup de coude à son ami, histoire de le réveiller.
« Il était peut-être amoureux ton frangin. Ca arrive, même à des gens très bien. »
« Et alors ! » s'insurgea soudain Duo. « Ca ne lui donnait pas le droit de se jeter sur Heero, non ? »
Le chinois leva les bras comme pour montrer qu'il n'y était pour rien dans cette affaire, mais son regard voulait en dire long quand il toisa son ami.
« Attends, il n'a pas mis un flingue sur la tempe de ton copain non plus ! Ils étaient deux, il me semble. »
« Ce n'est pas pareil : Heero était chamboulé par la mort de ses parents, il ne savait plus ce qu'il faisait, et mon frère en a profité ! »
Les mots sortaient comme du venin : ils ne faisaient pas de mal à Duo, ni de bien d'ailleurs, mais c'était plus fort que lui. Maintenant qu'il avait avoué le début, il fallait que toute sa colère ressorte, s'extériorise pour le libérer.
« Ecoute Maxwell, j'suis pas d'accord là. Je pourrais perdre père et mère, ma vie, mon avenir et mes espoirs, je n'accepterai pas pour autant de coucher avec toi et de tromper Quatre ! C'est peut-être pas sympa ce que je te dis, mais ton Heero n'est pas tout blanc dans cette histoire.»
Ce fut comme un uppercut pour Duo qui jeta un regard estomaqué au chinois.
« Attends, tu peux pas dire ça.. »
« Je le peux et en plus, je le pense ! Maxwell, c'est mignon d'être amoureux, mais faut pas que ça te rende aveugle non plus. »
Sidéré, le natté secoua la tête, refusant d'abord d'y croire… Avant que les paroles de son ami n'atteignent son cerveau et qu'il ne finisse par ouvrir les yeux.
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Quand Duo rentra ce soir-là, une étrange tension régnait dans le salon. Heero était assis sur le canapé, les dents serrées et le menton posé sur ses mains jointes, comme s'il l'attendait depuis quelques temps déjà, rongé par quelque chose.
Un peu inquiet, le natté déposa son sac dans l'entrée et s'approcha, jetant sur son compagnon un regard tendre.
« Tout va bien ? »
« Huumm ? » Le japonais releva le regard et sembla soudain reprendre contact avec la réalité quand il l'aperçut. « Ah, je t'attendais. Viens t'asseoir. »
Duo obéit aussitôt, l'instinct aussitôt en alarme. Etait-il arrivé quelque chose pendant son absence ? Une mauvaise nouvelle ?
« Heero, qu'est-ce qui se passe ? »
Le japonais ferma les yeux un instant, soupira et inspira un grand coup comme pour se donner du courage, avant de regarder à nouveau son compagnon.
« Je suis allé voir ton père aujourd'hui. »
« Pardon ? »
Duo pâlit brusquement alors que le cauchemar semblait refaire surface.
« Tu as fais QUOI ? » hurla-t-il, effaré.
Surpris par la réaction du natté, le japonais fronça les sourcils et haussa les épaules le plus naturellement du monde, comme si Duo avait un comportement disproportionné.
« J'ai vu ton père. En fait, j'allais voir ton frère, mais c'est ton père qui a ouvert. »
« Qu'est-ce qu'il t'a dit Heero ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ? »
« Mais… Rien, je t'assure. Il m'a simplement souri quand je lui ai dis que je voulais parler à Trowa, et… »
Duo ferma les yeux, pâle comme la mort, et le japonais s'inquiéta aussitôt.
« J'ai fait quelque chose de mal ? »
« Qu'est-ce que tu lui as dit exactement Heero… ? »
« En fait, c'est pour cela que je voulais te parler : je pense que c'est mieux que je t'en parle d'abord, et qu'ensuite je vois Trowa. J'ai compris cela en voyant votre père, et… »
Duo attrapa soudain son amant par la main et plongeant un regard angoissé dans le sien, il lui redemanda d'une voix pressante :
« Heero, qu'est-ce que tu as dis à Treize ? »
« Treize ? »
« Mon père bordel ! »
« Que j'étais un ami de Trowa et que je devais lui parler d'une chose importante. »
« Et il t'a demandé de quelle chose il s'agissait, n'est-ce pas ? »
« Oui. Oui mais je lui ai dit que c'était une chose personnelle, qui ne regardait que Trowa et moi, et… »
« Et il a souri en disant qu'il allait lui en parler, avant de te claquer la porte au nez. »
« Comment tu sais ? »
Passant sa main sur son visage, Duo souffla bruyamment. Dans l'esprit de Treize, Trowa était sa chose, son objet et son jouet personnel. Si quelqu'un s'avisait de venir, un 'ami' prétextant qu'il avait quelque chose de 'personnel' à lui dire, qui ne le regardait pas et dont il était exclu, son esprit dérangé verrait cela comme une tentative de lui échapper. Si son fils adoré commençait à lui cacher des choses, alors il n'était pas entièrement à lui. Et s'il n'était pas entièrement à lui, alors…
Il sentit à peine Heero serrer sa main dans un geste tendre, mais il l'entendit clairement lui murmurer :
« Ecoute, je sais que j'aurai dû te le dire plus tôt. Te cacher cela a été la pire erreur de ma vie. J'ai été bête, je me suis laissé emporter par le courant sans trop savoir comment réagir mais… Je suis amoureux de toi… et de Trowa. Je suis désolé, c'est… »
Il s'attendait probablement à tout sauf au regard effrayé que lui lança le natté alors qu'il achevait sa phrase :
« C'est ce qui va le condamner. Notre père ne lui pardonnera jamais Heero… Tu ne connais pas Treize, tu… Oh mon dieu, il faut que j'aille le prévenir ! Il ne doit pas rentrer ce soir ! »
Et il bondit hors du canapé pour courir vers la porte.
« Qu'est-ce que tu dis ? » s'alarma Heero alors qu'il le suivait avec la même précipitation.
Il vit le natté jeter un coup d'œil sur sa montre, serrer les dents et gémir :
« La boutique est fermée depuis plus d'une heure… Merde, bon sang, merde ! »
Il allait sortir quand il se figea soudain et plongea son regard dans celui de Heero :
« Tu as dit que tu l'aimais, c'est ça ? »
« Oui. »
« Putain Heero… T'aurais dû le dire avant. Sérieux, t'as pas assuré sur ce coup ! »
Et il sortit en courant, suivi de prés par un japonais alarmé par l'attitude de son amant.
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..
..
A suivre…
