Chapitre 7: Whispers in the dark
Encore un énorme merci à toutes! Vos reviews sont vraiment sympathiques et encourageantes et encore un gros Hourra pour les guests qui sont si fidèles!
Dans ce chapitre nous abordons quelque peu la vie de Castiel dans les rues et la passion entre lui et Dean devient de plus en plus vibrantes...Drrrr
Merci encore à Marian cléa qui a corrigé le tout!
Bisoux!
You'll never be alone
When darkness comes I'll light the night with stars
Hear the whispers in the dark
No
You'll never be alone
When darkness comes you know I'm never far
Hear the whispers in the dark
Whispers in the dark
You feel so lonely and ragged
You lay here broken and naked
My love is
Just waiting
To clothe you in crimson roses
I will be the one that's gonna find you
I will be the one that's gonna guide you
My love is
A burning, consuming fire
- Skillet-
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Castiel demeura silencieux durant tout le trajet les ramenant à l'appartement de Dean. Depuis la terrible annonce de son passé, le jeune homme avait tenté de se reprendre et de faire bonne figure mais échouait passablement. Il ne répondait que par monosyllabe aux questions et demeurait tête basse. Dean décida de le ramener immédiatement chez lui et Bobby le lui autorisa.
Il était à peine 20h00 lorsqu'ils arrivèrent devant le bloc appartement et Castiel sortit tranquillement de la voiture pour suivre docilement Dean jusqu'à l'entrée. Il demanda timidement s'il pouvait prendre une douche et emprunter quelques vêtements à Dean.
- Oh ! Je me souviens maintenant que Benny avait ramassé quelques effets personnels de ton appartement…Des choses qu'ils ont fini d'analyser et qu'ils te remettent. J'ai mis le sac dans le coffre de la voiture !
Il sortit de l'appartement et retourna au stationnement où il trouva le grand sac poubelle qu'il y avait mis quelques heures plus tôt.
Lorsqu'il revint à l'appartement, Castiel regardait tranquillement les quelques photos que Dean gardait sur son meuble télévision. Le jeune homme tourna brièvement la tête vers lui à son arrivée mais retourna ensuite à la contemplation des photos. Une en particulier semblait lui plaire particulièrement…Sam et Dean, quelques mois plus tôt lors d'un BBQ, les bras de Dean autour de son jeune frère, tous les deux souriant avec bonheur.
- Mon frère Sammy….Sam en fait. Il déteste que je l'appelle Sammy alors bien sûr je ne manque pas de le faire.
Castiel sourit doucement sans quitter la photo des yeux.
- Vous vous ressemblez.
Dean se rapprocha, surpris.
- Oui ? Tu es bien le premier à dire ça…La plupart des gens ne cesse de dire que l'un de nous est adopté…J'ai longuement fait peur à Sammy avec ça…Pauvre Môme…
Castiel se retourna vers Dean au moment même où Dean souriait de tendresse à la pensée de son frère.
- Tu l'aimes beaucoup non ? remarqua Castiel.
- Oui…Je donnerais ma vie pour lui…Papa n'était pas très présent alors…On s'est serré les coudes, tous les deux.
- Il est lui aussi policier ?
Dean eut un petit rire.
- Nah ! Lui c'est le vilain de la famille…Il est avocat…Mon père en a eu des cheveux blancs !
- Ton père est policier ?
- Oui…C'est…Cass c'est lui qui t'a trouvé…Je veux dire…Il y a 17 ans.
Castiel ouvrit de grands yeux étonnés et Dean se demanda soudainement s'il faisait bien de ramener ainsi le sujet sur le tapis. Castiel sembla accuser le coup doucement mais il ne s'étendit pas sur le sujet, même si Dean put jurer par son regard qu'il allait le questionner sur le sujet lorsque le moment serait venu.
- Tu as d'autre frère ? Une sœur ? demanda Castiel.
- Non.
- Et ta mère est décédée ?
Cette fois Dean fronça les sourcils.
- Comment as-tu deviné ?
- Oh… Castiel sembla mal à l'aise et promena doucement les doigts sur la photo de Mary Campbell qui trônait au centre de toutes les autres.
- La place que tu lui as réservée sur ce meuble…Et tu as un jour parlé des tartes de ta maman avec une voix si emplie de tendresse que ça en était évident.
Dean ne put s'empêcher de sourire.
- Tu es très observateur Cass…Tu ferais un bon inspecteur de police…
Castiel haussa les épaules, amusé.
- Ce serait drôle non ? L'ancien prostitué devenu policier…
- Pourquoi pas ? Et je dois avouer que j'aime quand tu dis ancien prostitué Cass.
Cette fois les épaules de Castiel semblèrent s'affaisser sous le poids de la fatigue.
- Tu sais…Je n'envisage pas très bien le futur en ce moment Dean…Je crois que je n'arrive même pas à envisager ce que je vais faire dans la minute qui suit…
- Moi je sais…Tu vas prendre une douche pendant que je fouille dans mes vieux DVD pour nous trouver un film à regarder…D'acc ?
Castiel sourit légèrement.
- Ça me va comme futur immédiat…J'aimerais que ce soit toujours aussi facile.
- Prends une chose à la fois Cass…Et file à la douche.
Castiel prit le sac plastique que Dean lui tendait et disparut vers la salle de bain.
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Dean prit un bon moment à choisir attentivement un film qui n'éveillerait pas le chagrin de Castiel…Un film neutre, quelque chose qui lui changerait les idées. Il porta son dévolu sur un bon vieux Stars Wars.
Lorsque Castiel revint de la douche, il était évident qu'il avait pleuré mais Dean ne posa aucun commentaire et il l'invita à venir s'asseoir près de lui. Castiel portait vraisemblablement des habits qui provenaient de son sac. Un pantalon Adidas noir et un chandail de coton bleu avec capuchon. Il portait également de gros bas bleus avec des dessins de chat dessus.
- Beaux Bas ? rigola-t-il.
- Te moque pas ! Ils sont confortables ! Je les gardais pour mes quelques rares petites soirées chez moi…Meg me les avait achetés…
- Ils sont mignons…
- J'aime les vêtements confortables…Je déteste m'habiller comme je dois le faire tous les jours…Il y a un certain code vestimentaire à respecter lorsque nous sommes dans la prostitution et on doit s'y conformer. Ce code permet aux clients habitués de reconnaître qui sont des prostitués et qui ne le sont pas…
- Je ne savais pas qu'il y avait ce code pour les garçons… avoua Dean.
- Jeans noirs en tout temps…Jamais de chemises à boutons. Les clients préfèrent enlever un chandail ou un t-shirt, c'est plus rapide. Je détestais me conformer à ce code mais même lorsque je ne travaillais pas et faisais exprès de porter un jeans bleu et une chemise je me faisais tout de même accoster…Tout le monde connaissait Cassie-la-putain.
- Cass…
- C'est la vérité Dean…Après deux ans à côtoyer la rue j'y étais beaucoup trop connu à mon goût…J'ai jamais eu de problème à trouver des clients…Ça avait ses avantages…Je faisais souvent le tapin pour aider Meg…Lorsqu'elle était en crise de sevrage Meg n'était plus en capacité de faire quoi que ce soit et les clients des filles sont plus difficiles à trouver…Il y a plus de filles que de garçons qui se prostituent et les clients ont donc un vaste choix…Nous les garçons étions plus rares…Et moins résistants…Tous ceux que j'ai connu étaient sur l'héroïne et ils n'ont pas fait vieux os…Il n'y avait pas de compétition entre nous…On s'évitait un peu…Sauf Adam et Alphie…Nous nous entendions très bien tous les trois…C'est pour cela qu'il les a tués…Hein ?
Dean ne put s'empêcher de poser une main sur la joue du jeune homme.
- Probable Cass…
- Il a tué Meg…Il a tué mes deux autres amis…Il a tué mon grand frère et ma grande sœur…Mon père et ma mère…
Castiel releva alors les yeux vers Dean et son visage se crispa de douleur.
- Alors qu'est-ce qu'il attend pour me tuer ! Après m'avoir tout arraché ! Qu'il en finisse donc avec moi !
- Cass ! Ne dis pas ça ! le supplia Dean mais Castiel pleura avec rage.
- J'ai jamais rien eu Dean ! Une vie de merde par sa faute ! Il m'a arraché ma famille et je me suis retrouvé avec les pires salauds de parents nourriciers ! Je ne servais qu'à leur procurer une allocation du gouvernement pour la plupart ! Les autres se sont servis de moi comme défouloir et deux de mes pères ont abusé sexuellement de moi, faisant probablement ce que je suis…Qu'est-ce que je serais aujourd'hui s'il n'avait pas tué ma famille Dean ?
- Tu serais toi, Cass…
- Non ! Je serais mieux ! Je serais probablement au collège…J'aurais un grand frère et une grande sœur...Peut-être des nièces et des neveux…Et un père…Une mère…Je serais peut-être en train…
- Arrête Cass…S'il te plaît. Tu te fais du mal pour rien… le supplia Dean mais Castiel éclata en sanglots.
Dean le laissa pleurer. Castiel se rapprocha de lui et enfouit son visage contre la poitrine du policier et y déversa ses sanglots en hoquetant de douleur. Ses mains agrippèrent le chandail de Dean et il pleura, encore et encore. Dean posa ses bras autour de lui et le serra contre lui, revivant avec douleur ce moment où, 17 ans plus tôt Castiel avait également pleuré ainsi contre lui. Et comme 17 ans plus tôt, Castiel finit par s'endormir d'épuisement. Il demeura immobile et silencieux, regardant à peine la télévision et le cœur serré chaque fois qu'il posait le regard sur le visage endormi contre lui.
Lorsque le film se termina, Dean décida de tenter de bouger Castiel vers la chambre, le divan étant beaucoup trop inconfortable pour eux deux. Sans compter qu'il avait passé la nuit précédente à le veiller sur une chaise et qu'il avait vraiment besoin de dormir à présent. Castiel dormait profondément et Dean décida de le porter jusqu'au lit…Castiel semblait si léger qu'il fut étonné lorsqu'il le souleva. Le jeune homme était décidément moins chétif qu'il en avait l'air…Il devait avoir une certaine musculature sous cette apparente fragilité. Il le porta tout de même sans trop de problème comme il porterait son épouse la nuit de leurs noces.
Castiel s'éveilla au moment où il tentait de le déposer doucement sur le lit et sa voix le fit sursauter lorsque Dean vint pour quitter la pièce.
- Reste Dean…S'il te plaît.
- Non Cass…Je te laisse le lit.
- Je me conduirais correctement…Promis.
Dean put jurer que le jeune prostitué souriait même s'il ne pouvait le voir. Il hésitait à aller le rejoindre parce que quoi qu'en disait Castiel, ce n'était pas lui la menace dans ce lit mais bien Dean…Jusqu'où pourrait-il contrôler le désir qu'il ressentait de plus en plus vivement face au jeune homme ?
Castiel se fit suppliant.
- S'il te plaît…Je ne veux pas rester seul Dean…
- Je serais à côté Cass…
- Je suis bien contre toi…Je me sens bien pour la première fois de ma vie Dean…
Le ton de la phrase était innocent et Dean comprit que Castiel pensait vraiment ce qu'il disait.
Il capitula. Il retira sa chemise et son pantalon dans l'obscurité de la pièce et demeura en boxer. Il alla s'étendre à ses côtés et soupira de bien-être en sentant le confort de son matelas sous ses muscles endoloris. Ils restèrent silencieux un long moment et Dean crut que Castiel s'était rendormi.
- Dean ? demanda-t-il doucement.
- Hum ?
- Pourquoi vis-tu seul ?
C'était probablement la dernière question à laquelle s'attendait Dean.
- Je sais pas…Je travaille beaucoup et je ne cherche pas particulièrement à m'établir…
- Tu as eu beaucoup de femmes dans ta vie ?
Dean eut un petit rire.
- Dans mon lit oui…Dans ma vie un peu moins...La dernière était Lisa. Nous nous sommes fréquentés durant 3 ans.
- Après 3 ans est-ce encore de la fréquentation, Dean ?
- Je ne sais pas…Il y avait un vague projet de mariage en vue mais sans plus…
- Que s'est-il passé ? Pourquoi est-elle partie ?
Dean fronça les sourcils et se tourna sur le côté pour faire face à Castiel, même s'il ne pouvait le voir.
- Pourquoi sautes-tu immédiatement à la conclusion que c'est moi qui a été largué ?
- Je trouve que c'est évident…
- Ok…Là c'est carrément insultant ! Tu veux m'expliquer ?
- Je ne crois pas que tu sois le genre à ne plus aimer une personne…
- Et tu devines ça comment, Sherlock ?
Il sentit Castiel hausser les épaules près de lui.
- Tu es du genre fidèle et éternel…Tu aimes passionnément…Que ce soit ton frère ou ton job…Tu sais Dean, on ne passe pas sa vie à coucher avec le premier client venu sans apprendre à lire à travers les hommes…
Dean grogna dans sa barbe et décida de détourner la discussion de lui.
- Et toi ? Tu as eu des amoureuses ?
- Je suis gay Dean…Je croyais que c'était évident.
- Parce que tu te prostitues ? Tout le monde sait que presque la totalité des jeunes prostitués mâles sont hétéros…
- Je sais…Mais je croyais que c'était tout de même évident que j'étais gay…
- Non…En fait je ne me suis pas trop posé la question.
- Ça ne t'intéressait pas ? demanda Castiel et cette fois Dean entendit la petite nuance de charme dans sa voix.
- Tu devrais essayer de dormir…Peste !
- Pourquoi Lisa est-elle partie ? demanda à nouveau Castiel et Dean soupira.
- Tu ne vas pas abandonner, hein ?
- Je suis curieux…Je veux savoir pourquoi on quitte un homme comme toi…
- Cass ! Arrête ton charme ok !
- Je suis seulement curieux Dean…
Dean prit une grande inspiration.
- Elle est tombée enceinte…Nous étions fous de joie…J'étais vraiment l'homme le plus heureux de la terre…Je flottais sur un nuage ! J'en étais à décorer la petite chambre quand elle m'a avoué que le bébé n'était pas de moi, qu'elle avait un amant…Mon monde s'est écroulé…Je lui ai laissé la maison et je suis venu habiter ici…Ça va maintenant ? On peut dormir ? demanda-t-il d'un ton un peu plus brusque qu'il ne l'avait voulu.
Castiel ne sembla pas s'en formaliser et vint s'étendre contre le policier. Il posa sa tête sur la poitrine de celui-ci et s'endormit.
Dean le suivit rapidement dans le sommeil, enroulant ses bras autour du jeune homme. Le contact du corps de celui-ci contre le sien et l'odeur propre de Castiel tout près de son nez le remplit d'un désir mordant mais aussi d'un sentiment de tendresse inconnu.
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Le lendemain il s'éveilla doucement et s'étira longuement. Il ne se souvenait pas avoir passé une aussi bonne nuit de sommeil depuis des lustres. Il regarda le réveil et constata qu'il était déjà 7h00 du matin. Il fronça les sourcils en voyant que Castiel n'était plus au lit et il se leva immédiatement. Il n'eut pas le temps de paniquer puisqu'il entendit clairement le son des assiettes s'entrechoquant dans la cuisine. Il s'y dirigea et y vit un Castiel afféré, manifestement à faire une pâte à crêpe. Il lui faisait dos mais Dean remarqua qu'il portait ses propres vêtements : un jeans bleu défraîchi, un t-shirt vert pomme avec un symbole de Superman et une longue chemise blanche par-dessus.
Jeans bleu et chemise…Était-ce un message ? Était-ce une sorte de révolte non verbale contre le code des prostitués ?
Dean l'espérait, sans compter que Castiel était tout simplement et illégalement trop sexy dans ces vêtements.
Celui-ci se tourna lentement vers lui, un bol à mélanger à la main et lui sourit de son sourire charmeur. Dean remarqua pour la première fois de petites fossettes lui creusant les joues.
- Tu as bien dormi, Dean ?
- Ouais…Merci… dit-il mal à l'aise et conscient que son regard parcourait le corps du jeune homme avec gourmandise.
- Tu sembles bien éveillé… Et cette fois-ci le sourire de Castiel se fit pratiquement aguicheur et Dean sursauta en se souvenant qu'il ne portait qu'un boxer et que sa longue contemplation de Castiel avait grandement émoussé son érection matinale. Il jura fortement en se dirigeant rapidement vers la douche.
- Prends ton temps Dean…Je termine le petit-déjeuner… lui provint la voix de Castiel alors que Dean refermait la porte derrière lui.
Il ouvrit le robinet de la douche et laissa l'eau s'écouler un moment. Deux choix s'imposaient à présent. Douche froide pour tenter de faire taire cette fichue érection ou douche chaude pour la satisfaire ?
Décision, décision…
Un coup d'œil à son sexe fièrement dressé le convainquit que l'option numéro 1 était peine perdue. Il y avait déjà trop longtemps qu'il négligeait ce besoin vital. Il ne se rappelait pas la dernière fois qu'il avait couché avec quelqu'un et à peine de sa dernière masturbation…Qui devait avoir été fade et sans attrait…
Mais à présent il sentait le désir sexuel se venger sournoisement de son indifférence. Castiel l'émoussait et le rendait presque fou de désir. Son corps avait tout ce que Dean recherchait d'un garçon…Jeune sans être adolescent…Mince mais masculin…Il avait une allure féline…Des lèvres rouges et tentantes qu'il imaginait si bien sur lui…Son odeur propre était alléchante, ses mains fines…Un visage digne d'un Dieu…Et ces yeux ! Bon sang ! Ces yeux profonds et vifs…Bleus comme la mer…
Dean ne réalisa pas immédiatement que sa main s'était portée à son sexe et qu'il la promenait avec force de haut en bas.
- Merde ! jura-t-il en pénétrant sous la douche. Il se masturba avec force, emporté par ses visions mentales du visage de Castiel. La force de l'orgasme le fit gémir le nom de celui-ci doucement et il éjacula en longs jets contre le carrelage de la douche. Il prit un moment pour se ressaisir et espéra de tout cœur avoir été discret. Il savait la salle de bain passablement loin de la cuisine mais la pensée que Castiel puisse l'avoir entendu le rendait honteux. Il se sentit tout de même soulagé d'une certaine tension et espérait être à présent en mesure de fonctionner normalement pour le restant de la journée.
Castiel terminait de mettre la table lorsque Dean fut enfin lavé et habillé.
- Tu es très chic, lui fit remarquer Castiel d'un coup d'œil à son costume.
- Oh…Merci…Avant d'avoir ce job je ne portais jamais de costume…J'ai fini par m'habituer.
- On a tous les deux un costume de scène…On dirait, lui dit calmement Castiel et Dean ne répondit pas. Il s'assit à table devant une assiette garnie de crêpes d'où émanaient une odeur des plus appétissante.
- Hum ! Ça a l'air délicieux !
- J'espère que ce le sera…Je n'avais pas cuisiné de crêpes depuis un bon moment… avoua Castiel. Dean prit une bouchée et le félicita grandement. Les crêpes étaient tout simplement délicieuses.
- Quel est le plan d'aujourd'hui ? demanda Castiel avec un air léger qui ne trompa pas Dean.
- Crowley viendra te voir vers 14h00 de l'après-midi.
Castiel regarda son assiette sans rien dire et Dean le poussa un peu.
- Ça te fait peur Cass ?
Castiel soupira profondément.
- Quoi ? De disjoncter comme un inadapté en étant envahi de souvenirs que je préférerais continuer à oublier ? Oui.
- T'es pas forcé, tu sais.
- Tu mens mal, Dean.
- Rien ne t'oblige ! insista le policier.
- Mais je le dois Dean ! J'ai probablement vu le visage de ce monstre et je dois me rappeler !
- Ça fera mal, Cass.
- Ça fait déjà mal ! Si je peux aider la police à attraper ce monstre je le ferais ! Même si il faut que je me torture la mémoire pour cela…
- C'est…C'est très courageux de ta part, Cass… lui dit Dean sans arriver à cacher son admiration.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de courageux à vouloir venger sa famille.
- Ça l'est Cass…Tu es une personne courageuse et je m'en rends compte chaque jour que je passe avec toi…Avec tout ce que je sais de ton passé, les familles que tu as eues, les abus puis la malchance qui t'ont poussé à faire le trottoir…Je…Tu n'as jamais plongé dans la drogue ou l'alcool pour tout fuir Cass…Tu as affronté tout cela la tête froide et je crois que c'est très courageux de ta part.
Castiel resta un long moment silencieux, les yeux perdus dans le vague.
- J'en ai souvent eu envie Dean…Je voyais Meg s'évader dans son monde lorsqu'elle se faisait une injection d'héroïne et je me demandais ce que ça ferait de pouvoir s'envoler au-dessus de la douleur pour une fois, au lieu d'avoir le visage plongé dedans.
- Qu'est-ce qui te retenait Cass ? lui demanda doucement Dean et Castiel haussa les épaules.
- Il devait bien y avoir quelqu'un pour aider Meg lorsqu'elle se vomissait dessus…Et avant Meg il devait bien y avoir quelqu'un pour tenir le fort lorsque mes parents nourriciers faisaient la fête durant des jours en oubliant les plus petits qui pleuraient…Je crois que ce qui m'a retenu était qu'il y avait toujours quelqu'un qui pourrait avoir besoin de moi…Non pas pour des actes héroïques mais juste d'être là tu vois…Juste être là pour les relever, pour ramasser leur vomi ou pour les soutenir quand les murs tanguaient trop…
Dean ferma les yeux un moment et lorsqu'il les rouvrit et se décida à parler, ce fut avec une voix chevrotante.
- Et tu oses dire que ta vie ne vaut rien Cass ? Merde…T'es l'être humain le plus pur que je connaisse.
Castiel le fixa un moment, les yeux emplis de reconnaissance.
- Pourquoi tu fais cela Dean ? demanda-t-il après un instant.
- Quoi ça ?
- T'occuper de moi comme cela…
- C'est peut-être à ton tour, Castiel, d'avoir quelqu'un pour juste te soutenir un peu…
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Il était encore tôt lorsqu'ils furent prêts à partir et Dean savait qu'il n'avait techniquement pas à se présenter au commissariat avant encore quelques heures. Il décida de faire avec Castiel ce que Benny avait prévu la veille. Circuler dans la ville et prendre en note les endroits que Castiel fréquentait le plus. Castiel fut d'accord avec l'idée et ils roulèrent tranquillement vers la ville, la radio de l'impala crachant du Black Sabbatt à plein poumon.
- Tu as de la musique de ce siècle, Dean ? demanda Castiel en fouillant dans la collection de vielles cassettes de musique de celui-ci.
- Arggg ! Et dire que je commençais à bien t'aimer ! beugla Dean.
- C'est seulement une constatation…
- J'aime les classiques Cass ! Comme ma voiture, la musique Rock ne se démode pas !
- Ça a son charme mais il ne faut pas rester borné comme un vieux grincheux non plus.
Le petit sourire de Castiel était merveilleux à voir, même s'il se moquait de Dean.
-C'est moi que tu traites de vieux, jeune peste ?
- J'ai dit grincheux, aussi…
- Ça je m'en fiche…
Castiel regarda par la fenêtre.
- Ici Dean…C'est ici que je passais la majeure partie de mes journées.
Dean regarda autour de lui. Ils étaient sur le boulevard principal de ce qui était le quartier des putes.
- J'avais l'habitude de me tenir là-bas… dit Castiel en pointant un coin de rue quelconque. C'est à cet endroit que mes clients habitués savaient où me trouver.
Dean prit mentalement le nom de l'intersection en note et demanda à Castiel de le guider vers des endroits lui étant plus personnalisés.
- Le mieux serait que tu me donnes un aperçu de ton horaire quotidien Cass.
- D'accord…À cette heure du matin j'étais à mon coin de rue où les habitués m'accostaient.
- Si tôt le matin ? s'étonna Dean.
- Bah oui…La plupart des clients viennent chercher un coup rapide sur le chemin du travail…Les affaires se calment alors jusqu'en fin d'après-midi, à part à l'heure du dîner où plusieurs types profitent de leur pause déjeuner pour venir chercher un garçon ou une fille. J'avais les mêmes 4 ou 5 clients à heure fixe…Mes réguliers du matin que je les nommais…
Dean fronça les sourcils et Castiel le remarqua.
- Est-ce que je suis vulgaire Dean ? Je te choque ? Je peux faire attention tu sais... demanda-t-il poliment.
- Nah…C'est pas ça c'est juste…Je ne comprends pas qu'un type puisse venir jour après jour te réclamer sans jamais avoir de prise de conscience…S'ils venaient te voir comme cela chaque matin ils devaient bien être attaché à toi, non ?
Castiel fixa son regard vers le paysage extérieur en évitant clairement son regard.
- Les réguliers n'étaient pas les pires Dean…Ils étaient même mes favoris parce que je savais exactement ce qu'ils voulaient et que c'était simple et vite fait…Ils étaient sympas aussi avec moi tu sais…Ils m'achetaient de petites gâteries que j'aimais manger, l'un d'eux avait même l'habitude de m'apporter un double Moccaccino chaque matin et il me laissait le boire au chaud dans sa voiture avant même de me demander de m'occuper de lui…Ils ne sont pas tous des monstres tu sais…La plupart sont des homosexuels qui ne peuvent pas sortir du placard parce qu'ils ont une famille et qu'ils ont peur de tout perdre…Moi je leur permets seulement de se soulager un peu…
- Comme je disais au petit-déjeuner Cass…Tu es un peu trop généreux de ta personne.
Castiel le regarda, irrité.
- Ça me permettait de manger !
Dean leva les mains devant lui en signe de défense.
- Je sais Cass...Je ne te juge pas…J'en ai l'air mais ce n'est pas le cas…Vraiment.
Castiel le regarda sévèrement un moment avant de sembler le croire et il poursuivit.
- Donc…L'après-midi était mon moment le plus libre. Il n'y a pas de client ici l'après-midi…Que des prostituées désespérées qui hantent les trottoirs. Je m'occupais de mes tâches quotidiennes à cette heure-là. J'allais faire ma lessive, je flânais un peu dans les boutiques, juste pour me rincer l'œil sur tout ce que je voudrais acheter et je prenais le temps d'aller dans le petit café que j'aimais le plus…C'est là que j'y rencontrais des copains ou des copines et que je passais de bons moments…Lorsque le soleil commençait à se coucher c'était le moment de retourner au travail. Les soirs sont les pires moments. Les clients habitués sont rentrés au chaud avec leur famille et il ne reste que les prédateurs…Ceux qui cherchent de la viande fraîche à se mettre sous la dent…Ceux qui sont souvent frustrés de leur journée, de leur vie et qui ont décidé que l'un de nous allait payer.
- Vous arrivez à les reconnaître avec le temps ? demanda Dean.
- Oui…Certains ont un véritable instinct pour deviner qu'un type serait un salaud rien qu'à voir sa voiture.
- Et toi ?
- Moi ? Non. Moi je suis complètement pourri et je n'ai absolument aucun instinct. Je suis celui qui se retrouve toujours à embarquer avec le pire de tous ! J'essaie pourtant de faire attention et de bien regarder les signes que les autres m'ont dit de prendre note mais à chaque fois je me fais avoir et je me rends compte de mon erreur alors que le type a démarré la voiture.
Castiel parlait avec une certaine colère dans la voix, une colère envers lui-même. Dean resta silencieux parce qu'il ne savait pas quoi dire. Il détestait entendre Castiel raconter sa vie de prostitué mais il n'arrivait pas à lui demander de se taire…Comme s'il avait une certaine satisfaction maladive à se faire du mal à l'écouter.
Castiel le guida vers le petit café où il avait l'habitude de passer du temps. Dean stationna la voiture et ils entrèrent dans le café presque vide. Il acheta deux cafés et Castiel alla s'asseoir plus loin tandis que Dean resta à l'avant pour questionner la jeune fille derrière le comptoir. Elle déclara très bien connaître Castiel et lorsque Dean lui demanda si elle avait le souvenir d'avoir déjà observé quelqu'un de louche, elle tiqua quelque peu.
- Il y a toute sorte de gens louches ici…J'aime beaucoup Castiel, il est sympa et si adorable mais disons…
- Disons ? l'incita Dean.
- Disons qu'il a le don d'attirer des gens dont je me serais passé autour de lui…
- Des clients ?
- Plutôt des clients qu'il cherche à fuir, si vous voulez mon avis…
- Vous souvenez-vous d'un homme en particulier ? Un homme qui vous aurait semblé très intéressé par Castiel mais sans l'accoster ?
La jeune fille réfléchit puis hocha la tête. Dean sentit son cœur sauter dans sa poitrine. Se pourrait-il qu'après des semaines de silence radio ils aient enfin une piste ?
- Il y avait ce type… commença-t-elle. Il me faisait peur. Il avait l'habitude d'arriver chaque jour quelques minutes avant Castiel…Il s'asseyait dans le fond mais il fixait Castiel sans arrêt…Au début j'ai cru que c'était un de ses clients mais je n'ai jamais vu Castiel lui parler. Le type partait toujours quelques minutes avant lui. On aurait dit qu'il connaissait son horaire sur le bout des doigts !
Dean sentait une jubilation l'envahir mais il tenta de se contenir.
- Et cet homme, vous l'avez vu récemment ?
- Non… La jeune fille sembla réfléchir. Tandis que vous me le faites penser il est vrai que je ne l'ai pas vu depuis un bon moment…Des semaines, peut-être même 1 ou 2 mois.
Dean fut désappointé. Il avait l'impression de voir ce pauvre petit espoir s'envoler.
- Accepteriez-vous de venir au commissariat Mademoiselle ? J'aurais besoin de votre description pour qu'on fasse un portrait-robot du type.
La jeune fille sourit largement.
- Oh ! Comme dans les séries policières ? Un vrai portrait-robot ?
- Un vrai... approuva Dean en lui faisant un petit clin d'œil qui fit glousser la fille.
-Oui ! Je veux bien y aller. Je peux passer après mon travail ?
- Pas de problème.
Dean en était à prendre ses coordonnées et son nom lorsqu'elle leva soudain la tête vers la table où était Castiel.
- Oh…En voilà un des types que Castiel semblait éviter.
Dean se tourna immédiatement et vit Castiel qui semblait en difficulté. Un homme dans la cinquantaine, costaud et qui le dominait de toute sa hauteur tentait de le tirer par le bras. Castiel se dégagea.
- Non je ne vais pas avec toi ! lui cria-t-il, son visage exprimant le dégoût mais aussi la peur.
- Sale petite merde ! Je t'ai cherché partout durant deux jours ! beugla l'homme.
- Je ne te dois rien ! se défendit Castiel.
L'homme lui agrippa violemment le bras et Castiel hurla de terreur au même moment où Dean s'élança.
- Tu me dois ton joli petit cul, mon beau ! rigola l'homme en tirant Castiel contre lui.
Il ne vit jamais la poigne de Dean le dégager avec force de Castiel.
- Hé vieux ! Prends un numéro ! beugla l'homme. Dean sortit son badge qu'il lui plaqua devant les yeux. Le quinquagénaire recula alors avec un air horrifié sur le visage.
- Ok Ok ! Pas la peine de noter ça Monsieur le flic.
Dean fit mine de réfléchir puis hocha la tête.
- Hum…Hors record ? Ok !
Il prit alors son élan et frappa l'homme de la meilleure droite qu'il n'ait jamais lancé. L'homme recula vivement sous le coup avant de trébucher sur une chaise et de s'affaler sur le sol. Le sang dégoulinait de son visage qu'il tenait à deux mains.
Dean le regarda avec dédain avant de se pencher vers lui.
- Oublie pas salaud…Hors record c'est des deux côtés.
Il quitta le café, Castiel sur les talons.
Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'ils soient confortablement assis dans l'impala.
- Rappelle-moi de ne jamais te mettre en colère, Dean… lui dit Castiel avec amusement.
- Le salaud l'a cherché…
- Tu m'as entendu me plaindre ? C'était chevaleresque…Si policier.
- Je SUIS policier, petite peste.
- Ouais mais tu as toujours démontré le côté gentil du policier….Là c'était si…Bad cop…
Dean regarda Castiel et réalisa que celui-ci semblait véritablement ravi.
- T'aimes, on dirait ?
- Oui… Il le gratifia de son plus beau sourire, celui que Dean nommait maintenant le sourire-petite-peste….Celui qui se savait adorable et qui s'amusait à jouer cruellement avec ce pauvre Dean.
- C'était véritablement avec plaisir Cass…Après tout…Je suis ton protecteur non ?
- Mon bodyguard ? demanda Castiel, les yeux brillant d'excitation.
- Si tu te mets à chanter cette fichue chanson Cass, je te jure que je te menotte ! le menaça Dean en démarrant l'impala.
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Dean était content d'avoir enfin une piste qui allait peut-être le relier au tueur. Il lui tardait de voir le visage sur le portrait-robot et espérait que cela allait les amener quelque part. Ils quittèrent enfin le quartier où Castiel avait si longtemps vendu son corps et Dean sentit la gorge lui nouer.
Castiel avait couru un énorme danger et cela à toutes les heures de son existence. Sans compter le dépeceur, combien de fois avait-il été en danger ? Combien de clients l'avaient tabassé ? Abusé ? Violenté ? Ou ridiculisé ? Combien l'avaient menacé ? Combien avaient usé de lui sans même un préservatif ?
Cette pensée le ramena à Gabriel qui avait proposé d'examiner Castiel et il se tourna vers celui-ci.
- Cass ?
- Oui Dean ?
- Je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi.
Castiel se tourna vers le policier et le fixa avec curiosité.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je veux t'amener voir Gabriel…Notre légiste.
Castiel fronça les sourcils.
- Votre légiste ? Dean…Désolé de te l'apprendre mais je ne suis pas mort et je ne suis pas d'accord avec l'idée de me faire autopsier.
- Je veux qu'il te fasse un test du VIH… dit Dean sans passer par quatre chemins et Castiel le regarda avec surprise.
- Oh…
- J'ai peur pour toi Cass et je veux être certain que tu sois en santé.
- Pourquoi ?
- Merde Cass ! Parce que je me préoccupe de toi ! Je croyais que tu avais enfin compris ça ! s'impatienta Dean en donnant un brusque coup de volant.
- Je ne sais toujours pas pourquoi…
- Pourquoi est-ce qu'il doit automatiquement y avoir une réponse à ça ?
- Je suis un ancien nerds Dean…J'ai besoin que tout ait une réponse…
- Et bien le petit nerds va devoir ronger son frein parce que je ne suis pas un problème mathématique à résoudre…
- Alors tu ne me répondras pas ?
Dean gronda d'impatience.
- Bon…J'accepte Dean.
Dean se tourna vers lui avec surprise.
- Tu…T'acceptes de passer des tests ?
- Oui…Ça me fait peur mais j'accepte…Si ça peut te faire plaisir.
Dean ne put s'empêcher de sourire comme un idiot.
- Ça me fait plaisir... avoua-t-il.
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Gabriel avait été ravi de l'appel de Dean et il réussit à leur réserver une heure de son horaire. Dean put donc conduire directement Castiel vers la morgue.
- J'espère que ça ne t'effraie pas trop d'entrer là-dedans… lui demanda Dean tandis qu'ils marchaient dans les longs corridors de la morgue pour se rendre au bureau de Gabriel.
- Non, ça m'indiffère.
- Ça m'indiffère… rigola Dean. Tu peux me dire à quelle école tu as étudié pour parler si…Littéraire ?
Castiel ne goûta pas la plaisanterie.
- Je m'exprime de façon très banale, Dean !
- Si tu le dis… sourit Dean en frappant à la porte du bureau du légiste.
Gabriel leur ouvrit avec son éternel sourire et son indissociable sucette à la bouche.
- Hé ! Dean-o !
Il regarda alors Castiel et sourit encore plus largement.
- Et le petit protégé ! Comment vas-tu, Cassie-siie !
- Castiel… le reprit celui-ci poliment ce qui fit rigoler le légiste qui l'invita à entrer dans la pièce avec entrain.
- Tu sais que toi et moi avons les plus jolis prénoms ? lui dit Gabriel lorsque Castiel se fut assis sur la table d'examen, vide de cadavre cette fois.
- Oui…Mais Gabriel est tout de même un archange…Je ne suis pas de taille !
- J'aime ce gamin ! rigola Gabriel.
- Castiel est plus mature que toi ! le nargua Dean.
- Et puis ? Dis Cassie…Je peux être ton grand frère d'adoption ? Je rêve d'avoir un petit frère comme toi ! Et avec nos noms ce serait super !
- Sauve-toi Cass ! lui dit Dean d'un faux ton d'urgence.
- Dean est jaloux…Quoi que je ne crois pas qu'il ne veuille de toi comme petit frère.
Dean tenta de ne pas mordre à l'hameçon parce que ce satané bouffon n'attendait qu'une réaction de sa part.
Gabriel tenta de faire plusieurs de ses blagues habituelles mais Castiel se révéla atrocement dépourvu de tout sens de l'humour. Ce n'était pas que le gamin n'aimait pas rire mais il ne comprenait simplement aucune blague à double sens…Gabriel n'en fut que plus amusé et se paya gentiment sa tête, ce que Castiel accepta de bon cœur.
Vint le moment plus sérieux où Gabriel commença à installer son matériel pour les tests sanguins. Castiel regarda le tout avec angoisse.
- Les piqûres te dérangent ? demanda Gabriel en enfilant des gants de latex.
- Non…C'est juste que…
Gabriel le regarda avec une tendresse presque paternelle que Dean n'avait jamais vue chez lui.
- Ce sont les résultats qui te font peur… devina-t-il.
- Oui…J'ai toujours fait attention et…j'ai peur parce que…
-…Parce que ce n'est pas tous les clients qui faisaient attention… termina Gabriel avec compréhension et Castiel hocha la tête.
- Est-ce que il y a beaucoup de risques, Gabriel ?
- Combien de fois est-ce arrivé, Cassie ? lui demanda le médecin doucement.
- Quelques fois…3 ou 4…
- 3 ou 4 fois ce n'est pas si terrible.
- Non mais il suffit d'une fois! rappela Castiel avec des yeux emplis de peur.
- Je sais…On sera fixé dans 2 jours au maximum…Et si les nouvelles sont mauvaises sache que ce n'est pas la fin du monde et que les traitements se sont énormément améliorés.
- Ok…
Gabriel lui ébouriffa gentiment les cheveux.
- Allez…Donne ton bras au vilain Doc maintenant.
Castiel subit les prélèvements sanguins sans ciller et Gabriel lui colla un diachylon de Disney pour les enfants au niveau de la piqûre.
Castiel sourit d'amusement.
- Tu as très bien fait cela Cassie et tu mérites…TA DAM! Un suçon ! s'exclama Gabriel en sortant une sucette rouge de son sarrau.
- Merci, Gabriel… sourit Castiel en enlevant le papier emballage du bonbon pour se le mettre immédiatement en bouche.
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Dean vit peu Castiel pour le restant de la journée. Il le déposa au commissariat où Bobby le prit en charge pour quelques questions d'usage à propos de son témoignage de la veille. Dean fit part de sa toute nouvelle piste à propos de la serveuse du café à Rufus et celui-ci le gratifia d'un de ses rares sourires.
- Beau travail, Winchester. Je vais aviser notre dessinateur pour qu'il se pointe en fin de journée. On fera ensuite diffuser le portrait robot dans les médias.
- Vous allez le diffuser? s'étonna Dean.
- Oui mais sans spécifier qu'il est un suspect pour notre enquête du dépeceur. Je ne suis pas complètement timbré, Winchester. Je veux un avis de recherche sur ce type pour interrogatoire…Le meilleur moyen c'est les médias…Mais pas de façon trop éclatante ou le public se doutera de quelque chose.
- Ouais…Bon, espérons que ça nous amène quelque part…
- C'est déjà bien je trouve…Bonne idée que tu as eu de prendre en note les endroits où le témoin avait l'habitude de se tenir.
- En fait il s'agissait de l'idée de Castiel.
Rufus en resta surpris un moment et Dean en profita pour le narguer un peu et dit d'un air nonchalant :
- Oui compris chef, je le remercierai avec de gros bisous de votre part…
- Va chier, Winchester.
- C'est ça, moi aussi je vous aime ! termina Dean en se dirigeant vers son bureau, un large sourire aux lèvres.
Il n'y resta pas très longtemps d'ailleurs, à peine le temps de fouiller un peu dans ses dossiers puis il décida d'aller à l'appartement de Castiel où l'équipe médico-légale travaillait encore. Il passa devant la salle de repos où Castiel lisait calmement.
- Je quitte le poste Cass…
- Je serai sage, papa… lui dit Castiel sans quitter son livre.
- Tu sais Cass…C'est RÉELLEMENT pas un de mes fantasmes…
- Ta perte… lui dit Castiel en relevant les yeux de son livre pour lui faire son célèbre sourire-petite-peste que Dean décida sur le champ de baptiser « Sourire P.P » tellement il était certain de devoir utiliser ce terme de façon très abusive à présent.
- Si tu as faim tu n'as qu'à commander quelque chose, c'est sur notre bill Ok ?
- Mmm, je pourrais être tenté d'abuser.
- Fais donc…À plus Cass.
- Bonne journée Dean.
- Tu veux que je te rapporte quelque chose ? Livres ? Magazine ?
- Livres, si ça ne t'embête pas.
- Tu as un titre en vue ?
Castiel vint pour répondre puis le regarda alors avec curiosité.
- Tu sais quoi ? Je te laisse décider pour moi…
-….Dit-il au type qui ne connaît que Auto Hebdo…. termina ironiquement Dean.
- J'ai confiance… lui assura simplement Castiel en retournant à son livre.
Et merde…
En quittant il jeta un simple regard à Benny que son vieil ami comprit immédiatement. Benny hocha fermement la tête et Dean savait qu'il pouvait compter sur lui. Benny allait veiller sur Castiel, il pouvait quitter le poste l'esprit tranquille.
L'appartement de Castiel se trouvait dans le pire segment du quartier et Dean en eut le cœur brisé en constatant l'état du une-pièce. Castiel avait vraisemblablement tenté de garder l'endroit propre mais il ne pouvait changer quoi que ce soit à l'état de décrépitude de l'endroit. C'était petit, inconfortable et glacial. Un vieux matelas trônait à même le plancher, une petite table et deux chaises, une grande armoire près d'un vieux lavabo, un frigo et un petit poêle. Il y avait de petites plantes en pot un peu partout, comme si Castiel avait tenté de mette un peu de vie dans cet endroit si triste et désolant.
Quelques technos travaillaient encore à chercher des empreintes sur les murs mais le plus gros du travail était terminé et l'un des employés lui dit qu'ils allaient probablement enlever les scellés en fin de journée et libérer la pièce. Il lui dit également que le locataire pourrait reprendre possession des lieux mais Dean ne fit que hocher la tête sans rien dire. Il n'était pas question que Castiel quitte son appartement, il était sous protection. Une petite voix dans sa tête lui demanda tout de même ce qu'il allait trouver comme excuse pour garder Castiel chez lui lorsque tout serait terminé.
Il fit taire la voix.
Il quitta l'appartement pour se rendre dans le quartier et interrogea quelques prostituées qui voulurent bien coopérer. La plupart ne firent que lui répéter les mêmes choses. Oui, elles connaissaient Castiel. Non, elles n'avaient jamais aperçu d'homme plus suspect que les autres le suivre ou l'épier. Plusieurs lui demandèrent tout de même si Castiel allait bien avec une inquiétude palpable. Dean les rassura et le soulagement sur leur visage le convainquit que oui, Cass était vraiment quelqu'un de bien aimé de tous.
Il déjeuna rapidement dans une petite sandwicherie et passa par la suite dans une librairie où il se cassa littéralement la tête à chercher des bouquins pour ce Nerds de Castiel. Il lui prit un livre se trouvant sur la tablette des meilleurs vendeurs '' L'élégance du hérisson'', il choisit ensuite un vieux classique « Le rouge et le noir » puis décida qu'un bon Stephen King ne pouvait faire de mal à personne et prit un exemplaire de poche de ''Simetierre''.
Lorsqu'il revint au commissariat en fin d'après-midi, la jeune fille du café était déjà passée et Benny lui montra le portrait-robot.
- Elle t'a demandé… lui dit Benny en souriant.
Dean l'écoutait à peine, le regard fixé sur le dessin qui ne lui montrait qu'un homme quelconque au visage mince, cheveux courts, légère barbe…Un homme anonyme même si le dessinateur avait réussi à démontrer une profonde noirceur dans les yeux du suspect.
- Demandé ? De qui parles-tu ? demanda distraitement Dean.
- De la jeune beauté du café ! Vieux ! s'étonna Benny. Elle a spécifiquement demandé l'inspecteur Winchester…Avec battements de cils inclus…
- Oh…
- Oh ? Juste oh ? Il y a un temps frère où tu aurais profité grandement de l'occasion…
- Trop jeune… dit Dean sans vraiment vouloir avouer qu'il ne se rappelait même pas de l'aspect de la jeune fille.
- Trop jeune ? Elle doit avoir quoi ? 20 ans ? 22 ans ?
Dean ne répondit pas et Benny contre-attaqua.
- Pourtant…Je connais une petite beauté aux yeux bleus de 20 ans qui ne te semble pas si jeune.
Dean soupira de dépit en sachant qu'il était impossible de tenter d'ignorer Benny lorsque celui-ci était aussi insistant.
- C'est complètement différent ! Castiel est extrêmement mature pour son âge !
Benny le regarda un instant avant de sourire largement.
- Vieux…Je n'ai jamais dit que je parlais de Castiel !
Dean sentit immédiatement qu'il avait été piégé et disparut vers la salle de repos avec le rire de Benny au dos. Son cellulaire vibra et un texto de celui-ci y était en gros caractère :
'' Tu ne peux plus te défiler à présent ! Je t'ai eu winchester ! ;)
Il ferma vivement son téléphone en pénétrant dans la pièce où Castiel reposait calmement devant la télévision.
- Tu as l'air contrarié, Dean… lui fit-il remarquer sans quitter l'écran de télévision.
- C'est Benny….Il peut être tellement immature quand il s'y met ! maugréa Dean.
Il vint s'asseoir près de Castiel et regarda l'écran.
- Oh ! Tu regardes Docteur Sexy ?
- J'essaie mais je ne peux m'empêcher de somnoler…C'est barbant !
Dean se sentit plus insulté qu'il ne l'aurait dû.
- Barbant ? C'est super oui !
Castiel le regarda avec curiosité.
- Je ne savais pas que tu étais ménopausé Dean…Toutes mes sympathies.
- Je t'emmerde Cass ! Tu sais quoi ? Tu devrais faire équipe avec Benny !
- Quoi? Lui aussi te trouve mignon lorsque tu es irrité ?
Il eut droit en prime au foutu sourire P.P et se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux.
La porte d'entrée le fit sursauter et Charlie les regarda un instant avant de poser un regard lourd de sens à Dean.
- Dean…Tu peux venir ? J'ai quelque chose à te dire…
Sa voix était sérieuse et ses yeux cherchaient visiblement à lui dire quelque chose.
- Ouais…Bonne émission Cass…Oh ! J'oubliais !
Il sortit le sac de la librairie qu'il avait posé sur la table et lui donna les trois bouquins.
- J'espère que tu aimeras.
Castiel regarda les livres avec de grands yeux. Lorsqu'il regarda le policier ce fut pour le gratifier d'un doux petit sourire qui lui chambourda l'intérieur.
- Merci Dean. Je savais que tu me connaissais bien.
Il ne put se détacher de ces yeux magnifiques et le fixa sans rien dire.
- Heu Dean ? l'interrompit Charlie. C'est plutôt urgent…
- Oh…
Il sortit de la pièce et suivit celle-ci.
- Dean…C'était quoi ça ? demanda Charlie en le regardant avec un sourire éclatant.
- Ça quoi ?
- Ça ! Idiot ! lui dit-elle en pointant la pièce de repos du doigt. Cet échange sexuel oculaire intense !
- Quoi ? Non mais tu es folle ou quoi ?
- Tu le mangeais des yeux ! Et c'était réciproque…J'ai toujours eu un doute sur ton hétérosexualité mais là j'ai ma réponse.
- Bon ! On peut laisser ma vie sexuelle de côté Charlie ? Que voulais-tu me dire ? Tu semblais avoir drôlement peur d'en parler devant Castiel….
Cette fois Charlie perdit son exubérance et le regarda avec sérieux.
- Ouais…Réunion d'urgence Dean…
- Un autre corps ?
- Non…J'ai fouillé dans les archives de Lawrence et j'ai trouvé une vielle plainte qui pourrait viser notre cher dépeceur obsessif…
- C'est vrai ? Une plainte de qui ? s'intéressa Dean.
- De Naomi Houston…Elle y déclare qu'un homme a tenté de kidnapper son fils de 2 ans et demi…
