J'ai fais un méga effort et viens de poster un chapitre beaucoup plus long.
Bonne lecture.
Alors prit d'un violent excès de rage il leva son poing et l'abattit sur la poitrine de la jeune morte.
-Idiote….
Un deuxième coup tomba sur ce petit corps, mais ce qui se produisit retint le bras de Kyo qui allait de nouveau s'abattre.
-kof kof…
Elle toussait. Elle tentait de respirer. Un souffle minime s'échappait de sa bouche.
Kyo resta immobile observant le corps secoué de sa planche à pain. Il ne parvenait pas à réagir ses yeux s'agrandissant d'étonnement. Désespéré il avait frappé au niveau du cœur persuadé que cela ne fonctionnerait pas, qu'il était trop tard, mais pourtant…
-K… Kyo…. Kof kof
Au son de la voix de Yuya, Kyo finit par réagir et sans se poser plus de questions prit le corps de la chasseuse de prime dans ses bras, passant une main dans son dos et l'autre sous ses jambes. Elle n'avait toujours pas ouvert les yeux et son visage se crispait de douleur. C'était tout son corps qui semblait se tordre de douleur. Pourtant Kyo avait soigné ses blessures.
Mais il comprit en un instant. Tout compte la dernière fois, à leur précédente rencontre, Nobunaga avait gravement blessé Yuya, et même à sa mort Akari n'avait rien pu faire. Le pouvoir de ce monstre semblait encore une fois agir sur son corps. Et cette fois ci seule la volonté de vivre de la jeune fille pourrait l'aider à guérir.
Néanmoins elle était bel et bien sauvée. Kyo lui repoussa une mèche de cheveux qui collait à sa joue et l'appela doucement.
-Yuya!
Alors elle finit par ouvrir difficilement les yeux pour les planter dans ceux de Kyo. Elle le regarda un long moment son visage n'exprimant rien et Kyo commençait à s'inquiéter devant son regard sans expression. Que se passait-il?
-Yuya!
Dans un moment pareil le démon ne se sentait pas le cœur à taquiner la jeune fille par un simple « planche à pain ». Et d'ailleurs, elle semblait ne pas entendre ni comprendre ce qui se passait ni où elle était. Que faire? Il ne pouvait tout de même pas la secouer alors que son corps était encore trop fragile et qu'elle risquait à nouveau de perdre connaissance !
Devant le manque de réaction de Yuya, il se leva et prit la décision de l'emporter avec lui à l'auberge. Une fois qu'elle serait totalement guérie il s'en irait, abandonnant la jeune fille. Mais ainsi sa vie ne serait plus jamais en danger avec un homme tel que lui à ses côtés.
Pendant près d'une heure à marcher à travers les bois en direction de la ville, Yuya n'avait presque pas lâché Kyo du regard, fronçant de temps à autre le nez et pinçant les lèvres. Parfois il penchait la tête sur elle essayant de lui parler mais elle ne répondait jamais.
Alors il sentit la main de Yuya se poser sur son torse et agripper son kimono. Quand il baissa la tête pour la regarder, de grosses larmes coulaient sur ses joues. Il s'arrêta et vit ses lèvres bouger. Au début aucun son ne sortait de sa bouche mais au bout de quelques secondes il pouvait entendre distinctement ce qu'elle essayait de dire.
-Non! Tu ne peux pas faire ça… Je te l'interdis….
Mais de quoi parlait-elle? Il l'a regardait sans dire un mot, sans comprendre.
-Kyo, tu n'as pas le droit… Je ne te laisserai pas faire…
Elle empoigna son kimono des deux mains et se redressa dans ses bras amenant sa tête au niveau de celle de Kyo le fixant d'un regard enragé.
-Tu m'entends Kyo? Je ne te laisserai pas partir. Jamais.
Kyo était médusé. Comment pouvait-elle savoir?
-Mais tu vas répondre à la fin.
Mais essoufflée et fatiguée de s'être emportée ainsi Yuya retomba dans les bras de Kyo ses larmes ne se tarissant pas. Elle avait de nouveau des difficultés à respirer et finit par perdre connaissance. Sans perdre un instant Kyo reprit sa route et ne tarda pas à arriver à l'auberge où il déposa Yuya sur un futon où elle pourrait se reposer et guérir.
Yuya ne se réveilla que le lendemain quand les premiers rayons du soleil filtrèrent dans la chambre et qu'ils éclairèrent son visage. Kyo avait passé la nuit près d'elle adossé au mur, les yeux fixés sur la fine silhouette imaginant les tortures qu'elle avait subies.
La chasseuse de prime avait eu une nuit difficile en effet, elle avait à plusieurs reprises hurlé dans son sommeil sans jamais se réveiller, et à chaque fois Kyo s'était approché d'elle passant une main délicate sur son front pour l'apaiser. Cependant il avait assisté impuissant à la souffrance que ressentait Yuya. Il ne pouvait rien faire de plus. Son corps guérirait mais il lui faudrait du temps.
-Non pas ça… je vous en supplie…arrêtez…Ne me frappez plus…
Yuya se réveilla en sursaut, trempée de sueur, les yeux exorbités, la terreur se lisant dans son regard. Elle respirait fortement, les cheveux lui tombant sur le visage, se tenant la gorge et serrant le drap. Elle mit plusieurs secondes à réaliser qu'elle était dans sa chambre à l'auberge. Elle releva la tête fixant le mur en face et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle pleurait de peur et de soulagement, elle pleurait de souffrance et de pleurait sans pouvoir s'arrêter.
Kyo observait la scène sans rien dire, sans faire un bruit. Il ne supportait pas de voir sa planche à pain dans cet état mais il préférait attendre qu'elle se calme avant de s'approcher. Pleurer lui faisait certainement du bien.
Il vit Yuya repousser de rage le drap et retirer le vêtement qu'elle portait. Elle avait besoin de voir l'état de son corps, ses bras dont l'un était recouvert d'un bandage, sa cuisse qui avait été transpercé par le sabre de Nobunaga également pansé, ses bleus sur son ventre, son dos, ses jambes et ses bras. Malgré la douleur ce n'était plus la souffrance qu'elle avait ressentie quelques heures plus tôt quand ce monstre l'avait frappé à de nombreuses reprises. Kyo l'avait guéri…
Kyo!
Se rappelant soudainement l'existence du démon, elle balaya la pièce des yeux et rencontra son regard. Il continuait à l'observer de ses yeux rouges sans bouger, sans ciller, le visage neutre.
-Kyo!
Elle le regarda longuement, sans se soucier de sa nudité offerte à la vue de Kyo que ce dernier ne semblait même pas voir bien trop occupé à affronter son regard émeraude. Habituellement, Yuya se serait emportée traitant Kyo de pervers et d'imbécile, mais à cet instant elle paraissait si lointaine comme coupée du monde et de toute réalité.
Alors s'en plus se préoccuper de son état et de son apparence, elle se leva s'enveloppant du drap et marcha jusqu'à Kyo qui ne l'avait toujours pas quitté des yeux observant le moindre de ses faits et gestes. Il l'a regarda s'accroupir à sa hauteur plantant ses yeux dans les siens.
-Kyo ! Je…. Je t'interdis de t'en aller !
-…. ?
-Tu ne peux pas faire ça… Si tu t'en vas je partirai à ta recherche, je te retrouverais où que tu ailles. Je…
Ses yeux se brouillèrent de larmes et Kyo restait là, sans broncher ne comprenant pas comment elle avait pu deviner qu'il voulait l'abandonner.
-Tu entends Kyo? Je t'interdis de me laisser.
Elle le saisit par le col de son kimono et le secoua autant qu'elle le pouvait mais s'écroula presqu'aussitôt. S'agiter autant la faisait souffrir, mais tant pis, elle serait plus forte que la douleur. Car la souffrance morale qu'elle ressentait à ce moment là était bien plus importante que la douleur physique.
Kyo voulait la quitter, l'abandonner, lui épargner bien des malheurs, il faisait ça à contrecœur pour mettre un terme aux dangers qui la guettaient sans cesse. Oui tout ça elle l'avait ressenti. Elle ne saurait comment l'expliquer mais c'est comme si elle avait entendu Kyo prononcer ces paroles alors qu'il n'avait fait que les penser. Alors comment? Elle-même ne le savait pas. Mais elle l'empêcherait de partir même si pour cela elle devait l'enchaîner ou bien…
Kyo se leva ne prêtant plus attention à Yuya qui essayait tant bien que mal de se redresser. Il se dirigea vers la porte, prêt à sortir, mais une balle vint se loger tout près de lui l'arrêtant net.
-Kyo ! Où vas-tu? Tu quittes la ville? Tu as donc tellement envie de te débarrasser de moi? Pourquoi?
Il se retourna et la fixant d'un œil mauvais lui lança froidement.
-Je n'ai que faire d'un serviteur qui ne peut se défendre seul.
-Quoi?
-Ecoute-moi bien planche à pain, tu n'es qu'une fille aux petits nichons sans cervelle, bruyante et inutile. Tu es faible, et je hais les faibles. A partir de maintenant je voyagerai seul je ne veux plus m'encombrer de personne me faisant perdre mon temps. Et toi tu ne sais qu'attirer les ennuis je n'ai pas besoin d'une gamine comme toi à mes côtés incapable de se débrouiller seule. Nos chemins se séparent ici. Tu n'as qu'à rester là et reprendre ta vie là où tu l'avais laissé.
Yuya était abasourdie. Kyo si habituellement taciturne avait parlé longuement, insistant sur le fait qu'il ne voulait plus d'elle et qu'elle lui avait fait perdre son temps. Non, ça ne pouvait être possible. Il s'agissait certainement d'une mauvaise blague. Mais dans ce cas, pourquoi ?
-Pourquoi m'avoir sauvé de Nobunaga? Pourquoi es tu venu à mon secours? Je ne t'avais rien demandé.
-….
-Pourquoi ne pas m'avoir laissé mourir, là bas sur cette croix au milieu de nulle part? Si je suis un tel poids pour toi, pourquoi être venu? Parce qu'un combat amusant s'offrait à toi? Pour garder ton titre du plus fort? C'était pourtant le bon moment pour être débarrassé de moi. Où bien désirais-tu tant me sauver pour me faire ensuite souffrir ainsi? Pour que je m'entende dire que je ne suis rien, que je ne suis qu'une incapable.
Kyo se contentait de la regarder silencieux. Dire tout cela avait été une déchirure pour lui qu'il ne pouvait admettre. Il devait se séparer d'elle, il n'avait pas le choix. Yuya comptait tellement pour lui qu'il se refusait à continuer de mettre sa vie en danger. Et il savait que s'il lui avait tout simplement expliqué elle n'aurait rien voulu entendre et poursuivrait son voyage avec lui.
Il n'avait eu donc d'autre choix que de lui parler froidement, méchamment, la blessant autant qu'il le pouvait pour être sur qu'elle finirait par le détester et qu'elle lui demanderait de disparaître de sa vie. Il avait conscience que désormais, sans sa planche à ses côtés, il ne serait plus rien qu'une coquille vide, un homme sans avenir et sans but, un homme dont la vie serait vide de sens. Pourquoi aimait-il tant cette fille?
-Comme à ton habitude tu ne réponds rien. Es tu satisfait de toi Kyo? Satisfait de me causer une nouvelle souffrance? Peut-être pensais-tu que je n'avais pas assez souffert, que pour te venger de moi, d'avoir été si faible, de n'avoir été qu'une gène pour toi, il te fallait m'avouer tout ça.
Yuya se releva serrant les dents pour lutter contre la douleur et lâchant le drap qui cachait sa nudité se dirigea vers la fenêtre son arme à la main. Qu'est ce que ça pouvait bien faire que Kyo la voit nue? Il avait décidé de partir. Mais dans ce cas il ne serait pas le seul à partir. S'il décidé de la laisser elle n'avait alors plus aucune raison de vivre.
-Tu aurais du me laisser mourir là bas Kyo. Si ton but était de te faire haïr eh bien saches que tu as réussi. Je te hais Kyo ! Je te maudis et souhaite plus que tout que tu ne trouves jamais le repos de l'âme. Je me suis trompée quand j'ai cru comprendre que tu voulais partir pour me protéger. Dans la forêt avant que je ne reprenne connaissance j'ai entendu ces mots dans ma tête. Des mots disant que tu ne voulais pas te séparer de moi mais que tu n'avais pas le choix, que tu n'avais pas réussi à me protéger et que tu t'en voulais, que tu tenais peut-être à moi. Pourquoi j'ai entendu tout ça ? Je ne sais pas mais je constate que je me suis trompée.
-T'as finis de jacasser autant? Tu me fatigues avec tes histoires. J'ai assez perdu de temps avec toi. Et vas te rhabiller, je n'ai pas l'intention de te toucher toi et tes petits seins. Dès aujourd'hui je vais à la pêche aux vraies femmes.
Sur ces mots il se tourna vers la porte, mais au moment de l'ouvrir il entendit un « clic ».
-Pff planche à pain tu ne peux pas me tuer avec ton arme. J'éviterais tes balles facilement et tu le sais.
-Tu as raison Kyo, mais moi je n'ai pas appris à les éviter.
