CHAPITRE 8 : Douleur de feu
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10 :20 Arthur et Eames
La première balle lui traversa l'épaule et le faussaire grimaça en sentant le métal chaud transpercer sa chair. Malgré la douleur, cependant, Eames ressentit un léger soulagement ; on survivait assez facilement à une épaule blessée, du moment que personne ne le tue avant que ce jeu stupide ne soit terminé. Et survivre était tout ce qu'il voulait. Feignant de partir sur sa gauche, les balles criblant le mur derrière lui, il se jeta en avant, sur les tireurs.
Heureusement, sa détermination, semblait les avoir pris par surprise et il se passa quelques secondes avant qu'ils ne commencèrent à riposter. Tournoyant tel un serpent, Eames utilisa un mélange d'adresse et de force brute pour terrasser ces hommes. Il virvoleta tel un boxeur, faisant voler son poing dans l'air, et recommença avec plus de violence lorsqu'il entendait les craquements sinistres des os qui rencontrait son poing et en gardait les marques.
Mais son sourire se fana quand tout le monde se jeta sur lui. Furieux par les coups qu'il leur avait portés, ils l'immobilisèrent en profitant de leur surnombre et le firent tomber à genoux. Eames se débattit désespérément pour se libérer, ayant rapidement compris que, du moment qu'ils le tenaient, ils pourraient facilement le tuer. Soudain, se jouant de leur portée, deux "Bang" violent percutèrent l'air. La première balle siffla très proche de l'oreille gauche du faussaire, touchant un premier homme et le jetant à terre. La seconde, bien qu'ayant effleuré sa cuisse, frappa un deuxième homme qui s'effrondra avec un bruit sourd.
A cet instant, Eames savait que la prochaine lui serait fatale, et il devait absolument retarder sa mort. Il entendit soudain, un cri de douleur et, étonnamment, ce n'était pas le sien. Il offrit toutefois la distraction nécessaire à Eames pour se remettre sur ses pieds et, un battement de cœur plus tard, il fut salué par un visage familier.
"T'en a mis du temps pour te pointer !" salua Eames et reconnaissant l'organisateur. Les deux hommes se mirent dos à dos au centre des crétins qu'ils restaient (ils n'étaient plus que 5).
"J'avais pensé que tu avais besoin d'un coup de main", dit Arthur en passant, avec un sourire fatigué. Avec une énergie retrouvée, les deux hommes se jetèrent sur leurs assaillants.
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7 :43 Nash et Cobb
Cobb s'accroupit derrière la fontaine, entendant le vol des balles s'arrêter brusquement contre la surface dure. Il prit une grande inspiration. Ecartant son regard de la fusillade, il hurla par-dessus son épaule.
"Dis-moi que tu as fini.", demanda-t-il urgemment à Nash en rechargeant son arme, "Je ne vais pas être capable de les retenir bien longtemps !"
"Je fais le plus vite que je peux", rétorqua Nash sans lever les yeux des câbles sur lesquels il travaillait, "Boque-les encore quelques minutes.".
Grinçant des dents, Cobb, regarda autour de la fontaine, posa son doigt contre la détente et, rageusement, il tira plusieurs projections. Rapidement, il fut obligé de se remettre à couvert contre une arme plus puissante crachant ses balles contre leur repli. "Temps écoulé, Nash."
Pendant un moment, l'appel de Cobb n'eut pas de réponse, et les mots moururent dans les cris des armes quand il les répéta. Mais avant qu'il ne puisse les redire une fois de plus, Nash répondit précipitemment.
"… J'y suis ! Je crois que je l'ai !" annonça-t-il, se reculant pour voir son œuvre. Appuyant sur le gros bouton jaune, il attendit et écouta. Au bout d'une dizaine de secondes de silence, Nash presse à nouveau le bouton. Rien.
"C'est lancé," confirma Nash, soupirant de soulagement. "Je ne suis pas certain du temps qu'on a. Peut-être 10 minutes, maximum… 10 secondes minimum."
"Je me fiche du temps qu'on a ; je veux seulement savoir si on peut le faire," coupa Cobb, appuyé, tendu, le dos contre la fontaine.
Nash hésita, examinant les câbles entremêlés et frappa le tableau de cntrôle. "Si on bouge maintenant… peut-être."
"Peut-être que ça marche."
Ne voulant pas attendre plus longtemps, Cobb abandonna la ligne de feu. Il avait à peine quitté sa position que la fontaine éclata en mille morceaux dans une immense explosion, l'impact et la force de l'explosion jeta à terre aussi bien Nash que Cobb.
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5 :20 Arthur et Eames
Cinq minutes après le début, le combat fut terminé, une masse de corps jonchant les environs ensanglantées. Seules deux personnes étaient restées de bout, l'une saignant abondamment d'une blessure à l'épaule, l'autre boitant avec ce qu'il semblait être une jambe cassée. L'homme saignant se laissa tomber, épuisé, contre le mur et se laissa glissé jusqu'en position assise. Suivant son mouvement, une trace rouge marqua le mur derrière lui.
"Eames, il faut te lever, on doit retrouver les autres.", dit Arthur entre deux souffles, tout aussi désireux de s'effondrer contre le mur.
Eames secoua la tête. "Je… peut à peine… respirer. Comment… tu veux… que je… puisse marcher ?", demanda-t-il, le souffle encore plus court que celui d'Arthur.
"Je vais te soutenir," insista l'organisateur en aidant Eames à se remettre sur ses pieds.
"Tu es fou… si tu penses… pouvoir m'aider avec… la jambe que tu as." Murmura Eames, essoufflé.
"Et bien, je dois être fou. Maintenant, viens, et ne t'appuie pas complètement sur moi," répondit Arthur, sans pouvoir s'empêcher de sourire au faussaire. S'appuyant l'un sur l'autre, les deux hommes descendirent la ruelle en boitement durement.
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7 :00 Nash et Cobb
Cobb se remit péniblement sur ses pieds, grimaçant comme s'il venait de recevoir un son sifflant et persistant dans ses oreilles. Il se sentit comme s'il venait de se faire renverser par un bus et fut certain de ressembler exactement à ça, mais heureusement, il était sain et sauf. Quelques brûlures profondes sur la partie inférieur de sa jambe (qui piquait comme l'enfer) et une terrible migraine, mais il pouvait au moins marcher.
Pendant ce temps, Nash s'était aussi relevé et remit de l'ordre dans ses cheveux quand Cobb s'approcha de lui. Heureusement, il n'eut pas à se demander si Cobb allait bien ou non, la façon dont il marchait (assez maladroite) lui donna la réponse. Il mentionna simplement le puits.
"Descends toi d'abord, je te suis dans une minute."
"D'accord." acquiesça simplement l'architecte avant de disparaitre dans le trou sombre.
Cobb observait silencieusement Nash descendre, regardant comme il utilisait les deux câbles de suspension et les poutres de soutien pour procéder à la descente. Mais le jeune homme était attentif à ne jamais laisser les câbles prendre ton son poids, de peur que l'ascenseur ne redémarre et n'écrase son corps fragile.
Au bout de 30 secondes d'observation et de préparation mentale, Cobb commença à son tour à descendre. Il ne fallut qu'un moment pour que les nausées de l'apesanteur ne se présentent et Cobb dû se battre pour pouvoir les contrôler. La peur n'est que dans la tête, se rappela-t-il en se posant prudemment sur la poutre suivante. Le puits était chaud et étouffant, l'air enfermé menaçait de le faire suffoquer tandis qu'il continuait à descendre. Cherchant son air, Cobb ralentit sa descente et grogna lorsque sa jambe blessée se cogna contre une autre poutre.
"Tout va bien là-haut ?" s'enquit Nash en contre-bas.
"Ça va, continue" répondit Cobb en serrant les dents.
Après cela, les deux hommes continuèrent leur descente dans le silence qui ne fut déchiré que lorsqu'ils réajustèrent leur position sur les poutres et entre les câbles. Quelques précieuses minutes s'enfuirent et Nash posa les pieds sur un étage avec Cobb au-dessus de lui. Malgré quelques dérapages mineurs, la descente se passa sans problème, les deux hommes avaient même osé prendre complètement appui sur les câbles pour aller plus vite. Mais maintenant, à près de 30 pieds du sol, un craquement violent se fit entendre.
"C'était quoi, ça ?" demanda Cobb, gelé.
Avant que Nash ne puisse répondre, un autre bruit fit écho contre les murs.
"Cobb, sort de là !" hurla Nash désespérément, son dernier mot masqué par une série de bruits de broyage. On entendait un bruit sinistre venant d'en haut, comme si les câbles lâchaient les uns après les autres et puis, soudain, un bruit sec comme s'ils venaient de céder. A ce moment, Cobb fit une folle course jusqu'au sol, un mélange de chute et de descente contrôlée jalonnant son chemin dans le puits. Puis, soudain, l'ascenseur se mit à descendre, doublant facilement la vitesse de Cobb.
A 20 pieds du sol, Cobb se laissa tomber sur le sol, un cri de douleur lui échappant alors qu'il tomba lourdement contre le métal froid. En tendant la main, Nash attrapa Cobb et le ramena vers lui. Les deux hommes quittèrent ainsi le chemin de l'objet tombant. Une seconde plus tard, l'ascenseur s'écrasa violemment, faisant trembler tout le bâtiment par l'impact contre le sol.
"Seigneur," murmura Cobb en regardant avec horreur le désastre. Pendant un moment, les deux hommes restèrent assis là, trop choqué pour bouger. Finalement, cependant, ils se remirent sur leurs pieds, déterminé à retrouver Arthur et Eames avant que le temps ne leur manque.
N'ayant aucune idée du temps qui avait passé, s'ils en avaient encore ou non, Cobb et Nash sortirent du bâtiment.
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