Bonjour/Bonsoir à toutes et tous !
Oui, je sais que ça va faire plus d'une année que je n'ai pas poster la suite de Karev Anatomy, et je m'en excuse encore une fois platement.
Je ne vais pas encore une fois m'étendre en explications sur cette longue absence (surtout que je ne ferais que me répéter par rapport à mon message en chapitre 7) qui se résume en trois mots simples :
Boulot-Santé-Projets
Enfin voilà, me revoici avec ENFIN ce nouveau chapitre que certain m'auront beaucoup demandé. Et ne vous en faîtes pas, je compte reprendre un rythme de publication convenable (1-2 chapitres par mois, mais je ne promets rien)
Enfin, tout ça pour vous dire que je flippe aussi pas mal à l'idée de vous exposer ce chapitre, car après tant d'attente, je sais que vous avez sûrement des espoirs très hauts et je prie pour que cette suite soit à la hauteur de vos attentes _
Alors par pitié, surtout dîtes le moi dans les commentaires, pour que je sache si je reste au niveau ou s'il me faut me ressaisir d'avantage.
Merci
Et bonne lecture ! :-)
Chapitre 6 : To Be Top – 2ème partie
Arthur arriva le premier à la mine. Il regarda partout autour de lui, et repéra rapidement où se trouvait son patient. Un interne lui faisait signe depuis l'entrée d'une salle de trauma. Il se dirigea droit sur lui, lui arrachant presque le dossier des mains et le lut rapidement.
-J'avais bippé l'ortho, se plaignit-il, déçu de ne pas voir arriver Torres.
-Je suis en ortho, répondit simplement Arthur en parcourant rapidement le rapport de l'autre. Qu'est-ce qu'on a ?
Tout en disant cela, il s'approcha du lit où se trouvait le patient, un grand adolescent à l'air benêt. La mère se tenait à côté, tenant la main de son fils avec un air accablé. Il tira le rideau et se présenta le plus aimablement possible (il n'était toujours pas d'humeur pour sourire, mais ce n'était pas au patient de trinquer).
-Bonjour, je suis le Dr Newton, c'est moi qui vais m'occuper de vous.
Il commença à faire son examen, à poser des questions au jeune patient et à la mère, prenant des notes au passage.
-Donc, tu es tombé directement sur le côté, le bras en avant… de quelle hauteur environ ?
-Du quatrième barreau je dirais.
-D'accord, donc d'environ deux mètres…
-Hey, vous dites n'importe quoi ! s'exclama le jeune. Ça ne devait pas faire plus d'un mètre !
-On parle de la hauteur totale dans ce genre de circonstances, ta taille comprise, expliqua calmement Arthur en continuant de prendre des notes.
Il posa le porte-documents sur la tablette et vint près du jeune, prenant sa petite lampe-poche.
- Réaction pupillaire normale, marmonna-t-il pour lui-même. Tu peux suivre mon doigt des yeux s'il te plait… Bien
Rangea la lampe dans la pochette de sa blouse en retournant près du dossier.
-Pas de choc à la tête, pas de problème de réponse pupillaire, je pense pouvoir écarter une commotion cérébrale sans risque.
Au moment où il allait poursuivre son examen, le rideau se tira à nouveau, laissant passer Alex, qui s'immobilisa sur place en le voyant. Arthur releva la tête, fit une grimace de stupéfaction, soupira, baissa les yeux d'un air dépité, puis se repencha sur le patient.
Il savait que Karev était en pédiatrie aujourd'hui, et aurait donc dû se douter qu'il le croiserait sur ce cas en particulier. Ce n'était pas qu'il n'avait pas suffisamment de détachement pour laisser leur histoire de côté et pouvoir travailler d'une manière professionnelle, mais il n'avait pas spécialement envie de le voir tout de suite. Il avait encore besoin de temps pour digérer les évènements de la veille, et méditer les paroles de Callie.
- Bonjour Docteur Karev, dit-il par pure politesse tout en reprenant l'écriture du compte rendu de l'examen.
Alex hésita un instant, peu satisfait de croiser Arthur ici. Lui aussi devait se remettre de la veille, et prendre le temps de réfléchir à ce que sa mentor lui avait expliqué. Il s'avança finalement d'un pas.
- On a quoi ? demanda-t-il.
- Quelque chose qui ne requiert pas les services de la pédiatrie, répondit l'autre sans se rendre vraiment compte de la froideur de sa réplique.
Karev tiqua vivement, se renfrognant un peu. Arizona lui avait conseillé de faire des efforts, mais si Arthur refusait d'en faire aussi, il ne voyait pas l'intérêt.
- Tant que le patient est mineur, si, il est sous la responsabilité de la pédiatrie, rétorqua-t-il sèchement.
Arthur releva un peu la tête et lui lança un regard de biais. La mère du patient, elle, les observait, et se risqua à interroger, ne comprenant pas ce qui se produisait :
- Excusez-moi, mais qui êtes-vous.
Réalisant soudainement la présence de la femme, Alex se tourna vers elle et lui serra la main.
- Pardonnez-moi, Docteur Karev, résident en pédiatrie. C'est moi qui vais superviser l'examen de votre fils.
La mère semblait déconcertée, elle ne comprenait pas pourquoi soudainement, un second médecin débarquait ici et voulait examiner à son tour son fils. A moins que le cas ne soit plus grave que ce qu'elle pensait et qu'il faille deux médecins ? Elle paniqua quelque peu soudainement.
- Mais enfin… le Dr Newton s'occupe déjà de lui et…
- Ne vous inquiétez pas Madame Hipwell, votre fils n'a probablement besoin que d'un plâtre, je pense à une simple fracture du bras. Nous allons faire une radio, mais il n'y aura sans doute pas besoin de pratiquer d'intervention particulière.
Karev s'était approché et avait pris le dossier des mains d'Arthur, le parcourant rapidement, ce qui crispa l'orthopédiste.
- Cependant, fit Alex pour attirer l'attention à lui, au vu de la hauteur de la chute, je voudrais tout de même faire une analyse urinaire afin de vérifier que les reins n'aient pas subit de chocs trop importants.
- Ho mon Dieu ! s'exclama la mère, à moitié choquée, posant une main sur sa poitrine. Vous pensez qu'il pourrait avoir des problèmes plus graves !
- M'an, c'est bon, j'vais pas mourir non plus, tenta de la tempérer le gamin, qui ne semblait pas forcément concerné par son propre sort.
Arthur lança un regard furibond à Alex, qui signifiait « t'es content de toi, tu les inquiètes inutilement ! », puis se tourna vers le patient et sa mère.
- Il n'y a que très peu de risque Madame Hipwell, mais nous préférons en être absolument certain et n'écartez aucun risque.
Il fit signe à l'interne qui l'avait appelé de s'approcher.
- Steve, veux-tu bien conduire Madame Hipwell et son fils en radiologie et demandes une radiographie pour Robert, de son avant-bras gauche, je te prie. Madame, nous nous retrouverons tout de suite après. En attendant, Docteur Karev, voulez-vous bien me suivre je vous prie.
Steve s'approcha, et demanda à la petite famille de le suivre gentiment (il pensa à stabiliser le bras du jeune homme, chose qu'Arthur avait omis de faire, agacé et déstabilisé par l'intervention d'Alex.) Les deux résidents, quant à eux, tirèrent les rideaux et s'éloignèrent jusqu'à une petite salle de trauma.
Karev entra, et Arthur ferma la porte derrière lui, se tournant d'un coup vers l'autre, furibond.
- Tu te fous de moi, c'était quoi ça ?
- De quoi ? répondit Alex sur la défensive, n'appréciant pas du tout le ton employé par son collègue.
- Le petit délire que tu viens de me taper devant le patient. Tu ne pouvais pas essayer d'être plus rassurant ? et puis déjà, qu'est-ce que tu viens foutre sur ce cas ?
- J'ai été bipé, et je te retourne la question. Tu as bien vu que ce n'était pas un cas d'ortho mais de pédiatrie.
- Son bras est pété, c'est donc de l'ortho !
- Il est mineur, c'est de la pédiatrie ! riposta sèchement Alex.
Furibond, les deux se toisèrent un moment du regard, silencieux et immobile. Finalement, Arthur soupira profondément, et baissa la tête en la secouant avec exaspération, les poings sur les hanches. Il devait reprendre contenance, il savait que dans le fond, Karev avait raison. Ce n'était pas un cas d'ortho pour le moment, mais pédiatrique.
- Très bien, je te le laisse dans ce cas, finit-il par déclarer en soupirant.
- Je te répète que c'est de la pédiatrie et… quoi ?! voulut encore insister Alex avant de se rendre compte de ce que venait de dire Arthur.
- J'ai dit que tu as raison, répéta son vis-à-vis en le dévisageant avec un soupire (cette phrase lui pesait).
Karev fut déstabilisé de voir Arthur capitulé aussi facilement, il n'en avait pas l'habitude et ne sut pas quoi répondre pour le coup. Son vis-à-vis soupira encore et posa sur lui un regard triste qui le décontenança encore. Il y avait dans les yeux du noiraud à cet instant quelque chose de si profond qu'Alex en fut touché.
Cela lui rappelait la première fois qu'il avait réellement plongé ses yeux dans les siens, Le jour où, en dépit du bon sens, il était tombé sous le charme d'Arthur, même si après il avait eu besoin d'un temps infini pour s'avouer à lui-même que c'était effectivement des sentiments autres que de l'amitié qui l'animait.
- Bon j'y vais, finit par soupirer encore Arthur en rompant le contact visuel, se détournant vers la porte.
Alex fut pris, en le voyant se détourner de lui, d'une vague de sentiments intenses et contradictoires. Le voir lui tourner le dos, s'éloigner de lui, ne pas chercher à prolonger ce tête-à-tête… cela lui fit mal. Oui, mal ! Il voulut se lancer pour le stopper, l'attraper par le bras, l'empêcher de partir. Oh oui, le voir partir, comme toutes les personnes qu'il avait pu aimer jusqu'ici, perdre encore une fois la personne dont il s'était épris, voilà qui était terrifiant. Il ne voulait pas que ce soit fini, que ce soit douloureux encore.
- Arthur, articula-t-il pour attirer son attention.
L'autre se retourna et posa à nouveau sur lui son regard.
Merde, Alex, mais qu'est-ce que tu fais, là ?! s'engueula mentalement Karev.
- Oui ? interrogea l'autre ?
- Je…
Vas-y, Alex, s'encouragea-t-il mentalement. Dis-lui ce que tu ressens ! Dis-lui que tu t'es trop emporté hier, que tu ne pensais pas ce que tu disais quand tu l'as envoyé chier. Dis-lui que tu l'aime encore, merde !
Voyant son trouble, son incapacité à trouver ses mots, Arthur fut presque agacé, déçu même. Il avait espéré durant une seconde en entendant son amant l'appeler qu'il allait ouvrir le dialogue, tenter de discuter par rapport à la veille. Mais apparemment, il n'y parvenait pas. Ce qui signifiait que là, tout de suite, ils perdaient du temps au lieu de travailler. Et le travail était la seule chose qui empêchait actuellement Arthur de trop penser à toute cette histoire, de trembler de peur à l'idée de ne pas réussir à s'excuser et à discuter calmement avec celui qu'il aimait.
- Bon, si tu n'as rien de plus à dire, fit-il d'un ton exaspéré en se détournant encore.
Le manque de patience dont il faisait preuve heurta la sensibilité de Karev, qui se renfrogna. Sentant la colère lui monter au nez, cela le décrispa et il s'élança sur Arthur, l'attrapant fermement par l'épaule, le forçant à se retourner pour lui faire face. Comme il aurait dû le faire dès le début.
- Tu vois ! s'exclama-t-il avec une hargne qu'il n'arrivait pas à contrôler. C'est exactement à cause de ça qu'on est dans cette situation !
- Je te demande pardon ?! fut vivement choqué Arthur en plissant le front.
- C'est parce que tu n'as aucune patience, poursuivit Alex en plantant un regard plus dur qu'il ne l'aurait souhaité dans celui de son amant. Hier tu n'as pas eu la patience de me demander si j'étais d'accord, ou si j'avais des appréhensions. Et là aujourd'hui, tu ne m'accorde pas le temps de réfléchir à la manière d'en parler calmement !
Arthur encaissa ce reproche. Il savait probablement au fond de lui qu'Alex n'avait pas tort, et en temps normal, il lui donnerait sans doute raison. C'était vrai qu'il manquait parfois de patience. Mais de la manière dont il se sentait agressé en cet instant, cela ne fit que le mettre en mode défensif et répliquer sur le même ton.
- Parce que toi tu me demandes peut-être chaque fois si j'ai envie d'être le passif avant de me sauter dessus ?
Pas faux, songea Alex avec surprise.
Il prit soudainement conscience qu'effectivement, il avait toujours pensé que les rôles au lit était bien définis depuis le début. Lui au-dessus, Arthur en-dessous. Trop l'habitude, vu qu'avec les femmes les rôles ne changeaient jamais. Du coup, et c'était probablement aussi là une preuve de son manque d'expérience et de l'influence des clichés sur les couples gay, il pensait que c'était pareil entre deux hommes. Preuve la veille que ce n'était pas le cas.
Les paroles d'Arizona lui revenaient en mémoire. Force était de constater qu'en effet, il n'était qu'un débutant dans cette histoire. Et s'il y réfléchissait, c'était vrai qu'il ne savait tout simplement pas comment réagir. Il avait été un petit peu pris de court et blessé dans sa virilité sur le coup qu'Arthur tente de changer de rôle, mais cela valait-il réellement la sur-réaction qu'il avait eue ? Non, probablement pas.
Légèrement calmé par ses propres réflexions, il lâcha Arthur, qui continuait de le dévisager avec sur la rage de celui qui c'était fait hurler dessus injustement. Alex se mordit l'intérieur de la joue, baissa les yeux sur ses chaussures, puis reposa son regard dans celui de son vis-à-vis.
Calmé, il s'apprêtait à dire enfin calmement ce qu'il avait sur le cœur, dire qu'il s'excusait d'avoir paniqué, lui dire qu'il avait eu peur, qu'il avait besoin qu'il en discute calmement avant d'aller plus loin. Ça faisait un peu trop « pucelle pleine d'appréhension » à son goût, et il avait l'impression d'y perdre en virilité dans l'affaire, mais il n'avait pas non plus envie de rester fâcher et de perdre son couple pour une connerie pareil. Surtout après tous les doutes déjà surmontés et les interdits franchis pour qu'ils puissent parvenir à être ensemble. Tout gâcher à la première occasion, c'était ce qu'il ne voulait surtout pas.
Oui, il allait lui dire tout ça ! C'était le moment de mettre les choses à plat.
Malheureusement, comme toujours dans ce genre de situation, son bipper se mit à sonner. Il hésita une seconde, car il aurait réellement voulut terminer cette discussion, mais comme celui qui lui envoyait le message semblait insister, il regarda et se figea en voyant ce qui était inscrit.
- Non, merde !
- Quoi ? interrogea par réflexe Arthur, qui venait de reprendre son visage de médecin, sérieux.
- Le gamin d'avant, il y a eu une complication en salle de radiographie, répondit Karev en sortant de la pièce.
- Quoi ?! répéta l'autre, vivement surpris tout en le suivant par réflexe ! C'était une simple fracture, comment est-ce possible de compliquer ça ?
- Aucune idée ! Mais ces internes sont des billes, alors vas savoir. Tu viens avec ?
- Je croyais que c'était un cas de pédiatrie, répliqua Arthur sur le ton de la pique.
- Si c'est une complication dû à la fracture, on aura de toute manière besoin de biper l'ortho, alors autant que tu viennes avec.
- Ok.
Etrangement, quand il s'agissait de travail, il parvenait beaucoup plus facilement à trouver un terrain d'entente. Enfin, pour le moment.
oOoOoOo
Izzie se trouvait désormais assise dans un fauteuil, dans la salle d'attente de la pédiatrie. Elle attendait encore des résultats, Tony avait fait un prélèvement sur sa tâche de rousseur et l'avait envoyé au laboratoire. Juste pour s'assurer que ce n'était pas trop grave, dans le cas où elle lui avait vaguement évoqué des « hallucinations tactiles d'un genre spécial ».
Elle était dans un sens très satisfaite de la consultation qu'elle venait de faire. Malgré le fait qu'elle avait un méchant apriori sur le Dr Giacomo, il était un dermatologue plutôt doué, et très professionnel. Pourtant, on aurait pu penser le contraire vu sa façon d'être en dehors du travail.
Il avait tenté de la rassurer quand elle lui expliquait ses problèmes, tandis qu'il pratiquait l'ablation du grain de beauté avec une douceur incroyable. Elle n'avait pratiquement rien sentit (jusqu'à ce qu'il applique la pommade cicatrisante, ce qui l'avait picoté, mais c'était un phénomène normal).
Cerise sur le gâteau, elle avait réussi à discuter avec lui du sujet qui l'énervait le plus ces temps : Arthur et Karev. Comme il avait demandé comment allait le noiraud, Izzie avait sauté sur l'occasion pour déballer tout ce qu'elle avait sur le cœur, et exprimer l'opinion selon lequel elle pensait que ses deux collègues ne resteraient probablement pas ensemble très longtemps. Qu'elle pensait que pour Alex, ce n'était probablement qu'une expérience comme ça, pour tester. Et puis franchement, « Arthur méritait mieux qu'un mec indécis », surtout après tout ce qu'il avait traversé, le pauvre.
Tony n'avait pas répondu tout de suite, concentré sur son travail, mais elle l'avait nettement vu froncer les sourcils dans la glace installée en face de la table d'auscultation. Après un moment, il avait répondu une phrase qui avait convaincu Izzie que son plan pour récupérer Alex se mettait en place doucement mais sûrement.
« Franchement, il serait un peu con s'il le laissait. Un mec aussi mignon, moi je me battrais pour le conserver mien ».
Izzie avait tout de même été surprise par la sincérité qui semblait nimber ses paroles et s'était redressée pour voir le visage de Tony. Il semblait un peu dépité et se rendit soudainement compte qu'il en avait sans doute trop dit. Elle l'avait alors encouragé à dire ce qu'il avait sur le fond du cœur.
« Disons qu'au début, j'ai été vers lui – hyper maladroitement je le reconnais – juste parce que j'étais content de savoir qu'il y avait un mec « out » qui travaillait ici, surtout qu'on n'est pas tant que ça à l'hôpital et que j'avais fait le tour de ce qui était potable. Mais ensuite, en l'observant de loin, je crois que j'ai eu un coup de foudre pour son physique, et pour son caractère aussi. Du coup, c'est vrai, je suis un peu jaloux de savoir qu'il est avec un autre mec, et je me sens con d'avoir pas agis comme un con au premier contact, parce que sinon, qui sait… On aurait pu devenir pote, sexfriends, ou voir même plus… Surtout que j'en ai marre des plan sans engagement, je vieillis, je commence à sérieusement avoir envie de plus qu'un coup sans importance. »
La sincérité de son petit discourt mea-culpa faillit émouvoir Izzie. Finalement, il n'était pas si méchant que ce qu'ils avaient bien voulu croire. Il lui était même plutôt sympathique pour dire vrai. Lui et elle se ressemblaient un peu en fait. Ils voulaient juste trouvé la personne qui leur plaisait, et réussir à faire que ce soit réciproque. Et en cela, il allait sans doute pouvoir s'aider mutuellement.
Il voulait Arthur ? Parfait, elle voulait Karev ! Ils pourraient sans doute s'entendre pour réussir à obtenir tous deux ce qu'ils convoitaient.
Tandis qu'elle jubilait intérieurement à cette pensée, toujours installée dans son fauteuil en faisant attention à ne pas se préoccuper de la présence de Denny juste à côté d'elle, Tony revint du laboratoire.
Izzie se leva avec un sourire charmeur et demanda, soudainement très joyeuse :
- Alors ?
Tony regarda les papiers du rapport d'analyse, puis leva un regard triste et désolé sur elle. Le sourire sur le visage de la blonde s'effaça aussi vite qu'il était arrivé car elle comprenait trop bien ce que cela signifiait. Elle se plaqua une main sur la bouche en laissant échapper un petit « non ! » à peine audible.
- Je crois qu'il vaut mieux qu'on aille se poser dans la salle d'examen pour discuter de tes résultats, déclara le plus posément possible le dermatologue. Un de mes titulaires va nous rejoindre car j'ai besoin de faire valider le diagnostic.
Il s'avança vers elle et lui posa une main qui se voulait apaisante sur l'épaule et marmonna :
- Je suis désolé que ce ne soit pas de bonnes nouvelles, sincèrement.
Sans doute l'était-il car il semblait affecté de devoir lui annoncer ça. Mais Izzie l'entendit à peine, soudainement plongée dans les méandres de son esprit. Dans son dos, le fantôme de Denny s'était levé et voulu lui attraper la main doucement pour la soutenir, mais elle referma les doigts pour l'en empêcher. En cette instant, elle se doutait qu'il n'était rien de plus qu'une hallucination, mais elle lui en voulait à mort.
- Izzie, s'il te plait, si tu veux bien me suivre, insista calmement Tony en lui désignant la porte d'une salle de consultation.
Elle le suivit d'un pas quasi chancelant. C'était rigolo tout de même Elle avait beau passer son temps à annoncer de mauvaises nouvelles aux patients, elle ne se serait jamais attendue à se retrouver de l'autre côté du bureau.
oOoOoOo
Lorsqu'Arthur et Alex arrivèrent dans la salle de radiographie, Steve était en train de demander à une infirmière de lui passer une seringue de tranquillisant pour Robert qui hurlait de douleur en se roulant par terre.
- Que s'est-il passé ?! s'exclama Karev en se précipitant à sa rescousse, arrachant la seringue des mains de l'interne pour le faire lui-même.
- On venait de faire la radio et je m'apprêtais à lui remettre son atèle en attendant l'impression, mais il a tenté de se relever de la chaise en prenant appui sur son bras cassé, expliqua Steve en tâchant de rester calme tandis que le patient continuait de crier et la mère aussi (dans un coin de la pièce). J'ai entendu un bruit terrible et il est parti à la renverse tout en hurlant, je vous ai bipé tout de suite.
Un des responsables des radios amena à ce moment-là le cliché pris un instant plus tôt. Arthur, qui était encore debout et laissait Alex essayer de stabiliser le jeune, s'en saisit et le plaqua contre l'un des panneaux lumineux, observant l'image.
- Merde s'exclama-t-il.
- Quoi, qu'est-ce qui se passe ?! hurlait la mère en s'agitant. Qu'est-ce qui arrive à mon bébé ?
- Sonia, faîtes sortir Madame Hipwell et calmez la s'il vous plait ! s'exclama le Dr Newton à l'attention de l'infirmière, qui hocha la tête.
Quand ce fut fait, et que Robert ce fut légèrement calmé à cause de la dose de morphine qu'on venait de lui injecte, Alex demanda :
- On a à faire à quoi Dr Newton ?
- Regarde, répondit Arthur en s'approchant pour lui montrer (Alex regarda rapidement). La fracture était étoilée à la base, tout a dû sauter en fragment au moment où il s'est appuyé dessus.
- Comment il a pu se faire ce genre de fracture en tombant d'une échelle ? interrogea Steve avec raison.
- Il ne peut pas à moins que ses os ne soient fragilisés à la base, répondit Arthur en échangeant un regard grave et entendu avec Karev.
- Robert, je vais te poser une question et tu dois me répondre honnêtement okay ? fit Alex en aidant l'ado à se rassoir. Est-ce que tu consommes, d'une manière ou d'une autre des substances psychotropes.
- Heimmm, fit le jeune, à moitié dans les vapes mais également gêné.
- On ne te jugera pas, mentis Arthur pour l'encourager à avouer, mais c'est important qu'on sache.
- Avec des potes on sniffe du solvant pour peinture, finit par avouer Robert, piteux.
- C'est ce que je craignais, soupira Arthur. Les dissolvants contiennent des substances qui fragilisent et empêchent la croissance osseuse.
- J'savais pas, gémit l'ado.
- Bon, on va refaire une radio et t'emmener directement en chirurgie, il ne va pas y avoir le choix, déclara Karev en se tournant vers Steve. Réserve un bloc et bipe Robbins.
- Et Torres ! ajouta Arthur.
Un quart d'heure plus tard, ils y étaient, préparant le patient sur la table. La porte du sas s'ouvrit sur Callie, les bras en l'air en attendant qu'une infirmière lui donne un linge.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? interrogea-t-elle en enfilant ses gants après avoir épongé ses mains.
- Les désastres du solvant, déclara Arthur avec ironie. Complications suite à une fracture étoilée, je te laisse regarder le désastre.
Il désigna les nouveaux clichés étalés sur le panneau lumineux. Callie s'en approcha, les observa avec de grands yeux ronds. L'os avait cassé en trois et un des fragments c'était déplacé, provoquant une hémorragie.
- Ouf, ce n'est pas très beau tout ça, fit Torres en se tournant vers eux. Mais rien d'impossible.
- Où est le Docteur Robbins ? interrogea Alex en regardant vers le sas.
- Occupée au bloc deux, répondit Torres en venant près du patient. Mais bon, tu es là, et Newton aussi, alors ça devrait jouer.
- Et puis, c'est quasiment un adulte, on peut se passer de la pédiatrie sur ce coup, ajouta Arthur.
Cette remarque ne plut pas du tout à Alex, qui le foudroya du regard. C'était un petit peu comme si Arthur venait de remettre sur le tapis la dispute de tout à l'heure à propos de qui avait le lead sur ce patient. Ortho ou pédiatrie ?
- On a le consentement de la mère pour agir ? demanda Callie en prenant le dossier que l'infirmière de bloc lui tendait. Parfait, alors, vu le cas, je propose qu'on fasse ça comme si c'était une intervention solo, okay ?
- Pardon ?! s'exclamèrent à l'unisson les deux résidants en la dévisageant.
- Ne vous inquiété pas, je reste là pour vous superviser, mais il n'y a rien de très compliqué, je vous rassure, sinon je ne le proposerais pas. Sérieusement, Arthur pourrait se débrouiller seul.
Elle remarqua l'air furieux et vexé qui passa dans le regard d'Alex à la suite de cette remarque qu'elle voulait pourtant rassurante et décontractée, et se dépêcha d'essayer de rattraper le coup.
Et Alex aussi d'ailleurs. Vous êtes tous les deux très qualifiés… (voyant qu'Arthur lui envoyait un regard qui signifiait « pitié, n'aggrave pas la situation », elle se contenta d'ajoute :) Enfin bref, je vous laisse faire.
Portez la culotte…
Et elle attira à elle un tabouret pour s'assoir près du moniteur afin de surveiller l'évolution de la situation.
Les deux résidants la contemplèrent un instant, puis échangèrent un bref regard, et Arthur prit les devant car, effectivement, ayant passé beaucoup de temps en ortho depuis quelques mois, il commençait à savoir par cœur quoi faire face à ce genre de cas. D'autant que la réflexion de Callie juste avant l'avait gonflé à bloc d'orgueil.
Cette expression est destinée aux couples, mais elle s'applique aussi au bloc, lorsque deux chirurgiens opèrent de concert…
Et en plus, il se doutait qu'elle le laissait faire pour le pousser à réfléchir en même temps sur le cas de Desmond, vu qu'il présentait certains fragments similaires dans sa fracture. Un bon cas pratique ne pouvait faire que tu bien.
Un des deux prend inconsciemment le rôle dominant…
Il tendit la main et déclara d'une voix ferme et assurée :
- Lame de 10 !
Il y a une sorte de règle tacite qui régule cette prise de pouvoir…
L'infirmière lui passa et il posa la pointe du scalpel sur le bras du jeune homme, arrachant une exclamation à Alex.
- Hé, attends !
Mais parfois…
- Quoi ? interrogea Arthur en stoppant son geste, levant les yeux sur son collègue.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- J'opère.
L'équilibre ne se trouve pas, aucun des deux ne voulant céder la main à l'autre…
- On n'a pas discuté du plan d'action !
- Parce que le plan paraît évident, répondit ironiquement Arthur.
- Ah ouais, et qu'est-ce que tu comptes faire exactement.
- Créer une fenêtre rectangulaire en décollant la peau à l'emplacement de la fracture, taillé à travers les chairs, les écarter, arrêter l'hémorragie causée par le fragment C, puis tout fixé à l'aide de plaquettes et de vis.
La façon dont Arthur venait d'exposer la chose, le ton de « petit professeur vaniteux » employé déplu fortement à Karev qui sentit la moutarde lui monter à nouveau au nez. Ce n'était pas tant à cause du cas en lui-même, car il savait à peu près comment faire (même s'il reconnaissait que seul, il aurait eu besoin de Callie pour valider son approche, l'ortho c'était pas son dada). Non, là le problème, c'était toujours le même que depuis hier.
Et dans ces cas là…
- Et encore une fois, tu allais le faire en te précipitant, sans me consulter avant ! s'exclama-t-il avec verve. Sans prendre en compte si j'ai un avis sur la question moi aussi.
Soit on continuer à rester chacun sur ces bases…
- Je sais ce que je fais, répliqua Arthur en se repenchant sur le patient, prêt à intervenir.
Soit on perce l'abcès…
- Quand tu vas si vite, comment veux-tu que j'aie confiance pour te laisser agir ?! s'exclama encore Karev en attirant l'attention de tout le monde sur lui.
Enfin, tout le monde le regardait déjà, mais ce qui avait d'avantage marqué les esprits, c'était le ton de détresse avec lequel cette phrase avait été dite.
Arthur stoppa une fois de plus son geste et resta figé quelques secondes, encaissant cette réplique, en assimilant soudainement le sens, la portée qui allait bien au-delà de ce simple patient.
Il leva les yeux sur Karev, des yeux à la fois surpris et soudainement navré. Cette remarque avait fait mouche. Il se rendit soudainement compte qu'il avait raison. En partie du moins. Ça rejoignait ce que Callie lui avait dit ce matin même. Dans cette situation précise, comme dans leur situation amoureuse, c'était lui qui avait l'expérience. Lui qui devait écouter les questions et rassurer. Expliquer, pour que tout ce passe au mieux. Pour pouvoir collaborer, et avancer, ensemble !
Alex le dévisageait avec agressivité et déception dans le regard. Arthur baissa les yeux, se mordant l'intérieur de la lèvre sous son masque. Il se rendait compte qu'il avait été trop loin, trop vite. Ce n'était pas comme ça que ça fonctionnerait.
- Vous avez raison Dr Karev, finit-il par soupirer en prenant sur lui pour se calmer. Veuillez m'excuser.
Il redonna le scalpel à l'infirmière qui se dépêcha de le remettre en place sur le plateau. Puis il se tourna vers Alex et plongea son regard dans le sien, qui sembla troubler dans un temps, puis plus calme.
- Que proposez-vous comme approche ?
Surpris, Karev mit quelques seconde avant de réussir à se reconcentrer et s'approcha des radios, suivit par Arthur. Tout en expliquant, il montra du bout de son doigt ganté.
- Vu la manière dont le fragment C est logé dans le muscle ici, je pensais que ce serait plus simple de le déloger en passant par l'autre côté.
- J'y ai songé, tu as raison on aurait moins de couche de chair à entaillé pour l'atteindre, mais plus de risque de toucher les tendons au passage.
- Alors peut-être…
Et finalement, ils réussirent à établir calmement un plan d'action et à opérer de concert. Ce qui ralentit énormément Arthur dans son travail, car au final, c'était précisément ce qu'il comptait faire depuis le début. Mais il songea avec soulagement que c'était mieux pour eux deux. Alex avait juste besoin qu'il lui accorde du temps. Et il savait que ce n'était pas que dans le cadre de cette opération.
Une fois l'intervention terminée avec succès, le Dr Torres ayant surveillé chaque étape et valider avant de refermer, les trois se retrouvèrent dans le sas de préparation.
- Bon travail les gars, déclara Callie en terminant de se laver les mains. Il devrait se remettre assez rapidement.
- Merci pour cette intervention, répondit Arthur, fier de lui (un peu trop même).
- Ouais, merci, ajouta Alex.
Elle eut un petit raclement de gorge sec pour exprimer un mécontentement et se tourna alors vers eux, déclarant d'un air sévère.
- Oui, bon travail, mais je vous préviens que la prochaine fois que vous vous disputer de cette manière dans mon bloc au-dessus d'un patient, je ferais en sorte que vous ne revoyez plus un bistouri avant un moment.
Surpris, les deux hommes ouvrirent la bouche en même temps pour répliquer, mais elle les en dissuada en levant une main pour leur intimer le silence.
- Surtout que l'on sait tous les trois à cause de quoi était dû cette querelle. Alors maintenant vous allez me faire le plaisir de discuter une bonne fois pour toute et calmement de votre problème !
Ils restèrent comme deux ronds de flans, incapables de répondre. Ils avaient rarement vu Callie s'énerver de cette manière, et cela fit presque mal à Arthur qui se rendit compte avoir dépasser les limites. Avait-il pris trop d'assurance, c'était-il enorgueilli au-delà du raisonnable ? Oui, et visiblement il devait se ressaisir, car il avait déçu sa mentore.
- Bon, je vais m'occuper de remplir le dossier, déclara Alex. Tu t'occupes d'aller annoncer à la mère que tout va bien.
Le noiraud se tourna vers lui.
- Alex…
- Oui ?
- Elle a raison, je crois qu'on devrait discuter calmement, en dehors du travail.
Alex sembla pensif, jeta un regard droit devant lui à la salle d'opération de l'autre côté de la vitre. On était en train d'emmener l'ado en salle de réveil. Il réfléchit rapidement. Il avait encore un peu de colère et d'appréhension en lui, mais il ne voulait vraiment pas tout gâcher. Surtout qu'il avait remarqué l'effort de son amant au bloc tout à l'heure. S'il avait accepté de faire des concessions, alors lui aussi pouvait en faire.
- Ok, déclara-t-il simplement en le regardant à nouveau. Tu n'as qu'à venir chez moi après ton service. Tu finis quand ?
- Dans une heure.
- Moi aussi. On se retrouve directement là-bas ?
- D'accord.
Et ils se séparèrent pour l'instant.
oOoOoOo
Izzie était assise au bar de Joe, une vodka devant elle qu'elle touillait nonchalamment, perdue dans ses pensées.
« Votre taux de lymphocyte indique la présence d'une tumeur » avait déclaré le titulaire dermatologue d'un ton neutre, « A l'heure actuelle, il m'est impossible de vous préciser sa nature exacte, mais il faut essayer de ne pas trop vous alarmer avant d'avoir fait des examens complémentaires. Nous savons désormais qu'il y a présence d'une souche cancéreuse, mais la plupart du temps, elles sont bénignes. Je peux vous adresser à un excellent confrère du service d'oncologie et… »
A ce moment, elle avait posé son regard sur Denny, qui se tenait debout derrière le titulaire assis à son bureau, à côté de Tony Giacomo qui attendait. Denny qui la regardait avec tant de tristesse et de culpabilité. Et en le voyant ainsi, elle avait compris que les paroles de l'homme en orange criard n'avaient aucune importance.
Non, ce n'était pas bénin, c'était malin, elle en était sûr. Et probablement qu'elle était très agressive et déjà métastasée. Elle savait comment ça marchait, elle était médecin. Et la présence d'un « fantôme » avec qui elle pouvait interagir était la preuve ultime que son cas était gravissime. Elle savait qu'il lui faudrait désormais aller se faire examiner, afin de déterminer la nature exacte de son mal.
Et le temps qu'il me reste, songea-t-elle avec désespoir.
Alors qu'elle soupirait en continuant de touiller sans conviction ses glaçons, Tony arriva et s'assit à côté d'elle.
- Ça va ? demanda-t-il, l'air de sincèrement s'en inquiéter.
- A ton avis, répondit Izzie en croisant les bras sur le comptoir et se tournant d'un quart vers lui.
- Je suis désolé, sincèrement.
- Tu n'y peux pas grand-chose. J'aurais dû m'en inquiété plus vite quand j'ai commencé à avoir des symptômes étranges.
- Tu comptes le dire à quelqu'un ? Ce n'est pas bon de rester seul dans ce genre de cas, c'est ce que je dis à mes patients dans ce genre de situation.
- Non.
- Pourquoi ?
- Tant que je ne saurais pas exactement ce que c'est, je ne veux inquiéter aucun de mes amis. Les savoir s'en faire pour moi et les voir me tourner autour ne m'aidera pas.
Il y eut un silence, le serveur posa une bière devant Tony qui en prit une gorgée en fixant devant lui. Puis il avoua :
- Tu vas rire, mais tu es sans doute la première patiente pour laquelle je me sens impliqué émotionnellement. J'ignore pourquoi.
- Parce qu'on a un point commun sans doute. On travaille dans le même hôpital, on se croise souvent. On est frustré par les mêmes hommes.
- Peut-être que c'est ça, sourit-il.
Un autre silence se prolongea, puis Izzie se rendit compte que la présence de quelqu'un avec qui elle pouvait parler de tout ça lui faisait du bien.
- Merci, fit-elle.
- Pourquoi ?
- Pour ça. Pour t'en faire mais s'en me harceler. Sans être « lourd ».
- Merci du compliment.
- Je suis sincère.
Il y eut un nouveau silence durant lequel elle termina sont verre.
- Tu en veux un autre ?
- Volontiers, j'en ai besoin ce soir.
- Je m'en doute. Joe, un autre pour la demoiselle !
Elle ne savait pas pourquoi, mais à cet instant, Izzie sentit qu'elle venait de se trouver un compagnon de malheur. Et dans un sens, ça lui faisait du bien. Mais qui aurait cru qu'elle sentirait de la sympathie pour Tony Giacomo. Elle songea qu'ils allaient faire de grandes choses ensemble. Car tant qu'à mourir probablement d'ici quelques mois ou années, elle comptait bien se battre pour récupérer Alex et profiter un peu de celui qu'elle aimait. Et Tony serait certainement un allier de taille dans cette reconquête.
oOoOoOo
Alex rentra dans la maison et croisa Lexie dans le hall, qui eut un demi sourire en le voyant. Il devina qu'elle était contente de savoir qu'il allait tenter de mettre les choses à plat avec Arthur, car elle les trouvait vraiment trop mignons tous les deux ensemble (et elle avait un fantasme secret pour le yaoi, en ayant écrit durant ses années de fac).
- Il est là ? demanda-t-il, connaissant déjà la réponse.
- Il t'attend dans ta chambre, répondit-elle simplement avant de retourner au salon.
Alex ôta son manteau, ses chaussures, puis monta à l'étage. Il poussa la porte de la chambre. Arthur l'y attendait, assis sur le bord du lit. Ils se fixèrent, puis Alex entra et referma la porte derrière lui. La configuration était identique au soir où ils s'étaient mis officiellement ensemble. Mais à la place des réjouissances qui avaient suivis cette fois-là, c'était à une longue et interminable discussion de mise au point qu'ils allaient s'adonner.
On fait sortir ce qui nous empoisonne…
Il soupira et s'avança jusqu'au lit, s'asseyant à côté d'Arthur, qui continuait de le fixer en attendant qu'il parle le premier. Après un moment, Karev soupira encore, puis déclara :
- T'aurais dû me prévenir avant ! Je suis « vierge » de ce côté je te rappelle.
- Je sais, excuse-moi.
On exprime ce que l'on ressent…
- J'ai jamais fait ça moi ! Je ne sais pas comment ça doit se passer, comment on est sensé agir dans ce genre de situation.
Arthur ne répondit rien pour l'instant, il attendait qu'Alex déballe tout ce qu'il avait sur le cœur.
- J'ignore comment on se prépare à ça… je veux dire, c'est un endroit sale à la base et je ne sais pas comment tu fais toi pour être toujours irréprochable à ce niveau.
- C'est des habitudes à prendre et beaucoup de technique, voua Arthur avec un sourire mi amusé, mi gêné.
- J'ai peur d'un « accident » de parcours. Et surtout… j'ai très peur d'avoir mal.
Arthur fut attendri par cette déclaration. Son bourru de copain qui appréhendait autant la douleur, ça avait quelque chose d'à la fois comique et adorable. Il prit un air rassurant et lui sourit en s'approchant un peu plus de lui.
On essaie de comprendre l'autre…
- C'est vrai que hier je ne t'ai pas prévenu, j'étais trop excité et je m'excuse de t'avoir fait peur. Mais je te promets que quoi qu'il arrive, je ne vais pas y aller d'un coup, comme ça. D'abord y a plein de chose à faire pour te « détendre » et te déstresser avant. Pour pas avoir mal. Tu dois avoir confiance en moi, d'accord ?
On retrouve confiance…
- D'accord…. Répondit Karev, déglutissant en rougissant terriblement.
Là il était absolument craquant, pensa Arthur. Avec cet air tout gêné. Ça lui rappelait sa propre première expérience. Il se pencha un peu plus au-dessus de lui, et posa un baiser sur sa joue qui le fit frémir. Ils se regardèrent alors droit dans les yeux l'un l'autre.
Et on trouve des compromis…
- Très bien. Alors, est-ce que ce soir tu te sens prêt à réessayer calmement ? On y va tranquillement, on se câline, on y va gentiment et si tu as le moindre problème, on arrête, promis. Ça te va ?
Hésitation, déglutition, puis réponse :
- Okay.
Arthur l'embrassa doucement sur la bouche pour le mettre en confiance.
Et ce qu'il faut comprendre…
Puis, il songea à une chose et ajouta :
- Et si ça ne va pas « dans ce sens », je reprendrais « mon rôle » jusqu'à ce que tu sois prêt.
C'est que chacun peut prendre le lead à tour de rôle.
Alors ? C'était comment ?
Pitié, dîtes moi que ça joue :-/
A bientôt !
Ha oui, et petite explication sur le titre du chapitre. En anglais, "Top", c'est le terme pour "actif". Voilà, voilà quoi
