Bonjour, je ne vais pas m'étendre ce chapitre aurait dû être publié fin mai mais suite à divers problème je me suis retrouvée en manque totale de motivation alors que j'avais écrit plus des 2/3 du chapitre.

Bref, j'espère juste que vous allez continuer à me lire malgré tout. J'ai commencé un nouveau chapitre d'Harry et l'héritier de Dumbledore.

Bon alors, dans le chapitre précédent, Harry, remus se retrouvent invités dans la même soirée, chez Peter Pettigrow. Tandis que Drago, jeune avocat brillant drague ouvertement Harry, Remus prend conscience de son désir pour Harry.

Voilà la suite : Lundi matin, c'est le premier cours particulier entre nos deux héros depuis ces événements. Comment tout cela va-t-il se passer ?

NB : Pour cette histoire, le plan est tout fini et grosso modo, il me reste moins d'une dizaine de chapitres vers 5/6 chapitres.

Chapitre 8 : Reprise difficile

Remus regarda pour la dixième fois en moins de deux minutes, la petite horloge placée au-dessus du tableau noir, il était posté devant une des fenêtres et parfois jetait des coups d'œil rapides aux élèves se détendant dans la cour. Inconsciemment il tentait en vain de repérer Harry Potter dans la foule des étudiants surexcités.

Il ne restait plus que cinq minutes avant qu'il ne débarque pour son cours particulier. Le professeur de littérature sentait une goutte de sueur couler le long de son cou. Il ne pouvait nier qu'il était anxieux, très anxieux même. Tout avait été bouleversé vendredi dernier. Il s'était comporté la semaine dernière comme le pire imbécile, comme un adolescent incapable de la moindre pensée cohérente et totalement sous l'emprise de ses hormones. Comment tout avait pu autant dégénérer ? Pourquoi avait-il voulu les voir ? Potter ne lui devait rien en dehors des heures de cours mais il s'était senti obligé d'aller vérifier que tout allait bien. Et depuis lors, Remus avait la douloureuse sensation de tomber dans un puits sans fond. L'attitude d'Harry Potter l'avait troublé, très troublé. Ses râles et gémissements lui avaient laissé un goût amer dans la bouche et cette dernière phrase qu'il avait pu entendre au travers des feuillages. A quoi pouvait bien penser Potter ? A qui donc était destiné ce 'faites-moi jouir, professeur.' ? A lui ou bien à cet avocat sans scrupule ?

Remus secoua la tête, dépité, et prit place sur sa chaise. Ces différentes questions ne cessaient de le tarauder depuis ce week-end. Le professeur de littérature aurait tant aimé rendre responsable Potter. Mais, ce soir-là, le gamin n'était aucunement le nœud du problème, il n'avait pas agi différemment de son habitude, comme depuis son arrivée à Poudlard, il n'avait fait que le provoquer, une nouvelle fois. Et si auparavant, Remus avait toujours su gérer les emportements du garçon, dans les bois, par cette fraîche nuit étoilée, il avait l'espace d'une seconde voulu être à la place du blond.

Remus se frappa légèrement, répétant à voix basse : « Elève, il est mon élève. » Un petit coup contre la porte le fit sortir de sa rêverie. Machinalement, il lança un nouveau coup d'œil à l'horloge. 10h58, deux minutes d'avance, cela relevait de l'exploit.

« M. Potter, vous pouvez entrer. »

L'homme entendit alors au travers de la porte un léger ricanement qu'il reconnut aussitôt. Il souffla, s'il n'était guère pressé de donner cours à Harry, Remus n'était pas sûr d'apprécier pour autant la compagnie de Bill. Il n'eut même pas le temps de répliquer que déjà le professeur émérite ouvrit la porte, hilare.

« Bonjour, Remus, navré de te décevoir mais ce n'est que moi.

- Bonjour, Bill, répondit machinalement l'autre homme. »

Devant la mine légèrement déconfite de son ami, Bill Weasley ne résista pas à une pointe d'humour.

« Désolé de t'avoir fait perdre tout ton enthousiasme mais ne t'inquiète pas, il va bien finir par arriver.

- Mais je ne m'inquiète pas et le contraire m'arrangerait grandement.

- Comment ? Le si gentil professeur Remus Lupin en aurait assez d'être parfait et de se vouer à l'enseignement d'un jeune homme perdu ? Je suis sous le choc. Il faut que je m'asseye. »

Et aussitôt, sans laisser la moindre chance à Remus, le rouquin s'exécuta et s'installa sur le bureau de son ami.

« Ce n'est pas ça, finit par répondre Remus. Tu as mal compris.

- Tu en es vraiment sûr ? »

Bill tapota ses doigts contre le bois verni de la table, il fixait son ami droit dans les yeux, attendant une véritable justification. Il avait bien une idée mais il se doutait bien que Remus refuserait d'admettre devant lui qu'il n'avait juste aucune envie d'affronter les superbes yeux verts du gamin.

« J'aimerai rentrer plus tôt ce midi pour retrouver Teddy, la garderie était fermée aujourd'hui.

- Cela m'aurait étonné que tu n'ais pas une vraie bonne raison, soupira l'autre homme, visiblement déçu. »

Remus hocha la tête. Il n'y avait guère de chance que Bill se contente de cette explication des plus évasives mais malgré toute l'affection qu'il éprouvait pour son ami, il ne se voyait pas dire autre chose.

« Cela ne sert à rien, je suppose que je poursuive dans cette direction et que je te fasse avouer tes sentiments cachés pour ce jeune homme.

- Absolument, à rien du tout, puisqu'il n'y a strictement rien à avouer.

- J'en étais sûr ! »

La voix de Bill monta d'une octave devant cette douloureuse constatation. Que fallait-il donc faire pour que Remus accepte cette vérité si évidente et si criante ? Il aurait bien aimé continuer sur ce sujet ô combien divertissant et intéressant mais cela ne servirait à rien aujourd'hui et puis, grâce à son frère, il savait également qu'il y avait bien d'autres choses à évoquer.

« Hum, hum, revenons au sujet de ma visite…

- Parce qu'il y a une vraie raison à ta venue. Je me refuse à croire que tu puisses venir parler du problème d'un autre élève, en dehors d'Harry Potter.

- Pour qui me prends-tu ?

- Tu souhaites vraiment une réponse à cette question ? Demanda Remus avec suspicion.

- Non, non, pas la peine, je sais bien que tu me prends pour un être, non pour L'être parfait, talentueux, dévoué pour ses élèves et son travail. Et puis évidemment tu me trouves beau, pour ne pas dire irrésistible. Ah et le point crucial que j'avais presque oublié le meilleur coup que tu ais eu sous tes draps, enfin pour le moment. Malheureusement, je sens que je ne garderai pas ce titre éternellement et j'en suis tout attristé.

- Seigneur, dois-je commenter des propos aussi aberrants ? Tu sais, je n'ai guère de temps. Je suppose que même toi, tu as compris que je vais bientôt donner un cours.

- Oui, j'ai surtout compris que tu n'attends qu'une seule chose, l'arrivée de ta furie aux yeux verts. C'est Fleur qui va être déçue.

- Tu sais parfois, j'ai du mal à te suivre. Quel est le rapport entre Potter et Fleur Delacour, en dehors du fait qu'à cette heure, elle doit le détester copieusement ? »

Remus savait parfaitement ce qu'insinuait son ami. Il n'espérait qu'une chose que Bill croirait ou à la rigueur ferait semblant de le croire lorsqu'il prétendait ne rien comprendre et qu'il ne continuerait pas dans cette voie. Le rouquin se racla d'ailleurs de façon opinée la gorge.

« Je vois. Elle le détesterait et pourquoi donc ?

- Eh bien, si nous nous sommes habitués par défaut à ses propos odieux, Fleur ne le rencontrait que pour la première fois et elle n'était sans doute pas préparée. Mais sa réaction est tout à fait compréhensible, il a tenu des propos assez horribles à son encontre.

- Oui, enfin, le contraire eut été étonnant, tu me parles d'Harry Potter, la terreur de Poudlard. En dehors de Zabini, il a réussi à s'engueuler en un temps record avec tous les autres élèves de sa classe, je suis juste époustouflé par autant de talent. A ce rythme, ses co-disciples vont former une coalition pour le faire virer et même, ce pauvre Albus ne pourra pas le sauver.

- Ce n'est pas drôle, Bill…

- Tu as raison… Ce serait si cruel qu'il soit viré avant que vous n'ayez franchi le pas. Aaaah ! Rien que d'y penser j'en suis tout chamboulé. Quelle horreur ! Il faut absolument changer de sujet ? Alors tu ne m'as toujours pas répondu. Qu'a donc supporté cette pauvre Fleur ? »

Bill avait tourné la tête et posé son front sur son avant-bras droit dans un geste des plus mélodramatiques. Remus n'avait pas forcément la tête à écouter les élucubrations de son ami, malgré toute l'affection qu'il ressentait pour lui. L'heure continuait de tourner et Harry allait sans doute arriver d'un instant à l'autre, à moins qu'il n'ait eu la bonne idée de ne pas venir en cours particulier aujourd'hui.

« Bill, je t'ai déjà dit que tout ceci n'était pas drôle, pas drôle, du tout et pas la peine d'en rajouter.

- Oui, enfin, malgré tout le respect que je lui dois, Fleur est une grande personne et elle est tout à fait capable de se débrouiller toute seule et je ne doute pas qu'elle est mouchée ce cher Harry. »

Remus sourit au souvenir de la jolie blonde, laissant coi l'adolescent.

« Elle te plaît bien, Fleur ou je me trompe.

- Elle est vraiment très intelligente…

- Et très belle aussi…

- Oui, évidemment, répondit machinalement Remus.

- Quel enthousiasme, vraiment ! Pourtant Charlie m'a bien dit qu'elle était totalement conquise, tu pourrais te montrer plus ouvert. J'espère au moins que tu as attaqué lorsque vous vous êtes retrouvés tous les deux. Sincèrement, elle me paraît être un bon choix, si tu ne peux te résoudre à aller vers d'autres hommes ou bien… adolescents.

- Bill !

- Qu'est-ce qu'il y a ? Je n'ai nommé personne. Ce n'est pas de ma faute, si tu as pensé à quelqu'un en particulier, souffla Bill malicieusement.

- Tu ne vas pas recommencer avec cette histoire, tu es pire que lui.

- Pire que lui ? Oh, oh ! Y aurait-il eu enfin une approche de l'enfant terrible ?

- Non… Bien sûr que non. Il ne pense absolument pas à ce genre de choses et moi, non plus d'ailleurs.

- Ce n'est pas beau de mentir. N'oublie pas que tu es père, tu te dois de donner le bon exemple en toute circonstance, même si le petit Teddy n'est pas avec toi.

- Arrête de dire des sottises, Bill ! Je ne mens pas… Potter n'est pas plus attiré par moi que je ne le suis par lui !

- Pourtant, il me semble bien que Charlie m'a parlé d'un certain Drago Malefoy et d'après mon frère que je crois sur parole, tu n'avais pas l'air d'apprécier le fait que ce jeune et au demeurant très talentueux avocat puisse se révéler complice avec le gamin. Jalousie, peut-être ?

- Je ne sais pas du tout ce que Charlie a bien pu te raconter, j'étais simplement exaspéré par l'attitude de cet avocat qui ne semblait pas vouloir apaiser la situation et au contraire qui ne cessait d'encourager Harry. Et excuse-moi de penser que tout ceci n'est pas très bien de sa part.

- Honnêtement, Remus, tu n'essaies pas de me faire croire que c'est à cause de ça que tu n'apprécies pas ce Drago Malefoy. Je ne suis pas totalement stupide, tu sais. »

Bill s'était assis confortablement, sur le rebord d'une des petites tables du premier rang, signe évident qu'il n'était pas prêt de disparaître.

« Je sais déjà ce que tu vas me dire et je ne veux pas l'entendre. C'est faux et cela ne sert à rien.

- Ah, ah ! J'en ai la preuve. Car dans tous les cas, si tu sais à quoi je pense, c'est évidemment parce que toi aussi, tu y as réfléchi. Tu t'es imaginé dans une position compromettante avec ce gamin et je suis bien persuadé qu'il ne serait pas opposé à cette idée. »

Remus vit alors deux yeux verts, lumineux au milieu des bois et une bouche rouge et tentatrice murmurait ces mots si sensuels et si troublants. Il refusa de se laisser encore plus aller, il devait oublier cette soirée désastreuse au plus vite, avant qu'il ne soit encore plus troublé et surtout avant que l'autre professeur ne joue encore davantage de cette faiblesse. Malheureusement, son attitude n'échappa pas au rouquin qui s'en amusa ouvertement :

« Je n'ai pas assisté à cette soirée et je le regrette de plus en plus. Tu verrais ta tête, mon cher, tu m'as l'air ailleurs. Pourquoi Charlie ne m'a pas invité ? Ô cruelle destinée !

- S'il te plaît, Bill, arrête avec tes gamineries, je ne te le répèterai pas. Tu te berces d'illusion. Il ne s'est rien passé de spécial au cours de la soirée. Rappelle-toi seulement que c'est un gamin paumé, qui se sent depuis des années en mal d'amour et de reconnaissance et je ne crois pas que ce soit très bien de ta part, de faire sans cesse les mêmes plaisanteries douteuses. »

Pour la première fois, Bill se tut, le front de Remus était barré par une ride qu'il ne connaissait que trop bien et qui ne présageait jamais rien de bon. Peut-être était-il vraiment temps d'écouter son ami ? Bill était venu dans cette salle de classe, joyeux et pressé de connaître les détails de la soirée, Charlie, lui, avait parlé de l'ambiance qui avait régné tout au long de la soirée. Son frère d'avocat avait été assez perturbé, il avait trouvé l'ambiance des plus étranges, pour ne pas dire malsaine et ce sentiment n'avait eu de cesse de s'accroître même l'absence momentanée d'Harry Potter et de Malefoy n'y avait rien changé. Apparemment, son frère avait eu mille fois raison.

« Tu sais, Remus, tu peux te confier à moi, en cas de besoin. »

Bill avait pris un ton des plus sérieux et il ne souriait plus du tout. Remus leva les yeux en direction de son ami. S'il avait été, en entendant Bill, tenté de lui expliquer tous ses tourments et toutes ces visions qui l'empêchaient de dormir la nuit, il ne se laissa aller cependant à aucun épanchement. Cela n'apporterait rien de bon, il se devait pour lui et surtout pour Harry de terminer cette histoire avant que cela ne s'ébruite. Le rouquin commençait à se crisper devant le manque de réaction de son ami et devant le mutisme forcé du professeur de littérature, il finit par s'énerver :

« Rem, réponds à la fin. Tu vois bien que ça te fait du mal. Regarde-toi un peu, tu fais peine à voir, on dirait que tu n'as pas dormi depuis des lustres. Est-ce de la faute de ce gamin ? »

Bill avait haussé le ton assez fortement et alors qu'il avait juste fini de poser sa question, un bruit sourd résonna dans la pièce. Quelqu'un venait de frapper à la porte et au regard qu'échangèrent Bill et Remus, tout était déjà entendu. Harry Potter, le responsable du tourment du professeur de littérature était là, à quelques mètres, derrière cette porte, il n'y avait aucun doute possible, comme il était impossible qu'il n'est pas profité d'une partie de la conversation. Et effectivement, à peine le coup avait retenti que le garçon passa la tête dans l'embrasure de la porte. Remus ne put s'empêcher de le détailler plus attentivement lorsque l'adolescent pénétra entièrement, dans la pièce. Son visage était fermé comme à son habitude et ne laissait strictement rien paraître comme si tout ce qui s'était passé ces jours derniers n'avait guère d'importance à ses yeux.

« Bonjour, je me suis permis d'entrer. Comme j'ai entendu des éclats de voix à travers la porte, je savais que vous étiez là… »

Le regard vert était encore plus foncé et ne fixait qu'une seule chose, le visage gêné de Remus. Aucun doute n'était plus permis, Harry avait parfaitement entendu la fin de la conversation. Alors que le garçon sûr de sa supériorité prenait place à la table en face de celle du bureau, Remus semblait encore plus défait. Le brun n'avait même pas daigné jeter un coup d'œil à Bill qui était toujours en ces lieux, il défaisait ses affaires avec une lenteur exaspérante, tout en quittant le moins possible Remus des yeux. Bill observait la scène avec incompréhension. De toute évidence, les événements du dernier week-end avaient marqué un tournant dans l'étrange relation que semblait entretenir les deux autres. Le rouquin finit par se lever, faisant légèrement grincer la petite table en bois contre le sol carrelé.

« Je n'ai plus qu'à partir, j'ai l'impression d'être de trop en ces lieux. »

Harry se retourna en direction du rouquin et le toisa avec morgue. Il était très facile de lire ce qu'il pensait sur son visage et il aurait effectivement pu le dire en des termes assez peu charitables. Il réussit malgré tout à se contenir. Remus, quant à lui, se contenta silencieux, d'un simple hochement de tête. Il sentait son pouls s'accélérer et des gouttes de sueur commençaient à couler le long de son front. Le moment qu'il redoutait le plus depuis trois jours, le moment où il se retrouverait de nouveau seul à seul avec Harry n'allait plus tarder et il ne voyait aucune échappatoire possible.

« Potter, Remus, j'espère que vous ne vous entretuerez pas, après mon départ.

- N'ayez aucune crainte, Monsieur, répondit le gamin un sourire sarcastique accroché aux lèvres. Je n'oserai jamais faire du tort au Professeur. »

Harry avait prononcé ce mot avec une délectation non feinte et Remus bougea sur sa chaise, mal à l'aise, devant cette vision qui venait à nouveau de le hanter. La gêne du professeur n'échappa pas à Bill qui demanda légèrement inquiet :

« Tu es sûr que tu n'es pas malade ? Si tu ne te sens pas apte à faire cours, je suis persuadé que même lui pourrait comprendre, n'est-ce pas ? »

Bill jeta un coup d'œil au garçon qui maugréait. Il savait qu'il avait un avantage certain et il était hors de question de le laisser pour faire plaisir à Weasley :

« Je ne crois pas que M. Lupin soit dans l'incapacité de faire le cours et il serait encore plus affligé de ne pas pouvoir respecter ses engagements, n'est-ce pas, Professeur ?

- Je… Je… hésita Remus allant de l'un à l'autre, avant de se ressaisir. M. Potter a raison, je dois lui faire cours, nous avons quasiment rattrapé tout notre retard, ce serait idiot. Je ne suis pas malade. »

Harry sourit lorsqu'il entendit ces quelques mots et il se tourna vers Bill et le défia du regard de s'opposer à la décision prise. Le rouquin se contenta alors d'un simple hochement :

« C'est bon… C'est bon. Vous avez gagné, je ne m'opposerai pas mais vraiment vu ta tête, Remus, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. »

Légèrement désabusé, l'homme mit ses deux mains dans les poches de son pantalon et quitta les lieux, en sifflotant.

« Bon, maintenant que ce crétin a enfin daigné quitter les lieux, nous allons enfin pouvoir commencer…

- M. Potter n'insultait pas votre professeur, je devrais vous renvoyer pour tenir de tels propos.

- Mais vous en êtes bien incapable, Professeur… Vous le savez tout aussi bien que moi. Et puis imaginez ce que je pourrais dire à mon tour, si vous alliez voir Dumbledore pour arrêter vos cours…

- Justement, je ne vois rien que vous pourriez dire au directeur.

- En êtes-vous sûr ? Pourtant, je ne vois pas ça ainsi. Après tout, vous ne cessez de m'épier, je sens bien votre regard porté sur moi et puis, maintenant vous me suivez…

- Par… Pardon ?

- Oseriez-vous nier que vous m'avez suivi dans les bois, lors de cette interminable et insupportable soirée ?

- Cela n'a rien à voir !

- Vous ne niez pas donc !

- Je voulais m'assurer que tout allait bien pour vous, je n'ai aucune confiance en cet avocat.

- A qui voulez-vous faire croire un tel mensonge ? Drago est quelqu'un de parfaitement honorable. C'est un homme très bien, vous savez.

- C'est à mon tour de vous demander à qui voulez-vous le faire croire. C'est un jeune arriviste exécrable, sûr d'être la huitième merveille du monde.

- Vous êtes juste jaloux de sa réussite dans tous les domaines…

- Arrêtez de délirer. Je ne suis absolument pas jaloux de… de…

- Même dans les bois. Ne vous êtes-vous pas rêvé à sa place ?

- Vous êtes mon élève.

- Vous ne répondez pas à ma question, Professeur ! Lorsque sa langue me prodiguait mille et un délices, n'avez-vous pas songé à VOTRE langue sur mon corps ou plus encore, à vous, vous enfonçant profondément en moi. »

Harry tapotait lentement ses doigts contre la petite table en bois. Alors que ses mots devenaient feux, il n'avait cillé une seconde et avait gardé son regard fixe sur son professeur. Si Harry restait parfaitement calme et maître de la situation, Remus avait blêmi et s'était aussitôt levé. Il désigna de son index la porte et hurla contre le gamin :

« Sortez ! Dehors ! »

Harry visiblement toujours autant amusé par la situation sourit devant le visage fermé de Lupin :

« Voyons, Professeur, vous venez de dire à Weasley qu'il n'y aurait pas de problème, que vous pouviez me faire cours et là vous changez d'avis, sans raison. Je ne vous comprends pas, Monsieur.

- Sans raison ? Vous tenez des propos inqualifiables devant votre professeur et vous ne comprenez pas ma réaction. Bill avait raison, je n'aurai pas dû accepter de vous faire cours aujourd'hui.

- Inqualifiables, dites-vous… Je n'ai rien dit hormis la vérité. Vous me désiriez lorsque vous m'avez entendu vous appeler. Je pouvais le voir à la lumière de la lune. Vous étiez tellement concentré sur chacun de nos gestes. Je devinais l'érection qui ceignait votre bas-ventre. Cela fait combien d'années que personne ne vous a touché et inversement. Combien de nuits avez-vous erré seul, dans votre appartement avec pour seule compagnie, la respiration faible et douce de votre fils ? Ce qui manque à votre triste et pitoyable petite vie de professeur, c'est quelqu'un avec qui baisait.

- Arrêtez, M. Potter, veillez à ne pas transposer vos petits fantasmes de lycéen sur la réalité.

- Mes petits fantasmes de lycéen ? Comment ai-je pu croire un instant que vous ne seriez pas comme tous les autres ? Si j'ai tout inventé alors pourquoi vous ne voulez pas me faire cours aujourd'hui ? »

Harry le défiait du regard. Il s'était lui aussi levé et avait fait chuter sa chaise par la même occasion. La rage avait crispé ses traits. L'hypocrisie de Lupin le rendait fou. Il l'avait entendu arriver dans les bois, avec un intérêt non feint. Il ne s'était jamais imaginé que l'autre homme puisse quitter ainsi le repas pour aller les espionner mais bien évidemment, Remus n'avait pas été jusqu'à s'interposer. Il était resté là, béat. Harry avait pu alors l'observer et il avait lu du désir ainsi qu'un regain de vie dans ce regard d'habitude triste. Harry n'aurait pas su dire alors si c'était le couple, Drago ou lui seul qui lui faisait un tel effet mais il s'était tout de même senti flatté dans son ego et l'espace d'un moment, il l'avait cruellement désiré. Harry avait voulu pousser son professeur dans ses derniers retranchements pour qu'il réagisse et pour qu'il s'interpose entre Drago et lui. Lorsqu'il avait susurré le mot 'Professeur', il avait vu les pupilles de Remus s'étrécir davantage mais Lupin avait préféré tout abandonner et repartir vers le Manoir. Lorsque leur petite escapade avait pris fin et que Drago et Harry avaient à leur tour retrouvé les autres, tout était pareil et tout était différent en même temps. Lupin était devenu obstinément mutique, perdu dans ses pensées et il n'avait plus fait opposition. Harry avait essayé à plusieurs reprises, par la suite d'accrocher à nouveau, son regard pour pouvoir y lire le même désir, la même envie de son corps mais sans succès, son professeur n'avait pas eu de cesse de regarder son assiette.

Remus se sentait pris au piège, ce gamin ne cessait de le faire reculer et il se maudissait pour cela. Que pouvait-il bien lui répondre ? Quelle obscure raison pourrait justifier son attitude ? Si de nouveau, il se contentait d'un simple 'arrêter d'affabuler, M. Potter', il savait qu'il ne convaincrait personne et surtout pas Harry. Comme le gamin voyait l'embarras de Lupin, il sourit ironiquement avant de rajouter :

« Vous n'êtes même pas capable de répondre à cette simple question, professeur. La vérité doit être difficile à reconnaître, n'est-ce pas ? Savoir que le plus détestable de vos élèves vous excite doit être le pire de vos cauchemars devenu réalité. Je pourrais presque en avoir de la peine pour vous. Presque, finit-il, en tournant la tête de côté. »

Le gamin sentait qu'il prenait l'ascendant sur Lupin. Cette sensation de pouvoir le grisait mais il ne pouvait s'en contenter. Il s'approcha alors de son professeur. Son pas était rapide, il n'avait aucune envie que Lupin ne puisse s'éloigner. Il n'était à présent, plus qu'à quelques centimètres de lui. Arrivé aussi près de l'autre homme, il ne savait pas s'il devait s'avancer davantage ou attendre un éventuel signe de l'autre homme. Remus respirait difficilement, chaque expiration était encore plus forte et plus rapide. Le trentenaire se devait de décourager le gamin avant qu'il ne se fasse encore plus d'illusion :

« M. Potter, je vous conseille de ne pas aller plus avant. »

Le garçon se boucha les oreilles et prononça d'une voix forte, les yeux tournés vers le ciel :

« Blablabla, élève, blablabla, professeur, blablabla, Professeur Dumbledore. Pas la peine de vous répéter, vous m'avez dit, exactement la même chose, il y a quelques minutes. Vous ne pourriez pas changer de disque un peu, pour me faire plaisir.

- Ceci n'est pas un jeu, M. Potter, alors ça suffit maintenant !

- Ah bon ? Etes-vous sûr ?

- M. Potter, je ne le répéterai pas ! »

Le gamin s'était encore rapproché de l'homme, il avait franchi les derniers centimètres qui les séparaient et le frôlait à présent. Son index courait le long du torse et à travers le tissu de la chemise bon marché de Lupin, le gamin pouvait sentir tous les muscles se raidir. Remus avala difficilement sa salive, il se devait d'agir avant qu'il ne regrette à tout jamais d'être devenu professeur. Il enserra les poignets fins de Potter entre ses mains. Harry grimaça de douleur.

« Arrêtez, tout de suite, M. Potter, rien ne se passera entre nous. Vous êtes mon élève et vous ne resterez que mon élève. »

Harry rit d'un petit rire cristallin et moqueur :

« Vous savez que vous êtes mignon, lorsque vous essayez de vous persuader que vous avez raison. Mais cela n'en demeure pas moins assez pathétique. »

Les deux hommes se firent face plusieurs minutes durant, les yeux verts plongeant directement dans ceux mordorés. La respiration des deux hommes s'était accélérée et il était difficile de savoir qui de la colère ou de l'envie dominait leur visage. Harry céda le premier, ses poignets endoloris commençaient à bleuir légèrement. Il se détacha à contrecœur et se recula de quelques pas.

« Ne croyez pas avoir gagné, Professeur. Même si vous ne cédez pas aujourd'hui, cela va vous ronger nuit après nuit, je serai présent dans tous vos rêves soumis à vos moindre désirs et lorsque cela ne vous suffira plus de vous palucher seul, dans votre lit pour calmer vos ardeurs, vous reviendrez. »

Ces paroles étaient de feu mais avant que Remus ne puisse répondre quoi que ce soit, une petite lumière éclaira la poche de la chemise d'Harry et qu'une musique lente s'éleva dans l'air.

« Vous permettez ? »

Remus aurait pu refuser mais cela n'aurait strictement servi à rien, Harry avait déjà décroché son téléphone.

« Allo, oui ?... Ah, c'est toi, salut. Comment ça va aujourd'hui ? »

Remus n'en revenait pas le gamin commençait une conversation, tout naturellement, comme s'il n'était pas dans une salle de cours.

« Moi, ça va, encore un peu fatigué après hier soir. Tu sais que tu n'es pas humain, Drago. »

Harry s'était reculé de quelques pas et ne semblait pas réellement écouté la réponse de l'avocat au travers du combiné. Il fixait toujours Remus et se contentait de dodeliner de la tête de temps à autre. Finalement, il reprit la parole :

« Bien sûr que tu peux continuer, je suis absolument seul. Personne ne peut ni m'entendre, ni me voir. »

Le sourire glacial que le garçon lui renvoya figea Remus, il était une nouvelle fois piégé par son élève. Et alors que Remus se dirigeait vers la porte, Harry parla encore plus fort :

« Des mots, rien que des mots. Même toi, tu ne pourras y survivre. Ahah ! L'être humain a des limites, tu sais, quel qu'il soit… Mais, non, je ne me moque pas de toi. Bon, au lieu de me chauffer par téléphone, en me faisant des propositions plus que salaces, tu pourrais venir me chercher. J'ai fini mes cours de toute façon, je ferai tout ce que tu voudras puisque désormais plus rien ne m'empêche d'être avec toi. »

Ces dernières paroles sonnèrent étrangement au creux de l'oreille de Remus. Il avait demandé à Potter de s'en aller quelques minutes auparavant et à présent, un goût amer avait envahi sa bouche alors qu'Harry le regardait d'un air impatient.

« Bon et bien, à tout de suite, Drago, je t'attendrai à l'entrée du lycée. »

Harry referma son appareil et passa tout près de Remus.

« Vous ne me retiendrez pas, je suppose.

- Non. »

Harry s'en alla alors, sans un regard de plus pour Remus.

A suivre.