QUI CASSE, PAYE (c'est assez logique, finalement.)
Je devrais sûrement m'excuser. Après tout, ça fait des mois que je n'ai pas publié, cette histoire, je l'ai presque finie, il ne reste que deux chapitres à écrire, et ce chapitre, je l'ai déjà publié dans la première version. Mais bon, ça fait tellement longtemps que j'ai abandonné ce site, c'est juste pour le plaisir de savoir que cette histoire sera bientôt finie. Et, bonne nouvelle : le prochain chapitre, Isoletta, je crois que tu ne l'as pas lu.
Et non, je ne suis pas désolée, plutôt mécontente d'avoir si peu de reviews, parce que oui, je marche à la carotte. Bon, bonne lecture, pensez à commenter, et de toute façon, je pense finir cette histoire rapidement, ou au moins vous donner une idée de la façon dont elle devait se terminer. Enjoy !
Chapitre 7 :
La vie n'est pas un long fleuve tranquille
(mais la Tamise, si)
Pathétique. Franchement pathétique. Je pense que c'est la seule façon de qualifier la situation. Parce que là, je souffre, mais c'est ridicule. Risible. Honteux.
Je suis devant la maison de James.
Caché, en espérant à moitié qu'il va me voir et à moitié que non. Qu'il va me dire « Oh, Sirius ! Quelle chance que tu sois passé par hasard devant chez moi, viens donc dormir à la maison pour le reste des vacances… » Même moi, je n'y crois pas.
En fait, le truc, c'est que je n'assume pas d'avoir fait le crétin. Que je n'ai nulle part où aller. James, théoriquement, c'est mon meilleur pote, et si j'ai besoin d'une maison Tu casa es mi casa. En pratique, ça fait un mois que je n'ose plus le regarder dans les yeux, alors lui demander de me loger pour Noël… Faudrait que la démarche vienne de lui… Mais pour ça, faudrait qu'il soit au courant… Et si je le mets au courant, déjà que je peux plus me regarder dans une glace (enfin, façon de parler. Me voir dans un miroir m'est d'un grand réconfort. Enfin quelqu'un qui m'aime.), mais là il faudrait que je me baisse en passant devant un miroir pour ne pas apercevoir la silhouette de mon reflet… Je vois ça d'ici.
Je vois James sortir de la maison. Me dites pas qu'il m'a vu, je ne demande que ça, mais si c'est le cas, je vais creuser un trou près d'une décharge publique et quand il est assez profond (deux ou trois cent mètres) je m'enterre tout au fond pour que personne ne me retrouve jamais (je sais, c'est gai).
Coup de bol, il voulait juste sortir les poubelles. Quoique… à onze heures du soir ? Mais si, bien sûr. Il n'arrivait pas dormir (depuis l'âge de treize ans James se couche à neuf heures et demie le soir, il ne peut pas dormir sinon) et du coup pour penser à autre chose il a sorti les poubelles… Ouais. Bon. J'ai compris. Je me tire en vitesse. Sirius Black qui court dans les rues de Londres pour fuir son meilleur ami… C'est bien ce que j'avais dit : pathétique.
ooOoo
Et moi qui croyais naïvement que j'avais atteint le fond… Il y avait pire. Il y a toujours pire (sinon, où serait le fun ?). Je suis donc là, sur mon banc, dans un square moldu, avec mes tickets de métro volés qui ne me servent à rien parce que je ne sais pas où aller, avec dans les mains le portefeuille que j'ai trouvé par terre tout à l'heure (mais je ne sais pas me servir de l'argent moldu) et le hibou du Ministère à côté de moi. Affectueux, l'oiseau. Il est blotti contre moi (pas parce qu'il m'aime, parce qu'il a froid et que je crois bien que je lui ai brisé une aile, donc il ne peut pas repartir).
Pourquoi je lui ai brisé une aile ? Bonne question.
Peut-être parce que j'étais tellement furieux de la lettre que je viens de recevoir m'expliquant que je n'avais pas le droit d'utiliser ma baguette en dehors de l'école, ou bien parce que je n'aime pas tellement les hiboux, ça fait trop des saletés, je préfère les chiens (sans blague ?). En tous cas, le résultat est le même : j'ai blessé une sale bête, mais innocente, je ne peux pas réparer puisque la magie m'est interdite (en même temps comme ça je ne suis pas le seul à souffrir), j'ai froid, je n'ai nulle part où dormir, j'ai un hibou dégueu amoureux de ma chaleur sur les bras (littéralement) et je ne peux pas me déplacer parce que je ne suis plus les cours d'Etude des Moldus depuis le cinquième cours de la troisième année. Tout ce que je connais des Moldus, c'est Tolstoï et Dostoïevski (un peu Boulgakov aussi), mais quelque chose me dit que le monde moldu a changé depuis les années cinquante…
Bon. Il paraît que dans toute situation, il y a quelque chose de positif. Cherchons.
Ah, c'est vrai. J'ai trouvé un portefeuille avec des papiers d'identité et de l'argent moldu. Mais je ne sais pas m'en, servir. J'en reste au même point.
Il se met à pleuvoir. Une pluie grise, sale. J'ai vraiment très très froid. Ca en devient atroce. J'ai froid… Pitié, que quelqu'un vienne m'achever. Demain on retrouvera un glaçon… Pitié… Je ne frissonne même plus, je vibre ! Je perds tout sentiment de décence et je me mets à sangloter. Pathétique, je vous dis. J'ai l'impression que mes larmes gèlent sur mon nez. Mauvaise idée. Je suis entièrement trempé de partout, je veux mourir, et étant donné mon apparence actuelle (Sirius Black, la flaque d'eau qui respirait), je peux faire une croix sur l'idée de débarquer chez quelqu'un et de lui demander l'hospitalité. Si Fay me voyait…
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L'idée met quelques minutes à parvenir au cerveau. MAIS QUEL CRETIN ! (ça, je l'ai déjà dit. Je sais. N'empêche, ça reste vrai.
Fay. Fay. Fay qui me répète toujours que si je ne sais pas où aller, elle est une fréquentation acceptée par mes parents et qu'elle serait ravie de m'accueillir. C'est l'occasion de vérifier si elle pense ce qu'elle raconte…
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Nan, peux pas. Je l'ai déjà suffisamment embêtée pendant tout le mois dernier, je ne vais pas aller m'incruster chez elle en plus. En plus, je dégouline de partout et le tapis dans le hall du palais Cinna date du XVème.
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D'un autre côté, si je reste ici, je peux crever. Vraiment. Je ne sors jamais de ma confortable maison des quartiers chics de Londres, à part pour aller dans un non moins confortable château en province. C'est pas comme ça qu'on apprend à survivre une nuit d'hiver sous la pluie avec en tout et pour tout un pull et un jean (achetés en cachette de mes parents qui ne comprennent pas l'intérêt de la mode moldue. Mais alors pas du tout.) En plus, la Tamise est à deux rues. Et je ne tiendrai pas une nuit entière. Je continue à sangloter tellement je gèle.
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Je crois me rappeler que les clochards moldus dorment sur les bouches de métro…
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Je ne sais pas à quoi ressemble une bouche de métro.
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En plus, les bouches de métro ne sont sûrement pas abritées de la pluie.
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Ca fait deux heures que je suis sur mon banc et trois quarts d'heure qu'il s'est mis à pleuvoir. Je ne peux plus débarquer chez Fay à une heure du matin, de toute façon. Ni chez James (mon instinct de survie passe avant mon orgueil, mais après mon éducation). Je crois vraiment que je vais mourir. Ce ne serait pas si mal, finalement. Qui me regretterait ? Mes parents ? Depuis que j'ai refusé leur proposition, je suis devenu un être indigne. Mes amis ? Je n'en ai plus. Mes profs, à la limite… Non, j'ai fait trop de bêtises. A la fin de l'année dernière, la prof de DCFM n'osait même plus faire cours dans notre classe… Elle a fait une dépression nerveuse et elle est partie. Non, en fait, si je mourais… si je meurs cette nuit, ça arrangerait tout le monde. Et si il y en a qui me regrettent (j'espère bien), ce sera pour leur pomme.
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Les bouches de métro… ça veut dire qu'il y a un métro en dessous, qu'il fait chaud à l'intérieur et qu'on peut rentrer dedans avec un simple ticket de métro, non ? Et j'ai des tickets de métro…
Parce qu'en fait, je ne demande qu'à crever, mais ça passerait par l'étape 's'endormir'. Et il pleut. Très fort.
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J'AI FROID !
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Quand je me réveille le lendemain matin, la première question que je me pose est « Qu'est-ce que je fous là ? ». Mais la deuxième n'est pas « Qui suis-je ? ». Pour deux raisons. La première, c'est que je sais qui je suis. La deuxième, c'est que la deuxième question que je me pose en me réveillant, c'est « Pourquoi est-ce que je reçois des coups de pieds dans le flanc ? »
Et la première parole que je prononce, c'est « AÏE ! ». Parce que ça fait franchement mal.
Le type m'explique que je peux faire ce que je veux, il en a rien à foutre (ce n'est pas moi qui parle comme ça, c'est lui), mais que je le fais AILLEURS !,et il me montre un panneau qui signifie selon lui qu'il est strictement interdit aux clochards de mon espèce de venir dormir sur les sièges du métro.
Il m'apprend, accessoirement, qu'il est six heures du matin.
Traduction : il reste encore quatre heures avant que je puisse aller chez Fay. Elle ne se lève jamais avant 10 heures, en vacances. Ses parents ne sont pas là, elle ne voulait pas de leur disputes le jour de Noël alors elle leur a organisé un voyage en amoureux en Sicile, le pays des ancêtres, et elle invité tout ce que sa famille compte de cousins (et je peux vous dire qu'il y en a) à la maison, à partir de demain, enfin, d'aujourd'hui. Ils arrivent à quatre heures, il faudra que je m'incruste avant. Plus jamais une nuit comme celle-ci.
Je peux aller dans un magasin de fringues, foncer dans une cabine d'essayage, mettre des habits de sorcier (ils me prendront pour un hippie, ça vaut mieux qu'un clodo) et réfléchir ensuite au petit-déjeuner. J'ai faim.
Problème : où trouver un magasin de fringues ouvert à six heures et demie le matin ?
Autres solutions…
Le Chaudron Baveur, même problème qu'hier soir (sinon j'y serais allé) : je n'ai pas d'argent sorcier, juste moldu, et encore, ce ne sont que des bouts de papier qui n'ont probablement aucune valeur, très peu de pièces. Donc je n'aurais pas non plus pu me payer une nuit à l'hôtel (de toute façon je suis mineur), mais je peux sûrement acheter de quoi petit-déjeuner.
Je continue à marcher et j'arrive dans une rue qui ressemble au Chemin de Traverse, la magie en moins. Tout est fermé. Autant pour moi.
Dans une rue de bureau je trouve une boutique très sale, mais qui reste un café, et je prends un petit déjeuner. Ils n'ont pas de jus de citrouille.
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QUEL CRETIN. Mais quel crétin. Si seulement j'avais écouté en cours d'Etude des Moldus…Je ne tousserais sûrement pas autant ce matin. Les billets valent beaucoup plus que les pièces, j'avais assez pour une nuit d'hôtel.
La vie est mal foutue.
ooOoo
J'AI FAIM.
