Catherine arrêta la voiture dans la rue, le plus près possible de la maison de Griss. Elle débarqua lentement de son véhicule, pendant que Nick et Warrick faisaient de même. Depuis que Brass était venu leur parler et que Grissom était parti, ils avaient été plongés dans un grand mutisme. Rien n'avait été dit, car il n'y avait rien à dire. Maintenant, c'était à eux d'enquêter, de trouver des preuves, de résoudre…
« Nick, interroge les voisins. » dit-elle au jeune homme en pointant vaguement les maisons aux alentours. Nick acquiesça et s'éloigna.
« Warrick, je veux que tu fasses des prélèvements. » Il s'empressa d'acquiescer. Elle ajouta. « Moi, je m'occupe des photographies. »
Les deux experts s'approchèrent de la maison. Catherine était légèrement mal à l'aise. Elle était venue souvent chez Grissom et elle connaissait la maison. Néanmoins, elle entrait dans l'intimité de Grissom et Sara et ce détail la gênait. Elle avertit Warrick de ne pas fouiller là où ce n'était pas nécessaire. Ils étaient dans la maison de Griss et pas de n'importe qui. Warrick lui montra qu'il avait compris.
Catherine poussa la porte d'entrée. Elle traversa l'entrée et se rendit à la salle à manger. De là, elle se rendit à la cuisine. La rouquine vit deux marres de sang, une à ces pieds, près du réfrigérateur et l'autre proche de l'évier de cuisine. Warrick la suivait de près et commença à faire les prélèvements de sang. Catherine prit différents clichés de la scène avant de parcourir le reste de la maison. Elle jeta un regard à la chambre à coucher, mais ne pénétra pas. Elle nota cependant que le lit était défait. Elle continua en regardant les photographies affichées un peu partout dans la maison. Il y avait beaucoup d'insectes encadrés. Catherine vit même Peggy sur une étagère du salon. Elle soupira fortement en effleurant du doigt les cadres posés sur les murs. Il était vrai qu'elle ne voyait plus Grissom aussi souvent qu'avant, mais jamais elle n'aurait cru qu'il avait une femme dans sa vie. Décidément, elle ne le connaissait pas très bien.
« Vous le voyez souvent ? » demanda Warrick à Catherine, la tirant ainsi de ses réflexions.
Elle n'avait pas remarqué qu'il la suivait et sursauta même quand il s'adressa à elle.
« Pardon ? » s'enquit-elle, ayant mal compris ce qu'il avait dit.
« Vous êtes proche de Grissom. Vous le voyez souvent ? » répéta-t-il.
Catherine fit de la tête en même temps qu'elle le prononça. « Il y a deux ans, oui. Mais depuis un moment, je le vois de moins en moins. » expliqua l'experte.
Warrick eut un sourire narquois. « On se demande pourquoi ! » s'exclama le jeune homme.
De l'autre côté de la rue, Nick interrogeait patiemment les voisins. Il avait commencé par celle qui avait appelé la police.
« Bonjour Madame Jenson. Je suis Nick Stokes de la police scientifique. J'aimerais vous poser quelques questions. »
« Bien sûr » s'empressa d'accepter la vieille dame.
« Que faisiez-vous quand vous avez entendu les coups de feu ? » demanda Nick.
« Je lisais. J'étais assise dans le fauteuil à côté de la fenêtre. Elle fait face à la maison de Monsieur Grissom. J'ai entendu deux coups de feu. J'ai relevé la tête et j'ai vu un homme entrer dans la maison de Monsieur Grissom. J'étais trop stupéfaite pour faire quoi que ce soit. Puis, j'ai entendu deux autres coups de feu. J'ai alors appelée la police. Je suis entrée dans la maison pour aller voir ce qui se passait…
Il y eut un instant de silence pendant lequel la vieille se frotta les mains, pensive. Son regard, qui s'était égaré sur les fleurs qui ornaient le devant de sa demeure, revint sur le jeune expert devant elle. Elle ouvrit la bouche.
« Est-ce que la femme de Monsieur Grissom va bien ? Où est leur chien ? Connaissez-vous Monsieur Grissom ? Savez-vous à quel hôpital est sa femme ? D'après vous, seraient-ils contents si je leur préparais des tartes ? »
Nick la stoppa de sa main. « Premièrement, j'espère que sa femme va bien. Elle est à Desert Palm. Je connais très bien Grissom, c'est mon patron depuis plusieurs années. Ensuite, j'ignorais qu'ils avaient un chien. Et je n'ai aucune idée pour les tartes… »
Il baissa la tête vers son kit de prélèvements. « J'aurais besoin de prendre vos empreintes. » Il ajouta devant son air méfiant : « C'est pour les besoins de l'enquête, Madame Jenson. »
Malheureusement, la vieille femme ne semblait pas convaincue. Elle fronça les sourcils et jaugea d'un regard Nick, qui essayait de garder sa civilité et sa politesse. Il insista. « Monsieur Grissom vous dirait de me laisser vos empreintes. »
Bon gré mal gré, la vieille dame laissa ses empreintes au jeune homme devant elle.
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Grissom plongea la tête entre ses mains. Sara était toujours en salle d'opération et pour l'instant, il était sans nouvelle. Il ne pouvait s'empêcher de revoir le visage de Thomas. Sa photo, son nom, son ADN…
Il avait sept allèles en commun avec le cheveu dans l'enveloppe. Rien ne lui disait que le cheveu appartenait à Thomas. Ce pouvait être un cheveu de son frère. Ça expliquerait les sept allèles en commun. Cependant, cela n'aurait aucun sens avec cette photographie. Non, le plus logique était que le cheveu appartienne à Thomas Sidle. Et si Thomas avait sept allèles avec lui…
« Arrête de penser à ça Gil ! »
C'était la centième fois qu'il se disait cela, mais évidemment, ça ne quittait pas ses pensées. Soudain, Oliver Parson arriva dans le couloir et s'approcha lentement de Grissom.
« Gil ? J'ai des nouvelles de ton employé, Gregory Sanders. »
Grissom releva la tête, inquiet. « Comment va-t-il ? »
Le spécialiste s'assit aux côtés du scientifique et prit un temps de réflexion, choisissant ses mots. « Il s'est réveillé depuis le temps qu'il est arrivé aux urgences. La balle est entrée dans sa cuisse, mais elle n'est pas ressortie. Elle a sectionné plusieurs muscles importants. Il ne pourra pas utilisé sa jambe pendant un bon moment et il doit se reposer. Quand les muscles auront commencé à se ressouder, il pourra faire de la physiothérapie et retourner au travail. En attendant, il ne peut pas marcher. À l'âge qu'il a, il est très capable de se remettre de ça. Nous devrons éventuellement l'opérer pour insérer une tige de métal, mais il n'aura aucune séquelle permanente. Il a été vraiment chanceux. »
Oliver se tourna sur sa chaise. Il ne voulait pas dire à Gil ce qu'il avait à dire au sujet de Sara. Il avait senti qu'elle représentait beaucoup pour lui. Il se doutait que ce qu'il avait à dire le détruirait.
« Et Sara ? » demanda Grissom, posant LA question que redoutait Parson.
Mal à l'aise, le médecin se trémoussa sur sa chaise. Ce signe évident de stress fit monter l'inquiétude de Grissom. Et avec raison.
« C'est une toute autre histoire… On a retiré la balle sans problème. Mais à la fin de l'opération, elle a fait un accident cardio-vasculaire. On a pu la rattraper à temps. Ça n'a pas affecté les bébés. Seulement, elle est plongée dans le coma. »
La bouche de Griss s'ouvrit légèrement, sous le choc. Il inspira profondément, pour tenter de garder son calme. Malheureusement, ça ne servait à rien. Extérieurement, il semblait calme et maîtrisé, mais à l'intérieur de lui, Gil sentait une tempête se déchaîner. Sa Sara était dans le coma.
Le cœur lourd, il demanda d'une voix râpeuse s'il pouvait la voir. Le médecin acquiesça à la demande et le guida. Grissom s'arrêta sur le seuil de la porte, troublé. Il jeta un regard à la silhouette qu'il devinait sous le drap et déglutit. Il prit quelques instants à observer la jeune femme, en silence. Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule. Griss se retourna et fut surpris de voir Cath, Warrick et Nick.
Ils avaient tous travaillé sans relâche. Les trois experts étaient épuisés et méritaient sans aucun doute un peu de repos, mais ils avaient préférés passer à l'hôpital, chercher des nouvelles de leur deux amis blessés. En arrivant, ils avaient été accueillis par Oliver Parson, quelques minutes plus tôt. Le docteur les avait informé des dernières nouvelles, bonne dans un cas, mauvaise dans l'autre. Catherine avait alors vu Grissom appuyé sur le cadrage de la porte de la chambre de Sara et elle s'était approchée en silence.
Elle réussit à le faire approcher des autres, toujours dans un grand mutisme.
« Ça va Gil ? » demanda-t-elle, voulant être compatissante.
L'interpellé eut un rire ironique avant de répondre sur un ton particulièrement sarcastique. « Ma vie et celle de Sara sont menacées. Sara est dans le coma et en plus, elle porte nos deux enfants. Quelqu'un m'en veut. Je ne sais ni qui ni pourquoi. Cette personne a sans doute envoyée quelqu'un pour tuer Sara et de cette façon, il a blessé Greg sérieusement. Également, j'ai reçu une lettre de je ne sais qui avec une photographie et un cheveu venant de je ne sais où. J'ai fait analysé le cheveu avec ma salive et j'apprends de cette façon que j'ai sans doute déjà un garçon avec Sara. Mais évidemment, tout va bien, super bien. Ma vie est vraiment, parfaitement merveilleuse ces jours-ci ! »
Quand il se tut, Warrick et Nick échangèrent un regard. Jamais ils n'avaient Grissom se fâcher. Et cela, même avant qu'il soit leur patron, quand il n'était qu'un simple collègue. Catherine, quant à elle, fut quelque peu surprise par la réponse de son ami. Elle comprenait qu'il était chamboulé et elle savait que c'était dur pour lui. Soudain, le sens de ses paroles lui sembla plus clair et elle s'exclama avec une certaine surprise :
« Thomas ? Tu connais Thomas ? »
Le visage de Gil perdit sa couleur rouge et son air frustré pour former un simple froncement de sourcils.
« Comment … ? » commença-t-il, trop choqué pour continuer.
« Ho.. Laisse tomber ! » lui répliqua Catherine, ne voulant pas s'embarquer dans cette discussion avec Grissom. C'était à Sara de lui parler.
Or, Sara était dans le coma pour une durée indéterminée. Si elle devait choisir entre arrêter un détraqué qui pouvait être dangereux et une parole qu'elle ne devrait pas trahir, elle déciderait sans hésiter d'arrêter un détraqué qui menaçait la vie de Grissom. Elle allait lui parler… si Sara était encore dans le coma et qu'il se passait quelque chose de grave. Mais vraiment, elle n'était pas la bonne personne pour parler de ça à Griss. En plus, elle ignorait totalement à qui Sara avait confié Thomas.
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Plus loin, dans une autre pièce, on opérait un homme. Quand on y pensait, ce détail n'avait rien de surprenant. Cependant, cet homme était le même que celui qui avait blessé Greg et Sara. Et cet homme avait des informations importantes sur l'investigateur de toute cette histoire. Lui aussi aurait besoin de protection, car l'investigateur en question n'avait pas envie que son tireur soit arrêté par les policiers. Pire, qu'il parle pour avoir une réduction de peine.
« Il n'aura jamais l'occasion de parler », se jura l'homme. Il passa tranquillement devant Grissom, le regardant de ses yeux porcins. Il vit immédiatement la douleur ravagé son visage. Il jeta un œil sur l'entourage de l'expert.
« Que des supposés scientifiques braillards ! » murmura-t-il rageusement en continuant son chemin.
Il se rendit à la salle d'opération, où il enfila des gants stériles. Il se prépara à aller opérer l'homme. C'était simple, retirer une balle de sa cuisse.
« Il est également facile de commettre des erreurs… » se dit-il en entrant dans le bloc opératoire.
Voilà, fin du 8e chap. de Boum ! J'espère que vous avez aimé. Je continue dans le dramatique et je ne crois pas que Sara sera très présente dans le reste de la fic. Ce sera Grissom et Catherine qu'on verra.
ON REVIEWS… Plus je reçois de reviews, plus la suite est postée vite. Mais je crois que vous le savez, non ?
Le prochain chap. que je publierai… Je l'ignore pour quelle histoire, je verrai. J'aimerais faire le troisième chap. de Accident fâcheux, mais en même temps… Je ne sais pas et je verrai avec mon inspiration.
En passant, l'école reste ma priorité numéro 1, bah c'est normal, non ? Je veux juste préciser que ces temps-ci, je suis assez occupée et qu'en dépit de la fin de semaine, j'ai énormément de choses de prévues. Je vous ai habitués à un ou deux, des fois, trois, chapitres par semaine, mais je ne peux plus suivre ce rythme. Un, deux avec chance.
Marguerite06
P.S. Je ne suis pas médecin, je crois que vous le savez. Les choses que je dis n'ont peut-être aucun sens, les blessures ou les trucs dans le genre, mais j'espère être quand même crédible.
