Chapitre 7

La villa

Je ne pourrais pas dire combien de temps nous sommes restés ainsi près l'un de l'autre sans bouger, mais je sentais mes pieds et mes jambes s'engourdir. Je lâchai donc sa main pour retourner m'assoir sur le canapé.

-Qui a-t-il Aria? Me demanda-t-il de sa voix satinée.

-Rien du tout, mais contrairement à toi, je ne peux restée debout trop longtemps.

Je rougis de gêne lorsque je m'aperçue que j'avais, à cet instant, brisé l'illusion qu'il n'y avait aucune différence entre nous. Je m'en voulais car cela a semblé le troubler quelque peu. Je réfléchissais à un moyen de rétablir mon erreur. Je ne voulais pas qu'il pense que j'avais peur de lui ni qu'il croit que je désirais qu'il parte. Je lui proposai de venir me rejoindre sur le canapé. Sans se retourner il me dit :

-Tu n'a donc aucune conscience de ce que je suis et ce que cela implique hein?

-Sans vouloir te vexé William, je ne suis que trop seule au monde pour me préoccuper d'un détail comme celui là. Dis-je.

-Un détail? Décidément tu ne comprends pas, je suis un vampire, le pire prédateur au monde, je me nourrit de sang, certes, depuis que je vis avec les Cullen, je n'ai plus jamais goûté de sang humain, mais n'empêche que je risque de te faire du mal. Déclara-t-il avec une pointe de colère dans sa voix.

-N'empêche que tu vis chez moi depuis déjà plus d'une semaine et tu aurais pu m'en faire bien avant si tel était réellement ta volonté. Sauf que tu n'as rien fait. Cela ne compte pas à tes yeux? Pour moi si et justement, ne crois-tu pas que toute la souffrance que j'ai subis, vivre n'a plus la même importance désormais. Je ne fais que survivre depuis une semaine, je ne vis plus.

Des larmes se mirent à couler le long de mes joues. Je ne voulais plus les retenir, je me sentais désemparée. Je n'étais pas idiote et savais ce dans quoi je m'embarquais. J'avais deux choix, le laisser partir, ce qui me donnait des frissons rien que d'y penser, ou le supplier qu'il reste avec moi. Le choix était pourtant évident à faire pour ma part, mais lui que désirait-il? Qui étais-je pour lui. Mon cœur s'emballa lorsque je me mis à réfléchir à ce qu'il représentait pour moi et pourquoi je désirais tant qu'il reste. Était-ce réellement pour ne pas être seule ou était-ce… mais que m'arrivait-il? Mon cœur s'affola d'autant plus, la respiration coupé, la gorge noué, les papillons… Seigneur… je l'aimais! Je devins écarlate et me rendis compte qu'il me dévisageait. Il avait sûrement entendu mon cœur se débattre dans ma poitrine et le changement brusque de mon teint habituellement pâle par manque de soleil.

-Que t'arrive-t-il Aria? Ca ne va pas? S'inquiéta-t-il.

Je rassemblais toute mes forces pour me calmer et lui répondre que tout allait bien, j'étais seulement ailleurs, perdue dans mes pensées.

-Ne t'en fait pas William je vais bien, lui mentis-je.

Je ne pouvais pas lui dire la vérité, d'autant plus que je ne savais pas ce qu'il voulait faire à présent. S'il décidait de partir, je m'en voudrais de lui avoir révélé mes sentiments, d'autant plus que j'aurai encore à souffrir et à pleurer son départ, ce que je ne souhaitais pas. Valait mieux que je ne m'attache pas, sauf s'il éprouverait la même chose que moi à mon égard, ce qui me surprendrais vu sa splendeur.

J'étais une fille plutôt timide au départ. Mes cheveux long, blond, et mon teint trop pâle me donnait toujours l'air trop malade. Cachée derrière mes lunettes discrètes, j'étais soit plongée dans un livre ou en train d'écouter une puce à l'oreillette. Je n'étais guère douée pour attirer la sympathie des autres, quoi que dernièrement, lorsque les élèves de mon lycée apprirent la tragédie qui m'affligeait, on aurait pu en croire tout autrement. La seule amie sincère que j'avais était Genny, ma confidente, ma sœur. Elle qui avait également perdu sa mère de la seule sorte de cancer qui ne se guérissait pas de nos jours, tumeur cérébrale. On se comprenait toute les deux, elle savait ce par quoi j'étais passé pour l'avoir vécu elle-même quelques années plus tôt.

J'étais tellement enfouie dans ma réflexion que je n'entendis pas que William m'appelait.

-Hey ho! Aria? Tu es toujours là? Dit-il en s'approchant de moi pour me rejoindre, finalement, sur le canapé. Il passa son doigt froid sur ma joue et je sortie de mon rêve.

-Oui, enfin, oui, désolée, j'étais profondément dans ma tête. Tu disais quelque chose ?

-Je te demandais si tu voulais savoir la raison de ma venu ici, je t'ai dis tout à l'heure que je devais venir voir Charlie pour une affaire urgente.

-Enfin… je n'osais pas te le demander pour ne pas paraître impolie ou indiscrète, mais oui j'aimerais bien le savoir, si je peux être utile je pourrais toujours donner un coup de main.

-En réalité oui tu pourrais et cela serait plus approprié que de le demander à Charlie. Nous aurions besoin de ta maison pour régler cette affaire. Comme je te l'ai dis tout à l'heure ta maison était la nôtre à l'époque. Nous l'aimions tous pour sa discrétion et pour sa proximité avec la forêt. Nous allons avoir besoin aussi d'une autre espèce qui vit seulement dans les parages pour nous aider à régler ce problème. Au départ, je devais demander à Charlie de nous prendre chez lui, et comme Carlisle a tenu que je le fasse en personne je suis revenu pour le lui demander. Alors je m'étais dis que je pouvais venir ici pour passer le restant de la nuit avant d'aller le retrouver. C'est alors que je suis tombée sur toi et avec la tragédie qui t'avait secouée, je ne pouvais plus partir, je compatissais trop à ta douleur pour pouvoir te quitter. Maintenant que tu es au courant de qui nous sommes, je crois que tout le monde serait plus à l'aise de se retrouver ici surtout après toutes ces années.

-Mais bien évidemment que je veux bien faire cela pour toi William. Si cette maison était la vôtre avant je comprends que vous voudriez y revenir et cela me fera le plus grand plaisir de vous y accueillir, d'autant plus que c'est votre maison plus que la mienne car ce sont vos choses qui s'y retrouvent. Cette maison nous a été vendue entièrement meublé. Déclarais-je, encore une fois je parlais trop.

-Alors c'est parfait, je téléphone Carlisle à l'instant. Dit-il.

Il prit son téléphone portable dans sa poche et composa le numéro avec une telle rapidité que lorsque je m'aperçus que c'était un téléphone qu'il tenait dans ses mains, il y parlait déjà.

-Carlisle, c'est réglé, vous pouvez tous venir me rejoindre, Charlie n'est pas encore au courant de votre venu. Retrouvez moi à notre villa, c'est exactement comme si nous ne l'avions jamais quittée.