Titre: UR SO GAY

Auteur: Anabanana94, donc mwa, pour changer ^^

Disclaimer: JKR, Katy Perry pour le titre, Jacques Higelin pour la chanson utilisée à la fin de la fiction, l'histoire et tout ce qui arrive à nos chéris sont de mon fait hé hé...

Pairing: nos deux chéris étant Harry et Draco, sans surprise

Rating: M, attention aux yeux chastes ! De plus, le ton de cette fiction a été très oralisé, donc le langage est parfois cru, c'est VOULU.

CADEAU pour mon Doudou, mon meilleur ami que j'adore, la voilà enfin cette histoire que tu attends depuis plus d'un an... ^^" j'espère qu'elle te plaira.

Note 1: Je n'avais pas pensé à le préciser avant, mais comme j'ai eu quelques interrogations de certaines lectrices, je le fais: /!\ personnages "légèrement" OOC ^^ De plus, j'ajoute que si l'histoire vous paraît un peu déconstruite ou bizarre car on ne sait pas ce que pense Draco et que Harry change souvent d'avis, c'est normal: ce qui m'intéresse c'est justement d'être dans les pensées de notre cher Sauveur, même quand il pète un cable ou qu'il se pose des questions. Et puis c'est plus marrant comme ça, aussi =D

Coucou tout le monde ! De deux choses l'une, je souhaite de très bonnes vacances à toutes celles et ceux qui sont en congés, et la deuxième, je m'excuse de ces trois jours de retards dans la publication (je sais, pour le dernier chapitre c'est pas cool ^^"), mais je n'ai pas du tout eu la possibilité d'updater avant ce matin. Voilà donc ce dernier chapitre, un peu mouvementé comme vous pourrez le constater (et vous pourrez voir aussi que je suis toujours aussi folle, mais honnêtement je me suis beaucoup amusée à l'écrire =D), et j'espère que vous l'apprécierez.

Merci à tous les revieweurs anonymes à qui je ne peux pas répondre mais dont les commentaires me font très plaisir, et, plus globalement, merci à toutes les personnes qui prennent la peine de mettre des reviews, ça me fait vraiment très plaisir =)

Bonne lecture !

Chapitre 8 ~ Aimer ce qu'on mange pour pouvoir se resservir !

Aoutch.

Il y a une différence considérable entre l'endroit moelleux où je suis allongé, et la douleur lancinante qui me parcoure la mâchoire du côté gauche.

Mal... J'ai maaal...

J'entends qu'on s'engueule autour de moi.

«...pas une raison pour le frapper aussi fort !»

«Ne prends pas sa défense sous prétexte que c'est ton meilleur ami alors que tu sais qu'il est en tord !»

«Je n'ai pas contesté le fait qu'il ait eu le mauvais comportement et qu'il ait eu tord !»

«Bon, alors ?»

«Alors je suis sûre qu'il va le regretter amèrement, donc ce n'était pas une raison pour le frapper en plus !»

Des voix de filles. Pansy et Hermione.

J'ouvre les yeux difficilement et me redresse dans le canapé où on m'a allongé.

«Euh... vous pourriez crier comme ça ? Ça fait un mal de chien...»

Erreur fatale.

Deux paires d'yeux furieux se tournent vers moi, tandis que Ron me regarde avec inquiétude, assis sur l'accoudoir.

«Toi, tu la fermes, s'écrie Pansy. Tout est de ta faute !»

Le pourquoi du comment me revient brutalement en mémoire et je me sens défaillir.

«Wow, Harry, ça va ? T'es tout pâle,» remarque Ron d'une voix blanche.

Une plainte sort de ma gorge alors que mon monde s'écroule.

«Non, ça ne va pas... Il doit me détester... je ne voulais pas lui faire du mal...»

Le silence se fait autour de moi.

Une boule de souffrance et de tristesse vient se loger dans mon ventre.

C'est horrible... Il ne va plus vouloir de moi alors que je viens à peine de m'apercevoir que je l'aimais... C'est maintenant que je me rends compte qu'il compte énormément pour moi, parce que j'ai l'impression que tout est devenu gris et triste autour de moi, subitement.

«Je...je...»

Tout le monde me regarde avec des yeux ronds.

Parce que je crois bien que mes propres yeux sont remplis de larmes que je m'efforce de retenir, et que personne ne m'avait jamais entendu balbutier.

Mais je m'en fous.

Car par ma stupidité, j'ai perdu Draco.

Même Parkinson semble se radoucir, mais tout est relatif.

Elle se plante devant moi et me dit d'une voix sèche et froide (et non plus furieuse et hargneuse):

«Potter, tu as intérêt à te faire pardonner très vite de Draco, car je refuse de voir souffrir mon frère de cœur pour une idiotie pareille, puisque manifestement tu l'aimes vraiment.»

Je lui jette un coup d'œil interrogatif. Comment s'en aperçoit-elle ?

«Ça se voit dans tes yeux.» Me répond-elle. «Mais si par hasard tu n'y arrivais pas et que tu le laissais malheureux, je veillerai personnellement à ce que ta vie devienne un enfer. Fais-moi confiance.»

Elle prononce les derniers mots d'une voix basse et menaçante.

Je lève les yeux vers elle.

«De toute façon ma vie sera déjà un enfer, sans Draco. Maintenant que je sais que je l'aime, je ne peux plus faire sans. Alors un peu plus de souffrance ou un peu moins...»

Le ton pathétique de ma voix devrait m'effrayer, mais je suis déjà loin.

Je ne m'étais jamais aperçu qu'il avait une telle place dans ma vie.

«Je vais voir si je peux aller lui parler. Essaye de voir avec ton empoté s'il y a une solution,» ajoute-t-elle à l'intention de Hermione.

«Et désolée de m'être énervée et d'avoir crié sur toi alors que tu n'y étais pour rien.»

Elle dépose un baiser sur les lèvres de sa petite amie qui lui sourit, et sort.

Hermione et Ron me font monter dans le dortoir, car la Salle Commune s'est remplie depuis notre «discrète conversation», et les élèves nous regardent d'un air interloqué.

Ça y est, les ragots commencent.. C'est vrai que cela fait longtemps qu'ils n'ont pas vu leur Survivant avec une mine aussi défaite. Quelle importance ? M'en fous des gossips. Ça ne me gêne pas que l'on sache que j'aime Draco. Tout le monde devrait le savoir. Surtout lui.

Je m'assois -ou plutôt me laisse tomber- sur mon lit, tandis que Hermione et Ron s'assoient sur le lit de ce dernier, en face de moi.

«Bon. Vous mettrez des orchidées et des lys sur ma tombe.»

Ron soupire et Hermione lève les yeux au ciel.

«Ne dis pas de bêtises, on va trouver une solution. Il faut que tu lui fasses comprendre que tu l'aimes. Mais pourquoi ne l'as-tu pas fait plus tôt ?»

«Lui dire que je l'aime ? Parce que je l'ignorais avant notre nuit.»

Hermione écarquille les yeux et se retient soudainement de rire.

«Tu...tu veux dire que tu ne t'étais pas aperçu que tu l'aimais avant

Ron laisse échapper un gloussement de rire.

«Non.»

Hermione reste loyale et se retient alors que Ron pouffe joyeusement. Merci.

«Bon. Harry, il faut que tu comprennes qu'en entendant des choses pareilles, Draco a dû se sentir vraiment trahi et humilié.»

Je hoche la tête, terriblement honteux et gêné.

«Mais tu imagines ? Tu viens de coucher avec quelqu'un, et quand tu viens le voir pour passer du temps avec lui tu l'entends clamer qu'il a gagné son pari et qu'il a couché avec toi uniquement dans ce but ?»

«Je n'ai pas...» Commencé-je pour me défendre.

«Tout au départ c'était comme ça, vieux,» confirme Ron. «Évidemment tu étais déjà attiré par lui, mais tu te retranchais derrière cette idée de pari pour ne pas regarder ton amour en face, parce que tu le refoulais.»

Hermione reste stupéfaite de sa clairvoyance.

«C'est tout à fait ça, Ron. Donc maintenant, il faut trouver un moyen de regagner sa confiance, Harry, et de lui prouver que tu l'aimes, et que tu ne veux pas que du sexe.»

«Oui mais... Comment ?»

Je la regarde, les yeux pleins d'espoir.

«Je n'en ai encore aucune idée,» avoue Hermione l'air désolé.

Là, c'est vraiment foutu. Si Miss-je-sais-tout ne sait pas, je peux aller me terrer dans un coin et attendre la fin du monde.

«La confiance se gagne avec le temps, donc je pense que tu devrais déjà essayer de lui parler, pour que vous vous expliquiez. Si déjà tu y arrives, ce sera bien. Ensuite on avisera.»

Je hoche la tête, sinistre.

«Harry, je ne vais pas te dire que Malfoy est la personne que je porte le plus dans mon cœur, mais je ferai tout pour t'aider, c'est promis.»

Ah, revoilà mon meilleur ami, c'est cool.

J'esquisse un sourire dans sa direction et le remercie. Hermione me promet de trouver une solution et me conseille d'aller chercher quelque chose à manger aux cuisines, car l'heure du repas est maintenant dépassée, et que je n'ai rien dans la ventre depuis...hier midi.

Je secoue la tête -pas envie de bouger.

«Pff. Comme je t'ai attendu, je n'ai pas mangé non plus, donc j'ai vraiment l'estomac dans les talons. Je vais chercher des provisions et tu n'auras qu'à te servir, Harry.» Dit Ron avant de sortir, accompagné de son ventre gargouillant.»

Je me force à lui sourire, tout de même reconnaissant. Mon ventre se tord tellement il a faim. Mais je n'ai pas particulièrement envie de manger.

Je sursaute à peine quand la porte s'ouvre de nouveau sur Pansy.

«Alors ?» demande aussitôt Hermione.

Je lève les yeux vers elle. Il y a peut-être un espoir...

«Il ne répond pas. Il a refusé de m'ouvrir. J'ai tout essayé, même le chantage affectif, rien à faire,» soupire-t-elle en se laissant tomber auprès de Hermione, la faisant rebondir sur le matelas.

«Blaise est en train d'essayer de lui parler. Mais je doute qu'il réussisse, Draco est du genre buté.»

Elle me regarde les sourcils froncés, et je lui lance quelque chose qui doit être un regard désespéré.

Hermione soupire et fronce les sourcils comme quand elle réfléchit.

«Il ne va sûrement pas sortir de sa chambre de la journée, comme c'est dimanche il n'a pas de raison d'aller dans les couloirs, à part pour manger,» fait-elle remarquer.

Pansy lève les yeux au ciel.

«Hin ! Tu parles ! Il est capable de jeûner toute la journée juste pour ne pas avoir à sortir s'il a décidé de ne pas bouger et de se terrer pour se morfondre dans son coin...»

«...Ou d'appeler un elfe de maison ?» Suggère Ron à tout hasard en entrant dans la pièce, les bras chargés de provisions.

«Pas bête,» approuve Hermione.

Pansy renifle d'un air agacé et me toise.

«Bon, eh bien tu as de la chance, tu vas pouvoir te creuser la tête toute la journée pour trouver une solution pour te faire pardonner de lui dès demain. Et tu as intérêt à trouver quelque chose.»

Maman, au secours...

Je suis maudit. Je suis condamné à mourir lentement et atrocement d'un...chagrin d'amour. Ô joie.

J'ai passé toute la journée et toute la nuit à réfléchir et à tourner et retourner toutes les solutions possibles dans ma tête, je sèche.

Je n'ai pas dormi de la nuit, alors je me lève en même temps que Ron, qui regarde d'un air atterré ma tête de déterré.

«No comment,» lui dis-je en m'enfermant dans la salle de bain.

Oh my God. C'est l'horreur. La peau couleur papier mâché, la mine fripée et les cernes autour des yeux... Je ne vois pas comment je vais pouvoir le persuader de revenir avec moi.

Je laisse couler l'eau sur moi avec langueur, et remarque au passage que mon corps n'est pas affecté par ma peine de cœur. Je suis toujours aussi bien foutu...et aussi narcissique, même dans mon malheur. Je suis sûr que les gouttes d'eau se font une joie de me reluquer. Tss.

À part ça c'est l'horreur. J'enroule une serviette chaude autour de moi et soupire. Il faut que j'essaye de lui parler.

Il faut que je lui explique.

Foutu malentendu de merde.

Au petit déjeuner, j'arrive avant lui, et quand il arrive, impossible de croiser son regard. Il se tient très droit, encore plus guindé qu'à son habitude, et discute normalement avec Pansy. Brusquement je vois son visage se fermer -sans doute une question ou un mot indiscret de la part de Parkinson- et il tourne la tête pour parler avec Blaise Zabini.

«Arrête de le manger des yeux comme ça,» me chuchote Hermione à l'oreille, «Finis plutôt ton toast, ce n'est pas avec un ventre vide que tu vas trouver une solution.»

Je soupire et baisse le regard sur mon maigre petit déjeuner, et me force à manger un peu plus.

Au moment même où je me décide à aller lui parler, il se lève et sort avec sa troupe de Serpentard. Je m'apprête à le suivre quand Ron me retient le bras.

«Inutile, avec ce monde autour de lui tu ne pourras pas l'approcher. Il va juste te rabaisser en public, comme avant.»

«Oui mais dans ce cas il va faire exprès d'être toujours avec des gens, et je ne pourrai jamais m'expliquer !» Dis-je d'un ton qui frôle le désespoir.

«On va y réfléchir, me rassure Hermione en se levant. Mais en attendant tu ne devrais pas être en retard chez McGonagall, vu comme tu t'étais fait remarquer dernièrement.»

Je hoche la tête et nous la suivons. Et en ce qui me concerne, avec la mort dans l'âme.

Je suis un élève modèle en cours de Métamorphose, je fais tout ce qui m'est demandé sans broncher, les pensées ailleurs.

En vérité je suis dans les nuages toute la matinée. Je réfléchis. Parce que ça arrive, parfois. Même pendant le cours de Potions je ne me fais tout petit, et Rogue n'a rien à me redire. De toute façon il a encore une tête du genre -je-suis-là-vous-avez-tous-peur-de-moi-mais-moi-je-m'en-fous-je-suis-dans-mes-rêves-avec-mon-chéri-et-j'ai-l'air-con-avec-mon-sourire-post-orgasmique.

À la fin du cours je remballe mes affaires en vrac et me rue après Draco et sa bande.

Ah il ne veut pas me parler ? Ah il s'entoure de ses amis pour que je n'ose pas venir ?

Très bien. Je me lance. Ça va faire mal, je le sais, mais il faut que j'essaye.

Je bouscule légèrement Crabbe qui me lance un regard noir et arrive à la hauteur de Draco, encadré par Zabini et Pansy.

«Draco, s'il te plait, il faut que je te parle...»

Son visage m'est fermé, et il refuse de tourner la tête vers moi.

Mon cœur se glace; c'est perdu d'avance.

«...Nous n'avons rien à nous dire, Potter

Il ne s'arrête même pas de marcher pour me répondre.

«Si, il faut que je te dise... Draco, c'était une erreur, tu n'as pas entendu toute la conversation, il faut que tu m'écoutes...»

Cette fois il s'arrête et me fait face. J'ai la nausée. Son regard passer à travers moi, me transperce comme une lame gelée. Ses yeux sont durs, froids, noirs.

«C'est toi qui va m'écouter, Potter. Nous n'avons plus rien à voir l'un avec l'autre. Tu as cessé d'exister pour moi le jour même où tu as essayé de me parler, est-ce clair ? Maintenant dégage. J'ai autre chose à faire que de t'écouter supplier comme un pouilleux.»

Il m'inflige le rictus le plus méprisant qu'il ait à sa disposition et me dépasse d'un pas hautain.

Ça fait mal. Ça fait très mal. Je n'ai rien à répliquer.

Je le regarde s'éloigner et je crois qu'il chancelle légèrement, mais Zabini l'attrape par le bras mine de rien, et je n'ai pas la possibilité de vérifier.

Pansy se retourne et me lance un regard plein de pitié. J'ai vraiment dû être pitoyable pour qu'elle me regarde comme ça.

Une paume chaleureuse se pose sur mon épaule, et Ron s'écrie:

«Alors comme ça tu es un pouilleux et tu ne vaux même pas la peine qu'il t'écoute ? Ah mais je vais aller lui parler, moi, à la fouine, et il va comprendre !»

Si je n'avais pas été aussi désespéré, son ton furieux m'aurait fait rire.

«Ron, c'est une affaire entre Harry et Draco, tu ne dois pas t'en mêler. Allez, venez, on va manger.»

Elle glisse son bras sous le mien et nous la suivons.

Ron déblatère pendant tout le repas sur l'arrogant-fils-à-papa-à-qui-il-va-faire-la-tête-au-carré-s'il-n'arrête-pas-de-s'écouter-au-lieu-d'écouter-les-autres, et commence à m'agacer.

«Dis donc Ron, ça te va bien de m'inciter à aller le voir alors que ça fait des mois que tu en pinces pour Loufoca et qu'elle l'ignore !»

Les oreilles de mon meilleur ami se colorent d'un rouge vif en un instant et il se met à bégayer.

«Mais...mais... Il n'y a pas de rapport...c'est...euh...je...»

Il se renfrogne subitement, et mû d'un nouvel élan de courage, il s'exclame:

«Je parie que je sortirai avec Luna avant que tu te sois expliqué avec Malfoy !»

La moitié de la table de Gryffondor se retourne vers nous, et les joues de Ron prennent la même couleur que ses oreilles.

«Ah oui ? Très bien ! Ronny-chou, je te préviens que je ne vais pas me laisser battre, ni abattre !»

«À votre place j'aurais déjà un plan, fait tranquillement remarquer Hermione. Une semaine, c'est court...»

Les cheveux de Ron s'aplatissent de déception. Bien évidement il n'a pas la moindre idée de comment se déclarer.

«Et si tu allais tout simplement lui dire ce que tu ressens ?» Dit Hermione gentiment.

«Euh...mais...non, pas tout de suite en tout cas, il faut que je me prépare psychologiquement.»

«Évidement, je ne te demande pas de sauter dans son assiette de ragoût pour attirer son attention et de lui crier «Luna, je t'aime, on sera heureux et on élèvera des Ronflacks Cornus !» Réplique Hermione, agacée.

Nous sommes à présent vendredi soir, et j'ai mon idée pour que Draco m'écoute. Puisqu'il refuse de m'écouter et s'amuse à me rabaisser à chaque fois que je l'aborde (j'ai dû essayer à tous les repas cette semaine, et plusieurs fois entre les cours), il faut qu'il soit obligé de m'écouter.

Alors je vais lui sortir le grand jeu.

Et si ça ne marche pas, je pense que j'irais défier un centaure pour qu'il piétine mon cœur déjà en miettes.

J'ai cherché une solution tout les jours, toute la semaine, et voilà, j'ai trouvé quelque chose. Et si ça ne marche pas, après le défi du centaure, je ferais exiler mes morceaux en Mongolie, c'est dit.

Mon idée a fait mourir de rire Blaise, Théo et Pansy, à qui j'en ai touché un mot. Hermione est plus sceptique, elle penche plus vers un beau discours, forcément.

Mais tant pis.

Ce soir, Draco Malfoy, la vérité sera rétablie !

Du moins je l'espère, parce que sinon je suis pas dans la merde...

J'ajuste mon costume et rentre d'un pas ferme dans la Grande Salle. Un murmure bourdonnant et grossissant se produit presque immédiatement, et des gloussements se font entendre. J'ai le temps de voir que la Salle est remplie, que McGonagall a la bouche grande ouverte, que Rogue vient de tomber dans les pommes, que les sourcils de Chourave ont rejoint la naissance de ses cheveux, Remus a l'air ravi et Hagrid a les yeux écarquillés. Sans surprise, Dumbledore n'affiche qu'un sourire amusé.

Je me dirige vers la table des Serpentard et fixe Draco des yeux. Il a très bien compris que toute cette mascarade lui était adressée, car son teint s'est embrasé et que ses yeux menacent de lui sortir des orbites.

J'agite ma baguette et une musique sensuelle se fait entendre. Allons-y, le show peut commencer.

Comment ça quel show ? Ah oui, vous l'ignorez encore. Eh bien, voilà. Je suis vêtu en tout et pour tout d'un immense nœud de satin rouge vif, situé au niveau de ma taille, recouvrant mon boxer noir, me donnant l'air d'un énorme cadeau torride, provocateur, et...vivant...

Et je me mets à chanter une des chansons les plus ambiguës qui existe, et je note Théo qui a les mains plaquées sur sa bouche tellement il veut rire. Il y a de quoi.

Pour toi mon amour
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue et large queue...

Je me rapproche encore de Draco, d'un pas chaloupé, et le reste de la salle n'existe plus pour moi. Je me demande juste vaguement pourquoi Dumbledore ne me dit pas d'arrêter, mais c'est sans importance.

de paon !

Hérissée de plumes
Vertes et bleues
Avec des centaines d'yeux
Aux reflets métalliques
Pour t'éblouir et te faire peur
Pour te séduire et t'émouvoir
Mon Coeur

Je dis ce mot en le regardant droit dans les yeux, et je me mets face à lui, me délectant de ses joues rouges. De la vapeur pourrait sortir de ses oreilles que ça ne m'étonnerait pas.

Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue et large queue...de paon !

Si je ne me trompe pas, je crois bien qu'il me bouffe des yeux.

Et sous un ciel de champ de bataille
Un horizon de terres de feu
La déployer en éventail
La faire vibrer sous la mitraille
De ton regard brillant Canaille brûlant
Fièvreux
Ma longue, longue et large queue... de paon !

Faîtes que ça marche... Je ne veux pas me faire piétiner par un centaure si l'humiliation publique que je suis en train de m'infliger ne lui prouve pas que je l'aime !

Pour toi mon amour
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue queue de serpent
Verte et dorée encrée de Chine
Avec des centaines d'anneaux Dans leur fourreau d'écailles
Pour t'enlacer, te faire frémir
T'hypnotiser, te faire jouir

Ma voix s'est faite caressante et douce pour prononcer ces mots amoureux, mais tout le monde peut les entendre grâce au Sonorus que j'ai appliqué à la salle.

Ma voix suinte d'amour... ne le vois-tu pas ?

Mon âme
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue queue de serpent
Et sous l'orage au beau milieu
D'un champ de tournesols en flammes
La brandir comme un samouraï
Pour la plonger dans le brasier
Ardent, furieux
Torride et troublé
Dévorant de tes entrailles
Ma longue, longue, lisse
et gluante queue de serpent

C'est exactement ça, mon amour... Je veux t'aimer jusqu'à la fin de mes jours, et sans arrêt te faire l'amour, revoir tes yeux embrumés par le plaisir, te murmurer des mots doux, toujours, toujours...

Draco, par pitié... Ne reste pas insensible. Je t'en supplie.

Pour toi mon amour
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue et large queue de... paon
Verte et dorée, bleue, irisée
Avec des centaines d'yeux
Aux reflets métalliques
Pour te poser, te rafraîchir
Te pamoiser, te faire jouir

Je continue ma chanson sans faiblir -ou presque, si j'en juge les deux gouttes d'eau que je sens suspendues à chacun de mes yeux mais que je refuse de faire couler.

Mon amour
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
Longue et large queue de paon
De paon

Plus personne ne rit dans la Salle, car l'ambiguïté et la provocation ont disparues des paroles, ce n'est qu'une litanie amoureuse, et la beauté des mots prend le pouvoir sur la sensualité.

Pour toi mon amour
Je voudrais avoir
Une longue, longue, longue
et large queue... de paon

Je termine la chanson dans un murmure et rend à ma voix un volume normal. Je fige mes yeux dans ceux de Draco, indéfinissables, et dis, sans que personne n'entende alors que les dernières notes de la musique se font entendre:

«Je t'aime Draco, ce n'était pas un jeu pour moi. Fais de moi ce que tu voudras.»

Il ouvre la bouche mais ne dit rien car un tonnerre d'applaudissements retentit dans la Salle. Je regarde autour de moi. Les gens ont soit les larmes aux yeux, soit sont morts de rire. Personne n'a été indifférent.

«Hum, hum, résonne la voix de Dumbledore qui se lève, l'oeil malicieux. Merci beaucoup pour ce petit spectacle, Mr Potter, c'était tout à fait divertissant. Néanmoins vous risquez d'être malade si vous restez dans cette...tenue.»

Un éclat de rire général fait écho à ses mots.

«Je vous prierai donc d'aller vous habiller plus chaudement et de sortir avec Mr Malfoy. Je suis certain que vous avez des choses à vous dire,» ajoute-t-il avec un grand sourire complice.

Je lui souris en retour et tourne la tête vers Draco, mais celui-ci a déjà fait le tour de la table et m'agrippe le bras, me faisant sortir de la salle au pas de course, au milieu du murmure et des commentaires généraux.

Il claque la porte de la Grande Salle et...

Aoutch ! Mais euh... Il vient de me claquer aussi.

«Non mais ça va pas non ? Je n'ai jamais été aussi gêné de ma vie ! Pourquoi tu t'es donné en spectacle comme ça ?» S'écrie-t-il en me lançant un regard noir.

Oups... Je me sens un peu honteux pour le coup.

«Je...c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour que tu m'écoutes.»

«Ah ! Parfait ! Comme ça tout Poudlard t'a écouté !»

Nous marchons en direction de la Tour de Gryffondor pour que je me rhabille, et Draco a toujours l'air en colère.

«Je suis désolé. Et... oh attends.»

Il s'arrête et me regarde, un peu agacé.

«Je te dis tout maintenant avant que tu me tues mais il faut que tu saches que le pari de te mettre dans mon lit était un prétexte car je t'aimais mais je ne voulais pas l'admettre et quand tu nous as entendu avec Ron je disais justement que je t'aimais comme un fou et tu n'as pas entendu le bon morceau de conversation et comme tu ne voulais pas que je t'expliques je ne savais plus quoi faire, je suis désolé pour tout, mais je ne peux pas vivre sans toi.» Dis-je d'une traite sans respirer et sans le regarder.

Un ange passe.

Je tourne la tête pour le regarder et clac! je me prends ma deuxième claque de la soirée. Vous avez vu ? Encore une claque... So gay, mon amour.

Ses yeux gris sont orageux, mais moins qu'avant.

Nous recommençons à marcher, quand il éclate.

«Mais est-ce que tu te rends compte comme j'ai souffert, quand j'ai entendu ça ? C'était une trahison affreuse, alors que je m'étais donné à toi la veille ! Toi qui a eu tellement de conquêtes, je me suis protégé jusqu'au bout pour ne pas faire parti de ton tableau de chasse en tant que simple proie, je voulais compter, et tu m'as menti.»

L'avant-veille plus exactement, mais honnêtement, là tout de suite maintenant, on s'en fout.

«Je sais... Ça n'aurait jamais dû se passer ainsi, répondé-je, penaud. J'avais prévu de te dire que je t'aimais dans la journée, mais tout a capoté avant. Et puis, tu sais, la vraie lettre, c'était la page chiffonnée, je n'ai rien recopié, c'était sincère.»

«Je le savais.»

Soudain, ses mots montent à mon cerveau.

«Tu m'as déjà dit ça... Mais pourquoi voulais-tu compter autant ?»

«On voit bien que tu es un Gryffondor, toi ! Depuis que Pansy sort avec Hermione elle m'a beaucoup parlé de toi, et progressivement j'en suis venu à t'aimer, mais avec ta réputation il était hors de question que tu le saches !»

Nous arrivons devant le panneau de la Grosse Dame et je m'arrête pile.

«Mais alors...tu m'aimes ?»

Je suis sûr que j'ai des étoiles dans les yeux à cet instant.

«C'est ce que je viens de dire, pauvre con !»

N'en pouvant, je saisis son visage en coupe dans mes deux paumes et lui donne un baiser vertigineux, le faisant s'appuyer contre le tableau.

«AAAAAHHHH !»

Nous tombons à la renverse quand la Grosse Dame pivote sans même que j'aie donné le mot de passe en disant:

«Soyez plus décents, vous deux ! Imaginez que des yeux purs vous voient !»

Nous nous relevons en riant et Draco me jette un coup d'œil.

«C'est vrai que tu n'es pas très décent, toi...»

«Tu avais pourtant l'air d'apprécier pendant ma chanson... Tu étais tout rouge.»

«J'hésitais entre te mettre mon poing entre les deux yeux et te sauter dessus pour te violer devant tout le monde.»

Miaww, c'est intéressant. Il va pour m'embrasser, quand...

«Ah tiens, vous êtes là, vous ? Fait une voix provenant du fond de la Salle commune. La Grosse Dame nous a tout raconté.»

Nous ? Ah oui, il y a une raison pour que Ron ait les cheveux aussi ébouriffés. Luna apparaît à côté de lui sur le canapé, un grand sourire aux lèvres.

«Bonjour Harry, bonjour Draco. Très joli «pantalon», Harry.» Fait-elle remarquer.

«Salut Luna ! Bon... 1 à 1, Ron.»

Il rit et je saisis la main de Draco pour l'entrainer à l'étage dans notre dortoir.

«Amusez-vous bien, crie Luna.»

Ah la la, cette Loufoca !

Je pousse Draco sur mon lit et ferme les rideaux du baldaquin sur nous, rajoutant un sort d'intimité et un autre de silence.

«C'est vrai qu'il est sympa ton «pantalon»... Et puis il est facile à enlever,» dit mon amour et tirant sur une des extrémités du nœud qui se défait en un clin d'œil, me laissant en boxer, offert à la vue de mon blond gourmand.

Hum, ça promet... Vous m'excuserez, j'ai à faire !

~FIN~

Snif, voilà donc la fin de cette histoire un peu dégentée...

J'espère que cela vous a plu et que cela ne vous a pas déçu ! ^^"

Hum, si vous me le demandez et que ça vous tente, il est possible que j'écrive un chapitre bonus, du point de vue de Draco, avec toutes ses petites "manies de gay", et qui aurait la fonction d'épilogue... Qu'en pensez-vous ?

Sinon je vais essayer de publier le dernier chapitre de "Trois jours pour toute une vie" pas trop tard (je sais ça fait une éternité que j'aurais dû le faire, j'ai honte -"), et je publierai sans doute une nouvelle histoire bientôt.

Review ?

A bientôt j'espère, bisous à tous et à toutes, et encore merci de me suivre !

Anabanana94