CHAPITRE 8
BPOV
« Bella, tu danses? » M'interrogea Tyler en me tendant sa main.
Mes yeux voyagèrent jusqu'à sa main et la fixèrent pendant un moment alors que je réfléchissais à une excuse qui justifierait une réponse négative. Trop fatiguée? Saoule? Je ne préfèrerais pas encourager mon ennuyeux rencard à aller plus loin. Alors que je passais en revue mes options, je réalisais qu'un sacré bout de temps s'était écoulé et que ça main était toujours tendue vers moi, à attendre que je la prenne.
« Tyler, s'il y a une chose que tu devrais savoir, c'est que Bella ne danse pas, » Lui répondit Angela. « Des hommes bien plus forts que toi ont succombé à leurs blessures infligées par ses pieds en plein milieu de la piste. »
Je jetais un regard contrarié à Angie et elle me retourna un sourire malicieux tout en levant ses deux pouce en l'air. Je la fusillais du regard essayant de décider si je devais la remercier ou expliquer à tout le monde qu'un jour elle avait quitté une fête avec sa robe coincée dans ses sous-vêtements. Elle m'avait sauvé la mise, c'est vrai, mais elle avait commencé par cracher le morceau sur ma mauvaise coordination sur une piste de danse. Je ravalais mon agacement et décidais de garder cette dispute pour plus tard.
Je haussais les épaules. « C'est vrai, Tyler. Ces bébés, » Je levais un talon du sol, « sont des meurtriers, danse sans moi, je suis bien sur la touche à regarder. »
Angela me demanda la permission et s'y précipita en attrapant la main de Ben afin de le trainer dans la foule qui n'était que sueur.
Tyler inclina sa tête et dit, « Tu est sûre? Ça ne me dérange pas de rester assis avec toi. Nous pourrions discuter un peu plus. »
Et l'écouter parler de son costume pour DragonCon de l'année prochaine? Trop rapidement j'avais répondu, « Non vraiment, vas-y! Je vais parfaitement bien. » Je lui souris et lui fis un signe encourageant de la main.
Il hocha la tête et je le suivais du regard. Il me fit un dernier sourire avant de disparaître au milieu de la piste bondée.
Un soupir de soulagement s'échappa de ma poitrine.
Dix minutes plus tard je sentis quelqu'un me tapoter l'épaule et me préparais pour Tyler. Je feintais un bâillement exagéré et commençais à m'étirer pour lui montrer que je voulais rentrer. À ma grande surprise ce n'était pas lui mais la rouquine, Victoria, celle des toilettes.
« Hey! J'ai vu que t'étais assise toute seule donc je suis venue pour te tenir compagnie. » Elle se glissa sur le tabouret de bar à côté du mien, ses bracelet s'entrechoquèrent lorsqu'elle déposa son bras sur le comptoir.
« Oh! Victoria, c'est ça? Je la débarrassais du verre vide en face d'elle et souris. « Je suis Bella. »
Elle me gratifia d'un sourire étincelant et me demanda comment se déroulait mon rencard. Je lui indiquais Tyler à l'aide de ma main qui donnait l'impression de vouloir broyer une petite blonde au milieu de cette marée humaine.
« Mon rendez-vous est occupé, ce qui est honnêtement plus que je ne l'aurais espéré. » Je ris. « Il est vraiment gentil, mais vraiment pas pour moi. »
Nous regardions les danseurs pendant un moment. Je pouvais voir le sourire qui était plaqué sur le visage d'Angie d'ici. Ben lui plaisait vraiment beaucoup et j'en étais très contente. Il avait la même expression d'engouement sur le visage et au moins la soirée avait été un succès pour eux.
Je me tournais vers Victoria et lui dit aussi fort que possible pour qu'elle m'entende, « Je crois que je vais rentrer. Ça a été une longue journée. »
Elle hocha la tête, « Je te raccompagne dehors. Je dois y rejoindre mes amis. »
Je me dirigeais vers Angela, lui expliquant la situation et lui demandant d'expliquer à Tyler pourquoi j'étais partie. Elle me fit un signe qui signifiait qu'elle était d'accord mais était bien trop occupée avec Ben pour vraiment m'écouter. Nous savions toutes les deux qu'elle m'était redevable pour l'avoir trainé ici et en échange elle me couvrirait auprès de Tyler.
Nous nous dirigeâmes vers le parking, nous avions dépassé les restaurants et autres commerces.
« Donc, tu attends ton petit ami? »
« Non, il a appelé pendant que tu disais au revoir à ton amie, il ne peut pas venir. Mais je lui ai parlé de toi et il veut vraiment te rencontrer. » Elle paraissait toute excitée.
J'entendis un rire nerveux sortir de ma bouche. « Qu'est-ce que tu viens de dire? Il veut me voir? »
Elle s'arrêta et me fixa, ses lèvres parfaites frissonnaient. « Oui, il en a très envie. »
Je réalisais soudain à quel point c'était déconcertant de ne pas voir ses yeux complètement. Ses lunettes de soleil n'étaient pas totalement opaques mais je ne pouvais voir son expression. Était-elle sérieuse? Ou plaisantait-elle? Je n'en avais aucune idée.
Ce dont j'avais conscience par contre était mon alarme interne qui commençait un émettre un son. Je reculais d'un pas avant de lui dire de la voix la plus sereine possible, "Tu sais je ne devrais vraiment pas partir sans Angela. J'ai ses clés et je ne voudrais pas qu'elle se retrouve coincée sur le palier." Après ça un silence inconfortable s'installa entre nous.
Bon, j'étais mal à l'aise. Mal à l'aise au possible en fait. Victoria semblait... Calme. Maitrisée.
Ennuyée?
Je reculais encore d'un pas tout en gardant un sourire hypocrite sur mon visage. Elle leva son bras et posa sa main sur mon avant bras.
Je tressaillis à son contact et mes yeux s'écarquillèrent.
Sa main était glacée.
Pas froide. Glacée.
"Bella," m'appela Victoria tout en retirant ses lunettes puis en les coinçant dans ses cheveux. "Il faut que tu viennes avec moi."
Je réalisais bien trop tard que nous étions seules, au coin de deux immeubles qui étaient séparés par une étroite et sombre allée. Je cherchais un moyen de m'échapper quand je remarquais ses yeux alors qu'une voiture qui passait nous avait éclairé.
Des rubis.
Ils étaient de la couleur d'un rubis.
Je ravalais ma peur et commençais à courir mais elle me coupa la route, elle se tenait en face de moi, c'était beaucoup trop rapide pour une personne normale. Elle me poussa une fois, fort dans l'épaule et j'étais à présent dans l'ombre d'un immeuble. Ses ongles rouges manucurés s'enfoncèrent dans ma peau.
« Oh! » Haletais-je, désarçonnée par sa force mais pas assez pour perdre la tête. Je me tournais et courais à nouveau. Cette fois le long de l'allée puisqu'elle bloquait la sortie. Le cliché qu'était cet instant ne me fit pas abandonner malgré mon désespoir. J'étais toute seule dans la nuit, coincée par une femme complètement malade et dérangée qui portait des lentilles rouge qui chassait des jeunes filles.
Je trébuchais à cause des mes talons et m'égratignais le genou sur le sol. Putain de chaussures. Je me ressaisissais, je pouvais l'entendre derrière moi, me suivant lentement dans les ténèbres.
« Bella. Ne fais pas ça s'il te plait. Ça ne sert à rien. Au moment où j'ai parlé de toi à James, il a insisté pour te rencontrer. » J'entendais ses talons claquer sur le sol bruyamment.
Je vis de la lumière face à moi et repérais les portes arrières de plusieurs bars. Me précipitant vers elle je pouvais maintenant entendre la musique résonner derrière les portes closes, me signalant la présence d'autres personnes tout près. Je tendis la main et tournais la poignée, la musique et la lumière filtrèrent dans l'entrebâillement quand soudainement un bras pâle et maigre claqua la porte.
Je respirais difficilement à cause de la peur et de l'essoufflement et laissais échapper un cri quand Victoria se pencha vers moi.
« Victoria, qu'est-ce que tu fais? » J'avais réussis à dire ça entre deux courtes et rapides respirations.
Elle agrippa mon poignet et m'attira à elle. Elle dévoila ses dents et pour mon horreur elle passa sa langue sur elles avant de rire.
Je frissonnais à son contact et tordis mon bras pour me dégager. Elle me retint fermement, resserrant son emprise et me forçant à ne pas bouger.
Elle fit glisser un doigt de son autre main le long de ma joue. « Il va t'aimer. Appétissante et pleine d'audace. Il aime ses filles pleines de cran, tu sais. Tu seras une excellente acquisition. » Je n'avais aucune idée de ce dont elle parlait. Il était fort possible que ce soit les délires d'une femme complètement folle.
À ce moment là, la porte arrière s'ouvrit à la volée et assomma Victoria. Je m'éloignais et entendis sifflement tranchant quitter ses lèvres. Je me ruais dans la direction opposée et m'appuyais aussi fort que possible contre le mur. Distraitement, je commençais à masser la peau enflée de mon poignet.
Mon cœur battait à cent à l'heure et j'essayais tant bien que mal de reprendre mes esprits.
Un homme s'approcha et franchis l'espace que Victoria et moi avions occupé un moment auparavant. Il se tourna vers moi et je fus choquée de trouver Edward Cullen entre nous deux, grand et calme.
« Isabella, partez. » Sa voix était tendue mais douce.
Les yeux toujours écarquillés je regardais d'abord Victoria puis lui à nouveau. Ses yeux à elle étaient emplis de colère, si un regard pouvait tuer... Lui me tournait maintenant le dos et je l'entendis me parler à nouveau, plus durement, « maintenant. »
Je hochais la tête, absente et le contournais pour atteindre rapidement la porte. Mes mains tremblaient quand je tournais la poignée et me glissais à l'intérieur, loin de l'obscurité et de mon chasseur.
Xxx
EPOV
Je sentis la vibration dans ma poche et en sortis mon portable.
Alice.
Je le rangeais et me concentrais sur la nuit.
Les quartiers bondés comme celui-là étaient difficile à surveiller. Il y avait tellement de personnes et quand on y ajoutait leurs pensées à l'alcool ou aux drogues cela rendait les choses incroyablement confuses.
Mon téléphone sonna à nouveau.
« Salut. Je travaille. Qu'est-ce que tu veux? » Je lui avais parlé à voix basse pour ne pas attirer l'attention sur moi.
La voix d'Alice était paniquée. « Edward, tu dois trouver Bella tout de suite. »
J'étais troublé, « Isabella Swan? »
« Elle a des ennuis. De vrais ennuis. »
Je me souvenais de cet après-midi lorsqu'elle s'était tenue en face de moi, déterminée.
« Et bien, où est-elle? J'ai besoin de quelque chose, Alice. » Je lui avais aboyé dessus avant de passer ma main dans mes cheveux, anxieux.
Alice parla encore plus vite. « J'ai eu un flash, des cheveux roux et des lunettes de soleil. Elle et Bella rient pour le moment, assises dans un restaurant ou un bar, mais la vision à changé et ensuite elle court dans l'obscurité, elle veut lui échapper. »
Mon esprit ne fit qu'un tour, « Une rousse? »
« Oui. Comme des flammes. Trop roux. Anormaux. »
J'écoutais mais commençais à avancer vers les bâtiments les scrutant au cas où Bella y serait. Je n'avais aucune idée si elle serait à l'intérieur mais je ne pouvais pas faire mieux.
Une rousse. La même que l'autre soir? La vampire?
Je repoussais la panique qui se formait dans ma gorge.
Puisque je ne pouvais me concentrer sur ses pensées à elle, je devais trouver celles de la rouquine. Je me stoppais devant un bar, j'écoutais au-delà des tintements de verre et des discussions futiles. Au-delà des bruits du bar, l'eau qui coule et l'alcool qui est versé dans les verres.
J'inhalais profondément. Je ne pouvais pas l'entendre mais je pouvais la goûter. Alors que l'air me frappa, le venin se précipita dans ma bouche.
Mienne.
Elle avait été là.
J'ouvris les portes à la volée, me créant un passage malgré les plaintes et pénétrais le cœur du bar.
Écrasé par la forte musique et les corps entrelacés j'inspirais plus d'air, je fus choqué quand son odeur fut plus forte. Le feu glissa au fond de ma gorge. Je scannais l'endroit, incapable de trouver Mlle Swan ou la rouquine. Je fermais les yeux et cherchais les pensées du vampire à travers le brouhaha.
« M Cullen? » Je me retournais vivement et me retrouvais face à face avec une brune qui me fixait derrière une paire de lunettes Tina Fey.
« Oui? » Qui était-ce? Personne ne me reconnaissait jamais en public.
Enfoiré... Rabaisser ma meilleure amie... Ne te laisse pas distraire par ses yeux...
La fille sera les dents et me lança un regard mauvais. « Je suis Angela. La colocataire de Bella. »
La colocataire de Bella. Oh.
Je me penchais légèrement et remarquais qu'elle dégageait une odeur florale.
Je forçais un sourire et la regardais dans les yeux, espérant que je pourrais l'amadouer. « Enchanté. A vrai dire, je cherchais Mlle Swan. Elle est ici? »
Angela roula des yeux. Abruti.
Aie.
« Non. Elle est partie. Elle a passé une très mauvaise journée. Vous savez. AU TRAVAIL. Son patron l'a traité comme une malpropre donc elle a finalement eu le courage de démissionner et de le laisser se débrouiller pour trier ses sous-vêtements. » Je pouvais entendre la rage dans sa voix et les mots qui flottaient dans son esprit m'apprirent qu'elle n'allait pas tarder à divaguer. Je n'allais pas le lui reprocher, je le méritais, mais je n'avais pas le temps.
Je me jetais à l'eau avant qu'elle ne reparte, « Angela, vous avez raison. Je l'ai très mal traité. Je suis venue pour m'excuser. Vous avez dis qu'elle était partie? » Angela hocha la tête et rejoua leur conversation dans sa tête.
Tyler? Elle était là avec l'électricien.
Mais elle n'est pas partie avec lui. Mes yeux errèrent dans la salle et le trouvèrent enlacé avec une blonde sur la piste. Une partie de moi était gonflée par la joie qu'elle soit partie sans lui. L'autre était enragée qu'il ait pu laisser quelqu'un d'aussi fragile que Mlle Swan, partir sans escorte.
« Angela, quand est-elle partie? »
« Il y a environ cinq minutes. Vous venez de la manquer. » Ses pensées étaient légèrement plus aimables envers moi, du fait que je sois là pour m'excuser.
Je courus vers la porte mais captais un fragment de pensée de la rouquine. Je pouvais voir l'obscurité, une allée pavée et humide et des murs en brique. Elle bougeait, déterminée, vers quelque chose.
Mlle Swan.
Je savais qu'il y avait une allée derrière l'immeuble, je fis demi-tour et courus à travers la foule en direction de l'arrière du bar. Je dépassais facilement la foule et ouvrais les portes des cuisines. Je me frayais un chemin entre les cuisiniers, ignorant leurs cris et leurs questions sur ma présence. La porte arrière était en face de moi et je pouvais les entendre clairement maintenant à travers le métal fin.
Le vampire parla de « lui » et ensuite Mlle Swan l'appela Victoria, un masque de frayeur se formant sur son visage.
Des images emplirent mon esprit, Victoria avait ses mains sur son bras.
Tordant et déchirant sa peau de porcelaine.
Abimant ce qui m'appartenait.
Ma rage me consumait, j'essayais d'ouvrir la porte mais il y avait une résistance. Je reculais et utilisais mon pied pour projeter la porte dans la nuit. Je les vis toutes les deux trébucher.
Mes sens furent immédiatement noyés par son douloureux parfum, qui était amplifié par la peur et la sueur. Je me stoppais pendant une milliseconde pour me ressaisir mais notais, étrangement, que le désir auquel je m'attendais avait été remplacé par un besoin urgent et écrasant de la protéger.
Je me tenais entre elles et évaluais les blessures de Mlle Swan. Je contractais ma mâchoire lorsque je sentis le sang sur son genou égratigné alors qu'elle frictionnait son poignet délicat.
Elle devait partir.
« Isabelle. Partez. » Lui ordonnais-je en me tournant vers le vampire.
Elle marqua une pause derrière moi, elle traitait l'information. Il n'y avait pas le temps. Je pouvais voir le plan que Victoria montait pour s'échapper. Elle était à trois pas de moi et je devais l'arrêter.
Sans me retourner je parlais à nouveau, « maintenant. ». Cette fois-ci je la sentis passer, une vague de son odeur m'assaillis lorsqu'elle claqua la porte derrière elle.
Xxx
J'étais maintenant seul avec Victoria.
Elle complotait, créait différents scénarios, les rejetant rapidement les uns derrière les autres.
Je pourrais la tuer. Je le ferais à un moment ou un autre mais j'avais d'abord besoin d'informations.
« Où est-il? » Demandais-je.
Elle parut troublée. Elle ne s'attendait pas à ça.
« Qui? » Elle jouait maintenant le rôle du protecteur.
Je la fixais pendant un moment, regardant les images de son chef de meute blond. Elle le craignait, ses pensées n'étaient que respect et allégeance.
« Tu penses qu'il ressent la même chose à ton égard? » Raillais-je
Elle inclina sa tête en essayant de trouver à quoi je faisais allusion.
« Cela ne te regarde pas, vampire. » Me siffla-t-elle.
Je relevais un sourcil et m'expliquais, « Si ça l'est. Vous êtes sur mon territoire, attirant l'attention sur vous et sur moi par la même occasion. »
Elle rit, ses cheveux tremblaient sur ses épaules, « Je crois que cela va au-delà de ton territoire. Tu connaissais cette fille, tu l'as appelé par son prénom et, » Elle respira profondément, « tu empestes l'humain. »
J'ignorais ses commentaires et cherchais comment la détruire dans cette zone pleine de monde.
Elle se sentie en confiance quand je ne lui répondis pas et se rapprocha, « Tu ferais mieux de t'habituer à nous. Nous ne comptons pas partir. Nous avons un plan et ta petite amie en fait partie. Une fois qu'il se sera décidé, il n'y aura plus aucune échappatoire. Tu ferais mieux de dire adieu à ton animal de compagnie maintenant car ce n'est qu'une question de temps. »
Je la chargeais et l'écrasais contre le mur, mes mains formant un étau autour de son cou. Ses yeux s'ouvrirent en grand mais un sourire narquois persistait sur son visage, me mettant au défit de faire d'elle une martyre.
Je me penchais vers son oreille et grognais, « Tu resteras loin d'elle et loin de cette ville. Pars, » Je la dégageais du mur et la poussais vers la rue. « Fais-lui passer le message et pries pour ne jamais recroiser mon chemin. »
Elle avait l'air prête à bondir mais je restais stoïque et quelques secondes après deux barmans apparurent pour jeter des sacs poubelle.
Elle utilisa cette opportunité pour disparaître dans les ténèbres et j'ouvris la porte commençant le fastidieux exercice de contrôle.
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BPOV
Je me tenais près de la cuisine, assise au bar, attendant qu'il revienne. Je n'étais pas sûre qu'il le fasse mais je n'avais nulle-part d'autre où aller. J'étais trop effrayée pour rejoindre ma voiture et j'avais trop peur de me mêler à la foule et chercher mes amis.
Donc j'attendais près de la porte de la cuisine, appuyée contre un mur, espérant que M Cullen reviendrait pour m'expliquer ce qu'il se passait.
Mes mains formaient des poings le long de mon corps pour les empêcher de trembler, mais cela n'aidait pas vraiment car mon corps frissonnait alors que je me repassais la scène. Je pouvais sentir les battements de mon cœur s'accélérer en rythme avec la musique de la salle à côté.
Que venait-il de se passer?
Qui était Victoria et de quoi parlait-elle? Elle avait dit un truc sur moi étant une bonne « acquisition » et plusieurs choses sur « lui ». Elle paraissait tellement folle avec ses yeux rouges et ses dents effrayantes.
La porte de la cuisine s'ouvrit d'un seul coup et je sursautais, je regardais si c'était lui mais il s'agissait d'une fille toute menue portant un large plateau de boissons et de nourriture. Je m'appuyais sur le mur à nouveau et réfléchissais à la façon dont M Cullen m'avait trouvé.
C'était pas le genre à sortir faire la fête, d'après ce que je savais. Et pourquoi Edward Cullen, PDG estimé de PNT, se retrouverait dans les cuisines d'un bar miteux? Il avait surement un peu de nourriture écrasée sur ses chaussures hors de prix et voulait surement que je les lui lave pour lundi.
Lundi.
J'écrasais ma main sur mon visage et gémissais. J'avais oublié pendant un court instant que j'avais démissionné. Enfin, j'étais persuadée qu'il trouverait quelqu'un d'autre. Il existait sûrement une agence d'intérim pour de riches hommes ayant besoin de bonniches pour faire le sale travail, qu'il pouvait contacter en attendant de me trouver une remplaçante.
Les portes s'ouvrirent à nouveau et je vu l'imposante carrure de M Cullen traverser le cadre. Je me dégageais du mur pour le suivre mais il se retourna tout à coup pour me faire face.
L'expression sur son visage n'était que soulagement, « Je suis content que vous ayez attendu. Est-ce que ça va? »
Je fis signe que oui, pas vraiment certaine de ce que je devais répondre.
Il regarda mon genou et grimaça. « Pourquoi n'iriez-vous pas nettoyer ça. Je vous attendrais juste devant la porte. » Me dit-il tout en me dirigeant vers les toilettes.
J'entrais dans la pièce, j'avais l'impression de couler. Je venais juste de me faire agresser par une femme devant le bar, et mon ancien patron, qui avait été grossier toute la semaine, m'avait sauvé et était maintenant inquiet à cause d'un genou éraflé. Cela n'avait aucun sens.
Comme il me l'avait dit, il m'attendait devant la porte. Une fille avec un décolleté vertigineux passa devant lui en le gratifiant d'un sourire aguicheur. Je l'observais avec fascination quand il l'ignora complètement.
Ses yeux me fixaient moi.
Je pensais qu'ils étaient posés sur moi mais je regardais nerveusement au-dessus de mon épaule dans le but de trouver quelque chose qui serait plus intéressant que moi.
Non. Simplement moi.
Il m'indiqua de marcher devant lui et nous finîmes par arriver à la porte principale.
Sur le trottoir je me retournais vers lui et le regardais pendant un moment. Il tentait d'agir comme si de rien était mais je sentais qu'il y avait plus. Ses mains étaient au fond de ses poches et il se balançait d'avant en arrière. Ses gestes me semblaient forcés et intentionnels.
Le néon sur la devanture du bar nous éclairait d'un voile vaporeux et la peau de M Cullen semblait presque le refléter. Je regardais les ombres jouer dans les mèches de ses cheveux en bataille.
Nous nous fixions dans un silence inconfortable.
Je pris une grande inspiration et me lançais, « J'ai quelques questions. »
Ses yeux se durcirent mais il acquiesça comme s'il s'y était attendu.
J'ouvris la bouche pour commencer mais mes jambes oscillaient. M Cullen s'approcha et m'attrapa par le bras pour me maintenir sur mes pieds.
Aucun de nous ne bougea pendant un certain temps. Il était figé, ses mains agrippées au léger tissu de ma chemise. Encore une fois, nos regards se verrouillèrent avant que nous détournions tous les deux nos regards, gênés.
Je me tortillais sous son étreinte et il me relâcha rapidement, les croisant derrière son dos.
Mon visage rougit, « Ça va. Merci. »
Le léger malaise qui avait teinté son visage disparu avant qu'il ne parle, « Je pense que je devrais vous raccompagner. »
Pfff. C'était vraiment gênant, dans tous les sens. La situation ne semblait pas le ravir non plus, mais je n'avais pas vraiment le choix alors je le remerciais et le suivais jusqu'à sa voiture.
Quand nous l'atteignîmes, il appuya sur la télécommande pour la déverrouiller et je m'installais côté passager.
M Cullen était déjà assis dans le siège à côté du mien. Quand la voiture démarra, il regarda droit devant lui, s'occupant avec la conduite. Il changea de vitesses et accéléra. J'inspirais la douce odeur de cuir alors que je me fondais dans le siège crémeux. Les yeux à moitié fermés je constatais que sa voiture était impeccable, pas de déchets ou de CD. Pas de livres ou de gobelets de café. Rien qui ne me laisserait entrevoir le vrai Edward Cullen.
Je fis nerveusement glisser mes doigts sur le tableau de bord puis je posais ma main sur la poignée de la boîte à gants. Je me tournais vers lui et il me regardait alors je retirais rapidement ma main et la replaçais sur la cuisse.
« Je vis au coin de la Troisième et de la Principale. » Le guidais-je, brisant le silence.
Il hocha la tête, encore, toujours silencieux.
Le faible ronronnement du véhicule commençait à m'endormir mais j'avais des questions et peu de temps pour qu'on y réponde. Brisant la tranquillité qui régnait je me raclais la gorge.
« Répondrez-vous à mes questions maintenant? »
Cette fois-ci il me fixa et répondit, « Oui. Si je peux. »
« Qui était cette femme? »
« Je ne sais pas. »
« Où est-elle partie? »
« Elle s'est enfuit. » Il dut voir la panique dans mes yeux car il ajouta sans tarder, « Mais je ne pense pas qu'elle vous ennuiera à nouveau. »
Je laissais l'information pénétrer mon cerveau et regardais ses mains jouer avec le volant. Ses doigts étaient longs et gracieux, arqués sur le galbe du cuir. Il prit un virage et bougea délicatement sa main sur le levier de vitesse.
Je décidais de continuer avec mes questions.
« Comment m'avez-vous trouvé? »
Silence.
« Comment m'avez-vous trouvé? »
Silence.
Je changeais de position pour être complètement face à lui même si lui gardait ses yeux rivés sur la route.
« Allez-vous me répondre? » Répondez-moi.
Il se gara sur le parking de mon appartement et coupa le moteur. Il se tourna vers moi, ses mains toujours agrippées au volant, ses articulations tendues. Elles craquèrent sur le cuir.
« Non » Il soupira.
Je sentis ma mâchoire se décrocher. « Que voulez-vous dire par 'non'? »
Il plongea son regard dans le mien, « Pourquoi démissionnez-vous? »
Subtil détournement.
« Je...hum... » Je ne pouvais que bredouiller, essayant de trouver une réponse.
Il leva une de ses mains parfaite pour me faire signe d'arrêter.
Il prit une profonde inspiration et dit de sa voix apaisante, « Je suis désolé d'avoir été si grossier envers vous. Ce n'était pas juste de ma part et surtout c'était peu professionnel. Parfois, je ne réalise qu'il y a des choses qui ne sont pas appropriées pour les employés. »
Il rit et poursuivit, « J'ai tendance à être un peu ailleurs par moment. »
Je gloussais par tant d'honnêteté, « Merci. Et puis, si quelqu'un devrait s'excuser c'est moi. J'ai ruiné votre t-shirt. Genre, vraiment ruiné. »
Même dans le noir, je perçus le flash de colère qui passa dans ses yeux. Ce fut bref, seulement un court instant.
« Oui, vous l'avez vraiment massacré. Mais je suppose que nous sommes quitte maintenant? » Il le dit comme une question et sa bouche commença à former un sourire.
Son sourire radoucit ses traits et je remarquais que ses yeux semblaient plus sombres, des cernes pourpres juste au-dessous. Je me demandais s'il était aussi fatigué que moi. J'appuyais ma tête sur le siège et massais mon poignet, soudainement écrasée par la fatigue.
« Est-ce que c'est douloureux? » Il pointait vers mon bras, à son ton je devinais qu'il s'inquiétait.
Je fermais les yeux et profitait de sa voix. Mon esprit vagabonda pendant un moment et je me demandais s'il pouvait chanter.
« Isabella... » Sa voix me sortie de mes rêveries.
« Non, ça va. » Je le lui tendis. « Je marque vite, je suis sûre que ça semble pire que ça ne l'est réellement. »
Il fixa un instant ma peau tacheté. Il lâcha d'un coup, « Reviendrez-vous au travail? J'ai bien peur d'être devenu dépendant en seulement deux semaines. »
Je scrutais son expression pour voir s'il était sérieux et à mon grand étonnement il semblait sincère.
Il constata que j'hésitais, « Je vous promets de retirer des tâches. Et plus de lavage de mobilier. » Et ses lèvres se courbèrent en un sourire qui fut le plus meurtrier que j'ai jamais vu.
« J'y penserais. » Je n'étais pas sûre, mais s'il continuait à sourire comme ça je pourrais accepter tout ce qu'il me demanderait.
Il me fit un oui de la tête et enroula ses doigts sur la poignée de la portière pour l'ouvrir. Je répétais les mêmes mouvements et sortis de mon côté de la voiture.
« Ça devrait aller maintenant. » Je lui fis un petit signe la main.
« Ne soyez pas ridicule. Je vous raccompagne à l'intérieur. » Irritation se sentait dans sa voix.
« Bien. » Est-ce que je voulais vraiment refaire un tour de montagne russe dans les émotions d'Edward Cullen?
Nous montâmes ensemble les escaliers jusqu'au deuxième étage. Je cherchais mes clés dans mon sac, les sortis et il m'offrit un courtois, « Laissez-moi faire, » puis il s'empara rapidement de mes clés et ouvrit la porte.
Nous restions là, mal à l'aise, pas vraiment sûrs de notre statut employée/patron, et je soupirais presque de soulagement quand il me tendit mes clés.
« Bonne nuit, Isabella. » Mon prénom était vraiment agréable venant de sa bouche. Je fus troublée par le frisson qui parcouru ma colonne vertébrale au son de mon prénom.
« Bonne nuit, » répondis-je, « Et merci. »
Je le regardais alors qu'il tournait au bout du couloir. Exténuée, je fermais la porte et m'écroulais dans mon lit.
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Plusieurs heures plus tard j'étais tapi dans l'ombre écoutant le moindre bruit que la nuit m'apportait alors qu'une légère brise soufflait sur mon visage.
Jouant avec la clé dans ma poche, j'en caressais les rainures encore et encore, mémorisant les sillons.
Il était tard. Et l'appartement était silencieux à part les sons du sommeil. Angela était recroquevillée dans son lit et rêvait du jeune homme qu'elle avait rencontré plus tôt dans la soirée. Elle était heureuse, inconsciente des horreurs que sa colocataire avait vécu il y a à peine quelques heures.
Je ne pouvais pas entendre les pensées d'Isabella, évidemment, mais je pouvais écouter sa respiration. Son appartement était fermé à clé et hors de danger. Je l'y avais amené moi même.
J'avais besoin de la voir.
Je glissais la clé dans la serrure et tournais la poignée tout doucement jusqu'à ce que j'entende le clic.
J'entrais et fermais derrière moi. Je replaçais la clé sur son porte-clés.
Planté au milieu de la pièce, j'inspirais profondément et savourais le feu qui consumait ma gorge. C'était vraiment douloureux mais cela m'indiquait la seule chose que je désirais.
Isabella.
Je ravalais le venin et continuais de respirer le délicieux et alléchant parfum floral.
Traversant le salon, je me rendais directement dans sa chambre, j'évaluais ce que je voulais.
J'étais sûr de ne pas vouloir la blesser. Je ne pouvais pas. C'était mon devoir maintenant de la protéger.
Un rayon de lumière balaya son visage quand j'entrouvris la porte. Elle était dans son lit, allongée sur un côté, enchevêtrée dans une énorme masse de draps. Ses cheveux étaient emmêlés et éparpillés sur son oreiller, ses mains étaient posées entre son lit et sa joue en un poing. Son poignet contusionné brûlait à cause du sang dans l'obscurité.
Je ramassais la blouse qu'elle avait porté ce soir et la pressais sur mon nez, m'enterrant dans l'arôme exquis.
Je trouvais une autre chemise dans la commode et inhalais.
Enivrant.
Isabella bougea, roulant du côté opposé, gémissant. Je laissais tomber la chemise et me figeais.
Je regardais ses lèvres et attendais, la nuance rosée visible pour moi même dans le noir. Je retenais mon souffle à présent, ce n'était pas utile. Je me tendis, à l'affut du moindre son qui quitterait ses lèvres à nouveau. Cela ne prit qu'un moment avant qu'un autre gémissement presque inaudible quitta sa bouche.
Je fus instantanément parcouru par un désir incontrôlable.
Mon corps, pas ma bouche.
Enfin conscient de la véritable nature de mes sentiments, je me forçais à quitter l'appartement, laissant l'objet de mon désir à ses troublants rêves.
Après un repos mérité (?) je reprends du service lol
J'espère que ça vous a plu.
Merci à ma super Ninie Bêta, ma siam, mes PP et aux TPA ¨¨
Merci pour vos reviews et aux reviewers anonymes, ça me touche bcp!
Gros bisous et à dans longtemps pr le chap 8 d'Only Human!
