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Chapitre 7 :

Sam claqua le livre un peu sèchement, faisant sursauter Daniel. Elle s'excusa d'un sourire avant d'étirer ses bras et ses jambes, endormis par de trop longues heures d'inactivité. Ils avaient sauté le déjeuner. L'idée venait de Daniel qui souhaitait continuer à travailler. Elle avait d'abord hésité, la faim se faisant vraiment présente après le peu qu'elle avait avalé hier, puis avait accepté par simple crainte. Elle savait que céder à ses peurs ne l'aiderait pas à avancer. Mais elle n'avait ni l'envie, ni le courage, d'affronter Willem ou le colonel à cet instant précis. Elle ne savait même pas contre lequel elle était le plus en pétard.

Depuis qu'elle avait mis les pieds dans la petite pièce servant de bibliothèque, Sam avait eu le temps de réfléchir, beaucoup. Tellement, en fait, qu'elle avait lu la même ligne pendant presque une heure avant que Daniel ne la rappelle à l'ordre. Elle n'était pas, à proprement parler, en colère contre Jack, mais elle devinait qu'il valait mieux qu'elle évite de se retrouver seule avec lui tant que toute cette histoire ne serait pas réglée. Ces…visions, à défaut d'autres mots, venaient bien de quelque part. Et elle était persuadée que c'était à cause d'elles qu'ils agissaient aussi bizarrement.

Se faisant un coussin de ses bras, elle y posa la tête sous le regard compatissant de Daniel. La nuit avait été bien trop courte. Et ces centaines d'ouvrages ennuyeux ne l'aidaient en rien à garder les yeux ouverts. Elle cligna des paupières, une fois, deux fois, mais il n'y avait rien à faire, elles étaient lourdes…Trop pour qu'elle se résolve à les combattre.

« Je ne pensais pas que vous viendriez… »

Aude saisit la bride du cheval que lui tendait le palefrenier, attentive à ne pas croiser son regard. Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait là.

« Je ne le pensais pas non plus. »

Joffrey parut surpris mais se contenta de sourire en lui proposant son aide pour monter en selle. Elle dénigra la main tendue et grimpa sur sa monture. Cette fois, par contre, il ne put cacher sa surprise derrière le masque impassible qui lui semblait si courant et elle n'en fut que plus satisfaite. Aude de Rivalen, au grand désespoir de son père et de son professeur de maintien, ne montait pas en amazone. Elle montait comme un homme et en tirait une fierté immense. Le chevalier jeta un regard vers le palefrenier qui observait la scène, amusé. Face à l'interrogation muette de Joffrey, l'homme se contenta d'un haussement d'épaule.

« Ne faites vous donc rien comme tout le monde ? »

D'abord énervée par la question, un petit sourire naquit finalement sur les lèvres d'Aude. Il n'y avait pas, dans la voix du jeune homme, le reproche à demi masqué qu'elle connaissait si bien pour l'avoir entendu une centaine de fois. Au contraire, il semblait réellement intrigué. Et, plus que ça, il semblait la respectait. Malgré ce que tous les autres considéraient être ses pires défauts.

« Non, c'est beaucoup plus amusant comme ça… »

« Et beaucoup plus dangereux aussi. »

Aude ne répondit pas à sa pique et il monta lui-même en selle. La traversée de la ville se fit au pas, et avec une lenteur que la jeune Princesse jugea insupportable. Voulant par-dessus tout briser le silence que Joffrey semblait affectionner mais qu'elle trouvait, quant à elle, gênant, elle raviva la conversation.

« Votre frère n'est pas fâché de votre défection à sa partie de chasse ? »

Joffrey grogna, surveillant les gens qui les entouraient comme si un assassin pouvait se cacher parmi eux et frapper à tout moment. Elle supposait que c'était le comportement normal de tout chevalier mais trouvait néanmoins cela dérangeant. Brusquement, elle se demanda ce qu'elle faisait là. Au matin, elle s'était persuadée s'être fait des idées la veille. Une danse ne pouvait changer ni les gens, ni sa haine pour leur ennemi. Plus, elle tenait à cette haine. Elle se l'était accrochée près de cœur et la portait comme un étendard.

Voilà pourquoi elle chevauchait aux côtés de cet homme, de son ennemi. Parce qu'il était impossible qu'elle l'aime. Elle devait se rappeler qui il était. Le frère d'un monstre qu'elle allait être forcé d'épouser.

« Ce que pense mon frère m'est, la plupart du temps, égal. »

Aude fronça les sourcils, surprise de cette réponse tardive autant que du petit sourire amer sui étirait les lèvres de son compagnon. Intriguée, elle voulut demander des explications mais les hautes portes fermant la cité l'en empêchèrent. Elle tira sur les rênes, s'apprêtant à faire demi-tour, lorsque Joffrey fit un signe de la main aux gardes en faction. Un des deux soldats jeta un regard à la jeune femme, incertain de la conduite à tenir.

« Euh…On sort ? »

Elle aurait donné n'importe quoi pour que sa voix ne soit pas aussi…Aussi quoi ? Pleine d'un espoir mêlé de frayeur ?

« C'est la première fois que je vous vois déstabilisée, Princesse. »

Il y avait là une gentille ironie qu'Aude n'apprécia pas. Elle n'aimait pas qu'on se moque d'elle. Elle vit le défi et le releva sans plus réfléchir.

« Pas du tout. »

Joffrey observa son petit air indigné avec un sourire grandissant. Elle n'osait pas lui avouer que jamais elle n'avait franchi le seuil de la cité. Ce n'était pas convenable pour une jeune femme de bonne famille de partir ainsi à l'aventure, alors pour une héritière royale…

« Allons-y ! »

Son signe de tête à l'encontre du garde se fit plus dur, et l'homme après un regard vers elle, ouvrit les portes. Aude sentit sa tête se mettre à tourner mais ce n'était pas dû à un quelconque malaise, c'était l'ivresse de la liberté. Sans qu'elle ne cherche à réfréner sa pulsion, elle lança son cheval au galop. Elle parcourut ainsi quelques mètres et ne s'arrêta que quand elle ne put plus distinguer les portes de Rivalen. Là, elle attendit, chancelante, que Joffrey veuille bien la rattraper. Lu, ne se pressait pas, il avançait dans un trot confortable.

Aude en profita pour observer autour d'elle, graver autant de détail que possible. C'était une chose de détailler le paysage du haut de la plus haute tour, une autre d'étudier la Nature enfermée entre quatre murs de pierres épaisses, une autre encore de se promener dans le parc du château en prétendant être dans un lointain pays, mais c'était définitivement différent de la voir de ses yeux. Elle était assaillie par des odeurs, des couleurs, des bruits…Ca faisait très longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi heureuse…

Son regard fut attiré par le vol circulaire d'un aigle un peu plus loin, et elle ne put retenir son éclat de rire. Elle était libre…Durant un laps de temps limité, certes, mais l'illusion était si réelle…

« Vous n'êtes jamais sortie, n'est ce pas ? »

La voix douce et chaude de Joffrey la ramena à la réalité. Elle réalisa brusquement qu'elle était seule, dehors, sans aucune aide, avec un étranger qu'elle était censée haïr. Mais, loin de s'inquiéter, elle se contenta de sourire. Comment pourrait-elle haïr quelqu'un qui lui avait offert des ailes ? Ne voulant cependant pas briser l'harmonie des lieux, elle se contenta de hocher négativement la tête. Joffrey lui sourit gentiment.

« J'ai vu ça plusieurs fois dans les pays que nous avons traversés…Les femmes de haut rang restent enfermées jusqu'au mariage… »

Ne pouvant s'en empêcher, Aude répliqua. « Et une fois mariées, jusqu'à ce qu'elles meurent. »

D'un léger coup de talon, elle remit son cheval au pas. Joffrey resta en arrière quelques instants puis la rattrapa, restant à sa hauteur.

« Moi qui cherchait un guide…Je suppose que c'est raté. »

Il n'y avait pas la moindre pointe de déception dans sa voix. Elle tourna la tête vers lui, quittant à regret le spectacle d'un écureuil tentant désespérément de transporter une noisette trop grosse pour lui. Ses yeux étaient fixés sur elle, perçants. Elle aurait dû s'en indigner, elle se mit à rougir.

« Cessez de me regardez comme ça. »

Un sourire lent et doux vint étirer ses lèvres, mais ses yeux ne la quittèrent pas un instant.

« Comme quoi, Princesse ? »

Il y avait dans sa façon de l'appeler par son titre une affection qui n'aurait jamais dû se trouver là. Elle sentit le rouge se propager de ses joues à sa nuque.

« Comme si j'étais une énigme à résoudre. »

Les mots lui avaient échappés. On lui avait toujours appris à être muette devant les hommes, à ne pas en dire trop…Et on ne pouvait pas dire qu'elle l'ait toujours respecté…Cependant aujourd'hui, elle souhaita qu'il en fût autrement.

« Vous êtes une énigme. »

Mal à l'aise, elle repéra un pré plus bas sur la route et sans réfléchir, en prit la direction.

« Et pourquoi ça, Chevalier ? »

Le cheval du jeune homme suivait docilement l'allure et la direction qu'elle prenait.

« Joffrey… »

Elle détourna rapidement les yeux du chevalier pour les poser ailleurs, n'importe où. L'invitation à l'appeler par son prénom n'était pas convenable. D'un autre côté, depuis quand se souciait-elle des convenances ? Un petit sourire étira les lèvres de la jeune femme.

« Pourquoi ça, Joffrey ? »

Ils étaient arrivés dans le pré et il fut le premier à mettre pied à terre, lui ôtant la possibilité d'observer son visage. Elle aurait pu penser que c'était pour cacher son trouble mais elle devinait qu'un tel homme n'avait pas besoin de se cacher, il savait déguiser ses traits.

« Parce que vous êtes différente de toutes les femmes que j'ai pu rencontrer. »

Il attacha sa monture à une branche basse puis s'approcha d'elle. Elle s'aperçut alors qu'elle n'avait pas bougé. Il lui tendit les mains, lui offrant son aide. Après une infime hésitation, elle les saisit mais ne chercha pas tout de suite à descendre. Au lieu de ça, elle fronça les sourcils.

« En quoi ? »

Il lui fit comprendre d'un coup de tête qu'elle devait descendre et, au lieu de se formaliser de l'ordre muet, elle s'exécuta. Elle savait qu'elle se retrouverait contre lui, c'était inévitable. Elle n'avait pas prévu l'émotion qui s'emparerait d'elle alors.

« Vous affichez vos opinions, ce qui est assez inhabituel pour une femme. »

Elle se dégagea, soudain agacée. Ainsi, il pensait comme les autres ? Que les femmes n'étaient bonnes à rien d'autre qu'à enfanter ?

« Il parait qu'en Satyda les femmes sont libres, les égales des hommes… »

« Satyda est la prochaine cible de Dar'ch. J'espère pour eux que ce sont des hommes qui dirigent. »

Aude se retourna, tête haute, et planta ses yeux dans les siens. « Parce qu'une femme ne pourrait défendre son pays ? »

Joffrey secoua la tête. « Parce que Dar'ch ne parlementera jamais avec une femme. »

Elle prit l'avertissement muet pour ce qu'il était. Une remarque sur son propre comportement. Que pouvait-elle répondre à ça ? Rien de ce qu'elle n'aurait dit n'aurait plu au Chevalier. A la place, elle se dirigea vers l'immense chêne qui trônait en plein milieu du pré. Sa présence était incongrue et il semblait déjà vieux.

« Faites attention, Ma Dame. Le terrain est glissant. »

Elle haussa les épaules et continua sa route. Son pied accrocha une racine et elle se retrouva, sans vraiment comprendre comment, allongée dans une plaque de boue.

« Aude ! Vous vous êtes fait mal ? »

Ne se formalisant pas de l'utilisation du prénom, Aude refusa tout de même sa main tendue avec un port de tête rageur. Joffrey ne chercha même pas à cacher son éclat de rire à la vue de sa tenue couverte de boue, et le pire c'est que les reflets que faisait le soleil dans ses cheveux empêchèrent Aude de le détester.

« Ils n'avaient pas vanté votre beauté, Princesse… »

Par pure réaction enfantine, elle lui tira la langue. C'était encore moins digne d'une Princesse que d'une adulte, mais il avait cette faculté de lui faire oublier qui elle était. Riant d'autant plus de son comportement boudeur, il lui tendit une nouvelle fois une main amicale. Cette fois, elle la prit, éclatant elle-même de rire.

Plus un mot ne fut prononcé avant qu'ils soient arrivés contre l'énorme tronc de l'arbre. Entre temps, la petite bulle de bonheur s'était envolée et Joffrey était redevenu sérieux. Elle ne savait pas vraiment ce qui avait provoqué ce changement d'humeur, mais elle devinait que c'était important. Son visage était fermé, concentré.

« Aude… »

A nouveau, elle choisit d'ignorer cette entorse au protocole. Grace à lui, elle s'était senti Aude aujourd'hui, pas Princesse ou Dame mais juste Aude.

« Vous devez être prudente avec Dar'ch. »

Les mots étaient sortis d'une traite, il n'avait même pas pris le temps de respirer. Elle fut surprise. Pas tant du contenu de l'avertissement, mais plutôt qu'il l'ait formulé à voix haute. Les Chevaliers et les soldats devaient une loyauté sans faille à leur chef. Il brisait cette relation en la mettant en garde.

« Personne ne me dicte ma conduite, Joffrey. Dar'ch moins que tout autre. »

Elle savait qu'elle s'avançait beaucoup en disant ça. Sa condition seule lui dictait la conduite à tenir. La main de Joffrey se leva et effleura sa joue.

« Vous êtes si belle, si jeune, Aude…Vous n'avez pas idée de ce qu'il peut vous faire… »

Sa main se retira et sans s'en rendre compte, elle fit un pas en avant, se retrouvant presque collée contre lui. Il ne dut pas réaliser, cependant, parce qu'il continua.

« Il va vous briser. Il n'a aucune notion de bien ou de mal, Aude. Il tue pour le plaisir, par goût…Vous êtes en danger et je ne peux pas vous protéger davantage…De grâce, ne le provoquez plus… »

Une légère brise se leva et Aude frémit. Hypnotisée par le ballet de ses lèvres, elle ne réalisa qu'elle avait parlé que lorsque ses mots eurent quitté sa bouche.

« Pourquoi devriez vous me protéger ? Je ne suis rien pour vous, ce n'est pas votre rôle… »

Ses yeux sombres trouvèrent les siens, et son murmure, porté par le léger vent, la fit trembler toute entière.

« Ca l'est depuis que j'ai posé les yeux sur vous. Je vous l'ai dit, Aude, vous êtes une énigme. Mon énigme. »

Si quelqu'un d'autre lui avait dit ça, elle l'aurait remis à sa place, arguant de sa position sociale, de son goût de solitude ou du protocole. Joffrey était différent. Il avait le don de lire en elle, de ne pas l'étouffer. Il la comprenait, la respectait…L'idée même qu'ils aient pu se rencontrer la veille seulement était insensée…Ils se connaissaient depuis toujours, c'était une certitude gravée dans son âme.

Elle ne fut pas surprise de la main qu'il reposa sur sa joue, pas plus que du fait qu'il penche son visage vers elle. C'était ainsi que ça devait être…Leurs lèvres se frôlèrent d'abord, hésitantes, ils s'abandonnèrent à cette sensation d'évidence, de plénitude. Aude réalisait le danger qu'elle courait si n'importe qui les voyait, du nombre de règles et de lois qu'elle enfreignait…Elle s'en fichait. Tant que les lèvres de Joffrey seraient sur les siennes, tant que ses bras se refermeraient autour d'elle, elle était en sécurité…

Sam se réveilla dans un hurlement. Elle battit plusieurs fois des paupières, tentant de se repérer, puis réalisa que Daniel était à côté d'elle, une main sur son bras. La bibliothèque…Un nouveau cri retentit et elle réalisa alors que ce n'était pas elle qui en était l'auteur, il se répercutait simplement le long des longs murs de pierres.

Elle n'attendit pas le troisième cri rageur, elle se leva et se précipita, Daniel sur les talons. Elle savait d'où venait le bruit, ça ne pouvait provenir que de la cour intérieure. A un moment, dans sa course, l'archéologue la rattrapa et l'arrêta.

« Où allez-vous ? On ne sait même pas ce que c'est ! »

Sam fronça les sourcils, surprise qu'il ne reconnaisse pas l'appel à l'aide dans le ton de celui qui faisait tout ce boucan.

« C'est un homme qui a besoin d'aide. »

Elle voulut se remettre à courir mais il bloqua de nouveau sa course.

« Vous ne savez pas d'où ça vient, Sam. On risque de se perdre. »

Elle haussa les épaules et se précipita vers la cour intérieure. Comment savait-elle que c'était la bonne direction ? Elle n'en savait rien. Elle en était persuadée. C'était comme si elle avait passé sa vie entière dans cette forteresse de pierre. Daniel la suivit avec un juron. Depuis quand jurait-il ?

Quelques secondes plus tard, elle descendit quelques marches et ouvrit la porte qui menait précisément dans cette cour, Daniel sur les talons. Ils se figèrent tous les deux. Un homme vêtu à la mode paysanne et maigre comme un clou se trainait sur le sol face à un soldat, épée levée et prête à frapper.

« Non ! »

L'ordre franchit ses lèvres sans son accord. Elle n'était rien ici, elle n'avait pas le droit de donner des ordres, alors pourquoi ce sentiment de toute puissance ?

« Posez cette épée. »

Surpris par la fermeté du ton, le soldat s'exécuta avant de se tourner vers elle. Les soldats n'étaient pas sensés parler aux personnes de haut rang, encore moins discuter leurs ordres. Elle espéra simplement que leurs vêtements donneraient le change.

Le soldat s'inclina devant Daniel, ignorant Sam comme si elle n'avait été qu'un courant d'air.

« Je regrette, Mon Seigneur, mais cet homme est un voleur, il doit être puni. »

Le regard du paysan passait de Daniel à Sam, les suppliant silencieusement de l'aider. Touchée, Sam fit un pas en avant.

« Qu'a-t-il volé ? »

Le regard de l'homme en armure se posa enfin sur elle. « Du pain et un poulet, Ma Dame. »

« Je m'appelle Najem, Mon Seigneur. Mes enfants meurent de faim, Ma Dame…S'il vous plait, aidez moi… »

Sam sourit gentiment à l'homme, ayant déjà décidé de prendre son parti. Elle s'apprêtait à ordonner purement et simplement au soldat de le laisser partir quand Daniel s'avança, attirant l'attention du garde.

« Ne pouvez-vous pas fermer les yeux, rien que cette fois ? Cet homme voulait juste nourrir ses enfants, ce n'est pas un crime. »

Même si elle ne voyait ni son visage, ni son regard derrière le casque de métal, Sam sut qu'il n'était pas ému par ce qu'il entendait.

« Le vol l'est, Mon Seigneur. Et la loi est la même pour tous. »

Il se retourna vers Najem, recroquevillé à terre, et leva son arme. Sam ne réfléchit pas, ne pensa pas, elle fit la seule chose qu'elle jugeait utile, elle se plaça entre le paysan et la lame. L'épée s'abattit avant que Daniel ou le soldat aient pu réagir.