Toutes mes excuses pour le retard. La fic est totalement écrite et donc je ne risque pas de l'abandonner en route mais la correction prend du temps car c'est une autre personne qui s'en charge.

Merci à tous de suivre cette histoire.


Lorsque je reviens à moi, je suis toujours dans la voiture, face à la vitre du côté passager à travers laquelle défile des prairies verdoyantes. Je tourne la tête en direction du Peter et le découvre concentré sur la route.

Sa mèche pend le long de sa joue droite et elle accompagne son mouvement quand il pose son regard sur moi:

- Bien dormi?

Son enthousiasme me surprend agréablement et je réponds:

- Très bien. Pendant longtemps?

- Deux heures, tout au plus. Tu as été exceptionnelle tout à l'heure, tu sais? dit-il en reportant son attention sur la route.

Je rassemble mes cheveux derrière mon crâne et demande:

- Est-ce que ça fait de moi ton héroïne?

- Totalement, avoue Peter.

- Mais maintenant?

- Je dirais que nous sommes recherchés dans tout l'Ohio et que ça ne risque pas de s'arranger.

- Donc, nous voilà devenus des fugitifs.

- Exactement, approuve Peter.

- Comme Bonnie et Clyde, précisé-je en souriant.

- A la différence que Bonnie et Clyde étaient amoureux.

Et alors? Et nous? Nous ne le sommes pas peut-être? Sa remarque me rembrunit instantanément. Comment voit-il notre relation? S'il pouvait entendre mes pensées à cet instant, il réagirait, mais là …

- Ca me manque de ne plus entendre tes pensées, confie t-il.

- Je dois bien avouer que ça me fait drôle que tu ne me répondes plus.

- Je ne supporte pas ce silence. Je me suis habitué à tes remarques aussi révélatrices que surprenantes.

- Dans le genre? l'incité-je à poursuivre.

- Dans le genre de celle qui tu viens de penser à l'instant, déclare t-il.

- Comment as-tu pu savoir ce que j'ai pensé?

- Je le sais car j'ai pensé pareil. Je suis désolé pour la remarque de Bonnie et Clyde. Tu as raison, nous sommes comme eux.

Son revirement me va droit au cœur et Peter se retourne de nouveau vers moi pour me faire un clin d'œil.

- Où allons-nous comme ça? questionné-je en réalisant que nous roulons bien dans une direction précise.

- Voir la prochaine personne de la liste.Ethan Stiles à Stanleytown.

- C'est loin?

- Quelques heures de route.

Je pose les yeux sur lui et le contemple une fois de plus. Il a vraiment quelque chose. J'entends par là, qu'il dégage un je-ne-sais-quoi qui me rend complètement dingue de lui. A des moments, je ne sais pas ce qui me retient de lui sauter dessus. Sûrement l'infime partie de mon cerveau communément appelée raison et qui est bien plus développée chez Peter.

- A quoi dois-je ce regard appuyé? m'interroge Peter dans un sourire.

Je me concentre immédiatement sur la route face à moi puis révèledans un souffle :

- Je te veux.

Peter met plusieurs secondes avant de répondre:

- Heureux de constater que c'est réciproque. Bien que je n'en doutais pas.

- Ca se voit tant que ça? questionné-je, un peu intriguée.

- Seulement à mes yeux, rassure-toi.

Aux alentours de midi, nous stoppons dans un bar afin d'y manger un plat de gratin de courgettes. Tandis que j'avale une bouchée, je tente de profiter de l'instant présent. Ici, maintenant, avec lui. Je voudrais que toute ma vie se déroule ainsi.

Nous allions quitter le bar lorsqu'une voiture de police, roulant au pas, parcourt la route. Peter, l'apercevant avant moi, m'attire contre lui et me colle contre son corps. Une bouffée de chaleur s'empare de moi alors que je pose mes mains sur son torse. Il plaque ma tête sur la base de son cou et tourne le dos à la voiture de police. Une fois qu'elle est passée, je lui chuchote:

- Je parie que tu as vu ça dans un film.

- Ca te semble si évident?

Je rigole alors qu'il m'écarte avec douceur de lui. Je lève mon visage vers le sien et voit ses lèvres s'approcher de moi. Elles se posent avec tendresse sur ma joue droite. Prise d'une audace soudaine, je tourne mon visage pour les rencontrer.

Mais à ce contact, Peter recule sa tête sur le champ et me dévisage avec un sérieux qui me glace le sang.

- Pas encore, lâche Peter.

Je ne trouve rien à répondre à cela et nous rejoignons la voiture. Je m'installe de mon côté et boucle ma ceinture en avouant à Peter:

- Ca ne pourra pas durer éternellement.

- J'aimerais seulement attendre un peu, confie Peter en bouclant sa ceinture.

- Comment ça? demandé-je sans comprendre.

- Entre nous deux. Je pense que ça serait mieux si ça se faisait en douceur. Si je t'embrasse, si nous nous embrassons, pour moi, ça témoignera d'une chose officielle. Comme si après ça, nous ne pourrions plus revenir en arrière.

- Oh! Mais je ne parlais pas de ça.

- Tu parlais de quoi alors? s'étonne Peter.

- De la police, révélé-je.

- Ah.

Peter démarre le véhicule et enclenche la première. C'est alors que je remarque que ses joues ont légèrement rosit. Evidemment, je saute sur l'occasion:

- Peter.

- Oui?

- Tu rougis.

- Ah.

- Tu as décidé de t'exprimer par monosyllabes? l'embêté-je avec sadisme.

- Vas-y, profite-en bien car bientôt, ce sera mon tour, se défend t-il.

Je tends mon bras gauche vers lui, fait glisser mon index sur sa joue puis ramène mon bras. Peter tourne la tête dans ma direction et dit:

- Tu sais de quoi je suis capable.

Je me mets à rire mais une petite boule se forme dans mon estomac. Le simple fait qu'il me plaque à nouveau contre un mur me donne des frissons. Des frissons d'excitation peut-être? Je réponds en le défiant du regard:

- Surprends-moi.

Peter ne rétorque rien mais se pince les lèvres une demi seconde. Le trajet se passe plus calmement même si je dois avouer que plus le temps s'écoule, plus j'ai envie de l'embrasser. J'aimerais tellement qu'il me dise ce qu'il ressent pour moi. Ok, je sais qu'il me veut mais un peu de détails ne pourrait que me plaire.

Nous arrivons chezEthan Stiles en début d'après-midi et nous garons devant son immeuble. Nous prenons un ascenseur et le temps de la montée, mon regard glisse vers Peter. Je ne tarde pas à attirer son attention et il me dévore des yeux. J'allai m'avancer vers lui lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrent, nous obligeant à sortir.

Peter me laisse passer la première et en m'exécutant, j'entends un léger soupir dans mon dos. Nous suivons le couloir pour aboutir au numéro 46 et je presse la sonnette. Une adolescente d'environ 14 ans vient nous ouvrir et Peter lui demande:

- Nous venons voirEthan Stiles, peut-on nous conduire à lui?

- PAPA! braille la fille en fonçant dans l'appartement.

Nous suivons l'adolescente dans l'appartement, Peter refermant la porte après notre passage. Nous restons dans l'entrée jusqu'à ce qu'un homme d'une quarantaine d'années vienne nous saluer et nous invite dans son salon.

L'adolescente se calle dans un fauteuil face à une émission de télévision tandis que l'homme nous suggère le canapé en proposant quelque chose à boire, chose que nous acceptons.

Peter prend une bière et moi un coca.Ethan nous rejoint rapidement et Peter commence à lui donner des explications sur les personnes exceptionnelles.

- J'ai pris conscience de mon pouvoir cela fait de longues années, révèle Ethan.

- Mais quel est il? interroge Peter.

Je me demande si même s'il a perdu son pouvoir, il est capable d'en absorber de nouveaux. Je suis quasiment sûre qu'il se pose exactement la même question.

- Je contrôle tous les liquides, de la pluie au sang en passant par votre bière.

J'observe l'adolescente et une évidence vient frapper mon esprit:

- Et votre fille?

- Comment pouvez-vous savoir? s'étonneEthan.

- Ma mère contrôle le feu, mon … père sait voler et moi-même, je me régénère. C'est une histoire de famille.

- Et vous? demandeEthan à Peter.

- Je n'ai pas pouvoir, simplifie t-il.

Ethan interpelle alors sa fille:

- Cassandra?

Cassandra lève sa tête vers nous et nous examine, Peter et moi, à tour de rôle. Au bout de plusieurs secondes d'observation, elle s'exclame,dégoûtée:

- Vous êtes répugnants!!

Sur ce, elle quitte la pièce en coup de vent et je me rappelle alors les mots de Mattqui étaient exactement les mêmes.Je ne suis pas idiote, je sais ce que cela signifie. Afin de trouver du réconfort, je tente d'accrocher le regard de Peter mais celui-ci baisse la tête.

- Je présume que votre fille arrive à sentir les sentiments ou à lire dans les pensées, lâche Peter en relevant la tête.

- Cassandra peut en un regard découvrir la nature profonde des sentiments qui unissent les personnes. Dans votre cas …, commence Ethan.

- Il n'y a rien qui vous regarde, coupe Peter avec fermeté, ce qui me surprend de sa part.

Je tente de me faire toute petite dans le canapé mais c'est très difficile. Ethan porte alors son attention sur moi et me demande en pesant chacun de ses mots:

- Est-ce que tout va bien, mademoiselle? Il ne vous fait rien d'incorrect?

Sur le coup, j'ai l'impression que Peter va bondir pour étrangler Ethan mais je m'empresse de répondre:

- Non, non, pas du tout.

Pensant que ça pourrait le calmer, je pose ma main sur le genou de Peter. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ce geste l'apaise aussitôt et il demande:

- Vous auriez une feuille de papier et un stylo? Je vais vous donner l'adresse de quelqu'un qui en sait plus et que vous devriez contacter pour vous mettre en sécurité.

- Pourquoi serions-nous en danger?

Peter et moi tentons de lui expliquer la menace que représente Sylar mais Ethan n'est pas convaincu.

- Très bien, comme vous voudrez, conclut Peter en se levant brusquement, faisant glisser ma main.

- Peter …, débuté-je.

- On s'en va, Claire.

Je le suis à contre cœur sous les yeux plus qu'étonnés d'Ethan et ça ne me plait pas de partir de cette façon. La descente en ascenseur me semble durer des heures, surtout que nous n'échangeons aucun mot. Ce n'est qu'une fois dehors que je lance à Peter:

- Qu'est-ce qui t'a prit? Tu recommences comme avec Bethany. Et là, c'est même pire!

- Tu as vu comme il nous a traité! s'exclame Peter, presque en colère, ce qui me perturbe énormément. «Il ne vous fait rien d'incorrect?»! C'est moi qui ai failli devenir incorrect!

- Mais j'ai trouvé ça respectueux. Il s'inquiétait pour moi!

Peter marmonne quelque chose d'incompréhensible en s'avançant dans l'allée permettant de rejoindre la rue où nous avons garé la voiture.

- Et ce «c'est répugnant», c'est la deuxième fois, Peter. Je savais parfaitement de quoi Matt voulait parler et toi, tu me l'as caché.

Je dois allonger mes foulées pour pouvoir le suivre tellement que son rythme de marche est rapide.

- J'aimerais que notre relation oncle-nièce ressorte le moins souvent possible et si je peux t'en préserver, je le ferais, déclare Peter en sortant la clé de la voiture de son manteau.

- Il faut qu'on arrête de se mettre dans tous nos états pour ça, proposé-je, optimiste. On devrait penser «C'est répugnant? Et alors?».

- Je suis amoureux de ma nièce et alors? C'est vrai que ça sonne parfaitement bien, s'enthousiasme faussement Peter en tournant la clé dans la serrure de la voiture afin de l'ouvrir.

Son geste reste en suspend lorsqu'il réalise ce qu'il vient de dire. Il me regarde alors pour la première fois depuis que nous avons quitté l'appartement et attend une réaction de ma part, qui vient immédiatement:

- Tu es amoureux de moi, Peter?

Son visage reste impassible mais je sais qu'intérieurement, il doit bouillonner. S'il confirme, je le prends direct sur le capot, comme ça. Ca ne va pas de penser des choses comme ça, Claire? Quoique j'aurais bien apprécié qu'il entende cette pensée, ça l'aurait peut-être fait rire.

- Si je réponds à ça Claire, nous allons entrer dans quelque chose d'incontrôlable. Et plus rien ne sera jamais comme avant, avoue t-il en posant une main sur le toit de la voiture.

- Rien n'est déjà plus comme avant, protesté-je, de l'autre côté du véhicule. Nous n'avons plus une relation conventionnelle entre un oncle et une nièce. Et depuis un moment.

- Depuis quandselon toi?

Où est le piège là? Sa question est très énigmatique. J'y réfléchis intensément. Pour moi, notre relation a toujours été spéciale. Mais beaucoup plus depuis qu'il est revenu dans ma vie, après son explosion. Mais Peter ne me laisse pas plus de temps de réflexion:

- La première fois que je t'ai vu Claire, j'ai pensé «Elle est adorable cette petite» et aujourd'hui, je pense …

- Dis-le Peter, le supplié-je.

- «Y'a-t-il un moyen pour que ça marche?». Voilà ce que je pense. A chaque instant. Une vie. Toi et moi. Je ne désire que ça.

Je reste muette. Je suis sur un petit nuage. Oh! Un chérubin passe avec une harpe. Je l'aime. Pas le chérubin évidemment. Quoiqu'il est trognon. Je veux dire, j'aime Peter. Vas-y, dis le Claire! Une fois de plus, Peter me coupe net:

- Je te le dirai un jour. Je te le jure.

Je sais qu'il parle de «Je t'aime» et je suis trop heureuse pour en demander davantage. Peter allait monter dans la voiture lorsque je l'interpelle:

- Peter?

- Oui?

- Tu m'as agréablement surprise.

Peter et moi montons dans la voiture et nous nous éloignons de l'immeuble d'Ethan. En regardant par la fenêtre, ça me rappelle notre départ plus que précipité:

- Tu crois qu'on a bien fait? Je suis quasiment sûre qu'il ne contactera pas Mohinder.

- Il le fera, enfin je l'espère. Il ne peut pas à chaque fois y avoir une attaque de Sylar pour prouver que nous disons la vérité, annonce Peter.

Je souris alors que Peter s'arrête à un feu rouge. Une voiture de police fait de même juste derrière nous. Peter jette un regard dans le rétroviseur intérieur et me conseille:

- Ne bouge pas Claire.

- Je n'en ai pas l'intention, murmuré-je.

Mais le signalement de notre voiture a du être transmise à tous les policiers de l'Ohio car deux hommes sortent de la voiture derrière nous et s'approchent dangereusement. Peter passe la première et démarre en trombe malgré le feu rouge, laissant les cris des policiers au loin.

- On va quand même pas se lancer dans une course-poursuite?! m'exclamé-je alors que Peter accélère pour quitter la ville.

- Je ne préfère pas.

Peter continue de sillonner les rues jusqu'à un virage à droite. Plusieurs voitures de police bloquent notre route et Peter est obligé de piller pour ne pas les percuter.

- Tu étais au courant que Bonnie et Clyde ont été tués lorsqu'ils ont été arrêtés à un barrage?

L'humour de Peter dans une telle situation me désarçonne, enfin, si on peut appeler ça de l'humour. Brusquement, Peter enclenche la marche arrière et effectue un demi-tour à l'arrache pour repartir de plus belle dans une rue voisine. Il s'engouffre dans une rue plus abandonnée que les autres et m'ordonne:

- Sors de la voiture.

Je ne me le fais pas dire deux fois et bondis hors du véhicule. Peter sort également et me rejoint de mon côté. Il saisit ma main et me pousse à courir. Derrière nous, les sirènes de la police nous agressent et la peur s'empare de moi.

Nous allions tourner dans une rue lorsque plusieurs coups de feu retentissent. Le coin nous protège, du moins c'est ce que je crois pendant une seconde. Quand je vois Peter vaciller, je sais que quelque chose ne va pas.

- Peter!

Mais il ne laisse rien paraître et m'entraîne à nouveau dans son sillon. Hasard ou chance inouïe, le fait est que nous tombons sur un motel au coin de la rue. J'allais tirer Peter dans cette direction mais il se colle contre le mur le plus proche pour reprendre son souffle.

- Peter? Qu'est-ce qu'il ne va pas?

- Je suis touché.

Il me montre le haut de son bras gauche où un trou marque la présence d'une balle. Le sang commence à affluer mais à cause de son manteau noir, je ne l'avais pas remarqué.

- Il faut que nous allions dans ce motel! décidé-je.

- Je te suis.

Avec l'air le plus naturel possible, nous rentrons dans le motel et prenons la chambre 6. A l'intérieur, Peter tente d'ôter son manteau. Vu sa difficulté, je m'empresse de l'aider et découvre que le haut de la manche de son pull beige est recouvert de sang.

- Il faudrait de quoi nettoyer et … et enlever la balle! paniqué-je, en ramenant mes cheveux derrière mes oreilles.

- Claire, dit calmement Peter en s'asseyant sur le lit. Ecoute-moi bien. Vas dans une pharmacie, demande du désinfectant, de la gaze, beaucoup de compresses, un rouleau d'adhésif pour pansement et surtout une pincette médicale, c'est une sorte de pince à épiler mais en plus grand. Mais avant de partir, il faut que tu me fasses un garrot.

Je fais totalement confiance à l'aide-soignant et fonce dans la salle de bain pour revenir avec une serviette. Malgré son épaisseur, je tente de lui faire un nœud autour du bras. Je ne suis pas du toute satisfaite cependant Peter me presse:

- Vas-y maintenant. Prends mon portefeuille dans mon manteau et surtout, sois prudente.

Je m'exécute et avant de sortir de la pièce, je lui lance un dernier regard que je veux rassurant. Je sors du motel au pas de course et interroge le premier passant qui me tombe sous la main:

- S'il vous plaît, pourriez-vous m'indiquer la pharmacie la plus proche d'ici?

Les explications étant claires et le lieu pas trop loin, j'y fonce à toute vitesse. Je pénètre dans le bâtiment et me retrouve obligée de faire la queue derrière plusieurs vieux en manque de médocs.

J'hallucine là! Peter est en train de se vider de son sang et l'autre croulant râle contre son dosage homéopathique! Mon tour vient enfin et je récite la liste que Peter m'a confiée. La pharmacienne met 3 ans à trouver ce qu'il me faut et pour enregistrer le prix des articles. Au moment de payer, j'ouvre le portefeuille de Peter et tombe sur une photo de Nathan et lui. Je reste complètement paralysée, les yeux sur cette photo.

- Mademoiselle? me réveille la pharmacienne.

Je secoue la tête et la règle en liquide. Toujours en courant, je rejoins le motel et allai y rentrer au moment où une voiture de police passe devant. Je m'arrête net, ce qui me fait perdre l'équilibre. Je me rétablis de mon mieux et m'enfonce dans une rue parallèle, espérant que j'arriverais à rejoindre le motel par ce chemin.

J'y parviens mais je perds du temps. Je retourne dans la chambre et verrouille derrière moi. Je dépose le sac de la pharmacie sur le lit à côté de Peter, qui a perdu des couleurs, et le questionne:

- Ca va?

- J'ai connu mieux. Bon, Claire, tu vas suivre mes instructions.

Je hoche la tête en retirant mon manteau puis le balance à terre. Je noue mes cheveux à l'aide d'un élastique que je garde en permanence dans ma poche et déclare:

- Je suis prête.

- Déjà, enlève le garrot, décrète Peter.

Je retire la serviette de bain qui est devenue écarlate.

- Tu as perdu beaucoup de sang, constaté-je avec effroi.

- Pas tant que ça, ça ira. Maintenant, aide-moi à enlever mon pull.

Sous le choc, je m'immobilise une seconde. Et puis merde, Claire, ce n'est pas le moment! Avec la crainte de lui faire mal, je tente de retirer son pull et c'est plutôt la galère, malgré son aide.

- La prochaine fois que je me voudrais me déshabiller devant toi, je ferais dans la simplicité.

Un sourire s'installe sur mes lèvres tandis que je jette son pull au sol. Je tente de ne pas m'attarder sur son torse si attrayant et écoute ses instructions:

- Nettoie la plaie avec une compresse et du désinfectant.

Je m'empare du sac de la pharmacie et attrape ce qu'il me faut. Assise à la gauche de Peter, je verse du désinfectant sur une compresse et pose le tout en douceur sur la plaie de Peter. Ce dernier grimace alors que j'enlève une bonne partie du sang.

- Et pour le sang qui coule encore, je fais quoi? paniqué-je.

- Tu vas devoir faire avec. Maintenant, tu prends la pincette et tu vas à la recherche de la balle.

Je le dévisage en stress total.

- Tu vas y arriver, Claire.

Je n'en suis pas si sûre. Je saisis la pincette et l'approche de sa plaie. Je jette un regard à Peter qui m'incite d'un mouvement de tête à y aller. Histoire d'avoir un appui, je pose ma main gauche sur son épaule droite et touche sa plaie avec la pincette.

Je m'y enfonce avec difficulté et les gémissements de Peter ne m'aident pas du tout. Soudain, il pose sa main droite sur la mienne et la serre. Je continue à le charcuter, même si je suis prise de frisson. Le sang continue à couler le long de son bras et le lit ne tarde pas à être tâché.

Peter me force à descendre ma main droite de son épaule à son pectoral gauche. Je sens le battement de son cœur sous sa main et les larmes me montent aux yeux. Allez Claire, ressaisis toi bordel! Il ne va pas mourir! C'est juste une blessure au bras.

La pincette rencontre alors quelque chose de dur. Soit c'est son os, soit …:

- Je sens la balle! m'exclamé-je.

- Parfait. Il faut que tu l'attrapes entre les deux pinces et la retires.

Sa main au dessus de la mienne se resserre davantage et les battements de son cœur m'empêchent de me concentrer. Au bout d'un bon moment, je suis persuadée d'avoir la balle entre les deux pinces et la ressors avec lenteur de la plaie.

Je vois du coin de l'œil que Peter fait son maximum pour ne pas crier, ou gémir. En tout cas, il tente de paraître fort et lorsque je retire la pincette avec la balle, il pousse un profond soupir.

- Bravo Claire.

Encore toute chamboulée, je suis la première surprise. Je pose la pincette avec la balle sur le lit. Peter continue de me guider:

- Désinfecte encore une fois et tu n'as plus qu'à me faire un joli bandage avec la compresse contre la plaie, le tout entouré de gaze et fermé avec l'adhésif.

Je lui obéis au doigt et à l'œil mais avant, je retire ma main de son torse, à mon grand regret. Je pose une compresse sur sa plaie qui saigne toujours et enroule la gaze autour de son bras. Pour la maintenir fermée, je tiens le tout d'un doigt et arrache un morceau d'adhésif au rouleau avec mes dents. J'en mets plusieurs, juste au cas où. Peter ne trouve rien à redire et conclut cette séance de boucherie par:

- Ca m'a donné envie de jouer au docteur avec toi plus souvent.

Je ris de bon cœur, heureuse que tout ce soit bien terminé finalement. Je réalise alors que mes mains sont couvertes de sang. Son sang. Mon sang. Je les regarde un moment jusqu'à ce que Peter me sorte de ma torpeur:

- Claire? Qu'est-ce qu'il y a?

- Rien, feinté-je. Je peux faire quelque chose d'autre?

- Va prendre une bonne douche, me conseille Peter.

Je me lève pour me rendre à la salle de bain mais Peter m'interpelle avant que je n'y rentre:

- Tu es très jolie en infirmière.

Je lui réponds d'un sourire et vais me doucher.