PopGame - oui, si j'ai toujours autant d'inspiration ;)

SweetyK - Faut croire que Viktor est quelqu'un qui n'a aucun respect pour les femmes... Avec tout ce qu'elle a vécu (dans ma fic) je peux comprendre qu'elle soit aussi dure et froide dans le futur

Joyeuse Pâques ;)


Chapitre 8 :

Ils galopèrent à travers les bois jusqu'à ce qu'ils fassent trop sombre pour discerner le chemin. Ils constatèrent avec soulagement que personne ne s'étaient lancé à leur poursuite et ils décidèrent de s'arrêter pour se reposer près d'un lac où miroitait le clair de lune. Andreï descendit le premier et aida Katerina à faire de même. Pendant qu'elle installait au sol les différentes couvertures, Andreï attacha le cheval à une branche. Ce dernier hennit de satisfaction et se mit à brouter. Un petit vent frais balayait les roseaux dans une sorte de danse hypnotique. Katerina s'installa dans les couvertures en claquant des dents elle se souvint qu'elle n'avait même pas prit de vêtements de rechange et soupira. Elle vit l'ombre d'Andreï s'approcher avec un petit pain dans les mains.

- On n'a pas choisit le meilleur moment pour partir, il va faire très froid cette nuit, murmura t-il en rejoignant la jeune femme sous les couvertures.

- Ce n'est pas comme si on avait eut le choix, répondit-elle en baissant les yeux.

Elle se sentait coupable de leur départ précipité et avec très peu de moyen. Elle saisit le morceau de pain que lui tendit Andreï sans rechigner et l'avala en quelques bouchées, affamée. Elle fut rassurée de voir que ses nausée qui lui avait gâché sa journée ne se manifestaient plus. Elle se logea dans les bras d'Andreï pour avoir plus chaud et caressa son torse musclé. Levant les yeux, elle le vit qu'il avait l'air absorbé par ses pensées, ses yeux brillant d'un gris terne sous la lumière froide lunaire. Elle n'osa pas le déranger et fini par s'assoupir, épuisée. Le lendemain matin, Katerina s'éveilla à l'aube, et vit avec horreur qu'Andreï n'était plus là. Prise de panique, elle se leva en criant son prénom. Il sortit d'un fourré, un lapin dans la main droite.

- Une aubaine, dit-il en agitant fièrement sa proie, il ne m'a pas vu lorsque j'étais caché et j'ai pus immédiatement l'attraper. Ce doit être le lapin le plus naïf de la forêt.

Elle rit et prit le lapin pour le vider et le nettoyer. Pensive, elle pensa à sa mère qui devait être en larme du fait de ce départ impromptu tout comme sa petite Irina. Elle se remit alors à sangloter et Andreï la prit dans ses bras pour la consoler. Il la connaissait si bien qu'elle n'avait pas besoin de s'exprimer pour qu'il comprenne ce qui n'allait pas. Sans un mot, il se contenta de la bercer jusqu'à ce qu'elle se calme. Elle reprit son activité en silence et posa le lapin sur une broche confectionné par les soins d'Andreï et le fit cuir. Ils mangèrent en silence et conservèrent les restes pour les manger plus tard.

Le soleil était haut dans le ciel lorsqu'ils repartirent. Ils galopèrent toute la journée et s'arrêtèrent le long d'une rivière en fin d'après midi, alors que le soleil cognait fortement. En nage, ils décidèrent de s'arrêter là pour la nuit. Suffoquant dans ses vêtements, Katerina les retira et parti se baigner. L'eau était agréable et elle se laissa porter par le faible courant, les yeux clos. Elle sentit alors quelque chose l'attraper par la taille et elle se débattit avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'Andreï qui lui lançait des regards malicieux. La jeune femme lui envoya de l'eau au visage et s'éloigna en riant, mais il la rattrapa bien vite et la fit basculer la tête la première dans la source. Elle nagea en apnée un peu plus loin et réapparue, ses cheveux flottant tout autour d'elle. Elle lui fit signe de l'index de la rejoindre et nagea à nouveau en plissant les yeux à cause de la réverbation de l'eau. Elle se retourna et vit qu'il n'était plus derrière elle. Katerina se tourna et l'aperçu sur la berge, elle lui lança un sourire espiègle et s'éloigna à nouveau. Elle entendit ses pas mouillés non loin d'elle et sentit quelques secondes après ses mains se balader le long de son corps. Elle se retourna et se serra contre lui en l'embrassant fiévreusement. Andreï lui rendit son baiser avec autant d'ardeur et laissa sa bouche migrer sur l'arrête de son menton puis dans son cou. Ses mains se perdirent dans ses cheveux emmêlés. Elle ferma à nouveaux les yeux, oubliant qu'ils étaient en fuite et heureuse.

- Je t'aime tellement Andreï.

Ils sortirent de l'eau un peu plus tard, complètement trempés et se séchèrent. Andreï prépara un feu pour faire réchauffer le lapin, pendant que Katerina épluchaient deux carottes et les coupaient en morceaux pour les faire cuir. Ils engloutirent le copieux repas en quelques minutes. Le jeune homme laissa à Katerina le soin de nettoyer les quelques os qui restaient pendant qu'il démêlait les longues anglaises dans son dos. Il déposait de tendres baisers dans son cou de temps en temps et elle gloussait en rougissant.

- J'aime ton rire, on dirait le chant d'un oiseau au lever du jour.

Elle s'empourpra un peu plus et déposa tendrement un baiser sur sa joue. Il prit lors ses mains et les lui déposa sur ses yeux. Andreï chuchota à son oreille :

- Ferme les yeux et garde tes mains dessus, d'accord ?

Elle esquissa un sourire et entendit un léger titillement. Elle sentit un métal froid se poser sous sa gorge et les mains d'Andreï mettre ses cheveux sur son épaule pour pouvoir fermer l'objet. Toujours immobile, elle l'entendit se déplacer et sentit les effluves de son odeur de sapin juste devant elle.

- Tu peux les ouvrir.

Elle s'exécuta et ne put retenir un petit cri de surprise. Katerina saisit d'une main tremblante le camé qui ornait son cou pour mieux l'admirer : le visage blanc ressortait sous la couleur bleu soutenu de la pierre sur laquelle il était posé.

- C'est du Lapi Lazuli, je pensais qu'il mettrait ton visage en valeur et j'avais raison.

C'était la première fois qu'on lui offrait un bijou. Elle lui sauta au cou et l'étreignit plus fortement que jamais, comme si elle avait peur qu'il ne soit qu'un rêve.

- Merci, fit-elle émue.

Soudain, la jeune femme le repoussa et se releva à toute vitesse pour courir vers un buisson. Elle vomit tout ce qu'elle venait d'avaler. Elle était sur le point de revenir lorsqu'un deuxième haut le cœur la reprit encore plus violemment et elle tomba à quatre pattes. Andreï s'approcha d'elle et attendit que sa nausée passe.

- J'espère que ca ne va pas durer pendant 9 mois, dit-elle d'une voix faible en s'essuyant la bouche.

- Normalement non, d'après ce que m'a dit ma mère. Tu veux manger un pain ?

- Je ne préfère pas prendre le risque. Je vais plutôt préparer les couverture, répondit-elle en se relevant.

Attrapant les couvertures, elle vit la besace de nourriture et l'ouvrit par curiosité. Elle remarqua alors qu'il ne restait plus qu'un petit pain et quelques légumes. Elle lança un regard rempli de reproche à Andreï qui haussa des épaules.

- Ca aurait changé quoi que tu le saches ?

- On aurait pus économiser un peu de nourriture !

- Tu plaisantes j'espère ? On est parti en urgence je n'ai pas pus prendre tout ce que j'avais préparé ! Et que veux-tu économiser ? Tu as encore plus besoin de ces mets que moi ! Vociféra Andreï en se rapprochant de la jeune femme.

- Là n'est pas la question Andreï, il faut qu'on pense à comment nous allons nous nourrir d'ici quelques jours, cria t-elle en appuyant un doigt rageur sur son torse.

- On se débrouillera, j'ai attrapé un lapin hier.

- On ne peut pas laisser le hasard nous nourrir ! Que va-t-on devoir faire ? Voler ? Je n'ai pas été élevé de la sorte !

- Arrête de me faire des reproches, s'énerva t-il, c'est de ta faute si on a du partir aussi vite !

- De ma faute ? Je suis désolée si Viktor nous a publiquement condamnés en criant en pleine taverne que je n'étais qu'une trainée ! J'ai couru aussi vite que j'ai pus pour te prévenir, pour qu'on ait le temps de s'enfuir avant que mon père ou Viktor ne te tue. Et je te rappelle que c'est toi qui a eut cette idée de fuite…

- Parce qu'on n'avait pas le choix ! C'était ta seule chance d'éviter ce mariage forcé et tous les calvaires que te faisait vivre ton père! Il t'aurait littéralement tué en apprenant ta grossesse ! Regarde les marques que tu as dans le dos !

Bouillant de colère devant la mauvaise foi d'Andreï, elle préféra s'envelopper dans une couverture et se recroquevilla. Ses maux de ventre étaient de retour, plus violent que jamais, et elle commençait à avoir des vertiges. Elle entendit Andreï s'asseoir à côté d'elle. Il esquissa un mouvement vers elle mais elle le repoussa. Elle n'arrivait pas à croire qu'il rejetait la faute de leur fuite sur sa grossesse après tout elle n'avait pas fait cet enfant toute seule ? Elle essaya de s'endormir mais n'y parvint pas à cause de ses crampes et de la dispute qui la tourmentait. Elle se leva et s'installa au bord de l'eau pour observer le reflet de la lune et écouter les bruits nocturnes qui l'apaisa au bout de quelques minutes. Elle ne se rendit même pas compte qu'elle glissait doucement vers le sommeil alors que l'astre terminait lentement sa course à l'horizon pour disparaitre et laisser place à une nouvelle journée.