Auteur : kyu - Mataishi
Titre : Every cloud has a silver lining
Base : the GazettE
Pairing : Uruha x Ruki …
Genre : Yaoi
Thèmes exploités : Lycée, amour, homosexualité, amitié, …
Disclaimer : Les protagonistes ne m'appartiennent pas, mais l'histoire en elle-même m'appartient de droit.
Déclaration de l'auteur : Ca sent la fin de cette fiction, non ? Normalement, il ne doit rester que deux chapitres et la fiction sera bouclée. Par contre, je ne peux cacher la lassitude qui m'envahit lorsque j'écris cette histoire. Je pense sincèrement que je m'éloigne de plus en plus des fictions sur ce groupe, même si j'aime toujours autant en lire. De ce fait, après que ce récit soit terminé, je compte prendre une pause indéterminée pour essayer de me consacrer à autre chose, à une autre source d'inspiration. Sur ce, merci et bonne lecture !


Every cloud has a silver lining

«He broke the mask of his feeling »

Que demander de plus qu'un samedi après-midi dans les bras de son chéri ? Absolument rien. C'était si bon d'être couché dans un lit, seul avec sa moitié, à fumer pour l'un et à écouter les battements de cœur pour l'autre.

Une des deux fenêtres était légèrement entrouverte pour ordonner à la fumée de nicotine de s'évader et de se mélanger avec le vent. Comme le propriétaire se mélangeait avec la personne qui était allongée sur lui, les jambes entrelacées, la tête déposée sur son torse couvert d'une simple chemisette grise qui laissait ses bras à l'air tandis que lui, il se contentait de caresser la chevelure de cette personne grâce à sa main gauche alors que la droite s'affairait à faire des vas et viens entre ses lèvres et la vitrine. Le second était fasciné par l'odeur que dégageait son double ainsi que par le bruit que pouvait offrir un seul organe vital, battant pour lui. Les yeux clos, un petit sourire de bien-être au coin des lèvres, il remue doucement sur le corps en dessous de lui et il se penche vers le visage subitement curieux de celui-ci pour approcher lentement ses lèvres des siennes. Pressant sa bouche contre celle d'Aoi, Uruha s'abandonne dans un tendre baiser alors que la cigarette continue de tatouer ses vêtements et l'haleine de son brun. Coupant doucement court à cet échange, ses yeux s'évadent dans ceux de son homologue et celui-ci lui envoie un sourire attendri. Directement après, le châtain enfuit son visage embarrassé dans le cou du brun alors que ce dernier en profite pour écraser son mégot de cigarette dans son cendrier en pierre cuite pour ensuite, faire pivoter son corps pour qu'il puisse surplomber celui de son petit ami. D'une lueur coquine dans le fond des yeux, Aoi laisse sa main voyager le long des cuisses du châtain, prenant un malin plaisir à le voir se mordre la lèvre inférieure pour ne pas trembler sous l'effet de ses caresses qui se dirigent de plus en plus vers son bas-ventre. Chaleur. Uruha a chaud, il n'arrive pas à contrôler ses tremblements et le fait qu'Aoi dépose sa main sur son membre n'arrange rien à la situation. Pire, il entend son rythme cardiaque s'accélérer et sa respirable devient de plus en plus rapide alors que le brun goûte sensiblement à son cou en déposant des petits baisers papillons. Ne supportant plus d'être une marionnette, le châtain approche ses mains des épaules nues du brun et entreprend de faire retirer son seul et unique dessus en touchant au fur et à mesure qu'elle apparaissait, la peau chaude du brun ainsi que son piercing au nombril. Une fois le vêtement sur le sol, tout change, tout devient si facile. Un tee-shirt noir, deux pantalons en jeans, il ne reste plus que deux boxers. Malheureusement, ceux-ci sont bien vite perdus dans l'amas de textile parterre et des soupires résonnent dans la pièce, bientôt suivi par le grincement des ressors du matelas. Le bruit d'un baiser volé, d'une respiration saccadée et incontrôlée. Un gémissement, un grognement dû à une intrusion volontaire. Une morsure sur l'épaule d'un brun qui tente de rassurer son amant par des mots doux de plus en plus mielleux. Un contact, un échange visuel et une descente aux enfers par des mouvements de bassins de plus en plus frénétiques. Des mains qui s'agrippent violemment à des épaules et un visage qui se cache dans le cou d'un châtain. Une voix rauque, une dernière plainte, une jouissance. Non, il n'y a rien de mieux que d'être avec la personne qu'on aime le plus.

A l'étage supérieur, un petit blond est accroupi dans son lit, un ordinateur portable installé sur ses genoux, une sucette au coca-cola dans la bouche tandis que son colocataire et meilleur ami, est assis sur la chaise du bureau, le toisant étrangement du regard. A vrai dire, il ne savait plus depuis combien de temps il avait délaissé ses mathématiques pour entreprendre une nouvelle découverte du visage si expressif du blond. Il ne savait plus non plus depuis combien de temps il ressentait ce genre de sentiments, de sensations quand il voyait ce même blond en train de sourire, de froncer des sourires, de lui jeter des petits regards malicieux. Non, il ne savait plus rien, mais était-ce vraiment important ?

- Est-ce que je t'ai déjà dis que tu ne savais rien me cacher ? Demande soudainement le petit blond d'une voix neutre tout en tapotant sur les touches de son objet électronique pour combler le silence persistant dans la chambre.

- Non, mais je devine bien que mes yeux parlent beaucoup.

- Tu n'imagines pas à quel point… Ils sont horriblement trop bavards ! Alors… Commence le nain en poussant sa sucette avec sa langue du côté droite de sa bouche après avoir éteint son ordinateur pour faire face à son meilleur ami. Vas-y, explique-moi ce que tu as sur le cœur. Je t'écoute.

- Je t'aime.

Simple, direct et sincère. Ruki adore quand son meilleur ami lui parle comme cela, mais à présent, il ne sait pas quoi rétorquer. D'habitude, il avait toujours quelque chose à dire, mais il avait l'impression d'avoir perdu la parole quand Reita venait de lui avouer ses sentiments et que son regard perçant le fixait d'une intensité immesurable. Embarrassé et confus par cette déclaration, le plus petit retire la sucrerie de sa bouche et abandonne son regard dans le vide.

- Je n'attends aucune réponse de toi, car ta présence me suffit amplement, mais je voulais seulement que tu le saches. Tu me plais et je pense que… Non, je suis certain, que mes sentiments sont sincères envers toi. Je t'aime, Ruki. Déclare le décoloré à l'adresse d'un petit blond qui avait relevé aussitôt sa tête lors de la déclaration de son meilleur ami.

- Alors… On arrête tout « ça » ? Demande Ruki alors qu'il venait d'avaler douloureusement sa salive lorsque le regard perçant du décoloré se déposait une seconde fois sur son visage faussement angélique avant d'hocher positivement de la tête.

Un silence de mort engloutit la pièce alors que chacun essaye de se concentrer sur une activité différente pour les empêcher de faire marche arrière, de revenir sur leur parole, leur décision. Est-ce réellement la meilleure solution pour éviter qu'ils s'enchaînent trop sincèrement dans l'amour ? Alors que Reita refait face à sa feuille remplie de formules mathématiques, le plus petit se lève lentement du matelas et hésite un instant avant de s'approcher du dos recroquevillé de son meilleur ami, où il dépose sa main tremblante d'anxiété. Subitement, Reita arrête de réciter la théorie pour profiter de la chaleur dégagée par le geste de Ruki, mais décide de ne pas lui faire face, par peur de regrette sa décision. Ne le voyant toujours pas le regarder droit dans les yeux, Ruki soupire de tristesse et se penche délicatement vers l'oreille du décoloré, laissant son souffle chaud cogner, le temps de quelques secondes, contre la nuque de celui-ci, se rendant compte que Reita ne peut retenir un frémissement.

- Je suis désolé, mais… laisse-moi du temps. Rien qu'un peu de temps pour réfléchir à mes sentiments et aux tiens. Je ne veux pas prendre une décision qui pourrait nous faire souffrir parce que… tu restes… la personne la plus importante pour moi. Souffle-t-il dans un murmure incontrôlé presque nerveux qui résonne dans la tête du décoloré.

Se détachant du corps de Reita, le petit blond se dirige vers la sortie, tire sur la poignée et s'enfuit, perdu dans ses pensées tandis que le décoloré a posé ses mains sur son visage, le crayon, autrefois entre ses doigts, roulant sur le bureau.

- Je ne fais que ça : Attendre. Soupire-t-il à lui-même alors qu'il se dégage de la noirceur de ses mains pour s'attaquer une nouvelle fois plus sérieusement à son cours de mathématiques.

Dimanche, dernier jour de repos pour les étudiants. Alors que certains se précipitent dehors pour profiter pleinement du centre-ville et de cette ambiance qu'il ne pourront plus ressentir une fois que la semaine recommencera, d'autres se voient obliger de rester dans les dortoirs pour travailler sur les leçons qu'ils n'ont pas pris la peine d'étudier ou parce qu'ils sont forcés de rester à écouter un nain blond en train d'expliquer diverses théories très intéressantes sur l'art contemporain.

Uruha, qui d'habitude aimait par-dessus tout écouter les gens lui parler d'art, était pour la première fois de sa vie, en train de se demander ce qu'il faisait là, à côté d'un nain excité comme une puce faisant face à une pile gigantesque d'ouvrages concernant : « Le nu ». Certes, il n'était pas en avance concernant le travail qu'ils devaient rendre pour la fin de la semaine prochaine, mais le châtain avait tout autre chose dans sa tête, quelque chose de facilement plus coquin. Ne pouvant s'en empêcher, il laissait ses pensées vagabonder vers le jeune homme qui occupait sa vie depuis quelques semaines et qui, en plus, venait de lui arracher sa virginité. Alors, c'était avec une attention médiocre qui s'amusait à tourner les pays du bouquin à la recherche d'informations satisfaisantes aux yeux de son ancien fantasme tandis que celui-ci était véritablement concentré sur le texte qui défilait devant ses yeux tout en cliquant plusieurs fois sur la souris qu'il tenait en main.

Soudainement, un bâillement faiblement camouflé atteint ses oreilles et d'un coup d'œil, il tombe sur le regard gêné d'Uruha qui n'avait pas réussi à contrôler cet automatisme.

- Nuit agitée ? Demande-t-il curieusement au châtain alors que celui-ci détourne vivement le regard, ne faisant qu'accentuer la curiosité du petit blond qui venait de délaisser ses recherches pour se concentrer sur le visage cramoisi de son camarade.

- Euh… On peut dire ça comme ça, oui… Répond Uruha d'une voix légèrement tremblante, voulant éviter de parler de cet événement si spécial dans sa vie, mais surtout avec lui, Ruki, le mec qui le faisait complètement vibrer il y a encore quelques mois.

- Uruha avec un mec… ? Je vois qu'on a plus de points en commun qu'il n'y parait, alors. Réagit Ruki d'une voix joyeuse, content d'avoir trouvé une personne qui partageait la même opinion concernant le corps d'un homme. Et c'est quelqu'un du bahut ? Questionne-t-il alors qu'il connaissait déjà la réponse à sa question.

- Je… Je ne veux pas trop en parler, c'est gênant…

- Je mise tout sur Aoi.

- …

- Bingo ! S'exclame le petit blond tandis que le châtain essaye de se cacher sous la table, mais sans grand succès puisque Ruki le rejoint aussi vite.

Se remettant de ses émotions, Ruki lui tend la main et Uruha remonte de sous sa cachette pour s'asseoir normalement sur sa chaise. S'assurant que le petit blond ne le charrie pas de trop sur le sujet, il est rassuré quand il le voit se concentrer une nouvelle fois sur les explications offertes par Internet. Mais quelque chose cloche. Personne ne le sait, mais Ruki ne se sent pas bien. Il aimerait tant se confier, avoir des conseils, mais sa fierté le dévore de l'intérieur. D'habitude, il se contentait de tout raconter à son meilleur ami, mais il se mit à penser que ça ne serait pas une bonne idée de se plaindre de Reita au concerné lui-même. Non, il voulait à tout prix éviter au décoloré de s'inquiéter. Au final, Ruki se devait de tourner les réponses nécessaires par lui-même et de ce fait, évite à son meilleur ami de souffrir encore plus qu'il ne l'était déjà. Il le voyait tous les jours, mais il n'avait jamais rien vu, jamais rien cru. Et pourtant, tout le monde les comparait à des frères siamois. Des frères siamois qui couchaient ensemble. D'un coup, ça sonne moins bien.

- Ruki ? Tu vas bien ?

Cette question le sort de ses pensées et il est surpris de découvrir le châtain à ses côtés, une moue inquiète collée au visage. Ruki tente un sourire pour le rassurer et continuer ses recherches, mais bizarrement, il n'y arrive pas. Alors, il se contente de regarder longuement Uruha sans sourciller, attisant encore plus d'inquiétude de la part de celui-ci. D'ailleurs, le châtain ne peut s'empêcher de déposer rapidement sa main sur le front tiède du petit blond, ce qui le surprend, mais il pousse un long soupire et déclare que celui-ci n'a pas de fièvre. Toujours dans ses pensées, Ruki baisse les yeux et réfléchit avant de se jeter à l'eau.

- Reita m'aime.

Déclaration qui semble si normale dans la tête d'Uruha, mais tellement compliquée dans celle du destinataire.

- Mais… Reita sort avec toi alors, c'est normal qu'il t'aime, non ?

- Non.

Ouïlle. Là, en effet, ça devient complexe dans la tête du châtain qui met un long moment avant de lâcher le visage froid de Ruki. Jetant un coup d'œil rapide à l'ordinateur, Ruki pousse un soupire et l'éteint, se disant qu'il était préférable de remettre leur travail au lendemain puis, il se met à frotter délicatement son visage, signe de fatigue, et laisse ses doigts caresser la couverture ancienne d'un livre abandonné.

- Reita et moi… On n'a jamais été réellement ensemble, en fait.

- Mais… Mais je vous ai vu en train de… de…

- De s'envoyer en l'air, c'est vrai. Et c'est justement là que ça se corse. Déclare le petit blond sous le regard perdu du châtain qui décide d'adopter une position plus confortable sur la chaise. En fait, j'ai toujours entretenu une relation ambiguë avec Reita, mais ça n'avait jamais été plus loin que des câlins et quelques chastes baisers. Un jour, j'ai dérapé et… je me suis carrément jeté sur lui !

Uruha n'avait même pas besoin de s'imaginer la scène. Il avait bien vu qui tenait le pantalon de qui dans la relation qu'entretenait Ruki et Reita, et il était clair qu'avec le tempérament du petit blond, Reita n'avait pas grand chose à dire.

- Et puis, on a recommencé plusieurs fois, à un point tel qu'on n'arrivait plus à se voir sans se toucher, s'embrasser, s'échanger des regards lourds de sous-entendus… Bref, c'est devenu presque fusionnel comme relation. Le problème, c'est que je n'avais pas prévu qu'il tombe amoureux de moi puisque nous étions toujours meilleurs amis et que pour moi, il n'y avait pas d'amour.

- Ah… En effet, c'est délicat. Mais en parlant d'amour, pourquoi tu sors avec Kaori ?

- Sortais. Je l'ai quittée hier et je suis sorti avec elle parce que j'avais peur…

- Peur de quoi, Ruki ?

Un silence. Un de plus. C'était la première fois qu'ils se parlaient sans tabou, sans pose, sans question sans réponse. Ils semblaient « amis » ? Et pourtant, Ruki n'arrivait plus à terminer sa phrase. Oui, il avait et a toujours peur. Il est terrorisé qu'on touche à son meilleur ami, qu'on lui mène la vie dure, car sous sa carapace de mec froid et solitaire, c'est quelqu'un de très sensible et de facilement manipulable.

- Le jour de la rentrée des classes, Kaori m'a vu en train d'embrasser Reita et… elle m'a demandée pour sortir avec elle quelques heures plus tard, comme s'il ne s'était rien passé. Du coup, j'ai bien compris qu'elle n'attendait qu'une chose : Que je lui dise non pour détruire ma réputation.

- Et Reita est au courant de cette histoire ?

- Non ! Je… Je n'ai pas voulu l'inquiéter, le blesser ou même lui faire peur. Ce sont mes affaires, pas les siennes.

- Mais tu te rends compte que tu t'empêches d'aimer Reita à cause d'une pauvre fille qui te manipule, toi, pas Reita ? Tu ne peux pas continuer de te cacher, Ruki. Lève la tête et assume tes sentiments !

C'était aussi la première fois que Ruki voyait le châtain s'énerver. Pourquoi est-ce que ça le tenait tant à cœur que le blond avoue toute la vérité à son meilleur ami ? Pourquoi le foudroyait-il du regard pour l'inciter à quitter la bibliothèque et à courir dans sa chambre pour y trouver Reita ?

- Ne gâche pas ce qui te rend heureux et protège-le. C'est ça l'amour, non ? Demande soudainement Uruha après un long silence qui les avait plongé dans un moment de répit, de confusion aussi.

- Mais je ne… je ne suis pas amoureux ! S'exclame violemment Ruki alors qu'il s'est levé pour faire les cents pas dans la bibliothèque sous le regard étonné, mais peu convaincu d'Uruha. Même un aveugle pouvait voir que le petit blond aimait son meilleur ami.

- C'est quoi le problème ? T'as pas les couilles d'assumer que t'aimes un mec, Ruki ? Franchement, ne viens pas te plaindre le jour où tu verras Reita se caser avec un gars qui, lui, aura accepté de vivre sa relation au grand jour, qui se souciera de son bonheur et pas du regard des autres ! Crie Uruha alors que Ruki le toise méchamment au fil de ses paroles criardes de vérité, de choses qui pourraient très bien se réaliser.

- Mais… Mais qu'est-ce que t'en connais toi, hein ?

- Parce que je suis comme toi !

La voix rauque d'Uruha résonnait dans toute la pièce alors que Ruki essaye de reprendre une respiration normale. « Comme lui ? » Ruki ne comprenait plus rien à la situation. Que voulait dire Uruha ?

- Moi-même, j'ai peur de ce que les gens pourraient dire sur mon couple alors, je le tue à petit feu. Aoi ne me le dit pas, mais je sais qu'il est malheureux de devoir se cacher, d'attendre que le couvre-feu soit annoncé pour pouvoir me rejoindre. Alors oui, je sais ce que tu ressens et c'est pour ça que je te dis que ce n'est pas la meilleure solution. Putain Ruki, t'as un mec qui t'aime ! Qu'est-ce que tu fous encore là ? S'exclame Uruha en se pointant devant le petit blond qui, lui, était perdu dans ses pensées et entre le fait de rejoindre son meilleur ami ou de nier comme il le faisait si bien depuis autant de temps.

Un dernier regard vers le châtain et Ruki comprend qu'il n'a plus le droit à l'erreur alors, il se met à courir le plus vite possible, bouscule quelques élèves qui se rendaient à la cafétéria pour le goûter, tourne à droit et enjambe à toute allure les escaliers du troisième étage pour atteindre le couloir qu'il redoute tant depuis plusieurs jours. Arrivé en haut, il s'arrête pour reprendre son souffle et dépose sa main sur son front, histoire de préparer mentalement une déclaration pour son meilleur ami, mais rien ne vient. Affolé, il jette un dernier regard devant lui, voulant faire demi-tour, mais subitement, le visage énerver d'Uruha refait surface. Alors, d'un soupire et les poings fermés, Ruki marche lentement, caressant de ses converses grises le tapis bleu marine du couloir. Prostré devant sa porte, il tente vainement de toussoter et de remettre quelques mèches de sa chevelure en place et après avoir pris la poignée dans sa main, il la tourne vivement avant de tomber sur le corps dénudé de son meilleur ami. Reita, lui, continue de frotter machinalement ses cheveux mouillés avec son essuie, le jeans déboutonné, laissant son boxer noir à la vue de tous et son torse dépourvu de tee-shirt pour ne pas le mouillé en séchant sa chevelure. Doucement, il relève les yeux et tombe sur un petit blond complètement obnubilé par son sex-appeal.

- Ruki ? Qu'est-ce que tu fous là ? Tu ne devais pas travailler avec Uruha à la bibliothèque ? Lui demande-t-il tout en jetant l'essuie sur son lit avant de passer un coup de main dans ses cheveux, voulant les coiffer en arrière.

- Euh… Si, mais je… fin, tu vois… Non, mais tu m'expliques pourquoi tu te promènes comme ça ? S'exclame Ruki en pointant le pantalon ouvert de son meilleur ami, retardant et oubliant presque le pourquoi de sa venue sous le regard interloqué de Reita.

- Bah… Je ne m'attendais pas à te voir aussi tôt et dans la logique des choses, on ne se douche pas tout habillé. Répond-t-il naturellement avant de se diriger vers son armoire à la recherche d'un tee-shirt qui ne fera plus bégayer son petit blond. Quoi que… Ce n'était pas déplaisant.

Alors que Reita laisse son visage vagabonder à l'intérieur de son armoire et qu'il ponctue sa recherche ave des « Mais où est-ce qu'il est là ? », Ruki essaye vainement de faire ralentir la cadence de ses battements de cœur, tout en cherchant les mots justes pour répondre à la déclaration de son meilleur ami, mais il avait l'impression que tous les mots du monde n'étaient pas suffisants pour déclarer ce qu'il ressentait au plus profond de son être. Et puis, le romantisme et lui, c'était comme l'autorité et les voyous, ça ne s'aimait pas. De son côté, Reita remarque bien que quelque chose cloche dans l'attitude de son meilleur ami, mais depuis la veille, il évitait de s'approcher de lui, au risque de vouloir le toucher, l'embrasser, ce qui était devenu interdit entre eux. Dés lors, il ne s'attendit pas à sentir un corps chaud se coller contre le sien accompagné d'une respiration rapide qui lui chauffa le cou. Un baiser chaste puis, un second sur sa nuque. Bizarrement, il se sent bien alors, il laisse les mains du plus petit caresser ses épaules pour descendre jusqu'à ses mains qu'il avait posées sur une planche de son armoire.

- Je te conseille de mettre ton débardeur noir avec ton sweat à capuche bleu marine… Tu te souviens ? Celui que tu as porté le jour où on s'est embrassé pour la première fois… Souffle la voix rauque et chaude de Ruki au creux de l'oreille de Reita qui ne peut retenir un frisson de parcourir son corps alors que les mains de Ruki guident les siennes vers les dits vêtements tout en collant de plus en plus son corps contre le sien.

- A quoi tu… joues ? Réussit à articuler le décoloré alors que la bouche pulpeuse de Ruki se fait de plus en plus dangereuse en appliquant divers baisers sur les épaules dénudés de son meilleur ami.

- Je joue au jeu de l'amour.

Simple réponse, mais qui suffit à Reita pour qu'il se retrouve et qu'il prenne le visage angélique du blond dans ses miens tout en l'approchant pour déposer ses lèvres contre les siennes. Une série de baisers débutent entre les deux garçons. Tantôt plus timides, tantôt plus fougueux alors que leurs mains s'aventurent sur leurs corps. D'ailleurs, celui de Ruki n'attend pas plus longtemps pour tomber mollement sur le lit du décoloré, celui-ci au-dessus de lui ne s'arrêtant pas de le dévorer comme si c'était leur première fois. A bout de souffle, leurs lèvres se détachent l'une de l'autre, mais la main de Ruki reste sur la nuque du décoloré et celle de Reita maintient son emplacement sous la chemise de Ruki, contre sa hanche. Se regardant tous les deux dans les yeux, c'est avec un sourire sincère que le petit blond approche ses lèvres des oreilles de son meilleur ami pour lui confesser ses sentiments.

- Moi aussi je t'aime. Déclare-t-il sous les yeux pétillants de Reita qui ne retient pas un sourire joyeux de se dessiner sur ses fines lèvres.

- Alors… ?

- Alors… Soyons heureux, d'accord ?

Question. Non, une affirmation vite suivie d'un nouveau baiser et d'un rire enfantin.