Disclaimer complet dans le chapitre 7.

Note de la traductrice : A partir de là, toute l'histoire devient encore plus passionnante, et je me dépêche de tout traduire pour vous (sauf pendant les quelques vacances que je peux m'octroyer), sincèrement, j'admire la manière dont l'auteur original amène chaque action de l'histoire, chaque nouveau chapitre... Bref, Enjoy !

Harry Potter – Dimanche 2 juillet 2000

Cela fait maintenant presque deux semaines que j'ai rencontré Arlène Devon dans Godric's Hollow. Je suis retourné la voir deux ou trois fois, mais elle veut maintenant que je lui apporte de bonnes nouvelles en ce qui concerne la chose qui changera ma vie, quelle qu'elle soit. Arlène me dit de ne pas me décourager – je ne peux pas m'attendre à ce qu'un si grand changement arrive du jour au lendemain. Cependant, elle m'a tout de même assuré qu'elle sentait que ce serait bientôt là. J'espère vraiment qu'elle a raison, parce que je suis impatient de savoir quels changements le destin a en magasin, mais aussi impatient de savoir comment ma vie changera. Être irrité en permanence est épuisant, et j'en ai vraiment marre. Je veux avoir quelque chose de nouveau dans ma vie.

Pendant tout ce temps, j'ai fait beaucoup d'efforts pour faire de mon amitié avec Hermione ma grande priorité. Arlène avait raison à propos d'Hermione – elle ne peut pas comprendre exactement ce que je traverse, mais elle a toujours été à mes côtés et elle tient assez à moi pour supporter toute cette merde. Comment pourrais-je tourner le dos à une personne comme elle ?

La chose que je préfère le dimanche matin c'est l'aspect paisible de tout et de tout le monde. Le dimanche est un jour où on peut se détendre et être ensemble. Hermione a décidé qu'aujourd'hui est le jour parfait pour faire toutes les choses qu'elle aimerait faire pendant la semaine mais pour lesquelles elle finit par être trop occupée. Et ça commence par la décoration.

Tous les quelques mois, elle ressent le besoin d'ajouter ou de changer quelque chose à l'appartement – changer les coussins du canapé, changer les fleurs de la table du fond, mettre de nouvelles photos dans les cadres, etc. En ce moment, elle est partie acheter de nouvelles fleurs et passer voir Luna à sa joaillerie – Lune vend toute sorte de bijoux qu'elle crée elle-même. Je suis resté ici parce que je suis censé choisir de nouveaux coloris pour l'appartement – je n'ai aucune idée de comment je vais m'y prendre – et choisir les photos que je veux garder.

Des coups à la porte me sauvent de ces décisions douloureuses. Je vais ouvrir, soulagé de ne plus avoir à réfléchir à des coloris et des coussins de canapé. C'est sans doute mieux de laisser tout ça à Hermione, de toute façon. Tant que ma chambre est comme je veux, je me contrefiche de ce qu'elle fait du reste de la maison. Lorsque j'ouvre la porte, le choc doit clairement être visible sur mon visage, car Blaise Zabini se tient debout de l'autre côté.

« Salut, Potter, » me salue-t-il précipitamment. « Je peux te parler ? C'est urgent. »

Urgent ? Comment suis-je supposé refuser ça ? J'acquiesce, ouvre la porte en grand pour qu'il puisse passer. « De quoi veux-tu parler ? Qu'est-ce qui est si urgent? »

Son visage est tendu par des émotions que je n'arrive pas à déterminer. Il serre les poings tout en parcourant le salon de long en large. « Je ne sais pas par où commencer. »

« Par quelque chose qui me donnerait un petit indice de ce que tu fous ici, ça serait bien. »

« Écoute, c'est un sujet plutôt sensible et je te fais confiance pour ne pas trop en parler. »

« Tu ne pourrais pas simplement accoucher ? » Je ne peux pas m'empêcher d'être curieux et impatient. Blaise Zabini ne m'a jamais adressé la parole auparavant. Et là, tout à coup, il se retrouve dans mon salon avec un sujet de conversation sensible et urgent. Mon cœur s'emballe. C'est inhabituel et inattendu – exactement ce qu'Arlène avait prévu. Garde l'esprit ouvert, Harry. Laisse les choses dont tu as besoin venir vers toi. Et mon intuition stimule ma curiosité et mon excitation. C'est ça. Ça ne peut qu'être ça.

« I peu près deux mois, Draco et moi étions au club et une fille l'a emmené chez elle. Mais il n'est jamais revenu et je n'ai plus entendu parler de lui. Il a fait ses bagages au milieu de la nuit et a quitté le manoir – ses parents sont toujours en panique totale. Il a frappé à ma porte la nuit dernière et m'a tout raconté. Et il se trouve que cette fille l'a rendu accro aux méthamphétamines. »

Mon ventre se serre et mes yeux s'ouvrent en grand. Draco n'a jamais semblé être le genre de mec à se retrouver dans un bordel pareil. L'excitation que je ressentais est retombée d'un coup.

« J'ai peur que ça soit de pire en pire et que ça finisse par le tuer. Mais je ne sais pas quoi faire. Quand j'essaie de le raisonner, il se met en colère contre moi, et je ne le supporte pas. »

« Et tu penses qu'il va m'écouter, moi ? »

« Je n'en peux plus. Je ne supporte pas qu'il se mette en colère contre moi, ni qu'il souffre. Tout le processus qui consiste à le convaincre qu'il veut aller mieux puis à vraiment le soigner, c'est plus que ce que je peux supporter. Pansy n'est d'aucune aide. Et ses parents n'ont toujours aucune idée de ce qui lui est arrivé. Je n'ai personne d'autre. Tu es la seule personne qui pourrait l'aider et gérer s'il se met en colère contre toi. »

« Euh, ben, je... »

« Écoute Potter, je ne suis pas fou. Je connais votre passé avec Draco et je sais que tu te fiches probablement de ce qui lui arrive, mais c'est vraiment très important. Je ne serais pas là, à te supplier de m'aider, si ce n'était pas nécessaire. Je ne m'attends pas à ce que tu prennes ta décision maintenant. Je veux juste que tu y réfléchisses un peu. » Il sort de sa poche un petit bout de papier qu'il me tend. « Voilà mon adresse, et Draco est là-bas avec moi. Si tu décides que tu veux bien m'aider, viens. Potter, s'il te plaît, penses-y. Tu es sa seule chance. »

Blaise quitte l'appartement avant que mon cerveau ne puisse formuler une réponse correcte. Je fixe l'adresse plusieurs secondes. Putain, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Serait-il complètement taré ? Draco Malfoy ne m'écoutera jamais ! Tout ça est ridicule.

Garde l'esprit ouvert, Harry, les mots d'Arlène me reviennent à nouveau, ton instinct te mènera sur la bonne voie.

Draco. Draco. Draco. Je me répète son nom en boucle, comme si ça décrivait ce que je ressens, ou comme si ça allait m'aider. Qu'est-ce que je suis censée faire ? Est-ce que c'est vraiment la chose que j'attendais ? Ou ça n'a rien à voir ? Aah ! Qu'est-ce que je vais faire ?!

Je passe une heure ou deux à réfléchir – allongé sur le sofa, en fixant le plafond – jusqu'à ce qu'Hermione finisse par rentrer. Elle ramène trois bouquets de fleurs et deux sacs de courses. Mais, dès qu'elle m'aperçoit, elle les pose, se précipite vers moi et s'agenouille à côté du sofa.

« Harry ? » chuchote-t-elle doucement, comme si elle n'était pas sûre que c'était très judicieux de me déranger.

Je tourne ma tête vers elle mais ne dis rien.

« Harry, ça va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Hermione devine toujours quand quelque chose s'est passé.

Je lutte pour m'asseoir et choisis soigneusement mes mots. Hermione reste à genoux devant moi, le regard inquiet et curieux. Je laisse mon regard divaguer vers les fleurs qu'elle a ramenées tandis que je parle. « J'ai eu une visite de Blaise Zabini pendant que tu étais dehors. »

Ses yeux s'écarquillent sous la surprise. « Eh bien, ce n'est pas un nom que nous entendons souvent – voire jamais, en fait. Qu'est-ce qu'il voulait ? »

Je pousse un long soupir et la regarde droit dans les yeux. « Il m'a dit que Draco est accro aux méthamphétamines. »

« Quoi ?! » s'exclame-t-elle d'une voix plus aiguë que d'habitude. « Oh mon... – Harry, as-tu la moindre idée du danger de cette drogue ?! »

« Non, pas vraiment. Mais apparemment il devient incontrôlable et Blaise pense que je suis le seul à pouvoir l'aider. »

Le choc, l'inquiétude et la curiosité disparaissent immédiatement de son visage. Elle se fige. « Ce n'est pas toi qui m'a dit il y a quelques mois que nous n'étions pas responsables de Draco ? Il s'est mis tout seul là-dedans. En plus, pour quelle raison sur cette terre Draco Malfoy t'écouterais, toi ? »

« En fait, » commencé-je en hésitant, « Je pense que je vais le faire. »

« Quoi ? Pourquoi ? Tu as dit que tu n'étais pas responsable de lui. Tu as dit que tu ne devrais pas t'en mêler. Ou bien était-ce un autre Harry sur le Chemin de Traverse ce jour-là ? »

« Non, c'était bien moi. Et, si tu t'en souviens, j'ai aussi dit que je pensais qu'il allait bien. »

Entendre mes propres mots me fait me demander dans quel état se trouve Draco maintenant. Il doit définitivement être loin d'aller bien. En le voyant ce jour-là dans le Chemin de Traverse, je n'aurais jamais pu prévoir que deux mois plus tard, il serait tombé aussi bas. Je retourne à la réalité et m'aperçois qu'Hemione me fixe avec une expression indéchiffrable. Mais il est clair qu'elle ne comprend pas ma décision et qu'elle lutte contre l'envie de m'en dissuader. Il me semble être le bon moment pour contre-attaquer.

« Tu te souviens quand j'ai dit que tu avais tes livres et que tout le monde semblait avoir sa propre occupation ? »

Elle fronce les sourcils, ne comprenant pas pourquoi je parlais de ça maintenant. « Oui ? »

« Eh bien ça a toujours été mon rôle. Depuis que je suis dans le monde des sorciers, il y a toujours eu quelqu'un qui avait besoin de moi pour quelque chose. On avait besoin de moi pour tuer le Basilic dans la Chambre des Secrets. Sirius avait besoin de moipour le sauver des détraqueurs. Cédric avait besoin de moipour ramener son corps. Tout le monde avait besoin de moipour détruire Voldemort. C'était toujours quelque chose de différent, mais il y avait à chaque fois quelqu'un qui avait besoin de moi. Maintenant que tout est terminé, personne n'a plus besoin de moi. »

L'expression sur son visage est claire maintenant – elle semble terriblement triste pour moi. « H-Harry... »

« Non, ce n'est pas juste pour t'attendrir, c'est la vérité. Plus personne n'a besoin de moi et je ne peux pas m'empêcher de me sentir inutile. Mais là, Blaise a besoin de moi. Draco a besoin de moi. Je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais ils demandent mon aide. Je ne peux pas juste refuser. »

« Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? »

« Ça fait des heures que je suis assis là à prendre une décision, en pesant le pour et le contre. A chaque fois que je trouvais une raison de ne pas le faire, mon esprit me rappelait à l'ordre. Draco a besoin d'aide. Et si je refusais et que quelque chose d'horrible arrivait ? Et s'il meurt alors que j'aurais pu arrêter tout ça si je n'avais pas été aussi borné ? Je ne pourrais pas vivre avec ça. »

Pendant un moment, elle me regarde comme si elle allait encore argumenter, donc je continue...

« Ça fait trop longtemps que je cherche ça – ce qui changera ma vie. Et je suis toujours revenu les mains vides. Arlène m'a dit que si j'arrêtais de chercher, ce que je cherche viendrait à moi. Elle m'a dit que ce serait inattendu et que je devais garder l'esprit ouvert. Et si c'était ça ? Et si c'était ce que j'ai cherché pendant tout ce temps ? Comment pourrais-je laisser passer ça sans même essayer ? Et si je laissais s'éloigner la seule chose qui peut me soigner et arranger toute ma vie ? »

Le débat qui a lieu dans son esprit est visible sur son visage et je l'observe un moment. Personnellement, j'ai l'impression d'avoir donné assez de points positifs pour contrer ses arguments. C'est peut-être pour ça qu'elle a l'air si troublée – elle ne trouve pas de bonne raison pour m'empêcher d'aller là-bas. Finalement, un regard de défaite passe sur ses yeux, et je sais qu'elle a abandonné la partie. J'attends, incertain de ce qu'elle va dire. Mais un grand sourire se dessine sur mon visage lorsqu'elle finit par dire :

« Je peux faire quelques recherches si tu veux. »

Après plusieurs heures de recherches sur la méthamphétamine pendant lesquelles Hermione m'explique tout ce qu'elle trouve utile, je me rends à l'adresse que Blaise m'a donnée. Mais, maintenant que je suis derrière la porte, j'hésite à y aller. Je m'appuie sur le mur du couloir, et le son d'une dispute entre un homme et une femme me parvient depuis l'appartement. Me sentant comme un fouineur, je commence à écouter cette conversation qui ne me concerne en rien.

« Tu n'as rien à voir avec ça, Zabini ! » hurle la voix de femme avec colère. « C'est entre Draco et moi, et personne d'autre ! »

« C'est toi qui l'a rendu accro à cette merde sans même te soucier des conséquences que ça aurait sur lui ! » grommelle Blaise en retour. « Si tu crois une seconde que je vais le laisser partir avec toi, tu ferais mieux d'aller rendre visite au vieux Lockart à Ste Mangouste. »

« Tu n'as aucune idée de ce dont tu parles ! »

« Je m'en fous ! Tu ne le récupéreras pas! Vas t'en, Astoria. »

Mon cerveau me hurle de m'en aller maintenant, mais avant que je puisse m'échapper dans les escaliers, la porte de l'appartement s'ouvre en grand, révélant ma présence. Le femme me fixe une seconde puis passe à côté de moi en m'ignorant. Blaise, qui semble surpris et soulagé de me voir, me fait signe d'entrer. J'acquiesce silencieusement et entre en refermant la porte derrière moi.

« Eh bien, c'était Astoria. » dit Blaise en montrant la porte. « C'est celle dont je t'ai parlé, qui a ruiné la vie de Draco. »

« Ah, elle était, euh... agréable, je suppose » dis-je maladroitement, incertain de ce qu'il faut dire à propos d'une personne comme ça dans une situation pareille.

« Oui, et très classe, » répond-il, sarcastique. « Donc tu as décidé de venir. »

« Oui. Où est Draco ? »

« Il est dans ma chambre. En fait, je m'inquiète un peu pour lui. Il s'est endormi ici la nuit dernière et ne s'est pas réveillé depuis. »

Je cherche parmi les informations qu'Hermione m'a données et trouve la bonne explication. « Eh bien, il a sans doute fait une surdose, et il doit commencer à être en manque. »

« Quoi ? »

« Ben, ça fait un moment qu'il n'a plus pris de drogue, du coup il doit être en manque maintenant. Son corps est submergé par les effets de la drogue et ça diminue petit à petit. Il peut rester endormi pour encore un jour ou deux. »

« C'est bien que tu aies demandé de l'aide à Granger. »

Je me sens presque offensé qu'il pense automatiquement que je ne suis pas assez intelligent pour trouver ça sans Hermione – mais ça me passe rapidement et je suis simplement amusé. J'acquiesce donc, « Elle a fait beaucoup de recherches pour moi. »

« Et qu'est-ce qui va se passer quand il se réveillera ? »

« Ça ne va pas être très agréable – il sera affamé, épuisé, malade. C'est à ce moment qu'il faudra vraiment faire attention à ce qu'il reste loin de toute personne pouvant lui fournir de la drogue. Et ça peut prendre de deux à quatorze jours, mais on n'a aucun moyen de savoir comment ça se passera pour lui. Tu m'as dit qu'il n'en prenait que depuis deux mois, donc il y a une grande chance pour que ce ne soit pas trop long ou trop extrême pour lui d'arrêter la drogue. »

« Pendant ce temps, je pense que ce serait une bonne chose que tu t'installes ici. Avant que tu ne dises quoi que ce soit, oui, je sais à quel point c'est il aura besoin d'être surveillé en permanence. Ce sera juste plus simple si tu est tout le temps là. »

« Il y a juste un problème – et s'il se réveille et refuse mon aide ? »

« Tu devras insister. De toute façon, on dirait bien que ça va prendre des semaines avant qu'il soit capable de prendre une décision cohérente et raisonnable. »