Chapitre 8
- Alors ?
- Hmmm ?
- Comment ça s'est passé avec Angela ! J'ai attendu que tu m'envoies un SMS hier, mais rien du tout ! Alors, maintenant, tu vas tout nous dire. Tout me dire.
Gohan regarda Lime avec appréhension. Il n'aimait pas du tout son expression. Les trois autres adolescents le regardaient aussi avec intérêt – surtout Videl, bizarrement. Ils n'avaient pas arrêté de le harceler toute la matinée pour qu'il leur donne les détails de son rendez-vous avec Angela, mais il n'avait pas eu envie de leur en parler. Cependant, il semblait à présent qu'il n'avait pas trop le choix.
Il n'aimait vraiment pas être le centre d'attention, et encore moins quand il s'agissait de choses qui le mettaient de base mal à l'aise…
- D'accord, d'accord. Mais ne vous moquez pas, ok ?
- Promis, s'exclamèrent Lime et Erasa.
Videl le regarda sévèrement et Sharpner laissa un sourire narquois se former sur ses lèvres. Il allait enfin pouvoir se moquer de l'intello de service pour ses déboires amoureux. Voilà qui était parfait.
- Bon. Alors. On s'est rencontré à la gare…
Gohan n'était jamais sorti avec quelqu'un d'autre que sa famille ou ses amis proches, et il se sentait un peu gêné par la situation. Pourtant, il avait quand même hâte de découvrir les activités que les jeunes de son âge faisaient pendant leur temps libre, que ce soit avec leurs amis ou leur moitié.
Il vit Angela avant qu'elle ne le remarque – elle était mignonne dans sa petite robe rose et son boléro blanc. Il alla à sa rencontre et lui tendit le bras, comme sa mère le lui avait appris, puis ils commencèrent leur journée. Sa camarade l'emmena d'abord au cinéma voir un film que Gohan espérait ne plus jamais revoir. Il s'agissait d'un film où un vampire tombait amoureux d'une humaine qui était insensible à ses pouvoirs et, pour une raison que tout le monde ignorait, était devenue la cible de plusieurs autres vampires puissants et maléfiques qui voulaient la garder rien que pour elle… Bref, une vraie Mary Sue.
Ensuite, les deux adolescents étaient allés manger dans un restaurant italien, où Gohan se réfréna d'avaler toute la nourriture disponible en ne prenant qu'une dizaine de plats ; cela n'empêcha pas les autres clients et sa compagne de le regarder avec de grands yeux ébahis.
Ce fut à partir de là que les choses devinrent vraiment inconfortables. Angela avait décidé de lui faire visiter tous les endroits romantiques de la ville : le parc avec son lac où les couples pouvaient louer une barque, le parc d'attraction qui venait d'ouvrir, un petit temple perdu dans une mer d'immeubles modernes, la grande roue (où Gohan avait déjà fait un tour la semaine précédente), ainsi que la partie la plus isolée du jardin botanique. Bref, ça commençait à ressembler de plus en plus à un rendez-vous galant pour le jeune demi-Saiyan.
Ça ne le dérangeait pas outre mesure de découvrir tous ces endroits, et ses discussions avec Angela étaient plaisantes, mais la proximité physique qui devenait de plus en plus importante le rendait mal à l'aise, tant et si bien que quand elle se colla à lui dans un petit café, il ne put plus tenir.
- Et à ce moment-là, je lui ai dit que je ne voulais pas être plus qu'un ami. J'ai cru qu'elle allait pleurer, mais, quelques secondes plus tard, on aurait dit qu'elle m'a complètement oublié et qu'elle s'est trouvé une autre cible pour son affection… Franchement, c'était bizarre, conclut Gohan.
Les trois adolescents le regardèrent avec amusement. Tout le monde dans l'école savait qu'Angela n'étais pas sérieuse quand elle sortait avec quelqu'un et qu'elle allait de garçon en garçon presque quotidiennement, parfois. Pour la jeune fille, c'était bon enfant, mais, les adolescents étant ce qu'ils étaient, sa réputation était tout de même tout moins que bonne. Après tout, pour eux, sortir avec un garçon différent chaque semaine était mal considéré.
Sharpner fut le premier à éclater de rire. Gohan, déconfit, le regarda avec de grands yeux. Il fit remarquer au sportif qu'il avait promis de ne pas se moquer de lui – ce qui n'était pas nécessairement vrai.
- Il ne rit pas pour se moquer de toi, idiot, railla Videl. Tout le monde sait qu'Angela n'est jamais sérieuse avec des garçons…
- Oui, mais je lui avais dit clairement que je voulais juste être ami avec elle, fit remarquer Gohan, un peu agacé par la situation.
- Elle pensait peut-être qu'elle pouvait te faire tomber sous son charme, riposta la jeune combattante. Certaines filles sont assez idiotes pour penser ce genre de choses.
Erasa eut l'air outrée par la remarque de sa meilleure amie, Sharpner continua de rire et Lime tenta de réconforter le demi-Saiyan.
Le reste de la journée se passa sans incident, jusqu'au cours d'éducation physique. Ce jour-là, M. Coconut leur apprit que, vu qu'ils allaient bientôt voir le tournoi mondial d'arts martiaux, il avait décidé de leur donner un petit aperçu de ce que cela impliquait en leur apprenant des positions, attaques et défenses de base. En tout cas, pour les novices. Les adeptes d'arts martiaux, comme Videl et Sharpner, auraient l'occasion de montrer leurs connaissances en démontrant des katas, techniques et des combats d'entraînement, selon leur discipline sportive.
- Alors, maintenant, on va savoir qui qu'y a des connaissances ou pas. Ceux qui ont déjà fait des arts martiaux, au moins un mois, hein, venez près de moi.
Gohan débattit de faire semblant de ne rien savoir, mais se rendit compte que Videl verrait clairement qu'il avait plus que quelques bases quoi qu'il fasse. Avec un soupir, il joignit le petit groupe qui s'était rassemblé près de leur professeur.
- Ok, les gars. Bon, alors, j'veux savoir combien d'temps vous avez pratiqué pour voir comment on s'organise.
La plupart n'avaient pas plus de deux ans sous la ceinture. Videl pratiquait depuis ses six ans et Sharpner depuis le tournoi de Cell. C'était le tour de Gohan de répondre.
- Une dizaine d'années, je pense.
Videl le regarda avec de grands yeux.
- Une dizaine d'années ? Toi ?
- Ah… euh… oui, répondit-il en rougissant et se grattant l'arrière la tête. C'est une tradition familiale. En plus, j'habite dans les montagnes, alors ça aide pour survivre, tu vois…
La jeune femme lui lança un regard sceptique, mais elle ne put reprendre la parole quand le coach demanda à chacune des personnes avec de l'expérience de démontrer leur kata favori. La plupart avaient des mouvements maladroits et leurs positions et gestes demandaient beaucoup d'améliorations, jusqu'au tour des plus expérimentés. Sharpner avait encore besoin d'améliorer son style, mais c'était acceptable, dans l'ensemble, surtout qu'il était avant tout un boxeur. Tous, cependant, utilisaient le style du dojo Satan, qui reposait plus sur la force brute qu'autre chose.
Videl, quant à elle, impressionna tout le monde par sa grâce, sa rapidité et la perfection de ses mouvements. Même Gohan en fut ébahi. Elle n'est vraiment pas comme son père…Le style de la fille aux cheveux noirs misait sur la rapidité, mais ses mouvements gardaient quand même toute leur puissance. Si elle apprenait à utiliser son ki, elle avait le potentiel de devenir aussi forte que l'un des Z-fighters humains, conclut le demi-Saiyan. Dommage que la plupart des gens croient dans les bêtises d'Hercule…
Puis, vint le tour de Gohan. Il était nerveux, ne sachant pas s'il arriverait à ne pas trop montrer ses capacités. Finalement, il décida d'opter pour un kata extrêmement simple qu'il avait appris à Goten et qui mélangeait le style de l'école de la Tortue et de Piccolo. C'était un enchaînement de mouvements qu'il avait mis en place pour se centrer et mettre son ki sous son contrôle total (il admettait volontiers qu'il n'était pas l'être le plus stable du monde, loin de là). Ses mouvements étaient simples, rapides, précis, sans fioritures. Son but n'était pas la puissance ou la rapidité, mais l'équilibre, le calme et la concentration. Le jeune homme le pratiquait une dizaine de fois – certes, à une vitesse moins qu'humaine – pour se préparer à la méditation et à la suite de ses entraînements.
Les autres élèves regardèrent le nouveau avec curiosité. Personne n'aurait pensé qu'il connaissait les arts martiaux, et encore moins qu'il en était adepte. Videl observait ses gestes, impressionnée. Elle était surprise par la perfection des mouvements du jeune homme et ne pouvait empêchait son visage de montrer son choc. Qui eût cru que le petit génie de la classe était aussi sportif ? Certes, il n'était pas mauvais de manière générale pendant les cours de sport, mais il ne montrait jamais d'habileté physique particulière.
En même temps, il restait souvent avec Erasa, peut-être pour lui tenir compagnie, ou à sa demande expresse. Videl avait remarqué que le jeune homme avait du mal à dire non, surtout quand il s'agissait de filles. Sûrement l'influence de sa mère… D'après le peu qu'elle savait de Gohan, sa mère lui avait appris à être respectueux envers tout le monde, mais aussi à être le parfait gentleman. En fait, tout ce dont il parlait concernait soit sa mère, soit son petit frère, nota la jeune fille.
- Ok les gars, reprit le professeur une fois que Gohan eut fini son kata. Videl et Gohan, vous allez aider les débutants et leur apprendre les bases. Vous autres, dit-il en pointant les personnes connaissant déjà les bases mais n'ayant pas un niveau acceptable, Vous s'rez coachés par Sharpner.
L'homme sépara alors les élèves débutants en trois groupes et laissa Videl et Gohan décider de quel groupe ils s'occuperaient, laissant le dernier pour lui. Il demanda aux deux étudiants d'apprendre aux autres à lancer des attaques simples, le but étant que tous les élèves soient capables de lancer un coup de poing et de pied décent à la fin du cours. Ensuite, viendrait les blocages.
Videl choisit le groupe avec le plus de filles, décidant que ce serait plus facile pour elle avec moins de garçons qui essaieraient de la draguer. Elle se mit directement au travail. Gohan, lui, décida d'une approche plus personnelle, en expliquant à son groupe la base des arts martiaux.
- … Les arts martiaux sont un art de vivre plus qu'un hobby, conclut-il. Il s'agit de trouver un équilibre entre le corps et l'esprit. Une fois cet équilibre acquis, vous pourrez exceller dans tous les domaines, même en dehors du sport. Des questions ?
- Moi, s'exclama Erasa en levant la main – elle était heureuse d'être dans le groupe que Gohan avait choisi, qui était composé des élèves les moins forts physiquement. Est-ce que c'est pour ça que tu es aussi bon dans tout ce que tu fais ? Je veux dire, tu es le génie de l'école et ton kata était super cool et… euh… Bref ! Alors ?
Le jeune homme se gratta l'arrière de la tête en rougissant au compliment et réfléchit un peu à la question. Certes, il était bon en arts martiaux, mais ça venait aussi du fait qu'il était un Saiyan. Son intelligence, quant à elle, était un mélange entre la volonté de sa mère de faire de lui un grand scientifique depuis sa plus tendre enfance, sa curiosité naturelle et ses gènes Saiyan. D'après ce qu'il avait compris de la race de son père de par les explications de Vegeta et de ses recherches auprès de Dende et Piccolo pour comprendre un peu mieux son héritage, les Saiyans se développaient beaucoup plus vite à la fois physiquement que mentalement, comparé à la plupart des autres races. C'était logique, quand on y pensait, sinon il serait impossible à des bébés d'à peine un an de pouvoir survivre seuls sur des planètes étrangères et réussir à annihiler des civilisations entières.
- C'est une bonne question. Je ne pense pas cependant que mon cas soit vraiment révélateur, vu que j'étudie depuis ma plus tendre enfance et que, comme je l'ai dit, les arts martiaux sont une tradition familiale.
- Oh, fut la réponse un peu déçue de la jeune fille.
Ensuite, le demi-Saiyan se mit au travail. Il débuta avec une pose de base qui alliait équilibre et puissance dans les mouvements. C'était un excellent professeur, selon ses élèves. Il était attentif, calme et patient avec eux. Il corrigeait leurs erreurs et leur montrait exactement ce qu'ils devaient faire pour s'améliorer. C'était la première fois que les adolescents trouvaient du plaisir dans le cours d'éducation physique. En conclusion, le cours passa trop rapidement pour le groupe de Son Gohan.
Après deux semaines d'entraînement intensif avec Goten et d'introduction aux arts martiaux à l'école, Gohan était prêt à se détendre. Pas qu'il n'aimait pas ce qu'il faisait, mais le groupe qu'il aidait à apprendre les bases des arts martiaux ne le traitait plus de la même manière. C'était comme s'ils l'avaient découvert à nouveau. Il n'était plus le petit génie de l'école qui écoutait tout ce que sa mère disait et n'avait aucune volonté, mais une personne à admirer. C'était perturbant et Gohan ne comprenait vraiment pas ses camarades, d'autant qu'il était la même personne. Rien de ce qu'il faisait n'avait changé, si ce n'était le fait qu'il leur apprenait la base sur laquelle reposait une grosse partie des sports de combat.
Après le tournoi, il espérait que les autres oublieraient son existence et le laisseraient passer inaperçu, comme c'était plus ou moins le cas avant le fatidique cours de sport.
Pour le moment, il se préparait à partir avec sa mère, son grand-père et Goten. Le petit-déjeuner avait été avalé, Goten s'était baigné et Gohan avait contacté Bulma et Krillin pour que le groupe se rejoigne chez Gyumao pour se rendre à l'île Papaye. La famille Son avait d'ailleurs passé la nuit dans le château de l'ancien tyran sur le mont Fry Pan. Depuis que Goku et Chichi avaient réussi à éteindre le feu du mont des cinq éléments, l'ancien guerrier avait reconstruit son petit royaume et amassé de nouvelles richesses qui lui avaient permis de reconstruire un château sur une autre mont de la région, évitant ainsi une répétition des événements qui avaient conduit à la rencontre entre sa fille chérie et son beau-fils.
Gohan avait décidé de porter des vêtements traditionnels, avec un tangzhuang jaune pâle à motifs dorés, un pantalon noir et des espadrilles, noires elles aussi. Goten portait le même genre d'ensemble, sauf que ses vêtements étaient dans les tons turquoise et jaune et qu'il portait à la taille une ceinture en tissu jaune canari. Son gi orange et bleu se trouvait dans un sac de sport que son frère portait en mains. Le petit garçon était à moitié endormi – il n'avait pas l'habitude de se lever avant six heures et demi et il était cinq heures quand sa mère était venue dans sa chambre.
Leurs amis arrivèrent vers six heures dans un hélicoptère qui pouvait accueillir une dizaine de personnes, et le groupe, composé de Bulma, Trunks, Yamcha, Puar, Tortue géniale, Oolong, C18, Krillin, Marron et la famille Son au grand complet – grand-père inclus – démarra en direction du Tenkaichi Budokai. Heureusement, leur véhicule était doté de la dernière technologie en matière d'autopilote, et tous purent rattraper un peu de leur sommeil, sachant qu'il leur faudrait environ quatre heures de vol pour arriver jusque l'île Papaye.
Pendant le trajet, sans qu'aucun adulte ne le remarque, les trois enfants avaient élu domicile sur Gohan, chacun étant en contact avec l'adolescent d'une manière ou d'une autre. Marron était sur ses genoux, la tête et le dos soutenus par le bras puissant du jeune homme, alors que Trunks et Goten étaient allongés de part et d'autre de Gohan et utilisaient les cuisses de Saiyan comme coussin. C'était une image tellement adorable que chaque adulte présent, une fois qu'ils furent réveillés, prit une photo avec tous les appareils électroniques disponibles (dont le GSM de Gohan que Chichi délogea délicatement de sa poche).
Le temps sur l'île était parfait pour une compétition internationale : il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid, le soleil brillait et la brise de l'océan était agréable pour tous les touristes et artistes martiaux présents. Le groupe des Z-fighters, qui venait d'atterrir, se promenait dans les rues qui menaient au stade quand une foule surexcitée s'amassa un peu plus loin.
- On dirait que cet imbécile de Satan est encore populaire… S'ils savaient ce qui s'est vraiment passé, remarqua Krillin.
- Oui, eh bien, on se passerait bien de toute la publicité, merci bien, rétorqua Chichi.
- Peu importe ce qu'il raconte. Tant qu'il nous laisse tranquille et qu'il ne nous insulte pas, tout ira bien, nota Gohan, un peu sarcastique.
Les autres le regardèrent avec surprise. Ils n'étaient pas habitués à voir le fils de Son Goku autrement que comme quelqu'un qui n'avait pas une once de haine en lui. En ce qui concernait l'homme qui désacralisait l'héritage de Son Goku, en revanche, c'était une autre histoire. Pas qu'il haïssait le menteur, mais il n'éprouvait aucun respect pour lui. Piccolo avait d'ailleurs été surpris d'apprendre que son ancien élève ne participerait pas au tournoi. Tout leur groupe avait cru qu'il sauterait sur l'occasion de remettre Hercule à sa place. Cependant, ils avaient oublié que ses proches passaient avant toute chose, dans l'esprit du demi-Saiyan, et il ne voulait pas menacer leur tranquillité à cause d'un imbécile imbu de lui-même. Ça n'arrangerait rien.
La famille étendue continua son chemin, ignorant ostensiblement la troupe de fans du « héros de la terre » et continua son chemin vers le stade, où Gohan devait aller voir son professeur d'histoire pour noter sa présence. Entretemps, les enfants avaient décidé qu'il serait amusant de monter le Mont Gohan, tant et si bien que l'adolescent se trouvait à présent flanqué de trois enfants sur ses épaules : Marron avait les jambes de part et d'autre de sa tête et s'accrochait à ses cheveux quand elle se sentait moins sûre d'elle, tandis que Goten et Trunks avaient chacun une épaule comme siège et un avant-bras qui les retiendrait au cas où ils perdraient l'équilibre. Encore une fois, l'image était tellement adorable que chaque adulte décida de prendre au moins une photo sur le chemin.
- Je vois mon professeur, déclara Gohan quand ils arrivèrent non loin des murs du stade. Je vais aller le voir, et puis on inscrira les garçons, ça vous va ?
- On t'attend ici, mon chéri, lui répondit Chichi.
Le jeune homme partit donc, toujours avec ses charges, à la rencontre de M. Reshiki, qui regarda son élève avec amusement. Autour de l'homme âgé, d'autres élèves de la classe de Gohan se retournèrent en entendant les voix excitées des enfants, et plus d'une fille poussa un petit « aaaaw » à la vue des quatre compères.
- Eh ! Goten, regarde, on est super haut ici !
- Ouais ! Est-ce que tu vois tout le temps la vie comme ça, grand frère ? Ça doit être bizarre de voir les gens d'aussi haut ! Regarde ! Tout le monde il est petit comparé à nous.
- Oooooh, s'extasiait Marron.
- Vous êtes plus hauts que moi, les enfants, ria le demi-Saiyan. Et puis, quand vous grandirez, les garçons, vous verrez peut-être aussi le monde comme moi. J'ai aussi été petit, vous savez.
- Eh ! Trunks, reprit Goten, toujours aussi excité, regarde le monsieur là. Il est tout pitit et t'as vu ses cheveux ? Ils sont tout partis sur le dessus. C'est bizarre !
- Ouais, il est chauve bizarrement. Tu crois qu'il essaie de cacher sa chauverie avec les mèches de devant ?
Le professeur de Gohan écouta la conversation, pas du tout outré par les commentaires innocents des enfants, pendant que son étudiant favori (après tout, Gohan était le seul de sa classe à avoir d'excellentes notes et à écouter) rougissait d'embarras.
- Goten ! Trunks ! Ce n'est pas poli, ce que vous dites, admonesta-t-il. Excusez-vous.
- Pardon monsieur, déclamèrent-ils en cœur, gagnant une fois encore le cœur de la gent féminine présente.
Marron, pendant ce temps, jouait avec les cheveux du grand brun, fascinée par leur douceur et leur forme.
- Euh… Désolé pour les garçons. Parfois, ils oublient leurs manières.
Ça sonnait encore comme une remontrance envers le duo, qui rougit un peu.
- Ne vous inquiétez pas, monsieur Son. Je suppose que vous êtes avec votre famille ?
- Oui. Est-ce que je peux rester avec eux pendant le tournoi ?
- Bien sûr, confirma l'homme aux cheveux dégarnis. J'ai déjà noté votre présence. Il vous suffit simplement d'observer le tournoi, prendre des notes et m'écrire un rapport sur un thème de votre choix se rapportant, bien évidemment, à ce que vous aurez vu aujourd'hui. Chaque élève pourra même demander à la bibliothèque de l'école les archives sur les anciens tournois, afin que vous puissiez vous en inspirer si besoin est.
- D'accord. Merci.
- Go-chan, intervint enfin la petite blonde. C'est quoi un napport ?
- Un rapport, c'est quand tu expliques ce que tu as vu ou constaté, princesse. Tu comprends ?
- Hm-hm !
Avec ça, la petite fille se baissa et, après moult contorsions, posa un bisou sur la joue de Gohan, qui sourit largement.
- Merci, Marron.
Puis, le véhicule humain et ses trois pilotes se détournèrent du professeur et des autres élèves pour retourner auprès de leur famille.
Un peu plus loin, se trouvait un trio composé de deux filles et un garçon.
- Wow. Je savais qu'il était mignon, mais avec ces vêtements… Miam, commenta Erasa.
- Pfeuh ! C'est un montagnard complètement paumé, je vois vraiment pas l'intérêt, cracha Sharpner.
- Tu dis ça parce que tu es jaloux.
La fille de Satan n'écouta pas la conversation. Elle commençait déjà à se préparer mentalement pour le tournoi et ne voulait pas se laisser déconcentrer par quoi que ce soit, mais il fallait avouer que le mystérieux Son Gohan avait le don pour saisir son attention. Elle était sûre qu'il cachait quelque chose et le peu qu'elle savait de lui ne l'aidait pas.
Distraite, elle remarqua que Gohan était en train de marcher vers un groupe qui devait être sa famille. C'était un attroupement étrange composé d'un géant avec un casque cornu, un chat volant, un cochon humanoïde, un nain, un vieillard, un homme avec des cicatrices sur le visage qui pouvait être le sosie de Yamcha et trois femmes qui paraissaient plus ou moins normales. Elle identifia la mère de Gohan avec son long cheongsam bleu avec des bords roses sous lequel elle portait un pantalon traditionnel de couleur rose. Elle semblait assez jeune et avait l'air moins sévère que ce que la fille de Satan s'était imaginée.
Elle observa Gohan s'approcher du groupe, toujours avec les trois enfants. Soudain, le jeune homme écarta les bras, où Trunks et Goten s'étaient accrochés, dit quelque chose aux trois petits et se mit à tourner sur lui-même en continuant sa route vers sa famille. On put entendre les éclats de rire venant du jeune homme et des gamins, tandis que les adultes de leur troupe avaient tous décidé de filmer la scène. Erasa s'extasia devant le spectacle, criant presque sur tous les toits à quel point Gohan était extraordinaire.
La justicière préférée de Satan City, quant à elle, fronça les sourcils. Il portait un enfant sur chaque bras, et pourtant, l'adolescent aux cheveux en pic ne semblait pas du tout fatigué par l'effort. C'était même comme s'il ne sentait absolument pas le poids des garçons, alors qu'ils devaient chacun faire une vingtaine de kilos. Étrange, étrange.
Une fois arrivé près de sa mère qui le regarda avec un mélange de d'amusement et de reproche, les Z-fighters se dirigèrent vers le stand des inscriptions pour que Goten et Trunks puissent participer au championnat junior.
À quelques mètres derrière eux, Videl, suivie de Sharpner et Erasa, se dirigea dans la même direction. Elle fut d'ailleurs surprise de découvrir que Gohan et ses amis se trouvaient à cet endroit. Elle se rapprocha un peu sans se faire remarquer et écouta la conversation de groupe.
- … comprends toujours pas pourquoi ils ont créé cette division junior, commentait le nain. Ça doit être un véritable cirque !
- Beaucoup de choses ont changé depuis le bon vieux temps, renchérit le vieil homme chauve.
Un peu plus à l'avant, les garçons venaient de s'inscrire au tournoi junior et Gohan s'était mis sur un genou pour être à leur niveau. Videl se déporta un peu sur le côté pour avoir une meilleure vue.
- N'oubliez pas ce dont on a parlé, d'accord ? Restez calmes, amusez-vous et, surtout, faites attention à votre force. Je vous fais confiance.
- T'inquiète pas, Gohan, rétorqua Trunks. C'est pas comme si on avait besoin de faire des efforts. Je parie que tous les autres enfants sont pathétiques.
- Hm-hm, acquiesça Goten. On fera attention à pas leur faire mal. Promis, grand frère !
Gohan leur sourit et se redressa. Puis, il se tourna vers ses amis et remarqua la présence de Videl, qui faisait comme si elle n'avait pas vu qu'il était là pour paraître le moins suspicieuse possible. Le grand brun s'approcha d'elle et la salua. La seule réponse qu'il obtint fut un froncement de sourcils et un grognement.
- Je te souhaite bonne chance pour le tournoi, continua-t-il, à peine perturbé par le comportement de sa camarade – il s'y était habitué.
- Oh mon chéri, qui est cette jeune fille ?
C'était la mère de Gohan. De plus près, Videl eut l'impression de la connaître de quelque part, mais elle ignora cette impression. Après tout, son fils lui ressemblait, c'était peut-être de là que ça lui venait. La femme la regarda, curieuse.
- Oh, maman. Je te présente Videl. Elle est dans ma classe…
- Ah oui, interrompit la matriarche des Son avec enthousiasme, avant de se retourner vers la jeune fille. Tu participes, c'est bien ça ?
- Oui madame, répondit poliment Videl.
Elle n'avait aucune raison de se montrer autrement que civile face à la femme. En plus, tomber dans les bonnes grâces de la mère de Son Gohan pouvait lui apporter des réponses.
- Quelle politesse ! Eh bien, je te souhaite bonne chance, Videl. Tu en auras besoin ; Krillin et C18 participent eux aussi au championnat cette année.
La princesse du royaume du mont Fry Pan s'approcha de l'adolescente et lui murmura à l'oreille :
- Ils n'en ont pas l'air, mais ils sont forts. Ne les sous-estime pas. Je t'encouragerai, et C18 aussi. Ce serait bien qu'une femme devienne championne, pour une fois.
Après un clin d'œil, Chichi disparut aussi vite qu'elle était apparu près d'elle un peu plus tôt et il fallut quelques instants à Videl pour la retrouver près de son plus jeune fils. La femme au chignon était en train de donner des recommandations de dernière minute au petit garçon et le chouchouter sous les yeux amusés des autres.
- Ah… Excuse maman, reprit Gohan, un peu gêné (il avait entendu chaque mot qu'avait dit sa mère avec son ouïe fine). Elle est un peu… euh… exubérante.
- Mmmm, fut la seule réponse que lui donna la fille aux cheveux noirs.
- Bon. Je pense que Krillin et C18 se sont inscrits. On se verra plus tard, peut-être ?
Pas de réponse.
Avec un soupir, le jeune homme lança un demi-sourire à la jeune fille et commença à suivre son groupe quand son petit frère accourut auprès de lui, tout excité.
- Gohan ! Monsieur Piccolo est là ! Il est venu pour me voir, hein ? Hein ? Dis ?
Le jeune homme, qui avait l'air un peu découragé par la froideur de Videl, ne put s'empêcher de rire doucement face à l'enthousiasme de son petit frère.
- Oui, Piccolo est venu pour voir comment Trunks et toi allez vous débrouiller pendant le tournoi. Peut-être même qu'il voudra bien t'entraîner si tu t'en sors assez bien. Qu'est-ce que tu en dis ?
- Ooooooh ! Ce serait trop chouette !
Puis, aussi vite qu'il était arrivé, le petit garçon s'encourut auprès de son meilleur ami pour lui raconter l'échange qu'il avait eu avec son aîné.
Gohan secoua la tête, jeta un dernier regard à Videl, qui avait observé l'échange, prévint sa mère qu'il rejoindrait le groupe plus tard et partit en direction de l'énergie de son mentor. Dès qu'il fut hors de vue de sa famille et de sa camarade de classe, le faux sourire qu'il avait porté ces dernières minutes disparut, ne laissant qu'une expression mélancolique sur le visage du jeune homme.
- Les humains sont vraiment des créatures étranges, constata une voix.
Gohan leva les yeux vers le Namek, mais ne tenta pas de cacher ses émotions. Il alla directement au but, sachant que son mentor n'aimait pas tourner autour du pot.
- C'est dur, d'essayer d'être normal… Parfois, je me demande même si ça vaut la peine de faire tous les efforts que je peux pour être accepté. C'est comme si, dès qu'ils ont appris que j'avais eu une note parfaite, rien d'autre n'était important. C'est fatiguant d'être toujours décrit par un seul trait qui définirait toute mon existence. Intello, génie, ringard, minable, tocard… Sans parler de Videl, qui essaie toujours de soutirer toutes les informations qu'elle peut sur moi, tout en ayant déjà son idée de qui je suis, tout ça parce que je suis censé être ce petit génie qui fait tout ce que sa mère lui demande…
- Pourquoi cacher qui tu es si cela te déplaît ? Tes pouvoirs, tes notes, ton statut, ta race ne définissent pas ton identité. Tes parents non plus.
L'adolescent laissa s'échapper un rire sec et dépourvu d'humour.
- Pourtant, c'est ce qui me définit pour la plupart des autres, non ? Yamcha, Ten et même Krillin… Ils me voient tous comme le fils de mon père, comme son héritier. Je ne veux pas de ce qu'il a prévu pour moi. Je ne veux pas de l'avenir que ma mère m'a tracé. Je veux être ma propre personne, tu le sais très bien. Partout où je vais, on me définit toujours par l'une ou l'autre chose qui fait de moi qui je suis, mais jamais par le tout. C'est lassant.
Piccolo étudia son élève un long moment avant de répondre. Ce que Gohan venait de lui dire était quelque chose qui le tourmentait depuis la mort de son père. Bien qu'il ne le montre à personne, le Namek savait que Gohan cherchait sa voie et son identité depuis le combat contre Cell et qu'il luttait avec la culpabilité qu'il ressentait à la mort de son père.
- Je me demandais quand tu me parlerais de ce qui te ronge. Pourquoi maintenant ?
- Honnêtement ? Je ne sais pas. C'est peut-être parce que je suis au lycée, parce que j'ai découvert le monde en-dehors de notre petite bulle, ou bien, à cause de la période…
Le Namek était pensif. C'était vrai que les Z-fighters vivaient dans une sorte de bulle. Même Bulma, qui était la plus socialement intégrée du groupe, n'était pas ce qu'on pouvait appeler normale dans la société humaine. Chichi était une princesse d'un royaume guerrier et habitait dans les montagnes, éloignée de la civilisation, Krillin un ancien moine bouddhiste qui vivait avec un pervers, une tortue et un cochon qui parlait, sur une petite île perdue au milieu de nulle part, Yamcha un ancien bandit devenu superstar du sport, Goku et Vegeta étaient des aliens nés d'une race de guerriers super puissants, et Piccolo était un ancien roi démon qui partageait son corps avec deux autres âmes, alors que Dende était le gardien de la terre, son dieu, en plus d'être encore inaccoutumé à la civilisation terrienne. Non, aucun n'était normal, par les standards humains.
Le fait qu'on approchait de l'anniversaire de la mort de Goku, et de l'arrivée des androïdes et de Cell n'aidait pas non plus à rendre les choses faciles, pour Gohan. Chaque année, dès qu'on s'approchait du mois de mai, le demi-Saiyan se retranchait sur lui-même et ne devenait qu'une ombre de lui-même, évitant toute forme de réconfort et se perdant dans son entraînement. Même Piccolo, qui était loin d'être une personne très émotive – loin de là –, savait que c'était malsain pour son élève de se renfermer ainsi.
Après un petit silence, le stoïque guerrier posa la question qui le turlupinait depuis que son protégé avait partagé la décision de sa mère de l'envoyer à l'école pour rencontrer des gens de son âge.
- Est-ce que tu veux l'être ? Normal ?
Le demi-Saiyan laissa sa tête basculer en arrière, contre le mur d'enceinte et son regard se perdit dans l'expansion sans fin du ciel.
- Non. Je ne pourrai jamais l'être, même si je le voulais. Je ne peux pas continuer à renier mon héritage. Aucun de mes héritages.
Il parlait à la fois de son ADN Saiyan, les exploits de son père, le fait que sa mère était une princesse, ou encore le fait qu'il pouvait détruire un système solaire entier sans même employer le moindre effort.
- Je ne sais pas ce que je veux. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas qui je veux être. C'est un conflit incessant entre les attentes des autres et… moi. Je ne suis pas un guerrier comme papa ou toi. Je ne suis pas juste un génie comme Bulma. Je ne suis pas un prince comme Vegeta. Pourtant, je suis aussi tout ça, mais je ne le suis pas non plus… C'est… perturbant.
Piccolo laissa s'échapper un de ses rares rires. Gohan était à la fois la personne la plus unique et la plus compliquée qu'il ait jamais connu.
- Tu as le pouvoir et la technique d'un guerrier, mais tu n'en es pas un : tu es un protecteur. Tu te bats uniquement pour protéger ce qui t'es cher. Ton père, lui, se battait aussi juste pour l'exaltation du combat. Ton intelligence surpasse celle de tous les imbéciles que tu côtoies dans ton établissement scolaire, tu es comme Bulma ou son père au niveau de l'intellect, mais ta passion n'est pas uniquement dans les sciences.
L'ancien roi démon s'arrêta un instant, sentant trois énergies non loin. Il entendit le murmure des adolescents dont Gohan parlait lorsqu'il racontait ses journées à Satan City. Cela faisait quelques minutes qu'ils étaient là, mais, voyant que son élève ne réagissait pas à leur présence, il continua.
- Ton intelligence, tu l'utilises pour aider les autres.
- Bulma et M. Brief aussi. C'est pour ça qu'ils ont créé la Capsule Corp.
- Certes, mais ils aiment inventer pour le principe d'inventer aussi. Toi, tu utilises tes connaissances uniquement pour le plus grand bien.
Gohan fronça les sourcils. Il n'était pas d'accord avec son mentor, mais il ne dit rien.
- Vegeta est un prince, mais le prince d'une race morte. On ne peut pas compter trois hybrides comme constituant un royaume, après tout. Le royaume de ton grand-père est encore bien présent…
Piccolo entendit trois exclamations silencieuses à ces mots.
- Et, honnêtement, tu ferais un meilleur dirigeant pour ces humains que Vegeta.
- Il aurait fait un bon roi pour les Saiyans, défendit Gohan.
- Mais les Saiyans ne sont plus, ajouta Piccolo, toujours la voix de la raison.
Gohan soupira. Il ne voulait pas se disputer avec son mentor. Et il savait que s'il commençait à argumenter avec lui, leur conversation se changerait en confrontation. Il croisa les bras et se redressa.
- On devrait retourner auprès des autres. Maman va s'inquiéter si je ne reviens pas bientôt.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi tu fais tout ce que cette harpie te dit de faire, grogna le Namek bourru, avant de s'éloigner un peu de son élève.
- C'est ma mère, argumenta Gohan, légèrement agacé par l'insulte envers sa mère. Elle est peut-être excentrique, bruyante et agressive, mais tout ce qu'elle fait, c'est pour sa famille. Vous oubliez trop souvent ce qu'elle a dû endurer depuis mes quatre ans.
Piccolo hocha de la tête et posa une main griffue sur l'épaule de Gohan.
- Excuse-moi, petit. Je ne voulais pas t'offenser.
- Je sais. C'est juste que… je n'aime pas quand on dit du mal d'elle, tu sais ?
Depuis qu'il avait rencontré toute la troupe d'amis de son père, ils avaient toujours qualifié Chichi et folle ou de surprotectrice. Ce qu'ils oubliaient, c'était que la pauvre femme avait perdu son mari et son fils (qui n'avait à l'époque que quatre ans, rappelons-le) ; son mari, parce qu'il était mort, et son fils, parce qu'il avait été enlevé par l'ennemi juré de son père. Puis, Gohan avait dû se battre pour protéger la planète d'extraterrestres plus puissants que chacun d'eux, et avait été témoin de la mort de plusieurs personnes sous ses yeux.
Après ça, il était parti sur une autre planète pour ressusciter l'homme qui l'avait kidnappé et avait fait face à un tyran intergalactique cruel et puissant, assistant cette fois à un génocide. Et quand tout ce fiasco fut terminé, elle avait dû s'occuper seule d'un enfant traumatisé pendant plus d'un an parce que Goku avait décidé de rester dans l'espace pour apprendre une nouvelle technique.
Finalement, la cerise sur le gâteau, la pauvre Chichi avait perdu son époux une troisième fois, et cette fois pour toujours, alors qu'elle était à nouveau enceinte d'un demi-Saiyan et que son fils de onze ans était abattu par la culpabilité qu'il ressentait sur tout ce qui s'était passé quand il avait dû, encore une fois, se battre contre un ennemi qui voulait anéantir tout ce qu'il aimait.
Son Gohan comprenait sa mère, c'était l'une des raisons qui le poussaient aussi à faire tout ce qu'elle lui demandait – ça et la culpabilité qu'il ressentait encore face au trépas de son père. Chichi était une femme forte, certes, mais son cœur avait été brisé encore et encore. Elle ne méritait pas l'opinion que beaucoup des amis de son époux avaient sur elle.
La conversation finie, le jeune homme décida de repartir en direction des stands de nourriture, où il savait qu'il retrouverait les autres. Piccolo resta un peu en retrait et se retourna vers les adolescents qui avaient espionné leur conversation quand le jeune homme fut assez loin.
- Vous pouvez sortir. Je sais que vous êtes là.
Une jeune fille avec des cheveux noirs séparés en deux couettes et les yeux qui oscillaient entre le bleu et le violet fut la première à s'approcher du Namek, une expression de défi sur le visage. Derrière elle, deux blonds, un garçon et une fille, suivirent timidement. Tous trois étaient intimidés par la présence imposante de l'ancien roi démon, même si Videl essayait de le cacher du mieux qu'elle le pouvait.
Elle savait de qui il s'agissait. Piccolo junior, finaliste lors du 23e Tenkaichi Budokai, fils du roi démon Piccolo Daimao, qui avait failli conquérir le monde quelques vingt-cinq ans plus tôt. Cependant, elle ne dit rien aux deux autres. Elle était curieuse de savoir comment Son Gohan connaissait quelqu'un comme Piccolo.
- Si vous voulez en savoir plus sur Gohan, pourquoi est-ce que vous ne lui parlez pas, plutôt que de l'espionner comme vous le faites ?
La voix calme et profonde du Namek n'avait aucune colère, mais n'en était pas moins méprisante (en-dehors de Gohan et Dende, il n'aimait personne, mais il tolérait les Z-fighters à cause de leurs expériences communes). Il croisa les bras et toisa les humains, attendant d'entendre leur raison.
- C'est juste… que, bégaya une Erasa un peu apeurée, on ne sait pas grand-chose de Gohan… et chaque fois qu'on lui pose… des questions… sur lui… il les évite…
L'homme vert haussa une arcade sourcilière.
- Alors vous l'espionnez.
Erasa eut la décence de rougir.
- Eh ! Moi j'ai rien demandé, s'exclama Sharpner. Je me fiche de savoir quoi que ce soit sur le petit génie. C'est elles qui m'ont tiré jusqu'ici.
Piccolo exhala, essayant de rester calme.
- Et ils s'étonnent que Gohan ne veuille rien leur dire, marmonna-t-il assez fort pour que les trois l'entendent. Ces humains sont vraiment agaçants… Je ne sais pas comment il fait pour les supporter.
Il fit voler sa cape autour de lui et suivit la direction qu'avait prise le jeune homme un peu plus tôt.
- Wow… Gohan a vraiment des amis bizarres, remarqua Erasa.
Les deux autres acquiescèrent en silence.
