Kuroro ne tenait plus en place, il était nerveux dans un état d'impatience extrême, si bien qu'il n'arrêtait pas de faire les cent pas dans ce qui fut autrefois le repère à la brigade fantôme.

« Il est en retard, maugréa-t-il, le jour où je lui avait dit être ponctuel ... cet imbécile.

- Hé, calme-toi, lui répondit la voix chantante d'Irumi, il ne dépasse pour l'instant l'heure convenue uniquement de quatre minutes et dix-sept secondes. »

Le chef de la brigade soupira. Pourquoi fallait-il donc qu'Hisoka soit en retard ce jour là ? Il l'aurait toléré tout le temps, mais pas aujourd'hui. Le jour J. Celui que Kuroro attendait depuis maintenant presque quatre mois. Le jour où le magicien devait entrer dans Greed Island, et partir à la recherche de l'exorciste. Il laissa s'échapper un soupir mécontent et s'apprêta à s'asseoir sur une pierre quand un bruit de pas retint son attention. Hisoka émergea de la pénombre, un petit sourire en coin.

« Tu es en retard, lui fit remarquer le chef de la brigade avec humeur.

- Ah oui, désolé, lui répondit le joker d'un ton désinvolte, j'ai rencontré ... des amis. »

Kuroro arqua un sourcil :

« Des amis ?

- Quoi, jaloux ? »

Le chef de la brigade leva les yeux au ciel. Évidemment qu'il était jaloux, et c'était de la faute du joker !

« Tu raconte n'importe q ... hmpf. »

Le joker le coupa dans sa réplique d'un baiser, profitant de l'ouverture de sa bouche pour y glisser sa langue, la faisant sensuellement valser avec sa jumelle. Kuroro ferma les yeux non sans les avoir au préalable levés au ciel, avant de répondre tendrement à l'appel sensuel d'Hisoka.

« Si je vous gêne surtout dite-le moi. »

Hisoka et Kuroro interrompirent leur baiser et tournèrent leur tête dans un mouvement synchrone vers l'assassin, qui avait croisé ses jambes, son coude sur ses cuisses, son menton appuyé sur sa main, et qui les regardaient d'un air désinvolte et presque ennuyé.

« Oui, en effet, ce serait même vraiment bien si tu pouvais partir. Immédiatement, lui répondit le joker, laissant un sourire méchant sur son visage.

- Hisoka ! le tança Kuroro

- C'est pas moi qui ai demandé à venir, répliqua Irumi. D'ailleurs, qu'est-ce que je fais ici ?

- Il fallait bien que je te rencontre une dernière fois avant de partir, non ? C'est bien toi au départ qui voulait des nouvelles. »

Irumi avait en effet appelé le magicien un mois auparavant pour connaître l'avancement de leur projet, et ce dernier, bien décidé à contrarier l'assassin, lui avait répondu qu'il lui « donnerait sa réponse en temps utile ».

« Un simple coup de fil aurait suffit. J'étais juste curieux de savoir pourquoi votre entreprise ayant débutée au mois de novembre ne s'achève que maintenant, c'est-à-dire début janvier. Vous en avez mis du temps !

- C'est que ..., commença le chef de la brigade. »

Comment pouvait-il bien expliquer ça à l'assassin ? En effet, dire qu'ils avaient perdu du temps était un doux euphémisme ... Il avait convenu avec Hisoka qu'ils se verraient trois fois par semaine afin de finaliser leur programme, de donner les directives générale à transmettre aux membres de la brigade, de trouver un moyen de retrouver ceux-ci rapidement, etc. Dans l'esprit de Kuroro, cela aurait dû durer une semaine, voir deux tout au plus. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que chacune de ces rencontres s'étaient rapidement terminées dans le lit de Kuroro ou d'Hisoka au bout d'une vingtaine de minutes, après un effort particulièrement éprouvant de la part deux hommes pour se retenir de sauter sur l'autre. Ils avaient donc décidé d'instaurer une règle ayant pour but d'augmenter leur temps de travail : le premier cédant à ses pulsions lubriques se ferait dominer par l'autre. Cela eu plus ou moins l'effet escompté : leur temps de travail augmenta tout au plus de dix minutes... A sa grande satisfaction, Kuroro s'était vu remporté une bonne partie de ces paris aux enjeux douteux, son tempérament moins explosif que celui du joker l'ayant doté d'une patience qu'il aurait qualifiée de surhumaine dans ces moments-là.

« ... On a rencontré un ... imprévu ?

- Ça va, pas la peine de me faire un dessin, j'ai compris, répondit Irumi sans sourciller, Bon, dit-il en se levant, je ne vais pas tarder non plus.

- Tu t'en vas déjà ? Mais tu viens à peine d'arriver.

- Non Hisoka, lui répondit l'assassin, TU viens d'arriver, moi j'attends ici avec Kuroro depuis une demi-heure. Et puis j'ai eu ce que je voulais savoir, je n'ai plus de raison de rester ici, et une montagne de boulots plus ennuyeux les uns que les autres m'attend.

- A la prochaine alors, murmura Hisoka.

- Bon courage à toi ! ajouta t-il en tournant les talons avant de quitter le repère. »

Les deux hommes écoutèrent le bruit de ses pas s'amenuiser. Une fois qu'il fut assez éloigné, Hisoka saisit brutalement son amant par le col de son long manteau noir et en un éclair, le plaqua sans ménagement contre le mur, et écrasa ses lèvres sur les siennes. Le chef de la brigade, surpris par cette initiative repoussa le magicien, et, dans un ultime effort, réussit à décoller ses lèvres de celles du joker, qui en profita pour les déporter dans le cou tendre de l'homme aux yeux gris.

« Hi... Hisoka, crétin ! Arrête !

- Pourquoi tu crois que j'ai chassé Irumi ? demanda sensuellement le joker en léchant le cou de son compagnon, remontant toute la longueur de celui-ci lui arrachant un gémissement langoureux.

- Non, répondit le chef de la brigade avec cette fois plus de fermeté, pas maintenant, il faut que tu partes !

- Tu es tellement pressé de te débarrasser de moi ?

- Non, mais je veux retrouver mon nen et la brigade !

- Ça va, ça va, j'ai compris, soupira le joker en s'éloignant à regret, alors ? Où se trouve mon entrée vers le jeu ? »

Kuroro lui désigna d'un signe de tête un boité gris et une carte mémoire à coté.

« Tu as juste à activer ton nen, insérer la carte et ...

- Oui oui ... »

L'homme aux cheveux noirs fronça les sourcils et soupira.

« Qu'y a-t-il ? demanda le joker, un problème ?

- Non, je me disais juste que comme du temps où tu faisais encore partie de la brigade, tu n'écoutes vraiment rien ... Et c'est plutôt énervant, idiot va.

- Je ne t'avais pas dis un jour que je prendrais chacune de tes insultes pour une déclaration d'amour ?

- C'est ça. N'y crois pas trop quand même.

- Vraiment... »

Le joker se rapprocha, glissa sa main derrière la nuque de son amant et l'attira à lui pour un long baiser, pleinement partagé, empreint de tendresse et de douceur. Hisoka s'étonnait lui-même d'éprouver de tels sentiments à l'égard de Kuroro, mais cela n'était pas pour lui déplaire. Il se détacha au bout de longues minutes à regret de ces lèvres tentatrices, avant de chuchoter :

« Tu vas me manquer Kuroro ... Et tu auras beau prétendre le contraire, mais tu me regretteras aussi... »

Le chef de la brigade garda le silence, savourant le souffle chaud du magicien contre sa bouche, avant de répondre :

« C'est ... c'est vrai, je te dois beaucoup mon nen, mes soirées bien remplies, ma ... »

Hisoka l'interrompit en posant un doigt fin sur ses lèvres :

« Tu me dois tout, Kuroro, tout. »

Le chef de la brigade le regarda surpris, puis sur son visage s'afficha un léger sourire tandis que dans sa tête défilaient les souvenirs des deux derniers mois, où sa vie avait tournée autour d'Hisoka ces longues nuits de folies, ses caresses, ses soupirs, ses mains expertes sur sa chair, et tant d'autres choses encore ... Oui, il lui devait tout, mais même si ce dernier le savait pertinemment, il se garda bien de lui avouer. Il le repoussa doucement, et déclara dans un sourire malicieux :

« J'attend ton retour avec impatience, Hisoka. Je ne voudrais pas que mon lit reste vide trop longtemps. »

Son amant esquissa un sourire, puis, déploya son aura avec grâce en se saisissant de la carte mémoire, qu'il enfonça dans la console. Kuroro eu tout juste le temps d'apercevoir le regard brûlant qu'il lui envoya avant de disparaître en un éclair, laissant Kuroro seul dans la pièce. Il resta une longue minute à fixer le boitier gris ayant emmené le joker, puis s'assit sur la pierre en face, un sourire entre la satisfaction et la nostalgie sur le visage. L'attente promettait d'être longue ...


Et voilà, cette fic est finie ! Un petit mot pour la fin ? Euuuuh, désolée pour avoir mis autant de temps à l'écrire, mais mieux vaut prendre son temps et faire bien, que d'écrire vite et bâcler. Merci infiniment à tous ceux qui l'ont suivie et m'ont soutenue, vos reviews gentilles m'ont bien encouragée ^^