Alors déjà désolée pour ce retard, mais j'ai eu du boulot à n'en plus savoir que faire ( oui alors que certains étaient en vacances, certaine comme moi bossait... vie injuste ! U_u ;) ). Alors merci pour tous ceux qui ont pris le temps de lire la suite de cette histoire et pour ceux qui ont pris le temps de reviewé. Ce chapitre 8 va être du point de vue de Quinn, j'ai adoré écrire la fin ( allez savoir pourquoi =D ). J'espère qu'il vous plaira !

heyaland : C'est vrai que j'ai mis aussi le point de vue Brittany pour faire le point par rapport à son comportement "indifférent". Le mystère va se dévoiller petit à petit sur le pourquoi du comment, dans les chapitres qui vont suivre ;) J'espère que la suite te plaira =)

Hana : Merci beaucoup ( beaucoup ) pour ta review, ça fait toujours extrèmement plaisir ce genre de choses. Pour ce qui est des histoires, généralement j'aime passer du "positif" au "négatif" même si bien sur, je préfère largement le positif des relations, mais le négatif permet de faire naître de nouvelles intrigues à l'histoire. Donc oui il y aura encore du drame, que j'essaierais de compenser en espérant que ça te plaise =)

Nayanna 3 : Merci pour ton message, je me répète à chaque fois, mais ce genre de message c'est...Bouh je ne sais pas comment m'exprimer pour le coup, mais ça fait toujours "quelque chose" ( de positif comme tu peux t'en douter ;) ). En tout cas je suis vraiment contente que ça te plaise. Et pour ce qui est du Sugar/Santana, c'est vrai qu'à un moment donné j'ai vraiment hésité mais c'est vrai que ça me plaisait moins qu'avec Brittany. ( Pas de là à aller jusqu'à l'inceste mdr ;) ).

Naze : J'imagine ;) mdr Je suis contente que tu ai aimé en tout cas ! =) Je préfère aussi changer de point de vue à chaque fois, pour les raisons que tu as cité, je trouve qu'on peut ainsi mieux comprendre ce qu'il se passe, et bien souvent ça peut aider au niveau de l'histoire =)

Achele : Merci pour ton message =) Je suis contente que ce chapitre t'ai plu en tout cas ! j'espère que la suite te plaira tout autant ^^


POV QUINN

La sonnerie se fait entendre. Elle prie dans un concert assourdissant les élèves de se rendre en cours. Assise sur le rebord du toit du lycée, j'échappe ainsi au mouvement des personnes qui se bousculent en bas pour entrer dans l'établissement. En dehors de ce tumulte, mon regard s'égare sur des silhouettes familières. Tina rit aux éclats alors que Mike entame un pas de danse consciemment ridicule. Le reste ne semble pas les inquiéter. Tout semble si facile pour eux. Puis des cheveux blonds attirent mes yeux vers le visage d'une Brittany souriante. Elle pousse Artie qui semble plonger dans un long monologue dont il a le secret. Et quelque chose cloche dans ce tableau. Peut-être parce que je ne les imagine pas du tout ensemble. Ou les cassures de son sourire. Aveuglée par sa souffrance, Santana n'a vu dans l'attitude de Brittany qu'une manière de s'éloigner d'elle. Pourquoi fait-elle ça ? Et que met-elle autant de cœur à cacher ? Voilà les vraies questions.

Une silhouette arrive précipitamment et trébuche. Je me relève mais me détend quand je comprends qu'elle n'a rien. Sugar se relève tant bien que mal, sous les rires d'idiots aux muscles certainement plus développer que leur matière grise. Pourquoi certaines personnes pensent-elles obligatoirement devoir écraser les autres pour exister ? Cette attitude, cette lâcheté, je la comprends peut-être. Le besoin de se sentir important, « cool », aux yeux du monde. Et à un moment de ma vie, j'ai même dû me cacher derrière cela. Mais je ne l'accepte plus aujourd'hui.

J'ai bien envie de descendre leur montrer ma manière de m'amuser. Mais « atterrir » devant eux devant des centaines de regards amèneraient sûrement des questionnements auxquels je ne pourrais répondre que par monosyllabes idiotes. Quand je tourne à nouveau le visage vers Sugar, une personne l'aide à ramasser ses livres en lançant des regards noirs aux pauvres types en face d'elles. Une personne « particulière ». Mais particulière pourquoi ? Et surtout pour « qui » ? Rachel sourit gentiment à Sugar qui le lui rend, sans avoir l'air de faire attention aux dire des garçons.

Alors qu'elles se relèvent toutes deux, la silhouette de Mercedes apparaît. Comme si Sugar n'existait pas, elle passe devant elle et entraîne Rachel à sa suite, qui surprise n'a pas le temps de réagir. Et je ne sais pas ce qui me déplaît le plus. Le fait qu'elle ait la confiance et l'amitié de Rachel ou son comportement indifférent cachant quelque chose de plus profond dont je devine les contours.

Nous avions été amies. Avant qu'elle ne commence à changer. Je n'avais pourtant rien remarqué, trop occupée à me préoccuper de moi-même, laissant passer mes problèmes pour des crises existentielles, comme toutes adolescentes qui se respectent. Et pourtant. Son mal être à elle, plus silencieux, n'en avait été pas moins destructeur pour elle. La rongeant comme un poison. Sa tentative de suicide avait été déguisé subtilement par notre principal et l'équipe scolaire en déménagement rapide. J'avais été l'une des seules élèves à savoir la vérité. Et quand elle m'avait explosé au visage, je n'avais pu que regarder le processus déjà trop avancé continuer son carnage. Comment, moi, celle qui était censée avoir été son amie n'avais-je pus rien voir venir ? Quand ce jour-là, j'étais allée la voir à l'hôpital, j'avais compris. Je me souviendrais toujours de ses yeux et de leur lueur, seulement animés par la colère et l'amertume. Des termes dirigés contre ce monde qui la mettait au supplice, contre cette école, contre moi, qui n'avait rien vu. Ce soir-là, ses yeux avaient accompagnés mes cauchemars dans lesquels Mercedes allait dans un endroit sombre où je ne pouvais la suivre. Je m'en étais voulu longtemps. Je m'en voulais toujours.

Tout cela me fait penser que je dois rejoindre Will Schuester. Je redescends par l'échelle de secours et me laisse tomber discrètement sur la pelouse verte qui entoure le lycée. Alors que je me dirige vers l'entrée, j'aperçois à nouveau Sugar. Et l'un des idiots devant elle, l'un de ses livres à la main.

- Hé minette, t'a laissé tomber ton livre…

Arrivant juste derrière lui, je récupère le livre de Sugar avec habilité avant de me diriger vers cette dernière.

- Toi tu ne…

Quand je me retourne, sa voix s'éteint presque instantanément. Je lui lance un regard dédaigneux, exprimant tout ce que je ressens pour les types comme lui.

- Casses-toi.

Je ne prends même pas le temps de voir s'il m'a écouté et escorte Sugar jusqu'au Lycée. Elle me suit, un sourire sur les lèvres.

- Tu n'étais pas là ces derniers jours. Tout va bien ?

- Oui. Une simple petite grippe, je lui réponds le plus naturellement du monde.

Elle me lance un regard en coin pour bien me faire savoir qu'elle n'en croit pas un mot. Pourtant, elle n'ajoute rien et je l'en remercie silencieusement.

- J'ai vu Rachel il y a quelques minutes.

Je tique légèrement à l'épellation de son prénom et essaye de garder un visage neutre. Et elle continue.

- Elle avait l'air préoccupée la semaine dernière.

Plus ou moins subtilement, elle essaye de me faire comprendre quelque chose. Je ne peux cacher ma surprise. Elle a cet air, un peu malicieux. Comme si elle savait. Elle stoppe et me sourit gentiment.

Je prends le soin d'avoir un air détaché avant de répondre une phrase qui me reste pourtant en travers de la gorge. Et le seul son que je peux sortir est un « oh » qui masque le sourire que j'ai moi aussi envie d'avoir à cette nouvelle.

Je laisse Sugar aller en cours et me dirige vers la classe de Schuester. Il est là, seul, ses yeux posés dans un vide que je ne peux atteindre. Je ferme la porte derrière moi et il ne tourne même pas les yeux.

- Bonjour Quinn.

Sa voix a des accents où il laisse, peut être volontairement, filtré une préoccupation importante. Je m'assois devant lui et un silence s'installe. Et je ne peux empêcher mon esprit de divaguer. Dans ces moments, où tout se remet en jeu, j'aimerais pouvoir avoir quelque chose de doux auquel me raccrocher. Quelque chose de vrai. Mr Schuester, ma famille, même le glee club, je me cache volontairement à leurs yeux derrière une carapace qui ne pourra jamais être franchie. Et à ce moment précis, je me sens affreusement seule. Moi, la froide Quinn Fabray ne le suit plus autant qu'avant. Quelque chose, tapit au fond de moi réveille un feu qui m'affaiblit considérablement. Qui me rend plus réceptive. Fissure le fossé que j'ai créé entre moi et le monde. Et je ne sais pas d'où peut venir ce sentiment.

Je reviens à des pensées plus contrôlables et sort un dossier de mon sac pour le poser devant Schuester. Il le prend dans ses mains et l'ouvre en lisant le mot écrit en rouge qui s'étale sur la couverture.

- Confidentiel ?

- Ils n'ont rien voulu me dire. Le secret médical a semblé infranchissable alors j'ai décidé d'emprunter certaines informations.

- Emprunter ? sourit-il dans ma direction.

- Pour une durée indéterminée.

- Je vois…

Il lit pendant un moment les écrits puis m'interroge du regard.

- Dans la première partie du dossier, le Docteur Fitzgerald, celui qui lui a été assigné fait état d'un comportement agressif, d'une tendance à l'autodestruction. Le début de ses écrits sont désastreux, pour lui il y avait un trop faible taux de chance qu'elle s'en sorte si elle restait dans cette « optique là ». Il le marque d'ailleurs ici, qu'il se sent submergé et que ça va au-delà de ses compétences. Et puis là…

Je tourne quelque page et pointe du doigt le passage que je veux lui montrer.

- Son discours change inexplicablement. Soudainement, il ne voit plus aucune raison de la garder à l'intérieur de l'hôpital. Pour lui tout va extrêmement bien. Regarder les dates. Juste une semaine entre ses deux discours.

- Tu penses qu'il s'est fait manipulé ?

- Même un idiot n'aurait pas marché. Non, quelque chose d'étrange s'est passé. Beaucoup trop de choses ne collent pas.

Son front se plisse et fait apparaître une ride inquiète.

- Tu as raison. Une telle colère, ça ne s'envole pas comme ça.

Il veut ajouter quelque chose mais il se retient un instant.

- Vous pensez à votre plan c'est ça ?

- C'est la seule solution qui m'apparait. Demain…

- Déjà ?

- Nous ne pouvons plus tarder Quinn. Je demanderais au principal Figgins de convoquer Mercedes pendant notre cours. Elle ne doit absolument pas lire en toi et deviner ce que tu essayeras de faire quand tu mettras notre plan…en action. Je ne veux pas qu'elle puisse se douter de quoi que ce soit avant qu'on comprenne un peu plus toute cette histoire.

Ma tête se baisse malgré moi alors qu'un étau enserre ma poitrine douloureusement. Ce plan…ce que je vais faire, ce sera tout perdre. Tout perdre pour essayer de les protéger. Tous.

- J'espère, dis-je avec un sourire triste, que vous savez ce que vous faites.

- Je suis désolée Quinn.

Et malgré la sincérité de ses paroles, il se doit de rester ferme sur sa décision. Même si il sait que j'aimerais l'entendre me délivrer de tout cela. Mais il ne peut pas, quel que soit le mal que cela peut lui faire. Que cela peut me faire.

La journée passe ainsi, bercée par les derniers mots de Schuester, qui dansent dans ma tête comme une épée de Damoclès. Attendant le moment adéquat pour s'abattre sur tout ce qui m'est cher. Quand je rentre ce soir-là, je ne prends pas le temps de saluer quiconque, grimpant les escaliers avec une lassitude comparable à ma peine. Je me jette sur mon lit plus que je ne m'y allonge, épuisée. J'aimerais tant, à cet instant, pouvoir tout oublier, et je ne sais comment faire. A ce moment précis, mon téléphone brille et éclaire un instant l'obscurité ambiante. J'hésite un instant avant que la curiosité ne l'emporte. Le destinataire du message m'apparait et je ne peux que sourire, malgré le contenu légèrement inquiétant du message.

J'enfile rapidement une veste à capuche avant de me glisser par la fenêtre de ma chambre. Une petite bruine m'accueille au dehors, en même temps qu'un froid mordant. Mon corps se laisse attirer par le sol sans qu'une once de peur ne me traverse. Mes pensées se libèrent de leurs contraintes, de tout ce qui d'habitude me laisse clouer au sol, et ainsi la liberté m'aspire vers des hauteurs que peu d'humains peuvent apercevoir aussi clairement. Voler me donne toujours cette impression étrange. Au creux de moi. Comme un vent intérieur et libérateur, la sensation de pouvoir échapper à ces questions effrayantes qui mènent parfois les existences humaines à se laisser envahir par la peur.

J'arrive dans ce quartier que j'ai appris à connaître si bien ces derniers mois. Toute comme la devanture de sa fenêtre. Ou les aspérités de l'arbre en face de cette dernière, sur lequel je m'installe le plus souvent en attendant qu'elle m'ouvre. Aujourd'hui je n'ai même pas à attendre. Elle devait patienter devant les vitres de sa fenêtre, car à mon arrivée, celle-ci s'ouvre brusquement avant que des bras ne me tirent vers l'avant et que je n'atterrisse sur un parquet qui craque sous l'arrivée brutal de mon corps. L'espace d'un instant nos regards se cherchent, puis se rencontrent. La lumière tamisée de sa chambre donne aux contours de ses yeux une couleur d'une intensité qui me donne l'envie de ne jamais m'en séparer. Et cette faiblesse, qui se réveille à nouveau m'écrase le cœur d'une délicieuse douleur. Nous nous faisons face. Un instant je voudrais pouvoir savoir ce qu'elle pense. Ce qui se cache derrière son air indécis. Elle se reprend trop vite pour que j'ai le temps de deviner quoi que soit. Un air colérique sur le visage, elle s'avance vers moi, comme excédée.

- Tu aurais dû venir en voiture !

Elle va dans la salle de bain qui jouxte sa chambre et en l'attendant, j'enlève ma veste que je pose près de sa fenêtre. Je flâne quelques secondes à travers sa chambre que j'ai pourtant mainte fois parcourue. Peut-être pour trouver des réponses aux questions muettes que je me pose. Pourquoi, elle, Rachel Berry, arrive-t-elle à faire naître cela chez moi ? Cette chose incompréhensible ? Qu'a-t-elle de plus qu'une autre n'aurait pas ? Qui a-t-il chez elle, quel pouvoir, qui puisse me mettre à genoux ? Je finis par m'asseoir sur son lit, alors qu'elle revient, une serviette de bain dans l'une de ses mains. Elle commence par la déplier quand elle remarque le sourire en coin que j'affiche.

- Quoi ? demande-t-elle agacée.

- Serait-ce de l'inquiétude que je vois, Rachel Berry ?

Elle souffle en me lançant la serviette à la figure. Je commence à me sécher les cheveux quand elle se met à tourner en rond, un air préoccupé sur le visage.

- Ton message avait l'air plutôt urgent. Tu parlais de Mercedes ?

- J'ai…

Elle s'arrête et, un instant, ses yeux fixent un point invisible.

- Je pense qu'elle se doute de quelque chose, lâche-t-elle en posant son regard sur moi.

- Sur…nous deux ?

- Non, sur les deux voisines…mais bien sûr sur nous deux !

Malgré la situation, je ne peux empêcher un léger rire de s'échapper de mes lèvres. Son regard courroucé m'oblige pourtant à reprendre rapidement mon sérieux.

- Qu'est ce qu'elle t'a dit ?

- Elle était…je ne sais pas comment décrire ça…

Rachel n'arrête pas. Ses pas la font lentement tourner en rond. Elle semble chercher une réponse aux inquiétudes qui la taraudent.

- Nous parlions de choses et d'autres. Elle a commencé à parler du fait que j'avais encore du mal avec mon pouvoir. Et à partir de là, elle m'a demandé comment tu allais.

- Et qu'as-tu répondus ?

- Que voulais-tu que je réponde ? Je lui ai dit que c'était à peine si on se parlait. Et elle m'a répondu quelque chose de bizarre… et elle avait cet air…

Ses yeux se perdent à nouveau.

- Elle m'a dit qu'elle pensait qu'on s'était rapproché ces derniers temps. Rien n'aurait pu lui faire penser ce genre de choses. J'ai peur qu'elle est pu deviner quelque chose quand j'ai essayé d'utiliser mon pouvoir…

Elle s'arrête instantanément et ses yeux fixent les miens, curieux de savoir ce qu'elle a eu soudainement si peur de me dévoiler.

- Pourquoi cela ?

Elle se crispe comme si cette question avait pu la blesser. Je me bats contre l'envie puissante qui voudrait faire avouer à Rachel ce qui la rend tellement mal à l'aise. Mais quelque chose, au fond de moi, me contraint de ne pas l'acculer d'avantage. Je décide donc de passer outre ce que j'ai terriblement envie de découvrir.

- Essaye de faire attention.

- A Mercedes ?

Elle recule légèrement. Et je comprends qu'elle n'est pas prête à comprendre que quelque chose ne va pas. Qu'elle a pu passer à côté de cette chose qui nous a échappé à tous.

- Pourquoi ? me lance-t-elle déjà sur la défensive. C'est notre amie…

- Fais juste attention, j'insiste quand même.

- Tu dis ça comme si elle pouvait être volontairement mauvaise.

- Je n'ai pas dit ça…

- Si elle a découvert quelque chose, elle fait seulement ça pour me prévenir.

- Ah oui ? Je lui demande un air bravache sur le visage. Et de quoi ?

- Que je fais une erreur ! Que je vais finir par gâcher ma vie à continuer cette mascarade avec toi ! lance-t-elle d'une voix forte.

Piquée au vif, je ne réponds pas de suite. Blessée, plus que je ne veux bien le montrer. Ses paroles m'atteignent et ce feu qui s'empare de moi finit par me brûler, entamer quelque chose à l'intérieur. Cette douleur voudrait me faire réagir, me faire attaquer à nouveau, comme j'en ai tellement l'habitude avec les autres. Alors pourquoi ai-je tellement de mal à lui renvoyer ses satanées paroles à la figure ?

- Fais ce que tu veux…

Je me relève. Je vais m'en aller. Je n'ai même pas la fierté nécessaire pour répondre quelque chose qui me mettrait à l'abri du doute que je vois s'immiscer dans ses magnifiques orbes sombres. Quand elle comprend que je vais partir, j'aperçois quelque chose. Une chose tapit qui se réveille soudain. Un feu qui illumine quelque chose. Un espoir qui ne veut s'éteindre. Elle me bloque et nous nous retrouvons toutes deux, à seulement quelques centimètres l'une de l'autre. Je sens son souffle qui se bloque. Je baisse mon regard vers elle. Les traits de son visage, la forme de sa bouche, le grain de sa peau. Tout chez elle m'appelle.

- Pourquoi…

Son murmure transperce le silence qui s'était installé.

- Pourquoi est-ce que je ne peux pas ?

Et je ne sais si c'est à moi ou pour elle-même qu'est vraiment destinée cette question. Ce qui est certain, c'est que cela m'emplit instantanément d'un frisson puissant, qui enflamme ma peau de ce feu qui n'a de cesse de me mettre au supplice. Elle pose une main sur mon ventre qui se contracte presque instantanément, me faisant légèrement reculer jusqu'au rebord de son lit.

Nous nous arrêtons. Et le temps semble suspendre son vol. Arrêter son cours. Ma main se penche sur son visage, et l'emprisonne, l'effleurant. La touchant à peine, laissant son souffle s'infiltrer à travers les contours de mes doigts. Elle répond à cette invitation silencieuse en me poussant légèrement en arrière, me faisant m'asseoir sur le lit. Et son regard embrasé n'a de cesse de donner des ratés savoureux à mon cœur. J'ai envie d'elle. Furieusement. Atrocement. J'ai envie de sa peau, de sa bouche, de son être. D'elle.

Elle enlève la robe qui l'habille encore. Lentement. Doucement. Sans me perdre du regard. Me mettant au défi de céder à cette tentation délicieuse Son shorty et son soutien-gorge noirs sont maintenant seuls à habiller sa magnifique peau hâler par la lumière tamisée qui s'échappe de sa lampe de chevet. Elle répond à mon attente en venant s'installer sur moi, à califourchon, ses cuisses d'une part et d'autre de mes hanches. Elle appuie volontairement son bassin contre le mien. Et je ne peux que fermer un instant les yeux alors qu'une chaleur envahit mon bas ventre.

- Je te veux Rachel.

- Tais-toi, sourit-elle en posant une main sur ma bouche.

Mes lèvres, envieuses de sa peau, dessinent un sourire sur la paume de sa main. Puis l'embrassent. Doucement. Je la sens trembler sur moi. Son corps échappe à son contrôle. Et j'adore ça. Sa main maintenant levée devant mon visage, je lèche lentement sa ligne de vie, puis celle de cœur. Je la sens qui accentue la pression contre mon entrejambe, commençant instinctivement un mouvement léger mais perceptible qui m'enflamme complètement. Elle se colle complètement à moi alors que ses mains descendent le long de mon cou, jusqu'à la naissance de mes seins, les survolant d'une manière lascive avant de prendre les extrémités basses de mon haut et de les tirer vers le haut, enlevant ainsi la première barrière à ma peau. Le haut va s'écraser légèrement à côté du lit, alors que ses mains redescendent à nouveau, encore plus bas. Sa tête se penche vers moi, embrasse mon cou alors que son corps se relève légèrement pour pouvoir laisser ses mains accéder à la fermeture éclair de mon jean. Elle la descend lentement alors que je sens le haut de son corps s'appuyer contre le mien, sa tête tout contre le creux de mon cou, ses lèvres traçant des baisers voluptueux le long de ma clavicule. Quand elle se relève, je la laisse faire à contre cœur alors qu'elle commence à enlever mon jean, qui à la force de ses mains désireuses finit par me laisser dans la même tenue qu'elle. Elle revient vers moi alors que mes bras entourent sa taille pour la ramener un peu plus rapidement vers moi. Elle rit doucement sous mon assaut et son rire est empreint d'une chaleur qui m'envahit toute entière. Elle se place exactement comme tout à l'heure. Et posant mes mains à la naissance de son dos, je l'appuie encore un peu plus contre moi, la faisant gémir d'une délicieuse façon.

- Quinn…

Mon prénom. Entre ses lèvres. Prononcée comme si elle mourrait d'une soif étrange. Et mes lèvres cherchent les siennes alors qu'elle commence à accentuer ses mouvements de bassin contre le mien et que mes doigts viennent danser juste au-dessus de son shorty. Je sens le feu dans ses yeux bien avant de les voir. Elle se laisse complètement aller et ce feu ne me brûle pas, ne faisant que rendre son corps encore plus brûlant qu'il ne l'est à cet instant. Quand nos lèvres se trouvent enfin, se redécouvrent, elle gémit à nouveau fortement contre elles, laissant échapper une douce chaleur de sa bouche. Chaleur que j'aspire alors que mes doigts glissent vers son intimité, trouvant la source d'un plaisir qui n'a de cesse d'amplifier nos mouvements communs l'une vers l'autre. Dans une danse qui m'emporte complètement.

Et tout à changer maintenant.

Contre ma bouche, elle le dit encore. Mon prénom. Comme un aveu. Comme si, au-delà de ses syllabes, quelque chose d'autre était né. Avait grandi.

Et nos regards ne se quittent plus.