POV Violette

Mes chaperons arrivèrent chez moi 10 minutes après que j'ai commencé mon bouquin, je leur ouvris la porte et Emmett me serra chaleureusement contre lui, comme il en avait l'habitude. Rosalie quant à elle me fit un grand sourire qui me troubla pendant qu'elle déposait une bise sur chacune de mes joues, je frissonnai, j'avais beau être habituée à la froideur de leur peau mais le contact sur la mienne chaude produisait toujours le même effet. Reprenant contenance, je les priai d'entrer, s'ils préféraient faire leur surveillance plutôt à l'intérieur connaissant Em', je suis sûre qu'il allait se poser devant ma télé et jouer à la Playstation c'est ce qui se produisit effectivement, le gros nounours campait ses positions exactement là où je m'y étais attendue, sa moitié quant à elle avait pris place sur une chaise et m'invita à m'asseoir à ses côtés. Je déglutis et m'installai là où elle me l'avait demandé, je la regardai quelques secondes puis baissai les yeux sur mes mains que je commençai à entortiller, signe que j'étais mal à l'aise. Comment auriez-vous réagi à ma place ? Je retenais Alice de m'avoir mise au courant pour les vues qu'avait sa sœur sur moi… résultat, je n'arrivais pas à me comporter normalement en sa présence.

- Quelque chose ne va pas Violette ?

- Non, tout va bien. Je me rends utile pour une fois que j'en ai l'occasion, c'est tellement rare...

- Alors pourquoi ton cœur bat aussi vite si tout va bien ?

- Je suis juste un peu stressée par la journée qui m'attend demain, elle risque d'être plus chargée que d'ordinaire si notre ennemi monte à l'appart. Je sais que vous serez là pour me protéger mais je ne suis pas à l'abri que notre plan ne marche pas comme prévu.

- C'est vrai, mais tu sais bien qu'aucun de nous ne te laissera mourir, tu comptes beaucoup pour notre famille et en particulier pour moi, prononçant les derniers mots tout bas.

Si j'avais été en train de boire à cet instant, j'aurais involontairement craché ma gorgée sur celle qui me faisait face. Elle osait enfin m'avouer de vive voix qu'elle tenait énormément à moi… mais dans quel pétrin j'étais encore allée me fourrer ? S'il m'arrivait quelque chose que je n'avais pas souhaité cette nuit, j'en tiendrais Alice pour unique responsable et je le lui ferait payer d'une quelconque façon. Bon, Em' est occupé donc je sais qu'il va se tenir tranquille mais sa moitié, que va-t-elle faire pendant que je dormirai à poing fermé ?

- Je vais vous laisser tous les deux, je commence à avoir sommeil, je vous souhaite une bonne nuit,dis-je en me levant puis je rangeais ma chaise.

- Fais de beaux rêves et ne t'inquiètes pas, je ne suis pas loin si tu as un problème.

- Merci,répondis-je avant de monter quatre à quatre les marches me menant à ma chambre.

J'avais l'irréprécible besoin de mettre le plus de distance possible entre elle et moi, le souci c'est que je ne pouvais avoir que quelques tous petits mètres pour nous séparer. Je sautai vite dans mon pyjama puis sous mes draps afin de rejoindre le plus rapidement le pays des songes. Je pensais y trouver une échappatoire mais non, même dans mes rêves, Rosalie était présente et les transformait peu à peu en cauchemars. Je me réveillai alors en sursaut hurlant d'effroi, toute en sueur, malheureusement mon cri alerta la seule personne que je n'avais absolument pas envie de voir… La blonde avait ouvert la porte et vînt s'asseoir au pied de mon lit, sa proximité mettait tous mes sens en éveil, je l'observais dans le noir.

- Violette…

- Oui ?

- Pourquoi as-tu crié alors que tu es loin d'être en danger ?

- un joli cauchemar, rien d'autre,je grimaçai en y repensant.

- Tu veux en parler ?

- Non, non, je n'en vois pas l'intérêt et je ne crois pas que j'en referai un,sur ce je me rallongeai puis tirai les couvertures sur moi.Re bonne nuit, elle sortit et je fermai à nouveau les yeux.

A peine étais-je de retour dans les bras de Morphée que Rosalie faisait à nouveau son apparition, je ne pouvais décidément pas quitter la réalité sans qu'elle ne me rattrape dans mon imaginaire où je cherchais désespérément à fuir loin de la blonde. Elle se rapprochait toujours plus de moi, je ne pouvais pas bouger, j'étais tétanisée par la peur et je savais qu'il était vain de courir car elle me rattraperait sans cesse. Ses iris avaient cette couleur sombre que j'adorai voir dans les prunelles de mon petit lutin mais sur le visage de Blondie, cela avait quelque chose de très effrayant. Je n'aimais guère sa façon de me regarder, je savais qu'elle voulait me faire sienne grâce à sa sœur mais je n'avais aucune envie de lui faire ce plaisir, que ce soit ici ou dans le monde réel. Elle me saisit par les hanches, je demeurai immobile, ses lèvres pulpeuses vinrent s'écraser sur les miennes, je fermais les paupières en grimaçant, elle rompit le baiser pour me fixer quelques secondes. Je la vis ensuite plonger, canines découvertes sur mon cou, j'écarquillai les yeux de terreur, j'ouvris la bouche pour crier mais aucun son ne sorti.

Je me redressai sur mon lit dans un hoquet de surprise, Rosalie apparu aussitôt dans l'entrebâillement de ma porte, elle vint se poser au milieu de celui-ci, je me reculai vivement, me cognant ainsi contre le montant.

- Aïe !

- Tu ne t'es pas fait trop mal ?me demande-t-elle mettant sa main sur ma cuisse.

- Ca… ça peut aller,répondis-je tandis que tous mes membres me criaient : Alerte ! Danger !

Je me bouchai les oreilles cherchant à faire taire toutes ces voix émanant de mon corps qui m'empêchaient de comprendre un traître mot de ce que me disait la blonde, je ne distinguais que ses lèvres se mouvant. Je sentis la froideur de ses paumes se refermer sur mes poignets, elle me les baissa doucement afin d'être sûre que je puisse l'entendre.

-Mais que t'arrive-t-il à la fin ? Tu me donnes l'impression que je te fais peur…

Comment lui dire que suite aux cauchemars que je venais de faire, c'était effectivement le cas ? Il ne fallait surtout pas que je la froisse sinon il y avait de fortes chances pour que ce qui s'était passé en songe ne devienne réalité. Je n'avais plus aucune envie d'être mordue et de me métamorphoser en vampire, l'éternité aux côtés d'Alice m'étant refusée. J'allais devoir rechercher activement la Charlotte dont mon petit lutin m avait dit que c'était mon âme sœur, cela remettrait Blondie à sa place : avec Emmett et non moi. J'ancrai mes yeux dans les siens, j'inspirai un grand coup avant d'oser lui avouer ce que j'avais en tête, en pensant chacun de mes mots :

- Je n'ai pas peur de toi, mais plutôt de ce que tu pourrais avoir envie de me faire,elle arqua un sourcil.

- Comment ça ? Et que pourrais-je bien te faire qui t'effraies à ce point ?

- Eh bien… suite à notre petite discussion de tout à l'heure, lorsque nous étions en bas, tu as dit que je comptais beaucoup pour ta famille et en particulier pour toi.

- Oui et alors ?

- Cela confirme ce qu'Alice m'a révélé juste avant que je ne la laisse en charmante compagnie. Et le fait que je sois à nouveau célibataire te laisse une certaine marge de manœuvre pour agir à ta guise avec moi tant qu'Emm' n'est pas dans la même pièce que nous.

- Ha… je comprends mieux ton comportement à présent. Puis-je faire quelque chose de déplacer et je te promets que je ne la retenterai plus à l'avenir ?

- Hum…j'avais un mauvais pressentiment concernant sa requête mais je finis par acquiescer silencieusement.

Elle se rapprocha un peu plus de la tête de mon lit, son pouce vînt doucement caresser mes lèvres, je frissonnai et maudissais mon corps d'avoir réagit de la sorte, malheureusement, quelque soit la personne qui réalisait ce geste, ma réaction demeurait la même… Elle prit mon frémissement pour une invitation à aller plus loin, ses lèvres remplacèrent alors son doigt, ce qui m'envoya comme une décharge électrique dans toutes les cellules de mon être. Mon cœur en avait raté un battement et cela n'échappa pas aux oreilles de Blondie, il ne cessait de battre comme un dératé, elle rompit le baiser. A la faible lueur que la lumière du couloir projetait dans ma chambre, je pu constater à mon grand déplaisir que ses iris avaient virés au noir le plus profond, comme dans mon cauchemar. Cette ressemblance me fit paniquer, je sortis du lit aussi vite que possible et allais me placer à l'opposer de la pièce afin de trouver quelque chose avec quoi me défendre au cas où.

- Je suis désolée… je croyais que tu en avais envie.

- Moi pas… par contre, mon corps, c'est une autre histoire, il réagit indépendamment de ma volonté, c'est pour cela que j'ai frissonné. Je ne voulais pas te donner de faux espoirs, excuses-moi… Euh j'espère que cela n'a pas gâché l'amitié que nous avons eue du mal à construire ?

- Non, ne t'en fais pas pour ça, je suis déjà contente d'avoir enfin pu connaître le goût de tes lèvres, j'en rêvais depuis un moment…j'esquissai un sourire gêné.

- Rose… Je pense que je vais descendre rejoindre Emm', je n'arrive pas à fermer l'oeil sans faire de cauchemars donc j'abandonne. Je vais tenter de rester éveillée durant les heures à venir et je compte sur toi pour m'empêcher de sombrer.

- D'accord.

J'allai retrouver mon gameur préféré, en arrivant, je tentai de le bourrer un peu afin de pouvoir m'installer aussi sur le canapé, Rosalie me suivant de près.

- Pousses-toi un peu que je puisse être ton adversaire et que je sache si j'ai amélioré mes réflexes pour te résister plus longtemps.

- On va le savoir tout de suite. Match de catch ça te va ?

- Ouep !

Je choisi l'Undertaker et lui Randy Orton, je réussis à lui porter le coup de « la corde à linge » à plusieurs reprise mais cela ne l'empêcha pas de me laminer. Nous passâmes le reste de la nuit à jouer ainsi, la Blonde prit même une fois l'initiative de le déconcentrer, me faisant remporter le match et fait étonnant elle prit la manette des mains de son homme pour m'affronter. Elle se défendait très bien, bon faut dire qu'elle avait les aptitudes pour, j'assistai aussi à des parties acharnées entre les deux vampires qui ne se faisait pas de cadeaux, l'un l'emportant sur l'autre de très peu. La fin de la nuit fut riche en rires, je venais de découvrir une nouvelle facette de Blondie, je n'aurais jamais imaginé que je jouerais à la play avec elle, cela me la rendait un peu plus attrayante. Attrayante certes, mais pas au point de vouloir sauter le pas et coucher avec elle, j'avais d'autres chats à fouetter que de construire une relation à court terme avec un autre vampire. Je me devais de trouver mon âme sœur qui m'attendait je ne sais où mais que j'allais rencontrer tôt ou tard d'après Lilice. Si seulement elle pouvait habiter pas très loin de Forks… et cela serait pratique si elle était aussi inscrite sur le même jeu en ligne que moi. Malheureusement, cela ne se fait pas trop de demander les prénoms des joueuses dans la vie réelle, cela était mal vu, donc rares étaient les filles à me le donner depuis que j'en cherchais un en particulier. Mais aucun n'avait correspondu jusqu'à présent, je ne me décourageais pas pour autant, je finirai par tomber dessus en temps voulu. Pour l'heure, je devais faire en sorte que mon odeur et celle de Bella puissent être confondue, pour cela, j'allais devoir me rendre à son domicile en compagnie de mon escorte. C'est alors qu'une drôle de pensée me vînt, la fille Swan me ressemblait beaucoup à part la couleur de cheveux, est-ce que Blondie ne pourrait pas tomber elle aussi sous son charme étant presque ma jumelle. Remarque Rosalie sait bien cacher ses sentiments, la preuve, je ne m'étais même pas aperçue qu'elle en pinçait pour moi, je sais qu'elle tient énormément à sa sœur donc je pense qu'elle agira comme elle l'a fait quand j'étais encore en couple avec Alice. Je jetai un œil à l'horloge qui affichait presque 8h, si je me souvenais bien, ma vampirette ne bossait pas aujourd'hui, quant à moi, on m'avait donné mon jeudi matin qui était consacré aux réparations d'appareils en résine. Cela m'aurait permis en temps normal de faire la grasse matinée mais comme les bras de Morphée m'effrayaient, faut dire que la présence de Rosalie y contribuait pour beaucoup. Par conter, j'avais gagné au change, je venais de passer une soirée des plus riches en rebondissements au court de laquelle nous avions bien rit.

- Euh les tourtereaux, je vous laisse quelques minutes seuls en bas pendant que je monte me préparer et mettre des fringues dans un sac pour Bella, alors s'il vous plait, pas de cochonnerie sur mon canapé,je leur fis un clin d'œil.

- ON VA SE GENER ! me répondit Emm' en gueulant alors que j'étais encore dans les escaliers, je soupirai, il ne changera donc jamais…Un vrai gamin, parfois je la plains sa copine, mais son côté gros nounours a quelque chose de rassurant.

Je m'habillai en vitesse, j'attrapai ensuite un sac de voyage dans lequel je fourrai à contre cœur mes vêtements, j'allai devoir me contenter de la garde-robe de Bella pour les jours, voire les semaines à venir. Ma valise était pleine à craquer, je descendis en trombe, pris mes clés de voiture puis posai les yeux sur le couple qui s'embrassait à pleine bouche. Je soupirai, je n'avais pas de temps à perdre avec ces enfantillages, je lâchai tout de même à voix basse : « je me vengerai », ajoutant mentalement : prends grade que tu ne retrouve pas ta moitié dans mon lit. Pour prendre ma revanche, je suis tout à fait capable de mettre de côté ma raison et faire semblant de succomber aux avances de sa blonde et je prendrais bien soin de crier son nom alors qu'il se trouve en bas. Je sais, je peux être méchante quand je le veux, très peu on vécut l'expérience mais ils s'en souviennent parfaitement. Je toussotai.

- Pas que je veuille vous arrêter en si bon chemin, mais va falloir que je file retrouver Bella pour faire l'échange et comme vous devez jouer mes anges gardiens… Je vous laisse deviner ce que vous allez devoir faire.

- T'es pas drôle Violette, vraiment aucun sens de l'humour.

- Venant du roi des blagues à deux balles, je n'ai aucune leçon à recevoir, il prit un air outré suite à ma remarque tandis que je lui souriais amusée.

- Ok… on te suit.

Emmett bouda tout le long du trajet, c'était la première fois qu'il n'y avait que la radio comme fond sonore en dehors de la voix de Rose et la mienne. Nous papotions gaiement alors que le gros nounours grognait à l'arrière, provoquant nos rires que nous essayions de dissimuler. Une fois arrivés à destination, je descendis de la voiture, pris mon sac et allai sonner à la porte tandis que les amoureux m'attendaient plus ou moins sage dans l'habitacle de mon Hummer.

POV Bella :

Je me réveillai en sursaut alors que la sonnette retentissait encore à mes oreilles, je grommelai et me retournant pour me rendormir, je fis face à ma douce qui me regardait tendrement.

- Oui et je t'observais dans ton sommeil, d'ailleurs tu es très belle quand tu rêves, et j'aime lorsque tu prononces mon nom en dormant, je piquai un far. Je crois que quelqu'un attend en bas qu'on lui ouvre et il est 8h30, non je ne suis pas en retard pour mon stage, le cabinet est fermé toute la journée,répondit-elle à mes questions muettes.

- Dis donc tu ne saurais pas par le plus grand des hasards qui peut sonner à une heure si matinale, si ce n'est le facteur ?Elle sourit en coin.

- Qui d'autre que Violette aurait une raison de venir te voir de bon matin. Tu n'as pas oublié qu'elle devait t'amener des vêtements à elle pour les échanger avec les tiens, suivant ce que l'on avait convenu hier soir.

- Arf, je ne m'en rappelais plus justement…

Je me levai à contre cœur et descendis ouvrir, toujours vêtue de mon pyjama, comme l'avait dit Alice, ce fut bien une fleur que je trouvai plantée devant ma porte, un gros sac à la main. En m'apercevant elle écarquilla les yeux un instant, puis elle se mit à me détailler des pieds à la tête, je ne portais qu'un débardeur et un mini short, cela expliquait le regard appréciateur qu'elle posait sur moi. Ses prunelles arrivant à mon visage, je lui souris un peu gênée, elle reprit son sérieux rapidement.

- Excuse-moi… je n'aurais pas dû te reluquer comme je l'ai fait,ses joues avaient virées au rose.

- Ce n'est pas grave, il faut dire que d'ordinaire je n'accueille pas les gens en pyjama, ce qui ne t'as pas aidée à réprimer certains réflexes.

- J'avoue aussi que je n'ai pas été habituée à ce qu'on m'ouvre la porte de chez soi dans ce genre de tenue. Remarque, j'ai de la chance, tu ne portes pas les jolis vêtements en cuir que l'on trouve dans certains magasins ainsi que les menottes et autres accessoires que l'on peut y associer.

- Euhh, sans façon, je n'ai pas envie de tester ces choses-là et j'espère que mon Alice aussi.

- Hum… de toute façon c'est pas une simple paire de menottes qui pourra entraver ses mouvements contre sa volonté, ça je peux te le certifier.

- Pas étonnant si elles sont en plastique, je ferai de même,elle ouvrit la bouche pour répliquer mais elle s'en abstint.Tu voulais ajouter quelque chose ?

- Oui, je peux entrer ou je reste sur le pas de la porte afin d'exposer ta charmante tenue à tes voisins.

- Dépêches-toi! lui lançai-je en m'effaçant pour la laisser passer, je fermai aussitôt le battant derrière elle.

Mon petit lutin choisit ce moment pour apparaître dans notre champ de vision en humant l'air, comme si une délicieuse odeur flottait dans la pièce. Violette la regarda fixement, elle affichait un air de reproche qui me surprit, je reportai mon attention sur ma douce qui avait l'air désolée à présent. Je les regardai tour à tour, me demandant si je n'avais pas raté un épisode, ou alors elles me cachaient toutes deux quelque chose dont je ne devais pas être au courant.

- Alice…ce ton si froid, venant d'une personne très chaleureuse comme je le pensais de Violette me fit froncer les sourcils.

- Pas la peine d'en dire plus… désolée de mettre laisser aller et merci de m'avoir rappelé à l'ordre.

- De rien petit démon, répondit Vio en lui ébouriffant encore plus les cheveux. D'ailleurs si tu veux t'absenter un moment pour tu sais quoi, Rose et Emm' sont dans ma voiture, au cas où ton instinct reprendrait le dessus, elles échangèrent un regard entendu.

- Hum… je peux me contrôler mais j'avoue que j'ai un peu peur de vous laisser seules,elle posa ses yeux sur moi,et affublée ainsi, je crains que notre fleur ne pousse ses observations plus loin que celles qu'elle a pu faire sur le palier, n'est-ce pas ?

- Euuh… joker ! Mais j'ai quand même le droit d'avoir les yeux baladeurs tant que ce ne sont pas les mains. Tu sais bien que je ne suis pas le genre de fille qui aime semer la zizanie dans les couples, sauf si on m'a cherché avant.

- Comme ce que tu prévois de faire à Emm, s'il franchit la ligne blanche ?

- … Tu oserais l'avertir et me gâcher un éventuel plaisir ?

- Non, si ça a le mérite de calmer sa langue bien pendue et ses remarques salaces.

- Merci de m'approuver, elle lui fit une grosse bise. Bon revenons en à nos moutons, la chambre c'est par là je suppose, dit-elle en pointant les escaliers du doigt.

- Oui, après toi,elle s'aventura à l'étage, me laissant seule avec mon lutin.

- Lili, tu peux éclairer ma lanterne sur un point s'il te plait ?

- Bien sûr, lequel ?

- Eh bien le cas d'Emmett ne m'intéressant aucunement… je voudrai savoir pourquoi ton ex t'a lancé un regard de reproche alors que tu nous rejoignais, en humant simplement l'air ?

Silence de ma belle

- Tu n'as pas de réponse à me fournir ?

- Si mais…

- Mais quoi ?

- Je ne peux pas te l'expliquer pour l'instant, tu dois malheureusement rester dans l'ignorance pour ton bien et Violette ne pourra pas t'en parler sans que je ne l'étripe avant. Elle a prêté serment envers ma famille, la liant à nous et il est de son devoir de tenir sa langue si elle ne veut pas risquer sa vie.

- BELLA, TU PEUX MONTER STEUPLAIT ? me cria la plante qui se trouvait à l'étage.

- J'ARRIVE !Répondis-je, sachant que la discussion avec Alice n'aboutirait à rien, elle pouvait être têtue…

- Je vous laisse faire vos échanges pendant que je vais me promener un petit moment, passes le message à la miss qui t'attend et moi je préviens mon frère et ma sœur.

- D'accord, reviens-moi vite, je supporte mal ton absence.

Elle m'embrassa tendrement et s'éclipsa pour une durée indéterminée… à peine était-elle partie qu'elle me manquait déjà, je crois que je suis une vraie droguée. Je gagnai ma chambre, des piles d'habits étaient pliées sur mon lit tandis que Violette, assise en tailleur au centre de la pièce, regardait l'intérieur de mes armoires sans vraiment voir ce qu'elles contenaient. Je posai une main sur son épaule, la faisant sursauter, elle leva son visage vers le mien, l'air un peu perdue.

- Ca va ?

- Moui… Excuses-moi, j'étais dans mes pensées.

- Alice est partie se promener, je devais te transmettre l'info.

- Oui, c'était la meilleure option à choisir pour elle.

Je plissai le front, en quoi son éloignement se révélait bénéfique pour elle ? Si on ne m'explique pas tout rapidement, je sens que je vais devenir chèvre à force de ne pas comprendre ce qui se passe autour de moi.

- Tu peux délayer pour moi le fond de ta pensée stp ?

- Je sais à quel point c'est déroutant pour toi de ne pouvoir en apprendre plus sur celle que tu aimes, j'en suis passée par là moi aussi et comme je te comprends parfaitement, j'ai très envie de répondre à toutes tes interrogations mais je ne le peux. Je pense qu'Alice a dû te dire que j'avais fait un serment envers sa famille car il y a des choses que je n'ai pas le droit de divulguer puisque je risque ma vie, si certaines personnes apprennent que je suis au courant de leur existence. Soit tu devines par tes propres moyens ce que te cache notre petit lutin, soit elle te le révélera si tu arrives à la mettre dans une position où elle ne pourra pas se dérober à tes questions. Il y a de fortes chances que tu comprennes tout d'ici la fin de la semaine, vu ce qui te court après, tout ce que je peux te dire pour le moment c'est que ta douce ne partage pas un handicape de sa famille.

- Un handicape ? Pourtant, j'ai beaucoup côtoyé le docteur Carlisle suite à de nombreux accidents et je n'ai rien constaté de tel.

- Normal, car ce handicape n'est visible que dans des conditions particulières.

- A t'entendre, on pourrait penser qu'ils ne sont pas vraiment humains, enfin différents au moins de toi et moi.

- Interprètes mes propos comme tu veux, à toi de te faire ton opinion, tu ne la connais que depuis lundi, alors que moi ça fait 2 ans. J'aimerais tellement pouvoir t'éclairer davantage et que je puisse te parler sans contrainte, ça me manque de ne pas avoir quelqu'un qui soit dans mon cas avec qui discuter.

- … Et je ne peux pas te faire changer d'avis ?

- Tu ne pèses pas lourd dans la balance par rapport aux Cullen, tu ne soupçonnes même pas à quel point ils peuvent être dangereux pour nous malgré les apparences.

- Je suis sûre du contraire, Lili ne ferait pas de mal à une mouche.

- Que tu crois, et je suis sûre qu'elle t'a fait la morale comme quoi les apparences sont trompeuses, j'y ai eu le droit au début de notre relation.

- Effectivement.

- Donc cesses immédiatement de la considérer comme un être faible et sans défense, c'est une grossière erreur qui peut coûter chère à la personne qui la sous-estime.

- Tss…

- Si tu veux, dès qu'on a fini le troc de vêtements, je te présenterai Rosalie et Emmett qui surveillent la maison pendant qu'Alice est sûrement partie cha... faire un tour pour s'aérer, fit-elle pour changer de sujet.

- Partie cha… quoi ? Châtier ? Chasser ?

Violette demeura muette.

- Elle ne peut pas châtier quelqu'un puisqu'on ne m'a fait aucun mal et pourquoi irait-elle chasser ?

- Bella… j'ai dérapé, oublies ce que je viens de dire, c'était une ânerie et puis elle ne peut pas chasser sans arme, ce n'est pas possible.

- Hum… je sais que tu la connais bien mieux que moi comme tu me l'as si bien fait remarquer, donc je suis forcée de me dire qu'une partie ou éventuellement tous tes propos peuvent être véridiques. Mais je ne comprends pas ce besoin de chasser alors que j'ai largement de quoi se nourrir dans la cuisine. J'ai l'impression d'être à côté de la plaque.

- Potasses là-dessus et essaies de trouver une explication logique, même si elle peut paraître farfelue au premier abord, me répondit-elle en haussant les épaules. Tu m'appelles si tu es sur une piste, je te dirai si c'est la bonne ou non, à moins que tu n'en fasses part directement à la personne concernée.

- Entendu. C'est pas tout ça mais assez parlé d'elle, tu es là pour que je te passe des vêtements qui m'appartiennent et tromper l'odorat surdéveloppé de celui qui me pourchasse.

- Oui et puis moi je bosse cet aprème, pas comme certaines qui vont faire je ne sais quoi, je ne sais où,elle me fit un clin d'œil et je levai les yeux au ciel.

- Tant que ce n'est pas faire les boutiques, je ne suis pas contre un peu d'action de ce genre.

- Décidément, elle n'a pas de chance, c'est une accro au shopping et il a fallu que toi, son âme sœur ne partage pas ce goût,déclara-t-elle en pouffant de rire.

- Et toi, tu le partageais avec elle ?

- Aucunement, j'ai horreur d'aller dans les magasins, ya toujours trop de monde quand je décide de faire des emplettes. Je dois être un peu agoraphobe.

- Nous avons ce point en commun alors, je m'approchai de mes armoires. Tu as vu des fringues qui te plaisaient dans mes affaires ?

- Je dois avouer que je n'ai pas vraiment regardé, j'ai juste posé les miennes sur ton lit, ouvert les portes de tes placards et ensuite je me suis assise pour m'égarer dans mes pensées.Elle se releva et vînt se poster à côté de moi.Tu devrais regarder si ceux que je t'ai amenés te conviennent.

- J'aime bien le style, il est très proche du mien, t'as rien de flashi, ce qui est très pratique pour passer inaperçue, lui dis-je en inspectant le tas de linge sur mon lit.

- Je peux en dire autant du tien, la preuve qu'il n'y a pas que sur le physique que l'on se ressemble, mais aussi sur nos goûts vestimentaires. Ces habits là ne vont pas trop te manquer ?me demanda-t-elle, une pile de vêtements entre les mains.

- Du tout, leur absence va être compensée par les tiens de toute façon.

- Alors adjugé, vendu euh échangé. Si tout se passe bien, je te les rends dimanche au plus tard, à voir si les Cullen mettent la main rapidement sur le trouble fête ou pas.

- Oui, plus vite cette affaire sera réglée mieux je me porterai.

- Tu m'étonnes, c'est pas tous les jours que l'on peut être poursuivit par ce genre de personne si particulière.

- Merci de me rappeler que je suis complètement hors du coup… je suis la première concernée et je ne sais même pas ce qui me court après, sauf que c'est un homme.

- Effectivement, ce n'est pas beaucoup… mais d'ici peu, tu en connaîtras sûrement davantage.

- Je l'espère… c'est un calvaire de demeurer dans l'ignorance et Alice se ferme comme une huître quand je tente d'aborder le sujet.

- J'avais oublié qu'elle était parfaitement capable de se montrer peu loquace sur certaines choses, n'ayant plus de secret l'une pour l'autre. Difficile de lui cacher des choses ou de lui faire une surprise puisqu'elle voit l'avenir dès que la décision est prise.

- C'est bon à savoir, mais se décider à la dernière minute c'est galère pour tout organiser dans la foulée.

- Je le confesse et j'avoue que je me décide parfois sur un coup de tête, ce qui est efficace pour désarçonner ton petit lutin.

- Merci pour ces précieuses informations, je les mettrai en pratique dès que l'occasion se présentera, j'ai hâte de voir la tête qu'elle fera.

- Je t'avoue que ça sort de l'ordinaire pour l'avoir vu en de rares circonstances, cela change de l'air serein et posé qu'elle arbore en permanence.

- C'est l'avantage d'avoir des visions, cela lui permet sûrement d'aborder les situations de la meilleure façon possible et de paraître si souvent décontractée même dans les pires moments.

- Oui, au moins éviter de paniquer afin d'analyser ce qui nous arrive avec la possession de toutes nos facultés et qu'elles ne soient pas diminuées par nos émotions.Violette jeta un coup d'œil à sa montre.Alice devrait bientôt revenir et moi je vais devoir aller retrouver mes chaperons… tu m'accompagnes pour que je te les présente ?

- Bien sûr, de toute façon, je dois faire leur connaissance puisqu'ils vont faire partie de ma famille, donc les rencontrer le plus tôt possible sera le mieux.

- Attention de ne pas trop te brûler les yeux à cause de leur beauté, c'est ce qui frappe au premier regard, remarque, tu as déjà dû t'y accoutumer avec Alice, dit-elle avec un sourire malicieux. Tout en eux est fait pour séduire mais cela change en fonction du membre que tu as en face de toi. Tu en connais déjà ou Rosalie et Emmett sont les premiers que tu vas voir ?

- J'ai eu la chance de passer une après midi en compagnie d'Edward et Jasper, j'avoue qu'ils sont beaux comme des dieux mais ils n'égalent pas mon petit démon sur ce plan.

- Je le confirme, mais c'est un peu normal qu'ils ne fassent pas le poids face à Alice puisque ce sont des hommes et que nous leur préférons les femmes, donc attention à Rosalie. C'est la réplique exacte de la poupée Barbie mais à échelle humaine et avec un caractère bien trempé, je peux te l'affirmer. C'est la seule de la famille Cullen qui monte sur ses grands chevaux si tu la cherches et gaffe à tes os… Elle est capable de te les casser en deux temps trois mouvements, prends garde de ne pas lui taper dans l'œil puisque tu me ressembles physiquement.

- Faut que je m'enlaidisse alors… et j'ai pas de quoi ressembler à un sac à patates dans mes armoires.

- Pas grave, reste naturelle. C'est tout ce qui compte. De plus cela serait dommage de cacher ton joli minois derrière des artifices.

Nous commençâmes à descendre quelques marches quand la fleur s'arrêta net devant moi, au milieu des escaliers et fit volte-face, je stoppai rapidement pour ne pas lui rentrer dedans.

- Demi-tour illico presto.J'arquai les sourcils.Tu comptes vraiment les voir dans cette tenue ?Je baissai les yeux.

- Euh, absolument pas. Et toi tu devrais te changer aussi pour mettre en place la supercherie.

- Pas faux… Dépêchons-nous avant que le lutin ne revienne pour entamer les présentations.

Nous retournâmes en quatrième vitesse enfiler une tenue descente, une fois prêtes, nous n'avons pas pu nous empêcher de nous contempler quelques instants, vêtues avec les affaires de l'autre. J'avais l'impression de regarder mon reflet dans une glace, sauf qu'il y avait des erreurs de ressemblance. Le teint était légèrement plus foncé que le mien et je n'avais pas cette petite touche d'or dans mes prunelles qui donnait un léger côté fantastique à Violette.

- Ca me fait tout drôle de te voir avec mes habits.

- Idem pour moi. C'est pas tout ça mais c'est qu'on m'attend dans ma voiture…dit-elle en soupirant dans le hall.

- Tu crois qu'ils vont m'apprécier ?

- Emmett, à coup sûr, après Rosalie, je n'en ai aucune idée. Prêtes à te jeter à l'eau,enchaîna-t-elle, la main sur la poignée.

- Oui,répondis-je.

Elle ouvrit la porte d'entrée et nous sortîmes à l'air libre retrouver l'escorte de choc qui attendait patiemment, adossée contre la portière du Hummer.