CHAPITRE 8
« HANTISE»
Lorsque Kuroko se réveilla le lendemain et qu'il ne vit aucun esprit, il remercia mentalement Midorima pour l'astuce du sel. En rentrant chez lui hier soir, il avait versé du sel sous sa porte et ses fenêtres afin de bloquer toutes les entrées.
D'un œil encore endormi, il vit son téléphone affichait plus de 20 appels manqués de Kagami. Il avait complètement oublié de le rappeler la veille, bien trop fatigué par les événements.
Il composa son numéro et attendit que son ami décroche. Ce qu'il fit au bout de deux sonneries.
_ Allô ? Kuroko ? Ca va ? Est-ce que Akashi t'as fait un truc hier ? Fit Kagami paniqué pour son ami.
Kuroko soupira en souriant. Il ne changerait décidément, toujours à s'inquiéter inutilement pour lui depuis l'enfance. Il se souvint lorsqu'il avait 10 ans et des garçons étaient venu le frapper sous prétexte qu'il était un monstre qui voyait les morts. Kagami était venu le sauver en les battant à son tour et leur avait crier « Kuroko n'est pas un monstre, bande d'abrutis ! Cassez-vous et que je vous revois plus ! »
Son sourire s'agrandit en repensant à ce souvenir.
_ Eh Kuroko ? Tu rêves ?! Oh mon Dieu il t'as fait quelque chose c'est ça ? Je vais aller lui botter le c-
_ Kagami-Kun. Il ne m'a rien fait, ne t'inquiète pas. Je repensais juste à un souvenir.
Cela sembla calmer l'autre et il haussa un sourcil.
_ Ah ?
_ Tu te rappelle lorsque l'on avait 10 ans ? Des gamins s'en étaient pris à moi et tu es venu me sauver… tu leur avait dit que je n'étais pas un monstre.
_ Ah..oui, je m'en rappelle. Quelle bande d'imbéciles.
Kuroko sût à la voix de son ami que celui-ci était gêné de ses actions héroïques quand il était enfant. Il pouvait aisément l'imaginer se gratter la tête, mal à l'aise. Il le faisait toujours.
_ A l'époque, je disais à tout le monde que je voyais les fantômes. Tout le monde m'insultait et se moquait de moi. Sauf toi. Je voulais savoir...est-ce que tu me croyais ? Demanda-t-il curieux de la réponse.
Il y eut un petit silence avant qu'un soupire de son ami ne se fasse entendre.
_ Ah...on était des gamins mais je me fichais que tu mente ou dises la vérité en fait. Tu étais mon ami et tu l'es toujours. C'est mon devoir de te défendre.
_ Tu ne t'es jamais dit que j'étais complètement fou ? Je proclamais voir des choses et je faisais même des crises de panique.
_ Eh bien, c'est vrai que parfois tu me faisais un peu peur….c'est pas tout les jours que je te voyais complètement affolé, avec ton air tout le temps impassible ! Peu importait à l'époque, si je voulais être ton ami, je devais rester près de toi et te croire. C'est ce que j'ai essayer de faire, c'est tout...
Un sourire soulagé et un air reconnaissant s'afficha sur le visage de Kuroko
_ Merci Kagami-Kun, d'être toujours là pour moi.
_ Euh...de rien...tu dis des choses gênantes Kuroko !
Il imaginait très bien le visage rouge vif de Kagami en cet instant.
_ enfin bref, revenons au sujet. Que s'est-il passé avec Akashi ?
Il fallait vite trouver une excuse. Il ne pouvait décidément pas dire à Kagami qu'il était allé déterrer le cadavre de sa tante afin de brûler ses restes.
_ Akashi-kun voulait que je rejoigne le club de basketball.
Mais qu'est-ce qu'il avait dit ? Vraiment ? Comment Kagami-kun pourrait croire que la tête rouge ait pu lui demander de rejoindre le club de basket ? Un garçon petit et faible comme lui ?
_ Vraiment ?! c'est super ça ! Alors tu as dit quoi ? S'enquerra Kagami surexcité
Il l'avait cru ? Eh bien, voila qui arrangeait les choses
_ Non, je ne pense pas être fait pour ça. Fit Kuroko
_ Ne dis pas ça Kuroko ! Je suis sur que tu peux le faire ! Tu pourrais être super sur le terrain avec ta faible présence ! Tu pourrais faire peur aux adversaires et nous faire des passes incognito !
Kagami avait une imagination débordante. Une passe invisible ?
_ Nous ne sommes pas dans un manga Kagami-Kun, ne sois pas bête.
Il entendit une injure étouffé de Kagami, et Kuroko souffla de soulagement que la conversation aie déviée avant qu'il ne voit l'heure sur son réveil.
_ Je dois raccrocher et me préparer pour l'école, fais en de même.
_ Kuroko, nous sommes Samedi ! On n'a pas cours aujourd'hui.
Il y eut un silence pendant lequel Kuroko sentit l'irritation monter en lui et où il sentit Kagami plus hésitant que d'habitude, marmonnant timidement « Kuroko ? » à l'autre bout du fil.
_ Et tu m'appelle à 7h00 du matin ? Tu veux mourir ? Fit Kuroko les yeux fusillant le mur blanc face à lui, en dépit de pouvoir le faire sur son ami.
Sans attendre de réponse de la part du garçon beaucoup plus grand, il lui raccrocha violemment au nez.
Il retomba ensuite sur son lit, les mains en étoile et le regard rivé sur le plafond. Que pourrait-il bien faire maintenant qu'il était réveillé un Samedi matin, chose qui devait être supposément interdite ?
D'habitude, avant qu'il ne mette le sel à toutes ses entrées, les esprits se faufilaient doucement dans sa chambre et venaient le persécuter jusqu'à ce qu'il les aide, chose qu'il n'avait jamais fait d'ailleurs à part la dernière fois avec Yuki. Manquerait plus que les fantômes se passent le mot comme quoi un médium avait le pouvoir de les aider.
Mais maintenant, plus rien ni personne. Il pourrait même dire qu'il s'ennuyait. Mais un bon ennui. Est-ce que cela existait même, un bon ennui ?
Pour la première fois depuis des années, il était complètement seul.
Tournant un peu la tête, il vit un livre sur sa table de chevet, ouvert sur la page 58 depuis un moment. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu le temps de continuer son livre. Tendant la main, il prit son bouquin et commença à lire.
A peine eut-il lu les trois premières phrases que son téléphone décidé de sonner, encore une fois. Il soupira, las et regarda son écran afin de voir qui l'appelait. Numéro inconnu ?
Curieux, il décrocha et mis le téléphone sur son oreille.
_Oui ?
_….
_ Allô ? Est-ce qu'il y a quelqu'un au bout du fil ? Demanda-t-il.
Le téléphone continua de grésiller comme si personne n'était là. Puis il l'entendit. Un souffle. Quelqu'un respirait.
_ Vous m'entendez ? Qui est là ? Si c'est un canular, je vais raccrocher.
La respiration continua, cette fois plus fort. Soudainement, les lumières de son appartement s'éteignirent et sa télévision en face de son lit s'alluma, laissant apparaître un écran gris..
Les lumières commencèrent à clignoter violemment. Kuroko raccrocha très vite, ayant une petite idée de qui était de l'autre côté du fil. Ou plutôt quoi. Les fantômes s'amusaient maintenant à lui faire peur ?
Il s'activa à mettre un haut et ses baskets avant de quitter l'appartement le plus vite possible, descendant les escaliers de son immeubles en courant. Il fouilla dans sa poche avant de se rappeler qu'il avait laisser son portable sur son lit.
Une fois en plein milieu de la rue, les gens aux alentours le fixèrent, surpris de voir débouler un adolescent aux cheveux ébouriffés, en short et t-shirt par ce temps venteux.
Il ne fit pas attention aux regards et parcourut les rues aux hasard, du moment qu'il s'éloigna de son appartement le plus vite possible.
Il bouscula quelqu'un qui ne l'avait sûrement pas vu avant qu'une voix familière ne le fit s'arrêter.
_ Kuroko ? Fit la voix de Midorima, la personne contre laquelle il s'était écrasé.
_ Mi-Midorima-Kun ...fit Kuroko, hésitant et bégayant, chose incongru pour lui.
Cela fit lever le sourcil de Shintarou, surtout lorsqu'il vit l'air pâle et angoissé de Tetsuya. Il remonta ses lunettes sur son lit et Kuroko vit que cette fois, il portait un porte clés Hatsune Miku à la ceinture de son pantalon.
_ Que se passe-t-il ?
Midorima sut que cette phrase allait lui attirer des problèmes. Il n'avait pu s'empêcher en voyant le regard perdu de son interlocuteur.
_ Je crois que je suis hanté. Fit Kuroko, complètement sérieux.
Le garçon aux cheveux verts fronça les sourcils, lui donnant l'air encore plus sérieux que d'habitude.
_ Qu'est-ce qui te fait dire ça exactement ?
_ J'ai reçu un coup de fil tout à l'heure, quand j'ai décroché, je n'ai entendu qu'une respiration lorsque mes lumières ont commencer à faire des siennes et que mon écran de télévision s'est allumé tout seul….
_ C'est en effet les signes d'une hantise…
_ Évidemment. J'ai vu les dégâts qu'une hantise pouvait faire sur une famille. Je ne suis pas stupide. Fit Kuroko, maintenant redevenu composé.
Il lui devait au moins cela. Ce garçon aux cheveux pâles avait un contrôle de soi étonnant. Cela devait être parce que voir des esprits était commun pour lui. Mais Midorima n'avait aucune idée sur comment cet adolescent avait fait pour survivre durant toutes ces années sans avoir su comment se protéger contre ces choses. La chance sûrement.
_ Allons voir Akashi.
_ Quoi ? Pourquoi ?
_ Il saura quoi faire. Et peut être que tu ne veux pas te balader dans les rues à peine vêtu. Fit l'autre en parcourant la silhouette débraillé de Kuroko. Il était vraiment trop pâles et trop mince.
Tetsuya souffla et finit par suivre malgré tout le garçon plus grand que lui, traînant les pieds.
_ Peut être veut-tu aussi t'enquérir du sort de ta tante et son cousin.
Kuroko releva la tête, curieux et hocha la tête.
_ Je peux te dire que cela à marcher. Le fait d'avoir brûler ses os à permit à ta tante de s'en aller. Lorsque nous y sommes retourner, les toilettes étaient vides de toute présence. Le père de Akashi à envoyer une patrouille chez le professeur de primaire pour trouver le corps du garçon. Le professeur est en ce moment en train d'attendre son procès et le corps de Tetsuya à été incinéré.
_ Je vois, c'est un soulagement. Est-ce que Akashi est le seul à percevoir la présence des esprits ?
_ Pas vraiment, nous le pouvons tous. Mais pour lui, c'est juste plus fort. C'est comme si il pouvait voir à travers un voile, comme une forme très floue et presque invisible, une aura. Je suppose que tu les vois comme cela toi aussi ?
_ Non pas du tout. Je les vois comme si ils étaient une personne parfaitement vivante...J'avais, petit, l'habitude de confondre les morts et les vivants quand ils n'avaient pas de blessures qui pouvaient les distinguer.
Midorima eut l'air très surpris. Il avait vraiment cru que Akashi serait le seul à percevoir à peu près correctement les auras des fantômes mais en voir un qui était capable de les voir parfaitement...c'était comme une aubaine pour leur travail. Il comprenait maintenant l'engouement de Akashi pour ce garçon.
Midorima et Kuroko arrivèrent bientôt devant une voiture garé près d'ici. Un chauffeur les attendaient aux volants et Kuroko soupira, faisant se retourner l'autre.
_ Vous êtes tous riches tous les cinq ?
_ Eh bien, la famille de Akashi et la mienne le sont. Kise travaille en tant que modèle à mi-temps et gagnes donc suffisamment d'argent de son côté mais sinon, sa famille et celle de Aomine et Murasakibara sont assez modeste.
_ Je vois. Mais je pensais que le père de Akashi n'était que policier.
_ C'est sa couverture. Dit-il en ouvrant la portière pour Kuroko, lui permettant d'entrée dans la voiture. Midorima monta à sa suite et ferma la porte. Le chauffeur démarra en direction de la maison d'Akashi une fois que Midorima lui en donna l'ordre.
_ Sa couverture ?
_ Oui. Les Akashi sont une famille très importante dans le métier de chasseurs. Leur héritage découle des siècles et des siècles de l'argent de différents chasseurs. De plus, le grand-père de Akashi ést le PDG de Akashi Corporation.
_ Oh, je n'avais pas fait le rapprochement.
_ Tu es bien le seul. C'est assez rare de rencontrer une personne qui ne sait pas qui est Akashi Seijurou, le futur hériter de Akashi Corporation.
_ Mais pourquoi est-ce que le père de Akashi-kun est devenu policier et non le prochain PDG.
_ Va savoir. Une affaire de famille. Je ne lui ai jamais demandé et je ne compte pas le faire. Mais il me semble que le père de Akashi et son grand-père ne s'entendent pas du tout.
_ Je vois… La famille est compliquée n'est-ce pas ? Fit Kuroko, les yeux dans le vague.
Midorima tourna la tête vers lui, le fixant longuement avant de soupirer
_ En effet
A suivre…..
