Note d'auteur : Ce 9e chapitre a été écrit dans le cadre du concours "Always", organisé par Julia Erwelin sur HPF. Le concours demandait un texte parlant d'un amour à sens unique.

Un énorme merci à Eliah, flodalys, Erwan et Saam pour leurs avis et leurs corrections, ce texte est bien meilleur depuis qu'elles l'ont passé au peigne fin !^^

Bonne lecture :)


Une soirée glaciale s'annonçait. Il ne cessait de neiger depuis plusieurs heures, et une bise sifflait dans les ruelles, transissant de froid les passants qui avaient le malheur de s'aventurer dehors. Asteria resserra les pans de sa cape contre elle et remonta son écharpe sur son nez. Elle maudissait Fiona et ses idées de « soirées sympas ». Les Serdaigle étaient réputés pour leur sagesse et leur affection pour le calme, mais il fallait croire que cette généralité ne s'appliquait pas à tous.

Un courant d'air la glaça jusqu'aux os et elle frissonna. Enfin, Charing Cross Road fut en vue. Asteria s'y engagea, essayant d'ignorer les Moldus qu'elle croisait et avec qui elle n'était vraiment pas à l'aise. Ce monde lui était totalement inconnu, et elle ne tenait pas à le connaître davantage. Rien que l'odeur qui se dégageait de leurs véhicules la répugnait. Elle tenta d'en faire abstraction et avança jusqu'à la porte camouflée de l'auberge. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle eut un sursaut face au bruit assourdissant qui régnait dans la salle. Elle ôta sa capuche avant de chercher Fiona du regard. Celle-ci lui faisait de grands signes, assise à une table un peu plus loin. Asteria s'empressa de la rejoindre, marchant à cette occasion sur quelque chose qui couina et qu'elle ne chercha pas à identifier.

— Comment vas-tu ? s'exclama Fiona en la débarrassant de sa cape couverte de neige. J'ai commandé deux Bièraubeurres, ça nous réchauffera !

Asteria eut un pâle sourire. Lorsqu'elle était petite, passer par le Chaudron Baveur pour acheter ses fournitures était toujours un plaisir, mais désormais, elle n'affectionnait plus autant l'endroit.

— On était obligées de venir ici ? J'ai dû transplaner dans une ruelle sombre, et faire un bout de chemin à pied ! On aurait pu aller à Pré-au-Lard, ou ailleurs…

— Non, c'est très sympa ici, répondit Fiona avec un sourire. Je n'étais pas revenue depuis longtemps, ça me manquait un peu, pas à toi ?

Asteria haussa les épaules et observa la salle, peuplée de sorciers tous plus étranges les uns que les autres. Elle avait l'impression de ne pas être à sa place, d'ailleurs on la dévisageait. Elle devait avoir l'air effarouchée et bien trop propre sur elle pour ce genre d'endroit.

— Fiona, je suis fatiguée, on pourrait remettre ça… risqua-t-elle en commençant à se lever.

— Pose tes fesses ! ordonna son amie avec un geste du doigt autoritaire. Tu es dans une mauvaise période, et je suis là pour ça. Pour une fois dans ta vie tu vas sortir un peu de ton manoir et passer une soirée avec une amie dans un bar sombre et bruyant. Je sais, ça t'effraie, mais vraiment, je n'ai pas d'autre choix.

— Tu aurais pu passer chez moi, on aurait bu un thé et…

Fiona éclata de rire, de ce rire communicatif qui lui allait si bien et qui fit sourire Asteria.

— Je sais comment tu es, Asteria, on se connaît depuis suffisamment longtemps ! On aurait bu un thé, tu m'aurais répété que tout allait bien, et puis on en serait restées là. Non ma grande, cette fois je veux que tu vides ton sac, et une bonne bière ne te fera pas de mal ! D'autant que te connaissant, avec une goutte de whisky tu dois être par terre…

Asteria sourit. Fiona avait toujours su lui remonter le moral et elle lui devait bien la vérité…

~o~O~o~

Assis à son bureau, Drago pesta. Sa dernière bouteille d'encre était terminée et il avait oublié d'en racheter. Il regarda par la fenêtre et fut consterné de voir la neige tomber à gros flocons, et le ciel s'assombrissait, conséquence de l'heure avancée. Il gronda de colère et envoya balader les papiers qui recouvraient son bureau. Il avait trop de formulaires à remplir ce soir et ne pouvait pas se permettre d'attendre une journée de plus. Il se leva à contrecœur, prit sa cape sur le porte-manteau et sortit du Manoir. Le réseau des cheminées aurait pu être une solution efficace contre le froid mordant, mais il n'était plus le bienvenu sur le Chemin de Traverse depuis quelques temps, et débarquer dans une boutique sans y être invité ne ferait probablement pas remonter sa cote.

Il transplana dans une ruelle moldue non loin du Chaudron baveur. Il haïssait ce monde, ces gens, leur mode de vie… Tout chez eux avait une odeur désagréable, et il ne pouvait s'empêcher de penser que sans eux, il n'y aurait peut-être pas eu de guerre, puisque le monde n'aurait été peuplé que de sorciers. Mais il aurait été de très mauvaise foi de penser que les sorciers n'auraient pas trouvé un autre moyen de se taper dessus… Il refoula ses pensées, et entra dans le Chaudron Baveur. Une fois à l'intérieur, il en apprécia la chaleur. Comparé à la bise de Londres, c'était plutôt agréable de se réchauffer un peu, même si c'était un bouge enfumé et bruyant.

Il regarda la salle. Comme toujours lorsqu'il venait, elle était peuplée de sorciers tous plus excentriques les uns que les autres, habillés de façon étrange et peu correcte. Et tous ces gens, il les méprisait car ils le méprisaient. Drago était bien trop fier pour admettre que leur dédain était entièrement mérité. Il se contentait de penser qu'il était trop bien pour les fréquenter. Il les détestait, avec leurs rires, leur joie… Lui n'avait plus cela depuis longtemps. Il y avait peu de temps, il avait été invité à une soirée mondaine, et n'en avait éprouvé aucun plaisir. Pourtant autrefois, il aimait se retrouver avec les sorciers de la haute société.

Et puis il s'était pris la tête avec cette jeune femme, qui manifestement avait décidé de lui pourrir l'existence depuis qu'ils s'étaient rencontrés, ou plutôt revus. Il scruta la salle, et deux personnes attirèrent son attention. Les seules personnes apparaissant comme à peu près normales, dans cette salle. Son regard s'assombrit quand il la reconnut. Cette femme capable d'éveiller en lui tout un florilège de sentiments qu'il ne savait pas décrire et que par fierté il préférait assimiler à de la colère. Asteria Greengrass.

~o~O~o~

— Asteria, tu connais ce type ?

L'intéressée se retourna et le sourire qu'elle affichait auparavant se changea en une mâchoire crispée. Elle haussa les épaules, se retourna vers son amie et secoua la tête en signe de dénégation.

— Moi non plus, répondit Fiona. Mais il n'a pas l'air d'être ici pour la drague. Alors s'il nous regarde, c'est qu'il nous connaît.

— Non, il pense sans doute qu'on va l'inviter à prendre un verre, mais je n'en ai pas la moindre envie, je préfère qu'on reste entre filles.

Ce fut au tour de Fiona de hausser les épaules, et Asteria entreprit de lui raconter la relation qu'elle entretenait avec ses parents. Tout plutôt que de parler de cet homme dont la seule vue faisait monter la colère en elle. Que faisait-il ici ? Le hasard faisait vraiment mal les choses. Il aurait pu passer son chemin sans dire un mot, mais non, il avait fallu qu'il s'arrête et les fixe. Les observait-il toujours, d'ailleurs ? Elle n'osait regarder de peur de croiser le regard froid et méprisant qu'il savait si bien prendre lorsqu'il lui adressait la parole…

— Son visage me dit quelque chose, marmonna Fiona. Je suis sûre qu'il était avec nous à Poudlard.

— Possible, répondit Asteria en sentant son visage chauffer tandis que la colère montait doucement. On peut parler d'autre chose ?

Fiona haussa les épaules et Asteria fut trop heureuse de pouvoir reprendre son récit qu'elle jugeait parfaitement inintéressant mais qui distrairait l'attention de son amie. Elle était cependant déstabilisée par les regards fréquents que Fiona jetait derrière elle, signe qu'il était toujours là. La voix familière de Tom, devenue un peu plus rocailleuse avec les années, clama :

— Je vous sers quelque chose ?

— Non, je vous remercie, répondit Drago Malefoy avec son habituelle froideur et sa voix traînante. Je ne reste pas.

Tom ne renchérit pas et Asteria vit le regard de Fiona suivre quelque chose qui se dirigeait vers le passage menant au Chemin de Traverse. Elle se retint de pousser un soupir de soulagement et sentit le sang refluer de ses joues. Heureusement, le peu de luminosité de l'auberge avait sans doute masqué sa gêne, elle n'aurait pas su l'expliquer à Fiona.

Mais Asteria avait oublié que son amie, depuis tout ce temps, avait appris à la connaître. Et à vrai dire, elle ne fut guère surprise lorsque celle-ci lui demanda :

— Bon, tu le connais cet homme, c'est évident. Qui est-ce ? Tu as eu une histoire avec lui ?

— Oh non, pas vraiment… marmonna Asteria avec une grimace.

Fiona sourit et répondit :

— Je sens que ce sera largement plus palpitant que la relation déprimante que tu entretiens avec tes parents… Raconte !

Asteria secoua la tête, peu encline à faire le récit de cette soirée désastreuse à laquelle elle s'était rendue et avait rencontré Drago Malefoy. Elle se contenta de répondre :

— On a eu un différend, lui et moi. Et puis ce n'est pas quelqu'un de bien.

Fiona leva les yeux au ciel, déstabilisant Asteria. Puis elle s'exclama :

— Par Merlin, Asteria, est-ce que tu t'entends ? On dirait une vieille sorcière du XIXe siècle ! C'est évident que c'est plus qu'un différend, tu te moques de moi ?

— Il était en couverture de la Gazette il y a un an, Fiona ! C'est Drago Malefoy, un ancien Serpentard qui a œuvré pour le Seigneur des Ténèbres, qu'est-ce que tu veux de plus pour que je le déteste ?

Fiona resta bouche bée un instant puis soupira :

— Je me disais bien que je l'avais déjà vu. Si tu veux mon avis, il y a pas mal changé en un an. Il me rappellerait presque cet homme qui s'était échappé d'Azkaban, quand on était en première année, comment s'appelait-il déjà ?

— Sirius Black ? répondit Asteria, un peu surprise. Tu exagères tout de même…

— Pas dans l'apparence, mais dans le regard. Il avait cette espèce de rancœur contre le monde entier et puis aussi cet air paumé de l'homme qui ne sait pas où il va, ce que va devenir sa vie. De toute façon, Drago Malefoy, c'est un nom méprisé de tous, maintenant. Il a tout perdu en se rangeant du côté des forces du Mal. Ses amis, son honneur, la renommée de sa famille…

Asteria acquiesça gravement. Elle ne donnait pas cher de l'avenir de Drago Malefoy, en effet.

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La colère le prit lorsqu'il sortit sur le Chemin de Traverse et Drago donna un coup violent dans un mur, profitant du fait que la rue était déserte. Cette femme avait été à une période la seule qui ne l'avait pas rejeté avec mépris lorsqu'il s'était approché d'elle. Et désormais elle se comportait comme tout le monde et le reniait, tel le dernier des parias. C'était un statut qu'il ne méritait pas ! Ou peut-être que si… Il s'était rangé du côté des plus forts et n'avait pensé qu'à son propre salut, et celui de ses parents. Il était lâche et le savait. Finalement peut-être avait-elle toutes les raisons du monde de le détester.

Il ne pouvait cependant oublier avec quel dédain et quelle froideur elle l'avait traité lors de la soirée mondaine à laquelle ils avaient été tous deux conviés. Peut-être l'avait-il cherché en se montrant ostensiblement au bras de Pansy Parkinson et en affichant son éternel air supérieur pour se donner de l'assurance. Désormais il n'avait plus que cela pour se faire respecter. Elle avait sans doute dû très mal prendre le fait qu'il ne vienne pas la saluer. Mais elle l'avait à son tour joyeusement repoussé par la suite lorsqu'il avait cherché à s'excuser. Il ne pouvait oublier à quel point cela lui avait fait mal sur le moment, et combien encore aujourd'hui il en gardait une grande amertume. Il avait pendant quelques temps placé tous ses espoirs en cette jeune femme, mais elle les avait réduits à néant.

Oui, décidément, cette femme avait un don pour lui mettre les nerfs en pelote. En vérité, il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir terriblement pour son attitude, son changement de comportement à son égard, le fait qu'elle décide de le traiter comme les autres le faisaient. Elle en était devenue détestable à ses yeux et il regrettait presque désormais de l'avoir empêchée de sauter, ce fameux jour où ils s'étaient rencontrés au bord d'une falaise dont il ne se rappelait plus le nom. Il avait un temps cru que cette rencontre fortuite pouvait signifier quelque chose, mais Drago Malefoy avait depuis perdu toute capacité de donner un sens à quoique ce soit, et particulièrement à sa vie. Tout ce qu'il souhaitait désormais c'était qu'on le laisse tranquille, qu'il puisse sortir dans la rue sans qu'un sorcier ne change de trottoir pour ne pas le croiser, ou qu'une sorcière éloigne son enfant de lui comme s'il était un dangereux psychopathe.

Il fit ses achats très rapidement, sans prendre le temps de s'attarder dans les boutiques comme il aimait le faire auparavant. Il n'adressa la parole à personne, se moquant bien de paraître désagréable. Il détestait tous ces gens autant qu'ils le détestaient, et n'avait pas l'intention de leur cirer les bottes pour se faire aimer d'eux, il avait sa fierté. Il retourna vers le Chaudron Baveur d'un pas lent, priant pour qu'Asteria Greengrass et son amie aient quitté le lieu. Il entra dans l'auberge, un petit peu moins bruyante mais serra les dents en voyant plusieurs regards tournés vers lui, ne reflétant que du dédain. Il se demanda si un jour il s'habituerait à ce qu'on l'observe de cette façon. Probablement pas.

— Bonsoir, fit une voix glaciale qu'il ne reconnut que trop bien car elle avait employé le même ton que la dernière fois qu'ils s'étaient vus.

— Bonsoir, répondit-il de la même façon.

Asteria avait une Bièraubeurre dans chaque main et il la soupçonnait de se retenir de ne pas les lui jeter au visage. Mais peut-être se trompait-il, peut-être n'éprouvait-elle à son égard qu'indifférence et alors il n'avait pas de raison de lui en vouloir… Cependant les jointures de ses doigts devenues blanches à force de serrer les verres le détrompèrent. Elle le détestait bel et bien. Comme tous les autres.

— Vous ne m'aimez pas, n'est-ce pas ?

A peine les mots furent-ils sortis de sa bouche qu'il les regretta. Elle allait le prendre pour un fou… Mais c'était plus fort que lui. Il fallait qu'il sache ce qu'elle éprouvait à son égard, s'il avait une chance de rattraper ses erreurs, ou si tout était définitivement perdu. Tant de gens lui avaient tourné le dos que s'il avait l'espoir infiniment minime d'apprendre que quelqu'un ne le détestait pas, il le saisissait. Fébrile, il attendit la réponse de la jeune femme.

Mais Asteria ne lui fit pas ce plaisir et prit le chemin de sa table. Alors Drago posa une main ferme sur son épaule. Elle se dégagea et il fut surpris de lire comme de la peur dans ses yeux. Le recours à la force n'était pas une bonne méthode avec elle, mais il savait que s'il l'avait simplement rappelée, elle ne se serait même pas retournée.

— Répondez, dit-il d'une voix tremblante, sans se soucier des regards qui s'étaient tournés vers eux.

Les yeux de la jeune femme se plissèrent, et il se demanda comment les verres qu'elle tenait pouvaient être encore entiers avec la pression qu'elle leur infligeait. Il s'interrogea sur son silence. …tait-ce le signe qu'elle n'avait pas un avis arrêté sur la question et qu'il était possible qu'elle ne le haïsse pas totalement ? Mais les mots qu'elle articula lui firent l'effet d'un couteau planté dans le dos.

— Je vous déteste, dit-elle comme si elle lui crachait ces mots au visage.

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Les mains tremblantes d'une colère contenue, Asteria jeta un dernier coup d'œil au jeune homme avant de rejoindre Fiona à leur table. Bizarrement, elle n'était absolument pas satisfaite d'avoir dit ce qu'elle avait sur le cœur. En fait, elle aurait souhaité exprimer davantage le fond de sa pensée. Elle aurait eu envie de lui expliquer combien cela l'avait blessée de le voir avec cette Pansy Parkinson, alors qu'elle pensait bêtement qu'il l'appréciait… Elle avait été blessée qu'il ne vienne pas la saluer, et oui, elle l'avait ensuite repoussé, parce qu'elle avait sa fierté et ne trouvait rien de plus humiliant que de pardonner sans discuter après un tel comportement.

Alors oui, depuis cette soirée, elle détestait Drago Malefoy. Mais ce n'était pas un problème, puisqu'il semblait en faire autant vis-à-vis d'elle. Il la voyait sans doute comme une pauvre fille paumée, que l'on pouvait traiter comme on le voulait puisqu'elle ne désirait rien plus qu'être aimée. Or, sur ce plan, il se trompait royalement. Elle n'avait pas besoin de lui, il pouvait aller croupir en enfer. Il y était déjà, de toute évidence. Il n'avait probablement plus d'amis, à part cette Pansy.

Elle adressa un léger sourire à Fiona en songeant qu'elle au moins n'avait rien perdu dans cette guerre qui ne lui eût déjà été enlevé. Elle avait été terriblement déçue par Drago Malefoy, et même profondément blessée, mais il ne valait guère la peine que l'on se batte pour lui. Et si elle avait gagné son mépris, il avait perdu son estime à elle. Et elle considérait cela comme bien plus important.

— Tu lui as dit quelque chose qui ne lui a visiblement pas plu, constata Fiona avec un petit sourire.

— Et c'est le cadet de mes soucis ! répondit Asteria en arborant un air triomphal. J'aurais préféré ne jamais rencontrer cet homme, je m'en serais bien mieux portée. Et je prie Merlin pour ne plus jamais avoir à croiser son chemin…

— Vu la colère dans laquelle il t'a mise, c'est plutôt pour lui que je prie, répliqua Fiona. Je ne donne pas cher de sa peau si un jour il croise à nouveau ta route !

Asteria éclata de rire, imitée par son amie.

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Jetant un dernier regard à la salle bruyante et enfumée du Chaudron Baveur, Drago sortit de l'auberge. Il perçut avant de partir les éclats de rire des deux jeunes femmes. De quand datait la dernière fois où il avait ri comme cela ? C'était il y a bien longtemps, bien avant le procès de sa famille, peut-être même avant la Bataille de Poudlard. Cette guerre lui avait fait tout perdre. Asteria Greengrass avait représenté pendant un moment un nouvel espoir, celui de pouvoir prouver à quelqu'un qu'il n'était pas l'homme détestable et méprisable que l'on dépeignait. Mais cette perspective s'était évaporée telle une volute de fumée. Ces trois mots qu'elle lui avait jetés au visage avaient détruit quelque chose en lui, mais une fois encore il n'aurait su dire quoi. Tout ce qu'il savait, c'était qu'ils auraient fait moins mal venant de n'importe qui d'autre.

Il s'était bêtement demandé à cette réception si son attitude pouvait être due à une quelconque jalousie envers Pansy. Mais il avait arrêté bien vite d'imaginer que deux femmes puissent seulement envisager de se battre pour l'homme qu'il était devenu. Asteria le détestait, comme tous les autres.

Et il ne put s'empêcher de penser qu'il méritait amplement la haine qu'on lui portait désormais.


Note de fin : Voilà, j'espère que ça vous a plu, je ne voulais pas écrire quelque chose de trop romantique, et de trop fleur bleue, j'espère y être arrivée, et ne pas avoir rendu Drago trop "amoureux désespéré" ni Asteria trop "belle princesse en détresse". Bref en tout cas, ça a l'air plus que mal parti entre eux, mais un miracle peut toujours survenir x)

C'est le retour de Fiona, sur laquelle je ne vais pas tarder à publier une fic de 8 chapitres, donc si le personnage vous plaît, tenez-vous aux aguets le 12 septembre ! :D

Merci d'avoir lu et à mercredi pour la suite !