La suite arrive, je ne vous ai pas oubliés mais les examens se rapprochant, ça se complique pour moi.

Je suis désolé si je vous ai donné de faux espoirs la dernière fois, mais cette histoire ne tournera pas au slash, elle se limite au Friendship Tony/Gibbs surtout.

Pour ceux qui aiment ça, vous serez servi avec ce chapitre et le suivant également (déjà traduit, en cours de révision donc pour bientôt !)

J'espère m'en être bien tirée, j'attends votre avis comme toujours !

Enjoy !

Chapitre 9 :

Pendant les trente premières secondes, Gibbs mit ce silence sur le compte du processus de compréhension des faits du cerveau embrouillé de Tony. Au bout d'une minute, il se demanda si tous les médicaments que Tony avait dans son organisme affectaient ses réponses. Après deux minutes, il commença à s'inquiéter.

Lorsque Gibbs était arrivé à l'hôpital, DiNozzo s'était empressé de lui dire qu'il se rappelait un peu ce qui s'était passé. Gibbs avait caché sa déception lorsque DiNozzo lui avait révélé un très léger aperçu des évènements : il avait dit qu'il avait senti avoir vu quelque chose qui n'allait pas, et ensuite que tout lui échappait. Gibbs avait simplement hoché la tête de façon encourageante avant de faire part à Tony du fait que Sharlon l'avait désigné comme son complice de plein gré dans une tentative d'évasion. Ce n'était pas la peine d'enjoliver la chose. Il lui avait simplement dit les faits. Gibbs s'était attendu à un regard incrédule, voire peut-être même à quelques jurons étant donné que Tony allait bien mieux. Mais Tony avait simplement écouté et était resté assis en silence, regardant dans le vide. Gibbs ne s'était pas attendu à ça, et, alors que cela durait depuis plus deux minutes, il dut admettre qu'il était inquiet.

« DiNozzo » dit-il. Comme il n'obtenait pas de réponse du jeune homme, il éleva légèrement la voix.

« Tony ! »

Tony regarda Gibbs et soupira intérieurement. Comment pouvait-il dire à Gibbs que ce qu'il venait de lui annoncer était ce qu'il redoutait depuis le début ? La prédiction de son père allait finalement se réaliser. Sa carrière était finie et il était sur le point de gagner un aller simple aux oubliettes. Il se pourrait même que son père soit assez motivé pour venir à sa condamnation.

« Quand est-ce que Fornell va venir me chercher pour m'arrêter? » demanda-t-il, sa voix résonnant avec résignation.

Gibbs voulait donner à Tony une série de tapes derrière la tête et lui faire la leçon pendant un moment sur le fait d'avoir plus confiance en lui, mais il douta que ça soit le bon moment pour ça. Tony broyait déjà du noir. Il ne voulait pas qu'il s'y enfonce encore plus. A la place, Gibbs roula les yeux de façon exagérée.

« Oui, d'accord » railla Gibbs, « Fornell va t'enfermer sur les dires d'un terroriste reconnu sans aucune autre preuve pour corroborer cette hypothèse. Je vois déjà son directeur et le directeur Shepard s'entendre là-dessus »

« Est-ce qu'ils ont des preuves ? » demanda Tony, ses yeux se remplissant d'espoir au ton de Gibbs. Peut-être que Gibbs pourrait lui faire gagner un peu de temps en dehors d'une cellule.

Gibbs se leva, plaça ses mains de chaque côté de DiNozzo et se pencha droit dans son espace personnel. Ses yeux bleus étaient fixés dans les yeux verts de Tony.

« Ils n'ont aucune preuve étayant le fait que tu as été le complice de cet enfoiré, parce qu'il n'existe pas de preuves que tu étais son complice. Tu as peut-être roulé Sharlon en lui faisant croire que tu étais un sympathisant, mais tu n'aurais jamais été plus loin. Tu m'as compris ? »

Tony pouvait sentir la respiration de Gibbs sur son visage et ainsi facilement identifier la marque du café qu'il avait bu. Mais il a aussi vu très clairement que Gibbs allait péter un plomb si DiNozzo exprimait l'une de ses peurs quant à la direction où tout ceci allait les mener. Par conséquent, il déglutit et hocha la tête.

Satisfait pour le moment, Gibbs retourna s'asseoir. Il aurait ajouté quelque chose, mais le docteur entra soudainement dans la chambre.

« Ah, agent Gibbs » dit-il en guise de salutation, « Vous avez été informé de l'amélioration de l'état de Tony ? »

« Ouais » répondit Gibbs brièvement.

« Plus de maux de tête ou de vision trouble ? » demanda-t-il à Tony tout en braquant une lumière devant ses yeux.

Tony secoua la tête légèrement et Gibbs attendit la plainte prévisible de son agent exprimant sa volonté de sortir dès que possible. Elle n'arriva jamais. Les choses étaient pires qu'il le pensait. Il devrait peut-être lui mettre une tape derrière la tête après tout, une fois que le docteur serait sorti bien sûr.

« Je serai heureux de vous laisser sortir demain matin. » déclara le docteur, « mais il y aura des conditions. Quelqu'un devra rester avec vous, quelqu'un qui s'assurera que vous prenez bien vos médicaments et que vous vous reposez. Evitez les escaliers. Vous aurez une infirmière à domicile qui viendra vérifier votre blessure à la jambe. Je vous recommande de ne pas faire reposer trop de poids sur cette jambe. D'habitude je recommande des béquilles mais votre poignet cassé va les rendre difficile à utiliser. Nous avons des fauteuils roulants que les patients peuvent emprunter. »

« Pas besoin d'un fauteuil roulant » grommela Tony. Il risqua un regard vers Gibbs, le défiant de l'obliger à en avoir un.

« Donnez lui les béquilles » déclara Gibbs, « Je vous garantis personnellement qu'il ira se balader nulle part sauf pour aller aux toilettes. »

« C'est d'accord alors. » dit le docteur tout en signant en bas des feuilles d'examen. « On vous libérera dans la matinée. J'espère que l'on ne vous reverra pas avant 6 semaines, au moment où il faudra vous enlever votre plâtre, bien que je doute que les infirmières partagent ce sentiment. »

Le docteur quitta la pièce, mais avant que Gibbs ne puisse dire quoi que ce soit à Tony, son portable sonna. En voyant sur le téléphone que l'appel venait du directeur, Gibbs quitta la chambre pour prendre l'appel, laissant un Tony manifestement découragé étudier son sort.

« Gibbs »

« Jethro, Fornell veut interroger Tony dès qu'il sortira de l'hôpital. » lui dit Jenny

« Et tu vas le laisser faire ? » demanda Gibbs d'un air incrédule

« Jethro, je n'ai pas le choix. L'hôpital dit qu'il va beaucoup mieux. Nous n'avons plus d'excuses. » essaya-t-elle de le raisonner.

« Et ce léger problème d'amnésie ? » demanda Gibbs d'un ton sarcastique

« L'interrogatoire aura lieu demain au siège du FBI. Je serai là. Tu seras libre d'observer. On ne peut pas risquer le fait de sembler protéger Tony en refusant qu'il soit interrogé. » déclara Jenny d'un ton sans équivoque.

« Très bien ». Gibbs termina la conversation encore plus brusquement que d'habitude. Il prit une grande inspiration avant de retourner dans la chambre de Tony.

« Juste après ta sortie demain matin, je t'emmène voir Fornell. Juste pour un interrogatoire. Tu réponds simplement aux questions et tu lui dis ce que tu sais. » déclara Gibbs d'un ton neutre, comme si ce n'était pas grand-chose. Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Comme si Tony n'avait pas de quoi s'inquiéter. Comme si ça ne mettait pas Gibbs vraiment en colère qu'un de ses agents allait être sujet à un contre-interrogatoire par quelqu'un qui avait décidé qu'il était coupable de trahison.

Tony acquiesça de la même manière résignée qui glaça le cœur de Gibbs, mais avant que l'un d'entre eux puisse ajouter quoi que ce soit, Gibbs fut presque renversé par la tornade Abby, qui fit irruption dans la pièce avec une multitude de cadeaux. Gibbs se tînt debout et regarda pendant un moment Abby en train d'opérer sa magie sur Tony, avant de s'éclipser discrètement. Il était sûr qu'Abby resterait longtemps après la fin des heures de visite et qu'elle garderait l'esprit de Tony loin des choses auxquelles il ne devait pas penser.

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Jenny Shepard était déjà dans la salle d'interrogatoire du FBI avec Fornell lorsque Gibbs arriva avec DiNozzo. Si Tony fut surpris de la voir ici, il ne le laissa pas paraître. Il la salua d'un bref signe de tête en sa direction. Elle avait résisté à l'envie de se lever et d'aller les aider mais elle se souvenait de la fierté masculine et de la forte attitude protective de Gibbs lorsqu'il s'agissait de DiNozzo. Tony avait le visage terreux et ses yeux trahissaient une fatigue certainement causée par une nuit blanche. Il avait manifestement du mal à utiliser ses béquilles avec son poignet cassé, et il dut donc s'appuyer sur Gibbs pour se déplacer dans la pièce jusqu'à la chaise. Une fois assis, Tony plaça son bras valide sur ses côtes de façon protectrice car celles-ci étaient toujours sensibles. Gibbs laissa les béquilles où Tony pourrait les reprendre avant de lancer un regard noir à Fornell. Jenny regarda Fornell pour voir sa réaction mais vit aussi Gibbs serrer brièvement l'épaule de Tony du coin de l'œil. Puis Gibbs s'en alla, les laissant seuls tous les trois.

Jenny écouta Fornell poser à Tony les mêmes questions qu'il avait déjà posées à l'hôpital. DiNozzo donna les mêmes réponses. Lorsque Fornell lui mit la pression au sujet de son incapacité à se souvenir des évènements, elle vit la gêne dans les yeux de Tony. Il détestait clairement être dans cette situation, la chose culminante étant qu'il devait avoir l'impression d'avoir laissé tomber Gibbs d'une certaine façon.

« Sharlon vous a désigné comme son complice » continua Fornell, « il maintient que vous lui avez fourni l'arme qui a servi à tuer deux hommes biens. Qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus ? »

Tony secoua la tête.

« Je suis désolé » dit-il à Fornell. Jenny ne l'avait jamais entendu parler d'une voix si faible.

« Désolé qu'ils soient morts ou désolé que vous et Sharlon ne vous soyez pas échappés comme prévu ? » continua Fornell les yeux durs.

« Désolé qu'ils soient morts et désolé que je ne puisse pas me rappeler. » répondit Tony, sa voix n'étant guère plus qu'un murmure. Il était toujours vraiment si fatigué. Le voyage depuis l'hôpital l'avait épuisé plus qu'il ne l'avait cru.

« L'amnésie peut être très pratique dans ces circonstances » insista Fornell en maintenant la pression. « Mais j'aimerais vraiment savoir pourquoi vous avez soudainement changé d'avis. Était-ce parce que Sharlon a visé votre copain en premier ? Peut-être que c'était une partie du plan dont il ne vous avait pas parlé. »

« Ça suffit ! » annonça Jenny d'une voix si ferme et si brusque qu'elle fit Tony se redresser droit sur sa chaise, mouvement qu'il regretta immédiatement.

« Cet "interrogatoire" est terminé » dit-elle à Fornell. « Vous n'avez aucune preuve, excepté les paroles d'un meurtrier et le fait que mon agent a des réflexes étonnamment rapides. Il est amnésique à cause d'un sérieux traumatisme à la tête, chose à laquelle vous avez été témoin en regardant la bande vidéo. Et en parlant de bandes vidéo, je veux toutes les vidéos que vous avez, un accès illimité à Sharlon, et tout ce que vous avez d'autre. Je veux plus que les maigres preuves pathétiques que nous avons reçues jusqu'à maintenant. »

« Avec le respect que je vous dois, Directeur Shepard, » reprit Fornell visiblement agacé, « Deux de mes agents sont morts, et vos agents détiennent la clé de ce qui s'est passé. »

« Avec le respect que je vous dois, agent Fornell, je ne vous permettrai pas de harceler mon agent avec des questions auxquelles il ne peut pas répondre. Vous n'avez aucune preuve solide pour confirmer ce que prétend Sharlon. » riposta Jenny.

« Je veux qu'il soit gardé en détention » persista Fornell, « A l'hôpital sous la garde du FBI si vous préférez cela à une cellule. »

Jenny se leva et regarda Fornell avec un regard que même Gibbs fut heureux de n'avoir jamais reçu.

« L'agent DiNozzo sera placé en détention préventive sous la garde d'un agent haut gradé du NCIS. » lui dit-elle. « Il est ridicule de penser qu'il pourrait s'enfuir dans son état et son docteur ne l'a relâché qu'à la condition qu'il ait quelqu'un avec lui. Une cellule ou une chambre d'hôpital surveillée est hors de question. Je ne le laisserai PAS être traité comme un criminel. Maintenant remplissons la paperasse pour que l'agent DiNozzo puisse rentrer chez lui. »

Gibbs ne put empêcher un sourire satisfait d'apparaître sur son visage alors qu'il regardait le déroulement des évènements depuis la salle d'observation. Il douta que Fornell ait compris ce qui lui était tombé dessus. L'agent du FBI poussa son bloc-notes en avant pour que Tony le signe mais Jenny l'intercepta, secouant la tête et disant à Fornell à quel point c'était insensible de s'attendre à ce qu'une personne avec la main cassée signe quelque chose. Après qu'elle a signé au nom de Tony, Fornell arracha pratiquement le papier du bureau et quitta la pièce brusquement, passant devant Gibbs au moment où il entrait dans la pièce.

Tony, se dit Gibbs, ressemblait vraiment à définition vivante du terme « estomaqué ». Son agent avait toujours une sale tête, mais il semblait complètement abasourdi par ce qui venait de se passer.

« Impressionnant » dit Gibbs à Jenny. « Ce serait possible que tu m'arrange un problème avec le fisc ? »

« Considère cela comme un avertissement pour la prochaine fois où cela te viendrait à l'idée de venir faire irruption dans mon bureau » lui répondit Jenny, feignant le sérieux. Elle et Gibbs tournèrent tous les deux leur attention vers Tony qui n'avait toujours pas prononcé un mot.

« Comment te sens-tu ? » demanda Jenny.

« Franchement… choqué » répondit Tony, retrouvant enfin sa voix. « Merci d'avoir stoppé Fornell. Il appuyait un peu là où ça fait mal. »

« Bon, je vais m'assurer qu'Abby et le reste de l'équipe récupèrent toutes les preuves que le FBI gardait » lui dit Jenny en se levant. « Il se peut même que cela n'ait pas d'importance que tu ne retrouves pas la mémoire. Nous trouverons quelque chose qui prouve que Sharlon ment. »

Tony acquiesça, ses yeux honorés de la foi qu'avait le directeur en lui. Croire vous ne méritez pas la confiance absolue des autres était une leçon très dure à effacer de son esprit.

« Allez DiNozzo, tu viens avec moi » lui dit Gibbs tout en lui passant les béquilles.

« On va où ? » demanda-t-il tout en les positionnant sous ses bras.

« Chez moi » répondit Gibbs tout en savourant l'expression du visage de Tony, bouche bée de surprise.

« Je te mets en détention provisoire sous la garde de Gibbs » déclara Jenny à Tony, les yeux de la jeune femme pétillaient de malice tout en regardant Gibbs aider Tony à se lever.

« Et il voudrait mieux que tu ne me racontes pas de salades sinon tu seras en route pour la cellule que Fornell t'a proposée » déclara Gibbs d'un ton bourru.

Jenny maintînt la porte ouverte pour les deux hommes et étouffa un rire. Elle aurait bien aimé être une mouche sur un mur dans la maison de Gibbs pendant qu'il « gardait » DiNozzo, mais elle devait s'occuper d'affaires beaucoup plus sérieuses. Elle avait une équipe à mobiliser et le nom d'un homme bien à blanchir.