Voilà la suite !
Un grand merci à tous les fidèles lecteurs et re-lecteurs de cette fic. C'est rassurant de voir autant d'accr... de gens qui réclament la suite.
Chapitre 9 : Nicolas Flamel
Les avertissements de Sarah ne furent pas perdus. Harry laissa sa cape au fond de sa malle pour toute la durée des vacances et se concentra sur ses cours pour ne plus penser à la vision obsédante de sa famille réunie autour de lui. Malheureusement, ses rêves lui ramenaient sans cesse cette image. Il faisait des cauchemars où il voyait ses parents disparaître dans un éclair de lumière verte, tandis que résonnait un rire aigrelet. Quelque chose de familier et d'étrange à la fois. Sarah lui conseilla de demander une potion pour dormir à l'infirmière, Mlle Pomfresh, mais Harry ne voulait pas la déranger pour « si peu ».
La veille de la rentrée, Hermione revint à Poudlard. Elle fut assez perplexe quant à cette affaire de miroir, se demandant surtout pourquoi il avait fallu le déménager en hâte alors que personne ne savait que Harry allait le regarder. Elle fut aussi très déçue qu'ils n'aient rien trouvé sur Flamel pendant son absence. Sur ordre explicite, toute l'équipe se remit au travail. Théodore conseilla à Hermione de ne pas faire ses recherches avec eux, car les Gryffondor commençaient à la considérer d'une drôle de façon, Ronald Weasley en tête. Puisque la jeune fille s'évertuait à lui clouer le bec à chaque fois qu'il se lançait dans de la propagande anti-Serpentard, Ron lui rendait les coups en la dénigrant sans cesse auprès de ses condisciples. Hermione déclara s'en moquer totalement et consulta ses livres à leur table sans se soucier du qu'en-dira-t-on. Harry dut les abandonner rapidement car l'entraînement de quidditch avait repris et Marcus n'aurait pas toléré la moindre absence.
Flint faisait travailler son équipe assez dur. Leur dernière performance l'avait tellement convaincu qu'il désirait la rééditer. Néanmoins, il avait le bon goût de faire rentrer ses joueurs au vestiaire quand la pluie ou la neige tombaient de trop. Olivier Dubois, lui, ne leur laissait même pas ce répit, trop furieux de leur défaite contre les Serpentard. Et il comptait bien gagner contre les Poufsouffle. Suivant le nombre de points, ils pourraient peut-être rattraper les Serpentard dans la course aux points. A condition que l'équipe en vert et argent ne batte pas les Serdaigle lors de son prochain match, bien sûr.
Harry était assez content, en songeant au match Gryffondor-Poufsouffle, de se retrouver sur les gradins en tant que spectateur. Là, il ferait une cible moins tentante pour les lanceurs de sort. Ses rêves de quidditch furent interrompus par l'entrée triomphale dans la salle commune de Drago Malefoy et ses deux gros associés, tous les trois ricanant méchamment. Harry vit Théodore lever discrètement les yeux vers le plafond de pierre. Drago se dirigea vers Pansy Parkinson, qui était sans doute sa plus fidèle admiratrice dans toute la maison. Il entreprit de lui raconter comment il avait lancé un sortilège de Bloque-jambes sur le pauvre Neville Londubat, histoire de s'entraîner à utiliser des maléfices. Harry vit rouge. Ce petit coq arrogant se fichait pas mal d'avoir pu blesser Londubat ! Pour éviter un nouvel accrochage avec Malefoy, Harry décida d'aller prendre l'air. Il sortit de la salle commune et marcha dans les couloirs, en direction de la grande porte du hall d'entrée. Il irait bien faire un tour du coté de chez Hagrid pour se changer les idées. L'air frais lui faisait du bien et chassait la vilaine migraine qui lui rongeait le crâne depuis des jours, par intermittence. Mais Harry eut la brusque impression qu'on lui versait un seau d'eau sur la tête quand il vit arriver Seamus Finnigan, qui revenait vers la tour des Gryffondor. De toute cette maison, Finnigan était peut-être celui qui le haïssait le plus, Weasley excepté. Il ne parlait que de faire « manger le gazon du stade » à ce sale petit Potter. Il n'y avait aucune planque possible dans le couloir. « Tant pis », songea le garçon en continuant d'avancer.
- Tiens, le petit Potter !
Harry se garda de rétorquer à Seamus qu'il était de deux mois plus âgé que lui et qu'au point de vue taille, la différence ne se voyait guère. Il se contenta de saluer Finnigan sans agressivité.
- Bonsoir à toi aussi.
- Tu sais que tu tombes bien ? J'avais besoin d'un Serpentard pour une expérience.
- Du genre ? Vérifier que nos deux maisons sont compatibles ? demanda Harry avec un gentil sourire. Si tu étais une fille, passe encore, mais là...
Finnigan mit un moment avant de saisir le sous-entendu. Mais une fois les méninges activées, il ne fut pas long à saisir aussi sa baguette. Son adversaire garda les mains dans ses poches. Puis se pencha, notant soudain la carte de chocogrenouille qui était tombée par terre quand Seamus avait pris sa baguette.
- Tu as perdu quelque chose, fit Harry d'un ton indifférent.
Et il ramassa la carte. C'était celle de Dumbledore, la première de sa collection. Harry eut un petit hoquet de surprise en lisant le texte inscrit au dos de l'image. « Il travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste NICOLAS FLAMEL et... »
- Je te rends ta carte. Merci beaucoup, Finnigan.
Plantant là un Gryffondor quelque peu déboussolé, Harry se mit en devoir de trouver Hermione. Mais elle n'était pas à la bibliothèque. Le jeune sorcier jura entre ses dents. C'était bien sa chance ! Il ne pouvait lui parler si elle était dans la salle commune de la maison rouge et or. Il lui faudrait attendre le lendemain, jour du match, pour pouvoir l'aborder sans risque. Cependant, il alla trouver Sarah pour lui faire part de cet intéressant détail. Les yeux de sa camarade s'illuminèrent.
- Bien ! Au moins, on sait pourquoi il a confié son truc à Dumbledore, si ce sont de vieux copains. C'est encore un point positif. Mais ça ne me dit toujours pas ce que ça peut être. Un alchimiste, c'est ce qui est écrit ? C'est sans doute une formule très spéciale, ou alors un mystérieux élixir qu'il a réussi à concocter pendant une expérience. Je me demanda quelles pourraient être ses propriétés..., musa Sarah.
- C'est pour ça qu'Hermione va nous servir. Un puits de science comme elle doit forcément avoir un bouquin d'alchimie comme livre de chevet !
Le lendemain matin, Harry profita de l'effervescence qui accompagnait toujours les avant-matches pour contacter Hermione. Il lui parla de la mention de Flamel et Hermione se rua vers le dortoir des filles de Gryffondor pour aller chercher un très gros et très vieux livre recouvert de cuir brun craquelé.
- Je n'avais jamais pensé à regarder là-dedans. Je l'ai pris depuis un moment, pour avoir de la lecture utile, le soir.
- Je vais récupérer Théo et Sarah. Ca devrait les intéresser aussi, dit Harry sans faire de commentaire sur la taille du livre.
Quelques instants plus tard, les trois Serpentard entouraient Hermione, qui feuilletait rapidement son volume. Elle finit enfin par trouver ce qu'elle cherchait.
- Le voilà ! Nicolas Flamel est le seul alchimiste qui ait réussi à fabriquer la Pierre philosophale.
- C'est quoi ? demanda Théodore avec un froncement de sourcils.
- Les anciens travaux des alchimistes avaient pour but de créer la Pierre philosophale, une substance légendaire dotée de pouvoirs fabuleux, tels que changer n'importe quel métal en or ou de produire un élixir de longue vie, qui rend immortel celui qui le boit. La seule existante est donc celle mis au point par Flamel. Le livre dit que c'est un amateur d'opéra qui vient de fêter son... six cent soixante-cinquième anniversaire
- Sur les bords de Loire en compagnie de son épouse Pernelle, âgée de six cent cinquante-huit ans.
- Encore un an et il décroche le triplet magique, commenta Sarah en souriant.
- Donc, nous sommes maintenant sûrs que ce maudit chien à trois têtes garde la Pierre, fit Harry, songeur. Ca ne nous dit toujours pas qui est le voleur, mais c'est certain, il y a de quoi être motivé... Fortune sans fond et vie éternelle…
- Pas étonnant en tout cas qu'on ait rien trouvé sur Flamel dans Etude des progrès récents de la Sorcellerie..., marmonna Hermione. Il n'est plus si récent que ça, avec ses six cent soixante-cinq années d'existence.
Durant le cours de Défense contre les Forces du Mal, où Quirrell leur fit recopier les différentes façons de soigner les morsures de loup-garou (la meilleure méthode étant encore de les éviter, comme le fit remarquer Bulstrode à voix basse), Harry et Théodore réfléchirent à ce qu'ils pourraient faire si jamais on leur laissait la Pierre pendant vingt-quatre heures. Harry opta pour s'acheter une maison bien à lui, qui le dispenserait de retourner chez les Dursley, et où il inviterait ses amis aussi souvent que possible. Théodore ne savait pas trop quoi faire. Selon lui, l'intérêt de la vie était précisément qu'elle durait peu et que cela forçait les gens à faire un maximum de choses durant le temps qui leur était imparti. Donc, pas d'élixir de longue vie. Quant à l'argent... Il en ferait volontiers don à des associations de chercheurs en maladies magiques pour leur donner un coup de main dans leur travail. Mais il en mettrait tout de même un peu de coté pour s'acheter un balai décent. Pour Sarah, c'était l'inverse : la pensée de tout transformer en or lui soulevait le cœur. Non seulement ça baisse la valeur de l'or existant, c'est bien connu, mais surtout c'était une façon abominable de s'en procurer ! Elle gagnerait sa vie honnêtement en arnaquant la veuve et en roulant l'orphelin dans la farine (sans oublier d'escroquer tous les autres), comme sa respectable famille l'avait toujours fait ! Pour l'immortalité, par contre, elle hésitait : elle risquait d'avoir besoin de beaucoup de temps pour apprendre absolument tout ce qui se sait de la magie, mais ensuite ? L'immortalité a tout de même ses inconvénients, à commencer par l'ennui, surtout vers la fin.
L'après-midi vit le stade envahi par les étudiants qui jouaient des coudes pour profiter des meilleures places. Harry, Théodore et Sarah montèrent dans la tribune ornée de bannières vertes et blanches des Serpentard, après avoir croisé un Rogue visiblement nerveux qui parlait à voix basse avec le directeur Dumbledore. Sa présence rassura un peu Harry. En présence du vieux sorcier, personne ne se risquerait à commettre quoi que ce fût.
Les Gryffondor semblaient assez à cran. Après avoir perdu leur premier match de la saison, ils auraient l'air fin si jamais Poufsouffle leur infligeait une défaite de plus. Ils pourraient surtout faire une croix sur la moindre chance de gagner la coupe de quidditch. Aussi les Serpentard pariaient-ils sur la victoire de la maison au blaireau avec force commentaires élogieux sur la qualité de son équipe.
Comme à l'accoutumée, l'arbitre Bibine énonça les recommandations en matière de respect des règles, avant de libérer les balles. Les deux équipes entamèrent aussitôt leur ballet aérien pour attraper qui le souaffle, qui le vif. Mais tout le monde ne se souciait pas de la partie. Ainsi, Théodore scrutait les gradins de Gryffondor en faisant la grimace.
- Mais je rêve ? Ce crétin de Malefoy est allé provoquer Weasley sur son terrain...
- Non ? Je voudrais bien entendre ce qu'il se racontent, fit Harry en tournant ses jumelles vers les tribunes rouge et or.
- Moi aussi, dit Sarah. Je ne connais aucun sort pour les écouter d'ici, comme ça sans rien… Il faudra que j'y pense…
- Et maintenant, Londubat s'en mêle !
Dans l'oculaire des jumelles, Harry put voir Malefoy et Weasley rouler sous un banc, tandis qu'après un instant d'hésitation, Neville suivait le mouvement, Crabbe et Goyle n'étant pas en reste. Devant eux, Hermione ne s'en était même pas rendu compte, tant elle était prise par l'atmosphère enfiévrée régnant dans les tribunes. Les adversaires étant hors de vue, Harry revint à jeu, juste à temps pour voir Cédric Diggory, l'attrapeur de Poufsouffle, réaliser une feinte superbe qui lui assura la prise du vif d'or. La maison jaune et noir se mit à hurler d'enthousiasme, suivie de près par les Serpentard, qui n'aimaient rien tant que de voir Gryffondor perdre.
- C'est ce qui s'appelle se prendre une bonne gamelle ! cria Flint en esquissant une danse de Sioux.
- Avec ça, la coupe leur passe sous le nez. On a toutes nos chances, renchérit Wendel Fallencrest avec un sourire radieux.
- Ouais, mais va falloir apprendre à neutraliser ce Diggory, commenta Thomas Feral. C'est un dangereux, celui-là !
A nouveau de bonne humeur, les Serpentard regagnèrent leur salle commune. Harry les laissa partir pour demander à Hermione quels étaient les valeureux combattants de la maison Gryffondor. Elle lui répondit d'un ton dégoûté que Malefoy avait reçu un oeil au beurre noir de la part de Weasley, qui avait pris un coup de poing dans le nez en retour, tandis que Neville était plus ou moins dans les pommes après avoir essayé de s'attaquer à Crabbe et Goyle.
Harry haussa les épaules. Il fallait vraiment être idiot pour s'en prendre seul à ces deux armoires à glace. Il prenait de nouveau le chemin des quartiers de Serpentard quand il vit Quirrell sortir en hâte du château, avec une allure des plus suspectes. Il regardait sans cesse derrière lui pour s'assurer qu'il n'était pas suivi. Harry ressentit encore cet agaçant picotement dans sa cicatrice. Bien décidé à en savoir plus, il sortit à son tour et se dirigea vers le hangar à balais pour récupérer son Nimbus. Il venait d'enfourcher le balai quand une seconde personne prit la suite de Quirrell. A la démarche, Harry reconnut Rogue. Sans hésiter, il prit son envol et suivit de haut le chemin de ses professeurs. Une fois au-dessus de la foret, il descendit juste au-dessus de la cime des arbres et se mit à tourner en essayant de localiser le moindre bruit. Le jour déclinait peu à peu et les nombreux bruits d'oiseaux cessèrent les uns après les autres. Harry parvint enfin à saisir quelques mots, juste en dessous de lui. En silence, il se posa dans un hêtre et se percha sur une grosse branche qui surplombait les deux hommes en pleine conversation.
- ... ne sais pas pour... pourquoi v... vous avez te... tenu à me v... voir ici, Severus.
- Il vaut mieux que ceci reste confidentiel. Après tout, les élèves ne sont pas censés connaître l'existence de la Pierre philosophale. Et vous ne voudriez sûrement pas que nos collègues soient au courant de vos petites... activités annexes, gronda Rogue, menaçant.
- Je ne comprends p... pas du tout ce... que vous... vous voulez d... dire.
- Allons donc. Je vous ai à l'œil depuis Halloween, Quirrell. De tous les adultes de l'école, vous étiez le seul absent quand ce satané troll a été lâché dans les couloirs. Et je serais très étonné qu'un élève, même de septième année ou très idiot, se soit amusé à ce genre de blague. Vous avez donc trouvé comment faire pour passer devant cette bestiole sans vous faire dévorer ?
- M... mais, Severus... je..., bégaya pitoyablement Quirrell.
- Parce que c'est là, rappelez-vous que je vous ai trouvé. Devant la porte du cerbère, entrain de l'ouvrir... Vous ne voudriez quand même pas que je vous cause des ennuis, Quirrell ?
- Je... je ne... comprends r... rien de t... tout cela.
- Vous savez très bien de quoi je parle. Vous cherchez à prendre cette Pierre, inutile de le nier. La seule chose que j'ignore encore, c'est si vous le faites pour vous-même ou si quelqu'un vous commandite.
- V... vous ra... racontez n'imp... porte q... quoi !
- J'aimerais autant. J'attends que vous me donniez les formules que vous avez employées. Et aussi le nom de votre ou de vos comparses. Je vous vois mal monter ça tout seul. Réfléchissez bien. Si jamais vous retentez quoi que ce soit, j'ai bien peur que vos jours à l'école ne se terminent très prochainement.
Rogue tourna les talons, laissant Quirrell planté au milieu des herbes folles et des feuilles mortes. Harry décolla de son hêtre, vola jusqu'au hangar où il rangea son balai et regagna la salle commune en toute hâte.
- Où tu étais ? s'enquit Théodore. Tout le monde a fêté la défaite de Gryffondor avec le faste nécessaire dans une telle occasion.
- Je crois que je sais qui est le voleur. Ou du moins, UN des voleurs.
Quand Théodore et Sarah eurent entendu le récit de la conversation entre Rogue et Quirrell, ils restèrent muets de stupeur.
- Combiné à ce qu'on sait des ballades nocturnes de ce trembleur..., commença Théodore.
- Ca se tient, c'est bien ça le pire, compléta Sarah.
- Mais Rogue a raison. Quirrell ne peut pas agir tout seul. Quelqu'un doit l'aider. Sûrement à coups de magie noire, pour forcer les défenses autour de la Pierre. Car il ne doit pas y avoir que le chien pour la garder. Ce serait trop facile, énonça Harry.
- Parce que tu trouves ça facile, toi ? s'étouffa Théodore.
- C'est jamais q'une grosse bête, Théo. Un barbare s'en sortirait avec une épée à deux mains… Ou tout simplement en lui balançant le troll…
- En attendant, va falloir être très, très prudents avec Quirrell. Faire comme si on ne savait rien. Et continuer notre enquête pour déterminer qui peut bien l'aider.
- On n'est pas sorti de l'auberge... gémit Théodore.
