Bonsoiiiiiiiir Pariiiiiis ! Hahem... Pardon :D

Voili voilou, le chapitre 8 est sur la place. J'ai eu un mal fou à le pondre celui là, nom d'une pipe en bambou ! Mais vous constaterez quand même qu'il est long le salaud ^^ Programme du jour : des révélations, du pompage, des pleurs, et puiiiiiiis... Et puiiiiiiiiiiis ??? Vous verrez bieeeeeeeen:D

Merci encore à toutes pour vos reviews, vous êtes les meilleures ! Moi j'peux pas m'empêcher de vous aimez après ca !Nuhu ! Putain chuis en pleine forme sa mèèèèèèère !!!!

Aller bonne lecture les meufs, j'espère que ça vous plaira ;)

Pop'! (qui pète un boulong *à prononcer façon les Inconnus*)


Chapitre 8

Nos nuits.

Les jours, les semaines, puis les mois s'étaient écoulés lentement. Le rude hiver qui couvrait Londres de son ciel gris et triste avait laissé place au printemps et tout simplement à la vie. Les arbres des grands parcs de la ville fleurissaient à n'en plus pouvoir, répandant dans les rues des arômes exquis.

La bonne humeur des londoniens semblait être revenue en même temps que les beaux jours et les espaces verts grouillaient de promeneurs guillerets. Les journées se faisaient plus longues, laissant ainsi plus de temps aux rêveurs pour profiter de la lumière du soleil.

Ainsi, Hermione et Clémentine commencèrent elles aussi à faire de longues promenades au bord de lacs ou dans le zoo. Clémentine grandissait à vue d'œil, ses boucles blondes tombant maintenant sur ses épaules. Elles passaient toutes les deux de longues heures installées dans l'herbe, dégustant leur pique-nique, somnolant au soleil ou encore jouant ensemble. Allongée ainsi dans l'herbe grasse, Hermione contemplait son petit trésor avec émerveillement, admirant chacun de ses gestes maladroits, chaque expression qu'affichait son visage. Elle aimait cette enfant.

Draco passait ses journées à la fac et ne rentrait que tard le soir, toujours chargé de copies à corriger ou de cours à préparer. Ennuyé de ne pouvoir profiter plus de sa fille, il tentait tant bien que mal de lui réserver de précieuses heures durant le week-end, durant lesquelles Hermione était donc libre de sortir de son côté si elle le souhait. Mais il arrivait souvent qu'elle préfère rester avec eux et qu'ils se promènent tous les trois, tels une petite famille.

Hermione était réellement heureuse ainsi. Elle avait définitivement emménagé chez le blond, avait sa propre chambre et désormais ses petites habitudes. Clémentine l'avait adoptée et une sorte de complicité s'était installée entre elles. Hermione redoutait cependant ce que lui réservait l'avenir. Elle se sentait un peu bête en pensant à cela, mais comment devrait elle réagir lorsque Clémentine commencerait à parler et à comprendre les choses de la vie ? Elle agissait comme une mère avec elle, mais ne l'était pourtant pas… Cette pensée la chagrinait dès qu'elle se laissait le temps d'y songer et elle avait préféré la mettre de côté, la remettre à plus tard, car il n'était pas encore question de cela.

Elle et Draco était devenu bons amis et passaient leurs soirées ensemble à discuter, à lire ou à regarder la télé, pour autant que Draco finissait son travail à des heures convenables.

Il se montrait plus que patient avec elle, l'écoutant raconter ses histoires attentivement.

Il savait qu'elle lui cachait quelque chose, que cette gêne qu'il lisait dans ses yeux lorsqu'elle se livrait un peu trop à lui provenait d'une blessure profonde qu'elle n'était pas prête à avouer.

Certes, elle allait bien mieux que lorsqu'il l'avait revue pour la première fois. Non seulement elle avait repris du poids mais ses yeux affichaient à nouveau cette détermination, cette volonté qui semblaient brûler en elle. Cependant, il décelait encore dans son regard une sorte d'inquiétude perpétuelle, un mal qui l'empêchait parfois de sourire ou de pleurer, son visage se fermant dans une expression neutre et distante.

Il ne savait comment apaiser cette peine mais faisait de son mieux pour qu'elle soit bien, se montrant intentionné et attentif.

Ce besoin de la protéger lui avait semblé étrange et presque déplacé au début, mais au fil du temps, découvrant à quel point elle était vulnérable, il comprit. Il se comprit.

Il laissa donc son instinct lui dicter ce qu'il devait faire pour la rendre heureuse et lui éviter la moindre contrariété. Tout se passait pour le mieux.

Ce soir là, un orage éclata. Rien n'avait montré dans la journée qu'une pluie torrentielle s'abattrait sur la ville le soir même.

Au premier coup de tonnerre, Hermione se réveilla en sursaut. Elle regarda, effarée, l'eau claquer violemment contre la fenêtre de sa chambre. Elle se leva prestement et fila droit dans la chambre de Clémentine qu'elle entendait pleurer. Elle la prit dans ses bras et la berça un long moment, chuchotant des paroles réconfortantes. L'enfant se calma aussitôt et posa sa tête sur l'épaule d'Hermione, jouant avec une de ses boucles en désordre. Hermione pouvait sentir le pouls affolé de ce petit corps s'apaiser peu à peu contre elle. En quelques sortes, l'avoir dans ses bras la consolait elle aussi, elle qui avait tellement peur de l'orage…

Elle se promena ainsi longuement dans la petite chambre, jusqu'à ce que la petite s'endorme. Elle la déposa délicatement dans son lit et contempla le déluge dehors. Des éclairs ciselaient de temps à autre le ciel d'un noir chaotique. Au bout de quelques minutes, frissonnante dans sa chemise de nuit légère, elle décida de retourner se coucher. Elle se retourna et dut réprimer un cri de surprise lorsqu'elle heurta de plein fouet le torse de Draco qui se tenait juste derrière elle. Il la rattrapa par les épaules.

-Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur, chuchota-t-il. Je ne l'ai même pas entendue pleurer, marmonna-t-il en désignant Clémentine du menton. Je suis désolé que tu aies été réveillée.

-C'est l'orage qui m'a réveillée à vrai dire…

-Elle s'est rendormie ?

-Oui. Elle a juste du être surprise, comme moi. Tu peux retourner te coucher, ne t'inquiète pas. Je tendrai l'oreille au cas où elle se remettrait à pleurer.

Il acquiesça et quitta la pièce sans un mot de plus. Il devait être encore dans les vapes, se dit-elle pour justifier le comportement un peu étrange de Draco.

Mais la réalité était tout autre. Draco était complètement troublé par la scène à laquelle il venait d'assister. Il était en fait sorti de sa chambre quelques secondes après qu'Hermione entre dans celle de Clémentine, et il avait regardé par l'entrebâillement de la porte. La lumière était faible et éclairait juste une épaule d'Hermione, penchée au dessus du berceau. Il l'entendit murmurer quelque chose puis elle souleva précautionneusement Clémentine pour la serrer contre elle. Lorsque la petite posa sagement sa joue sur l'épaule d'Hermione, il sentit ses yeux lui piquer.

Et puis, cela lui apparut très clairement.

Hermione aimait réellement Clémentine. Clémentine aimait réellement Hermione.

Cet amour qu'il avait tout d'abord cru purement affectif, était en réalité devenu un amour maternel.

Hermione s'en était-elle rendu compte ? Si oui, qu'elle reste signifiait-il qu'elle était prête à l'assumer ? Lui-même, était-il réellement prêt à la voir prendre la place de SA Clémentine ?

Son cœur se serra à cette pensée. Il avança de quelques pas dans la chambre, s'arrêtant juste derrière Hermione qui regardait par la fenêtre, immobile.

Il eut soudain envie de la prendre dans ses bras, de la sentir contre lui. De savoir qu'elle était là, qu'il n'était pas seul. Que l'odeur de sa peau, de ses cheveux, envahisse ses narines et le fasse oublier la peine et la douleur dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Juste la serrer quelques secondes contre son cœur meurtri…

Au moment où il faisait un pas pour l'atteindre, elle se retourna et le heurta, ce qui eut pour mérite de le réveiller et le faire reprendre ses esprits. Il dut prendre quelques secondes pour se remettre ses idées au clair et se retira le plus rapidement possible.

Il espéra qu'elle n'ait pas vu le trouble qui l'avait habité, mais vue le peu de lumière dans la pièce, il n'était même pas sûr qu'elle ait vu son visage. Il s'allongea sur son lit, croisant les bras derrière sa tête et contempla le plafond, et guettant le grincement de parquet signifiant qu'Hermione était retournée dans sa chambre.

Que lui était-il passé par la tête ? Ce n'était pas la première fois qu'il voyait Hermione s'occuper de sa fille, alors quelle mouche l'avait piqué ? Qu'est ce qui avait fait que cette fois-ci, il l'avait vue différemment ? Non plus comme une gentille nourrice, mais bien comme une mère !

Une mère aimante, présente et douce. Si douce qu'il avait voulu la toucher pour vérifier si la douceur qui émanait d'elle était bien réelle…

Pour la première fois depuis qu'Hermione vivait avec eux, il s'était senti gêné face à elle, presque honteux. Comme si cette envie de la prendre dans ses bras était male, vraiment male. Pourtant il lui était déjà arrivé de la serrer contre lui, il avait même déjà dormi avec elle ! Alors quoi ?!

Il se rongea nerveusement les ongles, ruminant ses pensées, les tournant et les retournant dans son esprit comme si ainsi il pouvait y voir plus clair.

Une chose était sûre : il voulait le mieux pour Clémentine. Il voulait aussi le mieux pour Hermione. Or, elles semblaient toutes les deux heureuses ainsi. Donc dans l'immédiat, il n'était pas forcément nécessaire qu'il trouve des réponses à ses interrogations… Ce raisonnement presque mathématique l'aurait pleinement satisfait s'il n'avait pas fait attention à cette petite voix qui semblait lui dire : « C'est ça, repousse l'échéance ! Tu y sera de nouveau confronté dans très peu de temps, je peux te l'assurer ! »

Il éloigna cette voix d'un geste agacé de la main et se tourna sur le côté, fermant les yeux. Il fallait qu'il dorme. La nuit lui porterait conseil, du moins il l'espérait.
Et alors qu'il était sur le point de s'endormir, une pensée le réveilla d'un coup. Il n'avait pas entendu Hermione revenir dans sa chambre.

Que faisait-elle ? Cela faisait bien une heure qu'il l'avait laissée…

Il se leva et se rendit dans la chambre de Clémentine.

Il trouva une Hermione recroquevillée sur le tapis de laine, endormie. Il s'approcha lentement d'elle et distingua des détails qu'il n'avait pas aperçus au premier regard.

Elle serrait quelque chose contre son cœur. Sur son visage séchaient des larmes, l'une d'elle brillant encore dans le creux de son œil. Sa position laissait penser qu'elle avait mal quelque part, qu'elle avait du se ramasser sur elle-même pour empêcher la douleur de s'établir.

Il s'accroupit et retira l'objet des bras d'Hermione. Il dut s'assoir par terre quand il découvrit de quoi il s'agissait.

Depuis des mois durant, il avait tout fait pour éviter d'être confronté à cela. Il avait même demandé de l'aide à Blaise pour l'aider à ranger… Et voilà qu'il se retrouvait face à une photo de Clémentine, plus belle que jamais, rayonnante. Allongée dans l'herbe, elle le regardait en souriant, des brins d'herbe d'un beau vert encadrant la moitié de son visage de façon angélique.

Bon sang ! Où avait-elle trouvé cette photo ?! Il pensait pourtant les avoir toutes emballées dans un carton qui trônait au fin fond de sa cave !

Il avait du mal à respirer, n'ayant pas été préparé à ce genre de choc. Les larmes lui piquaient les yeux et son sang semblait s'être arrêté de circuler. Il déglutit péniblement, n'arrivant pas à décrocher son regard de celui, malicieux, de sa défunte femme. Il entendit Hermione bouger près de lui et, lentement, leva les yeux vers elle.

Le regard qu'il lui porta la glaça. Une colère noire s'y lisait clairement et elle frissonna quand elle se sentit transpercée par ses yeux aussi orageux que le ciel dehors. Elle avait vu qu'il tenait le cadre noir entre ses mains légèrement tremblantes et s'attendait à une réaction qui serait forcément violente.

-Où as-tu trouvé ça ? siffla-t-il entre ses dents de manière presque inaudible.

-Je… Je cherchais une couverture pour m'installer près… Près de Clémentine et je-je suis tombée dessus… Par hasard… tenta-t-elle d'articuler, ne pouvant plus affronter les iris de Draco.

Draco se souvint alors. Il se revit quelques mois plus tôt, déposant au fond du tiroir de Clémentine cette photo, qu'il n'avait pas eu le courage d'emballer avec les autres, et décidant qu'il l'accrocherait au dessus du lit de celle-ci lorsqu'il se sentirait prêt.

Tous ses muscles tendus par la colère se relâchèrent et il baissa la tête, tripotant les bords du cadre nerveusement.

-Excuse-moi d'avoir réagi ainsi… Je… J'ai été surpris, je… Je ne m'attendais pas du tout à cela… C'est…

Il sentit une larme rouler sur sa joue, malgré ses efforts pour les retenir. Il renifla et détourna la tête pour se cacher du regard d'Hermione qui devait être surprise et un peu désabusée de le voir pleurer ainsi.

Mais ce n'était pas le cas et il le sut très vite, lorsqu'une petite main froide vint se poser sur sa joue et lui fit tourner la tête. Hermione plongea son regard dans le sien et il fut transcendé par la multitude d'émotions qu'il y lut. Beaucoup de tristesse et de douceur, de la compassion et de la tendresse.

Il se sentit tellement… Compris. Il avait l'étrange impression qu'Hermione partageait sa douleur, mais au sens propre du terme. Comme si elle souffrait avec lui, ressentait la même peine…

-Je suis tellement désolée Draco… murmura-t-elle en essuyant de son pouce les larmes qui s'échappaient des yeux fermés du blond.

Elle pleurait aussi, de grosses traînées d'eau salée coulant sur ses joues. Son cœur était douloureux. La détresse de Draco l'avait frappée de plein fouet et sa magie n'arrangeait pas les choses. Pour la première fois, leurs deux magies semblaient reliées, partageant les mêmes émotions. Un lien très fort, très puissant, qui aurait créé des étincelles s'il n'avait pas été invisible.

Il enfouit son visage dans son cou et sanglota doucement, tandis qu'elle refermait ses bras autour de lui dans une étreinte douloureuse. Il accrocha ses épaules de ses mains et la pressa le plus fort possible contre lui, cherchant dans sa chaleur le réconfort dont il avait besoin.

-C'est trop dur Hermione, souffla-t-il, désespéré.

Elle lui caressa doucement les cheveux, ne sachant lui répondre. Aucun mot ne pouvait consoler Draco en cet instant.

C'était la première fois qu'il pleurait depuis la seconde où il avait vu le corps inerte de sa femme dans cet hôpital. Cela lui faisait un bien fou.

Il comprit alors qu'il venait juste d'assimiler.

Jusqu'ici, la perte de Clémentine n'avait été pour lui qu'un cauchemar dont il était sûr de sortir un beau matin. Il avait essayé de se persuader de cela pour tenir, ne pas succomber à l'envie de mourir qui planait comme un nuage gris dans sa tête.

Mais là. Là… Il comprenait enfin. Il comprenait qu'il ne reverrait plus jamais Clémentine, qu'il l'avait perdue à jamais. Elle était morte. Rien ne pourrait la lui rendre. Et cela le laissait dans un désarroi profond, comme s'il n'avait plus rien à quoi s'accrocher.

C'est là qu'Hermione intervenait. Il sentait en lui quelque chose d'étrange. Une force nouvelle qui coulait doucement dans ses veines alors qu'il pleurait dans le creux de son cou. Elle lui transmettait quelque chose qui lui permettait de ne pas sombrer.

Comme une main tendue quand vous êtes suspendu dans le vide sans chance de survie. Une main qui, une fois qu'elle vous tient, ne vous lâchera pas et ne bougera pas tant que vous n'aurez pas la force de vous hisser sur le bord et qui, à ce moment, n'hésitera pas à vous tirer lentement vers le haut.

La douleur en devenait presque supportable, alors qu'Hermione glissait ses doigts dans ses cheveux. Il ne voulait pas bouger. Si seulement il avait pu rester ainsi, immobile, jusqu'à ce que ce foutu mal décide de ne plus le ronger !

Il se détendit peu à peu contre elle, son emprise se relâchant sur ses épaules. Il laissa tomber ses bras, submergé par une fatigue lourde. Il se laissa finalement glisser contre elle et elle s'assit de façon à ce qu'il puisse poser sa tête sur ses jambes.

Hermione frôla doucement sa tempe du dos de la main en une caresse lancinante et répétitive, ce qui eut le don d'apaiser un peu plus Draco dont le flot de larmes s'était asséché.

Derrière elle, la respiration lente et posée de Clémentine lui assura qu'elle était toujours profondément endormie.

Hermione se sentait un peu coupable, car en cet instant, sa magie bouillonnait en elle comme un fleuve en crue et la joie coulait dans ses veines alors qu'elle aurait du être pleine de tristesse et de compassion pour Draco. Ce qui restait de raison en elle l'était, bien évidemment, mais la plus grande partie de son être hurlait de bonheur de le tenir ainsi serré contre elle. Malgré tout ce qu'ils avaient vécu jusqu'ici, elle sentait que ce moment était le moment le plus intime qu'ils n'aient jamais eu ensemble. Un mur venait d'être brisé, et ce mur les avaient séparés jusque là.

Peu à peu, le flot de réconfort que Draco sentait gonfler en lui le revigora. Certes, la douleur restait bien encrée en lui, incrustée. Seulement, ce qu'Hermione semblait lui transmettre, car il était évident que cela venait d'elle, déposait comme un doux voile sur sa souffrance et symbolisait pour lui un instant de répit, pendant lequel il était autorisé à penser à autre chose ou du moins ne pas penser à Clémentine.

Cela lui rappela un peu les effets de la coke, du temps où il en prenait pour oublier. Cette force nouvelle troublait ses sens et son esprit d'une bien douce manière. C'était bien moins violent que la drogue, et il était encore en état de réfléchir. Seulement, il voyait les choses plus clairement, comme s'il avait enfin réussi à prendre ce recul dont il avait besoin depuis tout ce temps. Chaque vérité qui s'imposait à lui et qui aurait du lui serrer le cœur toujours un peu plus, ne lui causais aucune souffrance. Il les acceptait comme elles arrivaient. C'était comme si son cœur avait oublié ce que le mot tristesse voulait dire, comme s'il avait été banni de son vocabulaire.

-Qu'est ce que tu fais Hermione… ? Comment… Comment fais-tu cela ?

Hermione que le sommeil était en train d'emporter sursauta légèrement. Que venait-il seulement de dire ? Elle avait du rêver…

-Excuse-moi, je n'ai pas compris…

Draco se redressa et planta son regard dans le sien.

-Ce truc là… Quel est ce sort ?

-Mais… Quel truc Draco ? Je ne comprends pas ce que tu me dis…

-Je suis certain que tu as du le sentir aussi ! Ce… Ce lien qui nous unit encore maintenant… Depuis tout à l'heure… Je le sens monter en moi, et ca me fait du bien…

Elle le regarda quelques secondes effarée. Il baissa la tête.

-Excuse-moi… Ce doit être la fatigue… Oublie ca.

Ils se levèrent lentement.

Hermione remercia Merlin qu'il fasse noir et que Draco ne remarque pas ses joues rougies par la gêne.

Alors comme ça, il avait senti sa magie… ? Que lui avait-elle transmis exactement ? Comment était-il possible qu'elle ait partagé cela avec lui ? Elle n'avait rien voulu de pareil !

Elle espéra de toutes ses forces qu'il ne cherche pas à comprendre plus ce qu'il s'était passé. Il fallait à tout prix qu'il oublie, ou du moins qu'il n'y pense plus. Elle songea une demi-seconde à lui infliger le sort de l'Oubliette mais se ravisa rapidement, jugeant qu'elle n'avait tout simplement pas le droit de faire cela. Elle n'avait plus qu'à croiser les doigts pour qu'il n'en reparle pas. Car elle savait pertinemment qu'elle ne saurait pas lui mentir à ce sujet. Elle frissonna rien qu'en imaginant la suite des évènements si elle lui avouait toute la vérité. Il la jetterait surement dehors en la traitant de folle furieuse et elle n'aurait plus qu'à se laisser gentiment mourir, ce qui, en soit, ne prendrait pas beaucoup de temps au vu de ce que sa magie était capable de lui infliger.

-Tu devrais aller te coucher Hermione, tu as froid.

Elle acquiesça doucement de la tête et s'avança vers la porte.

-Hermione…

Elle se retourna et se retrouva sans comprendre comment dans les bras de Draco qui la serra contre lui avec force. Il enfouit son visage dans son cou.

-Merci… Merci d'être là Hermione.

Les larmes lui montèrent aux yeux tant les mots qu'il venait de lui souffler semblaient sincères et pleins de… tendresse ? Elle ne put réprimer ce sanglot qui lui comprimait la poitrine et referma à son tour ses bras sur le dos de Draco.

-Tu ne dois pas me dire merci… Tu ne dois pas. Je suis heureuse avec vous. Plus heureuse que je ne l'ai jamais été. Merci à toi Draco.

Ils restèrent ainsi de longues secondes. Les bras de Draco autour d'elle, son cœur battant contre son oreille, sa main fourrageant dans ses cheveux au niveau de la nuque… Hermione avait l'impression qu'elle allait exploser.

-Ca recommence, chuchota-t-il dans son cou.

Ils arrêtèrent de respirer, guettant un bruit ou un signe qui puisse leur donner un indice. Du moins, Draco, car Hermione voulait juste faire croire qu'elle cherchait à comprendre aussi, sachant pertinemment ce qui était en train de se passer. En effet, maintenant qu'elle faisait attention, elle sentait bien quelque chose. Quelque chose de complètement incontrôlable, qui semblait s'échapper d'elle, émettant un bruit de glissement très léger, qu'elle devait être la seule à entendre.

Draco la serra un plus contre lui.

Une autre sensation s'ajouta alors. Un peu comme une succion. Et cela semblait renforcer le transfert, le rendant plus puissant et plus rapide encore. Elle comprit soudain.

Draco, ou du moins la magie de Draco, était en train d'aspirer la sienne. C'était incroyable !
Elle sentait comme de multiples passerelles reliant son corps à celui du blond, sur chaque centimètre de leurs peaux en contact, et laissant s'écouler à grands flots sa magie pour la transmettre à celle de Draco. Chaque inspiration de celui-ci accélérait toujours un peu plus le processus et bientôt, Hermione dut s'accrocher à ses épaules pour ne pas s'écrouler, ses jambes ankylosées par ce pompage qu'elle aurait voulu voir s'arrêter. Mais au contraire, Draco la pressait toujours plus contre lui.

Il ne parvenait pas à se contrôler. Lorsque son corps avait compris qu'il pouvait aussi prendre, et non seulement recevoir, il n'avait pas réussi à s'empêcher d'en vouloir toujours plus. Le courant délicieux qui faisait à présent vibrer ses veines l'enivrait complètement, le rendait presque fou de bonheur et de plénitude. Il n'avait jamais ressenti cela. Jamais.

Ce n'est que lorsqu'il sentit Hermione défaillir contre lui, qu'il reprit ses esprits, embrumés par cette toute nouvelle drogue. Il s'écarta légèrement d'elle, la soutenant maintenant, car il sentait que s'il la lâchait, elle s'écroulerait. Il se sentait honteux de ce qu'il venait de faire. Il n'arrivait pas à mettre de mots sur cette sorte d'échange, ne comprenait pas son fonctionnement, ignorait comment cela était possible, mais il savait que c'était tout bonnement prodigieux. Cependant, l'heure n'était pas à l'émerveillement, car Hermione semblait vraiment mal en point, sa tête tombant en avant. Elle n'était pas inconsciente, car il sentait encore la pression de ses mains dans son dos. Mais elle était très faible.

Il resta ainsi sans bouger, attendant une réaction de la part de la jeune femme. Elle releva enfin lentement la tête, le regard vide et le teint blême. Elle le fixa avec tristesse, un pauvre sourire étirant légèrement ses lèvres. Puis, elle laissa tomber ses bras le long de son corps et s'éloigna à pas lents, le laissant là, planté au milieu de la chambre de Clémentine, complètement abasourdi. Il la regarda s'éloigner avec peine. Lorsqu'il entendit la porte de sa chambre se refermer doucement, il se tourna vers le lit de sa fille, perdu. Il caressa délicatement la joue de la petite endormie et se redressa, contemplant la rue par la fenêtre. La pluie avait cessé et les trottoirs trempés luisaient sous l'éclairage orangé des réverbères. Un lourd silence semblait s'être abattu sur toute la ville, comme si tous les regards étaient tournés vers lui, accusateurs.

Il se sentit très las tout à coup. Ce qu'il venait de faire à Hermione, quoi que ce soit, était grave, il le savait. La peine qu'il avait lue dans ses yeux avant qu'elle ne s'efface l'avait conforté dans l'idée qu'il l'avait blessée. En quoi ? Il n'en avait aucune idée, puisqu'il ne comprenait absolument pas ce qui venait de se passer. Le savait-elle, elle ?

Tout cela était si étrange… Il se sentait tellement mal à présent. Il aurait préféré qu'elle crie, qu'elle le repousse avec violence… Qu'elle oppose un minimum de résistance ! Mais elle s'était laissée faire, le laissant l'épuiser en silence, soumise et résignée…

Il sortit lentement de la chambre et s'avança vers celle d'Hermione. Elle qui laissait toujours sa porte entrouverte pour entendre Clémentine la nuit, l'avait fermée cette fois ci. Il frôla la poignée puis se résigna. Il devait la laisser pour ce soir. Son esprit était lui-même confus, et il ne servait à rien d'essayer d'avoir une discussion dans ces conditions. Il attendrait demain. Ou après demain. Le moment où il sentirait qu'elle était prête à parler.

En admettant seulement qu'elle veuille encore bien lui adresser la parole…

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*J'aurais pu m'arrêter là mais… Pas envie :D Vous aurez eu ce chapitre un peu plus tard, mais quand même vachement plus long que les autres, donc vous ne perdez pas tant que ça au change ^^ *

Les jours qui suivirent furent plus qu'étranges… Hermione sentait sans cesse le regard de Draco posé sur elle, lui évoquant un vautour attendant que sa proie s'affaiblisse pour pouvoir la dévorer tranquillement. Manque de chance pour elle, c'était les vacances, Draco ne travaillait donc pas. Elle l'évitait au possible, ne voulait pas croiser son regard.

De son côté, Draco aussi était très embarrassé. Il n'osait plus avoir le moindre contact physique avec elle de peur que cela ne recommence et qu'Hermione prenne définitivement peur. Aussi gardait-il toujours une distance raisonnable entre eux et tâchait-il de ne pas la toucher, ne serait-ce que l'effleurer.

Le lendemain de cette fameuse nuit, Hermione n'avait pas pointé le nez hors de sa chambre, n'avait même pas daigné lui répondre quand il avait cherché à la faire manger ou sortir un peu. Et puis le pire avait été les nuits qui avaient suivies. Certes, Hermione était ensuite sortie de sa chambre la journée, s'était occupée de Clémentine comme d'habitude, mais les nuits… Draco ne parvenait pas à trouver le sommeil tant que les pleurs de la jeune femme retentissaient doucement de l'autre côté du mur.

Elle ne pleurait pas fort, mais Draco prêtait une oreille particulière à tous les bruits qu'il pouvait entendre de sa chambre. Il avait ainsi entendu des gémissements douloureux et même parfois des cris étouffés comme si… Comme si elle souffrait. Que lui avait-il fait…?

Cela faisait maintenant une semaine que cela durait. Hermione n'avait pas adressé la parole une seule fois à Draco et l'avait esquivé au possible. Il se sentait vraiment mal. Et puis étrangement, il se rendait peu à peu compte que la vie sans elle maintenant était relativement inimaginable. Il redoutait terriblement qu'elle les abandonne.

Cette nuit là donc, il décida qu'il avait assez attendu et c'est déterminé à la faire parler qu'il entra sans frapper dans la chambre d'Hermione. Il y faisait une obscurité parfaite - sans doute un sort, ce n'était pas possible autrement – et il dut attendre quelques secondes avant de se risquer à faire un pas dans la chambre, histoire de s'accoutumer au manque de lumière. Hermione était dans son lit et ne bougeait pas. Il s'avança sans faire de bruit et s'assit sur le bord du lit. Elle était complètement enfouie sous sa couette et semblait endormie. Il tombait comme par hasard sur le seul soir où elle s'endormait sans encombre.

Il soupira et jeta un regard circulaire dans la chambre. Il n'y était pas venu souvent depuis qu'Hermione y habitait, considérant qu'il devait lui laisser ce minimum d'intimité. Sur la petite table de chevet était posé un cadre où il distingua tant bien que mal une photo d'elle et de ses deux compères de Poudlard. Meilleurs amis, tu parles… Où étaient-ils, lorsqu'Hermione avait frôlé la mort ? Où étaient les lettres qu'ils auraient pu lui envoyer pour lui donner quelques nouvelles ? Hermione ne faisait-elle donc plus partie de leurs vies ? Il détesta furieusement Potter et sa belette pour cet abandon. C'était d'un égoïsme rare, dont il n'était même pas sûr lui-même d'être capable… Bon. Si, peut être lui. Mais dans ses odieuses années Poudlard alors…

Etait-elle heureuse avec lui et Clémentine ? Ses amis ne lui manquaient-ils pas ?

Il regarda le reste de la chambre. Sur un mur était accrochée une photo de ses parents, souriants. Il trouva sa mère très belle et fut surpris de ne constater que maintenant qu'Hermione était belle aussi. D'une beauté sauvage et peu commune. Quelque chose d'indomptable dans le regard. A côté, une photo d'elle petite. Elle était profondément enfoncée dans un lourd fauteuil et lisait un livre qui faisait deux fois sa taille, une petite mine concentrée sur le visage. Elle était vraiment mignonne cette petite fille, avec ses bouclettes rassemblées en deux courtes couettes…

Plus loin, sur deux crochets plantés dans le mur, reposait sa baguette dont elle n'avait plus l'utilité désormais. Il se leva et la prit doucement entre ses doigts. Elle était très légère et un peu plus longue que la moyenne. Il la présenta devant lui comme s'il voulait jeter un sort et sursauta de surprise quand du bout de la baguette s'extirpa un filament doré d'où jaillissaient de petites étincelles. Tel un petit serpent, il remonta le long du bois et s'enroula délicatement autour du poignet de Draco. Il ne bougeait pas, trop étonné de ce qui se déroulait sous ses yeux. Le filament, de plus en plus long, remontait en glissant gracieusement le long de son bras, l'effleurant presque avec tendresse. Ce n'était pas désagréable. Comme un millier de caresses très légères, presque insensibles. Il regarda cet effet magique se lover à présent autour de son torse, remonter dans son dos et lui chatouiller le visage. Il eut un mouvement de recul quand le bout de son nez fut frôlé et le filament disparu soudain, s'évaporant dans le noir et laissant Draco dans le plus grand désarroi. Quel évènement étrange… Un de plus. Il parcourut son bras du bout des doigts, cherchant une trace quelconque qu'aurait pu laisser le sortilège sur sa peau mais ne sentit rien. Il reposait la baguette avec précaution quand soudain Hermione bougea, un gémissement s'échappant de sa bouche. Il se tourna vers elle, n'osant plus respirer et attendit la suite des évènements. Mais rien ne vint, Hermione dormait toujours.

Il s'approcha à nouveau du lit et souleva doucement la couverture. Elle était complètement repliée sur elle-même, les bras resserrés autour de sa poitrine. Il se souvint qu'il l'avait trouvée dans la même position la nuit où tout avait commencé. Où avait-elle mal ? Ce n'était pas naturel comme position…

Il la saisit délicatement par les épaules et l'allongea sur le dos, obligeant son corps crispés à se détendre. Ecartant ses bras, il posa la tête sur son sein et écouta son cœur. Rien pourtant. Il battait tout à fait normalement.

-Qu'est ce que tu fais Draco ?

Il releva lentement la tête, à peine surpris qu'elle soit réveillée. Elle le regardait avec dureté. Il eut envie de rire, tellement elle semblait sérieuse et en même temps troublée. Il se pencha et arrêta son visage quelques centimètres au dessus de celui d'Hermione.

-Je vérifie que le cœur de la nourrice de ma fille marche bien, on est jamais trop prudent…

Elle sembla se détendre et sourit légèrement.

-Et alors ce cœur ? Tout va bien docteur ?

Ah elle pouvait faire sa maligne ! Mais en elle tout n'était que trouble, feu et auto-tamponneuses… Que faisait-il là, dans sa chambre, sur son lit, sa tête posée sur sa poitrine et par-dessus le marché plaisantin ?!

-Tout semble allait pour le mieux, rassure toi… Tu ne mourras pas demain je pense.

Elle rit doucement et soupira.

-Qu'est ce que tu veux, réellement ?

Draco reprit son sérieux et replaça une mèche qu'elle avait devant les yeux derrière son oreille.

-Je voulais te parler. Je voulais qu'on fasse la paix et que tu m'expliques ce qu'il se passe.

Elle se renfrogna et détourna les yeux.

-Non.

Il s'attendait à cette réponse. Qu'espérait-il ? Le ton sur lequel elle avait prononcé ce « non » n'était pas discutable, tranchant comme du verre brisé. Il n'insisterait pas. Pour ce soir du moins.

-Bon eh bien… Je vais te laisser dormir alors.

Il se leva mais elle le retint par le poignet.

-Je ne veux pas parler de ce qu'il s'est passé l'autre nuit mais… Je veux bien faire la paix…

Il la considéra quelques secondes, ne sachant pas quoi lui répondre. Elle avait l'air tellement fragile et vulnérable. Toute petite dans son grand lit. Il se rassit à côté d'elle et elle se redressa.

Il la serra contre lui, prenant cependant garde à ne pas lui faire peur.

-Quoique je t'aie fait Hermione, pardonne-moi…

Elle posa ses mains sur la nuque de Draco et se pressa plus fort contre lui. Elle n'avait pas peur. Elle se fichait que cela recommence, du moment qu'il ne l'abandonnait pas.

Il s'écarta légèrement d'elle et prit son visage en coupe entre ses longues mains. Elle avait les larmes aux yeux mais souriait tout de même. Ils se contemplèrent pendant de longues secondes, chacun essayant de lire ce que l'autre pensait dans son regard. C'est là qu'il commit une erreur. Il laissa ses yeux glisser sur son visage pour atterrir sur ses lèvres. Il fut alors prit d'une envie terrible de les gouter. Une envie totalement inexplicable, complètement insensée et surtout folle. Il savait pertinemment comment cela allait finir s'il l'embrasser, vu qu'elle était dans un lit, en tenue légère de surplus. Mais bon Dieu, il n'avait jamais remarqué à quel point les lèvres d'Hermione étaient attirantes. En six mois de cohabitation, il ne l'avait jamais regardée ainsi et il avait l'impression de découvrir soudain qu'elle était une femme. Son visage s'approchait lentement sans qu'il ne puisse rien y faire et il voyait les yeux d'Hermione s'agrandir au fur et à mesure que leurs souffles se mêlaient.

Il était sur le point d'embrasser Hermione Granger.

Et il aurait préféré mourir plutôt qu'on ne l'en empêche...

Ou l'art d'être une connasse, doublée d'une sadique :D Murf murf murf !