Chapitre 09

Felicity

Je suis allongée sur notre lit, ça fait quinze minutes que je suis réveillée mais je n'ai pas le courage de me lever, et encore moins d'aller travailler. Je suis épuisée et je pense qu'une matinée de repos me fera le plus grand bien. Je me tourne sur un côté et ferme les yeux tout en essayant de penser à autre chose qu'au soucis que me pose ma sœur. Depuis que je suis rentrée cette nuit avec Oliver je n'ai cessé de penser à elle, me demandant si c'était vraiment la meilleure des solutions à prendre, la laisser partir dans une famille d'accueil, me demandant si ça ne faisait pas de moi un monstre. Je ne suis pas de nature à abandonner facilement et la avec Liberty c'est l'impression que j'ai, celle de ne pas avoir suffisamment essayé de ne pas avoir été à la hauteur et surtout il y a quelque chose qui me hante depuis un bout de temps c'est pourquoi je n'ai pas été apte ? Et je ne suis toujours pas capable de lui tenir tête. Pourquoi cette gamine arrive à me mettre les nerfs en pelote ? Pourquoi je ne peux pas l'envoyer sur les roses comme je le ferai avec n'importe qui. Je suis quand même le PDG d'une grande entreprise, je n'ai pas peur de prendre des décisions pour ma compagnie, de râler et de m'imposer quand il le faut et avec Liberty j'en suis incapable. Je me demande ce qui cloche avec elle, avec moi !

- Ma chérie ?

J'entrouvre les yeux et souris, Oliver est assis au bord du lit, ses lèvres à quelques centimètres des miennes, ses yeux bleus plongeant sur mon visage. C'est fou ce que j'aime quand il est là, près de moi, je me sens aussitôt mieux.

- Hummmm...

Je ne veux pas me lever, je me sens tellement bien ici.

- Je pense que tu es légèrement en retard.

Je me redresse vivement, bon sang il est presque midi, comment peut il me dire que je suis légèrement en retard ? J'attrape mon téléphone pour contacter l'entreprise mais Oliver me le prend des mains et le repose sur ma table de chevet.

- Ne t'inquiète pas, je les ai prévenu que tu ne te sentais pas très bien et que tu t'absenterais pour la journée.

Je me laisse retomber sur l'oreiller et pousse un soupir avant de me frotter les yeux. Je me sens déjà moins fatiguée, plus reposée mais je sais que ce ne sera pas suffisant pour me booster. Ces semaines que j'ai vécu avec Liberty m'ont pratiquement achevé ... Je me sens vraiment mal, mais depuis que je sais que ça ne va pas durer, je me sens bien mieux.

- J'ai posé deux heures pour être un peu avec toi. J'ai fais ce qu'il fallait pour Liberty mais nous allons devoir patienter avant qu'ils ne lui trouvent une famille d'accueil. Ça peut prendre du temps comme ça peut se passer rapidement. Mais j'ai demandé à madame Newman de faire au plus vite. Elle m'a dit qu'elle ferait de son mieux.

Je baisse le regard, je ne voulais vraiment pas en arriver là mais ma sœur ne nous a pas laissé le choix, vraiment pas... Quand Oliver m'a dit qu'il allait faire en sorte qu'elle sorte de nos vies... J'ai su qu'il parlait de l'envoyer ailleurs mais je me sens mal...

-Tu crois que nous avons raison ? Je me sens horrible Oliver, mon père m'a demandé de veiller sur elle et au moindre soucis je l'expédie chez des étrangers...

Oliver s'approche et caresse doucement ma joue, je me sens mieux à ce contact, il m'apaise tellement.

- Felicity, je refuse de te laisser croire que tu es horrible, ça fait plus de trois mois que tu subis sa colère, que tu fais tout ce que tu peux pour que ça se passe bien. Ça fait autant de temps que je te vois malheureuse et je refuse de te voir encore telle que tu es aujourd'hui.

Il m'embrasse tendrement avant de se redresser.

- Tu es gentille, patiente, compatissante et il est hors de question que ta sœur t'enlève tout ça. Tu as fait ce qu'il fallait et si elle n'a pas su voir qu'elle personne merveilleuse tu es, tant pis pour elle.

Je souris et prends sa main que je serre doucement.

- J'ai pris ma décision et je ne veux plus qu'elle te porte préjudice. Puis, nous ne l'abandonnons pas vraiment, tu vas quand même avoir le droit de la voir, tu vas encore subvenir à ses besoins, c'est juste qu'elle ne vivra plus avec nous.

Je souris à Oliver, il est vraiment sympas de tenter de me remonter le moral de la sorte, mais je sais qu'il a raison. Je ne peux plus continuer avec elle, j'ai tout essayé et rien n'y fait alors peut être qu'entre nous des le début notre relation était vouée à l'échec.

Je repose le téléphone le sourire aux lèvres. Théa me regarde avec le sourire, elle est heureuse pour moi, de voir que je vais mieux et surtout de savoir qu'avec Liberty nous arrivons à la fin de notre histoire. Ça fait une semaine qu'Oliver a contacté l'assistante social et je viens de recevoir un appel de lui me confirmant que Liberty serait partie définitivement de la maison la semaine prochaine. !Ça me fait plaisir même si depuis une semaine tout est calme chez nous, Liberty me fiche la paix, elle me parle peu et ça me va très bien comme cela. Elle ignore même Oliver, sûrement parce qu'elle est déçue que finalement il lui ait tenu tête et qu'il ait pris ma défense.

En tout cas ça fait une semaine que je respire de nouveau correctement et que lorsque je suis chez moi je me sens bien. Au milieu de la semaine j'ai eu un peu peur de rentrer chez moi car je savais qu'Oliver n'y serait pas mais que Liberty oui. Finalement ça s'est bien passé, elle était dans sa chambre et moi je vaquais à mes occupations au rez de chaussé. Elle est descendue dîner mais a fait comme ci elle était seule. Elle a chauffé son repas et s'est installée au bar pour manger tandis que moi je travaillais en ligne avec Oliver. Elle ne sait pas intéressée à ce que je faisais mais étant donné que j'ai prononcé plusieurs fois le nom d'Oliver elle a du se dire qu'elle n'avait pas intérêt à faire un pas de travers.

- Felicity, on fête ça avec du champagne ?

- Euh Thea, je sais que tu ne portes pas ma sœur dans ton cœur et c'est mon cas aussi mais je ne suis quand même pas d'humeur à boire du champagne...

Elle me sourit et hoche la tête, Théa est géniale, depuis que je suis retournée chez moi, elle passe me voir tout les jours ou presque, afin de s'assurer que j'aille bien.

-Ok je comprends ! Mais en tout cas je suis contente de voir que tu ailles mieux. Tu m'as fait tellement peur la semaine dernière. Je te jure Felicity, jamais je n'aurai pensé te voir dans cet état. Pas toi, pas alors que je te connais si bien. Je suis contente que mon frère ait fait ce qu'il fallait.

Je souris à Thea, je vois bien qu'elle est soulagée et moi aussi je le suis. Je regarde mon téléphone qui vibre sur la table, je le saisi, décroche et écoute mon interlocuteur. Je repose le téléphone, promettant à la personne que j'arrive le plus rapidement possible.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je suis convoquée au lycée, maintenant...

- Qu'est-ce qu'elle a encore fait ?

- Je ne sais pas, le directeur n'a rien voulu me dire.

- Je t'accompagne.

Je lui souris mais je secoue doucement la tête.

- Non Thea c'est gentil mais ça va aller, je vais voir le directeur pas ma sœur. Je t'assure ça va aller.

J'arrive rapidement au lycée, j'entre dans le bâtiment menant chez le directeur, j'avance d'un pas rapide, j'entends des rires d'adolescents qui semblent vraiment bien s'amuser. Je parviens enfin près du bureau de directeur et les rire s'intensifient, j'avance encore de quelque pas et je vois ma sœur allongée sur les chaises un jeune homme au dessus d'elle la chatouillant sur les côtes. Ma sœur rigole tellement qu'elle a des larmes dans les yeux. Elle tourne la tête vers moi, pose une main sur celle du jeune homme et lui demande d'arrêter, je n'ai pas le temps de lui parler que la porte du bureau s'ouvre sur la directeur qui m'intime d'entrer.

Je m'assoie sur la chaise de droite, c'est drôle j'ai l'impression d'être punie en me trouvant ici. C'est la première fois que je me retrouve dans le bureau d'un directeur et je déteste ça. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai la sensation que je vais être jugée.

- Mademoiselle Smoak, si je vous ai fait venir c'est pour parler de Liberty vous vous en doutez n'est ce pas ?

- Oui bien sur. Je peux savoir ce qu'il se passe ?

- Et bien votre sœur a manqué de respect auprès de son professeur de mathématique. Elle lui a dit des choses abominables, à tel point que madame Clifford est rentrée chez elle en larmes et avec un arrêt maladie. Je ne sais pas comment vous vous occupez de l'éducation de votre sœur mais il est très clair que vous ne vous y prenez pas de la bonne façon.

Il me regarde d'un œil mauvais, je savais que ça ne se passerait pas bien du tout. J'en étais sure !

- Je vous préviens je ne tolère pas ce genre de comportement dans mon lycée. Pour le moment Liberty est exclue quatre jours. J'ai une réunion demain avec le conseil disciplinaire et j'avoue que pour le moment je n'ai pas l'intention de la garder.

Et merde non ! Je vais devoir la supporter tout les jours en attendant qu'elle parte ? Ça va encore être l'enfer !

- Autre chose, si encore ça avait été une élève instruite et cultivée peut être que nous aurions abordé son cas différemment mais il est clair que ce n'est pas le cas. Je ne sais pas ce qu'a votre sœur, mais dans tout les cas ce serait bien de la faire suivre. Elle a un sacré mal être et je pense que tant qu'elle ne sera pas suivi et bien nous n'obtiendrons rien de bon. Je vous conseil vivement de faire ce qu'il faut pour elle mademoiselle Smoak tout le monde s'en portera mieux.

Je regarde le directeur, je sens les larmes qui montent. Il m'a littéralement traité de mauvaise personne ne sachant pas m'occuper de ma sœur et il me tient pour responsable de ses actes. Je me lève, tentant de garder la tête haute. Je franchis les quelques mètre qui me séparent de la porte, l'ouvre et en sors. Liberty est assise sur le siège, le garçon de tout à l'heure est avec elle. Elle se lève un sourire dédaigneux sur le visage. Je me sens mal tout à coup, ma respiration s'accélère, je me sens vaseuse, mon cœur bat vite, trop vite...

- Alors tu t'es fait engueuler ? Pauvre petite chose craintive... C'est pas pareil quand ton chevalier n'est pas là hein ?

Je n'ai pas le temps d'entendre la suite que je m'écroule sur le sol.