Bonne lecture les amis !


Le froid. Une brume laiteuse envahissait les couloirs de Poudlard exposés à l'entrée du sinistre mauvais temps. La fraicheur. Elle n'était pas si désagréable, elle la maintenait éveillée. Il était plus de minuit, elle devait déjà être assoupie. Mais elle avançait. S'enfonçait dans les couloirs, dans l'obscurité, fouettant le brouillard qui l'entourait et l'empêchait de voir où elle allait. Enfin, elle pénétra le château, le calme château, l'assoupi, le mort. Seule sa respiration battait le rythme dans le silence complet, respiration qu'elle tentait de faire discrète en la ralentissant.

Dans l'immense hall du château, elle s'arrêta hésitant quelle direction prendre. Elle n'arrivait pas à réfléchir, elle était fatiguée, elle n'y voyait rien, ne savait plus où elle en était et un petit bruit agaçant, un claquement ne cessait de se faire entendre depuis qu'elle était entrée. Sans doute une chouette abrutie qui se tape la tête contre une fenêtre, ou un doux Roméo sur son balai qui frappe à la fenêtre de la tour de sa Juliette. Trêve de romantisme nauséabond. L'option de la chouette est bien plus plausible dans un château où la testostérone parle avant les cœurs. Cœur, pffff ça reste un organe. L'amour c'est rien. C'est rien que des substances libérées, c'est juste chimique. C'est juste stupide. Il est vraiment trop stupide. Et où est-il d'ailleurs ?

Elle scruta les alentours, plissant les yeux pour discerner une forme dans le noir. Enfin, ce bruit s'était arrêté un moment. Elle pouvait enfin se concentrer. Elle attrapa sa baguette pour prononcer un chuchoté « lumos ». Faiblard, bas, sombre, puis plus rien, la baguette s'éteignit. Hermione eut ce réflexe moldu de secouer le morceau de bois, puis de taper quelques coups dessus, mais toujours rien. Les lumos qu'elle prononçait à répétition n'y changeaient strictement rien. Sa baguette ne s'allumait plus. Elle passa un doigt sur toute sa longueur pour se rendre compte, prise de panique, qu'elle était fissurée de haut en bas. C'était sans doute le prix à payer pour avoir usé d'un sortilège si puissant, ou plutôt d'avoir osé se confronter à un sortilège mis en place par Dumbledore. Il est clair que demain, elle serait repérée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Qu'est ce qui aurait pu fissurer à tel point sa baguette si ce n'est la plus grosse bêtise de sa vie?

Après avoir longuement pesté contre ce sort, ses amis qui l'avait amené jusque là et toute cette idée folle, elle rangea sa baguette et tenta d'avancer prudemment dans le noir. Enfin, elle entendit un bruissement de vêtement témoignant d'une présence devant elle. Immobile, elle demeurait dans l'ombre sans bouger. Comme l'air profondément vexé ou attendant des explications. Comme s'il l'avait attirée ici, il savait qu'elle le suivrait. Hermione n'osa pas l'aborder tout de suite. Que lui dire ? Il ne voulait certainement pas l'entendre. Ou alors le voulait-il trop. Et elle, elle ne savait pas quoi dire, elle rester terrée dans son mutisme de peur de dévoiler ce qu'elle pensait vraiment de leur relation, ce dont elle avait rêvé quelques minutes plus tôt, ce dont elle rêvait toujours.

Comme intimidée, gênée, elle regarda ses chaussures un instant avant de croiser les bras et de scruter le plafond qu'elle trouvait étrangement haut. Tiens, il était sculpté. Il ressemblait énormément à celui des musées qu'elle avait visité en France avec ses parents. Un style néo gothique assez prononcé …En fait c'était plutôt facile d'occuper son attention, de la détourner de lui. Il se racla la gorge et s'appuya contre un poteau. Heureusement, elle ne le distinguait pas assez dans la pénombre pour voir son visage et donc la mine agacée qu'il devait afficher. Elle comprit qu'il était temps de dire quelque chose, sinon il s'en irait et cette gêne persisterait pour toujours entre eux. Elle devait mettre les choses au clair, leur amitié en dépendait, enfin ce qui en restait.

« Harry …commença t-elle. »

Il se redressa dans l'ombre comme l'incitant à continuer.

« Hum, elle reprit contenance et son ton diplomate et éminemment miss je sais tout. Je pense qu'il faut que l'on ait une discussion constructive et efficace. Tu n'es pas obligé de me répondre, je sais ce que j'ai à dire et j'en ai marre de le taire. Elle patienta un instant persuadée qu'il allait répondre mais il n'en fit rien, elle poursuivit. On a fait des erreurs toi et moi, une erreur. On aurait du l'effacer, mais c'est impossible, elle reste là. Elle est dans ma tête, dans mon corps, je …Je voudrais pouvoir passer à autre chose mais je ne peux pas. C'est pitoyable, tu dois me trouver cruche. Une mauvaise série à l'eau de rose hein, mais tu sais que je déteste ça.

—Hum …fit-il de sa voix rauque toujours sans bouger. Il la laissa continuer voulant entendre ce qu'elle avait à dire.

—Hum…Tu me connais. Mais sans doute pas assez pour savoir que, c'était ma première fois Harry. Elle croisa machinalement les bras de honte cherchant à poser son regard loin du sien. J'ai honte de te raconter ça quand je repense qu'i peine trois ans, on était inséparables comme frère et sœur. Et puis voilà comment ça a tourné, personne ne l'aurait imaginé…Et j'espère que c'est toujours le cas. Je sais que ça tuerait Ginny, et Ron…Et en même temps, qu'est-ce qu'on y peut ? Je ne peux pas toujours tout contrôler, tout commander, tout prévoir et préparer. Ca en tout cas, je ne l'avais pas prévu, c'est peut-être un peu pour ça que ça me travaille autant. C'est tellement …pas moi.

—…

—Je sais pas ce qu'en t'en penses aujourd'hui. Je ne sais pas si ce que tu m'as dit ce jour-là est vrai. D'un côté j'ai envie de le croire et puis non. Tout serait plus facile si tu ne m'avais rien dit. Si on s'était contenté de coucher ensemble et d'oublier. Ce sont les mots qui me taraudent pas tant l'acte tu vois. Toutes ses promesses et puis ses murmures, ses regards, cet espoir, c'était con. J'ai envie de me dire que tu t'es foutu de ma gueule, j'en pleurerai un bon coup dans les toilettes des filles, j'aurais eu une bonne raison de te détester un bon moment, et je serais passée à autre chose. Mais t'as l'air de me faire des sous entendus tout le temps. Tu me regardes, tu me souris, tu me touches et tu me parles à l'oreille. Dis le moi Harry. Qu'est-ce que tu veux à la fin ?

—Je veux ta fin ma petite sang de bourbe.

—Quoi …Malfoy ?! cria t-elle manquant de s'étouffer. »

Il sortit enfin de la pénombre pour s'exposer un peu mieux à son regard. Il lui faisait désormais face, étroitement proche, il la surplombait de toute sa hauteur. Un fin sourire narquois et pervers vint se nicher au coin de ses lèvres quand il approcha sensuellement sa bouche de son oreille. Il lui fit écouter un moment sa respiration haletante avant d'y murmurer :

« Alors ma belle, on s'est faite piégée. D'abord par un balafré de Gryffondor, et maintenant c'est mon tour.

Pas un son ne sortit de sa gorge tant elle était nouée par la peur. Un souffle restait bloqué dans sa poitrine sans pouvoir en sortir alors qu'elle écoutait les paroles assassines du jeune blond. Il passa un revers de main sur sa joue pour la caresser tout en continuant de lui susurrer ses mots à l'oreille d'une voix doucereuse.

—Ne t'en fais pas, je suis gentil au fond. Moi aussi je me soucie des autres, tu vois J'ai bien compris que « ça tuerait Ginny, et Ron… » Dit-il en imitant la voix féminine qui avait prononcé ces mots plus tôt.

—…

—Alors je ne vais rien leur dire. D'accord, mais on va conclure un petit accord toi et moi.

—Qu'est ce que tu veux Malfoy ? Cracha t-elle.

—Hum, laisse-moi réfléchir un instant …

—Vas-y fais cliché ! Demande-moi de coucher avec toi. Coupa t-elle.

—Pouah ! Jamais ! Grimaça t-il.

—Comment ça … ? Tu ne vas pas me demander de jouer ton esclave sexuelle ou un truc dans le genre ?

—Ouais c'est ça… Je n'ai pas besoin de risquer d'attraper tes maladies pour avoir ce privilège Granger. Il me suffit de claquer des doigts pour avoir mon coup du soir. Alors toi et ta petite vie fleur bleue au placard. Tu lis vraiment trop (ndla : de fanfictions) petite perverse.

—Et ben voyons …

—Non, ce serait trop facile.

—Alors quoi ? Qu'y a-t-il de pire que de se faire sauter par une fouine bondissante ? (Haha jeu de mot ! )

A ta place, je la fermerai Granger. Tu n'es pas en position de faire la maligne. Je ne pense pas faire chanter Potter, je pense qu'il a eu sa dose de punition en couchant avec le premier rat du royaume. Mais toi, je trouve ça tout de suite plus intéressant …

Est-ce que tu vas parler Malfoy ?

Il sembla pensif un instant. Il s'éloigna pour réfléchir. Une main sur le menton, tournant en rond, il faisait les cent pas regardant tantôt en haut tantôt au sol. Quand il sembla avoir eu une illumination, il releva lentement son visage pâle vers Hermione qui devenait plus blême que lui. Son sourire typique de serpentard ne présageait rien de bon.

Hum…Dis moi ô Grande lectrice invétérée, toi qui es si intelligente… Tu connais la fable du rat et du gorille ?

…Non.

Tu en es sure Granger ?

Arrête Malefoy, je suis sure que tu l'as inventée.

Non Granger, c'est toi qui va l'écrire. Et sous mes yeux. »


Vooooilà. Une petite review en attendant le prochain ?