Comme d'hab', Harry ne m'appartient pas…

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Chapitre 9 : De nouvelles amitiés.

-Vlad ! Qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna Neville.

L'infirmerie, malgré ses murs blancs et l'odeur aseptisée, restait accueillante et chaleureuse. Le gryffondor attendait cependant avec impatience son autorisation de sortie. Allongé dans un lit aux draps immaculés, vêtu d'un pyjama à carreau, il lisait un livre sur le quidditch à travers les âges, qu'il referma à l'arrivée de son ami. Vladmir s'assit à son chevet et posa un paquet de chocogrenouilles sur les genoux de Neville.

-Et bien, j'ai appris que tu t'étais fait mal en cours de vol et je suis venu voir comment tu allais.

-A part ma fierté personnelle qui a pris un sacré coup pour garder cette image de lourdaud ? Ça va, ricana Neville après avoir vérifié que la sévère infirmière ne laissait pas traîner ses oreilles à proximité de son lit. Mais comment le sais-tu ?

-En deux heures, toute l'école était au courant, sourit Vladmir alors que Neville ouvrait tant bien que mal les chocolats d'une main. Les serpentards étaient satisfaits et les gryffondors furieux. Du coup, Padma est allée à la pêche aux informations auprès de sa sœur. Parvati est une vraie commère.

-Pourquoi ? grimaça Neville en observant son poignet bandé. Ce n'est pas la première fois qu'un étudiant tombe en cours de vol pourtant…

-Non, mais après ta chute, Malefoy a fait son intéressant avec ton rappeltout. Tu l'as perdu en tombant et il s'en est servi comme d'un vif d'or, ce qui n'a pas plu à Wealsey. Ça c'est fini en un concours de paons aériens. Franchement… dit le russe en roulant les yeux face à la bêtise du gryffondor.

-Allez Vlad, Ron est un peu… spontané, mais c'est un bon ami. Mon rappeltout ?

-En miette. Et le bon ami a accepté un duel pour te venger, ce soir, à minuit. Lui et Finnegan contre Malefoy et Crabbe.

-Par Merlin, le con ! s'écria Neville en se redressant, attirant l'attention du dragon de l'infirmerie.

-M. Londubat, surveillez votre langage ! Et vous M. Kemenov, si vous êtes là pour perturber mon patient, la porte est derrière vous !

Les pommettes rouges d'indignation, Mme Pomfresh se dressa devant eux, les mains fermement calées sur ses hanches, sa baguette tenue dans son poing fermé. Neville et Vladmir échangèrent un regard et baissèrent la tête.

-Excusez-nous, Madame, murmurèrent en cœur les deux élèves.

-Je passe pour cette fois, mais je ne veux plus entendre le moindre éclat de voix, vous n'êtes pas seuls !

Effectivement, en suivant son regard, ils virent un lit à l'écart où une poufsouffle était endormie. Les deux garçons promirent de rester calmes et Neville reporta son attention sur l'aigle.

-Explications, grogna-t-il, arrachant un sourire à Vladmir.

-Il semblerait qu'après le cours, Ron est pris à parti Malefoy. Je ne sais pas exactement ce qui s'est dit et je pense que ton accident est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Après tout, leurs familles sont en conflit depuis des générations et tu es son ami. Bref, au final duel ce soir, dans la salle des trophées.

-Malefoy ne s'y rendra jamais.

-Je m'en doute, sourit Vladmir. Il n'a pas fait de promesse sorcière, il n'y a donc pas de duel officiel.

Neville le regarda, les yeux ronds.

-Mais par le caleçon de Merlin, comment fais-tu pour toujours tout savoir dans ce foutu château ?

-Je n'ai aucun mérite, dit Vlad en haussant les épaules. Granger les a entendus et comme j'étais à côté d'elle alors qu'elle fulminait dans la bibliothèque, je n'ai eu qu'à tendre l'oreille pour avoir les tenants et les aboutissants. Elle est énervée à l'idée de perdre des points s'ils se font attraper.

-Elle n'a pas tort, c'est grâce à elle qu'on remplit notre sablier. Ron et Seamus ont tendance à en faire perdre et ne parlons pas des jumeaux Weasley.

Neville soupira en se frottant le poignet.

-Je vais essayer de l'arrêter ce soir. Mais j'ai peur qu'il ne veille pas…

-Si tu veux, je vous attendrai à la salle des trophées.

Neville eut un sourire et acquiesça… C'est ainsi que Vlad se retrouva à attendre les gryffondors, tranquillement assis sur une étagère en verre à minuit moins cinq. Il balançait négligemment des jambes, observant les nombreux trophées et médailles de la salle plongée dans la pénombre, quand il vit arriver Ron et Seamus, suivi de Neville et Hermione.

-Bon sang, Kemenov, qu'est-ce que tu fous là ? s'exclama Seamus alors qu'il cherchait Drago du regard.

-Baisse d'un ton, l'Irlandais, soupira Vladmir en sautant souplement pour atterrir devant eux. Je suis là pour vous annoncer que Malefoy ne viendra pas.

-Ce foutu fils à papa n'a pas le moindre courage, cracha Ron.

-Non, il est juste malin, soupira Vlad. Neville a du te l'expliquer, mais vous autres gryffondors êtes un peu bornés. Au fait, Granger, qu'est-ce que tu fais là, ce n'est pas ton genre de violer le règlement… rajouta-t-il en se tournant vers la jeune fille à la crinière de lion.

-Ces deux abrutis n'ont pas voulu écouter. J'ai essayé de les empêcher de sortir, puis on a trouvé Neville à l'extérieur, qui avait oublié le mot-de-passe. Il a essayé de les dissuader à son tour, mais rien à faire, aussi bornés que des mules !On est retrouvé embarqué dans ce bateau contre notre grès !

Vladmir était impressionné par le débit de paroles de la jeune gryffondor. Elle avait sorti son explication sans la moindre pose, en regardant les deux responsables. Si un regard pouvait tuer, nul doute que Ronald et Seamus seraient morts avant d'avoir pu quitter la salle commune des rouge et or. Finalement, son appartenance à Gryffondor était plus évidente maintenant qu'il l'avait vu aussi véhémente.

-Putain explique-toi Kemenov ! Où est Malefoy ?

Vladmir tourna un visage froid vers le jeune garçon au sang chaud.

-Ecoute-moi bien Finnigan. Si tu continues à faire autant de bruit qu'un scrout surpris, Rusard va rappliquer plus vite qu'un vif d'or. Donc baisse d'un ton par Merlin ! Et Malefoy est intelligent. Sans promesse de duel, ce combat est caduc. Vous devriez tous les deux le savoir !

-Malefoy n'est donc pas obligé de venir, murmura discrètement Neville. Il peut même…

-Cherche ma belle, cherche…

-… prévenir Rusard, compléta Vladmir en un murmure. Il secoua les deux duellistes et fit signe à Hermione de se reprendre avant d'indiquer la seconde porte de la salle. En silence, ils se dépêchèrent de quitter la pièce, évitant de juste le concierge. Rusard venait de rentrer par l'entrée opposée, encourageant sa chatte, Miss Teigne, à retrouver les fautifs.

D'un pas vif, le petit groupe s'engagea dans un long couloir à l'aspect médiéval où des dizaines d'armures tournaient la tête sur leur passage, les suivants silencieusement de la tête. L'impression était terriblement angoissante et Seamus finit par pousser un cri de terreur lorsqu'une ombre bougea devant lui. Rusard, immédiatement attiré par le bruit, les prit en chasse à travers le château et ils se séparèrent d'un commun accord. Neville partit avec Vlad et Hermione d'un côté tandis que les deux autres gryffondors s'enfuyaient dans la direction opposée.

-Les idiots, soupira Neville en les voyant se précipiter directement vers leur salle commune. C'est le premier itinéraire que va regarder Rusard.

Hermione hocha la tête et tira de sa poche un plan de l'école alors qu'ils se glissaient dans une alcôve pour éviter de se retrouver en vue dans le couloir.

Un caquètement sinistre fit écho dans les couloirs, suivi d'un cri à proximité et de rires moqueurs.

-On dirait…

-Peeves, murmura Vladmir. Il a trouvé Ron et Seamus il semblerait. Il faut qu'on parte d'ici.

-Les escaliers, murmura Hermione en pointant la carte de sa baguette pour qu'elle affiche l'itinéraire le plus rapide. Avec un peu de chance, ils nous mèneront à l'étage de notre salle commune. Par contre Kemenov, je ne sais pas où est la salle des serdaigles.

-Ne t'inquiète pas Granger, sourit Vlad, je me débrouillerais.

Rejoindre rapidement les escaliers ne fut pas un problème… ne pas se faire repérer non plus… par contre, se retrouver sans savoir comment grâce aux escaliers magiques dans un couloir interdit était plus problématique. Et les deux sang-purs, habitués aux alarmes magiques, se tendirent. Les vibrations de l'air étaient caractéristiques, ils venaient d'en déclencher une.

-Il faut filer, et le plus rapidement possible, murmura Neville alors que Vladmir éteignait sa baguette magique pour les plonger dans le noir.

-Qu'est-ce qu'il se passe encore ? gémit Hermione.

-On a allumé une alarme en passant la porte du couloir. Et ce foutu escalier ne veut pas revenir.

Un pas rapide retentit devant eux et la lueur vacillante d'une lanterne apparut à l'angle du couloir. Jurant en silence, Hermione tira sa baguette et la pointa sur la porte la plus proche d'eux.

-Alohomora !

Un léger déclic et ils poussèrent la porte avant de la refermer de justesse. Collés à la porte, ils entendirent quelqu'un, vraisemblablement Rusard, passer et pester contre sa malchance. Il avait raté les gryffondors suite au déclenchement de l'alarme et maintenant il perdait la trace des intrus… Après quelques secondes, ils se tournèrent vers Hermione, qui essayait d'attirer silencieusement leur attention depuis le début. Et ils se figèrent.

-Un cerbère, gémit Neville. Je hais ces chiens !

Au milieu de la salle, un immense chien à trois têtes les regardaient en montrant des crocs plus qu'impressionnants. Les six yeux de la bête les fixaient avec une lueur affamée et de la bave coulait allègrement de ses museaux.

-Vlad, tu chantes bien ? murmura Neville.

-Comme une sirène hors de l'eau, souffla le russe en restant immobile.

-Mione ?

-Je ne sais pas quel son fait une sirène hors de l'eau, mais je dirais pareil, trembla la jeune lionne en tentant de faire de l'humour alors qu'un grognement menaçant jaillissait des gorges du molosse.

-Que diriez-vous d'un repli stratégique ?

-Maintenant ! s'exclama Vladmir en s'écartant de la porte avec Hermione pour que Neville l'ouvre. Ils fuirent rapidement alors que les aboiements résonnaient dans le couloir. Après une nouvelle course à travers le château, ils atteignirent une intersection bien connue de Vladmir.

-Kemenov, merci, souffla Hermione.

-Je n'ai rien fait, s'étonna Vlad.

-Si. Elle jeta un regard à Neville. Avec toi, Neville est plus… sûr de lui et c'est grâce à vous deux que nous n'avons pas été pris.

Neville eut un petit sourire qui parut timide alors qu'il se retenait de rire de vive voix. Il ne se le permettrait pas avant d'arriver à leur salle commune.

-Au fait, j'ai rêvé, ou il y avait une trappe sous le cerbère ? demanda Hermione.

-Non, je l'ai également vu, soupira Vladmir. Il garde quelque chose…

Et la lueur dans les yeux de la lionne l'amusa. Une lueur de curiosité, une soif de connaissance… Elle était à la fois lionne et aigle. Courage et intelligente. C'est sur cette constatation qu'ils se séparèrent.

Au final, hormis la découverte d'un chien à trois têtes dans le château, le premier mois de cours s'était déroulé sans trop d'accrocs. Enfin, si Vlad oubliait le comportement de Severus Rogue et le mépris de Minerva McGonagall. Heureusement, son directeur de Maison était intervenu et le premier n'enlevait pas de points à tout-va comme il semblait se délecter de faire avec les lions. Il avait également réussi à faire rentrer dans le cerveau obtus du maître de potions son patronyme.

-Tu ne dois pas retrouver Londubat aux serres ? s'étonna Kévin, assis sur son lit. C'était un samedi matin et le château était d'un calme olympien alors que la plupart des élèves paressaient pour se remettre de la semaine de cours.

-Si, mais seulement dans une demi-heure.

Son amitié pour Neville s'était renforcée suite au duel avorté. Il appréciait également Hermione, plus discrète et terriblement intelligente, mais s'en méfiait pour cette même raison. Ils n'avaient plus évoqué le cerbère, mais il se doutait qu'il gardait que ce qui avait disparu de Gringott's. Ne restait plus qu'à savoir de quoi il s'agissait et pourquoi quelqu'un cherchait à s'en emparer.

Sortant de ses pensées, Vlad regarda avec un sourire amusé Sasha qui sifflait de bonheur sous les doigts experts du petit brun. Elle avait été ravie de voir que Kévin essayait d'apprendre le fourchelangue après avoir promis à Vladmir de garder son don secret. L'apprentissage était laborieux, mais il arrivait maintenant à distinguer les différents sifflements et à prononcer quelques mots maladroits. Laissant son petit serpent à la garde de son ami, Vladmir attrapa son sac.

-Bon, j'y vais, on se retrouve à la Grande-Salle ce soir ? demanda-t-il.

-Ok, à tout' !

Depuis le cerbère, Neville et Vladmir cherchaient à avoir une discussion sérieuse, mais avaient été interrompus à chaque fois. Le russe espérait bien la mener à bout aujourd'hui. Il parcourut rapidement le dédale des couloirs du château avant de passer la grande porte pour prendre le chemin des serres. Il observa quelques instants les spectaculaires dômes de verre du royaume de Pomona Chourave, professeur de botanique, avant de se diriger vers la plus petite. Vlad y entra vivement, faisant sursauter Neville qui rougit un peu avant de voir de qui il s'agissait. Le petit garçon maladroit et timide se métamorphosa immédiatement, se redressant et relevant la tête avec assurance.

-Salut Vlad, prêt à tailler des Rosiers Sanglants ?

-Heu… non ! répondit Vlad en regardant les rangées de rosiers aux épines acérées et entièrement monochromes, d'un pourpre assez spectaculaire.

-Allez, ô héritier des Potter, montrez votre courage face à dame nature ! ricana Neville.

-Je ne suis qu'un pauvre serdaigle, beaucoup plus porté sur l'observation et la réflexion que l'action irréfléchie propre aux gryffondors ! s'exclama théâtralement Vladmir en lui tendant un sécateur. A vous l'honneur, noble héritier !

Neville haussa un sourcil amusé avant de prendre l'outil de ses mains gantées. Ils échangèrent un sourire complice et Vladmir s'installa sur un des tabourets de cours pour regarder son ami tailler les rosiers, qui dardaient de longues épines en réponse.

Après quelques minutes de silence, le serdaigle leva sa baquette et murmura quelques mots à la consonance rugueuse, légèrement différente du russe. Son accent, généralement discret, ressortit fortement. Neville, sans le regarder, se figea une fraction de secondes avant de reprendre son occupation de manière décontractée. Mais Vladmir, en rangeant sa baguette magique, pouvait voir la soudaine tension dans ses épaules.

-Tu maîtrises une magie interdite, constata d'une voix neutre Neville. C'est risqué.

-La magie noire est parfaitement légale dans mon pays et étant un ressortissant russe, je suis en droit de la pratiquer. Les détecteurs restent donc silencieux. Et les arts sombres sont beaucoup plus efficaces pour les protections.

-Ils nécessitent toujours un paiement.

-Je sais.

-Quelle est son utilité ? demanda Neville après un long silence.

-Notre discussion restera secrète. Si quelqu'un nous écoute, il n'entendra qu'une discussion sur les plantes. Si quelqu'un nous voit, il ne percevra que toi taillant des rosiers.

-La puissance nécessaire…

-Ton don naturel est la botanique, Neville, soupira Vlad, le mien, la magie noire et le combat, ce que vous appelez vulgairement défense contre les forces du mal.

Neville suspendit son geste et tourna la tête vers le jeune russe. Ses yeux luisaient de colère.

-Je n'aime pas la magie noire, Potter.

Ils se fusillèrent du regard quelques minutes, puis Vladmir quitta son masque de glace, qu'il avait revêtu inconsciemment, et soupira en se passant une main dans ses cheveux.

-Je sais, Neville, mais cette catégorie de magie ne sert pas qu'à faire du mal.

-L'avada kedavra est un sort mortel. Le frigus intenseum. Le mille acus. Le... le doloris..

-L'avada est un sort fait pour tuer, je suis d'accord. Certains sorts sont également faits pour blesser. Mais le frigus inteseum est à l'origine un sort ménager pour conserver indéfiniment les denrées, d'origine scandinave. Le mille aiguille est chinois, prévu pour l'acuponcture traditionnelle. Le doloris… je sais ce que tu as perdu à cause de lui, Nev, mais il était à l'origine prévu pour lutter contre les arrêts cardiaques. Ce n'est pas le sort qui est sombre, c'est l'intention du sorcier.

Neville se tourna vers lui et Vladmir fit mine de ne pas remarquer la brillance soudaine des yeux bleus du jeune garçon en face de lui. Ce dernier baissa son sécateur.

-Comment sais-tu ?

-Cela fait parti des choses que nous devions discuter…

Vladmir se tut et le regarda s'asseoir en face de lui. Ils allaient enfin pouvoir mener à bien cette fameuse discussion.

-On va faire quelque chose, murmura Neville, je pose une question, tu réponds, puis à ton tour.

-Un droit de veto, si nous ne voulons pas répondre, acquiesça Vladmir.

-Comment sais-tu ?

-Ma tante s'est renseignée sur toi et ton histoire, malgré les nombreuses zones d'ombre de ta famille. Tu m'intrigues beaucoup, Nev, en jouant ce rôle à la perfection. Pourquoi d'ailleurs ?

Neville le regarda, son hésitation visible. Répondre le rendrait vulnérable. Se taire briserait la nouvelle amitié entre eux.

-Ma famille a beaucoup de secrets, comme tu l'as si bien dit, répondit-il finalement. Cette apparence est à la fois une protection et une tactique dans l'échiquier politique britannique. Je vois et j'entends beaucoup de choses car les adultes me pensent naïf et maladroit. Tu connais la chanson. On est jeune, mais on vit dans ce monde depuis notre naissance… Les faux semblants sont ancrés en nous. Qui est ta tante ?

-Katya Annapovna Kemenov. Elle travaille dans le journalisme international et à de nombreux contacts dans la plupart des pays. Elle n'est pas connue car elle s'occupe surtout de trouver les renseignements et les sujets intéressants dans l'ombre.

Neville fronça les sourcils.

-Ne me mens pas, Vlad.

-Ce n'est pas un mensonge.

Neville le regarda puis soupira en s'excusant d'un signe de tête. Il avait mal posé sa question et il sentait que le jeune russe avait répondu la vérité. Ce n'était toutefois pas celle qu'il attendait…

-Tu connais bien Drago Malefoy ?

L'héritier des Londubat fixa son regard sur les mains de Vladmir qui jouaient négligemment dans le tas de terre entre eux. Drago Malefoy…

-Un peu. Je l'ai rencontré lors des bals annuels et des fêtes sang-pures. Mais je sais beaucoup de choses sur son père et je suis curieux de voir s'il va en suivre les traces. Ce n'est pas un bon chemin… Quel est ton lien avec ce signe ?

Neville montrait le délicat motif que le russe traçait dans la terre. Vladmir se contenta de soulever lentement sa chemise, dévoilant deux tatouages sur sa hanche. Un poignard croisant une baguette sur un cercle et, juste en dessous, un flocon de neige stylisé surmonté d'une couronne.

-Je suis un prince la branche d'Europe de l'est.

Neville sourit et se leva à son tour en dénudant son épaule. Sur sa peau, brillant d'un éclat noir, les mêmes poignards et baguettes surplombaient une feuille de chêne. Un sourire identique s'étira sur les lèvres des deux garçons.

-Je croyais la branche britannique morte ? finit par souffler Vladmir.

-C'est complexe, mais… Purée, on ne peut pas être tranquilles une petite heure dans ce château ! grogna soudain Neville alors qu'il en regardait dehors.

Vlad pivota et jura en apercevant le professeur Rogue derrière un Kévin visiblement apeuré qui toquait à la porte. D'un geste, Neville baissa sa manche et attrapa son sécateur. Il retourna à ses rosiers alors que Vladmir effaçait vivement le signe dans la terre, avant d'agiter sa baguette en murmurant quelques mots.

La porte s'ouvrit et Kévin se précipita à l'intérieur, suivi par un professeur de très mauvaise humeur. Il jeta un regard dégoûté à Neville, plongé dans son rôle d'élève terrifié puis grimaça en se tournant vers le serdaigle.

-M. Kemenov, le directeur souhaite vous voir pour des problèmes liés à votre tutorat.

Vladmir hocha la tête, le visage vide de la moindre émotion.

-Bien monsieur. J'irais dès que j'aurais fini ce devoir de Botanique.

Rogue émit un son clairement méprisant avant de quitter la serre dans une volée de capes noires sans rajouter un mot. Il avait accompli sa mission et ne jugeait pas nécessaire de rester plus longtemps qu'il ne le faillait.

-Décidément, il aime un peu trop le théâtre, soupira Neville en posant son sécateur. Tutorat, Vlad ? Rassure-moi, Dumbledore n'est pas ton tuteur ?

-Malheureusement si. Magique…

Neville afficha un visage désolé, jusqu'à que Vlad sourit narquoisement.

-Du moins, officiellement.

-Euh… c'est quoi cette histoire de tuteur… magique ?

Les deux nobles se tournèrent vers Kévin, qui avait écouté leur petite discussion. Vladmir lui expliqua rapidement. La tutelle légale concernait les questions d'ordre quotidiennes. Le tuteur était responsable de l'éducation et la formation du jeune sorcier. La tutelle magique n'était envisageable que pour les nobles. Le tuteur, de famille noble ou sang-pur, avait la responsabilité des devoirs sorciers associés au statut nobiliaire.

-Dans mon cas, mon tuteur magique gère le siège de la famille Potter au Magenmagot, ainsi que les voûtes familiales. Je n'ai accès qu'à mon compte étudiant.

Neville grimaça à nouveau alors que Kévin les regardait avec stupeur.

-Mais… pourquoi ta tante n'est-elle pas ta tutrice magique ?

-C'est compliqué, soupira Vladmir. Mais au final le directeur est mon tuteur magique. Je pense qu'il veut me voir pour une problématique précise. Il est tenu de m'informer des décisions majeures qu'il prend, même si en raison de mon âge je n'ai pas mon mot à dire.

Neville roula des yeux discrètement derrière Kévin, franchement amusé. Le gryffondor avait parfaitement compris que Vladmir avait son mot à dire dans les décisions de ses voûtes familiales et probablement sur son siège au Magenmagot. Il avait le titre de Lord, même s'il était considéré comme trop jeune pour intervenir au sein de la vénérable institution magique. Il ne pourrait occuper son siège qu'à ses 15 ans.

-Au fait Neville ! s'exclama le serdaigle en se tournant vers lui, coupant les réflexions du griffon. Pourquoi t'es tellement différent avec Vlad et moi qu'avec les autres ?

Le gryffondor restait bouche-bée devant la question inattendue et pourtant parfaitement compréhensible du serdaigle. Mais que répondre, à part que Kévin était tellement spontané qu'il lui était impossible de conserver son rôle de garçon maladroit et timide à ses côtés ?

-Il est timide et ne se dévoile qu'aux bons amis.

Neville remercia l'intervention de Vlad d'un signe de tête tout en fermant la serre.

-Au fait, j'ai croisé Rogy alors que j'allais prendre le thé chez un ami, vous m'accompagnez ? dit le petit serdaigle en changeant soudain de sujet, les entraînant vers la Forêt Interdite.

-Un ami ?

-Oui, Hagrid, le garde-chasse ! Je ne savais pas que c'était un géant !

-Par sa mère, s'amusa Neville en remontant les allées du parc pour rejoindre la cabane pittoresque en lisière de la Forêt Interdite. Vladmir l'avait souvent admiré de loin, appréciant sa beauté rustique en contraste avec l'imposante architecture gothique de l'école. Il lui rappelait dans sa simplicité les maisons paysannes de chez lui. Le géant barbu se tenait devant l'entrée, jouant avec un molosse affable qui aboya vivement dès qu'il les repéra, avant de fuser vers Kévin, sautant autour de lui pour jouer. Le garde-chasse attrapa son chien afin de le calmer et les salua amicalement.

-Je vous présente Neville et...

-Harry !

Sans qu'il n'ait le temps de comprendre, Vlad se retrouva collé contre un torse velu à l'odeur suspecte et à moitié écrasé par la puissante étreinte du géant. Il tenta de parler, mais, coincé comme il l'était, aucun son ne passait.

-Heu, Hagrid ? Je crois que vous l'étouffez, constata Neville.

Vladmir se fit relâcher délicatement et prit le temps de reprendre sa respiration avant de soulager Hagrid, visible mortifié et prit de panique à l'idée de lui avoir fait du mal.

-Pas de problème, Monsieur, je suis toujours vivant et en un seul morceau, dit Vlad en souriant.

-Tu ressembles tellement à ton père, soupira le géant. J'avais l'impression de revoir James à ton âge. Bien qu'il n'ait pas les cheveux longs et disciplinés comme les tiens, Harry, compléta-t-il en passant une immense main affectueuse dans les cheveux corbeaux du russe.

Vlad pesta en renouant le lien de cuir qui retenait son catogan et sourit doucement à géant.

-Merci Hagrid, mais par contre, j'ai changé de nom donc…

Le géant lui présenta à nouveau des excuses et Vlad réussit à comprendre qu'il l'avait connu nourrisson et qu'il avait du mal à l'appeler Vladmir quand il le revoyait bébé dans les bras de Lily. Le géant passa ainsi l'heure du thé à leur raconter des anecdotes du temps de leurs parents, à la plus grande joie de Neville et Harry, mais aussi à leur plus grande surprise.

-Vous n'êtes pas au courant ? s'étonna finalement Hagrid après qu'il leur ait appris que leurs parents respectifs étaient de très bon amis.

-Au courant de quoi ? releva Kévin, le seul à sembler apprécier les biscuits secs du géant, qu'il faisait tremper plusieurs minutes dans son thé avant de les croquer.

-Mais… Alice était la marraine de Vladmir et Lily celle de Neville !

Neville s'étrangla avec son thé, alors que Vladmir restait de marbre, bien qu'en son for intérieur, la phrase repassait en boucle.

-C'est pour ça que je suis si heureux de voir que vous vous entendez si bien tous les deux. Vous auriez surement été élevés comme des frères si vos parents n'étaient…

-Comment… comment ce fait-il que personne ne soit au courant ?

-Et bien… je pense que c'est lié à la guerre. Les temps n'étaient pas surs et Lily et Alice ont décidé de garder vos liens secrets. Quelques personnes de confiance étaient au courant au cas où ils… Hagrid ne put finir sa phrase à nouveau, peiné.

-Pourquoi alors Vlad n'est pas allé vivre chez Neville à la mort de ses parents ?

La question, portée par la curiosité de Kévin laissa un silence lourd et douloureux. Neville avait les yeux brillants, Vladmir regardait le plafond en soupirant et Hagrid… Hagrid pleurait cette fois à chaudes larmes.

-Mes parents sont à Ste Mangouste. Ils sont en état de mort cérébrale suite à l'usage prolongé d'un sort de torture sur eux, déclara doucement Neville.

Cette annonce plomba l'ambiance et la visite chez Hagrid se termina rapidement avec une promesse de repasser. Sur le chemin du retour, Vladmir se souvient soudain de sa convocation chez le directeur. C'est donc le pas lourd qu'il se dirigea vers le bureau de Dumbledore, abandonnant derrière lui Neville et Kévin désolé de sa bourde. Il prit le temps d'arriver devant la gargouille, soupirant en réalisant qu'il n'avait pas le mot de passe.

-Pourriez-vous signaler au directeur que Vladmir Kemenov est là pour son rendez-vous ?

La gargouille inclina imperceptiblement la tête avant de reprendre sa posture figée. Quelques secondes après, elle pivotait pour dévoiler le fameux escalier en colimaçon. Vladmir soupira à nouveau en arrivant devant la porte. Il ferma les yeux, composant son visage de mort et leva la main pour frapper.

-Entre, Vladmir, lui répondit-on alors qu'il avait à peine effleuré le lourd panneau de bois, qui s'ouvrit devant lui.

Le jeune russe entra, amenant avec lui le froid de son pays et de sa magie. La pièce, chaleureuse, perdit quelques degrés alors qu'il s'asseyait face au directeur pour une deuxième rencontre. Mais, aujourd'hui, aucun choixpeau ou phénix. Juste un directeur et son élève. Un tuteur et son pupille. Les yeux bleus pétillaient comme à son habitude alors qu'ils se dévisageaient. Une fois de plus, Vlad sentit son esprit être effleuré, mais il rejeta l'intrus sans la moindre douceur, lui envoyant une claque mentale brutale. Dumbledore sursauta, son visage perdant sa bonhomie habituelle pour se faire plus sombre. Vladmir lui avait déjà donné un premier avertissement, le second venait de tomber.

-La prochaine fois, monsieur le directeur, je ne serais pas aussi gentil, annonça-t-il platement.

Albus Dumbledore croisa lentement ses mains devant lui, renonçant à son visage de gentil grand-père. Ses traits se firent durs et ses yeux pétillèrent, mais qu'une lueur bien différente, plus calculatrice.

-Je t'ai convoqué, Vladmir, car j'ai pris le temps de regarder la tenue de tes comptes. Je suis dans l'obligation de te tenir informer de mes décisions, bien qu'à ton âge, tu sois un peu jeune pour en comprendre la nécessité.

-Je dispose d'une excellente conseillère, monsieur le directeur, qui pourra me dire le bien fondé de vos actions.

-Oui, cette fameuse Katya Kemenov, acquiesça Dumbledore. J'aimerais d'ailleurs la rencontrer pour parler de ton avenir.

-Je ne vois pas pourquoi vous devez la rencontrer, monsieur. Vous gérez deux aspects différents.

-J'ai plusieurs raisons de vouloir rencontrer ta… tante ?

-Dites-les moi, et je les lui communiquerai, répondit Vladmir sans confirmer. Libre à elle d'accepter de vous rencontrer par la suite.

-Bien… Déjà, j'aimerais comprendre comment elle a pu t'adopter alors que je t'ai confié à la garde de ta tante maternelle.

Vladmir haussa un sourcil moqueur, seul signe de son amusement et de sa colère. Il ne considérait pas que déposer un nourrisson au pas d'une porte soit une manière de confier la garde d'un enfant. Surtout si ladite tante haïssait la magie et tout ce qui s'y liait. Il se souvenait parfaitement de sa réaction en le voyant, avec Katya. Il avait souhaitait la rencontrer – elle faisait après tout parti de sa famille – et en quelques minutes, avait subi plus d'insultes que dans toute sa courte vie. Oui, sa tante le haïssait…

-Je peux répondre à ça, monsieur le Directeur. Vous m'avez confié à ma tante maternelle, qui s'est empressé de me mettre à l'orphelinat avant de m'oublier. J'ai été adopté presque immédiatement par Katya, qui connaissait bien mes parents.

Dumbledore le fusilla du regard, cherchant la vérité. Après quelques minutes, il considéra que cette information était véridique. Après tout, Pétunia avec assurer à Hagrid qu'elle n'avait jamais eu Harry sous sa garde. Vlad eut un sourire mental en le voyant avaler ce semi-mensonge. Katya l'avait récupéré par l'intermédiaire de Sergei à l'instant même où Dumbledore l'avait abandonné devant le perron de Pétunia.

-J'aimerais ensuite la rencontrer pour parler de ton éducation sorcière. Il faut que tu connaisses le monde où tu vis pour être prêt à gérer tes obligations sociales quand tu seras majeur.

Vladmir ne répondit pas, se contentant de la dévisager en silence. Il était pourtant évident qu'il connaissait le monde sorcier. Le directeur semblait vouloir détourner la conversation de son but original.

-Et pour en revenir à mes comptes, monsieur le directeur ?

Dumbledore grimaça discrètement en posant une main sur un dossier épais, probablement ses relevés de comptes.

-J'ai constaté une irrégularité sur tes comptes. Je donnais une pension à tes tuteurs, les Dursley, qui est encaissée tous les mois…

-Oui, par ma tante. Le libellé de la transaction est « tuteur légal ». Il s'agit de Katya, donc elle reçoit cette pension.

Et fini sur mon compte étudiant... compléta mentalement Vladmir sans le préciser au directeur. Il n'appréciait pas la tournure de la conservation, bien qu'il s'y soit attendu.

-Comment ce fait-il que je ne sois pas au courant ?

-Je ne sais pas, mentit effrontément Vladmir. Il faut voir avec les gobelins.

Une fois de plus, Dumbledore l'observa avec attention, cherchant la moindre trace de mensonge une fois de plus.

-Est-ce tout, Monsieur ?

-Non, Vladmir. Je vais prélever une certaine somme dans la voûte des Potter pour remettre en état un des manoirs de ta famille.

-Pour quelle raison ? Les elfes de maison de ma famille sont parfaitement capables de mener cette tâche, dit Vladmir, suspicieux. De plus, j'ai le temps de voir venir la fin de Poudlard avant de m'installer en Angleterre.

-Effectivement, mais cette demeure sera présente pour t'accueillir si tu souhaites rester pendant tes vacances.

Vladmir ne répondit pas, pensif. Il doutait que cet argent serve remettre à neuf un de ses domaines, où alors, une petite partie. Et pourquoi souhaitait-il le voir en Angleterre ? Il devait contacter sa tante et Gringott's.

-Quelle somme ?

-150 000 gallions.

-Vous vous moquez de moi ? s'insurgea Vladmir. Je peux acheter un manoir dans la banlieue magique de Londres avec cette somme !

-Je suis tenu de te signaler les dépenses faites et les raisons, claqua Dumbledore, mais non de te les justifier.

-Et ce tout, Monsieur ? répéta Vladmir, les mâchoires serrées. Le directeur avait raison, il n'avait pas à justifier ses actions devant lui.

-En effet, Vladmir. Je te souhaite un bon samedi après-midi.

Vladmir retint de se dire qu'à cause de lui il était définitivement pourri. En deux rencontres, il sortait des deux rencontres complètement furieux. Il s'empressa regagner son dortoir pour y rédiger deux lettres. En quelques mots, il récapitula l'entretien et y joint ses souvenirs, avant de foncer vers la volière de l'école.

-Tu as l'air inquiet.

Vladmir sursauta et Hedwige, qui tendait sa patte pour qu'il puisse attacher ses lettres, hulula de mécontentement.

-Bon sang, Neville, ne me fait pas de frayeur comme ça, grogna Vladmir en frottant sa main que sa chouette venait de pincer.

Neville s'adossa sur la porte de la voilière, seul espace vierge de saleté et attendit qu'Hedwige s'envole.

-Alors ?

-Le directeur manigance quelque chose avec mes comptes donc oui, ça m'inquiète… soupira Vladmir. Au fait, que fais-tu pour Halloween ?


Rin-chan : Heu… oui chef ! J'me relis et je continue ! Et oouuuuiiii, je suis douée pour répondre à moitié, c'est ma vengeance pour ton chantage éhonté ;-) Katya arrive, mais pourquoi, comment, je garde mon secret, tu peux me torturer, je resterais muette comme une tombe =P Sinon je pense avoir remédié à la présence de Neville dans ce chapitre, les vampires… pas encore mais ils sont au programme =). Et je suis heureuse de voir que cette histoire d'inspire pleins de délires ^^