J'entre dans ma chambre et ce que je vois me marquera à vie...
J'y découvre Anna dans le lit aux côtés de Hans et si je ne me trompe pas, il n'y a rien sur eux hors mis la couette.
- ANNA ! hurlai-je, folle de rage.
Anna et Hans se réveillent en sursaut et lorsqu'Anna comprend ce qu'il se passe, elle ouvre de gros yeux.
- Salut, Elsa... dit-elle d'une petite voix en se cachant le visage dans les draps.
- Dis-moi que c'est pas ce que je pense !
- C'est pas ce que tu penses...
- Ah bon ? la coupai-je. Tu rencontres un gars avec qui tu sors au bout d'une semaine et après deux semaines, tu couches carrément avec lui ! Non mais ça va pas dans ta tête ?
- Heu... je suis là... dit l'intéressé, mal à l'aise.
Je me tourne vers lui en lui balançant ses vêtements à la figure.
- Toi, tu sors d'ici tout de suite ou je t'égorge ! criai-je à son intention.
Aussitôt, il s'habille en vitesse et ressort de la chambre en courant. Je concentre alors mon attention sur ma petite soeur qui vient de perdre sa virginité.
- Tu te rends compte de ce qu'il se passe ? Tu le connais depuis deux semaines, deux semaines !
- Maisouimaisnonmaisjesaispas... minauda-t-elle.
- Je sais que j'ai pas toujours assuré mais je n'aurais jamais couché avec un gars que je viens de rencontrer ! Il vient de te prouver que tout ce qui l'intéresse, c'est le sexe, rien d'autre !
Elle baisse les yeux et des larmes se forment sur ses joues. Elle a enfin comprit où je voulais en venir... Il ne l'aime pas, c'est juste le sexe qu'il veut et il a prit la proie la plus facile à amadouer. Je la serre contre moi à travers les draps et elle éclate en sanglots.
- Je me sens conne... T'avais raison, j'aurais du apprendre à mieux le connaitre !
Je la berce encore un peu puis lui passe un pyjama. Elle l'enfile et recommence à pleurer. Je me précipite vers elle et la serre dans mes bras encore une fois. Quand elle se calme, je la borde et reste à ses côtés le temps qu'elle s'endorme. Je pense que ce qui la rend si triste, ce n'est pas d'avoir perdu Hans mais d'avoir en quelque sorte été humiliée par celui-ci. Je sors en douce de la chambre et regarde l'heure. 21h57. Dans trois minutes, il me faudra être dans une chambre, n'importe laquelle. Je me précipite dans les couloirs jusqu'à la chambre que je veux atteindre et regarde ma montre. Ca y est, il est 22h, je n'ai plus le choix. J'ouvre la porte et entends l'eau de la douche couler. Pourquoi ne pas faire une petite blague ? Je m'approche doucement et ouvre la porte de la salle de bain en faisant le plus de bruit possible.
- HAAAAAAAAA ! s'écria Jack tandis que je referme le battant en me tordant de rire.
Je suis encore morte de rire quand il ressort de la salle de bain avec un expression de rage, ce qui ne fait que rajouter à mon hilarité.
- Mais qu'est-ce que tu fous ici à une heure pareille ? me cria-t-il.
Je reprends mon sérieux et lui explique :
- Tu es un maitre dans l'art de rendre la vie des gens impossible. Je veux que tu m'aides à me venger de Hans... s'il te plait, rajoutai-je en insistant.
Il est totalement pris au dépourvu. Il mesure mes paroles et me demande :
- Pourquoi je t'aiderais ?
- Premièrement, ce n'est pas pour moi que je le fais mais pour Anna. Il l'a manipulé pour qu'elle finisse dans son lit donc ce n'est pas vraiment moi que tu aideras et deuxièmement, je te donne ce que tu veux en échange, déclarai-je.
Il hésite quelques secondes avant de me répéter :
- Ce que je veux ?
- Oui, ce que tu veux, confirmai-je.
Il réfléchit quelques secondes puis me dit :
- C'est d'accord. On commence demain.
Un long silence s'ensuit. Il semble attendre quelque chose et je l'interroge du regard.
- Tu comptes rester plantée là encore longtemps ? soupira-t-il.
- Ho... heu... tu vas rire mais... héhé... j'ai pas la permission de sortir... après, heu, le... le couvre-feu, balbutiai-je en étant sûre qu'il ferait tout sauf rire.
Il se frappe le visage du plat de la main et secouant la tête de droite à gauche dans un geste de désespoir. Il m'avait déjà dit le numéro de sa chambre et qu'il pouvait y accueillir une autre personne mais ce qu'il ne m'a pas dit, c'est que c'est un lit à deux place et non des lits jumeaux. J'ouvre de gros yeux en comprenant que je vais devoir dormir dans le même lit que lui et il me dit d'un ton tout sauf accueillant :
- Bienvenue !
Et là, je m'évanouie.
J'ouvre les yeux doucement et me remémore hier soir avant de me rendre compte que je suis blottie dans les bras de Jack et qu'il m'y serre, encore endormis. Je me relève brusquement et m'apprête à partir mais ce serait inutile car nous avons une réunion au début de la journée. Je pousse un soupire et me dirige vers l'armoire. ( Aurais-je oublié de vous préciser que chaque armoire contient des affaires pour hommes et pour femmes ? Oui. Et bien maintenant, vous êtes au courant ). Je prends donc des vêtements et file sous la douche en prenant le soin de fermer le verrou à double tour. Quand je ressors de la salle de bain, à peine j'ouvre la porte que j'entends ça :
- WAAAAAAH !
Je pousse un cri de surprise tandis que Jack se paie ma tête. Il apparait derrière le battant, hilare, tandis que je m'énerve un peu. Je me venge en prenant la poignée et j'ouvre violemment la porte, ce qui lui donne un coup sur l'épaule et lui fait perdre l'équilibre. J'affiche une mine satisfaite et déclare :
- Change-toi, j'ai pas que ça à faire...
Contre toute attente, il ne va pas dans la salle de bain et s'habille devant mes yeux ébahis. Il prend un plaisir malin à me provoquer et cela fonctionne car je dois avouer que si je ne le détestais pas, je me jetterais sur lui... Il a un de ces corps ! Elsa, on parle bien de Gamin ? Oui, tu as raison, je dois me ressaisir. C'est déjà mieux.
- Si tu essaies de me draguer, saches que tu n'as aucune chance, précisai-je à Jack.
- Mais qui te dit que je te drague ?
- Disons qu'on ne se met pas torse nu devant des gens sans raison...
- Tu devrais peut-être essayer.
Quoi ? Est-ce qu'il vient de me suggérer de lui montrer mes seins ?
- Espèce de gros pervers ! m'indignai-je.
Il rit, satisfait de m'avoir énervé, et finit de s'habiller. Nous sortons et rejoignons les autres à la salle principale. Quand nous arrivons, Eugène est en train de montrer quelque chose à Mérida qui nous regarde arriver avec la bouche grande ouverte. Astrid et Kristof suivent son regard et affichent la même expression qu'elle. Eugène lui tapote l'épaule pour regagner son attention mais elle lui prend le menton d'une main et lui tourne la tête vers nous. Il ouvre de gros yeux et demande :
- Est-ce que j'hallucine ou est-ce que c'est bien Jack et Elsa qui arrivent ensemble sans s'entre-tuer ?
Je pousse un long soupire, m'assieds et prends la pomme sur plateau de Mérida en jouant avec.
- Non, tu ne rêves pas... répondis-je. Mais tu te doutes bien que ce n'est pas sans raison.
- Qu'est-ce qu'il y a, alors ? me questionna Mérida.
- Il y a qu'on doit faire regretter à Hans d'être né. Il a manipulé Anna et elle ne s'est rendue compte de rien avant... Eh bien, avant de coucher avec lui, soupirais-je de tristesse.
- Quoi ? s'étonna Astrid.
- Ne la jugez pas trop sévèrement, elle n'a que 14 ans et est assez naïve...
- C'est pas elle qu'on va juger mais l'autre connard ! s'énerva Kristof.
- Tu as un plan ? m'interrogea Eugène.
- Mon plan...
Je lance la pomme à Jack qui la rattrape d'un geste vif.
- ...c'est lui, déclarai-je.
Il me sourit d'un air triomphant avant de mordre dans la pomme et de la balancer derrière lui. Je ne sais pas comment il a fait ça, mais elle atterrit en plein Hans. Tous à table, nous applaudissons tandis qu'il nous salue comme il le ferait face à un public au théâtre. Décidemment, mon plan est infaillible ! Harold et Raiponce arrivent à ce moment et n'ont pas l'air de comprendre la situation.
- On va faire payer Hans, commençais-je.
- Il s'est servi d'Anna... continua Mérida.
- Pour assouvir ses pulsions sexuelles, compléta Eugène.
- On va avoir besoin d'un plan, déclara Kristof.
- Et un bon ! finit Astrid.
Aussitôt, les autres s'assoit avec nous et nous débattons sur la manière d'agir. À 9h, nous partons pour la réunion durant laquelle ils ne parlent pas de choses très intéressantes à mes yeux, ensuite j'ai mon cours de maniement des armes avec Astrid et Mérida et on nous montons sur le toit. En arrivant, je vois Hans discuter avec Johanna. J'avais oublié que nous avons ce cours en commun avec lui. Je fais exprès de lancer mes couteaux tout près de sa tête pour lui faire peur et il me jette à chaque fois un regard hargneux. Quand le cours est fini, Astrid et moi partons pour ma chambre voir Anna. Elle est effondrée en larmes et ce spectacle me brise le coeur. Je la serre dans mes bras et lui dit doucement :
- Tu sais, on va tous mettre le paquet pour lui faire regretter... J'ai même dormis dans le même lit que Gamin, pour ça !
Elle rit légèrement.
- Comment ça ? demanda-t-elle.
- Après que tu te sois endormie, je suis allée le voir pour lui demander de m'aider à te venger mais je couvre-feu avait déjà été dépassé et comme on a pas de permission de veillée, j'ai du dormir avec lui, expliquai-je.
- Si, j'ai reçus les badges de veillée, hier, m'informa-t-elle. Je te l'avais pas donné ?
Aussitôt, je passe à la colère.
- Quoi !? Pourquoi tu me l'as pas dis plutôt ?! m'exclamais-je.
- J'ai oublié ! dit-elle simplement en haussant les épaules.
Je lui donne un petit coup sur la tête avec un air fâché, ce qui la fait un peu rire ainsi qu'à Astrid. Quand je pense que j'aurais pu éviter ça...
Nous continuons à discuter durant toute la pause de midi quand j'entends que quelqu'un glisse un papier dans la boite au lettre murale. Astrid va le chercher et déclare :
- C'est le nouvel horaire de la semaine. Tiens, c'est bizarre...
Je lève les yeux vers elle qui affiche un air consterné. Elle me tend le papier en m'expliquant :
- Ils ont changés l'organisation. Dorénavant, c'est une heure de chaque matière ou entrainement par jour.
Je ne comprends ce que cela implique qu'en lisant le papier. Avant, je n'avais que quatre heures par semaines d'entrainements avec Jack. Maintenant, je vais le voir tout les jours.
