Merci à Lunastrelle et Sissi72-me pour leurs reviews. Et merci à Valkyrie of Chaos d'avoir mis ma fic dans ses favoris.

Bonne lecture et bonnes Pâques à tous !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Ellora, Hélène, Steve et cie.


Chapitre 9 :

L'histoire de Varda et Ilmarë

Enfin, ils arrivèrent à Fondcombe. Jamais Ellora n'aurait pu imaginé de lieu plus beau, même dans ses rêves.

Le royaume du seigneur Elrond était magnifique. Les maisons étaient sculptées de façon harmonieuse, la nature envahissait les lieux sans essayer de les dominer. On sentait l'amour des elfes pour la nature.

Même les Hobbits, soucieux pour Frodon, ne purent s'empêcher de regarder autour d'eux avec admiration. Cet endroit était incroyable ! Aragorn regarda ses quatre amis avec un sourire empli d'amusement et de fierté. Lui avait l'habitude, il vivait depuis l'âge deux ans à Fondcombe et avait fini par considérer cet endroit comme sa maison.

Enfin, ils arrivèrent devant la demeure d'Elrond. Ce dernier les attendait sur le pas de sa porte. Ellora fut tout de suite frappée par son visage. Il avait l'air… intemporel, comme Arwen.

Ses cheveux étaient longs et bruns, comme la jeune femme elfe. Et ses yeux reflétaient une grande sagesse. Il avait dû vivre de nombreuses choses. Son visage était pourtant jeune. Ellora se sentit déstabilisée par un tel mélange de jeunesse et d'âge.

« Seigneur Elrond », dit Grand-Pas en le saluant, la main sur sa poitrine.

Le seigneur elfe acquiesça d'un hochement de tête, puis regarda les trois Hobbits. Son regard s'arrêta sur Ellora. Il parut surpris pendant seulement deux secondes, puis son masque d'impassibilité réapparut. La jeune fille n'y comprit rien. Pourquoi l'avait-il regardée ainsi ?

« Soyez les bienvenus à Fondcombe », dit le seigneur elfe.

« Où est m'sieur Frodon ? Il va bien ? » demanda Sam.

« Votre ami va bien, Maître Hobbit. Il est guéri et se repose dans l'une des chambres de la maison de guérison. Vous pourrez le voir si vous le souhaitez. Mais d'abord, vous avez tous besoin de repos, après un aussi long voyage. »

Elrond fit venir deux jeunes filles elfes. L'une d'elle emmena les Hobbits vers l'aile ouest de la demeure d'Elrond, l'autre guida Ellora vers celle de l'est. Grand-Pas n'avait pas besoin de guide, il vivait ici et savait très bien où aller pour se laver et se reposer.

La jeune fille se retrouva bientôt dans une chambre pour elle. La pièce était belle, cet endroit lui rappelait un peu la chambre où Baie d'Or l'avait laissée dormir, chez Tom Bombadil.

Il y avait une salle de bain attenante où un bon bain l'attendait. Une fois propre et enveloppée dans une grande serviette de bain, la jeune fille revint dans sa chambre et vit que sa robe avait disparu. Apparemment, quelqu'un était venue la prendre pendant qu'elle se lavait, pour la lessive.

Heureusement, il y avait une armoire face au lit, où se trouvaient des robes, des tuniques et des pantalons. Ellora opta pour une tunique bleu clair et un pantalon noir. Mais elle garda les souliers que Baie d'Or avaient faits pour elle, ils n'étaient même pas sales ni usés par le voyage et elle se sentait bien dedans.

Une fois ses cheveux peignés, la jeune fille alla au balcon et contempla les chutes d'eau qui coulaient le long de la falaise. Leur chant l'apaisait. La jeune fille posa les mains sur la rambarde et inspira profondément. Son regard se porta machinalement sur ses mains. Elle vit que son anneau avait encore changé de couleur. Non, pas seulement de couleur. Elle avait changé de forme ! Avant, ce n'était qu'un mince anneau semi-transparent. Maintenant, elle s'était changé en un fin anneau d'argent, avec une émeraude incrustée au milieu.

Ellora la regarda de plus près. Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Il fallait qu'elle trouve Grand-Pas et lui en parle, tout ça devenait trop étrange. Et ses amis, où étaient-ils ?

La jeune fille sortit de sa chambre et traversa le couloir. Elle descendit un escalier et s'arrêta. Elle ne savait pas du tout où aller. Elle se trouvait apparemment dans un hall. Plusieurs chemins s'ouvraient à elle.

« Excusez-moi ? »

La jeune fille se retourna. Devant elle se tenait un vieil homme vêtu d'une robe grise. Il avait une longue barbe et des cheveux gris. Lorsque son regard croisa celui d'Ellora, le vieil homme parut légèrement déstabilisé, comme Elrond, puis il parut à nouveau normal.

« Vous cherchez quelque chose, mademoiselle ? » demanda-t-il.

Ellora acquiesça tout en s'approchant pour lui parler, quand elle sentit à nouveau sa main lui faire mal. Elle baissa les yeux et vit que la pierre de la bague avait changé. Maintenant, c'était un rubis.

Elle étouffa un juron.

« Oui, que dites-vous ? » demanda son interlocuteur.

« Oh, euh… Excusez-moi. Oui, je suis perdue. Je cherche des amis. Trois Hobbits, et un rôdeur du nom de Grand-Pas. L'ennui, c'est que je viens juste d'arriver, alors… »

« Ah, je vois ! Vous êtes la jeune fille qui a accompagné Frodon et ses amis jusqu'ici. Vos amis se restaurent, actuellement. Mais j'ai cru comprendre des Hobbits que vous souhaitiez me parler ? »

Ellora fronça des sourcils. Lui parler ?

« Je suis Gandalf le Gris », dit-il.

Gandalf… Oh oui, le magicien !

« Enchantée. Je… Oui, j'ai beaucoup de questions », dit la jeune fille, ne sachant trop comment l'aborder.

Sentant son trouble, Gandalf lui fit signe de la suivre. Ils prirent un couloir qui les conduisit dans une petite pièce près d'un balcon. La vision extérieure de Fondcombe et le chant des chutes d'eau permit à Ellora de retrouver un peu son calme.

Gandalf la conduisit jusqu'à une table avec deux chaises. Tous deux prirent place, puis le magicien sortit une pipe d'une poche de sa robe et, tout en l'allumant, lui demanda :

« Alors, vos questions ? »

« Euh… Beeeeeeen… »

Gandalf gloussa devant son air perdu.

« Vous sembliez plus sûre de vous face à Grand-Pas, à Bree, d'après ce qu'il m'a raconté, jeune fille des Brumes et des Mystères. »

Ellora ne put s'empêcher de sourire. Les Hobbits ne lui avaient pas menti, ce magicien était sympathique.

« Puisque vous semblez à court d'idées pour le moment, c'est moi qui vous poserai quelques questions en premier. D'où venez-vous, pour commencer ? »

Ellora poussa un soupir. Misère, comment répondre à ça ? Allait-il la croire ? Tant pis, elle allait risquer le tout pour le tout.

« Je viens d'un autre monde. »

Gandalf fronça des sourcils.

« Un autre monde ? » répéta-t-il.

« Oui… Écoutez, je sais que ça peut paraître complètement dingue, j'ai moi-même du mal à le croire, mais… J'étais chez moi, en Europe, en France, enfin dans un endroit qui ne figure pas sur vos cartes. Bref, j'étais dans ma chambre, bien tranquille, et je lisais un livre bizarre quand d'un seul coup, je me suis sentie tomber. J'ai perdu connaissance. Et quand je me suis réveillée, j'étais dans la Vieille Forêt, au milieu d'un champ de fleurs, avec les Hobbits. »

Gandalf fit silence un bref instant. Il était au courant pour le champ de fleurs, les Hobbits le lui avaient raconté. Cela l'avait surpris. Il n'y avait plus eu une seule fleur ni une once de magie bienveillante dans la Vieille Forêt depuis longtemps. Or, ce que les Hobbits avaient vu signifiaient qu'un grand changement s'était produit en ce monde, et que cette jeune fille en était un signe important.

« Vous avez ce livre avec vous ? » demanda-t-il.

Ellora acquiesça. Elle avait pensé à prendre son sac avant de sortir de la chambre, et le livre était dedans. Elle le sortit et le lui donna. Le magicien le prit et se mit à le feuilleter. En voyant les symboles anciens sur les pages, il parut surpris.

« Impossible… »

« Quoi ? » demanda Ellora.

« Vous… Où avez-vous eu ce livre ? »

« Je ne sais pas. Il était dans une pièce condamnée de ma maison. Personne ne m'en a jamais parlé. Pourquoi ? Vous savez de quoi il s'agit ? »

Gandalf regarda la jeune fille avec attention. Il semblait soudain si troublé…

« Ellora… est-ce que Tom Bombadil ou sa femme vous ont parlé avec l'air de… disons, de vous connaître ? »

Ellora réfléchit. Oui, en effet, ils avaient paru lui parler comme s'ils savaient des choses sur elle.

« Et vous, jeune fille, quel plaisir de vous voir revenir, même en ces temps si étranges ! » avait dit Tom Bombadil. Et quand elle avait voulu le contredire sur ces propos, il lui avait répondu : « Je sais, je sais ! Vous ne vous rappelez pas encore, mais cela viendra ! Fiez-vous à vos souvenirs, aussi fugaces soient-ils, et le reste se fera tout seul. Vous avez également un livre pour vous aider. »

Et Baie d'Or, peu avant qu'elle parte avec ses amis dans les Hauts des Galgals : « Adieu, jeune sœur. Puisses-tu un jour te souvenir du langage de la rivière que nous avons appris ensemble, il y a longtemps. »

« Oui, ils m'ont parlé bizarrement, comme si j'étais censée savoir des choses qu'eux aussi connaissaient. Vous voulez bien m'expliquer, Gandalf ? » dit la jeune fille en soupirant, lasse de tous ces mystères.

Gandalf hocha la tête, puis reprit sur un ton grave :

« Ellora Jones… Que savez-vous des Valars ? »

« Euh… Frodon m'a raconté des choses sur eux pendant le voyage. Il dit que ce sont les dieux de ce monde. »

« En effet. Je souhaiterais vous parler précisément de l'une d'entre eux : Varda. Elle est la créatrice des étoiles, mais aussi la mère d'une Maiar, du nom d'Ilmarë. »

« Attendez, je ne comprends pas tout ! C'est quoi, une… Maiar ? »

« Les Maias sont des esprits puissants qui servent les Valars, les dieux. J'en suis moi-même un, j'accomplis la mission qu'ils m'ont confiée lorsque ce monde fut créé : guider les peuples libres contre les Ténèbres. »

« Une espèce de messager des dieux, en somme ? »

« Exactement. La mission d'Ilmarë est de veiller sur les vierges Maiars, elle les guide et leur rapporte parfois la parole de Varda. Mais ce que peu de gens savent, c'est qu'Ilmarë avait aimé un homme, pendant un temps. »

« Pendant un temps ? »

« Oui, c'est une histoire assez floue. On dit que cela ne s'est pas passé en ce monde, mais dans un autre. Ilmarë était jeune alors, elle explorait le firmament que sa mère Varda avait créé. C'est lors d'une visite sur une étoile lointaine qu'elle s'éprit d'un homme. Elle eut un enfant de lui, mais ne put hélas le garder. Elle repartir en Valinor, le monde des Valars, pour servir loyalement sa mère. Mais elle laissa à son amant un livre dans lequel ses descendants devraient consigner leur histoire et tout ce qu'ils découvriraient. Ce livre renferme le savoir qu'ils ont hérité de leur ancêtre Ilmarë, ils l'ont intitulé L'héritage de Valinor. »

« C'est une belle histoire, triste mais belle, mais je ne vois pas le rapport avec moi », dit Ellora.

« J'y arrive, jeune fille, un peu de patience. Voyez-vous, lorsque Varda apprit ce qui s'était passé pour Ilmarë, elle comprit que le cœur de sa fille finirait par se briser, à force de vivre loin de son amour. Aussi lui fit-elle une promesse : un jour, lorsque notre monde aurait besoin d'aide, le ou la dernière descendante d'Ilmarë reviendrait grâce à la magie du livre afin d'aider les Peuples Libres avec le pouvoir de la Lumière. »

Ellora fronça des sourcils. Gandalf eut un léger sourire et hocha affirmativement de la tête.

« Vous êtes la descendante d'Ilmarë, jeune Ellora. Vous avez du sang des Valars en vous. »

« Non… Vous plaisantez ? C'est une blague ? » dit la jeune fille avec un rire nerveux.

« Oh, non, jamais je ne plaisanterais sur un tel sujet, demoiselle Ellora. Croyez-moi. Tom Bombadil et Baie d'Or vous ont reconnue comme étant l'une des nôtres, vous avez du sang des Valars en vous et votre esprit renferme la sagesse des Maiars, tout comme le mien. Elrond a senti la lumière qui est en vous. Je la sens moi-même, mais si elle est faible, à cause du sang humain qui coule dans vos veines. Mais vous êtes bien une Maiar, sinon, vous ne seriez pas capable de déchiffrer les pages de ce livre, ni de lire dans l'esprit des arbres ou contrer la brume des Galgals. Sans compter le fait que vous pouvez voir Frodon quand il met l'Anneau. Vous avez bien le pouvoir de la Lumière de Varda et Ilmarë, vous pouvez percer les ténèbres du monde des Spectres et voir le porteur de l'Anneau. »

Ellora se prit la tête dans les mains. Une lointaine descendante d'une des plus grandes déesses de la Terre du Milieu, elle ? Non, c'était impossible. Elle fixa Gandalf, le suppliant du regard qu'il renie ce qu'il avait dit, qu'il admette que tout ça n'était qu'une farce, une simple et stupide farce. Pourtant, le vieux magicien avait l'air sérieux. Cette situation ne l'amusait pas du tout.

« Et… cette bague aussi, c'est un héritage de mes ancêtres ? » demanda Ellora en tendant la main vers lui.

Gandalf posa ses yeux sur le bijou et fronça des sourcils.

« Non… Je ne comprends pas, vous portez une bague semblable à mon anneau ? » demanda-t-il en tendant lui aussi la main.

Ellora vit qu'il avait une bague identique à la sienne à son propre doigt.

« Ceci est Narya, l'Anneau de Feu, expliqua le magicien. Il s'agit de l'un des trois anneaux de pouvoir des elfes. Le seigneur Elrond en possède également un, Vilja, l'anneau de l'air. La dame Galadriel de la Lorien possède Nenya, la bague de diamant. »

Complètement perdue, la jeune fille secoua la tête.

« Je ne comprends pas, Gandalf ! Quand je me suis réveillée dans la vieille forêt, j'avais cet anneau, enfin, cette bague au doigt mais elle était… simple, quelconque ! Un vulgaire anneau semi-transparent autour de mon doigt. En plus, il n'arrête pas de changer de couleur et de forme. »

« Il change, dites-vous ? » demanda Gandalf, inquiet.

« Oui ! Quand j'ai voyagé avec les Hobbits dans la Vieille Forêt, elle a pris une vilaine couleur grise et verte. Puis dans les ruines de la tour de garde, elle a viré au gris sale. Et en plus, elle me fait mal quand Frodon met l'Anneau à son doigt. »

« Puis-je voir votre bague ? » demanda Gandalf.

Ellora hésita, puis enleva sa bague et la posa dans la paume tendue du magicien. Dès qu'elle l'eut lâchée, le bijou se changea, redevenant un simple petit anneau de métal semi-transparent où nageaient de petits nuages de couleurs diverses.

Gandalf regarda l'objet un instant, murmura quelque chose dans une langue inconnue puis hocha la tête.

« Cet anneau, jeune demoiselle, est l'œuvre des Valars. Je crois que vos ancêtres ont voulu vous préparer au mieux pour votre arrivée ici. Il canalise votre pouvoir et vous aide à l'utiliser. »

« Ah bon ? Comment ça ? »

« Eh bien… vous disiez que l'anneau changeait de forme dès que vous vous trouviez en présence d'êtres dotés de magie, non ? Les arbres de la Vieille Forêt, les Nazgûls, l'anneau d'Elrond, le mien… Cet anneau vous prévient en quelque sorte, un peu comme une mise en garde pour vous aider. Pour que vous appreniez à voir au-delà des apparences, avec le pouvoir de la Lumière qui est en vous. »

Ellora hocha la tête avec un sourire qui ressemblait plutôt à une grimace. Tout ça la dépassait !

« Bon, je crois que nous avons assez discuté. Vous devez avoir faim, non ? Les Hobbits vont bientôt passer à table, Grand-Pas et Elrond seront avec eux. Que diriez-vous d'aller manger en leur compagnie ? »

Ellora se leva en silence, songeuse. Gandalf lui proposa son bras. Elle l'accepta et le suivit à travers les couloirs de la demeure du seigneur Elfe. Lorsqu'elle arriva dans la salle à manger de la demeure d'Elrond, elle retrouva enfin le sourire. Ses trois amis hobbits discutaient gaiement, Grand-Pas et Elrond étaient attablés avec eux et souriaient, apparemment amusés par une anecdote que l'un d'eux avait dû leur raconter.

« Ah, mam'selle Ellora ! On se demandait quand vous nous rejoindriez ! » dit Sam, tout content.

Ellora lui sourit, mais son sourire était un peu pâle, car elle ne put s'empêcher de regarder Elrond. Il avait donc deviné ce qu'elle avait en elle. Et Grand-Pas ? S'en doutait-il ou non ? À en juger son sourire sincère, non. De toute manière, il l'avait traitée comme une jeune fille ordinaire pendant le voyage, il ne se doutait donc de rien.

Ellora prit place à la table, près des Hobbits. Gandalf prit la dernière chaise inoccupée, puis tout le monde se mit à manger.

« On a demandé au seigneur Elrond quand est-ce qu'on pourrait voir Frodon, mais seul Sam en a le droit, c'est pas juste ! » gémit Pippin.

« Essayez de le comprendre, il est très fatigué et trop de gens autour de lui ne l'aideraient sûrement pas », dit Ellora, essayant de se montrer compréhensive.

« Oh, arrêtez ! Vous parlez comme Elrond et Gandalf ! » gémit Merry.

Ellora fit la grimace. Cette remarque-là ne lui plaisait pas du tout.

« À ce propos, Seigneur Elrond, je me demandais si vous ne devriez pas examiner Ellora », dit Aragorn.

« Pourquoi donc, Estel ? » demanda le seigneur Elfe.

« Eh bien, peu avant notre arrivée à Fondcombe, cette jeune demoiselle a eu un étrange malaise, comme si elle avait subi la même blessure que Frodon. Mais elle s'est vite rétablie. »

Il y eut soudain un tintement de couverts bruyants. Ellora avait lâcha sa fourchette et regardait le Rôdeur avec effroi.

« Mam'selle Ellora ? Vous allez bien ? » demanda Sam.

« Oui, je… Je n'ai plus faim, j'ai besoin d'air, excusez-moi ! » dit Ellora en quittant précipitamment la pièce.

Les Hobbits hésitèrent. Devaient-ils la suivre ? Mais Gandalf leur fit signe d'y renoncer. Lui-même s'en voulait de causer tant de malaises chez cette jeune fille, mais il se doutait de ce qui se passait en elle, en cet instant. Et elle avait besoin d'être seule.

Ellora marcha à travers les couloirs jusqu'à un balcon et, une fois appuyée contre la rambarde, prit plusieurs inspirations avant de retrouver un semblant de calme.

Ce qui était arrivé à Frodon… Elle avait brusquement compris ce qui s'était passé, cela s'emboîtait avec tout ce qu'avait dit Gandalf. L'anneau à son doigt ne faisait pas que changer de forme en présence d'une source de pouvoir quelconque. Il copiait ce pouvoir, il en absorbait une petite partie. Cela faisait monter le niveau de la jeune fille, la Lumière en elle grandissait.

C'est pour cela qu'au fil du temps, elle avait pu voir Frodon quand il mettait l'Anneau. Elle pouvait percer les Ténèbres, comme ses ancêtres Varda et Ilmarë.

« Pourquoi je dois vivre tout ça ? Pourquoi moi ? » demanda Ellora en levant les yeux au ciel, sans trop réfléchir.

Parce que tu es des nôtres, et que l'on a besoin de toi ici, répondit une voix douce et mélodieuse dans sa tête.

Ellora ne put s'empêcher de sursauter. Alors, tout cela était vrai.

Dépitée, elle se prit la tête dans les mains. Génial, elle était une espèce de descendante des dieux venue ici pour aider des inconnus à combattre une force ténébreuse qui la dépassait !

Cela signifiait qu'elle n'était pas prête de rentrer chez elle, du moins, pas avant que tout cela soit fini. Mais quoi, au juste ? Elle l'ignorait, et préférait ne pas le savoir pour le moment.

C'était trop d'émotions en une demi-journée.

Elle décida de se promener un peu, pour se vider l'esprit. Chassant toute idée ou question de sa tête, elle se mit en route à travers Fondcombe.


Et voilà pour ce chapitre ! J'espère avoir répondu à certaines de vos interrogations, déjà. La manière dont l'histoire prend tournure vous satisfait-elle ou pas ?

Ilmarë n'est pas un personnage de mon invention, elle est bien une des enfants de Varda, je l'ai vérifié en me documentant sur la Déesse des Étoiles de la Terre du Milieu. Les Elfes la nomment Elbereth et l'aiment beaucoup car elle a fait briller les étoiles en Terre du Milieu, le jour où les Elfes sont nés.