Chapitre 9 : Le Plongeon de Dionysos
où Bokuto est adorable
Dimanche 18 Septembre
Akaashi restait sans un mot, à regarder l'air incroyablement satisfait qui pouvait se lire sur le visage d'Oikawa. Il ne savait pas s'il était plus surpris par les déclarations du Serpentard que par les moyens mis en œuvre pour obtenir les renseignements souhaités. Comment avait-il pu deviner qu'il aurait une réponse aussi précise ? Quoi qu'il en soit, Akaashi ne pouvait s'empêcher de se sentir impressionné par cet accomplissement alors qu'il regardait distraitement le hibou partir hors de la serre.
Ses yeux revinrent finalement se poser sur Oikawa.
— Comment pouvais-tu savoir que tu aurais cette réponse ?
— Je ne savais pas, avoua-t-il avec un sourire, mais on ne va pas s'en plaindre !
Il laissa Akaashi lire le contenu de la lettre, sans le quitter des yeux. Mais s'il voulait déchiffrer une quelconque réaction sur son visage, il lui faudrait être patient : le Serdaigle mettait à présent un point d'honneur à garder l'expression la plus neutre possible alors qu'il lisait dubitativement le message de l'admirateur.
« Ce serait avec plaisir, mais je ne pense pas que ça soit possible, Yaku m'en empêcherait de toute façon ! ❤ »
Oikawa avait bien raison : la mention du préfet des Gryffondors, Yaku Morisuke, était une preuve irréfutable. Mais après consultation de la réponse, ce n'était pas tant l'intelligence du Serpentard qui était à l'œuvre que la stupidité de l'admirateur pour dévoiler une information si importante... à moins que cette suggestion ne soit intentionnelle, et que la personne se soit enfin décidée à être trouvée. Ou peut-être était-ce là un mensonge, dans le seul but de compliquer son identification.
Dans tous les cas, Akaashi ne cernait pas la logique qui transparaissait dans ces mots écrits à la hâte.
Un Gryffondor...
Il réfléchit quelques instants à cette information et aux différentes possibilités qui s'offraient à lui, avant de chercher à se changer les idées lorsque le même visage s'attardait bien trop longuement dans son esprit. Il reporta son attention sur Oikawa, qui l'observait toujours avec curiosité. Son regard calculateur semblait vouloir sonder les pensées d'Akaashi. Il ne lui ferait pas ce plaisir.
— Je dois donner cette potion au Professeur Yachi, fit-il en désignant les petites fioles.
— Je viens avec toi !
Il le considéra quelques instants avec incrédulité, prit de court par cette détermination quelque peu indésirable. Oikawa évitait ses problèmes, c'était évident. Et Akaashi n'aspirait certainement pas à devenir son meilleur ami de remplacement, ce serait bien trop de travail.
— Tu devrais plutôt aller voir Iwaizumi-san, et t'expliquer avec lui.
— De toute façon là il est avec le Directeur...
Un air agacé se dessina sur les traits du Serpentard, mais il disparut très rapidement avec la fin de sa phrase :
—… et je ne vais tout de même pas laisser mon petit protégé descendre tout seul dans les Cachots !
Oikawa était un très bon menteur, cela ne faisait aucun doute. Si Akaashi était moins habile que son aîné dans l'analyse de son entourage, il pouvait sans mal reconnaître un mensonge. Un mensonge maquillé par un sourire et une voix chantante, mais un mensonge tout de même. Le Serpentard ne se maîtrisait pas aussi aisément qu'à l'habitude, et son attitude d'ordinaire joviale et puérile cachait bien maladroitement sa réluctance à confronter ses préoccupations.
Il avait intérêt à régler son problème avec Iwaizumi, sinon Akaashi craignait le pire pour la stabilité émotionnelle du Capitaine de Serpentard.
Le Serdaigle devait arborer une mine particulièrement désabusée puisqu'Oikawa leva les mains en l'air, voyant que sa mascarade habituelle ne fonctionnait pas, avant d'ajouter :
— Je dois aussi retourner déposer mes affaires de Quidditch dans la Salle Commune.
—… D'accord.
Akaashi ignora l'exclamation de joie qui suivit son consentement blasé, et rangea avec une délicatesse extrême les précieuses fioles dans son sac. Il prit la boîte d'ingrédients dans ses bras et sortit des Serres de Botanique Oikawa sur les talons.
Le bruit ambiant des conversations une fois à l'intérieur du Château favorisa le silence, et le chemin jusqu'aux Cachots commença sans réelle discussion, ce qu'Akaashi n'avait pas souvent l'occasion d'apprécier avec le septième année. Ce dernier sifflotait distraitement l'air d'une chanson que le Serdaigle ne reconnaissait pas, certainement d'origine Moldue. Cela lui était égal. À vrai dire, il était plus affairé à chasser les hypothèses qui affluaient dans son esprit à propos de ce fameux admirateur, car malgré tous ses efforts pour s'en débarrasser, elles persistaient. Et il se trouvait fort agacé par le visage qui lui apparaissait incessamment.
C'était complètement absurde. Mais peut-être...
Akaashi secoua la tête, comme pour tenter d'y déloger ses pensées soudaines. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire de toute façon ? Il s'en moquait éperdument. C'était stupide.
Ils étaient sur le point de traverser le viaduc lorsqu'Oikawa brisa finalement le silence, au grand dam du Serdaigle :
— Tu as une idée de qui ça pourrait être ?
En considérant l'espace d'un instant si le Serpentard pouvait être doté de capacités de Légilimancie, Akaashi tressaillit, et regrettait déjà le silence. Il espérait que le fil de ses pensées ne s'était pas trahi sur les traits de son visage, et il réprima une grimace avant de se décider à répondre :
— Ça pourrait être n'importe qui.
— Eh bien, quelle modestie ! Fais pas cette tête, ajouta-t-il avec un léger rire, je sais que tu ne le disais pas comme ça. Mais tu pourrais, tu sais...
Il resta un instant songeur, un sourire énigmatique sur les lèvres, à contempler l'architecture du Château. Akaashi n'y prêtait que peu d'attention, n'empruntant ce chemin que rarement, mais il fallait admettre que depuis le viaduc, Poudlard apparaissait comme particulièrement imposant.
— Kei-chan, ne t'inquiète pas, déclara-t-il finalement, on va trouver qui c'est !
— Je m'en fiche, marmonna Akaashi en faisant glisser ses doigts contre le rebord de pierre.
— Eh bien moi non !
Tout cela avait l'air de beaucoup l'amuser ; son comportement était bien méconnaissable de son courroux d'il y a presque vingt minutes. Comme si se concentrer sur autre chose lui permettait d'occulter ses propres inquiétudes. Akaashi ne serait que peu étonné si Oikawa usait de cette technique bien plus qu'il n'y paraissait, mais il était bien plus difficile à analyser que Bokuto.
Il chassa rapidement ce dernier de son esprit, peu enclin à l'y laisser plus que nécessaire.
Ils continuèrent jusqu'aux Cachots dans une conversation bien plus plate : quelques banalités sur les différents cours, et aussi la proposition d'Oikawa pour apprendre au Serdaigle les Sortilèges Informulés. Akaashi était satisfait de voir qu'il n'avait pas oublié son offre, et ils se mirent d'accord pour convenir des horaires et des jours qui les arrangeaient tous les deux.
Lorsqu'ils atteignirent le bureau, Oikawa eut l'obligeance de frapper à la porte, puisqu'il n'avait pas les mains prises par une imposante caisse d'ingrédients. Le Professeur Yachi les appela de l'intérieur pour les inviter à entrer, et dès qu'elle aperçut le Capitaine de Serpentard, ses affaires de Quidditch à la main, un air presque sympathique traversa son visage toujours aussi fatigué.
— Bonjour Oikawa. Comment se porte notre équipe de Quidditch ?
— On ne peut mieux Professeur, répondit-il avec son ton de nouveau chantant.
Ses yeux s'arrêtèrent alors sur Akaashi, et son léger sourire s'évapora aussitôt. Elle contempla son élève et la boîte d'ingrédients avec attention, l'air étonnamment grave.
— Alors ?
Le Serdaigle déposa ce qui lui encombrait les mains sur une table vide, puis, il sortit de ses affaires les quelques flacons emplis de l'étrange potion bleue avec grande précaution. Le Professeur les considéra avec beaucoup d'intérêt, comme si elle ne croyait pas en la réussite de son élève.
— Tu y es arrivé ?
— Il me semble oui...
L'air impressionné qu'elle lui offrit satisfit énormément Akaashi, qui ne put empêcher un sourire de paraître sur le bord de ses lèvres. Puis, sans plus accorder d'attention à Oikawa, elle se tourna vers lui pour le congédier de son ton habituel, sévère et froid. Il eut l'air tout d'abord étonné de cette brusque demande, mais finit par obéir, n'ayant pas envie de contrarier sa Directrice de Maison.
— A bientôt, Kei-chan !
— Laisse-moi regarder ces fioles, fit-elle une fois qu'Oikawa eut refermé la porte.
Akaashi les déposa délicatement sur le bureau, et le Professeur commença à en prendre une entre ses doigts pour l'examiner avec beaucoup d'attention. Après avoir inspecté la robe bleue visible à travers le flacon transparent, elle la déboucha doucement, et lorsqu'une fumée de la même couleur commença à s'échapper du récipient, un sourire satisfait reparut sur ses lèvres.
— Je vais faire quelques tests supplémentaires pour m'assurer de ta réussite, mais il me semble que tu y es finalement arrivé !
Elle remit le bouchon du flacon à sa place, le reposa sur son bureau avec les autres, et offrit un regard impressionné au Serdaigle.
— Tu as vraiment un niveau exceptionnel en Potions. Avec si peu d'essais et des indications floues, parvenir à faire une potion aussi complexe... c'est admirable !
Akaashi songea un instant qu'il fallait plutôt louer son acharnement et son aversion pour l'échec, mais il ne put s'empêcher de se sentir gêné devant tant d'éloges de la part de son Professeur. C'était si rare qu'elle se déverse en compliments de cette manière, et il n'y était pas préparé.
— Merci Professeur.
— J'accorde 50 points à Serdaigle.
Cette déclaration lui fit écarquiller les yeux. Tant de points pour une simple fabrication de potion ? Elle était peut-être particulièrement complexe, cela restait quand même un exercice ! Mais finalement, Akaashi commençait à se rendre compte qu'il n'avait aucune idée de la signification de cette curieuse épreuve : était-ce simplement un test d'aptitude ? De quel élixir s'agissait-il ?
Tout cela faisait naître de nombreuses questions dans son esprit exténué par le manque de sommeil et la concentration. Comme s'il avait besoin de plus de mystères...
Son expression devait être comique à en croire le Professeur Yachi, qui eut un léger rire :
— Tu les as mérités après tout, tu dois être très fatigué. Va te reposer maintenant !
Sur ce point, il pouvait difficilement lui donner tort, mais la curiosité animait toujours le courant de ses pensées :
— Professeur, de quelle potion s'agissait-il ?
Elle considéra un instant la question, l'air absent.
— Pourquoi gâcher la surprise ? C'est là tout l'intérêt de l'exercice !
Akaashi n'insista pas plus sur le sujet, parce qu'il était respectueux de ses professeurs et trop fatigué pour ça, mais cette réponse évasive ne fit qu'attiser sa curiosité. Il voulait découvrir la nature de cette potion, mais ce serait apparemment pour un autre jour.
Avant qu'il ne parte du bureau, le Professeur Yachi le retint un instant de plus :
— Oh, et Keiji... dans les semaines à venir je te redemanderais de faire cet exercice, t'en sens-tu capable ?
— Bien sûr, répondit-il avec fierté malgré sa confusion intérieure.
Pourquoi devrait-il refaire cette potion ?
Quand il s'engouffra dans l'escalier en colimaçon pour rejoindre la surface, son manque de sommeil le frappa de plein fouet. Sans objectifs qui l'animaient, cette montée de marches était l'effort de trop. Après tout, il n'avait que très peu dormi, et la frustration de son échec ne l'avait pas aidé à passer une bonne nuit. Pourtant, Akaashi chérissait beaucoup son temps de sommeil.
Prendre le reste de son dimanche pour faire la sieste lui semblait envisageable. Très tentant même.
Cependant, la promesse qu'il avait faite à Bokuto lui revint à l'esprit. Il lui avait assuré qu'ils s'exerceraient ensemble au Quidditch ce week-end, et si le Professeur Yachi ne les avait pas interrompus, ils se seraient entraînés hier. Mais quelle heure était-il exactement ? Midi était sûrement passé, et cela n'étonnait pas Akaashi si le déjeuner était déjà terminé. Cela le laissait indifférent pour le moment : sa faim n'égalait certainement pas sa fatigue.
Son désir de se réfugier pour le reste de la journée sous ses draps restait très présent dans son esprit, mais il se sentait un peu coupable. Il devait assumer ses choix, et Akaashi avait fait une promesse. Non sans un soupir de lassitude, il se dirigea vers le Stade de Quidditch.
Comme aucune équipe ne s'entraînait en début d'après-midi le dimanche, le terrain devait donc être libre. Peut-être que Bokuto y serait déjà ? Cela ne l'étonnerait guère.
Après sa déambulation indolente dans l'enceinte de l'école, il rejoignit de nouveau l'extérieur du Château, par le même chemin qu'il avait pris quelques minutes auparavant en compagnie d'Oikawa. Il put au passage constater que le repas était d'ores et déjà terminé, et il continua son itinéraire.
Il n'avait pas le cœur de monter jusqu'à la Tour des Serdaigles pour chercher ses affaires de Quidditch, et décida alors qu'il prendrait l'équipement qui traînait dans les coffres des vestiaires ; il devrait s'en accommoder le temps d'une session d'entraînement.
Il passa devant les Serres, devant la Volière, et marcha jusqu'à l'enceinte du Terrain. La douleur qu'il ressentait dans les jambes lui fit remarquer à quel point cette école était absurdement immense.
La zone réservée au Quidditch était vide, ce qui était étonnant si l'on considérait le nombre d'élèves obsédés par ce sport. Akaashi prit la décision d'aller se changer et d'attendre dix minutes. Si personne ne se présentait d'ici ce délai, il partirait et irait finalement dormir bien au chaud.
Il s'endormit, adossé contre un des anneaux du Terrain, bien avant que les dix minutes ne se soient écoulées.
Il fut tiré de son sommeil momentané par une main qui lui secoua légèrement l'épaule.
— Akaashi...
Si cela se voulait silencieux, c'était un échec. Les chuchotements de Bokuto étaient eux aussi bien trop bruyants, et Akaashi n'avait pas besoin d'être parfaitement éveillé pour reconnaître sa voix, même les yeux fermés.
Il eut à peine le temps de les ouvrir progressivement et de rassembler ses esprits qu'il entendait déjà Bokuto, accroupi près de lui, commencer à déblatérer à son rythme habituel :
— Je ne savais pas que tu étais ici ! Je t'ai pas vu dans la Grande Salle pour le déjeuner donc je pensais que tu étais encore au Club de Potions, mais t'y étais pas... tu attends depuis longtemps ? Je suis désolé !
Il s'arrêta un instant, sembla se souvenir qu'il tenait quelque chose dans sa main, celle qui n'était pas sur l'épaule d'Akaashi, et le lui tendit.
— Tiens, je t'ai ramené ça. Je sais pas si tu as déjà mangé... mais voilà !
Il déposa doucement l'élément empaqueté dans une serviette dans la paume du Serdaigle, qui n'avait pas encore eu le temps de comprendre toutes les divagations de Bokuto pour lui couper la parole. Il inspecta ses mains, l'esprit toujours embrumé par les restes de son sommeil, avant de décider de porter son attention sur le présent : une part de tourte à la viande, qui venait assurément du repas qu'il avait manqué.
— Merci, Bokuto-san, fit-il en retrouvant sa voix.
Il n'avait pas de couverts pour pouvoir manger correctement, mais il allait devoir s'en contenter. C'était déjà quelque chose.
Bokuto lui répondit d'un grand sourire, cet habituel rayonnement dont Akaashi était si souvent le témoin.
— C'est pas grand-chose... mais vas-y, mange ! Je vais me changer en attendant !
Le Serdaigle acquiesça sans un mot, et commença à manger sa tourte froide, toujours adossé contre l'anneau central. Sa fatigue lui avait presque fait oublier à quel point il avait faim, et même si son appétit ne l'avait pas spécialement rappelé à l'ordre, la nourriture était plus que bienvenue. Au moins, il reprenait des forces pour l'entraînement à venir.
De plus, l'attention de Bokuto était très appréciable. Akaashi avait tellement pour habitude de s'occuper de lui, lors de ses cours de soutien en Potions, qu'il était surpris de ce geste. C'était un retournement de situation agréable. Peut-être déjà vu, mais...
Et si... ?
Non, Oikawa lui avait bien trop monté la tête avec toute cette histoire. Et sa fatigue ne l'aidait pas à penser clairement. Il fallait qu'il se reprenne.
Cela ne l'empêcha pas d'observer Bokuto avec une attention curieuse lorsqu'il reparut sur le terrain, vêtu de sa tenue de Quidditch.
Le Serdaigle ramassa le balai d'emprunt qui gisait à côté de lui avant de décider de se lever, assez péniblement. Ce fut en voyant l'enthousiasme débordant de Bokuto, qui bouillonnait d'impatience, qu'il réalisa que lui n'en avait pas du tout. Mais il devrait bien faire avec. En connaissant l'amour de Bokuto pour le Quidditch, ils seraient sûrement là jusqu'à ce qu'ils soient congédiés de force.
Il avait tellement la flemme... Mais une idée lui vint à l'esprit.
— Tu voulais faire quelque chose en particulier, Bokuto-san ?
— hm... m'entraîner sur les tirs surtout, enfin la routine pour un Poursuiveur quoi...
Akaashi réfléchit rapidement sur ce qu'il pouvait lui faire faire, sans se fatiguer lui même. Une technique de Quidditch, découverte pendant un match auquel il avait assisté avec ses parents, lui vint alors à l'esprit :
— Tu connais le Plongeon de Dionysos ?
— Non, s'exclama-t-il avec excitation, c'est quoi ?
Akaashi ferma les yeux pour se remémorer le mouvement en question. Cela n'allait pas être facile, mais au moins cela occuperait Bokuto.
— Le Poursuiveur doit lancer le Souafle en l'air, et le frapper de sa main pour tirer dans les anneaux. Je ne peux pas te montrer, je n'y suis jamais arrivé, mais...
— C'est comme au volley en fait !
Akaashi regarda Bokuto avec curiosité.
— Au quoi ?
— C'est un sport Moldu. C'est vraiment génial, peut-être pas autant que le Quidditch, mais presque !
Le Serdaigle considéra un instant ces propos. Il n'avait jamais prêté beaucoup d'attention à la culture Moldue, mais cette société avait l'air d'avoir beaucoup plus de sports que les sorciers. Bokuto avait de la chance de les connaître, et peut-être de pouvoir y jouer, étant donné qu'il était né de parents sans magie.
— En tout cas, reprit Akaashi, tu pourras sûrement le faire, ça ne devrait pas être trop compliqué pour toi. Tu pourrais être un très bon Batteur donc j'imagine que...
Il aurait dû se méfier de l'incompréhension qu'il lisait à présent sur le visage de Bokuto.
— Ah bon, pourquoi ça ?
— Ben, parce que...
Même dans sa tête la réponse lui semblait incroyablement stupide, et il se contenta alors de désigner les bras musclés du Gryffondor, en espérant qu'il comprenne l'insinuation. Il priait également pour que la chaleur qu'il sentait sur ses joues ne fût que pure imagination, et il détestait l'air que Bokuto arborait à présent, un air toujours rempli de confusion, la tête légèrement inclinée sur le côté. Il n'avait vraiment pas compris ou il voulait le lui faire dire ?
Akaashi préféra alors changer de tactique.
— Parce que cette technique ne devrait pas poser un problème à un joueur de ton niveau, Bokuto-san.
La flatterie marchait toujours très bien sur lui, et de cette manière il pouvait éviter la question sans difficulté.
— Oh ! Il faut trop que j'essaie ! T'es le meilleur Akaashi, à connaître ce genre de technique ! On peut essayer maintenant ?
Akaashi répondit au sourire de Bokuto d'un haussement d'épaules qui se voulait nonchalant, puis il enfourcha son balai pour s'élever dans les airs.
Sentir ses jambes dans le vide était très agréable. Il en avait perdu l'habitude avec son Nimbus 2001 qui possédait un étrier, mais cette sensation apaisait fortement sa fatigue musculaire, et il pouvait les balancer mollement tandis qu'il gagnait de l'altitude. Cela lui donnait l'occasion de se reposer légèrement, même si le vent qui s'engouffrait dans sa tenue en faisant voler sa cape autour de lui lui valait de violents frissons le long de son échine.
Bokuto avait amené le matériel avec lui, heureusement d'ailleurs, parce que lui-même n'y avait pas pensé.
La principale occupation d'Akaashi lors de cet entraînement consistait ainsi à passer le Souafle à l'autre Poursuiveur, pour qu'il effectue cette fameuse technique, et à analyser son comportement pour lui dire ce qu'il devait améliorer. Oui, donc à regarder Bokuto faire du Quidditch. Il n'allait pas s'en plaindre.
Les premiers essais furent particulièrement laborieux, car le mouvement requérait une certaine concentration en plus d'une coordination maîtrisée pour que le Souafle soit lancé et frappé correctement par Bokuto. Le plus dur étant encore de le faire passer au travers des anneaux. Akaashi ne s'en faisait pas vraiment, il savait qu'il avait les capacités pour réussir, et il était extrêmement déterminé.
Il l'encourageait à chaque échec ou tir proche de la cible pour éviter qu'il se laisse abattre, mais cela ne semblait même pas être la peine. À chaque raté, il redemandait aussitôt une passe, la mine résolue.
Après de multiples essais qui gagnaient en précision au rythme de l'entraînement, Bokuto parvint à lancer correctement le Souafle en l'air, avant de le frapper d'une telle force qu'il traversa l'anneau central sans qu'Akaashi eût le temps de s'en rendre compte.
Le bruit sourd que produisit le contact de sa main contre le Souafle arracha un sursaut au Serdaigle, et il dut avouer que c'était incroyable. Bien évidemment, Bokuto ne possédait pas l'allant d'un joueur professionnel habitué à ces tirs, et aucun Gardien n'était là pour défendre les anneaux, mais c'était… incroyable.
L'éloquence de ses pensées agaça Akaashi.
Il fut toutefois distrait de ses considérations par l'exclamation victorieuse de Bokuto, qui leva son poing en l'air avant de se retourner vers lui et de voler dans sa direction :
— Tu as vu ça Akaashi ? T'as vu ?
— Oui, j'ai vu. C'était impressionnant.
— On peut recommencer ?
Il soupira devant le regard suppliant du Gryffondor, et céda à sa requête à cause de son extrême faiblesse. Il irait dormir très tôt ce soir s'il voulait survivre demain matin, mais la joie qui irradiait de Bokuto l'avait convaincu. Il ne saurait dire si la raison de cette félicité venait plus de la pratique du Quidditch que de sa présence, mais il était trop fatigué pour y réfléchir décemment. C'était stupide de toute manière.
Akaashi descendit reprendre le Souafle pour le lui lancer de nouveau, en se disant que finalement, cela ne le dérangeait pas plus que cela de regarder Bokuto jouer. Au contraire.
Pour ceux qui sont curieux, la technique qu'apprend Akaashi à Bokuto vient du jeu vidéo "Harry Potter et la coupe du monde de Quidditch", et ça ressemble vaguement à ça:
(bon le lien du gif ne marche pas, mais checkez sur ao3 là le lien marche ! :D )
En beaucoup moins exagéré parce que wtf quand même xD
Merci d'avoir lu !
