Bonjour les enfants… Bonne année, bonne santé, et surtout de la réussite… ! Je me doute que vous commenciez à croire que je ne posterai jamais de suite. J'ai moi-même eu des moments où je voulais tout abandonner. Cependant en tant que lectrice j'aime que les auteurs finissent leurs histoires, et puis je vous devais bien ça !

Un grand merci pour tous vos messages qui m'ont fait énormément plaisir. J'espère que la suite vous plaira. Je suis sincèrement désolée de ne pas avoir posté ni durant les vacances d'été ensuite… Je pensais avoir le temps mais l'inspiration m'a fuit… Enfin, ça n'excuse pas grand-chose : ça va quand même bientôt faire 6 mois que l'histoire traine… Mais je ne voulais pas vous poster un chapitre écrit à la va-vite sans le moindre fondement. Alors voilà ! J'espère que ça ira, que vous ne serez pas déçu ni rien…

PS : Je reprends l'intrigue un peu avant les 8 mois annoncés dans le précédent chapitre, mais normalement ça ne changera pas grand-chose. Un chapitre très centré sur la relation qu'entretiennent Choji et Temari… J'avoue qu'il ne se passe pas grand-chose… mais il est nécessaire !

PS2 : Je vous conseil d'écouter : « Dante s'Prayer » de Loreena McKennitt à la fin du chapitre. Vous la trouverez sur Youtube en cherchant le titre suivit de son nom, elle dure 7 minutes et une dizaine de secondes (j'ai vérifié c'est la bonne ^^) J'ai indiqué quand commencer l'écoute ; j'ai écrit la scène en l'écoutant (notamment)… Sur ce… Bonne lecture !


Nuit du vendredi 27 Février, 7 mois après la mort de Shikamaru, Konoha.

Choji s'essuya le front du revers de sa manche : ils avaient enfin fini, les derniers clients venaient de quitter l'établissement. Entendant sa mère en cuisine commencer à ranger les assiettes dans le lave-vaisselle il attrapa un balai et commença à nettoyer la salle.

Son père qui jusque là s'occupait de ranger ses ustensiles de cuisine vint lui prêter main forte. Tour à tour il ferma tout les rideaux de la salle et verrouilla la porte. Il s'avançait vers son fils pour l'aider quand un bruit de verre brisé retentit.

« - Putain de bordel de merde ! »

Les deux hommes échangèrent un regard amusé, leur assistante du jour faisait encore des siennes… Bien que Temari se soit proposée d'elle-même pour les aider en cette soirée de fête, elle n'avait cessé de pester. Elle avait commencé la soirée en salle, mais aux premiers clients elle s'était trouvée incapable de répéter l'intégralité de leur commande. Elle avait alors refusé de quitter les cuisines préférant les aider lui et son père que de risquer de mélanger les commandes des différentes tables.

Tout c'était décidé en début de semaine : elle avait proposé au garçon de passé la soirée avec elle mais il avait refusé, trop de travail les attendaient au restaurant. Sur un coup de tête l'avocate avait décidé de venir leur prêter main forte. Ils avaient prévu, après le service d'aller admirer le ciel nocturne ensemble. Une pluie d'étoiles filantes avait été annoncée pour la nuit et l'événement très médiatisé avait rapidement conquis la population.

Le nettoyage de la salle fut vite bouclé, Choji et son père retournèrent donc en cuisine pour y découvrir la jeune femme en train de ramasser des débris de verres et d'assiettes sur le sol. D'un commun accord Choji l'aida, non sans s'être moqué au préalable, tandis que son père prêtait main forte à son épouse.

OoOoO

Assis sur la terrasse de la maison des Akimichi, Choji et Temari regardaient paisiblement le ciel. Trop fatigués pour rejoindre ceux de leur âge au bord de la rivière ils s'étaient réfugiés dans la maison familiale afin de se reposer.

Le cuisinier étudia sa compagne du regard : le visage rendu pale à la lueur de la lune elle avait l'air exténué. La voir ainsi lui rappela un des événements qui les avaient rapprochés, quelques mois après la mort de Shikamaru.

OoOoO

Il avait eu beau travailler toute la journée et une partie de la nuit à l'élaboration de ses plats le sommeil le fuyait. Après plus d'une heure à tourner et virer dans son lit, il avait décidé d'aller faire un tour l'automne touchait à sa fin et inéluctablement l'hiver s'installait, il avait donc enfilé un blouson bien chaud pour se protéger du froid et du vent.

Il avait marche deux heures durant et ses pas l'avaient mené successivement sur le toit d'une maison, dans un parc municipal, devant son ancien lycée, dans une rue dite « de la soif » où se trouvait un bar qu'il affectionnait, et il avait fini par s'arrêter au bout de la rue Homura, là où avait grandit son meilleur ami : Shikamaru Nara. Tous ces lieux chers à son cœur en raison des moments qu'ils y avaient vécu.

A sa grande surprise la rue n'était pas déserte : assise sur le trottoir une jeune femme regardait fixement l'avenue sur laquelle la rue débouchait. Choji avait eu beau inspecter le carrefour qu'elle fixait il n'avait rien vu. Il s'était alors approché d'elle pour découvrir qu'il la connaissait. Grelottant avec pour seul vêtement un débardeur et un short Temari n'avait d'yeux que pour le vide du carrefour. Il avait eu un sourire triste : il n'était pas le seul à souffrir de la disparition de son ami.

Sachant qu'elle ne rentrerait pas d'elle-même il avait prit la blonde dans ses bras constatant que sa récente minceur n'était pas « qu'un effet d'optique du à ses vêtements » comme elle le lui avait dit. Après l'avoir déposé sur le canapé il était allé préparer deux infusions dans la cuisine remarquant qu'elle semblait à l'abandon avec ses cadavres de boites sur le plan de travail, sa poubelle débordantes, son monceau de vaisselle en attente, ses placards vide de nourriture, et ses volets battant au vent.

Ce soir là il s'était fait la promesse de ne plus oublier qu'il n'était pas seul en deuil. Et à partir de ce jour il était passé plus régulièrement voir la jeune femme nouant peu à peu une amitié.

OoOoO

Temari se pelotonna dans les bras qui l'entouraient ils avaient veillé tard et l'un comme l'autre étaient trop fatigués pour prendre le volant. D'un commun accord ils avaient décidé de partager le même lit : déplier le canapé de la chambre d'ami aurait demandé trop d'efforts et après tout, ils avaient déjà dormi ensemble, ça ne changeait rien à leur relation.

« - Bonne nuit Tem'.

- Dors bien grand bonhomme. »

Elle déposa un chaste baiser sur sa joue et ferma les yeux. Elle était en sécurité : aucuns cauchemars ne viendraient la réveiller avec lui pour la protéger.

Mars, 8 mois après la mort de Shikamaru.

Mardi 2 Mars

Malgré la profusion de plats posés sur la table face à lui Choji n'avait presque rien avalé du repas en réalité aucun des quatre convives n'avait vraiment mangé : ils avaient été trop préoccupés par le sujet qui les réunissait. Le cuisinier soupira tout en s'enfonçant dans son siège, il était fatigué, la situation n'avait fait qu'empirer avec les mois et aujourd'hui il se sentait plus qu'incompétent. Il adressa un regard interrogateur à l'homme face à lui.

« - Je crois que nous n'avons plus le choix…. Il faut faire quelque chose, ça se dégrade et d'ici peu on ne pourra plus rien faire…

- Mais… On a déjà essayé plusieurs fois… » Hasarda une voix enfantine.

« - Je refuse de rester comme ça les bras croisés ! » Ragea l'homme.

Choji l'examina un instant, ses points serrés reposaient sur la table, sa mâchoire contracté lui donnait un aire dur mais ses yeux laissaient deviner derrière sa colère une grande tristesse. Sa voisine de table stoppa son examen :

« - Si nous sommes ici c'est pour décidé ce que nous allons faire, n'imagine pas que tu es le seul à te faire du souci… » Elle adressa aux autres un maigre sourire et reprit : « On habite loin, je vous l'accorde, mais nous aussi on est concerné… Avant de venir on en a beaucoup parlé, et on a conclu que la première chose à faire c'était de la sortir de ce mouroir…

- On n'y avait pas pensé tien… » Grogna l'homme face à L'Akimichi.

« - Ne soit pas désagréable, » tempéra ce dernier « Figure toi qu'on n'arrête pas d'essayer, mais on n'arrive pas à lui faire entendre raison… Et puis, le notaire nous a clairement expliqué que tant que nous n'aurions aucunes preuves tangibles de…

- De sa mort... » Termina la jeune femme timide. « Et bien, aucune procédure ne pourra être lancée, elle peut donc occuper la maison tant qu'elle le souhaite… Juridiquement… Shikamaru est seulement porté disparu…

- Alors on n'a qu'à la bruler cette putain de baraque! » Trancha rageusement l'homme. Choji lui jeta un regard agressif avant d'interférer :

« - Si tu redis une connerie pareille Hyuga je te fou mon point dans la gueule ! »

Le brun face à lui arqua un sourcil et croisa les bras dans une position de défi. Les deux hommes s'affrontèrent du regard. La voisine de Choji mit fin à la tension en reprenant la parole :

« - Ecoutez, il est hors de question qu'on détruise la maison de Shikamaru, alors calme toi Choji quant à toi Neji, cesse de faire le gamin, ça ne va pas nous avancer ! » Elle chercha l'accord de ses paires et tous hochèrent la tête. « Avec Gaara nous avons gardé contacte avec les parents de Temari, ils se font aussi beaucoup de souci et ils sont prêts à nous soutenir dans toutes nos tentatives…

- Asuma et Kurenai aussi… » Ajouta le cuisinier.

« - Je… J'ai pris la liberté de visiter deux appartements avec Naruto… Il y en a un qui pourrait convenir…

- Tu as toute notre attention Hinata. » L'encouragea l'autre femme.

« - Il est situé dans le quartier ouest de la ville, à moins d'une demi heure à pied du cabinet… C'est au rez-de-chaussée et il dispose d'un petit jardin…

- Et on lui propose ça comment ? ''On a vu un super petit appartement, mignon comme tout, ça te dirais pas d'aller y vivre ? '' Non, franchement ? » Ragea le Hyuga.

« - Moi et Gaara nous chargeons de ça. On vient passer une semaine ici en avril, Hinata, continue tes recherches, Choji… Elle a besoin de toi…

- Et j'ai besoin d'elle… » L'Akimichi poussa un léger soupir. « Elle est tout ce qui me reste… Et… On se comprend tout les deux… Je lui parlerais aussi. J'ai une idée… »

Les deux femmes acquiescèrent : son avis comptait énormément aux yeux de leur amie, il saurait la convaincre mieux que personne. Tenten adressa un sourire volontaire aux autres convives et tapa dans ses mains :

« - Bon ! Je déclare solennellement l'opération ''Il faut sauver Temari'' ouverte ! »

Vendredi 19 Mars

Neji ne la quittait pas des yeux. Assise à coté d'un vieux dinosaure du tribunal de Konoha, Temari rayonnait. Ses sourires, aussi faux et forcés qu'ils soient, avaient le don de fasciner les hommes autour de la table à laquelle ils se trouvaient, et il n'échappait pas à la règle. Comme régulièrement depuis qu'ils se connaissaient, il l'avait convié à un diner auquel il était mieux vu d'être accompagné par une femme.

Quand il était passé la chercher chez elle il n'avait su quoi dire, elle avait revêtu une robe noir au profond décolleté, ses formes misent ainsi en valeur l'avait fait rougir lui qui d'habitude restait de marbre en toutes situations. Alors il s'était contenté de lui tenir la porte et de lui sourire : peut être un jour les mots lui viendraient. Ils avaient à peine eu le temps de parler durant le trajet qu'elle lui avait été arrachée à leur arrivée à la réception par une horde de petite amies et épouses en manque de ragot.

Il ne l'avait revu qu'une fois à table où elle avait été placée face à lui, et là encore ses deux voisins masculins la monopolisaient.

Neji n'avait jamais songé à se marier, aucune des femmes qu'il avait fréquenté ne lui avaient paru être la bonne, alors il continuait à attendre, à quoi bon se presser ? En réalité il avait déjà trouvé sa femme « idéale » mais elle ne l'avait jamais aimé, et ne l'aimerait peut-être jamais. Il s'était résigné depuis longtemps, et continuait à la fréquenter comme l'amie qu'elle resterait. Bien sur depuis la tragique disparition de son petit ami il avait quelque peu reprit espoir mais elle restait désespérément attachée à ses souvenirs.

Perdu dans ses pensées il se rendit compte que sa compagne le fixait avec insistance depuis quelques minutes, esquissant un léger sourire avant de s'intéressé au contenu de son assiette. Quelques secondes plus tard il masqua un sursaut quand il senti un pied entrer en contacte avec sa jambe, il releva derechef les yeux pour voir la demoiselle étouffer un rire.

Fronçant les sourcils il vérifia que personne ne l'avait aperçu perdre ses moyens une fois son inspection faite il reporta son attention sur la blonde. Les joues rosies par l'alcool, un verre de vin blanc à la main, elle le fixait sensuellement ignorant royalement son voisin de gauche qui tentait pourtant d'attirer son regard. Ce n'était pas la première fois que sous les effets de l'alcool elle se conduisait de manière… Aguicheuse. Mais c'était la première fois qu'elle le faisait en public.

Un mois plus tôt ils s'étaient rendus à un cocktail où un punch traitre avait eu raison de l'avocate. Ils étaient parti peu de temps après minuit, fort tôt selon leur hôte, juste à temps de l'avis du Hyuga : un soit disant artiste, blond de surcroit, semblait plus qu'intéressé par l'avocate. En deux t-en trois mouvements Neji avait galamment sauvée sa cavalière : un bon coup de point et une promesse de mort avait réussis à décourager l'inopportun. C'est de cette manière qu'il s'était retrouvé avec une Temari quelque peu éméchée à bord de sa voiture… Il lui avait fallu toute sa volonté pour la déposer chez elle, et tout son self contrôle pour ne pas céder à ses avances.

Le samedi précédent il avait à nouveau faillit céder à son désire quand elle l'avait embrassé sur le pas de sa porte pour le remercier de l'avoir reconduite chez elle. Ils avaient simplement passé la soirée chez Naruto et Hinata, et cet idiot avait eu l'idée de lancer un concours de boisson. Temari forte tête avait voulu se mesuré au blond… C'est de cette manière, que lui Neji Hyuga, s'était retrouvé dos à une porte, embrassé presque contre son gré par la femme qu'il désirait. Mais bonne éducation oblige il n'avait pas profité de la situation.

Neji poussa un imperceptible soupire : l'alcool n'allait pas à Temari No Sabaku… Bien qu'il la rende encore plus désirable… Il reposa ses couvert et passa une de ses mains sous la table, il attrapa le pied de la jeune femme pour le repousser. Elle lui adressa une grimasse pour ensuite se tourner vers son voisin et lui adresser un sourire hypocrite, le pauvre homme tomba dans le piège et rayonnant de joie il engagea la conversation.

Quand enfin le diner se termina ils durent supporter les adieux mielleux d'hommes et des harpies qui leur servaient de femme avant d'enfin pouvoir s'éclipser. Une fois dans la voiture, Temari poussa un soupire exaspéré :

« - Ce qu'ils peuvent être barbant tout ces vieux cons !

- Hum… Tu m'avais pourtant l'air passionné lors de ta conversation avec Keï…

- On se serait plus amusé avec Naruto et Hinata…

- Oui… Soirée jeu vidéo, c'est passionnant c'est sur… » Grinça le brun en démarrant.

Quelques minutes passèrent sans qu'aucun des deux ne prennent la parole, le Hyuga concentré sur sa conduite tandis que le jeune femme dodelinait de la tête. Quand ils furent devant la maison de l'avocate, Neji coupa le moteur pour se tourner vers elle : le regard hagard et la tête contre la vitre elle ressemblait à une petite fille dans un corps d'adulte. Temari tourna doucement la tête vers lui et avec un sourire timide elle lui demanda :

« - Pourquoi tu veux pas de moi… ? »

Le conducteur ouvrit la bouche et la referma, il laissa passé quelques seconde et hésita :

« - Ce… Ne pense pas que je ne t'apprécie pas… Je… Tu comptes pour moi… Mais tu es ivre… » Elle grimaça et voulu répondre mais il la coupa : « Disons que tu n'es pas en pleine possession de tes moyens… Et… Tu… Tu ne m'aime pas… Enfin tu ne m'aime pas moi… » Il soupira. « Et… je ne veux pas me mesurer à lui… La bataille ne serait pas équitable… Alors soyons amis, s'il te plait… »

Les yeux brillants la juriste ne le quittait pas des yeux, lui tenait fermement son volant et regardait droit devant lui. Elle ouvrit sa portière mais se ravisa, elle se pencha vers l'homme et déposa un baisé humide sur sa joue pâle. Il ne bougea pas et elle sorti de la voiture. Alors qu'il redémarrait elle toqua à la vitre passager, dans un soupire il la baissa :

« - J'aurais voulu te rencontrer dans une autre vie… Je sais que je t'aurais aimer… » Elle tourna les talons et alors qu'elle s'avançait dans l'allée vers sa porte il lui répondit :

« - Dimanche soir prochain Hinata organise une soirée pour fêtez vos vacances et l'arrivée de Tenten et Gaara… On s'y verra… »

La blonde se retourna et acquiesça, il lui répondit en lui adressant un demi sourire et quitta son stationnement en faisant rugir le moteur de son coupé.

Samedi 20 Mars

Temari s'affala sur une banquette en poussant un profond soupir, du fond de la cuisine lui parvenait le bruit des assiettes qui s'entrechoquent et des couverts qui se heurtent. La salle sombre seulement éclairée par la lumière de la rue avait quelques chose de réconfortant, elle se sentait chez elle dans le restaurant des Akimichi.

Depuis l'encadrement de la porte Choji regardait la jeune femme, elle avait prit l'habitude de passer le samedi en fin de soirée pour le voir à la fin du service, et depuis trois mois ce rituel rythmait leurs semaines. Temari releva la tête et croisa le regard du garçon, aucun d'eux n'eu le courage de sourire, ensemble ils n'avaient pas besoin de faire semblant. Ils étaient fatigués de toujours afficher une mine sereine, épuiser de toujours répondre par l'affirmative quand on prenait de leur nouvelles.

De par son caractère effacé, Choji avait caché facilement sa mélancolie, seul ses parents et Temari réussissaient à deviner sa douleur. L'avocate quant à elle, avait plus de mal à cacher son état, d'habitude joyeuse et extravertie, la mort de son compagnon l'avait plongée dans un état second, végétatif.

« - Faut qu'on parle. »

A ces mots la blonde grogna et laissa retomber sa tête sur la table. Démotivé, Choji prit le temps de servir deux petits bols de saké avant de rejoindre son amie à la table. Une fois assis face à elle il disposa les deux ramequins entre eux quelques minutes passèrent pendant lesquelles ni l'un ni l'autre ne bougea. Enfin, sentant que la demoiselle ne prendrait pas les devant le cuisinier se racla la gorge :

« - Ecoute… J'ai parlé avec Tenten et… »

La blonde toujours affaissée releva la tête au nom de son amie, elle arqua un sourcil mais ne pipa mot laissant le garçon continuer :

« - Et… Elle se fait du souci… On se fait du souci… »

Choji esquissa un sourire contrit, il se doutait de ce qui allait suivre, Temari n'avait jamais aimé qu'on se mêle de ses affaires, qui plus est depuis la disparition de son compagnon. Malheureusement elle ne lui laissait plus le choix et il s'était préparé à en découdre, pour son bien.

Comme il s'y était attendu son amie se releva droite dans son siège, les yeux noirs de colères elle le toisa du regard :

« - Et tu vas me dire quoi ? Que je dois me reprendre, qu'il ne faut pas me laisser aller ? »

Son ton agressif n'avait pas surprit le garçon il resta de marbre tandis qu'elle continuait à persifler :

« - Mais bordel de merde, Choji ! Je le sais tout ça ! Je sais que ça ne changera rien, que vivre dans le passé ne le ramènera pas ! Mais je ne peux pas ! Tu comprends ? Je ne peux pas faire comme si de rien n'était ! Je ne peux pas vivre comme si il n'avait jamais existé, comme si on n'avait rien vécu ensemble ! Tu comprends… ? »

Sa dernière phrase n'était qu'un murmure, à la regarder ainsi le cœur de Choji se serra, mais il réattaqua.

« - Je ne te demande pas d'oublier… Je veux juste que tu vives, il n'aurait pas voulu ça…

- MAIS T'ES QUI POUR DIRE CE QU'IL AURAIT VOULU OU NON ! » Hurla t-elle.

Elle se leva en frappant la table de ses poings, dans sa fureur elle envoya valser son verre de saké. Le cuisinier poussa un soupire, attrapa son propre verre et l'avala cul sec. Il inspira plusieurs fois, ravalant par la même occasion quelques larmes, avant de faire face à la juriste. Du haut de sa frêle silhouette elle le toisait rageusement. Le cuisinier se leva pour lui faire face il tenta de sourire :

« - Tu as raison… Je ne suis personne. J'étais juste ami, mais ça c'était avant qu'il ne disparaisse, ça compte pas vraiment, hein ? »

Elle ouvrit la bouche mais il ne la laissa pas parler :

« - Tu crois être la seule à souffrir ? Le jour où tu as perdu l'homme que tu aimais, moi j'ai perdu mon frère, le seul ami que j'ai jamais eu, le seul sur qui j'ai pu compter. Alors oui, tu as raison, je ne suis personne et je ne peux pas dire ce qu'il voudrait que tu fasses ou non. Mais je peux te dire une chose, il a beau ne jamais te l'avoir dit il t'aimait, et je peux t'assurer une chose ma grande : c'est que quand on aime quelqu'un on ne veut pas le voir dépérir ! Et encore moins le voir mourir par amour pour nous ! »

Il croisa les bras et toisa la jeune femme du regard, elle avait baissé la tête au fur et à mesure qu'il parlait, pour finalement lui laisser voir ses seuls cheveux. Il attendit quelques secondes voir si elle répondait mais rien ne vint.

« - Ecoute, je suis ton ami, moi aussi je l'aimais, et moi aussi je suis mal… Mais je me suis dit que… »

Son verre à la main il se baissa pour ramasser petit bol de la blonde, il les posa sur la table avant d'aller chercher une bouteille derrière le bar.

« - Je me suis dis, qu'ensemble, on pourrait essayer de se battre, pour vivre et faire honneur à sa mémoire… Je me suis dit qu'ensemble on serait plus fort… »

Tout en parlant il revint à leur table pour leur verser de quoi boire. L'avocate toujours debout renifla et attrapa son verre qu'elle avala d'une traite. Choji en fit de même avant de les remplir à nouveau. Il vint s'assoir à coté d'elle et la prit dans ses bras. Temari se laissa faire, réchauffée par l'étreinte fraternelle de l'homme.

« - Tu sais… J'ai pas mal réfléchi… Vivre seule ne te réussit pas… Et moi… Disons que vivre dans le même corps de bâtiment que mes parents à presque 26 ans… ça craint. Alors je me suis dis que… Toi et moi on…

- On pourrait vivre ensemble… ? » Tenta t-elle d'une petite voix.

« - Bin… Ouai… En tout bien tout honneur hein ? » Il se gratta la tête nerveusement.

« - Mais…

- Hum… ? T'as peur de pas pouvoir me supporter ?

- Non ! Non, voyons ! C'est plutôt le contraire…

- Ne t'inquiète pas pour ça… »

Ils échangèrent un sourire.

« - Alors… Dans l'idée… ?

- Laisse moi un peu de temps pour y réfléchir mais… Vivre avec un cuistot a ses avantages… » Elle grimaça « Non, plus sérieusement… Je… Oui… ça me ferait très plaisir d'être plus souvent avec toi… »

Jeudi 9 avril, 9 mois après la mort de Shikamaru.

Tremblante de tous ses membres elle sillonnait le couloir de long en large depuis presque dix minutes jetant des regards assassins aux murs qui l'entouraient. Par chance le cabinet était presque vide, on ne risquait pas de la prendre pour une folle à faire des allés et retours ainsi.

Tout se passait plutôt bien depuis ses vacances, certes Tenten l'avait couvé comme une mère cherchant à interpréter ses moindres faits et gestes mais cette semaine s'était avérée agréable. Bien sur elle avait du afficher un sourire tout le long de leur séjour chez elle mais depuis le temps elle s'était habituée. De plus la proposition de Choji avait enchanté ses deux amis, et Hinata semblait déjà avoir trouvé des appartements. Tous complotaient pour la voir quitter sa maison mais ils ne pensaient pas à mal : bien au contraire.

Cependant, avant Choji personne ne l'avait attaqué de front sur ce sujet, tous craignaient trop ses colères. Mais de toute évidence, Hiashi Hyuga, le père d'Hinata se contrefichait de l'emportement de son ancienne élève. Il l'avait donc prit à par le matin même pour lui faire par de sa réserve quant à son travail plus qu'acharné. Certes elle fournissait un travail irréprochable, cependant il ne pouvait plus passer outre son mal être elle avait tenté de minimiser les choses mais il l'avait prit de haut :

« Temari, vous êtes un bon élément, prometteur ça ne fait aucun doute. Mais on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace, on a déjà du vous le dire. Si je suis un bon avocat ce n'est pas seulement parce que je maitrise les lois. Je mens. J'excelle dans l'art qu'est le mensonge hors vous n'être qu'une débutante dans ce domaine, et vos sourires peuvent abuser les simples d'esprits mais pas moi. Vous êtes malheureuse, et cela nui à votre travail. Et d'après ce que j'ai vu lors des fêtes de fin d'année, mes enfants se font du souci pour vous. Alors vous aller me faire le plaisir de rentrer chez vous et de faire le ménage dans votre vie. Prenez le temps qu'il faudra mais ne revenez pas tant que ça n'ira pas mieux. » D'un geste de la main il lui avait signifié que leur entretient était fini et qu'elle pouvait disposer. Elle était sortie mortifier du bureau de son supérieur espérant avoir rêvé la scène.

Malheureusement pour elle sur son bureau l'attendait un chèque d'une coquette somme et un petit mot l'invitant à venir quand elle le souhaiterait se reposer au domaine Hyuga. Hinata n'avait pas pipé mot quand elle était sortie en claquant la porte de leur bureau.

Et elle se retrouvait donc à faire les cents pas dans le couloir jugulant sa rage comme elle le pouvait, refoulant son envie de frapper les murs faute de trouver un coupable à sa colère. Il lui fallut plus d'une demi-heure pour réussir à afficher un semblant de calme avant de retourner dans son bureau prendre quelques affaires et sortir de l'immeuble. Elle s'était laissée guidée par ses pas pour se retrouver face à la falaise de Konoha. Un soupir lui échappa quand la réalité la percuta : elle n'était pas habillée pour escalader la muraille. Résignée elle grimpa jusqu'au sommet par le chemin qu'elle n'empruntait pour ainsi dire jamais. Une fois en haut, elle se laissa tomber dos à son rocher et resta ainsi : vide.

OoOoO

La nuit était tombée depuis une bonne heure et son père n'allait pas le rater quand il arriverait au restaurant, cependant une affaire plus urgente requérait son attention.

En fin d'après midi Hinata Hyuga l'avait appelé paniqué par la disparition de leur amie. En effet Temari avait quitté le cabinet vers 16h de fort méchante humeur, aussitôt débauchée la brune s'était rendu chez son amie pour prendre de ses nouvelle mais elle avait trouvé la maison fermée. Elle était passée chez ses parents, dans la brasserie où elle mangeait le midi, dans les bars qu'elle affectionnait : elle ne l'avait trouvée nulle part. En désespoir de cause elle avait contacté son cousin et l'Akimichi espérant qu'à trois ils la retrouveraient.

C'est ainsi que Choji s'était retrouver à arpenter les rues de Konoha alors que le jour déclinait. C'est en quittant le parc municipal en se retrouvant face à la falaise de la ville qu'un éclaire de géni, ou de folie selon le point de vu, avait traversé son esprit : Shikamaru et elle affectionnaient particulièrement l'endroit. L'espoir d'avoir découvert la cachette de la jeune femme lui fit accélérer le pas.

Il poussa un soupir de soulagement en arrivant au sommet, l'ascension lui avait demandé des efforts d'autant qu'il était fatigué d'avoir cherché la jeune femme dans tout les recoins de la ville. Il avança dans la pénombre à part un gros roché il n'y avait rien. Il soupira à nouveau :

« - Bon sans, où est ce que tu as été te caché Temari… » Il passa une main fatigué sur ses yeux en soupirant. Alors qu'il faisait demi-tour une petite voix lui hésitante se fit entendre :

« - Choji… ? » Le cœur de l'Akimichi rata un battement, il connaissait cette voix ! En quelques enjambés il fut au rocher, quel ne fut pas sa surprise de trouvée la Sabaku pâle comme la mort allongée sur le semblant d'herbe qui recouvrait le sol.

IL s'agenouilla près d'elle et posa sa main sur son front, elle était brulante il la redressa pour qu'elle s'assied contre lui. La lumière de la ville en contrebas éclairait faiblement son visage. Elle lui adressa un regard désespéré et laissa éclater sa tristesse dans de gros sanglots, aussitôt il l'enlaça. Quelques minutes passèrent sans qu'elle ne cesse de pleurer. A genoux à même le sol le cuisinier commençait à avoir mal aux jambes, il força la jeune femme à se relevé et la souleva dans ses bras. Il descendit bravement le petit chemin, son amie pelotonnée contre lui prononçant des phrases sans queue ni tête.

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Madame Akimichi soupira bruyamment, la soirée n'avait pas été de tout repos, son fils les avaient laissé en plan elle et son mari alors qu'ils commençaient tout juste à préparer les plats pour le servie du soir. Il n'était rentré que beaucoup plus tard, la petite Sabaku dans les bras, refusant de la laisser seule ne serait-ce qu'un instant.

Elle avait du gérer le restaurant seule avec son conjoint, son fils trop occupé à se ronger les sangs pour la jeune femme. Par chance ils avaient eu très peu de client et avaient fermé relativement tôt. Une fois la cuisine rangée elle était monté apporter à son fils un thermos d'infusion, n'entendant aucun bruit venant de son appartement elle était entré faisant le moins de bruit possible. Elle l'avait trouvé affalé dans un fauteuil de son salon face à la blondinette allongée sur le canapé. Sans faire de bruit elle avait déposé son thermos sur la petite table avant de couvrir les deux jeunes gens de couverture, faute de pouvoir les porter dans un lit ils seraient au moins au chaud pour dormir.

OoOoO

Réveillée par la lumière du jour Temari papillota des yeux pourquoi diable n'avait-elle pas fermé ses volets la veille au soir ? Dans un effort monumental elle ouvrit les yeux : une table basse avec deux tasses et des croissants frais déposés dessus lui faisaient face. Dans un mouvement brusque elle se releva, manquant de tomber du canapé sur lequel elle était allongée. Un grognement, qui tenait du rire retenti : assis de l'autre coté de la table, Choji la fixait en souriant un croissant coincé dans la bouche. Il avala sa bouchée puis l'invité à manger elle aussi.

« - Je pourrais pas aller au toilette d'abord… ? » tenta-elle. Elle amorça un mouvement pour se lever de son lit improvisé mais fut prise d'un violent vertige. Elle se rattrapa tant bien que mal à l'accoudoir du canapé sous le regard alarmé du garçon.

« - Tu devrait manger quelque chose avant : j'ai pas envi de devoir appeler les pompiers. » Lâcha t-il avant de prendre un nouveau croissant sur la table. Voyant qu'elle ne bougeait pas il allongea le bras pour se saisir d'une autre viennoiserie et la lui lança. La jeune femme tendit mollement les mains devant elle mais reçu le projectile en plein torse. Son interlocuteur pouffa manquant de s'étouffer, ce qui eu le don de réveiller la blonde :

« - Ça t'apprendra à te moquer de moi au réveil… » Puis elle grommela plus bas : « Saleté de cuisinier, emmerdant dès le levé…

- J'ai quand même été acheter des croissants ! » Se défendit ledit cuisinier.

« - Ça vaut rien comme argument. » Elle enfourna une énorme bouchée et continua son explication en la mâchonnant : « Y'a une boulangerie au bout de la rue… Donc tu as du passer… Allé à tout casser : trois minutes dehors… Montre en main… Donc bon… Moi aussi je peux le faire…

- Sauf que toi tu dormais comme un bébé ! »

Elle haussa les épaules puis se pencha sur la table pour attraper un second croissant. Elle tenta un regard par la fenêtre mais le ciel gris ne lui donna pas l'envie de continuer sa contemplation. Elle concentra donc son attention sur son compagnon. Un croissant dans la main et un autre sur l'accoudoir de son siège il la fixait sans vraiment la regarder, perdu dans ses pensées. Elle soupira bruyamment.

« - Hee, Choji… » Il cligna des yeux et haussa un sourcil interrogateur. « Je… Merci… » Il lui offrit son sourire réconfortant.

OoOoO

(Nda : lancé maintenant la chanson.)

La veille au soir il avait bataillé ferme pour ouvrir sa porte d'appartement sans lâcher son précieux paquet, mais il avait finalement réussi. Sans allumer la lumière il s'était dirigé vers son canapé pour déposer sa fragile passagère. Une fois fait il avait soigneusement fermé sa porte avant de retourner au chevet de l'avocate. Et elle avait tout lâché. Sans qu'il ait à lui demander ce qui c'était passé elle s'était mise à parler : Hiashi Hyuga qui la remercia le temps qu'elle se reprenne en main, ses bévues avec le pauvre Neji, sa culpabilité de faire souffrir ses proche, son désespoir qu'il ne connaissait que trop bien… Ils avaient pleuré comme des enfants dans les bras l'un de l'autre.

« - Je sais, je sais qu'il faut avancer. Mais j'ai beau essayer j'y arrive pas ! Il est toujours là, dans notre chambre, au coin de la rue, dans la brasserie où je déjeune le midi, même mes vêtements me le rappel : j'avais tel pull tel jour, il me trouvait jolie dans telle robe… Quand je regarde mes parents, cote à cote, je nous vois tel qu'on aurait du être dans trente ans… Toi aussi tu me le rappel, ton sourire, ton si beau sourire plein de gentillesse et de douceur, c'est ce sourire que tu lui adressais quand vous vous croyez seuls. La façon que tu as de me serrer dans tes bras quand je pleure, il faisait pareil… Je le vois dans tous ceux que j'aime…

« Je voulais des enfants… C'est bête, parce que ça m'a toujours rebuté de m'imaginer avec un énorme ventre… Mais avoir un mini nous à aimer… Un petit bout de chou, mélange de lui et de moi, un enfant à chouchouter, à embrasser, à câliner… Je m'en suis rendu compte en regardant le ventre rond de Kurenai. Je nous ai imaginé tout les deux en train de choisir un papier peint pour la chambre de notre fils, parce que oui, notre premier enfant aurait été un garçon, après on aurait eu une petite fille… J'imagine le regard doux qu'il aurait posé sur le berceau… Bien sur tu aurais été parrain, Tenten la marraine… Mes parents transformés en grands parents gâteaux… Je crois que ça m'aurait plu…

« Je sais qu'il faut passer à autre chose, que je devrais à nouveau aimer, mais je ne crois plus en être capable… J'ai essayé… j'ai même honte… Neji est tellement gentil avec moi… et je savais qu'il était attiré… Mais tu vois, quand je l'ai embrassé… Ce n'était pas lui que j'embrassais… C'était Shika…

« Vous avez eu beau me regarder durement, me réprimander parfois… je ne me sentais vivantes que dans mes souvenirs, qu'en regardant nos photos… Mes dossiers, me changeaient la tête… Je savais pertinemment que ce que je faisais était mal… Mais… Lui… Nous… J'ai l'impression que la vie ne nous a rassemblés que pour mieux nous séparer… Et j'ai peur Choji… J'ai peur parce que je ne me sens plus le courage de vivre, mais qu'au fond de moi j'ai encore plus peur de mourir…

« Je n'ai pas de tombe, pas de corps… Rien qui ne me prouve qu'il ne soit pas en vie… Rien excepté ce vide, là, dans ma poitrine. Je ne sais pas s'il a souffert avant de mourir, ou si tout a été rapide, peut-être ne s'est-il rendu compte de rien… Je ne sais pas… Je ne sais rien… La dernière image que j'ai de lui c'est son sourire rassurant derrière la vitre de la voiture avant qu'il ne parte… Je crois… Je crois qu'il m'a dit un truc du style : « bosse pas trop… » Je ne sais même plus…

« Plus le temps passe et moins mes souvenirs sont nettes je sais que c'est normal, mais je ne veux pas oublier, c'est tout ce qui me reste… Sans les quelques films que j'ai de lui, je ne me souviendrais peut-être plus du son de sa voix… J'ai peur… j'ai peur parce que c'est toute ma vie à présent, et que peu à peu, inéluctablement j'oublie…

« Il faut passer à autre chose, c'est une certitude… Mais je n'y arrive pas… J'essaye… Au lieu de vivre, je me souviens... Tu sais Choji, j'ai tout essayé, j'ai essayé de faire comme s'il m'avait quitté, de faire comme si la vie reprendrai son cours, j'ai été voir un psy, j'ai écrit tout ce qui me passait par la tête, j'ai couché des pages et des pages entières de souvenirs, j'ai bu mais je n'ai pas oublié, j'ai fumé mais ça me l'a rappelé, j'ai même essayé de sortir avec des garçons… Mais j'y arrive pas… Il est là, et ne veut pas me laisser continuer… » Elle avait sangloté tout le long de sa tirade, toutefois elle avait continué, cherchant parfois ses mots, saisissant la main réconfortante de son ami. Quand elle s'était tu il avait lui aussi cherché ses mots, sa réponse brève avait toutefois suffit :

« - Tu as mal et je partage ta douleur… C'est pour ça qu'il faut qu'on se batte ensemble, cote à cote… On ne s'en sortira pas seul, alors on va emménager ensemble, ranger la maison de Shika et la fermer. Elle restera ainsi le temps qu'il faudra… Jusqu'à ce que l'on guérisse. Je ne peux pas t'affirmer qu'on oubliera tout… En fait je refuse de l'oublier… Mais nos souvenirs patienteront le temps qu'il nous faudra pour nous remettre… Et un jour on pourra reparler le sourire aux lèvres de Shikamaru Nara et de tout les beaux moments qu'on a vécu avec lui… Je t'en fais la promesse. »

OoOoO

Dimanche 3 Mai. 10 Mois après la mort de Shikamaru.

Allongé sur la petite terrasse de leur tout nouvel appartement Choji contemplait les étoiles. Le retour du printemps avait dégagé le ciel et regarder les astres le tranquillisait. Il avait laissé la baie vitrée entrebâillée, des bruits de casseroles et des effluves de cuisine lui parvenaient. Cédant à la demande de sa toute nouvelle colocataire il l'avait laissé préparé seule leur repas du soir. Ils avaient passé la journée à monter les meubles de la cuisine, il avait du tempêter pour imposer son aide à la jeune femme. Cependant elle avait avoué un peu plus tôt dans la soirée que pour ce genre de travail être à deux facilitait la tâche.

Ils avaient investi leur nouvelle habitation une semaine plus tôt, négligeant les conseils d'Asuma qui aurait préféré finir les quelques travaux avant leur installation. Cependant les deux compères était pressés d'enfin se retrouver seuls, ensemble. Depuis la Sabaku s'acharnait dès 9h le matin et jusqu'à tard le soir à faire le nécessaire pour rendre leur domicile agréable.

Avec l'aide d'Hinata, ils avaient trouvé une petite maison à mi chemin entre le restaurant de ses parents et le quartier des affaires où se trouvait le cabinet Hyuga. D'environ 80m2 un grand salon, une belle cuisine et la salle de bain se partageaient le rez-de-chaussée. A l'étage deux chambres et une petite pièce aménagée en bureau complétaient le tout. Ils avaient en outre la chance d'avoir une petite terrasse entourée d'un jardin tout aussi petit mais aux plantations entretenues.

« - Choji ! Tu as faim comment ? » Cria l'avocate à travers la maison.

« - Bof, je sais pas… Faim normal ! » Lui répondit-il. Au grommèlement qu'il entendit il su que sa réponse n'avancerait pas son amie : alors qu'elle pouvait se contenter d'un bol de lait le soir il était capable d'engloutir trois côtes de bœuf sans être repu. Soucieux de ne pas trop l'embêter après une journée de dur travail il ajouta « Fais comme pour toi, je mangerai du pain en plus si j'ai faim. »

« - Savez vous que vous êtes la personne la plus gentille que j'ai jamais rencontré Monsieur Akimichi ? » La voix avait résonné juste à coté de lui. Le garçon se tordit le cou pour apercevoir son amie appuyé contre la vitre fixant elle aussi les étoiles. « Je fais du lait de poule ça te va … ?

- Du quoi ?

- Du lait de poule, le meilleur remontant que je connaisse !

- Hum… On goutera… » Le silence s'installa et Choji tout à la contemplation du ciel pensa que le demoiselle était repartie mais elle lui donna tord :

« - Tu… Tu crois qu'il est quelque part là haut… ? » Il prit son temps pour se relever et vint se poster face à elle. Il passa sa grande main dans les cheveux de la jeune femme et lui adressa un sourire confiant.

« - Je crois qu'où qu'il soit il veille sur nous petite sœur… »


Alors… ? Déçu ? Heureux ? (je sais que ce n'est pas très joyeux et que vous ne pouvez pas vraiment être heureux mais bon… C'est une façon de parler.) Dans tout les cas votre avis m'intéresse!

Une petite confidence : après avoir longuement réfléchi j'ai décidé de finir ce chapitre tel qu'il est, vous évitant une fin pleine de questions… Mais ne vous en faites pas… Cette fameuse « fin » arrive avec le prochain chapitre, qui est, MIRACLE, presque bouclé ! Non vous ne rêvez pas ! La trame est faite (et je me suis formellement interdit de changer quoi que ce soit !) et la majeur partie des scènes sont déjà écrites ! Donc je peux vous le promettre pour fin février maximum ! Voili voilou ! A bientôt !