Bonjour mes amours ! :D
Le jour est venu pour moi de rattraper mon retard dans ce recueil de défis. Cette fois-ci, il s'agit d'un Deamus (Dean/Seamus), que je gardais dans un coin de mon esprit depuis un moment déjà. Il m'a été inspiré par la chanson Mon évidence de M. Pokora. Pourquoi un Deamus et pas un autre pairing, je vous avoue que je n'en sais absolument rien. Le fait est que, quand j'écoute cette chanson, j'imagine Dean caresser le dos de Seamus. J'imagine quelque chose de très doux.
Et j'espère que c'est ce que vous inspirera mon OS : de la douceur. C'est un pairing que j'ai toujours apprécié, sans jamais avoir rien lu ni écrit (jusqu'à ce jour). Ça a simplement toujours été... une évidence. Que vous perceviez ces deux-là comme meilleurs amis (ce que je peux comprendre, puisque c'est comme ça que je perçois Hermione et Harry) ou amants, je vous laisse découvrir cette petite histoire.
Merci à NathanaelleS et LineM. Cœur sur vous.
Mon jour de chance
Il avait fait partie des premiers arrivants de l'Ordre à rejoindre Poudlard pour la grande bataille. Malgré la tension qui régnait et la noirceur des derniers mois passés sous le règne de Celui-Dont-Il-Ne-Fallait-Pas-Prononcer-Le-Nom, c'était surtout l'excitation qui habitait Dean.
Enfin, il quittait la clandestinité pour se battre, pour résister et renverser le plus grand mage noir de tous les temps. Enfin, il quittait la clandestinité et il retrouvait son meilleur ami de toujours, Seamus.
À peine était-il passé par le tableau d'Ariana, pénétrant dans la Salle sur Demande, qu'il l'avait cherché du regard. Et il l'avait trouvé.
Leurs pupilles accrochées, ils avançaient l'un vers l'autre, inconscients et déconnectés du chaos alentour, qui ne faisait pas plus attention à eux qu'eux ne le faisaient. De toute façon, les autres pourraient bien penser ce qu'ils voulaient. Même s'ils s'en fichaient certainement. En ces temps de guerre, les retrouvailles étaient toujours si intenses que rien ne pourrait leur paraître disproportionné.
Les derniers mètres furent anéantis en quelques foulées, impatients de se retrouver après huit mois de séparation. Ils tombèrent dans les bras de l'autre, ôtés d'un poids. Rien n'avait changé entre eux.
« Tu avais intérêt à revenir en un seul morceau », s'exclama Seamus alors qu'ils s'écartaient suffisamment pour se dévisager.
Dean sourit, révélant sa dentition. Qu'il était bon de le revoir, qu'il était bon d'entendre à nouveau le son de sa voix. Qu'il était bon de le sentir si près de lui. Derrière ses mots, sa boutade, il détectait le soulagement. Égal au sien.
« En revanche, on ne peut pas en dire autant pour toi », souligna-t-il, perdant instantanément le sourire tandis qu'il découvrait le visage tuméfié de son ami.
Son regard furetait les contusions présentes en quantité. Et, à en juger par les couleurs variant du violet au jaune, certaines étaient plus récentes que d'autres. Il avait pris cher plus d'une fois. Affolé, il fut incapable de détacher ses yeux des meurtrissures, imaginant les pires sévices qu'il avait pu subir.
« Les Carrow », expliqua Seamus, répondant à sa question silencieuse. « Ils s'en prennent à quiconque ose se rebeller contre leur autorité. J'ai fait exploser quelques trucs pour l'Armée de Dumbledore. »
Il rit jaune, à la fois fier de lui-même et anxieux à l'idée de provoquer son mécontentement pour les prises de risque. Dean secoua la tête, étant lui-même à la fois fier et inquiet pour lui. Il se pencha, déposant un long baiser sur son front, tâchant d'éviter un endroit trop sensible. Il ferma les yeux, tandis que les bras de Seamus raffermissaient leur prise autour de sa taille.
« Tu aurais dû venir avec moi quand je suis parti. »
OoOoO
Huit mois plus tôt.
« Purin de merde. Demain tu pars et, dans quelques jours, c'est la rentrée. Et tu n'seras même pas là », se plaignit Seamus, s'asseyant à côté de lui sur le lit.
Comme chaque été, ils passaient du temps ensemble, jouant au Quidditch, assistant à des matches de football, ou simplement restant l'un à côté de l'autre, pendant que Dean profitait d'un peu de calme pour dessiner. Mais cet été avait un goût particulier. Amer. Parce que c'était la guerre, et que Dean ne prévoyait pas de retourner à Poudlard. C'était trop dangereux pour lui. Il n'avait aucune preuve qu'il était Sang-mêlé. Pour les Mangemorts, il était un Né-moldu. Pour les Mangemorts, sa vie ne valait rien.
Il frissonna, comme pour chasser de ses pensées que les faits atroces subis par celles et ceux qui avaient été attrapés. Se cacher, vivre une vie de fugitif était sa seule chance d'en réchapper.
« Tu peux encore venir avec moi », dit-il d'une voix triste, conscient de la réponse qui allait suivre.
Seamus soupira.
« Je ne peux pas… enfin si, je pourrais. Mais ma place est ailleurs. Je veux être de la résistance active, à Poudlard. On aura du taff, c'est clair. Et je me sentirais utile, alors qu'en me cachant… », se justifia-t-il.
Dean acquiesça. Il savait tout ça. Il le comprenait. Il aurait fait la même chose s'il avait pu. Mais lui n'avait pas le choix. C'était une question de vie ou de mort.
« Si seulement je pouvais résister avec toi… », soupira-t-il à son tour.
Il aurait tellement aimé partager ça avec Seamus. Tout aurait été différent, mais, avec lui, il se sentait plus fort.
« Ouais, moi aussi j'aurais voulu que tu sois là. Mais il faut que tu sauves ton cul », se plaignit-il en réponse.
Un silence lourd de tristesse prit place durant quelques secondes.
« Tu vas me manquer, t'sais… », ajouta Seamus dans un murmure.
Dean tourna vivement la tête vers lui, surpris. Ça, en revanche, c'était nouveau. Il savait, bien sûr, qu'il lui manquerait. Ce serait la même chose pour lui, et son cœur se serrait d'avance. Il était incapable de dire quand ils se reverraient. Si même ils se reverraient un jour. Mais jamais l'un deux ne l'avait formulé à voix haute.
« Ouais, toi aussi… », souffla-t-il, de peur que sa voix ne se brise s'il parlait plus fort.
« Je ne voudrais pas avoir de regrets si je ne fais rien », continua-t-il, ses pupilles brûlantes de détermination.
Dean acquiesça, il avait déjà compris depuis longtemps. Il ne dit rien, préférant détourner les yeux. C'était trop douloureux de le regarder en sachant que, bientôt, ils devraient se séparer.
Il sentit le matelas s'affaisser alors que Seamus se déplaçait et il déglutit. Il mourrait d'envie de l'avoir près de lui, mais sa présence lui était pénible, maintenant que le jour de son départ approchait. Pourtant, il savait qu'une fois le moment venu, il regretterait de ne pas avoir profité de son meilleur ami. C'était évidemment plus facile à penser qu'à mettre en place.
Il sursauta lorsqu'il sentit un genou le toucher, et il se figea en voyant Seamus passer une jambe par-dessus lui, s'asseyant sur ses propres jambes repliées en tailleur. Perdu, il le laissa s'installer, l'interrogeant du regard.
« Je ne pensais pas à la révolution quand je parlais de ne pas avoir de regrets », expliqua-t-il, son visage occupant tout son champ de vision.
Il était trop près, beaucoup trop près. Il pouvait voir ses taches de rousseur, qui disparaissaient presque sous ses pommettes rougissantes. Il pouvait aussi le voir mordre ses lèvres épaisses, et il eut envie d'en faire autant, d'en découvrir la texture sous les lèvres. Étaient-elles aussi douces qu'elles le laissaient présager ? Il ferma les yeux, sentant une raideur se former dans son short.
Et merde, songea-t-il. Il suffirait que Seamus baisse les yeux pour s'en rendre compte. À coup sûr, il verrait. Il dissimulait ses penchants depuis si longtemps, il ne pouvait pas se vendre pour leur dernier jour. C'était trop bête, il allait tout gâcher.
« Dean… », l'appela Seamus, son souffle à quelques centimètres de son visage. Il semblait aussi erratique que son propre cœur, qui se démenait dans sa cage thoracique, prêt à en découdre avec une force invisible.
Courageux, il rouvrit les yeux, découvrant son visage penché sur le sien. Comme s'il n'attendait que ce signal pour agir, Seamus effaça les derniers centimètres qui les séparaient. Leurs lèvres se touchèrent avec une tendresse qu'il n'aurait jamais pu imaginer, pas même dans ses rêves les plus insensés.
Par Godric ! Cette fois, il ne rêvait pourtant pas. Ils s'embrassaient, pour de vrai ! C'était trop beau.
Le visage de Seamus s'écarta, et Dean put voir l'étendue de sa gêne : il était rouge pivoine. Il était tout simplement adorable. Son propre cœur battait tellement vite qu'il peinait à respirer.
« Depuis quand ? », demanda-t-il malgré tout, chuchotant à quelques millimètres à peine de ses lèvres.
« Depuis toujours ? J'en sais rien, en fait. Au moins trois ans, en tout cas… », répondit Seamus, baissant la tête.
Ému plus qu'il ne pouvait l'exprimer, même pour lui-même, Dean glissa ses bras sous ses fesses, le rapprochant de lui. Juste au-dessus de lui, deux yeux écarquillés le dévisageaient. À la fois amusé et heureux, il se grandit pour toucher à nouveau ses lèvres, déjà avide de les joindre à nouveau aux siennes.
Seamus glissa une main dans le haut de son dos, le pressant davantage contre lui, et il en fit autant avec celles posées sous ses fesses. Ils approfondirent leur baiser, leurs langues se taquinant dans une fougue dévorante. Ils avaient attendu si longtemps pour ça…
« Jusqu'où…jusqu'où tu veux aller pour ne rien regretter ? » lui demanda-t-il, le souffle court.
Au fond de lui, il connaissait déjà la réponse et, comme pour confirmer ses pensées, leurs regards se posèrent en même temps sur leurs entre-jambes, qui formaient des bosses douloureuses à la surface de leurs shorts. Ils rirent, gênés, avant que leurs regards ne s'accrochent à nouveau. Leurs pupilles se consumaient de désirs l'un pour l'autre.
Et ils brûlèrent jusqu'au bout de la nuit.
Ils ne fermèrent pas l'œil, pas une seule seconde, bien conscients qu'ils n'auraient pas une deuxième chance. Chaque minute comptait, c'était la dernière fois. Avant longtemps. Ou de toute leur vie. C'était maintenant ou jamais.
Le lendemain matin, ce fut avec cette lucidité douloureuse que Dean parcourut son corps nu de baisers, tentant de s'imprégner de chaque parcelle. Il voulait le connaître du bout des lèvres, et il se délectait de ses soupirs, à chaque fois qu'elles se posaient sur sa peau.
Il le désirait encore, ardemment, malgré la nuit qu'ils venaient de passer. S'il avait cru ça un jour… et dire que, sans l'intervention de Seamus, il n'y aurait jamais rien eu. Il était à la fois si triste et si heureux. Il craignait tellement de ne plus jamais le revoir. Même si, en cet instant, il se disait aussi qu'il pourrait mourir en paix après avoir vécu une telle nuit.
« Dean… », l'appela-t-il d'une voix brisée.
Il remonta, s'allongeant à ses côtés. Il remarqua ses yeux baignés de larmes, son esprit étant probablement hanté par les mêmes pensées.
« On se retrouvera après la guerre », lui promit-il, captant son regard, tentant au mieux de lui transmettre tout son courage et son espoir. Il voulait le rassurer, même s'il n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait.
« T'as intérêt à survivre, mec. Sinon, je te défonce... », déclara-t-il d'une voix rauque.
Souriant, il étira son cou pour se rapprocher de son visage.
« J'aimerais bien voir ça, quand même… », s'amusa-t-il.
Ils éclatèrent de rire, avant que leurs fronts se touchent, restant accolés. Dean glissa sa main dans sa nuque, la caressant du bout du pouce.
« Je reviendrai », s'engagea-t-il. « Je reviendrai ».
Leurs lèvres se joignirent à nouveau, comme pour sceller sa parole.
OoOoO
Ils s'étaient mis à l'écart de l'effervescence qui régnait dans la Grande Salle, après avoir profité de l'euphorie de la victoire. Ils avaient besoin de se retrouver, juste tous les deux. Au calme.
Assis dans l'une des cours du château, ils avaient vue sur le pont que Seamus avant détruit un peu plus tôt, pour empêcher les partisans du mage noir, à présent anéanti, de pénétrer les lieux.
« Joli travail », le félicita-t-il.
En guise de réponse, il entendit un reniflement. Il tourna doucement la tête vers lui, l'observant avec tendresse. Il attendit qu'il se livre, sachant qu'il le ferait à un moment donné.
« On a gagné. Par Merlin, on a gagné », dit-il simplement, en prise avec ses émotions.
Dean ne savait pas s'il parlait de la guerre ou du fait qu'ils étaient à nouveau réunis. Mais il ressentait la même chose. C'était tellement merveilleux et libérateur qu'il peinait à y croire. Ils étaient libres. Libres et vivants. Libres de vivre. Lorsqu'il vit les larmes déborder des orbites de Seamus, il tendit le bras, l'attirant contre lui.
« Oui, on a gagné », confirma-t-il, tandis qu'il s'appuyait contre son torse. « Maintenant, on a tout le temps pour être ensemble. Si c'est toujours ce que tu veux. »
Seamus renifla une nouvelle fois, et il attendit. Il ne pouvait jamais rester sans rien répondre, il avait toujours réponse à tout.
« Compte là-dessus. T'es pas prêt de te débarrasser de moi, t'sais », lui dit-il sur un ton à la fois rieur et plein de promesses.
Dean sourit, à présent lui aussi ému aux larmes. Regardant au loin, là où le pont se trouvait encore quelques heures auparavant, il songea qu'une vie explosive l'attendait certainement. Il l'espérait même. Il ne l'imaginait pas autrement.
Parce que, entre eux, ça avait toujours été une évidence.
J'espère que cet OS vous aura plu. Vous inspire-t-il autant de douceur qu'à moi ? Vous est-il toujours apparu comme une évidence ?
On se retrouve en reviews et le mois prochain pour le défi du mois d'août ! Paillettes sur vous.
