Disclaimer : Snif... seuls quelques personnages sont à moi... tout le reste est à la somptueuse JKR... snif... et bientôt, tout le monde connaîtra la fin puisque nous sommes la veille du dénouement... C'EST PAS JUSTE !!!

Remerciements : Lupinette a qui j'ai demandé de faire vite, et qui m'a répondu à la vitesse de l'éclair. Et surtout, parce que tu m'aides énormément, en particulier sur ce chapitre !

NdlA : En cette veille de sortie du tome 7, je suppose que peu de gens traînent sur ffnet. Mais j'aimerais quand pousser un coup de gueule contre tous ces imbéciles d'internautes qui s'amusent à spoiler les sites et forums de fans. VIGILANCE CONSTANTE comme dirait un certain ex-Auror. Je plains les lecteurs qui attendent la sortie française. Si vous ne voulez pas être spoilés, évitez les sites de fans jusqu'à ce que vous ayez fini de lire Deathly Hallows !

Et maintenant, bonne lecture !


Chapitre 9 : Le mariage

°°°

- Quelle bande de tête-en-l'air vous faites ! s'exclama Mrs Weasley tard dans la soirée après l'anniversaire de Harry.

La mère de Ron tendit leur baguette à Hermione et Harry, d'un air qui aurait pu passer pour du mécontentement si le jeune homme n'avait pas aussi bien connu Mrs Weasley. Elle avait retrouvé leur baguette en faisant le ménage de la vieille maison des Black de fond en comble, qui devait acceuillir tous les invités du mariage de Bill et Fleur pour les préparatifs et pour le repas du lendemain. Harry ne put s'empêcher de se sentir soulagé à la vue de sa baguette. Peut-être cela paraissait excessif, mais il se sentait bien plus en sécurité en possession de sa baguette. Il se sentait entier.

Les préparations du mariage de Fleur et Bill avaient pris une part importante des activités des membres de l'Ordre du Phénix. Malgré les circonstances politiques qui empiraient de jour en jour, Harry n'avait jamais ressenti autant de bonheur autour de lui. L'atmosphère qui régnait au 12 square Grimmaurd était festive, même si Fleur prenait tour à tour des airs de tyrans et de Vélane parfaitement bien éduquée. La veille du grand jour, Mrs Weasley avait quitté le QG de l'Ordre en insistant auprès de tout le monde sur le fait qu'il fallait à tout prix se reposer afin de passer une soirée convenable. Mais ses recommandations semblaient bien faibles comparés à l'excitation dont les filles étaient emprises. Même Ginny, qui détestait ouvertement Fleur, ne pouvait résister à l'envie de rire avec les autres. De Mackenzie à Tonks, toutes les filles parlaient avec entrain de maquillages, coiffures et robes. Il faut dire que Bill, et surtout Fleur, avaient décidé de faire les choses en grand, puisqu'ils avaient prévu de passer la soirée dans un magnifique château en Écosse. En entendant cela, Harry et Hermione s'étaient tous deux demandé comment, avec toutes les mesures de sécurité mises en places, la cérémonie avec pour invités tous les membres de l'Ordre pouvait se passer dans un lieu aussi visible. La réponse était simple, même si en pratique, cela avait demandé plusieurs jours de préparation. Dumbledore, Maugrey et Mr Weasley avait passé un nombre faramineux d'heures à rendre le château écossais incartable de la même manière que l'était Poudlard. En apprenant cela, Hermione avait été choquée et s'était offusquée que l'on ait pu passer tant de temps pour préparer une soirée alors que tant de choses graves se passaient à l'extérieur. Ce à quoi Ron avait répondu, avec beaucoup trop de raison, que quelques heures ne changeraient rien à l'état désastreux du monde magique.

Le jour du mariage, le 12 square Grimmaurd était bondé. Tout le monde se préparait dans une excitation qui ne cessait d'attendre son paroxysme. Harry portait une robe de soirée plutôt élégante, et il fut agréablement surpris de voir que Ron ne portait rien qui soit affublé de fanfreluches ni de pompons.

- Hermione a insisté auprès de ma mère pour m'offrir une nouvelle robe de soirée, expliqua Ron. Maman n'était pas ravie, mais elle ne pouvait pas dire non à son éventuelle future belle-fille ! D'autant qu'elle est bien plus heureuse à l'idée d'accueillir Hermione dans la famille que Fleur.

Harry ne put s'empêcher de rire à cette remarque. Mrs Weasley ne pouvait décidément pas supporter Fleur, peu importaient les circonstances. Ron retourna auprès de ses frères, et Harry se retrouva seul dans la pièce qui servait de vestiaire aux garçons. Il regarda son reflet sans cicatrice dans le miroir, mais avant d'avoir le temps de plonger dans ses pensées, une main se tendit par-dessus son épaule pour attraper un peigne qui traînait sur la table. Surpris, Harry se redressa brusquement, assenant par la même occasion un bon coup de tête sur le nez de la personne qui était entrée trop discrètement dans la pièce. Harry entendit un cri aigu, et alors qu'il se massait l'arrière de la tête, il se retourna et vit Ginny, le nez en sang et les larmes aux yeux. Pourtant, elle ne se mit pas à pleurer, mais à rire nerveusement.

- Ginny, je suis vraiment désolé, dit Harry en cherchant un mouchoir pour l'aider à arrêter le saignement.

- Ça va, répondit Ginny d'une drôle de voix. Il faut juste que j'évite d'en mettre plein ma robe.

A ces mots, Harry baissa les yeux sur Ginny. Elle portait une robe à bretelles de couleur or pâle, très classe. On aurait dit qu'elle avait été coupée et cousue pour elle, tellement elle enveloppait son corps à la perfection. Quelques broderies scintillantes mais très discrètes et une ceinture en satin noir venaient parfaire le tout. Ginny portait également un collier près du cou, et ses yeux maquillés associés à une coiffure relevée mais assez relâchée la rendaient encore plus belle qu'elle n'était au naturel. Harry sentit son cœur battre la chamade, alors qu'il appliquait un mouchoir sous le nez de celle qui avait été sa petite amie. Tous deux échangèrent un regard à la fois amusé et gêné. Ginny posa alors sa main sur l'épaule de Harry, et la fit descendre le long de son bras. Le geste avait beau être banal, Harry sentit frissonner chaque parcelle de son corps. La main de Ginny finit par attraper la sienne délicatement, puis la jeune fille planta son regard dans celui de Harry.

- Harry, je… commença-t-elle.

Mais un cri retentit dans une pièce en bas de la maison, et Harry et Ginny descendirent les escaliers à toutes jambes. Une fois en bas, Harry aperçut Fleur, toujours en vêtements de ville mais coiffée et maquillée, qui était de toute évidence responsable du cri qui avait retentit.

- C'est impossible. Vous en êtes bien sûr ? dit-elle en direction du père de Harry.

- Hélas, oui, répondit celui-ci.

- Que se passe-t-il ? demanda Ginny.

Hermione, qui portait une jolie robe verte, se dirigea vers Harry et Ginny, et se pencha vers eux pour leur murmurer :

- Le père de Harry vient d'annoncer qu'il fallait annuler le mariage.

- Mais pourquoi ?

- Apparemment, le château où devait avoir lieu la réception est encerclé de Mangemorts.

- Mais je croyais que toutes les précautions avaient été prises ? dit Harry.

- C'était le cas, répondit Hermione. Ce qui veut dire qu'il y a une taupe au sein de l'Ordre.

D'un geste automatique, Harry dirigea son regard vers Malefoy, qui semblait se ficher de la situation. Hermione se rendit compte que Harry dévisageait l'ancien Serpentard.

- Tu sais que c'est impossible, Harry.

- Rien n'est impossible avec lui.

- De quoi parlez-vous ? demanda Ginny.

- De rien, répondirent à l'unisson Harry et Hermione.

Bill prit Fleur dans ses bras pour la calmer, mais celle-ci se retira vivement.

- Il est hors de question que l'on repousse ce mariage, s'exclama Fleur.

- Mais ma chérie, nous n'avons aucun endroit où aller, dit Bill qui semblait impuissant.

- Nous n'avons pas besoin d'aller quelque part. Nous allons faire ce mariage ici même, si Sirius n'y voit pas d'inconvénient.

Sirius nia de la tête, et paraissait au comble du bonheur. Harry savait à quel point son parrain aimait que les gens lui démontrent qu'il pouvait leur être utile.

- Tu vois ? dit Fleur en direction de son fiancé.

- Mais c'est beaucoup trop petit, répondit Bill.

- Monsieur Dumbledore ? Pouvez-vous faire quelque chose ?

- Mais bien entendu. Je suis ravi que vous me le demandiez, dit Dumbledore dans une magnifique robe de soirée violette parsemée de fines étoiles.

Dumbledore pointa alors sa baguette dans diverses directions, et sans qu'il n'ait besoin de prononcer quoi que ce soit, les murs s'écartèrent pour faire du 12 square Grimmaurd une maison dont les capacités de réceptions se décuplaient à vue d'œil. Même si Harry aurait dû être habitué à assister à de telles prestations, il ne pouvait s'empêcher d'être sincèrement impressionné. Le professeur McGonagall, qui portait une robe de soirée rouge et or aux motifs écossais, pointa également sa baguette vers les murs à présent très espacés.

- Albus, vous oubliez l'essentiel, dit-elle à l'instant où elle faisait apparaître de magnifiques décorations.

En un clin d'œil, le salon du 12 square Grimmaurd s'était transformé en une splendide salle de réception. Fleur semblait à nouveau au comble de la joie, et alors que quelques mèches de ses cheveux argentés se mettaient à voler autour d'elle, elle ajouta :

- Oh la la, c'est encore mieux que si nous étions allés dans ce château. Après tout, c'est ici que se passent les moments les plus importants de nos vies. Les réunions avec les membres de l'Ordre du Phénix, les anniversaires, et c'est ici que nous voyons toutes les personnes qui comptent pour nous, n'est-ce pas ? Et aujourd'hui, nous allons même nous y marier. C'est splendide.

Sirius adressa un clin d'œil de remerciement à Fleur, et même Mrs Weasley semblait profondément touchées par les paroles de celle qui allait d'ici peu devenir sa belle-fille. Ginny se pencha vers Harry, Ron et Hermione pour leur dire :

- Finalement, elle n'est peut-être pas si nulle cette Fleurk.

Fleur se retira pour enfiler sa robe de mariée avec l'aide de sa mère qui s'était déplacée jusqu'en Angleterre pour l'occasion. Ginny partit dans la pièce réservée aux filles pour aider Gabrielle à mettre sa robe de demoiselle d'honneur. Harry profita du fait qu'il était presque seul avec Hermione pour lui dire :

- Je suis sûr que Malefoy est derrière tout ça.

- Harry, comment veux-tu qu'il y soit pour quelque chose ? Il n'est ici que depuis quelques jours, et Dumbledore s'assure qu'il reste au QG en permanence. Et qui irait-il prévenir de toute façon ?

- Son père !

- Sincèrement, je ne pense pas qu'il retourne auprès de lui de si tôt.

- Et pourquoi ça ?

- Simplement parce qu'il a quitté son école sans même prévenir son père. Mr Malefoy est probablement furieux contre lui, et ce serait un très grand risque à prendre que de se rendre auprès de lui maintenant. Qu'il soit son fils ou non.

- Je ne crois pas que tu te rendes compte Hermione. Malefoy est près à tout…

- Comme à nous suivre hors des enceintes de Poudlard et à emprunter un retourneur de temps sans même savoir pourquoi ? A nous suivre les yeux fermés sans opposer la moindre résistance ?

- C'est parce qu'il n'avait pas le choix.

- Si, il l'avait. Il aurait pu continuer à ne pas réfléchir, à suivre la masse. Mais il a pris une décision difficile, qui allait à l'encontre de tous les principes que l'on a essayé de lui inculquer depuis sa naissance.

- Dis tout de suite que tu le trouves séduisant depuis qu'il est dans le camp des « gentils ».

- Quoi ?

- Tu es censée être amoureuse de Ron je te signale. Et Malefoy n'est vraiment pas fait pour toi. Il ne pourrait que te faire du mal.

- De quoi parles-tu ? Qui te dit que Malefoy m'intéresse ?

- Toi tu l'intéresses en tous cas. Il dit qu'il est tombé amoureux de toi pendant l'une de tes retenues. Il te surveillait, et tu lui as expliqué pourquoi son père et les Mangemorts étaient dans l'erreur. Écoute, je sais que les filles aiment ceux qui veulent ressembler à des gros durs, mais crois-moi Hermione, Malefoy n'est qu'une petite fouine répugnante. Il n'aime personne réellement, et il…

- Harry, calme-toi ! Je ne suis pas du tout attirée par Malefoy. Je voulais juste que tu arrêtes de la voir coupable de tout.

- Il ne t'intéresse pas ? Tant mieux. Mais fais attention parce qu'il dit que toi tu l'intéresses.

- Harry, les filles inaccessibles intéressent toujours les garçons.

- Alors, il ne t'intéresse vraiment pas ?

- Bien sûr que non. D'ailleurs, il se croit peut-être amoureux de moi, mais il ne l'est pas. C'est vrai que cette discussion était importante, et je me félicite d'avoir réussi à l'aider à y voir plus clair, mais c'est de la reconnaissance qu'il éprouve envers moi, voilà tout.

- Tu es sûre ?

- Cela ne t'es jamais arrivé de te croire amoureux de quelqu'un et de te rendre compte que ce n'était qu'une attirance sans fond que tu éprouvais pour cette personne ?

Harry repensa à Cho. Il avait ressentit quelque chose d'intense envers elle. Mais ces sentiments s'étaient évaporés en très peu de temps. Peut-être Hermione avait-elle raison. Peut-être Malefoy se trompait-il dans ses sentiments ? Peut-être se trompait-il de mots ? Et peut-être la façon dont il avait regardé Ginny était-elle innocente ? Harry se faisait-il des idées ? Il regarda Malefoy. Celui-ci semblait mal à l'aise, et essayait de faire passer cela pour de la désinvolture. Harry décida qu'il était peut-être temps qu'il arrête de se poser des questions.

- Très bien, répondit Harry à Hermione. Je te crois sur parole. De toute façon, tu es avec Ron, et tu t'entends bien avec lui, n'est-ce pas ? Tu n'as aucune raison de te laisser prendre au piège par Malefoy.

- N'essaie pas de me protéger, Harry. Je me débrouille très bien toute seule.

- Ron et toi vous êtes mes meilleurs amis, Hermione. Il est hors de question que je ne m'inquiète pas.

- Je sais ce que j'ai à faire.

- Très bien. Mais ça ne répond pas à ma question. Tu t'entends bien avec Ron, n'est-ce pas ?

- Bien sûr. Il est super. Je veux dire, il est très marrant, attentionné, et sa maladresse est plutôt… craquante.

- Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a un « mais » là-dessous ?

Hermione sembla hésiter, mais leur conversation fut interrompue par un éclat de voix de femme.

- Hermione ! Tu es magnifique dans cette robe, ma chérie.

Hermione se retourna en direction de la voix, et Harry reconnut Mrs Granger accompagnée de son mari, qui venaient d'entrer au 12 square Grimmaurd dans des vêtements de soirée moldus. Harry regarda le visage d'Hermione. Il était totalement insondable, et il resta ainsi figé pendant plusieurs secondes. Cela faisait six ans qu'Hermione n'avait pas vu ses parents, et Harry ne pouvait qu'imaginer ce qu'elle devait ressentir en les voyant soudainement débarquer devant elle. Lui aussi avait retrouvé ses parents, mais il ne les avait jamais vraiment connus avant. Hermione avait été séparée d'eux à l'âge où leur soutien était le plus important. Elle était passée de l'âge d'enfant à celui de jeune adulte sans la présence de sa mère, tout en sachant pourtant qu'elle était quelque part, à attendre impatiemment le retour de sa fille. Harry contempla le visage d'Hermione, qui se crispa légèrement. Elle posa alors ses deux mains sur son visage, comme un enfant qui voudrait cacher qu'il pleure. Comme pour cacher sa faiblesse. Un sanglot lui échappa cependant, et Hermione se jeta sur sa mère, s'accrochant de toutes ses forces à son cou. Harry ne savait que faire. Devait-il s'écarter pour leur laisser un peu plus d'intimité ? Devait-il au contraire rester pour ne pas paraître impoli devant les parents d'Hermione qui n'avaient pas encore eu droit à un bonjour de sa part ?

- Moi aussi je suis contente de te revoir, chérie, dit Mrs Granger pendant que sa fille sanglotait de bonheur sur son épaule.

- Bonjour, Harry, lança Mr Granger en serrant la main de Harry.

Hermione relâcha sa mère pour serrer son père dans ses bras. Il lui fallut du temps pour se calmer, et ses parents semblaient quelque peu déstabilisés d'avoir eu droit à de telles démonstrations d'amour.

- Est-ce que tu vas bien ? s'inquiéta Mrs Granger.

- Oui, Maman, ça va très bien. C'est juste que ça fait tellement longtemps que je ne vous ai pas vu !

- Hermione, on s'est vu il y a à peine un mois, dit son père.

- Ah oui ? demanda Hermione, le visage plein de larmes. J'ai l'impression que ça fait plus longtemps.

Harry était touché de la scène à laquelle il venait d'assister. Il s'éclipsa sans un bruit pour laisser Hermione seule avec ses parents.

Mrs Weasley demanda à tout le monde de bien vouloir prendre place dans le salon qui s'était transformé en nef d'église. Harry prit place sur un banc à côté de sa mère qui essayait tant bien que mal de calmer Mackenzie, à nouveau furieuse contre Sidney qui s'était amusée à lui faire des farces tout au long de la journée. Lorsque tout le monde fut installé et que le silence régnait enfin, un groupe de quatre sorciers commença à jouer une musique douce et calme. Bill s'avança dans sa robe de sorcier d'un noir de jais extrêmement élégante. Harry remarqua que le jeune homme ne cessait de se tordre les mains nerveusement. Bill se planta devant Dumbledore, qui apparemment serait la personne qui les marierait. Harry pensait pourtant que seul un homme d'église ou un maire pouvait marier deux personnes, mais peut-être cela fonctionnait-il différemment dans le monde magique. Après tout, il était majeur chez les sorciers, et mineur chez les moldus. De plus, Dumbledore avait tant de compétences qu'il cachait peut-être son habilité à unir deux êtres par les liens du mariage. Ginny et Gabrielle, toutes deux vêtues des mêmes somptueuses robes à bretelles or pâle, s'avancèrent lentement dans l'allée. Ginny semblait se dire qu'elle aurait préféré être parmi les membres de sa famille, même s'il était évident qu'elle était heureuse d'être là pour Bill. Gabrielle, quant à elle, paraissait très satisfaite. Ses cheveux, de la même couleur que ceux de sa grande sœur, flottaient autour d'elle comme une aura. Elle faisait s'envoler gaiement des pétales de roses blanches, qui restaient suspendus dans les airs un moment avant de retomber très doucement sur le sol. Une fois les demoiselles d'honneur arrivées aux côtés de Bill, l'air toujours aussi tendu, ce fut au tour de Fleur d'éblouir tout le monde. Harry dut bien l'admettre, sa robe de mariée était resplendissante. La jupe vaporeuse contrastait avec l'étroitesse du bustier, orné de perles fines. Les cheveux de Fleur étaient élégamment retenus par des épingles invisibles, et quelques minuscules plumes écrues venaient décorer sa coiffure. Tout était de très bon goût, pensa Harry, et Fleur était encore plus belle qu'à l'accoutumée, si cela était possible. Harry lança un regard en coin à Ron qui ne pouvait détourner les yeux de la fiancée de son frère. Harry leva les yeux au ciel avec un sourire, Ron était vraiment incorrigible. Enfin, la musique cessa, et Dumbledore prit la parole.

- Mes amis, nous sommes réunis dans ce salon pour unir Fleur Delacour à William Weasley. Il n'est pas de plus beau sentiment que celui d'amour, et les êtres dotés de ce pouvoir d'aimer doivent se rappeler tous les jours qu'ils ont cette chance que n'ont pas certains. En unissant Bill et Fleur par les liens sacrés du mariage, je leur demande de se promettre de ne jamais oublier ces sentiments qu'ils éprouvent aujourd'hui l'un pour l'autre. C'est cette force qui les fera grandir et s'épanouir. C'est cette force qui leur permettra de se relever des moments les plus difficiles.

Dumbledore continua ainsi pendant un moment, et Harry ne put s'empêcher de se rappeler chaque instant où l'ancien directeur de Poudlard lui avait expliqué que ce qui faisait la différence entre Voldemort et lui, c'était que Harry était capable d'aimer. Harry regarda sa mère, qui tenait un mouchoir près de ses yeux, et se rappela de son cri de frayeur lorsque Voldemort avait voulu le tuer. Elle s'était sacrifiée pour lui, de la façon la plus naturelle qui soit. Ses pensées furent interrompues par des applaudissements. Lorsqu'il leva la tête vers Bill et Fleur, ceux-ci étaient en train d'échanger leur premier baiser en tant que couple marié. Gabrielle applaudissait avec entrain, et Ginny semblait penser « puisqu'il le faut, autant se résigner ». Mackenzie se cachait les yeux des mains, tout en laissant ses doigts suffisamment écartés pour voir la scène. Mrs Weasley était en larmes et Mr Weasley paraissait très fier de son fils. Les invités se levèrent, et le buffet commença. Tout le monde vint saluer les jeunes mariés, et Harry suivit le mouvement. Puis, le groupe commença à jouer des musiques rythmées, sur lesquelles tous se mirent à danser. Harry remarqua alors pour la première fois que d'autres élèves de Poudlard étaient parmi eux, comme Colin Crivey, qui était apparemment le photographe officiel de la cérémonie. Justin Finch-Fletchley était également présent, et dansait frénétiquement avec Jessie. Harry comprit alors pourquoi Jessie et lui n'étaient pas ensemble dans ce monde. Partout où Harry regardait, il voyait des couples. Jessie et Justin, Ron et Hermione, Tonks et Lupin, Sirius et Rose, Fred et George… Au fond de la salle, Ginny semblait faire la même constation. Harry s'approcha d'elle en attrapant par la même occasion deux verres de champagne français.

- Tu te sens seule aussi ? demanda-t-il à Ginny en lui tendant un verre.

- J'ai bien demandé à Bill d'inviter quelques uns de mes amis de Poudlard, mais il m'a dit qu'il y avait déjà assez d'invités comme ça. Comment danser seule au milieu de tous ces couples ?

- En dansant avec un autre célibataire.

- Si tu parles de Malefoy, il est allé se cacher dans sa chambre.

- Non, je parlais de moi.

Ginny lui lança un étrange regard, posa son verre sur la table la plus proche et se laissa entraîner sur la piste. Harry et elle se prirent au jeu, et s'il n'avait pas apprécié être sur la piste de danse lors du bal de Noël, il s'amusait énormément ici. Il n'en était pas à déployer autant d'énergie que Fred et George avec leurs cavalières respectives, mais il appréciait néanmoins cette partie extravertie de lui-même qu'il ne se connaissait pas. Au bout d'une trentaine de minutes, Harry et Ginny s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Ils s'assirent à une table au moment même où le groupe entamait des chansons bien plus calmes.

- Tu crois que les prochains à se marier, se seront eux ? demanda Ginny.

- De qui parles-tu ?

- Ron et Hermione. Ils vont bien ensemble, non ?

Harry regarda en direction de ses deux meilleurs amis, qui dansaient très proches l'un de l'autre. Hermione semblait se faire à cette situation de façon remarquable. Ou peut-être était-ce par peur de se faire découvrir ? Harry devait bien l'avouer, même si à chaque fois qu'il les voyait ensemble, il ne pouvait s'empêcher de trouver ces visions étranges, Ron et Hermione paraissaient être faits l'un pour l'autre. Ron tournait doucement sur lui-même, et tenait Hermione très serrée contre lui. Harry aperçut le visage de son amie. Elle avait les yeux mi-clos, jusqu'à ce qu'elle croise le regard de Harry. Les yeux d'Hermione s'agrandirent alors, et elle adressa un regard très curieux à Harry. Un regard d'une intensité étonnante. Un regard qui eut pour don de mettre Harry extrêmement mal à l'aise. Celui-ci détourna les yeux vers Ginny, et l'invita à nouveau à danser. Une fois sur la piste de danse, le groupe n'en avait pas fini avec les chansons calmes. Ginny passa ses bras autour du cou de Harry, et paraissait se demander si elle pouvait risquer de s'approcher un peu plus de lui. Harry ne doutait pas. Ginny lui avait déjà dit oui, pourquoi refuserait-elle ses avances dans ce monde ? Il posa les mains sur la chute de rein de la jeune fille, et l'attira vers lui. Ginny se racla la gorge nerveusement, mais le laissa faire. Elle nicha son visage au creux du cou de Harry, et celui-ci sentit ses jambes frissonner de plaisir. Il remonta sa main gauche le long du dos de Ginny, et lui caressa les cheveux tout en douceur. Il aurait voulu que ce moment ne finisse jamais. Il sentit les bras de Ginny resserrer leur étreinte autour de son cou, et Harry ferma les yeux. Il aurait voulu être seul avec elle, à ce moment précis. Il aurait aimé qu'elle soit toute à lui, et que rien ne vienne les distraire. Mais la réalité le rattrapa lorsque la musique cessa. Ginny enleva son visage de son cou, et regarda Harry intensément. Elle avait l'air de se demander ce qui se passait. Harry ne comprenait pas ce qu'il voyait dans les yeux de Ginny, mais il n'eut pas le temps d'étudier son regard, car la jeune fille se détourna de lui et partit se réfugier dans les étages de la maison. Harry resta seul, ne parvenant pas à comprendre ce qui se passait. Quelques secondes auparavant, Ginny et lui semblaient en osmose, et tout à coup, elle s'enfuyait presque devant lui.

- Je croyais que tu ne voulais plus sortir avec elle, dit une voix d'homme derrière Harry.

Celui-ci se retourna et tomba nez à nez avec Ron.

- Quoi ?

- Tu as dit à Ginny que tu ne voulais plus sortir avec elle tant que Voldemort serait à ta recherche.

- Quand est-ce que j'ai dit ça ?

- Il y a presque deux mois. Harry, tu es mon meilleur ami, mais si jamais tu t'amuses avec les sentiments de ma sœur, je te jure que…

- Non, ça n'a rien à voir.

- Dans ce cas, explique-moi ce que c'était que ce slow langoureux.

- Je… bégaya Harry. Je suis sorti avec Ginny ?

- Trois mois de relation, et tu te poses la question ? Tu ferais mieux d'arrêter de jouer les idiots, tu commences à m'énerver.

- Harry, suis-moi, s'interposa Hermione.

Harry et elle s'éloignèrent, et Hermione expliqua :

- Ginny et toi êtes sortis ensemble pendant trois mois, mais tu as décidé de mettre un terme à cette relation par peur que Voldemort l'apprenne et se serve de Ginny comme d'appât. Apparemment, cela fait deux mois que les membres de l'Ordre pensent sérieusement qu'il y a une taupe parmi eux. Et donc, cela fait deux mois que Ginny et toi ne sortez plus ensemble, pour ne pas montrer à l'éventuelle taupe quel est ton point faible.

- Et tu comptais m'en parler un jour ?

- Euh… hésita Hermione. Je viens de l'apprendre.

- Génial, dit Harry en sortant de la pièce, laissant Hermione seule.

Mais pour la première fois depuis longtemps, il se fichait qu'elle soit seule. Pourquoi lui avait-elle caché une information aussi importante ? Elle savait pertinemment que cela pouvait avoir des conséquences graves. Bien sûr, Harry était très mal placé pour donner des leçons dans ce domaine, mais à quoi pensait-elle ? Harry était furieux. Il venait de jouer avec les sentiments de Ginny bien malgré lui, et tout ça parce qu'Hermione était bien trop occupée avec Ron pour faire les choses convenablement. Harry savait qu'il rejetait la faute sur Hermione pour ne pas s'en vouloir à lui-même, mais en toute objectivité, elle était responsable également. Elle avait choisi de le suivre, il fallait à présent qu'elle n'oublie pas de faire en sorte que personne ne puisse constater d'où tous trois venaient.

Harry s'enferma dans la pièce qui avait servi de vestiaire aux garçons. Il s'assit par terre, dos contre le mur. La porte s'ouvrit presque aussitôt, et Sirius entra dans la pièce.

- Puis-je savoir ce que mon filleul fait seul, dans cette pièce, alors que tout le monde s'amuse en bas ?

- Je réfléchis.

- A cette charmante danse ?

- Est-ce que tout le monde m'espionne ? lança Harry d'un ton bien trop furieux qu'il regretta à l'instant.

- Personne ne t'espionne, mais tout le monde se sert de ses yeux, Harry.

- Excuse-moi, je ne voulais pas être si agressif.

- Je te comprends. Rester seul ici durant toutes ses années, alors que tous tes camarades allaient à Poudlard. N'importe qui finirait par devenir fou.

Harry se dit que Sirius ne pensait pas si bien dire.

- Je ne sais pas où j'avais la tête, dit Harry. Il y a des fois, j'aimerais tellement que tout aille bien que je fais comme si tout allait bien.

- C'est un comportement parfaitement sain.

- Mais j'ai blessé Ginny par mon comportement parfaitement sain.

- Tu ne l'as pas voulu.

- Ce que je voulais n'a pas d'importance. C'est ce que j'ai fait qui en a.

Sirius s'assit à côté de lui.

- Tu sais Harry, je te trouve bien trop sérieux pour ton âge. Tu devrais t'amuser sans penser sans arrêt aux conséquences.

- Comment est-ce possible alors que toute ma vie il a fallu que je pense aux conséquences de mes actes ?

- Tes parents ne se rendent pas compte que tu es en âge de prendre ta vie en main. Tu dois pouvoir voler de tes propres ailes, ce n'est pas pour rien que tu as atteint l'âge de la majorité.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Je veux dire que tu fais attention à tout parce que tu es sans cesse entouré de l'attention de tes parents. Mais tu dois apprendre à vivre également pour et par toi-même, Harry. Tu dois imposer tes choix et vivre ta propre vie. Je ne veux pas dire que tu peux prendre des décisions stupides comme te promener en plein King's Cross comme si tu étais un adolescent comme les autres, mais je pense que tu dois commencer à sortir seul, et régulièrement.

- Il m'arrive déjà de sortir sous ma cape d'invisibilité.

- Mais jamais seul. Et jamais longtemps. Ce cher vieux Cornedrue oublie comment il était à ton âge.

- Mon père ne vivait pas dans les mêmes conditions.

- Ce n'est pas une raison pour subir ces conditions. Je pense qu'il est temps de t'entraîner à devenir un animagus. Et si tes parents le refusent, je te l'apprendrai sans qu'il le sache. Après tout, c'est le rôle d'un parrain d'apprendre à son filleul à désobéir à ses parents !

Harry n'en croyait pas ses oreilles. Il se sentait tout à coup bien mieux. Même s'il n'avait pas vécu cette vie-là, il avait l'impression qu'en quelques jours, tout ce qui avait pesé sur les épaules de son alter ego s'était écroulé sur les siennes. Comment vivre enfermé sans arrêt, séparé de tout et de tout le monde ? Comment était-il censé vivre sa future vie d'adulte ? Ligoté entre le square Grimmaurd et la maison de ses parents ? Jusqu'à quand devait-il subir le fait d'être recherché par Voldemort au lieu de prendre les choses en main ? Il faisait maintenant partie de l'Ordre, mais lui confierait-on des missions aussi risquées que celles de n'importe qui ? Sirius avait amplement raison. Il était temps pour Harry de prendre ses propres décisions et de vivre plus pour lui-même que par rapport à une situation compliquée. Cependant, une question restait posée.

- Qu'est-ce que cela à comme rapport avec Ginny ?

- Le jour où tu auras la faculté de voir la situation d'un autre œil, tu ne verras plus d'inconvénient à sortir avec elle.

- Je veux simplement la protéger.

- Pour te protéger.

- Je veux… Je veux simplement qu'elle soit en sécurité, et que Voldemort ne décide pas de se servir d'elle pour m'atteindre.

- Le jour où tu auras confiance en toi, Harry, ce jour-là, tu verras que tu n'auras plus peur de lui. Ce n'est pas Ginny ta plus grande faiblesse, c'est ta peur.

- Je n'ai pas peur ! s'indigna Harry.

- Si, et c'est bien normal. Mais plutôt que d'être paralysé comme tu l'es maintenant, tu dois affronter cette peur. Tu n'as jamais fait face à Voldemort, et je comprends que cela t'effraye, mais il ne te cherche pas par hasard. Il sait que tu es un ennemi de taille. Il voit en toi quelqu'un de spécial.

- Je ne veux pas qu'il voie quelqu'un de spécial en moi. Je voudrais qu'il paye pour tout le mal qu'il a fait. Mais le plus désarmant, c'est qu'il n'a aucune humanité dans ses yeux. Même si je lui faisais du mal, j'aurais l'impression qu'il ne ressent rien réellement.

- De quoi parles-tu Harry ? Qui t'as parlé de ça ?

Harry se mordit les lèvres. Il en avait bien trop dit, le Harry que Sirius connaissait n'avait jamais affronté Voldemort. Il essaya tant bien que mal de se rattraper :

- C'est ce que l'on m'a dit.

- Vraiment ? demanda Sirius en plissant les yeux.

- Et bien, je me dis qu'il ne doit pas lui rester beaucoup d'humanité après ce qu'il a fait. Surtout après la fabrication de tant d'Horcruxes.

- Ce n'est qu'une hypothèse, cette histoire d'Horcruxes.

Ainsi, Dumbledore n'était pas sûr que Voldemort se soit fabriqué des Horcruxes. Harry décida qu'il était peut-être temps pour lui de dévoiler la vérité à au moins une personne. Cette même personne qui avait toujours eu confiance en lui, qui l'avait toujours cru sur parole, et qui l'avait toujours défendu bec et ongle. Cette personne dont la mort l'avait poussé à utiliser le retourneur de temps.


C'est fini pour le chapitre 9. J'espère qu'il vous aura plut ! Quoi qu'il en soit, laissez-moi une petite review ! Merci à tous, et je vous souhaite une bonne nuit blanche en perspective ! (pour la lecture du tome 7, cela va sans dire)

A très bientôt !

Chasca