Chapitre 9 : Erreur cinglante

Voilà une heure que l'équipe de House accompagnée de Cameron cherchaient des cas qui pourraient intéresser le diagnosticien. Évidemment ils faisaient tout ce travail sans lui, ce qui les empêcher, certes, de devoir subir les remarques insensés de leur supérieur mais ils trouvaient une certaine amertume au fait de devoir travailler pendant que lui faisait sa sieste. Cameron était arrivée légèrement en retard, mais personne n'avait osait lui poser la question, c'était sûrement dû au fait qu'elle avait des problèmes pour marcher, malgré que ce soucis s'arrangeait peu à peu. Au bout d'un certain temps de travail elle prit un dossier qui venait des urgences et sortit y faire un tour rapidement, ne supportant plus cette ambiance qui survolait la pièce.

Arrivée aux urgences, Cameron s'équipa de sa blouse de médecin et y rajouta quelques instruments essentiels. Elle s'approcha du premier patient venu, et le soigna. Il s'agissait d'un homme s'étant gravement coupé en faisant la cuisine. Elle se dirigea ensuite vers le second patient en feuilletant son dossier qu'elle trouva plutôt intéressant. Elle entendit le bruit caractéristique d'une canne, elle réagit en se retourna vivement et s'appuya sur le mur afin d'éviter une quelconque chute.

- Je vous avez pourtant dis bien clairement et plusieurs fois de ne pas travailler. Posez votre blouse et venez immédiatement dans mon bureau, il n'est pas question de vous voir courir partout, surtout dans votre état, dit-il sèchement.

Il se retourna et partit. Il ne savait plus vraiment comment réagir face à elle vu la conversation de la veille qui l'avait sûrement un peu éprouvé. La jeune femme grimaça et s'excusa auprès de mère de la patiente qui ne pouvait pas être soignée pour le moment. Cameron se dirigea vers le bureau avec le dossier à la main, peut-être allait-il être intéressant ?

L'immunologiste arriva dans la salle de travail où elle était attendue. Des symptômes étaient écrits au tableau et House s'empressa de les effacer, sûrement parce qu'ils avaient déjà trouvé la solution. D'ailleurs il demanda a Foreman de commencer le traitement. Cameron s'avança et tendit timidement un dossier à House. Ce dernier l'ouvrit et se jeta directement sur les symptômes. Il se leva d'un bond à l'aide de sa canne, se saisit du feutre noir habituel et nota : Placards inflammatoires, démangeaisons.

- Lupus ? Proposa Kutner.

- Ça ne colle pas assez mais vérifiez quand même à l'aide de Treize. Taub faites un examen toxicologique comme d'habitude. On verra plus tard pour une intoxication, si les démangeaisons ont provoqués les placards inflammatoires et non l'inverse. Exécution ! Répondit House.

Aucuns des médecins ne voulaient connaître la mauvaise humeur du patron et se précipitèrent même vers la sortie pour éviter d'entendre ne serait-ce un mot de plus. La seule restante n'étant autre que Cameron, qui fixait l'homme. Il évita son regard et ne dit rien, il n'avait rien à dire de toute façon. L'ambiance était encore plus tendue et cassante qu'avant, pour ne pas dire vraiment insupportable. Tellement insupportable qu'elle sortit sans qu'il n'ait rien pu faire. Il l'avait trop commandée et il fallait peut être qu'elle agisse enfin à sa guise, comme il lui avait conseillé.

Chaque personnes à un petit endroit où pleurer, un endroit qu'on trouve plus ou moins rassurant. House avait le toit, Cameron avait les vestiaires. Un endroit humide, chaud avec un banc inconfortable mais cet endroit lui plaisait tant bien que mal. Elle pleura quelques instants et vu Wilson s'approchait d'elle. Elle aurait voulut que ce soit n'importe qui, sauf lui. Il allait sûrement lui demander de lui expliquer la situation, ce qu'elle ne pouvait évidemment pas faire.

- House vous cherche partout, dit le cancérologue.

- Qu'il ne me trouve pas.

- Impossible, il fouille chaque coin et recoin de l'hôpital. Il tombera bien sur vous à un moment ou l'autre.

- Je ne veux pas le voir, il peut pas le comprendre ?

- Vous pensez réellement qu'il est du genre à se soucier de votre avis ?

- Non, mais pour une fois j'espère réellement qu'il peut agir un peu moins comme un être égocentrique.

- Vous voulez le voir… Dit-il avec un grand sourire.

- Qu'est-ce qui vous fait pensez cela ?

- Seulement ça.

Il pointa du doigt le sac de Cameron. Plus précisément son porte-monnaie où dépassé discrètement une petite photo en noir et blanc où se trouvait House. Elle s'empressa de l'enfouir de manière à ce qu'il ne se rende pas compte mais c'était évidemment trop tard.

- Vous voulez le voir. Il veut vous voir. Pourquoi vous cachez ? Ajouta-t-il.

Il sortit avec un rire plutôt agaçant. Elle ressortit la photo et l'observa quelques instants. C'était une photo qui datait de deux ans, la seule photo où il souriait. Elle la rangea, se saisit de son sac mais n'eut pas le temps de se lever qu'un bruit la fit réagir. Elle releva la tête et vit un homme barbu équipé d'une canne se dresser devant elle. Elle n'était pas étonnée, sa relation avec Wilson s'était quelque peu améliorée et ça ne passait pas inaperçu. Il s'assit avec difficulté à coté d'elle et plongea son regard dans le sien. Il prit discrètement sa main pour éviter qu'elle ne parte au dernier moment. Il lui souffla ensuite le plus doucement possible « Désolé » avant de poser ses lèvres sur les siennes. Il se retira, ne voulant pas aller plus loin pour le moment. Elle s'excusa à son tour avant de continuer ce qu'il avait décidé d'arrêter.

-Je dérange ? Dit Wilson qui venait d'entrer.

-C'est pas vrai…[/b] Dit House après s'être retiré.

-Hem hem…

-Pourquoi tu t'es pas exploser les yeux en mâtant le décolleté de Cuddy ?

-HEM HEM !

-Quoi tu as la toux ?

-Hem hem…

House regarda dans la même direction que Wilson. Il regardait la main de House qui était délicatement posée sur celle de sa « collègue », mais il ne l'a retira pas pour autant. La jeune femme ne souhaitait pas non plus se séparait de lui, c'était aussi une question de principe. Ils se regardèrent un instant avant de sourire à Wilson qui leur rendit leur sourire avant de partir. Il avait vu, vu la face cachée de House. Devait-il en parler à tout le monde comme la dernière fois ou bien les laisser voler de leurs propres ailes ? Pour le moment il préférait laisser aller, s'occuper un peu plus de lui-même. Surtout que si l'information se diffusait, l'hôpital devrait subir les propos et les actions de l'amant de Cameron. De leur coté, l'infirme se tourna à nouveau vers la femme qui était non loin de lui. Même si pour lui, cette distance était encore trop longue et il préférait se rapprocher d'elle jusqu'à ce que leurs lèvres se croisent à nouveau. Ils ne semblaient pas gênés par l'interruption de Wilson, ils n'y réfléchissaient même pas. Tout ce qui comptait en cet instant c'était eux, rien d'autre ne parcourait leurs troubles pensées qui devenaient plus claires à chaque tendresse qu'ils pouvaient s'apporter l'un l'autre. Aucun des deux ne savaient pourquoi ils y avaient mit un terme. Ils s'étaient levés tous les deux et étaient partis en direction de la salle des diagnostics.

Le petit couple ouvrit la porte. Il n'y avait personne hormis Chase qui faisait remuer un stylo entre ses doigts comme pour imiter House. En entendant la porte s'ouvrir, il se retourna vers sa bien aimée. Il lui fit un sourire et se leva.

- Comment tu vas ? Dit-il.

- Qu'est-ce que vous faites là ? Dit House.

- Elle ne vous a rien dit ?

Les regards se posèrent en cœurs sur la jeune femme. Elle semblait gênée et loin d'être heureuse. Elle fit un petit sourire timide à Chase avant de sortir de la pièce, suivi de l'australien, laissant le diagnosticien seul et perplexe. Il tentait de réfléchir malgré ses subordonnés qui étaient rentrés quelques minutes après. Le cas l'intéressait tant bien que mal, puisque c'était une patiente proposée par Cameron, qui s'était fatiguée à marcher dans les urgences malgré sa cheville mal en point.

- HOUSE ! S'écria Treize.

- 'Cherche pas je te dis… Réprimanda Kutner.

- Quoi, encore ?[/] Dit House en sursautant.

[b]- Vous nous écoutez oui ou non ?

- Faites ce qu'il y a à faire, celui qui prendra une mauvaise décision se verra viré de l'équipe.

- C'est un défi ?Interrogea Taub.

- Prenez le comme tel, allez c'est parti !

Les larbins, comme il aimait le dire, sortirent de la salle. Et une troisième fois il resta seul, mais il préférait le rester. Il voulait réfléchir, réfléchir comme il ne l'avait jamais fait sans être dérangé par quiconque. Il coinça les deux portes qui menaient à son bureau avant de s'affaler dans son fauteuil.

Pendant ce temps, Cameron avait mené son blondinet sur le toit. Ils étaient seuls et personne ne pouvait les déranger. Chase l'admirait, la regardait sans cesse et elle en était légèrement gênée. Elle était venue ici pour une raison qu'elle comptait bien dévoiler. Elle n'avait juste pas prévu qu'il tente de l'embrasser. Elle le repoussa avec les images de House qui défilaient dans son esprit, tels un livre qu'elle pouvait feuilleter. Elle espérait tant qu'elle le pouvait que personne d'autre ne puisse visionner ces images.

-Pourquoi ? Demanda-t-il.

-Chase, écoute moi…

-Chase ? Mais tu n'es plus censée m'appeler comme ça !

-On est censés travailler…

-Alors pourquoi… Tu m'as emmené ici ?

-Pour te parler de ce qui va se passer dans deux jours…

-Pour nos fiançailles ? Il y a un problème ?

-Je… je sais pas…

-Qu'est-ce qui s'est passé avec House ? Depuis qu'il est avec toi tu me fuis comme tu fuirais une épidémie !

-Mais rien, il ne s'est vraiment rien passé je te jure… C'est juste que je suis perdue, c'est dur à dire mais je ne sais plus vraiment où j'en suis…

-Mais c'est simple… Je t'aime et tu as accepté mes fiançailles aujourd'hui même, je ne vois pas où est le problème…

Il recommença sa tentative et cette fois-ci elle n'essaya pas de se dégager. Elle répondit vivement à son baiser et il en fut étonné. Étonné mais heureux. Elle ne se retenait pas une seule seconde et House l'avait bien remarqué. Oui, House. Il avait une jolie vue depuis un coin d'une vitre de l'hôpital. Il se répétait peu à peu que ça n'a jamais été sérieux et que plus jamais elle ne tomberait amoureuse de lui. Ses propos le troublait et sa seule envie était une vengeance, il voulait apaiser la jalousie qu'il éprouvait pour cet homme qui ne s'empêchait de l'imiter. Oui. Chase n'était qu'une façade de lui. Après un dernier regard noir remplit de haine, il prit la direction du bureau de sa patronne, sa vengeance il comptait bien l'obtenir. Pendant son absence, Chase essayait de débouter la chemise de sa compagne. Elle essaya de se débattre mais abandonna vite cette idée pour se laisser faire. Il hésita quelque seconde avant de lui ôter totalement. Le bruit de la porte se fit entendre et Cuddy les regarda avec un grand étonnement qui semblait être partagé. Cameron essaya de remettre son vêtement et Chase tenta de comprendre la situation.

-Mais qu'est-ce que vous faites ?! Cria la directrice.

-C'est-à-dire que… Qu'est-ce que vous faites là aussi ? Demanda Chase.

-C'est pas une façon de parler à sa supérieur, koala…

-House ! Ne me dites pas que… Dit Cameron.

-Jolie vue que voilà… Répondit-il en voyant Cameron toujours dénudée.

-Pourquoi vous avez fait ça ?Demanda-t-elle.

-Parce que. Ça met de l'ambiance de savoir que deux personnes sont capables de coucher sur le toit d'un hôpital. Vous n'êtes pas de cet avis ?

-Vous êtes…

-Un génie. Vous me l'avez déjà dit.

Il rentra en premier dans l'hôpital. Il avait bien joué le jeu, il n'était pas du tout satisfait de ce qu'il venait de voir. Les larmes lui en venaient presque mais il ne devait pas pleurer, il ne pouvait pas pleurer parce que c'était House. Il avait passer du temps à se dire qu'ils n'agissaient pas sans raison et qu'elle pouvait être mieux avec lui qu'avec quiconque, mais ses espoirs avaient été brisés, secs, en voyant qu'elle prenait du plaisir a flirter avec son petit ami. Cette vision lui revenait, cette vision le choquait, cette vision le neutralisait, cette vision le faisait réfléchir, cette vision, il ne voulait plus la voir. Il ne voulait plus y penser, il vivait désormais sans âme, tel un objet que l'on pouvait manipuler sans aucune réponse de sa part. Le vide total, plus rien n'existait, il espérait presque ne plus entendre son cœur, son cœur qui criait au secours, ce cœur qui battait si fort que ses oreilles lui disaient d'arrêter, d'arrêter de ne pas être objectif, arrêter de demander la mort...