DISCLAIMER: Sherlock et toute sa bande ne m'appartiennent pas !
Chapitre 9
- Sherlock ? Demanda une voix.
Le détective dû faire un effort surhumain pour ne pas se répandre en injure.
- Clémence Bron, sais-tu ô combien ton cerveau est inférieur à celui d'un microbe ! Espèce d'abruti sans fin ! Je croyais qu'Anderson était la personne la plus dénuée d'intelligence de ce monde mais tu viens de le battre à plat de couture ! Si tu crois que ça m'agace d'être enfermé ici, tu te trompes complétement ! Tu ne me connais pas du tout ! Conclut Sherlock, véhément.
- C'est hors de question.
- De quoi ?
- Que je te fasse sortir d'une quelconque manière sans que tu te sois excusé, expliqua Clémence.
- Pour quoi ?
La réponse tarda.
- Ce matin, tu es entré dans la salle de bain alors que je me lavais, rappela la jeune femme, les mots lui arrachant la bouche.
- Oui, admit le détective d'une voix agacée.
- Excuse toi.
- Je ne comprends pas pourquoi.
La psychiatre poussa un long soupir.
- Parce que sinon, tu ne sortiras pas, déclara t-elle lentement.
- En fait ça m'arrange, mentit aussitôt Sherlock. Je vais pouvoir te dire ce que je pense de toi. Tu es...
- Oh, la ferme ! Jura Clémence. On sait tout les deux que tu m'aimes bien alors arrête de faire comme si tu me haïssais !
Le détective écarquilla les yeux. La colère lui enserra le cœur.
- Tu es complétement dénuée d'intelligence, dangereuse pour la communauté, phobique des hôpitaux, masochiste, colérique et maladroite !
- Et alors ?! Rugit la jeune femme. Tout le monde a des défauts ! Toi le premier !
- Être un sociopathe de haut niveau n'est pas un défaut, c'est une qualité ! Rétorqua Sherlock.
- Mais qu'est-ce que tu es buté ! Et en plus, tu es arrogant, égocentrique et un putain de fétichiste des meurtres !
Un léger sourire se dessina sur les lèvres du détective que la psychiatre ne put hélas pas voir.
- J'admets, déclara alors Sherlock.
- Non, laisse moi terminer ! S'égosilla la jeune femme. Tu es le... ! Attends... Tu admets ?
Le détective leva les yeux au ciel.
- Cela prouve ô combien je suis plus mature que toi ! Ajouta t-il, à bout.
- Je vais te tuer !
- Il faudrait pour cela ouvrir la porte, Bron.
Clémence soupira et se passa une main sur le visage.
- Tu ne comprends vraiment rien, s'agaça t-elle.
- J'ai une enquête à résoudre, rappela Sherlock. Laisse moi sortir.
- On pourrait être ami ? Poursuivit la jeune femme. Il suffirait que tu me respectes un minimum.
- Je n'ai pas besoin d'ami, souffla le détective.
- Tout le monde a besoin d'ami, même le grand Sherlock Holmes !
Ce dernier grommela quelque chose que la psychiatre ne put pas entendre.
- Allez, excuse toi, l'encouragea t-elle.
- Bron ! S'impatienta Sherlock.
- Holmes !
- J'étais rentré dans la salle de bain pour une bonne raison !
Clémence explosa d'un rire cynique.
- Ouais, c'est ça ! T'es qu'un pervers !
- Le sexe ne m'intéresse pas, contra le détective.
- Ça, c'est parce que t'es encore puceau !
Sherlock ne répondit pas, blasé par la réalité des choses.
- Sherlock ?
De l'extérieur, Clémence déverrouilla la porte. Elle la poussa doucement, laissant uniquement passer sa tête dans l'entrebâillement. Les yeux froids du détective se posèrent sur elle.
Oh, comme la jeune femme mourrait d'envie de se moquer, de rire de cet arrogant personnage. Il avait quoi vingt-neuf ans, trente ans ? La psychiatre secoua la tête. Ce n'était pas parce que Sherlock Holmes n'avait pas de charme qu'il était toujours puceau, c'était à cause de son horrible caractère. Clémence ne sut pas comment elle réussit à retenir son hilarité mais elle finit par sourire au locataire de son appartement:
- C'est pas bien grave, lui dit-elle ensuite d'une voix légèrement narquoise.
- Je sais.
La jeune femme soupira et poussa un peu plus la porte. Elle s'effaça sur le côté pour laisser passer le détective avant de s'empresser de le suivre.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Sherlock sans même se retourner.
- Je prends une pause donc je t'accompagne, lui répondit la psychiatre.
- C'est inutile.
- C'est toujours mieux d'être deux, expliqua Clémence. Comme ça, si tu as un problème, je pourrais t'aider.
- Je n'ai pas besoin de...
Le détective se tut soudainement.
- Un problème ? Demanda la jeune femme en fronçant les sourcils.
- C'est ça ! Hurla presque son colocataire. Ils sont deux !
- Euh...
- John est en danger ! Reprit Sherlock. On doit retourner chez les Du Comté !
Il s'élança vers le hall de l'hôpital mais Clémence le retint par le bras.
- Par ici ! Ordonna t-elle en le tirant vers l'ascenseur.
- Tu n'as pas entendu ce que j'ai dit ?! Siffla le détective. John est en danger ! Tu t'occuperas de ta vengeance plus... !
- On va prendre une ambulance, le coupa la jeune femme. On arrivera plus vite.
- Bien.
Les deux colocataires pénètrent dans l'ascenseur. Les portes métalliques se refermèrent sur eux. La psychiatre inspira profondément et lâcha le bras de Sherlock.
- Tu risques de mettre ton travail en danger, le prévint celui-ci.
- Si c'est pour sauver la vie d'un ami, ce n'est pas un problème, lança Clémence en appuyant sur le bouton «-1».
- Et pour ta phobie ? Tu ne vas pas faire une crise ?
La jeune femme écarquilla les yeux en se tournant vers le détective.
- Mais c'est que tu es vraiment attentionné ! S'étonna t-elle. Tu es malade ?! À moins que tu ne sois entrain de me manipuler ?!
- Pense ce que tu veux, s'agaça Sherlock.
La psychiatre sourit et donna un coup de coude à son locataire.
- Je gère, dit-elle simplement.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur une grande ambulance parfaitement garée. Le garage était ouvert, laissant entrer la lumière du soleil, et désert. Les deux colocataires s'élancèrent vers le véhicule et montèrent à bord. Sherlock se saisit des clefs attendant sur le contact et démarra la voiture tandis que Clémence recherchait activement la manière de mettre en route les néons rouges sur le toit de l'ambulance.
- Trouvez ! S'exclama la jeune femme en appuyant sur un bouton affichant un phare rouge.
Elle s'attacha tandis qu'une sirène stridente retentissait brusquement, le véhicule filant hors de l'hôpital.
- Plus vite ! Tonna Sherlock.
Il jeta un œil distrait à la psychiatre. Elle fixait durement ses pieds et respirait à grandes goulées d'airs. Ses mains serraient les accoudoirs de son siège. Clémence ferma les yeux. Elle pouvait gérer la situation. Elle pouvait faire abstraction de l'odeur d'antiseptique et de cette voix dans sa tête, qui lui hurlait de sauter de voiture.
Sherlock tourna brusquement, évitant de justesse un pauvre piéton. Clémence poussa un cri de surprise et fusilla le détective du regard. Le détective l'ignora et continua de conduire à une vitesse complétement folle. Si ils réussissaient à sauver John, ils récolteraient au minimum une amende salée. Soudain, le son d'une autre sirène parvint aux oreilles de la psychiatre qui se crispa sur son siège. Elle jeta un coup d'œil dans le rétroviseur et jura en découvrant une voiture de police qui les talonnaient.
- Ça devait finir par arriver ! S'exclama t-elle. Si je retourne en prison, je peux te jurer que tu me le payeras, Sherlock !
- Je croyais que tu ferais tout pour sauver John, rappela le détective d'une voix monocorde.
- J'ai menti ! Arrête toi !
- C'est hors de question.
- Oh mon Dieu... Oh mon Dieu ! Répéta Clémence. On va mourir !
- Accroche toi, ordonna le détective.
La jeune femme se mordit la langue pour ne pas hurler lorsque le véhicule se dirigea vers une minuscule ruelle.
- On passera pas ! Hurla t-elle.
Sherlock accéléra et l'ambulance pénétra dans la ruelle, frottant dangereusement les murs de celle-ci dans un crissement aigu. À peine fut-elle sortie que le détective coupait le moteur. Il se tourna vers sa passagère.
Elle avait les cheveux en batailles, les yeux hagards et les joues rouges. Ses lèvres étaient étirées en un grand sourire. Sherlock n'avait pas besoin d'autres preuves pour déduire que la route avait plu à la jeune femme. Lorsque celle-ci planta ses yeux dans les siens, ils éclatèrent tout les deux de rire. La psychiatre se détacha et sortit du véhicule, hoquetant encore de rire tandis que le détective s'approchait d'une maison. Il paraissait avoir retrouvé son calme alors qu'il frappait à la porte. Personne ne vint lui ouvrir.
- On va pas... ? S'indigna la jeune femme.
- La fenêtre, déclara le détective en désignant la vitre ouverte donnant sur la cuisine.
Les deux colocataires s'en approchèrent et se rendirent compte d'un léger problème: la fenêtre était beaucoup trop haute pour eux. Aussitôt, Sherlock se pencha et joignit les mains.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda la psychiatre.
Le détective poussa un long soupir.
- Je te fais la courte échelle, s'agaça t-il.
- Oui, j'ai compris. Mais, t'es sûr ?
- Bron ! S'impatienta Sherlock.
- D'accord, d'accord !
Clémence roula des yeux et plaça son pied sur les mains de son colocataire. D'une poussée, elle se projeta en hauteur et agrippa le rebord de la fenêtre. La jeune femme se hissa ensuite à l'intérieur et tendit sa main au détective. Ce dernier secoua la tête.
- Je peux le... !
- Non, tu ne peux pas, soupira Sherlock. Va ouvrir la porte plutôt.
La psychiatre grommela avant d'obéir. Elle sortit de la cuisine et se dirigea vers la porte d'entrée qu'elle déverrouilla. Le détective fusa à l'intérieur.
- John ! Hurla t-il.
Clémence secoua la tête et suivit son colocataire dans les couloirs. Ce dernier arriva devant une porte qu'il défonça d'un coup d'épaule. La scène sur laquelle tombèrent les deux colocataires surprit beaucoup la jeune femme. En effet, voir son ami ancien militaire faire une clef de bras à un jeune homme inconnu était assez choquant.
- Appelle, les flics, ordonna John. Je crois qu'on a le coupable ! Ce con a essayé de me tuer avec du poison !
- C'est ça ! Cracha le suspect numéro à même le sol. Faites votre travail !
Un sourire fourbe germa sur le visage de Sherlock.
- Bien entendu, répondit-il. Mais je compte d'abord envoyé Lestrade chez ta sœur, histoire qu'il l'emmène avant toi.
- Léontine n'a rien à voir avec ça ! Rétorqua Arnaud.
- Bien sûr que si, s'impatienta le détective. Elle est ta complice. Vous avez utilisé votre ressemblance pour vous jouer de votre père et ainsi pouvoir le tuer sans vous faire prendre. Vous pensiez, qu'au pire des cas, seul l'un d'entre vous se ferait prendre et que l'autre pourrait continuer de s'occuper de Mathieu. Mais vous vous êtes trompés !
Durant le monologue de Sherlock, le suspect s'était considérablement calmé. John l'avait donc relâché et s'était empressé de s'éloigner sans jamais quitter le jeune homme des yeux.
- On ne voulait pas le tuer, reprit Arnaud en baissant les yeux. Il aurait suffi qu'il nous donne l'héritage.
- Ce n'était pas ce qui était convenu ? S'étonna Clémence.
- Papa avait prévu de tout donné à Hector pour se faire pardonner d'avoir reçu tout l'héritage de la part de leur parent, expliqua l'assassin. Il aimait beaucoup son frère.
- Autant que vous aimez votre sœur, fit remarquer la psychiatre.
- Elle avait besoin d'argent... Elle n'arrivait plus à s'occuper de Mathieu. Elle avait besoin de moi.
Clémence sentit son cœur se serrer. On ne peut pas le laisser aller en prison, pensa t-elle. Il ne voulait que le bien de ceux qu'il aime -sauf au sujet de son propre père...
- C'est ma petite sœur... Laissez là s'en tirer ! S'exclama Arnaud en se mettant à genoux. Tout ce qu'elle a fait, c'est acheter le produit pour les poux ! Je me suis occupé du cyanure ! Je l'ai versé dans le thé ! Je suis le seul coupable ! Je vous en supplie, monsieur Holmes, ne gâchez pas sa vie !
La jeune femme se tourna vers son colocataire, angoissée à l'idée de sa réponse. Sherlock pouvait se montrer terriblement violent dans ses propos.
- Vous êtes les seuls responsables de ce qui vous arrive, lança le détective. Et c'est à vous d'en assumer les faits.
Arnaud baissa la tête et se mit à sangloter.
- Vous n'êtes pas du genre à tuer... Qu'est ce qui vous y a poussé ? Demanda Sherlock.
- Un homme, répondit l'assassin d'une voix rauque sous la colère. On s'est rencontré au parc la semaine dernière. Il a été très gentil avec moi...
À ses côtés, Clémence sentit son homologue médecin se tendre.
- Son nom ?! S'exclama le détective, brusquement énervé.
- Moriarty.
La psychiatre écarquilla les yeux. Cet homme, Moriarty, il était déjà lié avec le meurtre d'Adam... Il l'avait aidé !
- Le salopard ! Jura John. Il nous teste ! Sherlock, bordel, où est-ce que tu vas ?!
Le détective n'écouta pas son ami et sortit de la pièce, suivi de près par l'ancien militaire. Cependant, aucun d'entre eux, n'eut pas le temps d'atteindre la porte d'entrée que celle-ci était poussée par Lestrade et son équipe. Ça y est, pensa Clémence. C'est maintenant que ma vie va devenir un enfer. Elle ferma les yeux pour se calmer tandis qu'elle voyait l'homme d'une quarantaine d'années s'approchait d'elle. La psychiatre attendit mais personne ne lui passa les menottes.
- Vous pouvez rouvrir les yeux, lança une voix froide.
Elle la reconnut aussitôt et obéit. L'homme devant elle était habillé d'un costume trois pièce et la fixait de ses yeux bleus glaces. Elle le connaissait. C'était l'homme qui l'avait invité à dîner la veille.
- C'est arrangé, déclara t-il.
- Vous êtes...
- Mycroft Holmes.
- Le grand-frère de Sherlock, compléta la jeune femme
Le regard agacé de son interlocuteur la fit se renfrogner
- Qu'est-ce qui est arrangé ? Demanda t-elle finalement.
- L'ambulance, répondit Mycroft.
- Que... ?!
- Elle a été ramené à St Bart, la coupa l'homme. J'ai aussi graissé la pâte des gens un peu trop... gênant.
- Je vous remercie, lui sourit Clémence. Mais... Pourquoi avoir fait ça ?
- Il est de mon devoir de réparer les erreurs de mon petit-frère. Si jamais il lui arrivait malheur, nos parents ne me le pardonneraient pas.
Le sourire de la jeune femme s'agrandit.
- Vous êtes un bon grand-frère, dit-elle d'une voix chaleureuse.
- Arrêtez donc de raconter ces bétises. Avez-vous reçu mon cadeau ?
- Un cadeau ?
- Un téléphone portable qui me permettrait de vous joindre à n'importe quelle heure, expliqua Mycroft d'une voix agacée.
- Je crois que Sherlock m'en a parlé ce matin...
Son interlocuteur hocha la tête et se détourna de la psychiatre, rejoignant la porte d'entrée.
- Attendez ! L'appela t-elle.
Mycrocft ne se retourna pas.
- Vous êtes venue ici juste pour me dire ça ?!
- Bien sûr que non ! S'agaça l'homme en sortant du bâtiment. C'est Sherlock que j'étais venu voir !
- Mais en sortant, vous avez dû le croiser ! Reprit Clémence.
Aucune voix ne lui parvint et elle en conclut que l'étrange frère du détective était parti. La jeune femme se tourna ensuite vers l'équipe de Lestrade qui s'activait autour du pauvre Arnaud. Chacun des policiers salua la psychiatre tout en embarquant l'homme.
- Alors comme ça, tu as choisi de rester avec le cinglé, siffla Sally Donovan. Viens pas te plaindre quand il t'aura bousillé !
- C'est un type bien quand il enlève son masque, tenta Clémence en souriant.
- Sauf qu'il le garde tout le temps, renchérit Anderson.
La jeune femme haussa les épaules, salua les deux gendarmes et sortit du bâtiment. Elle inspira tranquillement l'air pollué de Londres, songeant à l'enquête que Sherlock venait de conclure. Elle ne se sentait pas bien. Elle avait l'impression d'avoir un goût acide en bouche. Et la psychiatre savait très bien ce qu'il signifiait. Cette sensation... C'était celle de l'injustice, du désespoir. Clémence secoua la tête. Léontine et Arnaud avaient assassiné leur père. Ils méritaient tout les deux d'être enfermé pour leur crime. Mais, pensa la jeune femme, peut-on vraiment punir le fait de protéger sa sœur ? Et puis, qu'allait-il arriver à Mathieu ? Ce ne sont pas tes affaires.
N'ayant pas d'argent sur elle, la psychiatre retourna à l'hôpital à pied. Lorsqu'elle arriva là-bas, elle remarqua qu'une équipe de police interrogeaient ses collègues sur le vol d'une ambulance. Elle entendit, soulagée, que le véhicule avait bien été rendu à St Bart. Clémence se dirigea vers son bureau à l'étage et s'installa ensuite dans son fauteuil tout en soupirant. Elle n'eut pas le temps de se détendre que quelqu'un frappa à la porte.
- Entrée, maugréa la jeune femme.
Le docteur Smith poussa la porte mais préféra rester sur dans l'entrebâillement de celle-ci.
- Je peux faire quelque chose pour toi ? Demanda la psychiatre en baissant les yeux sur les piles de dossier sur son bureau.
- Ce n'est pas parce que tu as des contacts que tu peux tout te permettre ! S'exclama son interlocuteur.
Clémence sursauta et se tourna vers le docteur Smith. Il avait les cheveux emmêlés, les yeux écarquillés et les sourcils froncés. Son visage était rouge de colère.
- Tu as quitté l'hôpital il y a une heure, en laissant une consultation en plan ! Cracha l'homme. J'allais te virer mais j'ai reçu un appel de mon supérieur qui t'as protégé !
- Comment ça se fait ? S'étonna la jeune femme.
- Ce n'est pas le problème ! Tonna le docteur Smith. Je déteste les gens qui se font pistonner ! Tu n'es rien d'autre qu'un parasite !
- Je ne te permets pas ! Siffla la psychiatre en lui désignant la porte de la main. Sors de mon bureau, j'ai une consultation dans moins de quinze minutes !
Son interlocuteur ravala sûrement ses insultes et après avoir fusillé sa subordonnée du regard, il partit en claquant la porte derrière lui. Clémence grommela en se massant les tempes.
Smith ne l'aimait pas et s'était bien dommage. Il était plus facile de travailler avec des collègues aimables. Si seulement, la jeune femme était tombée sur quelqu'un d'attachant comme Molly, elle ne se fatiguerait pas à se disputer tout les jours !
Un homme frappa soudain à la porte, sortant la psychiatre de ses pensées. Elle reconnut rapidement le visage de son patient et se saisit de son dossier posé sur son bureau tout en l'invitant à s'asseoir. L'homme était âgé d'un vingtaine d'années et possédait un visage anguleux ainsi que de beaux cheveux châtains.
- Alors..., commença Clémence. Monsieur Thomas Stanford, vous êtes atteint d'agoraphobie de stade un. Monsieur Paladium vous avez délivré des anxiolytiques qui ont fait un travail admirable. Je vois. Vous vous sentez comment ?
- Très bien, répondit Thomas en hochant la tête. Mes crises d'angoisses ne se produisent que lorsque je suis entouré d'une foule.
- Pourquoi être venu alors ? Demanda la jeune femme.
- Vu que je me sens mieux, je n'ai plus besoin de venir ici ?
- L'agoraphobie...
- Est une maladie mentale qui doit être suivie, je sais tout ça, s'agaça légèrement le patient. Le problème, c'est que je viens de me marier et ma femme et moi, nous voulons un enfant.
La psychiatre haussa les sourcils.
- Je suis désolée mais je ne vois pas le problème, avoua t-elle.
- On a besoin d'argent et les séances de psy', ça coûte trop chère, expliqua clairement Thomas.
Son interlocutrice déglutit.
- Vous pouvez...
- Prendre un crédit ? Ria l'homme. Je ne veux pas de dette. N'essayez pas de me faire changer d'avis, je suis venu stopper mon suivi médical.
Clémence baissa les yeux sur le dossier de son patient et hocha la tête. Elle entendit Thomas la saluer et la porte se fermer. C'était son dernier rendez-vous de la journée. La jeune femme se frotta les tempes en soupirant. Elle aperçut distraitement une note posée sur son bureau. Elle s'en saisit et la lut.
«Dès que vous avez fini, aile de psychiatrie, chambre 847. Evelyne DesCamps, en état végétatif. Convainquez le petit-ami qu'il est préférable de la débrancher. Venez à mon bureau avant, je vous donnerais son dossier.
Smith»
- Encore lui, pensa tout haut la psychiatre.
Elle sortit de son bureau, prenant au passage la note de son supérieur, et prit l'ascenseur pour se diriger vers l'aile de chirurgie. La jeune femme retint son souffle et rejoignit, la tête baissée, le bureau du chef du chirurgie neuronale qui fut facilement à trouver grâce aux nombreux panneaux bordant les murs. Lorsque Clémence arriva à destination, elle frappa consciencieusement à la porte avant d'entrer. Smith était assis à son bureau, plusieurs piles de dossiers l'entourant.
- Sur le canapé, déclara l'homme sans lever les yeux de son travail.
La psychiatre tourna la tête vers le dit canapé et se saisit d'un dossier d'environ cinq feuilles.
- Ce sont les avis médicales d'une dizaine de médecins, lança le chirurgien. J'ai déjà montré tout ça au petit-ami mais je n'arrive pas à lui faire entendre raison.
J'imagine qu'il est la personne la plus proche de la victime, commenta la jeune femme.
- C'est exact.
- Très bien, je vais m'occuper de tout ça, déclara Clémence en pivotant vers la porte, le dossier toujours en main.
- Docteur Bron ?
La psychiatre se stoppa et tourna la tête vers son supérieur qui se passa une main sur le visage.
- Je sais que vous ne m'aimez pas.
- Vous ne reconnaissez pas mon travail, rappela aussitôt la jeune femme.
- … Vous n'êtes pas qualifié pour la médecine. Je suis désolé mais je me dois de vous le dire, lui avoua Smith. Vous seriez mieux ailleurs. Et temps que vous ne l'aurez pas compris, je vous le dirais.
- C'est du harcèlement, siffla Clémence.
Son supérieur leva la tête vers elle et planta ses yeux dans les siens.
- Oui, déclara t-il d'une voix sûre.
La psychiatre n'en entendit pas plus. Elle sortit du bureau et retourna aussitôt se réfugier dans son aile médicale où elle s'assit sur un banc. La jeune femme ouvrit le dossier qui lui avait été donné et le parcourut rapidement des yeux, tentant d'oublier l'agaçant Smith -à égalité avec Sherlock.
Elle apprit ainsi que la victime, Evelyne DesChamps, était âgée d'une quarantaine d'années. Elle avait tenté de se tuer en se tirant une balle dans la tête. Cependant, les secours, appelés par son petit-ami, avaient réussi à la «sauver». Du moins, physiquement parlant. D'après les rapports de dix médecins, il n'y avait plus rien à faire pour Evelyne à part la débrancher. Ils avaient tenté d'en parler avec son petit-ami mais celui-ci s'était brusquement "énervé". Il avait proféré plusieurs menaces tout en faisan preuve d'un calme admirable. Devant cette attitude peu saine, Smith avait fait appel à la jeune femme pour convaincre le petit-ami.
Elle était psychiatre. Elle pouvait entrer dans la tête de l'homme, le rassurer, le calmer. Clémence aperçut le nom du fameux petit-ami sur l'une des feuilles avant de refermer le dossier.
Jim Ytrairom, tel était le nom imprononçable de son patient.
Clémence avait pourtant l'impression de l'avoir déjà entendu. Impossible, pensa t-elle en secouant la tête. Je m'en serais souvenue. La jeune femme se stoppa, fixant le sol, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Elle venait de comprendre. Elle avait compris. La psychiatre inspira profondément et leva les yeux au ciel.
- Un mot à l'envers, constata t-elle en faisant demi-tour.
Ytrairom.
Ou plutôt, Moriarty.
Je vous rassure, s'en est fini avec les enquêtes de mon imagination ! La prochaine sera tirée de la série, donc elle sera plus réaliste ! Que pensez-vous du fait que Moriarty est partout ? Ou simplement du fait que Mycroft a l'air de jouer un rôle important dans la vie professionnelle de Clémence ? ça cache quelque chose d'après vous ou c'est simplement de la gentillesse ?
En espérant que vous avez aimé ce chapitre !
MsDayva: Et bien, voilà, tu as le chapitre 9 ! :D
DICB: La dernière fois que j'ai vu ce film... C'était il y a tellement longtemps ! XD Non, ce n'est pas une référence mais tu peux la voir si tu veux ! Je vais regarder le film de Sherlock Holmes, tiens ! Merci !
bee: Désolée ! ^^" J'espère que ce chapitre t'as plu !
