Bien dernier chapitre. Merci à ceux et celles qui ont suivi. Ne vous en faites pas, vous aurez encore de la lecture. En atendant, amusez-vou bien .
Roy n'était pas ravi que Riza soit partie de chez lui, mais il estimait que c'était une mesure de sécurité. Si jamais il lui faisait du mal, il ne se le pardonnerait jamais. Plutôt mourir que de la blesser. Pour le moment, Roy était avec l'homme-varan. Ce dernier se préparait à passer l'hiver. Le colonel l'accompagnait de temps à autres au cours de ses chasses. Mustang arrivait à le convaincre de ne pas tuer des gens. Cependant, ça commençait à énerver le bonhomme.

" J'ai besoin de viande ! Et les humains sont les seuls à pouvoir m'en fournir suffisamment !" s'exclama le reptile quand Roy l'eut encore empêché de commettre un massacre.

" Chasse autre chose !" rétorqua le soldat.

" Comme quoi ? Il n'y a pas de proies consistantes ici. Nous mangeons ce que nous trouvons."

Roy tiqua. Cela faisait un moment qu'il vivait sur ses réserves. Mais elles ne seraient pas éternelles et il devrait bientôt faire comme son compagnon. Voilà trois jours qu'il n'était pas retourné au Q.G. Son état se voyait trop à présent. Ses yeux le trahissaient, et si les hauts-gradés venaient à savoir ce qu'il était, il était bon pour le laboratoire.

Et s'il leur expliquait le pourquoi du comment, ce serait Maya qui aurait des ennuis. L'armée voudrait l'intégrer, et elle serait forcée de créer des soldats-chimères. Une horreur de plus, que Roy tenait absolument à éviter. Donc pour le moment ... il restait à l'écart de la société.

Sans parler de ses sautes d'humeur. Roy était agressif par moments, et se mettait à massacrer de pauvres bêtes qui passaient à sa portée. Le colonel ne savait pas à quoi c'était dû. Mais dans ces cas-là, il était incontrôlable. Pour le moment, le chat humain somnolait sur le toit d'une cabane abandonnée. Le reptile prenait lui aussi le soleil. Roy darda un oeil sur lui.

" Suis-je condamné à devenir comme lui ? Une bête meurtrière, inhumaine ?" se demanda-t-il.

Qui sait. Cette idée lui donnait froid dans le dos. Il tourna la tête pour ne plus voir l'autre chimère.


De son côté, Riza avait la tête appuyée contre la fenêtre de son salon. Roy lui manquait, terriblement. Où était-il ? Comment allait-il ? Jusque là il n'y avait pas eu de nouveau meurtres, et la jeune femme devinait que son amant y était pour quelque chose. Il continuait à agir, malgré son état.

" Je devrais peut-être essayer de le voir. Mais l'autre risque de me trouver en premier et alors là ..." se dit-elle.

Toutefois l'envie de revoir Roy devenait de plus en forte. N'y tenant plus, Riza se leva, attrapa une veste et sortit. Elle savait bien qu'elle faisait une bêtise, sa raison le lui hurlait mais il fallait qu'elle y aille. Il lui avait dit que le lézard vivait dans une cave ... c'était une piste. La jeune femme, avait pris son chien avec elle, et lui fit sentir la casquette de son supérieur. Hayate chercha, puis partit sur la gauche.

Ils traversèrent ainsi une bonne partie de la ville. Riza arriva prè d'un terrain abandonné. Elle repéra vite la silhouette tant aimée. Elle sourit avec tendresse. Bien qu'elle mourait d'envie d'aller le rejoindre, le lieutenant se força à rester là où elle était. Roy paraissait dormir. Mais au fait où se trouvait l'autre chimère ?

Riza regarda attentivement autour d'elle. Rien.

Elle l'aperçut soudain non loin de Roy, en train de dormir lui aussi. Soudain, elle crut entendre un bruit de moteur. Mustang agita les oreilles, puis releva la tête. Une porte claqua. Des gens dévalèrent la pente menant à la route.

" ALERTE !" s'exclama Roy.

La bande de West City. Ils avaient fini par les retrouver. Le reptile se releva vivement puis flanqua un coup de queue à un premier assaillant. Roy se jeta sur le reste. Riza n'hésita pas à entrer dans la danse à son tour. Elle lança Hayate à l'attaque. Ca mordait, griffait et frappait dans tous les sens. Les chimères faisaient couler le sang à flots. Roy découvrit soudain Riza au milieu de cet affrontement pour le moins barbare.

Le reptile risquait de la confondre avec les autres. La jeune femme finissait de cogner un des attaquants. L'homme-varan fit voltiger trois types, quand il découvrit Hawkeye. Avec sa rapidité reptilienne, il se précipita vers elle. La blonde fut violemment fauchée. Il allait pour la mordre, quand il reçut un puissant coup de griffe qui le fit aller sur le côté.

" Pas touche." fit Roy qui s'était mis en travers de Riza, toujours à terre.

" Dis donc toi ! Ca va pas de me griffer ?" répliqua l'autre, une moitié de visage balafrée.

" Tu ne m'a pas laissé le choix. Ne l'approche plus ou t'aura affaire à moi." avertit Roy.

Les oreilles en arrière, il feula pour montrer ses crocs capables de déchirer une gorge. Le reptile eut l'air de prendre son avertissement au sérieux. Il retourna s'occuper des hommes qui se relevaient. Roy recula, et s'assit à la manière d'un chat. Riza se redressa.

" Tu devrais partir maintenant." dit-il d'un ton neutre.

" Mais Roy ..."

" Allez file." coupa-t-il.

Il s'éloigna à petites foulées. La bande était ... hors course. Riza se releva. Roy lui tournait le dos, lui signifiant clairement son congé. La jeune femme s'en alla donc, avec un profonds chagrin. Mustang lui, plantait les griffes dans le sol pour ne pas lui courir après. Elle était en danger ici. Il fallait qu'elle s'en aille. Le varan observa le soldat.

" Ca a l'air charmant entre vous." dit-il.

" Si ça ne t'ennuie pas j'aimerais autant que tu la ferme." lança Roy.

" Hé ho hé ho ! Reste poli ! N'oublie pas que c'est moi t'ai recueilli." rappela la chimère.

Ca se dit-il, il ne risquait pas de l'oublier. Roy décida d'aller faire un tour Le coin étant assez isolé, il pouvait se promener tranquillement. Le chat alla se percher dans un pommier, et s'allongea sur une branche, laissant une jambe pendre dans le vide. Il soupira.

" Riza ... pardonne-moi mon amour, j'espère que tu me comprends. C'est pour ton bien que je t'éloigne de moi." pensa-t-il.


Pour sa part, le lieutenant était rentrée chez elle. Son coeur lui faisait terriblement mal. Riza avait l'impression que son supérieur ne l'aimait plus. Ses yeux lui piquèrent, puis elle finit par éclater en sanglots. Son chien la consola comme il put. Riza le remercia et essuya ses yeux.

" Tu as raison mon chien. Je ne dois pas me laisser aller. Je vais arrêter cette chimère, c'est le seul moyen pour que Roy redevienne normal." dit-elle.

Forte de cette détermination, Riza put affronter sa première journée sans Mustang.

Le lendemain, elle arriva au Q.G d'un pas martial. Ses subordonnés échangèrent un regard. Il allait se passer des choses aujourd'hui.

" Messieurs, j'ai des nouvelles importantes pour notre enquête." commença-t-elle.

Riza referma la porte, posa ses affaires avant d'aller se poster devant ses collègues alignés.

" Vous savez ce qui arrive à notre colonel. Il est récemment venu me rendre visite et m'a indiqué où la chimère se trouvait. Je suis allée voir l'endroit et nous allons donc pouvoir capturer ce semblant de sac à main." continua-t-elle.

Hawkeye en voulait beaucoup à ce type, jugèrent les gars. Rien qu'à voir les étincelles dans ses yeux ... La jeune femme déplia une carte où elle entoura le repaire de la chimère.

" Havoc, vous, Falman et votre équipe vous arriverez par là. Breda, moi et les autres nous viendrons ici, et sergent Fuery vous dirigerez une dernière unité par là." continua Riza tout en montrant les différents coins.

Tous acquiescèrent. Ils allaient le piéger ce coup-ci.

" Lieutenant, et le colonel ? Tout le monde risque de le voir." intervint Kain.

" Je le préviendrais." répondit la militaire.

Tous le monde fit le salut militaire. Riza commença à organiser l'intervention. Il lui fallait aussi trouver comment joindre Roy. Ca risquait d'être très difficile ...

La journée passa sans qu'elle ne trouve une solution. Soudain, en regardant par la fenêtre, la blonde eut une idée.

" Mais oui c'est ça ! Je vais aller chez lui."

Riza s'empressa de quitter le bureau. Elle se rendit chez son petit ami en toute hâte, espérant qu'il n'était pas sorti vadrouiller. Elle toqua à sa porte.


Dedans, Roy se demandait bien qui pouvait venir le voir. Il s'approcha à pas de loup et écouta. Il entendait une respiration à travers la porte.

" Roy tu es là ? J'ai quelque chose à te dire c'est important !" fit Riza.

Mustang soupira discrètement. Il lui ouvrit ensuite et sécarta pour la laisser entrer.

" Bonsoir petite fleur." dit-il.

Petite fleur ... un surnom affectueux qu'il lui donnait parfois. Riza serra les poings. Elle inspira, puis dit ce qu'elle devait dire :

" J'organise une opération pour coincer la chimère. Par conséquent j'aimerais que tu t'éloigne à ce moment-là."

" Je vois. Je serais quand même là, mais caché. Je parerais à toute fuite." répondit Roy.

" Très bien. C'est tout ce que j'avais à dire."

Roy hocha la tête ... puis ronronna. Riza écarquilla les yeux. Il était donc content de la voir ? Elle sourit avec tendresse, et s'approcha de lui. Roy se pencha et lui donna un petit coup de langue. Riza lui caressa la joue, puis lui gratta le ventre.

En réponse le chat ronronna plus fort et la serra contre lui. Le petit câlin dura un moment.

" Allez, tu devrais y aller. On reprendra ça quand cette histoire sera terminée." dit Roy.

" Bon d'accord. Ah au fait, l'opération est pour demain." prévint la blonde.

Roy acquiesça, et elle s'en alla. Le jour suivant, Mustang s'arrangea pour s'esquiver du repaire. Pensant qu'il se promenait comme toujours, le reptile ne se douta de rien. Depuis son poste en hauteur, le colonel vit arriver le détachement militaire. D'où il était il était bien caché. Riza avait fait les choses en grand : les unités encerclaient le coin. L'homme-chimère perçut les ondes que faisaient les soldats se déplaçant. Il huma l'air, détectant la présence des hommes. Il siffla de rage, et fila vers une sortie de secours qu'il avait prévu.

De sorte que les militaires trouvèrent l'endroit désert en débarquant. Riza pesta. Roy lui, vit filer la chimère. Il la suivit discrètement.

" Voyez-vous ça ! Il avait une autre tanière le bougre." pensa Roy.

La chimère venait en effet d'entrer dans un garage abadonné. Cette information découverte, le chat s'en alla. Le soir venu, il se rendit chez Riza. La jeune femme fut surprise de l'entendre miauler.

" Roy !" dit-elle en ouvrant la porte-fenêtre de son balcon.

Le beau brun entra la queue relevée.

" Qu'est-ce que tu ..." commença Riza.

" Je sais où se terre la chimère. Il a une autre tanière, et je vais aller m'occuper de lui ce soir." annonça Roy.

" Seul ? C'est bien trop dangereux !" fit Riza.

" Je suis de taille à lutter contre lui ne t'en fais pas." répondit doucement Mustang.

Riza n'était pas rassurée pour autant. Il lui caressa la joue, puis retourna sur le balcon. Il sauta la tête la première dans le vide et se réceptionna sur ses quatre membres. Mustang se rendit à la tanière du reptile. Ce dernier venait justement d'en sortir.

" Te voilà toi. Tes copains les militaires sont venus me rendre une petite visite, et j'ai pas beaucoup apprécié." lança-t-il.

" Et ça t'étonne ? Après ce que tu as fait il est normal qu'ils veuillent t'arrêter." répliqua Roy.

" T'as pas l'air surpris de ce que je viens de te dire. Je parie que t'étais au courant." devina le varan.

" En effet. Et ce soir j'ai l'intention d'en finir avec toi."

Les deux chimères se jaugèrent du regard durant un moment. Puis ils plongèrent en avant au même moment, se précipitant à quatre pattes vers l'autre. Roy prit appui sur la tête de son adversaire, courut sur son dos et atterrit plus loin. Le chat empoigna un couvercle de poubelle qu'il lui lança. Le varan l'évita de peu. Le colonel lui lança ensuite la poubelle, que le reptile prit sur le dos.

Malgré le choc, l'homme-varan parvint à rejoindre Mustang. Sachant que les griffes de son ennemi étaient plus grosses que les siennes, le brun s'affaira à les éviter autant que possible. Et en dépit de sa force, le lézard n'avait pas l'expérience du combat. L'alchimiste eut donc un bon avantage. Soudain, Roy fut percuté à l'estomac par l'épaisse queue de la chimère. Il boula par terre.

Il eut le souffle coupé. Son adversaire s'apprêta à lui porter le coup de grâce. Mais Roy se saisit d'une bouteille vide qu'il brisa sur la tête du lézard. Il en profita pour attaquer à son tour.


Chez elle, Riza était allongée sur son lit. Sachant l'homme qu'elle aimait éperdument en train de se battre contre une puissante chimère, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Si seulement il lui avait dit où il allait ! La jeune femme tourna et vira dans sa couche. Riza se faisait un sang d'encre pour Roy.

Elle regarda l'heure à son réveil : une heure du matin. La nuit était loin d'être finie.

" Mon Roy ... revient vite s'il te plaît ... et intact." pensa-t-elle.

Une heure et quart, toujours pas de chat. En même temps, peut-être qu'il retournerait chez lui. Le lieutenant se dit qu'elle devrait peut-être l'appeler. N'y tenant plus, Riza se leva d'un bond et se précipita vers le téléphone. Elle composa le numéro de son supérieur fébrilement. Une sonnerie, deux ... puis trois ... Riza raccrocha au bout de cinq sonneries.

Elle s'assit ensuite à côté du téléphone. Elle resta prostrée durant une bonne vingtaine de minutes. Ensuite, elle reprit le téléphone. Toujours rien. Le lieutenant appela chez son amant au moins six fois, sans résultat. Lasse, Riza regagna sa chambre. Il était deux heures et demi à présent. Elle avait vraiment peur qu'il ne lui soit arrivé malheur. Riza sentit les larmes lui piquer les yeux.

" Faites qu'il ne lui soit rien arrivé, faites qu'il revienne vivant et pas trop blessé ! Je vous en supplie !"

Riza ne savait au juste à qui elle s'adressait, mais espérait qu'on l'entende. Encore plus tard, Hayate entendit un bruit dans le salon. Il alla voir, pour découvrit deux yeux brillants qu'il connaissait bien. Aussitôt il fila se cacher dans la cuisine. Une forme se mouva dans l'appartement. Arrivée devant la chambre de Riza, elle ouvrit tout doucement la porte.

Quelques instants plus tard, la jeune femme sentit un poids sur son lit. Elle alluma vivement la lumière.

" ROY !"

Le brun lui sourit. La première chose qu'elle remarqua fut que ses yeux étaient de nouveau noirs et avec la pupille ronde. Riza se redressa pour le serrer contre elle. Le beau brun se mit aussitôt à ronronner, se frottant contre elle et lui léchant le visage.

" J'étais morte d'inquiétude mon amour ! Tu n'es pas blessé ?" demanda-t-elle.

" Juste quelque bleus et égratignures, rien de grave." répondit Roy.

" Et la chimère ?"

" Morte."

Riza promena ses doigts dans la crinière brune. Roy roula sur le dos. La jeune femme s'allongea près de lui en lui caressant le ventre. Le chat la serra contre lui, et ils finirent par s'endormir.


Le matin suivant, le lieutenant envoya une équipe récupérer le corps de la chimère. Pendant ce temps, Roy se rendit chez Maya reprendre son apparence.

" C'est dommage de l'avoir tué, mais vu ses crimes je crois qu'en fin de compte il n'aurait pas échappé à la peine capitale." dit-elle après la transformation.

" Non en effet. En tout cas merci de votre coopération." répondit Roy.

" De rien ! Bonne continuation."

" A vous aussi."

Le colonel rentra donc à son bureau, pour avoir la surprise, si l'on peut dire, de le trouver sous un amoncellement de dossier.

" Et cette fois, tu ne peux te cacher nulle part." sussurra Riza derrière lui.

" TT !! T'es vraiment cruelle quand tu t'y mets."

" Ca fait partie de mon charme. Allez au boulot colonel !" répliqua la jeune femme.

Roy se rendit en à son bureau en bougonnant, et se décida à se mettre au travail.

" Tiens pendant que j'y pense : nous avons quelque chose en suspens il me semble." reprit Riza.

Roy releva la tête intrigué. Puis il se rappela de quoi il s'agissait, et son coeur se mit à danser la conga.

" Alors ... tu as réfléchi ?" demanda-t-il.

Riza lui apporta une pile de dossier, la déposa puis se pencha vers lui.

" La réponse est oui. Je rêve depuis des années de devenir madame Mustang." dit-elle à mi-voix.

Roy l'embrassa fougueusement pour manifester sa joie.

" Par contre, j'espère que la pile de dossier de fait pas office de ... bague de fiançailles ? Parce c'est plutôt lourd et encombrant là." dit-il.

" Mais non idiot ! " sourit Riza.

Elle l'embrassa encore, heureuse comme jamais.