Chapitre 8 : Retour

(Matsuyama)

C'est mon dernier avant un "petit" moment...


"Votre Majesté ?"

Hohenheim leva la tête de ses papiers, et vit le grand homme aux lunettes noires s'approcher d'un pas sûr ; le Roi n'aimait pas cet homme. Il symbolisait le chantage dont il était victime. Il le haïssait presque autant que sa maîtresse...

"Oui ?"

"Je crois que la jeune mademoiselle Winry a quelque chose de très intéressant à vous dire."

"Où est-elle ?"

"Elle est timide, Votre Majesté. Faites-la mander auprès de vous, et je suis certain qu'elle vous informera de cette importante nouvelle."

Le large sourire de l'homme fit presque frissonner le Roi. Mais il n'en montra rien, et lui fit simplement signe de sortir.

Toutefois, il obéit, et Winry fut forcée de se rendre dans la salle de réunion où siégeait le Roi. Elle fut annoncée, et entra lentement, anxieuse au possible. Hohenheim lui sourit gentiment, et l'invita à s'asseoir à sa gauche. La jeune fille préféra s'incliner profondément.

"Vous m'avez demandée, Votre Majesté ?"

"Oui, ma petite. Il paraît que tu as quelque chose d'important à me dire."

Winry devint cramoisie, gênée et terrifiée.

"De... d'important... ? Votre Majesté ?"

"Hm hm"

"Je ne... vois pas ce que... vous voulez dire... Qu'aurai-je d'important à vous apprendre ?"

"Au sujet de mon fils, je suppose."

"Pa... Pardon ?"

Le Roi sourit et il lui releva la tête d'un doigt sous le menton. Elle rougit encore plus ; le regard bienveillant du Roi la fit se sentir coupable.

"Je sais que tu as un faible pour mon fils." annonça-t-il, une lueur amusée dans les yeux. "Mais tu sais aussi qu'il est important pour le Royaume qu'il parte bientôt."

"Je... je sais, oui..."

"Alors, qu'as-tu à me dire à son sujet ?"

En réalité, Hohenheim ne s'attendait absolument pas à la révélation de la jeune fille. Il pensait qu'elle allait lui demander la permission de passer plus de temps avec lui, ou bien le supplier qu'il le fasse rester. Elle ne comprenait pas la situation, et il ne pouvait rien lui dire. Cela faisait partie du marché. Personne ne savait rien, à part Edward, cet homme et lui-même.

Aussi fut-il grandement surpris lorsque Winry éclata en sanglots, et lui annonça en larmes :

"Je suis désolée, Votre Majesté, il s'est enfui, je ne savais pas, ce n'est pas ma faute !!"

Il écarquilla les yeux, et pendant que la petite sanglotait à genoux au sol, il finit par comprendre qu'Edward n'était plus dans sa chambre.


"Vous !!"

L'homme regarda le Roi furieux, souriant simplement de ce sourire malsain.

"Vous le saviez ! Pourquoi ne pas m'en avoir informé immédiatement !?"

"Je préférais laisser faire Mademoiselle ici présente ; c'est elle qui a fait la découverte, après tout."

"Greed ! Qu'avez-vous à gagner dans cette histoire !"

"Plus que vous ne le croyez."

Hohenheim se calma quelque peu pour demander : "Cela aura-t-il une incidence quelconque sur notre accord ?"

"Je pense que si vous le retrouvez à temps, il sera inutile de parler de cette petite mésaventure."

"... Merci."

Peu après cette échange, le Roi donna ordre à un groupe de dix soldats, l'élite de son armée, de patrouiller la ville à la recherche du Prince. Il leur montra pour seule information, un minuscule portrait du jeune homme, qu'il conservait dans un médaillon suspendu à son cou.


Cinq jours plus tard.


"Vous allez où, aujourd'hui ?"

Sans le regarder, Roy continua à se préparer et répondit simplement : "En ville."

Maes fronça les sourcils, et siffla :

"Et plus précisément ? Tu comptes l'emmener dans un endroit romantique... ?"

"Question romantisme, je pense que je suis servi..."

"Ah bon ??"

Roy ricana : "Tout ce qu'il a à faire là-haut, c'est lire... Je crois que les romans ne manquent pas, dans sa chambre..."

"Ah oui ? Tu as reconnu des choses ?"

"Le coup du coucher de soleil, c'était pas improvisé..."

Maes éclata de rire ; il avait évidemment exigé tous les détails de la soirée "pique-nique", et Roy avait bien fini par lui avouer. Tout cela, bien entendu, sous le nez d'Edward tranquillement allongé sur le lit d'en face, plongé dans un bouquin. Maintenant qu'il y repensait, c'était peut-être à cause de ça que Roy avait autant bafouillé et rougi...

"S'il n'y avait que le coucher de soleil... !" fit Maes avec un sourire en coin, bien décidé à se moquer de lui. Comme prévu, Roy prit des couleurs, et resta résolument dos à son meilleur ami. Meilleur ami qui commençait légèrement à lui pomper l'air si l'on peut dire...

Effectivement, après le coucher de soleil (et ce qui allait avec) il y avait eu le dîner au restaurant (bien différent des précédents...), et la balade sur le lac, de l'autre côté de la forêt. Oh, ç'avait été une très jolie balade ; le temps était clair, la barque glissait sur l'eau avec délicatesse, et de magnifiques camélias aux grandes fleurs rouges et roses, au-dessus d'iris bordant la rive, leur donnaient un peu d'intimité. Pas étonnant donc, que Roy ait passé la matinée à regarder ailleurs, trop gêné par le regard on-ne-peut-plus expressif du blond en face de lui...

Devant un Maes hilare, Roy préféra sortir, et rejoignit le blond de ses pensées dans le couloir ; ils se sourirent, et quittèrent l'auberge. (1)


Jean Havoc était le meilleur tireur de l'unité d'élite de l'armée du Roi. Sa mission : retrouver le Prince, avec ses hommes. Il avait dirigé l'équipe avec beaucoup de savoir-faire, et opté pour une recherche discrète, déguisés en civils. Il avait séparé ses hommes, et chacun avait fouillé une partie de la ville – c'est-à-dire les quartiers entourant le Palais, où vivaient la plupart des gens aisés. Mais bientôt, ils durent se résoudre à continuer dans les autres quartiers de la ville, mais il était certain que le Prince n'avait pas pu aller dans de tels endroits... C'était bon pour le peuple, pas pour un membre de la famille royale... !

Toutefois, Havoc fut le premier à apprendre qu'Edward avait bel et bien été vu dans le sud de la ville. Il découvrit en quelques jours l'auberge que tenaient les Hugues. Madame Hugues n'étant bien évidemment au courant de rien, et ne soupçonnant pas qu'il s'agissait d'un soldat, lui indiqua aimablement où étaient partis Roy et le blond. Havoc sourit, et repartit à la recherche de ses hommes, à qui il donna ses ordres...


Le pont fleuri était indéniablement l'endroit préféré d'Edward. À chaque fois qu'il pouvait, il y entraînait Roy pour y passer des heures, à regarder les fleurs multicolores et la rivière s'écouler... Ils étaient assis sur le banc, simplement l'un contre l'autre.

Edward n'était pas vraiment tranquille ; au cours de leur marche jusqu'au pont, il avait vu plusieurs silhouettes semblables autour d'eux, qui manifestement les suivaient. Il poussa un gros soupir.

"Quelque chose ne va pas ?" fit Roy en baissant les yeux vers lui.

"Hm... Non, tout va bien."

"Tu es sûr ? Tu as l'air triste..."

"Roy. Je veux te dire que ces trois semaines avec toi étaient vraiment merveilleuses."

Roy se redressa sur le banc, et le fixa, un peu inquiet : "Merci, mais... Pourquoi dis-tu cela ?"

"Tu as été un hôte très attentionné." sourit gentiment le blond. Roy ne comprenait pas trop ce qui se passait, mais il avait comme un mauvais pressentiment...

"Tu... vas devoir rentrer, c'est ça ?"

"Oui. C'est bizarre, je ne pensais pas que ça serait aussi difficile..."

"Tu peux bien rester encore, non ? Après tout, s'il n'y a pas de soldats dans les rues, c'est qu'ils ne savent toujours pas que tu es parti, n'est-ce pas ?"

"Et bien, en fait..."

Deux groupes de silhouettes se déplaçaient de chaque côté de la rivière, en direction du pont. Edward les désigna d'un mouvement de tête, avant de sourire à nouveau tristement.

"Je suis désolé, Roy. J'ai passé des moments très agréables. Merci pour tout."

Roy se leva du banc, plus qu'inquiet : "Comment ça ? Ce sont... !"

Le Prince baissa les yeux. De chaque côté de la passerelle, cinq hommes armés de fusils avancèrent dans leur direction. Roy leva les mains, et jeta un regard presque désespéré au blond.

"Edward..."

L'un des soldats s'approcha, et tendit une large cape à capuche, qu'Edward revêtit docilement. Il s'adressa une dernière fois au brun, qui semblait chercher un moyen de le retenir.

"Ed... s'il-te-plaît."

"Je regrette, Roy."

Et il se détourna, caché sous la capuche, pour suivre le groupe de soldats qui le ramenait au Palais. Roy le regarda partir, le coeur serré.


Quand il disparut au coin d'une rue, un coup violent sur son crâne le fit tomber à terre ; d'un coup de pied, il fut aplati au sol.

"Que ?!"

L'homme blond au-dessus de lui sourit : "Voilà ce qui arrive quand on s'en prend au Prince."

"... Quoi ? Non, je..."

"Garde ta salive ! Tu raconteras tout ça au prêtre quand il viendra te voir avant de te faire fusiller !"

Ils le relevèrent durement, et l'entraînèrent à travers la ville, vers le Palais.


(1) Tout ce paragraphe est bien sûr une référence à "Voyage à Ilix", de Astate. Combien d'entre nous a-t-elle frustrés, avec ce maudit coucher de soleil ?! Oh, et je vous laisse imaginer ce qui s'est passé au restaurant... (non, en fait, il s'est rien passé, Ed avait les jambes trop courtes pour ça. Chuis suicidaire, on dirait... Nan ! Ed ! Pas taper !!)


Aha !! Quelle sadique je suis de vous laisser sur une scène pareille !! ¤trop fière¤

Et moi alors ? Qu'est-ce que je suis censée faire maintenant ??

Ce que tu veux... Quand tu auras le temps...

Il est hors de question que je les laisse tuer Roy ! Comment je vais le sauver ??

Ça, c'est pas mon problème... ! À vous les commentaires !