voici le chapitre fatidique que vous attendiez avec tant d'impatience! j'espère qu'il ne vous décevra pas trop même si j'ai du mal à faire durer l'action à proprement parler!

par dessus le marché, je suis malade et j'ai donc tout mon temps pour écrire la suite des aventures de ma pauvre héroïne!

je poste la suite le plus vite possible et en attendant, je vous souhaite une excellente lecture, et vous remercie pour toutes vos reviews qui me font à chaque fois chaud au coeur et qui m'incitent à continuer!

ps: si vous avez un bout de temps, allez jeter un coup d'oeil à mon autre fic, " la fiancée de Sirius" car elle me tient aussi à coeur même si le style n'a rien à voir avec celui de "l'art délicat..."!

bisoux à toutes et merci de votre fidélité!

Chapitre 9 : Caliente, Caliente !

La pièce dans laquelle nous venons de pénétrer est relativement petite si on la compare aux autres salles du château. Elle est assez haute de plafond et uniquement meublée d'un canapé en velours rouge complètement défraîchi et d'un encombrement de chaises cassées.

-Charmant, le cadre.

-Tu peux faire ta snob mais rira bien qui rira le dernier, Mlle la Serpentarde.

-Ça te gène tant que ça que je sois à Serpentard ?

-Je dirais que c'est sûrement ton plus gros défaut, en ne mentionnant pas le fait que tu essaies en vain de redonner à Servilo un peu de dignité.

-Tu es borné, c'est pas croyable.

-On ferait mieux d'arrêter de s'engueuler avant d'avoir commencé.

-Commencé quoi ?

Et là, comme pour répondre à ma question, il agite sa baguette et fait apparaître un vieux phonographe et des vêtements noirs. Ma terreur grandit lorsqu'il brandit victorieusement une robe couleur de jais qui parait très moulante et me la tend.

-Tiens, enfile-la, je ferme les yeux.

Comme si il croyait être respectueux, ce pervers. Néanmoins, le pervers est très séduisant, d'autant plus que nous sommes seuls dans une partie inconnue du château alors que nous devrions être au lit depuis longtemps.

Il se retourne et je me dépêche de mettre la tenue qui vient de quitter ses mains si sensuelles. Je la regarde un instant avec des yeux mièvres puis essaie de l'enfiler.

-Mais nom d'un dragon boiteux ! Où est-ce que tu as trouvé cette fichue robe ?

-Ah, ah, je tiens à garder le mystère.

J'ai l'impression d'entendre un ricanement étouffé mais il ne semble pas venir de Sirius.

-C'est ça ta conception du romantisme ? Et qu'est-ce que tu offres aux filles pour la St Valentin ? Un filet du diable en bouquet ?

-Je n'offre rien à personne pour cette fête débile.

Bien, je sais maintenant qu'il est à moitié frigide. Mieux vaut être prévenue.

Je n'arrive toujours pas à remonter la fermeture éclair de la robe qui semble un peu trop décolletée à mon goût.

-Dis, tu veux bien m'aider avec…

Mais je n'ai pas la force de terminer ma phrase. Il est en train de se déshabiller : il a déjà enlevé sa chemise et il s'apprêtait à faire subir le même sort à son pantalon mais j'ai la nette impression que je n'aurais pas la chance d'admirer un tel spectacle. Pourtant, rien que la vision de son torse nu suffira sûrement à alimenter mes fantasmes pendant une bonne décennie. Indéniablement, il est musclé. Mais il est bien loin d'avoir une carrure de géant qui aurait abusé de la soupe aux pois durant son enfance (et oui, la soupe ça fait grandir, pour les incultes). Il est svelte, a de jolis petits pectoraux et on pourrait faire au moins assez de tartes au chocolat pour nourrir tout Poudlard rien qu'avec les réserves de cacao de son ventre. Il est quasi imberbe-ce qui me prouve qu'à défaut d'être à Gryffondor, il n'est pas hybride au point de faire partie de la famille du Yéti- sauf au niveau du nombril. Bref, il est tellement sexy qu'on pourrait croire qu'il va s'évaporer ou fondre comme un bonhomme en sucre (clin d'œil à « pain d'épice » lolo !), car un type aussi charmant doit rester un rêve.

-Je t'ai dis que tu pouvais te retourner ?

-Excuse-moi, je …

-Ne t'excuse pas, ce sera encore plus facile que prévu.

Il me fait un clin d'œil soi-disant complice. Cruelle ironie du sort, n'est-ce pas ?

J'ai l'impression que mes joues viennent de subir un sort d'inflammation.

Je ravale la salive qui menace de tomber de mes babines alléchées ainsi que ma soi-disant fierté.

Il s'approche néanmoins de moi et me propose de fermer ma fermeture éclair.

Que d'attentions…

Lorsqu'il me touche, je frissonne comme si je venais de rencontrer un Détraqueur opiniâtrement coriace. Le contact de ses doigts sur ma peau est exquis, j'ai l'impression qu'il me caresse avec une plume de phénix particulièrement douce.

-Bon, maintenant, tu enfiles les chaussures et on peut commencer.

-Quelles chaussures ?

-Ces chaussures.

Il me tend une paire d'escarpins noirs à talons vertigineusement hauts. Je les mets en me demandant bien comment je vais faire pour tenir debout.

Je relève la tête de mes pieds anxieux et je commence à comprendre : il est habillé d'une façon à peu près semblable à la mienne, si ce n'est qu'il a remplacé la robe décolletée par un pantalon noir et une chemise de la même couleur. Il est tout simplement époustouflant de beauté, vêtu d'une manière aussi sombre que son nom.

Il hoche la tête en me jaugeant du regard, puis dirige sa baguette vers le vieux phonographe.

-Ascendio !

Une musique jusqu'alors inconnue de mes pauvres oreilles emplit la pièce. Je ne saurais dire de quoi il s'agit mais j'y perçois des consonances hispaniques.

-Te gusta, señorita ?

-Hein ?!

-C'est de l'espagnol.

-Comme si j'étais censée le savoir, face de goule !

-Je ferais comme si je n'avais pas entendu. Je t'explique puisque tu n'es pas très perspicace. « Te gusta ? », ça veut dire « ça te plait ? » et cette musique c'est un tango argentin.

-Attends, tu veux dire qu'on va…danser ?!

-Je t'ai surestimé, espèce de cobra hystérique.

Pitié, par toutes les crises de nerfs de Mrop le Géant, tout mais pas ça ! Je ne sais pas danser, ma grâce et ma volupté sont telles que je risque fort de finir par l'assommer et de devoir l'amener à Ste Mangouste illico presto.

-Tu as déjà dansé avec quelqu'un d'autre que ton oreiller ou un quelconque cousin éloigné rencontré pendant un mariage ?

-Tu veux dire un mec ?

-Non, un Botruc.

-Tu es de plus en plus drôle, Black.

Il s'approche de moi avec un large sourire et me tend une longue et fine main.

-Donne moi ta main, tu vas voir, ça ira comme sur un nimbus.

Je prends sa main en tremblant- d'excitation ou de peur ?

Il se colle contre moi et me sert la taille avec ses bras. Puis, il me fait un petit signe de tête et commence à danser.

Mes hormones sont en ébullition mais je tente de me contrôler. De toutes façons, la façon dont nous avançons n'a rien de très sensuel : il ne sait pas mieux danser que moi et nous nous faisons sans arrêt des crocs en jambes (volontaires ou non ?). Notre démarche se rapproche plus de celle d'un couple de Scroutt à pétard aveugles que de celle de danseurs de tango.

-Si tu ne fais pas d'efforts, je vais continuer à avoir l'impression de tripoter le calmar géant.

Je ne réponds pas à cette insulte car je n'en ai même pas le temps : à peine a-t-il prononcé ces mots que nous heurtons par mégarde une carcasse de chaise et que nous tombons sur le sol froid et surtout dur comme de la pierre. Et pour cause, il est en marbre.

Nous nous relevons non sans peine, il remet d'un mouvement brusque sa main sur ma taille et recommence à danser, même si le terme a sérieusement perdu de sa superbe par notre faute.

Son corps est tout près du mien. Son souffle parvient à ce qui reste de mes narines après la chute d'il y a cinq minutes. Rien à voir avec l'haleine d'alcoolique de la dernière fois. Je n'en peux plus. Il le sait. Il se rapproche encore un peu plus de moi et pose ses mains sur mes hanches. C'en est trop pour mon pauvre désir tourmenté.

Je vais craquer. Je dois résister.

-Miss Sullivan ! M. Black ! Arrêtez moi ça tout de suite !

Mc Gonagall. Je ne sais pas si je dois la bénir ou la haïr mais à priori, je n'ai pas vraiment le temps d'y réfléchir plus en profondeur.

D'un coup de baguette sévère, elle arrête la musique. Puis, elle s'approche de nous, les lèvres pincées et fulminant contre notre atteinte à la pudeur. Elle attrape Sirius par le col de sa chemise noire, moi par le bras et nous tire hors de la pièce.

-Suivez-moi jusque dans le bureau de Dumbledore.

Sa voix est sèche, je peux palper la colère qui émane d'elle sans même qu'elle la laisse éclater.

Nous marchons sans nous regarder jusqu'à l'imposante gargouille qui garde l'entrée du bureau de notre directeur. Mc Gonagall ouvre une bouche frémissante et prononce distinctement :

-Suçacides !

L'aigle de pierre menaçant pivote sur lui-même et nous prenons place sur l'escalier en colimaçon qui nous dépose devant la lourde porte de chêne du bureau. Mc Gonagall frappe nerveusement dessus et un « entrez » lui répond. Elle nous fait signe de la suivre à l'intérieur.

Dumbledore est assis derrière son bureau, sirotant nonchalamment un verre d'hydromel, à en juger par la couleur dorée de la boisson que contient son verre serti de petits diamants étincelants. Il nous regarde entrer en haussant un sourcil.

-Minerva, Miss Sullivan, M. Black, que me vaut cette petite visite nocturne ?

-Albus ! Je viens de prendre ses deux dévergondés en flagrant délit d'échanges corporels !

-Qu'insinuez-vous par « échanges corporels », Minerva ? Etaient-ils tout bonnement en train de se bécoter dans un recoin sombre du troisième étage ?

-Non, Albus, c'est bien pire que ça…Ils dansaient une espèce de…

-Une espèce de ?

-De tango, achève Sirius d'un ton macabre.

-Et bien, mon cher M. Black, qu'il y a-t-il de si sinistre à danser ?

-Tout dépend du partenaire…

Il me lance un regard en coin qui ne me dit rien qui vaille.

-Je ne chercherai pas à comprendre le sens caché de cette phrase, M.Black, mais sachez qu'à Poudlard, le règlement veut que les élèves restent dans leur dortoir après neuf heures et qu'ils ne le quittent pas sous des prétextes galants. La remarque vaut pour vous aussi, Miss Sullivan. Et lorsque vous récidiverez, choisissez au moins une valse, pour me faire plaisir.

On dirait qu'il esquisse un sourire complice derrière son immense barbe argentée. Le Père Noël moldu n'a qu'à bien se tenir. Mc Gonagall a l'air horrifiée de l'allégresse de la dernière phrase de notre cher directeur. Courroucée par tant de laisser- aller, elle nous ordonne de sortir et de rejoindre nos dortoirs sans causer plus de grabuge. Ça ne devrait pas être trop difficile, à en juger par la mine haineuse qu'arbore Sirius.

Nous marchons en silence jusqu'à l'endroit où nos chemins doivent malheureusement se séparer. Il s'arrête, me regarde un moment du fond de ses grands yeux noirs, me tend une main à contrecoeur et me dit :

-Je suis peut-être un mauvais danseur de tango mais je suis loyal. Tu n'as pas craqué, je le reconnais. Les termes du pari fonctionnent. J'arrêterais de te pourrir la vie ainsi que celle de Servilus. Ou du moins j'essaierai.

Malgré mon désarroi, je ne m'en sors pas trop mal.

-Il vaudrait mieux pour tout le monde qu'on ne s'adresse plus la parole. Si tu pouvais réfréner tes envies de m'insulter quand tu me croiseras dans les couloirs…

Je hoche la tête, penaude. Finalement, c'est pire que je n'aurais pu l'imaginer. L'indifférence va remplacer la haine, le rien va remplacer le trop plein. Je suis décidément destinée à être oubliée et enfouie sous une couche de poussière non négligeable par tous les garçons qui m'intéressent. Je précise néanmoins que je tire cette conclusion de mon expérience désastreuse avec le seul qui m'ait jamais intéressé.

Je marche à pas rapides vers les cachots. Néfertiti m'attend dans la chambre. Elle me demande du regard ce qui s'est passé, je me jette dans ses bras et mets fin au stoïcisme que j'essayais de conserver depuis un bout de temps.