Les livres ont conduit plus d'un au savoir, et plus d'un à la folie.

********

Oui, il se souvenait de sa toute première expérience en tant que dieu de la mort... Mais ce qu'il avait vu restait flou. Rien que d'y penser, cela lui donnait des frissons. Non, il ne valait mieux pas qu'il s'en souvienne. Ah, qu'aurait-il donné pour avoir une vie normale, même ennuyeuse! Et dire que certains se plaignent de cette banalité... Lui, détestait ce qui sortait de l'ordinaire. Or, on ne croise pas un dieu à chaque coin de rue!

«- Kaze'? Redescend sur terre vieux, t'es vivant?
- Oui, pour ton plus grand bonheur, Fidio. »

Le brun sourit légèrement avant de montrer le polycopié à son voisin de table.

«- Regarde, je comprend pas!
- Compte pas sur moi.
- Mais tu sers à rien ma parole!»

Ce fut au tour du bleu de rigoler. Il n'avait jamais été très bon en sciences... Allons du côté de Afuro et de Gouenji. Le blond platine travaillait pendant que l'autre regardait par la fenêtre.

«- Tu penses à quoi?
- Au dernier magazine porno que j'ai acheté.»

Shuuya releva la tête de sa feuille et le regarda d'une manière surprise, tandis que le blond efféminé rigolait.

«- Hey, calme, je plaisante! Je m'appelle pas Nagumo!
- Je ne suis pas pervers! Fit une voix derrière eux.
- Tu m'en dira d'autres, des blagues comme ça! Allez, bosse, flemmard! Répondit Tsuchito, située à côté de celui aux cheveux rouges.»

Terumi se plongea dans ses pensées, pendant que ses voisins de derrière se disputaient une énième fois. Soudainement, il n'entendit plus un bruit, ni même le professeur parler. Il se retourna et vit que toutes les actions de ses camarades avait été interrompues.

«- Euh... Il se passe quoi? Hey, les gens! Vous m'entendez?»

Il se leva de sa chaise en secouant Gouenji, qui ne réagissait pas. Il fit le tour de la classe en observant les élèves, qui avaient l'air d'être des statues. On aurait dit qu'ils jouaient à "Un, deux, trois... Soleil!" Il s'approcha du professeur et lui fit des grimaces, mais celui-ci ne réagissait pas non plus.

«- Vous commencez à me faire peur là...»

Il commença à exécuter des gestes bizarres devant son instituteur, et c'est à ce moment là que tous se "réveillèrent".

«- Afuro! Que fais-tu?!
- E-euhh, mais vous étiez bloqué! Tel un robot!
- C'est cela oui. Retourne à ta place, tu auras une heure de colle.»

Il repartit s'asseoir en repensant au "blocage" de ses camarades. Comment se faisait-il qu'il était le seul à pouvoir bouger?

«- Comment t'as fais pour apparaître comme ça devant le prof'?! Demanda Shuuya.
- Mais c'est vous qui étiez tous bloqués...
- Tu deviens fou? Les ballons en pleine tête t'ont pas réussi on dirait!»

La sonnerie retentit une vingtaine de minutes plus tard, et tout les élèves se précipitèrent en dehors de la salle pour aller manger. Et c'est à partir de ce moment, que les véritables ennuis commençaient.

La fin de la journée arriva rapidement, aucun évènement ne s'était produit, mis à par que la perruque du professeur de français s'était envolée. À ce moment là, Akira avait senti un lourd regard sur elle de la part de son amie aux cheveux violets. Ils étaient à présent dans la cour, en attendant Adeliane qui devait "parler" avec l'un de ses instituteurs.

«- Bon, j'en ai marre! Commença à crier Catia.
- Marre de quoi?
- J'en ai marre que personne bouge son cul pour retrouver leur ombre! Si personne commence, personne suivra!
- Et tu veux en venir où? Demanda Abby.
- Je vais les chercher moi! Je trouverais qui est le con qui s'amuse à nous emmerder!
- Ton vocabulaire est choquant ma petite Caca. Rigola Nagumo.
- Je t'emmerde!»

Elle commença à courir vers le portail, bien décidée à aller régler ses comptes avec cette personne. Elle était persuadée que c'était la même personne qui la harcelait au téléphone, cette "Marie". Donner le numéro à la police? Pourquoi faire?! Ses incapables n'étaient même pas capable de retrouver l'assassin de ses parents. Celui qui avait déclenché cet attentat, à l'âge de ses 9 ans.

Elle atterrit dans une petite ruelle. Elle n'avait même pas fait attention où elle allait... Mais par où chercher? Elle n'en avait pas la moindre idée. Elle était vraiment trop dépassée par ces évènements bizarre qui se passaient autour d'elle, alors elle s'était énervée contre ses "amis".

Son téléphone se mit, une fois de plus, à sonner. Cette fois ci, c'était un appel venant d'un numéro inconnu. Elle fronça les sourcils et appuya sur le téléphone vert, prononçant un "Allo?" bien agressif.

«- Je suis au bout de la ruelle. Articula lentement et froidement une voix de femme, à la fois grave et menaçante.»

Elle avait raccroché, le coeur battant la chamade. Elle leva ses yeux bleus vers la fin de la petite rue, et vit une ombre difforme s'approcher doucement d'elle. Elle rebroussa chemin en courant, son sang se glaçant à chaque bruit de pas qu'elle entendait. C'était quoi ce truc?! Une sorte de monstre géant cherchant on ne sait pour quelle raison à la manger?! Ou tout simplement un imbécile cherchant à lui faire peur?! Peu importait les raisons, cela avait réussi à l'effrayer.

Elle arriva enfin chez elle, se précipitant dans le salon en fermant la porte à double tour. Elle se laissa glisser contre la porte en essayant de reprendre son souffle, et surtout en tentant de calmer son coeur et sa peur. Que venait-elle de fuir? Qui était cette personne qui s'amusait à la terroriser? Est-ce-que, tout ce qu'elle vivait jusqu'à présent, était la réalité? Normalement, personne ne perdait son ombre, c'était invraisemblable! Dans quoi était-elle impliquée? Personne n'avait jamais rien demandé!

Son téléphone sonna encore, et c'est en tremblant qu'elle décrocha, murmurant imperceptiblement un "Allo?".

«- Je suis derrière ta porte d'entrée.»

Elle lui raccrocha une fois encore au nez, et ayant trop peur d'ouvrir la porte pour vérifier, elle monta en courant dans sa chambre. Elle condamna l'entrée de la petite pièce avec une commode et son lit, et elle se recroquevilla dans un petit coin de la pièce. Pourquoi son majordome n'était-il pas là?! Les gens sont toujours absents lorsque l'on a le plus besoin d'eux!

Elle reçu un message, et le vibrement de son portable la fit sursauter. Celui-ci était le dernier message qu'elle recevrait de toute sa vie. Elle le saisit en tremblotant, et c'est lorsqu'elle cliqua sur l'icône des sms reçus, qu'elle hurla en se retournant.

«- Je suis derrière toi.»

"Le monde te murmure un "Au revoir". Mais ces mots n'ont été que trop de fois prononcés."

Le lendemain, Catia n'est pas allée en cour. Et elle n'y retournera jamais. Ses amis étaient plutôt inquiets, parce que même si la blonde avait pour habitude de sécher les cours, elle venait tout les matins les rejoindre.

«- Tu crois qu'elle a été enlevée? Demanda Adeliane, inquiète.
- Qui voudrait l'enlever..? Avec le caractère qu'elle a, les kidnappeurs la relâcheront vite fait! Répondit Haruya.
- Nagumo, c'est pas du tout drôle! Cria Alice. Et je pense pas que cela te réjouisse non plus!
- Bon calmez vous. Tout le monde est d'accord pour sécher une journée afin de la chercher, et en même temps, on verra où sont cachées nos ombres. Proposa Fubuki d'un air posé.
- Oui!»

Ils commencèrent donc à chercher dans toute la ville. Ils étaient séparés en cinq groupes :
Le premier était composé de Midorikawa, Hiroto, Yumi et Adeliane. Le second de Jade, Akira, Fidio et Suzuno. Le troisième de Kazemaru, Afuro, Nagumo et Endou. Le quatrième de Abby, Fanny, Tsuchito et Camille. Le cinquième de Gouenji, Kazuya, Fubuki et Mark. Ils avaient décidés que le premier groupe chercherait d'abord aux environs de l'habitation de la disparue. Et puis, elle était sûrement juste malade? C'était une possibilité, mais personne n'y pensait. Les autres groupes chercheraient dans la ville.

Du côté du troisième groupe, il y avait un petit problème. Haruya et Mamoru avaient disparus, laissant seuls leur deux amis dans les rues.

«- Tu crois qu'ils se sont barrés?
- Mais non. Connaissant leur sens de l'orientation, ils se seraient perdus dans une boîte de thon.
- ... Ah quand même.»

Puis, ils laissèrent tomber l'idée de les retrouver pour se concentrer sur leur "mission". Du côté des deux autres, ils étaient au bord de la route, en train d'attendre que le petit bonhomme soit vert.

«- Nagumo, t'es sûr qu'elle est vers là-bas?
- Oui! Tiens, met toi devant moi, je veux te montrer un truc.
- Eh... Ok, si on joue au football après!
- Si tu veux...»

Il se mit donc entre la route et le garçon aux cheveux rouges. Celui-ci posa ses deux mains sur ses épaules, et le regarda dans les yeux. Il l'approcha soudainement de lui et posa ses lèvres contre les siennes, ce qui fait que le joueur de foot était à la fois surpris et choqué. Juste avant qu'il ne s'en remette, Haruya le poussa sur la route avec un sourire sur les lèvres. Le brun écarquilla les yeux en tendant la main vers lui, pendant qu'il s'éloignait en souriant, mettant ses mains dans ses poches.

Dans sa chute, un camion le heurta de plein fouet, et freina juste avant de l'écraser. Sa tête heurta la route goudronnée, et une auréole de sang commençait à se répandre autour de celle-ci. Le seul mot qu'il arrivait à penser était «Hein?!» ou «Pourquoi?». Le conducteur descendit de son véhicule d'une manière affolée et appela une ambulance, tandis que Endou fermait les yeux, et cela, pour l'éternité.

C'est le cinquième groupe qui eut la merveilleuse idée de se rendre au domicile de la blonde aux mèches. Kazuya avait sonné à sa porte, et n'avait pas attendu pour entrer. Bizarrement, la porte était ouverte. Tout les autres l'avaient suivi, et appelaient Catia dans toute la maison vide. Apparemment, son majordome n'était toujours pas rentré. Comme s'il l'avait prédit, Mark monta directement dans sa chambre, en laissant ses trois camarades seuls. Il ouvra précipitamment la porte, renversant au passage la commode et le lit qui devaient bloquer l'accès à cette pièce, et alluma la lumière en serrant les dents.

«- Putain! Ça devait pas se passer comme ça! Cria-t-il. »

Il frappa le mur à côté de lui et regarda dans la salle. Il n'y avait rien d'autres que des meubles. Il avança en se penchant, et vit son téléphone dans un coin, juste devant la porte.

«- Mark? Pourquoi tu as crié? Demanda Fubuki en entrant.»

Il l'ignora royalement et déverrouilla son portable. Il se doutait que Catia ne serait pas sortie sans cet engin électronique. Mais il savait pertinemment ce qui lui était arrivé. Du moins, il le croyait. On ne peut prédire exactement le futur, tel qu'il sera.

«- C'est le portable de Caty... Continua l'adepte du froid en s'approchant.»

Il lut le dernier message qu'elle avait reçu, comme s'il savait déjà ce qu'il y avait écrit, et se retourna.

«- Préviens les autres groupes. Dis-leur de nous rejoindre chez elle.
- Tout le monde ne sait pas où elle habite...
- Merde. Bon bah... Devant le lycée.
- Ça marche.»

Il se redressa et quitta la chambre, en serrant sa "preuve" dans sa main.

«- Alors? Demanda Gouenji. Des indices?
- Ouais, et des gros même.»

Il poussa la porte, regarda vaguement derrière lui et quitta l'habitation. Il marchait, bien sûr, vers son établissement scolaire, où il aurait dû passer la journée. Son groupe le suivait de loin, un peu surpris de le voir faire bande à par. Lorsqu'il arriva à sa destination, il vit que les autres groupes étaient déjà là, et Camille vint le voir en sautillant.

«- Alors? Vous avez trouvé quelque chose? Demanda-t-elle en souriant.»

Il la regarda d'une manière sombre et passa à côté d'elle, lui mettant alors un vent monumental. Abby rigola légèrement, pendant qu'Adeliane trouvait son attitude bizarre.

«- Écoutez. On a trouvé son portable.
- Alors? T'as fouillé dans ses messages? Demanda Fanny.
- Oui. Et apparemment, elle était harcelée.»

Tous se turent, et Kazemaru et Afuro oublièrent la disparition de leurs deux camarades. Mark expliqua que celui qui s'amusait à la traquer se faisait nommer "Marie".

«- Oh, il y a un film d'horreur dans ce genre! Le personnage principal est traqué par messages, et à la fin, il meurt. Commença Yumi.
- Je pense que c'est cela qui lui est arrivé. "Marie" lui donnait toujours sa position par rapport à l'endroit où elle était. Par exemple, juste après qu'elle ait décampé, elle a reçu deux appels. Et le dernier message était "Je suis derrière toi."
- Plus flippant, tu meurs! Rigola Tsuchito.
- Justement, je pense sérieusement qu'elle est morte. Mais c'est bizarre, il y avait aucune trace de sang, ni d'un quelconque cadavre.
- Mais on doit appeler la police! Cria Midorikawa.
- Dans ce genre de situation, cela ne servirait à rien.»

Camille regardait son blond préféré d'une manière triste. Elle se demandait si, parce qu'il savait la vérité, il la fuyait. Surtout que cela ne lui ressemblait pas de l'ignorer de cette façon.

«- Écoutez tous. Je sais que c'est vraiment hors-sujet, mais je pense que c'est le moment de vous l'avouer. Commença Fidio.
- Qu'est-ce-qu'il y a?
- Je... Je vais partir dans une base vers l'Australie.
- ... Quoi?!»

Tous se retournèrent vers lui. Pourquoi vers l'Australie?! Et une base de quoi?!

«- Mon père fait parti de l'armée de l'air, et il veut que je vienne avec lui.
- Mais pourquoi? Demanda Adeliane en serrant les poings. Pourquoi il veut t'embarquer dans... Dans ça?!
- Le Japon va déclarer la guerre à l'Australie. Ils ont besoin de plus d'hommes.
- ... En quel honneur? Pourquoi déclarer la guerre là-bas?
- J'en ai aucune idée. Mais je pars dès que mon père en aura l'ordre.
- En gros, tu peux partir n'importe quand sans prévenir?
- C'est ça.
- Mais pourquoi t'as accepté?!
- J'ai toujours voulu voler dans le ciel. C'est un peu une approche de mon rêve. Répondit-il en souriant.»

Son regard fut dirigé vers la rose aux yeux bleus, qui avait l'air un peu déçue. Il perdit son sourire en voyant qu'elle était triste, et baissa la tête.

«- Euh... Je voudrais pas gâcher l'ambiance, mais où sont Endou et Nagumo? Demanda Jade en mettant ses mains de ses poches.
- Oh! C'est vrai, on les a perdu de vue! Ils ont disparus dès qu'on est entrés dans une petite rue! S'écria Afuro en claquant des doigts.
- Misère... Murmura Akira en tapant sa main contre son front.
- Bah on est pas des baby-sitter.
- Enfin bref, résumons. Catia est peut-être morte, Fidio va partir et Endou et Nagumo ont disparus. Et personne réagis?! Commença Yumi en soupirant.
- Bah...»

Tous regardèrent de tout les côtés. Tant que Catia n'est pas assurément morte, c'est pas impossible qu'elle soit en vie. Et Endou et Nagumo devaient sûrement être perdus dans leur propre ville. C'était probable, d'après eux.

«- Bon, j'en ai marre, je rentre chez moi. Fit Suzuno en soupirant.»

Il partit alors les mains dans les poches, pendant que Alice le regardait s'éloigner bizarrement. Elle sentait que quelque chose n'allait pas. Il avait exactement le même caractère qu'elle, avant.

«- Il a raison. Si on rentrait? On a rien à faire.
- Pourquoi pas. Ça nous permettra de réfléchir à ce qui s'est passé. Répondit Fanny.»

Ils se quittèrent alors tous, chacun empruntant un chemin différent, et rentrèrent à leur domicile. Certains eurent une surprise en trouvant leurs parents dans le salon, croisant leur bras en tapant du pied, les attendant avec impatience. Ce fut le cas de Adeliane, Tsuchito et la moitié des autres garçons. Certains passèrent leur après-midi en faisant des recherches, d'autres s'ennuyaient ou étaient avec des amis.

*******

«- Regarde Emily. Nous avons la première. As-tu bien échangé son ombre?
- Oui. Mais pourquoi vouliez-vous que je fasse cela?
- En fait, si ils perdent leur ombre, ils ne mourront pas.
- Hein?! Mais ce n'est pas ce que vous leur avez affirmé?!
- Si. Mais ils n'ont pas besoin de ça pour mourir. Tout était déjà prévu depuis bien longtemps. Bien évidemment, je ne dis pas qu'ils ne peuvent pas mourir à cause de leur ombre.»

Il fit tourner son siège d'ordinateur sur lui-même, comme le font souvent les enfants -et les adolescents. La jeune blonde le regardait avec surprise.

«- Dites... La dernière fois, vous avez dit qu'il fallait une autre condition pour perdre son ombre. Et j'ai pas tout compris.
- Voyons, c'est très simple pourtant! Chacun d'eux ont une sorte de spécialité, ou une autre identité. Nous allons appeler cela "reflet". Donc, il faut que leur ''reflet" ait été dévoilé.
- Je suis pas sûre de bien comprendre...
- Et bien, pour cette fille par exemple, son reflet était "Marie". Cette "fille" qui la harcelait.
- Vous voulez dire que les personnes qui les entoure peuvent influencer ce "reflet"?!
- Exactement! Voilà pourquoi, juste après que la bête de Karma se soit entièrement dévoilée, tu vas aller à leur rencontre.»

Elle hocha la tête en plissant les sourcils. Sa tête lui faisait un peu mal à cause de toutes ces explications, mais elle avait compris l'essentiel.

«- L'opération "vengeance" va commencer.»

*******

Le soir était bien vite arrivé. Un certain jeune homme aux cheveux verts se baladait dans les rues. Il ne savait pas pourquoi Catia et les deux autres avaient disparus... Mais il comptait bien régler cette histoire! Il en avait plus qu'assez de ces tensions qui régnaient dans l'air à chaque fois que quelqu'un découvrait quelque chose. Surtout que d'après Mark, on ne pouvait pas compter sur la police. Il ne voyait pas pourquoi il mentirait, alors il le croyait sur parole. Il chantonnait "Hakuna Mattata", chanson tirée de son film préféré, en sautillant légèrement.

Il s'arrêta d'un coup devant un lampadaire et sembla parler tout seul. Il observait quelque chose qui avait l'air d'être tapie dans l'ombre. Puis, une bête immense se dressa devant lui, la gueule ouverte, les crocs assaillants, les yeux noirs luisants. Mais le garçon aux yeux onyx ne recula pas, défiant presque la créature de l'attaquer.

«- J'ai plus rien à faire dans ce monde, alors fais toi plaisir. Ça m'évitera de mourir dans sept jours. »

Pourquoi avait-il dit cela? Probablement parce qu'il n'était plus accompagné de sa fidèle ombre. La bête se propulsa d'un coup sur lui, lui attrapa le bras droit avec ses dents et l'arracha, faisant crier de douleur le garçon. La créature lança le bras sur le toit d'une maison, pris sa jambe gauche tout en déchirant à l'aide de ses griffes son abdomen, et la rongea jusqu'à ce que l'on voit l'os. Le garçon criait, haletait, pleurait, hurlait, mais ne se débattait pas. Était-il masochiste? Telle était la question!

Lorsqu'il en eut finit avec sa jambe, il plongea son énorme gueule dans son abdomen et commença à manger le contenu, faisant encore plus souffrir Ryuuji. Les intestins, l'estomac, le foie, et tout le contenu digestif d'un humain normal s'étalaient sur le sol. Cette sorte de loup aspira l'intestin grêle, faisant gicler quelques gouttes de sang sur son pelage noir et sur le sol.

Le garçon ne respirait déjà plus. Un filet de sang s'échappait de sa bouche, ses yeux normalement noirs avaient l'air d'être encore plus sombres. Il n'y avait plus cette étincelle qui régnait normalement dans son regard. Il était mort, tout simplement. Non... Il avait été assassiné. La bête grogna en émettant un renvoi, et son corps commença à se déformer.

Malheureusement, et comme si le destin s'amusait, une dizaine de personnes s'étaient réunies à cause d'un mauvais pressentiment, et regardaient la scène d'un air horrifié. Certaines des filles pleuraient, d'autres vomissaient.

Le corps de la créature s'amincit et se rétracta sur lui-même, lui donnant alors une taille d'humain normal. Une jeune fille apparut à la place, essoufflée. Lorsqu'elle vit le cadavre de son ami, elle cria en voyant ses entrailles qui avaient l'ait d'être à moitié mangées. Elle toucha son visage, trouvant cela bizarre de sentir des bouts froids sur ses joues, et remarqua des morceaux d'intestins, ce qui lui retourna l'estomac. Elle vomit tout ce que la "bête" venait de dévorer, et c'est en pleurant qu'elle se répétait "Ce n'est qu'un rêve!". Elle regarda autour d'elle mais ne voyait pas le canidé qu'elle avait pour habitude d'observer dans ses cauchemars.

«- C'est impossible... Fit une voix qu'elle connaissait bien derrière elle.»

Elle se retourna et vit avec horreur dix de ses plus proches amis la regarder à la fois avec peur et dégoût.

« C'est dans des situations comme celle-ci que les humains, peu importe leur force, deviennent lâches et accumulent ce que l'on appelle "les regrets".»