Auteur : Nat, qui s'est retapée la Trilogie il y a peu et qui n'a probablement rien de mieux à faire que de pondre ses délires parodiques à deux balles…

Disclaimer : Le livre appartient au professeur Tolkien, les films à Peter Jackson (bénis soient ces deux génies) et la bêtise de Nat n'a d'autre maître qu'elle-même. Et elle en est fière. …La bêtise, hein. Pas Nat.

Spoiler : Cette mission ("…Quête. …Chose ?") se déroule après la seconde guerre de l'Anneau.

Warning : C'est du grand n'importe quoi. Et en plus, c'est pas forcément drôle. Enfin, ça, c'est vous qui voyez.

OoOoOoOoO

La Glace sans Tain de Galadriel

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Ecran montre la Communauté de Rechange qui s'élance au ralenti vers la sortie des mines, pendant que des flèches au ralenti leur passe au dessus de la tête.

Régisseur (ton de conteur) : Sous la conduite de Gandalf le Blanc, la Communauté de Rechange a enfin atteint la porte orientale de la Moria. Sous un éclatant soleil de midi, nos héros quittent l'ombre menaçante du cœur de la montagne. Hélas, une fois sortis des Mines, ils ne sont pas pour autant sortis des ennuis…

Auteur : …Je peux savoir ce que tu fais, là ?

Gandalf (au ralenti) : Euh… Excusez-moi ?

Régisseur : Ben, je pose le cadre du chapitre en lisant le texte.

Gandalf (encore au ralenti) : …Dîtes…

Auteur : Merveilleux. Sauf que toi, tu es Régisseur, pas Narrateur. Tu te rappelles ?

Gandalf (toujours au ralenti) : EH OH !

Auteur : Quoi ?

Gandalf (désignant la Communauté au ralenti) : Bah…

Auteur : Ah, bien sûr. Régie !

Le Régisseur désactive le mode ralenti et les membres de la Communauté de Rechange se précipitent vers la sortie, jaillissant un à un à la lumière étincelante du milieu du jour.

Pippin (épique) : Now we are free !

Frodon (ébloui) : Aïe !

Eomer (pareil) : Mes yeux !

Merry (itou) : Je n'y vois plus rien !

Eowyn (bis repetita) : Aaaah ! Ça brûle !

Sam (idem) : M'sieur Frodon, au secours !

Arwen (pas gênée le moins du monde) : Que se passe-t-il ? Qu'avez-vous ?

Faramir (les mains plaquées sur les yeux) : Nous avons que le soleil nous aveugle, ma reine !

Arwen : …Le soleil ?

Gandalf (se frappe le front) : Mais bien sûr ! Notre sortie a été trop violente, leurs yeux n'ont pas eu le temps de s'adapter au changement de luminosité ! Les Humains et les Hobbits n'ont pas les mêmes réflexes oculaires que les Nains, les Elfes et les Maïas !

Legolas : La cerise sur le gâteau, en quelque sorte. Et une belle cerise, par ailleurs.

Gimli : Je ne vais probablement pas obtenir de réponse, mais qui est l'idiot fini qui a décidé que nous devions jaillir à la lumière de midi alors qu'on vient de passer quatre jours dans les ténèbres les plus complètes ?

Aragorn (regard lourd de sous-entendus à l'auteur et au régisseur qui se rejettent mutuellement la faute de ce léger incident technique) : A votre avis ?

Legolas : Aragorn ! Vous y voyez ? Vous n'avez pas été aveuglé ?

Aragorn : Héhé ! Vous vous attendiez à quoi ? Je descends en ligne droite d'Isildur, qui descend lui-même d'Elros le semi-Elfe ! Je suis un Humain de qualité supérieure, moi !

Ecran montre Gandalf qui va de l'un à l'autre des aveugles pour soigner leurs yeux blessés. Legolas et Gimli se postent sur un gros caillou pour surveiller la porte de la Moria. Le reste de la Communauté s'assoie sur les rochers alentour. Peu à peu, Faramir, Eomer et Frodon retrouvent la vue. Les autres errent toujours dans une magnifique brume blanchâtre. De son côté, Aragorn nettoie calmement son épée avant d'empoigner la chemise du pauvre Sam, qui n'avait rien demandé à personne et qui se retrouve brutalement remis sur pieds.

Aragorn : Allons Sam, debout.

Sam (cherchant vainement à distinguer le haut du bas) : Moi je veux bien, mais pourquoi ?

Aragorn : Il nous faut partir en direction des bois de la Lothlórien. Vous n'avez tout de même pas oublié notre quête ?

Faramir (désignant les aveuglés) : Laissez leur un moment, par pitié !

Aragorn : Dès la tombée de la nuit, ces collines grouillent d'Orcs ! Nous devons trouver un abri sûr d'ici le crépuscule !

Merry (des compresses humides sur les yeux) : Ben ça va, il est encore loin, le crépuscule ! On a le temps, rien ne presse.

Aragorn : Je ne voudrais surtout pas vous mettre la pression, les gars, mais j'ai peut-être une information à ce sujet qui pourrait vous intéresser…

Gandalf : Quoi ? Nous allons avoir un problème d'alimentation des projecteurs parce que le Producteur de la fic n'a pas pu payer ses factures électriques à cause de la hausse de nos salaires, et la nuit va tomber plus vite que prévu ?

Aragorn : Non, non, pas du tout ! Ce n'est rien de vraiment apocalyptique.

Arwen : Enfin, rien d'apocalyptique à ce point-là, mais…

Faramir : …Mes souverains ?

Gandalf (inquiet) : Aragorn, dîtes-moi tout.

Aragorn (gêné) : Eh bien… Voilà. L'autre jour, juste avant la reprise du tournage, Arwen et moi cherchions un endroit tranquille et désert…

Frodon (plume et carnet à la main) : Pourquoi cherchiez-vous un endroit tranquille et désert ?

Arwen : Pour être seuls, évidemment.

Frodon : Je m'en doutais, mais pourquoi ? Vous comprenez, c'est pour la postérité…

Arwen : Eh bien…

Aragorn : La postérité n'a pas besoin de le savoir ! Nous cherchions un endroit tranquille et désert, voilà tout ! Nous sommes entrés dans la loge des figurants Orcs, et…

Eomer (ricanant) : Un endroit tranquille, c'est bien ça que vous cherchiez ?

Legolas et Gimli rigolent en arrière-plan.

Aragorn (agacé) : Allez-vous cesser de m'interrompre sans discontinuer, nom d'un Maïa empaillé ?

Gandalf : Eh, oh ! Surveillez votre langage, Aragorn fils d'Arathorn ! Et venez-en aux faits, je vous prie !

Aragorn : Oui, bon. On a donc retrouvé dans cette loge un bon de commande de plusieurs centaines de kilos de crème solaire et dix grosses boîtes ayant contenu des paires de lunettes aux verres teintés.

Eowyn : …Et ?

Aragorn (désignant la porte de la Moria) : Et…

Tous : …?

Une grande clameur monte soudain du cœur de la Moria. Tout le monde se tourne en direction de la bouche béante de la montagne.

Legolas : Moi non plus, je ne voudrais surtout pas vous mettre la pression, mes amis, mais sachez cependant que mes yeux d'Elfes me permettent de voir que d'innombrables silhouettes défor…

Gandalf : Abrégez !

Legolas : Les Orcs sont à la porte et se poussent pour essayer de sortir. Et j'irai même jusqu'à dire qu'ils ont réussi, en fait…

Ecran montre une armée d'Orcs (badigeonnés de crème solaire, équipés de lunettes de soleil et brandissant des transats et des parasols… pardon, des épées et des massues) qui se précipite en hurlant sur la Communauté de Rechange.

Faramir : Nous avons trois Hobbits et une Humaine hors d'état de combattre et le reste de la troupe harassée ! Que fait-on ?

Gandalf : On met les voiles ! Vite ! Que les valides conduisent les aveuglés !

Cahin-caha, la Communauté de Rechange s'ébranle et tente de distancer les Orcs de la Moria. Comme la moitié d'entre eux ne voit encore que de la jolie lumière blanche ou guide lesdits voyeurs de lumière blanche, inutile de préciser qu'ils ne vont pas très vite. Ils longent le lac de Kheled-zâram, où Gimli avait montré la couronne de Durïn à Frodon lors de leur premier passage. Inutile aussi de préciser que la même moitié d'entre eux a failli aller la rejoindre.

Aragorn : Allez, allez ! On perd du terrain, là ! Plus vite !

Merry : Facile à dire !

Faramir (observant le lac) : Attendez ! J'ai peut-être une idée !

Eomer : Elle a intérêt d'être aussi bonne que celle du walkman !

Gandalf : Est-ce que les aveuglés ont recouvré la vue ?

Eowyn : Plus ou moins…

Pippin : Ah, je vois ! Je vois !

Gandalf : Vraiment ?

Pippin : Ah… Non. Fausse alerte.

Gandalf : Je trouvais ça bizarre, aussi. Les autres ?

Merry : Pas du tout.

Sam : Suffisamment pour voir que les Orcs se rapprochent ! Faramir, votre idée, vite !

Faramir : La lessive de Gandalf !

Gandalf : Faramir, mon garçon, je crains que ce ne soit pas le meilleur moment pour faire la lessive.

Legolas : Personnellement, je ne serais pas contre…

Tous les valides le regardent avec ahurissement. Les autres cherchent vainement à le localiser au son de sa voix.

Gimli : Ah oui, c'est vrai. J'oublie parfois que vous êtes un Elfe.

Eomer : Euh… Les Orcs approchent, vous savez…

Aragorn : On sait ! Faramir, développez votre idée, mais soyez bref !

Faramir : Vidons le paquet de lessive dans le lac, et agitons l'eau pour faire de la mousse ! Elle nous cachera à la vue des Orcs, trompera leur odorat et pourra peut-être même diluer leur crème solaire !

Eowyn : Excellente idée !

Arwen : J'ai toujours aimé les bains moussants !

Gandalf (pensif) : Ça me semble réalisable…

Gimli (outré) : Vous voulez mettre de la lessive dans le Kheled-zâram ?! Où dort le trésor de Durïn, père de tous les Nains, jusqu'à ce qu'il s'éveille et que le monde change ?! Par la barbe de mon arrière grand-oncle Balïn ! Que je sois changé en Elfe si je laisse faire cela !

Legolas : Dans la mesure où c'est le seul moyen pour nous d'avoir une chance de survie, vous devriez peut-être vous couper la barbe dès à présent. Je m'occuperai de vous tailler les oreilles en pointe quand nous serons en sécurité en Lórien.

Aragorn : Cessez de dire des bêtises, tous les deux. Aidez-nous plutôt à ouvrir le paquet de lessive !

Ecran montre la Communauté de Rechange qui s'escrime contre le paquet de lessive. Finalement, le paquet est ouvert et jeté dans le Kheled-zâram. Tous retirent leurs chaussures, pour ceux qui en ont, s'assoient sur le bord du lac et remuent les jambes pour agiter l'eau. Une mousse abondante commence à se former à la surface.

Gandalf : Battez des jambes plus vite ! Il nous faut plus de mousse !

Aragorn : Les bras ! Utilisez aussi les bras !

Pippin : Allez, petite lessive ! Montre-nous ce que tu as dans le ventre !

Merry : Dans le ventre ? …De la lessive ?

Pippin : …Allez, petite lessive ! Montre-nous ce que tu as dans la mousse !

Eomer : …C'est seulement moi qui me fais des idées ou nous sommes particulièrement ridicules ?

Régisseur : Vous êtes particulièrement ridicules.

Eomer : Tu pourrais au moins faire semblant de nous soutenir…

Eowyn : Quoique ridicule, l'idée de Faramir a le mérite d'être efficace ! Regardez, ça marche !

Arwen : Les Orcs battent en retraite !

De l'autre côté du Kheled-zâram, les Orcs fuient en effet devant le mur de mousse qui les sépare à présent de leurs proies. La lessive leur pique les yeux malgré leurs lunettes, et la crainte de se retrouver propres les met en déroute.

Frodon : Faramir !

Faramir : Oui ?

Frodon : C'est la troisième fois que vous nous sauvez la mise depuis le début de la fic !

Sam : Vous avez encore prouvé votre valeur !

Gandalf : Plus tard, les félicitations ! Remettez vos chaussures et en route ! Nous avons une Lórien à atteindre, nous.

La Communauté, qui y voit de nouveau clair, repart en direction de la Lórien. Elle n'a pas fait deux pas dans les bois qu'Haldir leur tombe dessus.

Haldir : Le Nain respire si fort…

Gimli (énervé) : Que vous auriez pu me tuer dans le noir, oui, je sais !

Arwen, Eomer, Eowyn, Faramir et Gandalf : …Euh ?

Aragorn : Non, ne cherchez pas. C'est entre eux.

Haldir (imperturbable) : …Que je me suis demandé s'il s'était enrhumé et si cela vous avait ralenti au point que vous ayez deux semaines de retard sur l'horaire prévu. Il faut vraiment que l'on pense à vous acheter une montre, Gandalf.

Gandalf (vexé) : Humpf.

Haldir : Et un calendrier, aussi, tant qu'à faire.

Frodon : Et un GPS. Ça ne serait pas du luxe.

Haldir : …?

Legolas (en elfique) : Nous avons dû changer deux fois d'itinéraires à cause des sbires à la solde d'Ithilion. Les Crétins de Dûn nous ont fermé la Trouée du Rohan et les Cavaliers Roses tiennent le Col du Caradhras. Et les Orcs de la Moria nous ont poursuivi avec de la crème solaire et des lunettes teintées. Nous ne leur avons échappé que grâce à un paquet de lessive Mirlaine.

Haldir (en elfique aussi) : C'est grave. La situation est plus désespérée que je ne le craignais.

Arwen (aussi en elfique) : Et Ithilion n'a pas fini de dévoiler ses pièces maîtresses.

Aragorn (aussi elfique en) : Sachant cela, vous imaginez quelle autre débilité est susceptible de nous tomber dessus ? Après les Crétins, les Cavaliers Roses et la lessive, qu'est-ce qu'Ithilion va encore bien pouvoir inventer comme bêtise interstellaire ?

Haldir (elfique en aussi) : Il faut impérativement que je vous mène jusqu'à la dame du Bois Doré. Sa grande sagesse pourra sans doute vous aider à mettre fin à ce massacre littéraire.

Merry : De quoi parlent-ils donc ?

Eowyn : Je ne sais pas, mais ça a l'air sérieux, vu leurs têtes.

Faramir : Des catastrophes sont peut-être arrivées pendant que nous errions dans la Moria ?

Eomer : Ne parle pas de malheur…

Pippin : J'aime pas ne pas savoir si le monde est détruit ou non.

Gimli : C'est particulièrement frustrant de ne pas comprendre un traître mot de ce qu'ils racontent, ces quatre-là !

Sam : Ah, si seulement nous pouvions comprendre l'elfique !

Frodon et Gandalf (qui, eux, comprennent l'elfique) : Non, non. C'est très bien que vous ne parliez pas l'elfique, Sam. Croyez-nous.

Haldir (toussote) : Hem, hem. Bon, je vous emmène voir Galadriel ou on campe ici ?

Aragorn : Mais j'y pense ! Vous êtes tout seul ?

Haldir : Non, pas vraiment.

Legolas : Mais vos frères ne sont pas avec vous, Haldir ?

Haldir : Non, ils ont huit heures de Langage Commun par jour et finissent les cours à 20h le jeudi.

Gimli : Ah ! Je peux leur prêter mon DVD–CD-Rom, si ils veulent.

Haldir : Je vous remercie, mais je crains que vous n'en ayez plus besoin que mes frères…

Gimli (vexé) : Grmbl.

Gandalf : Tiens donc ! Orophin et Rúmil se sont enfin décidés à apprendre le Langage Commun ?

Haldir : Je crois qu'ils n'ont pas apprécié de n'avoir rien compris au Conseil pour contrer la nouvelle menace qui remet Elrond de mauvaise humeur.

Eomer : En même temps, pour ce qu'il y avait à comprendre…

Eowyn : Tu peux parler, toi ! Tu n'as rien écouté !

Eomer : Legolas non plus.

Arwen : Oui, mais lui, il est Legolas. Il écoute rarement ce qu'on lui dit…

? : Qu'ouïe-je ? Qu'entends-je ?

? : La même chose que moi, je suppose, à moins que nos oreilles n'aient été abusées.

? : Ne serait-ce pas là la voix mélodieuse de notre chère et bien-aimée petite sœur ?

? : Très certainement, cher frère ! Accompagnée hélas de notre cher et bien-aimé beau-frère.

? : Petit frère adoptif, mon cher frère.

? : Hum, c'est pareil, non ?

? : Parfaitement. Nous aimons l'inceste, dans la famille.

Tous : …Euh ?

? : Allons les saluer !

Gandalf (déprimé) : Oh non, pas eux…

Arwen (enthousiaste) : Elladan !

Aragorn (enthousiaste) : Elrohir !

Elladan (tout sourire) : Bonjour à tous !

Elrohir (tout joyeux) : Heureux de voir que vous vous portez à peu près aussi bien que nous !

Gimli : Et voilà. Encore des Elfes.

Glorfindel : Au risque de faire râler le fils de Gloïn, je tiens à préciser que je suis là, moi aussi.

Gimli : Bah ! Un Elfe de plus ou un Elfe de moins, au point où j'en suis rendu…

Frodon (sortant les badges de Bilbon de sa poche) : Elladan, Elrohir ! J'ai des cadeaux de Noël pour vous, de la part d'oncle Bilbon.

Elrohir : Oh, il ne fallait pas ! C'est trop gentil !

Elladan : Chouette ! Des badges colorés !

Elrohir : Je veux le bleu !

Elladan : Ah non, c'est le mien ! Regarde, c'est mon nom qui est calligraphié dessus ! Toi, tu as le rouge.

Elrohir : Et alors ? Personne ne peut nous distinguer l'un de l'autre, de toute façon !

Aragorn : Justement. C'est le but des badges, en fait.

Elrohir : Ah.

Elladan : Vu comme ça, forcément, ça n'a rien de drôle…

Arwen : Notre quête n'est pas censée être drôle !

Silence. L'auteur brandit le texte des chapitres précédents en sifflotant d'un air absent.

Arwen : J'ai rien dit, d'accord ?

Glorfindel : Et moi ? Je n'ai pas de cadeau ?

Frodon : Ah. Euh… Non, apparemment. Oncle Bilbon ne m'a rien donné… Je suis désolé. Il a dû vous oublier…

Glorfindel : Comment ça, il m'a oublié ?

Frodon : Ben…

Merry (plein d'espoir) : Je peux vous donner mon clou, si vous voulez ! C'est le clou de l'histoire !

Glorfindel : C'est toujours pareil. "Sauvez Gondolin, Glorfindel !" "Tuez le Balrog, Glorfindel !" "Pouvez-vous surveiller Arwen et les jumeaux, Glorfindel ?" "Battez-vous contre le Roi-Sorcier, Glorfindel !" "Récupérez-moi ce crétin de Hobbit qui s'est fait perforer par un Nazgûl, Glorfindel !" "Pouvez-vous aller chercher mes fils à Bree, Glorfindel ?" "Nous n'avons pas de cadeau pour vous, Glorfindel !" …J'ai quitté Valinor pour ça ?

Tous : …Euh…

Merry (dépité) : …Est-ce que ça veut dire qu'il ne veut pas de mon clou elfique ?

Elladan (blasé) : Nan, 'faites pas attention.

Elrohir (de même) : Ça le prend comme ça, des fois. 'Vaut mieux pas chercher à comprendre.

Frodon (indigné) : J'suis pas un crétin !

Glorfindel : Peut-être, mais vous vous êtes quand même fait perforer par un Nazgûl. Puis par un Troll des Cavernes. Puis par une araignée géante.

Frodon : Et alors ? Ça peut arriver à n'importe qui !

Nouveau silence. La Communauté observe avec attention ses chaussures. Ou ses pieds, dans le cas des Hobbits.

Haldir (mode "cheveu sur la soupe" enclenché) : …Nous y allons ?

Ecran montre Haldir guidant la Communauté de Rechange, les jumeaux et Glorfindel dans les bois de Lothlórien.

Narrateur : Après bien des péripéties, nos héros arrivent enfin au terme de leur premier voyage : le domaine de Galadriel. Et tandis que le Gardien de la Marche Ouest de la Lórien leur montre le chemin jusqu'à la cité des Elfes, les sages seigneurs du Bois Doré, emplis de clairvoyance, se préparent à recevoir dignement leurs hôtes en se parant de leurs plus riches vêtem…

Auteur : Te fatigue pas, le Régisseur. On t'a reconnu.

Régisseur : Si on ne peut même plus rigoler…

Ecran montre Haldir et la Communauté de Rechange qui arrivent dans la cité des Elfes et grimpent tout en haut de l'immense arbre où ils avaient rencontré les seigneurs de la Lórien lors de leur premier passage.

Sam : C'est toujours aussi haut, dîtes donc. Vous avez quelque chose contre les maisons de plain-pied ou quoi ?

Haldir : Non, pas particulièrement. Mais ce n'est pas très impressionnant et pas assez feuillu pour nous.

Sam : Ah, feuillu… Oui, bien sûr, évidemment. Pourquoi n'y ai-je pas songé ?

Pippin : Dîtes ? Il y a encore beaucoup de marches, comme ça ?

Frodon (marmonnant) : …167 865, 167 866, 167 867, 167 868, 167 869…

Merry : Frodon, qu'est-ce que tu comptes ?

Frodon : …167 873… Les marches ! …167 876, 167 877… C'est pour la postérité ! …167 880… Pour les lecteurs des générations futures ! …167 884… Oncle Bilbon m'a demandé de le marquer dans mon carnet de notes. …167 890, 167 891…

Merry (regard consterné) :

Pippin (à voix basse) : Tu crois que c'est grave ?

Sam (sur le même ton) : C'est l'Anneau de Rechange, Pippin. Il s'empare de lui.

Pippin : Mais il ne le porte même pas encore !

Merry : Justement ! Tu imagines ce que ce sera quand il le portera ?

Frodon : …167 913, 167 914, 167 915, 167 916…

Pippin : Je veux pas imaginer, non.

Gandalf (déprimé) : Les Hobbits…

Haldir : Et nous y voilà !

Frodon : …Et 167 950 ! Pfiu, vous avez de bonnes jambes, vous, les Elfes.

Elladan (en bout de file et encore dans l'escalier) : Avancez ! Laissez-nous monter sur la plateforme !

Gandalf : Poussez-vous, laissez venir les fils d'Elrond. A condition qu'ils ne jettent personne dans le joli petit lac qui se trouve en haut de cet arbre pour une raison qui m'échappe totalement.

Elrohir : Gandalf ! Comme si nous avions l'habitude de nous comporter comme des enfants immatures !

Gandalf hausse un sourcil pendant que Legolas, Arwen, Aragorn, Haldir et Glorfindel se mettent à tousser en chœur. Les jumeaux ont le culot de les regarder d'un air innocent.

Gandalf (pas franchement convaincu) : Bon. Admettons. Nous n'avons plus qu'à attendre les seigneurs de la Lórien.

Ecran montre le haut de l'escalier où ont l'habitude d'apparaître Celeborn et Galadriel. L'escalier est désespérément vide.

Celeborn : Euh, en fait, nous sommes déjà là…

La caméra descend l'escalier et l'écran montre à présent les seigneurs de la Lórien écrasés par terre dans un magnifique méli-mélo de bras, de jambes et de tissus richement brodés.

Celeborn : Ma dame, si vous pouviez ôter votre pied de mon dos, cela m'arrangerait grandement.

Galadriel : J'aimerai, très cher, mais votre coude écrase ma manche.

Gandalf : …Euh ?

Haldir : …Mes seigneurs ?

Arwen : Grand-père ! Grand-mère ! Vous n'avez rien de cassé, au moins ?

Galadriel : Non, non, ma chérie. Enfin, en ce qui me concerne.

Gandalf : C'est l'essentiel.

Elladan : Dommage que Père ne soit pas là pour voir ça !

Elrohir : Oui, ça l'aurait peut-être déridé…

Aragorn : Besoin d'aide, mes seigneurs ?

Celeborn : Merci, nous nous débrouillons très bien tous seuls.

Eomer (sarcastique) : Oui, effectivement…

Eowyn lui donne un coup de coude dans les côtes pour le faire taire. Les seigneurs de la Lórien se relèvent tant bien que mal et agitent leurs vêtements pour en faire tomber la poussière et se donner une contenance.

Gandalf : Sans vouloir vous vexer, mes chers amis, j'aimerai tout de même savoir comment vous avez fait pour réussir à en arriver à… ça.

Celeborn : Demandez aux costumières ! Tout est leur faute.

Galadriel : Elles ont taillé des costumes trente-six fois trop longs sous prétexte que ça fait plus majestueux, et nous avons marché sur le tissu en nous entraînant à descendre les escaliers avec ces robes de géants…

Gimli (abattu) : Vous cassez le mythe, là.

Glorfindel (en aparté) : Il serait peut-être temps de cesser les digressions, non ?

Legolas : Oui, la conversation prend une tournure dangereuse pour l'honneur des Elfes, là.

Haldir (intervenant à point nommé) : Mes seigneurs ! Gandalf et ses amis ont besoin de votre grande sagesse pour sauver le monde une deuxième fois !

Galadriel : Oui, je sais. Je l'ai vu.

Pippin : Ah bon ? Vous avez une bonne vue, vous !

Sam : Mais non, elle l'a vu… dans son miroir !

Pippin : Aaah ! …Quel miroir ?

Galadriel : Une glace sans tain. Elle permet de voir ce qu'il y a derrière sans être vu.

Pippin : …?

Galadriel (voix flippante) : Vous avez quitté Fondcombe avec l'intention de venir ici consulter le Script Unique du prologue de la fic. Chemin faisant, vous avez essuyé deux attaques de Cavaliers Roses, un vol de Crétins, une rencontre avec Ursula et deux charges d'Orcs de la Moria. Et je sais aussi qu'Arwen porte la carte de Noël dessinée par Elladan et Elrohir.

Arwen : Dommage…

Sam (impressionné) : Waouh ! Vous avez vu tout ça dans votre Glace sans tain ?

Galadriel : Non, j'ai juste lu les chapitres précédents.

Tous : … -.-'

Galadriel : Quoiqu'il en soit, j'ai ce dont vous avez besoin et je suis prête à vous aider.

Pippin : Ah, ça c'est une bonne nouvelle !

Frodon : Pouvons-nous consulter le Script Unique, Dame Galadriel ?

Galadriel sort le Script Unique de sa poche et tout le monde se jette dessus. Arwen profite de la mêlée pour donner discrètement à sa grand-mère la carte de Noël. Galadriel s'empresse de la cacher dans les plis de sa robe.

Gandalf (tenant le Script Unique à bout de bras) : Voyons voir… Ah ! Voilà : l'Anneau de Rechange se trouve dans…

Roulement de tambours imaginaires. Tout le monde retient son souffle.

Gandalf : …La Tanière de la Mygale !

Tous (perplexes) : La Tanière… de la Mygale ?

Frodon : …C'est l'Antre d'Arachne, Gandalf.

Gandalf (agacé) : Oui, c'est pareil !

Sam : Le gros trou noir dégoûtant avec l'énorme araignée hobbitivore ?

Gandalf : C'est cela même.

Eowyn : Génial. Après avoir déblayé un monstre aquatique en décomposition, nous allons combattre une araignée géante ?

Legolas : Oh, vous savez, ce n'est pas aussi dur que ça en a l'air. Tant qu'on n'est pas arachnophobe, il n'y a aucun problème. Je fais ça tous les jours, chez moi.

Eomer : Oui, mais vous, vous êtes un Elfe !

Aragorn : Pas de panique ! Réfléchissons plutôt au meilleur moyen de récupérer l'Anneau de Rechange sans y laisser des plumes.

Galadriel : Vous savez, Arachne est une araignée.

Sam : On avait cru remarquer, oui.

Galadriel : Et une araignée a-t-elle des doigts ?

Merry : Aux dernières nouvelles, non. Enfin, il me semble.

Galadriel : Par conséquent, une araignée peut-être avoir un quelconque usage d'un anneau, qu'il soit magique ou non ?

Faramir : Mais bien sûr ! Si Arachne ne peut pas utiliser l'Anneau de Rechange, peut-être pourrons-nous marchander avec elle pour le reprendre !

Gandalf : Nous ne perdons rien à essayer, en tout cas. C'est décidé. Nous passons la nuit ici et dès demain, nous reprendrons la route. Direction : Cirith Ungol et le Repaire de la Tarentule !

Frodon : L'Antre d'Arachne, Gandalf. L'Antre d'Arachne.

Gimli : Quel est le chemin le moins long ?

Glorfindel : Peut-être devrions-nous descendre le long de la rivière jusqu'aux chutes du Rauros. De là, il faut atteindre la rive orientale du lac, traverser l'Emyn Muíl, les Marais des Morts et l'Ithilien, et nous arriverons directement à la vallée de Morgul.

Frodon : Parfait ! Je note ça dans mon carnet.

Galadriel : Mon époux se fera un plaisir de mettre nos meilleurs bateaux à votre disposition afin de vous aider dans votre quête. N'est-ce pas, très cher ?

Celeborn (regardant le plafond d'un air absent) : Certes, oui…

Aragorn : Ça va ? Vous ne vous ennuyez pas trop ?

Celeborn : Non, non. J'ai juste la désagréable impression de ne servir qu'à faire joli à côté de Galadriel, dans cette histoire…

Régisseur : Euh, t'as l'habitude, non ? C'est pas comme si tu servais vraiment à quelque chose dans l'histoire de base…

Celeborn : Oui, vu comme ça…

Haldir : Venez, nos hôtes, suivez-moi. Je vais vous guider jusqu'en bas et vous trouver un endroit confortable où passer la nuit.

Gimli : Après avoir durement monté toutes ces marches, il va falloir les redescendre ?

Legolas : Allons, courage Gimli ! Vous êtes un Nain, oui ou non ?

Gimli : Parfois, je me le demande…

Eomer : J'ai une idée ! Faisons un nouveau concours débile : le premier arrivé en bas a gagn… (Legolas et Gimli partent en flèche) …Et interdiction de tricher ! Celui qui tombe est disqualifié d'office !

Sam (à voix basse) : M'sieur Frodon ! Vous croyez que le moment est bien choisi pour dire qu'on a… Comment dire… Un tout petit peu énervé Arachne lors de notre dernier passage chez elle ?

Frodon : Ben…

OoOoO

A suivre…

OoOoOoOoO

Et voilà, enfin un vrai chapitre pour cette histoire ! Je sais, c'est pitoyable à en faire peur. Mais je m'amuse bien à écrire ces bêtises, alors on va faire comme si c'était pas grave.

Voilà, cette fic reprend enfin du service ! La suite devrait normalement être postée mercredi prochain, sauf si mes partiels décident qu'ils ne veulent pas être gentils. Oui, je sais, un partiel n'est jamais gentil. Bref, vous m'avez comprise. Enfin, j'espère.

Bonne semaine !