Jubei/Kazuki, As-tu fini ton travail avant de lire ce chapitre ? Et n'oublie pas que j'attends la suite de ta nouvelle fic !
Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à m'envoyer vos remarques (même négatives)!
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Chapitre 8.
La nuit avait été longue. Il avait entendu Sam se tourner et se retourner dans son lit jusque vers cinq heures du matin. Puis sa respiration était devenue calme et régulière : il avait dû s'endormir. Mais lui n'avait pas réussi à trouver le sommeil. Pour un dimanche matin, sa grasse matinée était plutôt anorexique ! Vers sept heures, il se leva. Pour ne pas réveiller son frangin qui dormait enfin, il enfila des vêtements chauds et sortit prendre l'air. Il faisait extrêmement froid mais c'était revigorant. Il avait besoin d'avoir l'esprit clair pour réfléchir aux événements de la veille et convenir de l'attitude à adopter lorsque Sam se réveillerait.
Le jour se leva bien tard. Le ciel était gris, monotone en ce mois de décembre. De sa réflexion, Dean conclut qu'il allait passer l'éponge pour cette fois. Il sentait bien que Sammy n'allait pas bien ces derniers temps. Il était d'une humeur massacrante et on ne pouvait jamais rien lui dire sans qu'il souffle ou qu'il s'énerve. Quelque chose le tracassait. Mais contrairement à son habitude, il se renfermait sur lui-même et gardait tout pour lui. Bientôt, il finirait certainement par déverser tous ses soucis en les confiant à quelqu'un. L'aîné des Winchester se dit qu'il voulait être cette personne, comme il l'avait toujours été d'ailleurs. Pour cela, il décida d'arranger les choses le plus rapidement possible. Il lui devait bien. Après tout, Sammy n'avait pas réellement tord. Il fallait bien avouer qu'il n'était pas très présent, ces derniers temps, entre les chasses et ses sorties. Il se dit que si son petit frère voyait qu'il ne lui en voulait pas et s'il faisait un pas vers lui, alors il se confierait certainement plus facilement.
Sa décision prise, il s'aperçut que son estomac grognait. Il avait pourtant prit soin de dévaliser le distributeur automatique de l'hôtel en se levant. Il regarda l'heure : midi dix. Il se décida à aller au fast-food pour chercher de quoi se ravitailler. Mais avant, il passa la tête dans l'entrebâillement de la porte, juste pour vérifier que tout allait bien. Sammy roupillait toujours. Il se demanda s'il devait lui laisser un message mais se dit qu'il n'en avait vraiment pas pour longtemps.
Il se dirigea en tout premier lieu vers la supérette. Il imaginait la tête dégoûtée de son cadet, s'il le voyait rentrer avec ses sandwichs bien gras pour son petit déjeuner ! Ca aurait pu être drôle mais vraiment pas approprié dans les circonstances actuelles. Or, dans ce magasin, il avait repéré qu'on vendait des cookies faits maison dont Sammy raffolait. Il estima que c'était une bonne entrée en matière pour une réconciliation. Pendant qu'il se servait, la conversation entre la caissière et une dame assez âgée, attira son attention. Plus il écoutait et plus l'échange l'intéressait. Quand il estima qu'il avait relevé suffisamment d'informations, il se rua au fast-food du coin pour aller se chercher de quoi remplir son estomac. Les bras chargés, il regagna l'hôtel.
Au moment où il entra dans la chambre, il s'aperçut que son frangin venait de se réveiller. Il était encore assis sur son lit. Ses cheveux étaient ébouriffés et il plissa encore plus ses yeux, à peine entrouverts, à la vue du paquet qu'il venait de rapporter. Devant la moue dégoûtée et si prévisible de son cadet, il sortit le grand gobelet de café encore fumant, ainsi que le petit sachet contenant les cookies. Il les lui tendit avec un sourire moqueur.
- Déjà réveillée, Princesse ?
Sam se leva et examina ce qu'il avait dans les mains. Son aîné l'observait pour voir sa réaction. Il ne fut pas déçu. Bien que son petit frère essaya de dissimiler un sourire de satisfaction, il ne put réprimer son soupire de soulagement. Lorsqu'il releva finalement la tête, ses yeux reflétaient de la reconnaissance. Ils s'installèrent à la table et commencèrent à manger. Dean aurait aimé aborder le sujet qui lui trottait dans la tête mais il ne voulait pas tout faire foirer encore une fois. Comme Sam montrait de l'intérêt pour la chasse depuis quelques temps, il espérait que l'anecdote entendue précédemment constituerait une bonne entrée en matière. Par conséquent, tout en continuant d'assouvir son appétit, il rompit le silence.
- Mmmm ! J'ai entendu parlé d'un truc pendant que ch'faisais les courses tout à l'heure. Dans un quartier, pas très loin d'ici, il paraît que les habitants ont vu des trucs étranges, la nuit dernière. Apparemment les nains de jardin ont décidé de mener leur petite vie et ils ont ravagé la pelouse, explosé les boîtes aux lettres et recrépi les murs.
Il s'arrêta quelques secondes pour engloutir encore quelques bouchées et évaluer l'éventuel intérêt de son cadet pour son récit. Il ne disait rien mais il avait l'air d'attendre la suite. Il poursuivit donc :
- Et tu ne connais pas la meilleure ! Un voisin aurait vu une lueur bleutée se diffuser à travers les fenêtres d'une maison inhabitée depuis quelques mois. Devine qui c'est ? …
A cette question, il vit Sam déglutir difficilement avant de hausser les épaules en signe d'ignorance. Il décida de répondre :
- Ta prof d'histoire : la vieille Mc Allister !
Cette fois, son petit frère manqua de s'étouffer. L'aîné avait du mal à évaluer son comportement. Décidément, en ce moment, il n'était vraiment bon à rien avec lui. D'habitude, son cadet n'avait qu'à le regarder pour qu'il comprenne ce qu'il ressentait. Mais là, il ne décelait rien. En plus, il évitait son regard. Que lui cachait-il ? Il se promit intérieurement de rester avec lui jusqu'à ce qu'il découvre ce qui le perturbait tellement. Sachant qu'il ne pourrait pas faire autrement que d'aller vérifier les dires de la vieille dame, il espérait que Sam veuille bien l'accompagner.
- Sam, je me demandais … J'ai l'intention d'aller voir c'qui se passe là-bas, ce soir. Tu veux venir avec moi ?
L'intéressé accepta la proposition d'un signe de tête. Il n'avait toujours pas sorti un mot et c'était extrêmement inquiétant. Dean pensa alors qu'il avait peut-être été trop dur la veille et que son cadet lui en voulait. Il essaya de mettre les choses au clair.
- Et à propos de hier soir … Il vit que Sam replongeait son nez dans le gobelet de café. Il avait donc dû toucher un point sensible. Il continua. C'est vrai que c'était samedi soir et qu'il n'y a aucune raison pour que tu ne puisses pas traîner avec tes potes … C'est juste que … j'aimerais savoir où tu vas … pas pour t'espionner, hein ! Je me doute que t'as pas besoin de moi pour aller chauffer les nanas … mais juste … tu sais … au cas où …Enfin … n'oublie pas que papa m'a demandé de veiller sur toi !
Il ne savait pas comment lui dire qu'il s'inquiétait pour lui. Il y avait deux bonnes raisons à ça : la première c'est qu'il n'avait pas le don de son petit frère pour faire l'étalage de ses sentiments, et la deuxième c'était que Sammy lui aurait encore balancé à la figure qu'il n'était pas son père. Ce qui était parfaitement exact bien qu'il soit quand même responsable de lui. Son cadet restait désespérément muet. Il le fixa dans l'attente d'une réponse qui ne vint que sous la forme d'un hochement de tête. Il se résigna à lui poser la question :
- Ca va, Sammy ? Tu as l'air … bizarre. Tu devrais peut-être aller te recoucher.
- Non, tout va bien. J'vois pas pourquoi tu dis ça.
Ah, non ? Il ne voyait pas ? Alors, il allait lui expliquer :
- Pour rien. C'est juste que d'habitude tu es un vrai moulin à paroles et que j'ai du mal à trouver le bouton off. Et là tu n'ouvres la bouche que pour manger et encore, tu avales de travers !
- Oh, euh, non. C'est juste que j'écoutais ce que tu racontais et en plus j'avais vraiment la dalle, alors … Tiens d'ailleurs, merci pour les cookies. Ils sont super bons.
Dean le regarda, suspicieux. Il n'était pas du tout convaincu par les propos de son cadet et le brusque changement de sujet ne faisait que confirmer ce qu'il pensait : Sam lui cachait quelque chose. Cependant, il ne prit pas la peine d'insister. Après tout, son frangin était tellement buté qu'il n'obtiendrait rien de lui jusqu'à ce qu'il consente à débloquer la situation par lui-même. Il avait terminé de manger. Il se frotta les mains et balança le papier gras dans le sac en papier puis il partit s'enfermer dans la salle de bain.
Le soir venu, les deux frères avançaient à grandes enjambées pour rejoindre le fameux quartier. Sur le chemin qui les menait à la demeure, Sam restait légèrement en arrière. L'aîné se dit au début qu'il devait marcher trop vite pour les petites jambes de son cadet mais il réalisa ensuite qu'il ne connaissait pas la route. Tout en trottinant, Sam posa un nombre incalculable de questions concernant les esprits et la meilleure manière d'en venir à bout. Il s'intéressa à chaque petit détail. L'aîné, qui s'était inquiété de son mutisme dans l'après-midi, en venait presque à prier pour qu'il se taise. Le peu de patience qu'il avait s'évaporait à chaque pas. Il répondit succinctement à son questionnement mais finit par lui demander d'arrêter de lui prendre la tête.
Arrivés sur place, ils constatèrent les dégâts matériels exposés plus tôt dans la journée. Puis, le plus vieux remarqua la porte fracturée. Mais une fois à l'intérieur, l'IMF ne donna rien. Après avoir examiné chacune des pièces, ils arrivèrent à la conclusion que s'il y avait eu une présence surnaturelle dans cette maison, elle n'y était plus. En revanche, Dean s'attarda sur la fenêtre brisée. A la place de la vitre, une bâche occultait l'ouverture.
- Il y a encore des bouts de verre dans la cour. Elle a été cassée de l'intérieur. Tu crois qu'elle a été fracassée hier soir ?
Pour toute réponse, son cadet haussa les épaules.
- Peut-être qu'il y avait des squatteurs quand c'est arrivé. Si c'est le cas, ils ont dû avoir les boules … Je me demande si …Non, c'est pas possible.
- Quoi ? Demanda Sam d'une toute petite voix, apparemment inquiet.
- Non, rien. Je me disais que c'était encore des crétins qui avaient voulu invoquer un esprit ou un truc comme ça. Mais si ç'avait été le cas, quoiqu'ils aient ramené, ce serait encore là. Et il n'y a rien. T'y comprends quelque chose toi ? Parce que moi, j'pige que dalle.
Encore une fois, le plus jeune se borna à répondre d'un simple signe de tête. C'était reparti pour une séance de mutisme intégral.
- Mouais. Il s'est quand même bien passé quelque chose. Même si on aurait pu croire que la sénilité a fait halluciner l'ensemble des voisins, ça a quand même laissé des traces. Il y a même de la terre à l'intérieur de cette baraque. La porte ne s'est pas ouverte et refermée toute seule … Je sens que cette histoire va me prendre la tête … Bon, on rentre. On verra bien demain s'il s'est passé autre chose.
Pour plus de sécurité, Dean inspecta toute la rue mais là encore, rien d'étrange n'apparaissait. Finalement, ils prirent le chemin du retour. Contrairement à l'aller, ils étaient silencieux. Cette histoire était vraiment étrange et le fait que Sam se soit à nouveau muré dans le silence commençait vraiment à le gonfler. Il se dit qu'il n'aurait peut-être pas dû le rabrouer aussi sèchement à l'aller. Il secoua la tête en s'apercevant qu'il se « sammytisait » : les questions apparaissaient et s'amoncelaient dans sa tête sans y trouver de réponse. Et comme il ne pouvait pas les demander à haute voix, il cogitait et il ruminait.
Quand ils finirent enfin par se coucher, il entendit que son petit frère s'endormait rapidement. Il se laissa alors sombrer dans le sommeil.
