Hey tout le monde ! Bonne année à tous :D ! Comme cadeau de début d'année, voilà la suite de ma fic (désolée pas de Damon par contre :( ). J'espère que vous avez tous passé un bon réveillon et que cette année vous apportera plein de bonnes chances (et que ma fic en fait partie :D). Bref assez discuté, je vous remercie tous pour vos reviews, dédié à mon Cactus cher à mon coeur. Enjoy ;) Et laissez un comm' s'il vous plait, ça ferait vraiment mon année :D


Jeudi

J'avais à peine pu fermer l'œil de la nuit. Chaque fois que j'entendais un bruissement, un craquement ou même ma propre respiration, je sursautais prise de panique et m'attendais à voir débarquer la police.

Caroline avait assuré que personne ne pouvait savoir que nous étions allées à l'intérieur des locaux, après tout nous étions les derniers suspects pour une possible intrusion. De plus, ils croiraient sûrement à un bug informatique ou une saute de courant, cela arrivait souvent avait-elle ajouté.

Mais cette tenace paranoïa ne me quittait pas d'une seconde et je voyais déjà la scène se dérouler. Ils associeraient l'épingle à cheveux avec l'arrêt soudain des caméras, puis le Shérif reconnaîtrait l'épingle comme la mienne et sachant que je n'aurais jamais pu éteindre les caméras, elle comprendrait que sa fille était avec moi ce qui conduirait à Bonnie puisque nous ne faisions jamais rien sans elle. Mes parents me renieraient, j'irais en prison et je finirais ma vie comme serveuse de fast-food.

Mon réveil sonna indiquant que l'heure d'aller au lycée était venue. Je me sentais telle une condamnée sur le chemin de la potence. Aujourd'hui allait être horrible.

Après une douche bien relaxante, j'étais en bas habillée et prête à partir. Mais mes espoirs de me faufiler inaperçue s'évanouirent lorsque ma mère bloqua mon chemin et pointa la cuisine avec un regard sévère. Aujourd'hui allait vraiment être horrible.

Soupirant, je me dirigeai vers la cuisine en traînant les pieds avant de m'asseoir sur un des tabourets. Ma mère alla à la cuisinière pour prendre une poêle avec des pancakes et les versa encore bouillants dans une assiette. Elle me la donna avec une fourchette et attendit. Faisant la moue, je pinçai ma fourchette et mangeai toujours dans un silence de mort.

- Ton père et moi ne t'avons pas vu depuis avant-hier soir, finit par dire ma mère. Nous étions en train de nous demander si tu n'avais pas suivi ton frère dans une de ses... escapades.

- Le lycée aurait appelé, marmonnai-je. Et vous vous demandiez ou papa se demandait ?

- Cela n'a pas d'importance Elena. Nous comprenons que tu es arrivée à un âge où tu as envie d'avoir plus de libertés et où tu penses être plus responsable. Mais tu n'as toujours pas dix-huit ans et jusque là, il y a des règles qu'il faut respecter.

- Maman, pas la peine de me sortir le discours du parent compréhensif mais stricte ! Je le connais par cœur, c'est bon, m'énervai-je. Et depuis quand tu racontes tout ce que dit papa à la lettre près ? Tu sais que c'était injuste la façon dont il m'a traitée et je ne comprends pas pourquoi tu ne m'as pas défendue !

- Elena, soupira ma mère.

Je repoussai mon assiette, soudainement je n'avais plus faim. Ma mère soupira de nouveau mais la prit quand même pour la nettoyer. Je la regardai incrédule. Il y a un temps, ma mère était une mère moderne qui refusait de faire toutes nos tâches, vivait sa carrière à fond et répondait à John. Quand est-ce qu'Isobel Gilbert était devenue une mère au foyer sous la domination de son mari ?

- Ton père traverse une période difficile et j'aimerais que ton frère et toi soyez plus patients avec lui.

- Le monde ne tourne pas qu'autour de John Gilbert et peut-être qu'il faudrait qu'il soit plus patient avec nous, reprochai-je.

- Tu comprendras bien assez vite ma chérie, déclara ma mère.

Elle semblait triste, presque désespérée. Mais que devais-je donc comprendre ? Pourquoi tant de secrets ? Elle s'approcha de moi, me baisa le front et me congédia de la main en me pressant de ne pas être en retard. Je lui dis au revoir avant de m'en aller.

La voiture de Caroline était dans ma rue, la bonde semblait piailler joyeusement. Caroline m'étonnait toujours, comment pouvait-elle être si décontractée et joyeuse alors que nous étions des criminelles en voie de révéler les secrets noirs de cette ville ? C'est vrai, elle adorait ça tout simplement.

oooooooooooooooooo

- Tu réfléchis trop, critiqua Caroline en se recoiffant à un feu rouge. Arrête de penser au pire et concentre toi sur l'important !

- Et qu'est-ce que l'important ? demandai-je, amusée.

- Ton rendez-vous avec Damon. Tu as le droit de passer une entière soirée avec lui et de lui poser autant de questions que tu veux. Des tas de filles de Mystic Falls tueraient pour être à te place.

- Je préfère me concentrer sur Tyler et le Conseil, éludai-je. Après tout, cette soirée n'est pas si importante.

- Combien de fois tu t'es demandée quelle tenue tu allais porter jusque là ?

- Un bon millier, avouai-je en gémissant de frustration. Je stresse rien qu'à l'idée d'être en face de lui alors comment tu veux que je lui parle ? Et les questions ! Je ne suis pas toi Caroline, je vais poser la mauvaise question au mauvais moment et il va se braquer et il ne va plus parler et notre dîner va finir froidement avec lui voulant s'enfuir par la fenêtre des toilettes le plus vite possible !

Je débitai mon discours à une allure impressionnante et Caroline en resta bouche bée. Elle me regarda avec un sourcil levé, l'air de me demander si je n'avais pas trop abusé sur le sucre ce matin.

- Plus de café pour toi, dit-elle en me tapotant la main. Et je comprends que tu sois nerveuse mais penses-y d'une autre manière. Damon n'est qu'un garçon comme les autres et tu es une fille qui veut juste apprendre à le connaître. Rien de bien compliqué, sois toi-même.

- Tu m'aideras pour la tenue ?

- Après-midi essayage voire shopping si besoin, assura-t-elle. Je recruterai Bonnie.

- En parlant de Bonnie, pourquoi est-ce qu'elle ne faisait pas partie du covoiturage ?

- Je ne sais pas, elle m'a envoyé un texto me disant que ce n'était pas nécessaire. J'imagine que son père a dû l'emmener.

Je ne dis rien et m'adossai contre la fenêtre pour regarder le paysage. Il faisait encore gris mais bizarrement aucune pluie n'était en vue. Partout dans la ville, les couleurs d'Halloween s'étalaient tout comme les décorations. La fête était dans deux jours, ce samedi exactement. Et l'excitation était à son comble. Obnubilée par notre plan, j'avais à peine fait attention aux préparatifs tout comme les filles d'ailleurs ce qui était une première. Chaque année, Caroline en tant que présidente du comité, s'investissait à fond dans tous les événements du lycée.

- Heureusement tu ne louperas pas Halloween, dit soudain la blonde. La fête du lycée est organisée vendredi soir. Et nous avons largement passé l'âge d'aller chercher les bonbons.

- Je pensais que Tyler organiserait une de ses fameuses maisons d'horreur d'Halloween samedi, fis-je remarquer en souriant.

Chaque année et ce depuis qu'il avait treize ans, Tyler choisissait une maison, si possible abandonnée et perdue dans les bois, pour la transformer en une superbe maison d'horreur. Une fête était l'arrivée de ce parcours frissonnant. C'était l'attraction la plus populaire pour les adolescents et elle avait beaucoup manqué l'an dernier.

- Et non. En compensation de son manque de nouvelles, je l'ai convaincu de s'inscrire avec moi et Bonnie comme les accompagnateurs des enfants faisant la tournée dont les parents sont occupés à la soirée des Lockwood.

- Tu cherches toujours à marquer des points charitables auprès de la ville, la taquinai-je. Mais je n'arrive pas à croire que tu ais réussi à embarquer Bonnie et Tyler.

- Ce fut facile, j'ai appelé Carol pour lui dire de rappeler à Tyler que la tournée commençait à huit heures. Quand elle n'a pas compris de quoi je parlais, j'ai expliqué que Tyler s'était gentiment proposé de participer au programme ''Le lycée en tournée'' et que d'ailleurs tout le Comité le remerciait. Tu connais Tyler, quand sa mère est allée voir pour lui dire à quel point elle était ravie qu'il s'implique dans le Comité, il n'a pas pu dire non. Comme la maison ne pouvait plus avoir lieu, Bonnie a préféré venir avec moi que passer la soirée toute seule. Bien sûr, toi tu échappes à la tournée grâce à ton rendez-vous mais je te promets, je ne te louperai pas à Thanksgiving !

- Tu es démoniaque, conclus-je impressionnée et effrayée en même temps.

- Merci du compliment.

Nous venions d'arriver au lycée et Caroline continuait de babiller joyeusement sur la soirée de vendredi. Elle était excitée rien qu'à l'idée de se déguiser et hésitait toujours entre faire une sorcière sexy ou un vampire sexy. Elle évoqua Catwoman aussi mais je l'arrêtais, toute l'équipe de pom-pom-girl voulait faire Catwoman.

- Comment vont mes deux filles préférées sur Terre, demanda Tyler lorsqu'il nous vit arriver.

- Je pensais que tes deux filles préférées sur Terre étaient ta main droite et ta main gauche, dit Caroline en souriant.

J'éclatai de rire face à la mine choquée de Tyler, il était juste adorable. Matt arriva à ce moment et le regarda en fronçant les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il a ? me demanda-t-il.

- Caroline lui a parlé, expliquai-je en continuant de m'esclaffer.

- Je vois. Bref Tyler vous a dit la bonne nouvelle ? La maison hantée a lieu samedi soir !

- Comment ça ? Nous avons la tournée avec les enfants, rappela Caroline en fusillant Tyler du regard.

- Oui et j'ai fait le calcul. La tournée commence à huit heures et ne devrait pas durer plus d'une heure, non ? Je veux dire on ne va pas laisser des enfants debout après neuf heures ?

- Oui, répondit Caroline avec précaution.

Je voyais bien qu'elle n'aimait pas la tournure de cette conversation.

- Alors je me suis dit que de toute façon, une maison hantée est bien meilleure pendant la nuit. Donc pourquoi ne pas ouvrir plus tard ? Du coup, je fais commencer la soirée à dix heures me laissant le temps d'aller jusqu'à la maison et de tout préparer, conclut Tyler l'air fier.

- Et tu comptes tout faire en une heure ?

- Matt et moi, on va aller faire des courses dans l'après-midi et commencer les préparatifs. Et il pourra continuer sans moi puisqu'il finit à huit heures et demie au Grill. Tout coïncide parfaitement. Donc vous viendrez les filles ?

- Bien sûr comme si j'allais louper ça, s'exclama Caroline. Et tu as de la chance de finir une demie-heure après le début de la tournée Matt sinon tu n'aurais pas eu d'autre choix que de t'inscrire !

- Je remercie mon patron chaque jour pour ça, se moqua Matt.

- J'ai un rendez-vous moi samedi soir mais j'essaierai de passer après, promis.

- Un rendez-vous ? Et qui est donc l'heureux élu, me demanda Tyler avec un grand sourire.

- Damon Salvatore, répondis-je assez gênée.

Je n'étais pas ressortie avec un garçon depuis ma rupture avec Matt ou du moins rien de jamais sérieux. Et je ne voulais pas en parler devant lui. Mais pourtant, ce n'est pas lui qui réagit le plus violemment.

- Damon Salvatore ! Qu'est-ce que tu fais avec ce mec ! s'emporta Tyler.

- Un dîner et je ne sais pas, peut-être une film, dis-je en fronçant les sourcils.

- Elena, ce mec n'est pas quelqu'un de bien, je pense que tu ferais mieux de ne pas t'en approcher, m'avertit Tyler avec l'air le plus sérieux du monde.

- Et je pense que ce ne sont pas tes affaires. Je peux me débrouiller toute seule Tyler.

- Elena, tenta-t-il à nouveau.

- Je vais être en retard en cours, coupai-je. Je te verrai à l'entraînement.

Je m'en allais assez énervée. Pour qui se prenait Tyler ? Il n'avait pas à me dicter quoique ce soit, et surtout pas quelque chose sur mes relations ! Il était le champion des filles qu'il ne fallait pas fréquenter, il était sortie avec Vicky pour l'amour de Dieu ! Et puis qu'est-ce qu'il savait à propos de Damon, il ne le connaissait même pas !

ooooooooooo

- Tyler était vraiment bizarre ce matin après que tu sois partie, murmura Caroline en s'étirant. Il n'arrêtait pas de gesticuler et de jeter des regards nerveux dans ta direction. Je ne l'avais jamais vu aussi agité.

- Je ne comprends pas, dis-je en secouant la tête. Il vient d'arriver, qu'est-ce qu'il peut bien savoir sur Damon ?

- Je ne sais pas, répondit Caroline. Je ne crois pas qu'ils se soient rencontrés en plus.

- Je trouve ça bizarre, ce n'est pas le genre de Tyler de croire tous les ragots de la ville.

- En parlant de bizarre, je n'ai pas vu Bonnie de la journée, me confia Caroline.

- Moi non plus.. Tu crois qu'elle n'est pas venue en cours ?

- Ce n'est vraiment pas son genre, on devrait peut-être passer chez elle après la discussion avec Ty ?

- Je suis d'accord, approuvai-je en lançant un regard vers le brun.

Il était en train de s'entraîner pour la mêlée en poussant sur des mannequins. Et je ne l'avais jamais vu aussi en forme, c'était comme s'il poussait un caddie au lieu d'une charge de presque 80 kilos.

- Allez les filles, il est temps de répéter !

Je me mis en place devant les autres filles tandis que Caroline se mit en face de nous. J'avais toujours adoré les pom-pom-girl, c'était quelque chose que nous partagions ma mère et moi, elle avait aussi été pom-pom-girl au lycée.

L'entraînement dura à peu près trois quart d'heures puis Caroline congédia les filles. Le temps de notre douche, les garçons avaient fini et étaient en train de ranger le matériel. Tyler nous fit signe pour nous dire qu'il arrivait tout de suite et je me penchai vers Caroline.

- On devrait peut-être l'emmener dans un endroit plus discret ?

- La salle de réunion du Comité ? Elle est vide à cette heure.

Je hochai la tête et nous attendîmes Tyler. Puis nous l'emmenâmes à la salle du Comité avant de fermer la porte. Tyler rigola tout en se passant la main nerveusement dans les cheveux.

- Dis donc, ça doit être vraiment sérieux pour toute cette mise en scène.

- C'est sérieux Tyler, avertis-je.

- Écoute, je m'excuse pour Salvatore, c'est vrai que j'ai exagéré et...

- Ce n'est pas à propos de Damon, coupa Caroline.

- Bien que j'apprécie les excuses, intervins-je.

- Mais à propos du Conseil, continua Caroline. Jeremy a dit à Elena que tu savais ce que c'était.

- Et pourquoi vous vous intéressez au Conseil, demanda Tyler qui se mit soudainement sur la défensive.

- Nos parents refusent de nous en parler et tu nous connais, la curiosité n'est pas notre meilleure qualité, expliquai-je. Ty, si le Conseil touche à nos familles alors on a le droit de savoir.

- Mes parents m'ont interdit d'en parler, souffla Tyler.

Je ne l'avais jamais vu si agité, il sautillait sur place, se mordait la lèvre inférieure et remettait ses cheveux en place toutes les deux secondes.

- Tyler, depuis quand est-ce qu'on écoute nos parents à la lettre ?

- Les filles, je pense que si vos parents ne vous en parlent pas c'est parce qu'il y a une raison. Croyez-moi, j'aurais aimé ne jamais savoir.

- C'est vraiment si horrible ? demanda la blonde.

- Dépend de comment tu vois la situation, répondit vaguement Tyler. Je suis tombé dessus par hasard moi, je suis sûr que si vous cherchez dans vos maisons vous trouverez vos réponses. Mais à votre place, je ne chercherai pas.

- Je connais ma maison par cœur, déclara Caroline. Ma mère garde tout ce qui est important à son bureau. Elena ?

- Je ne sais pas, je ne vois pas où mes parents pourraient...

Puis la réponse me frappa, il y avait un endroit que je voyais tous les jours et pourtant auquel je ne m'étais jamais intéressée. La banquette près de la fenêtre, même Jeremy n'avait jamais fouillé à l'intérieur. Les parents avaient toujours assurés que c'est là où ils rangeaient les factures et autres documents officiels importants.

- J'ai peut-être une idée. Mais Tyler, tu ne veux vraiment pas nous dire ?

- Tout ce que je sais, c'est que le Conseil réunit les membres des cinq familles Fondatrices de cette ville. Nos parents en font partie ainsi que les Fell.

- Lockwood, Gilbert, Forbes et Fell , répéta Caroline. Et la cinquième famille ?

- Les Salvatore, répondis-je. C'est eux les cinquièmes Fondateurs.

- Excepté que cela fait très longtemps que des Salvatore ont habité à Mystic Falls. Le dernier étant...

- Henry Salvatore dans les années 40, on sait, compléta Caroline.

- Non, le dernier ayant résidé à Mystic Falls fut Zach Salvatore qui est arrivé dans les années 90, contesta Tyler. Il est parti il y a deux ans précipitamment sans que personne ne sache pourquoi.

- Vous avez des choses en commun, railla Caroline.

- Et pourquoi nous n'avons jamais vu cet homme ? Personne n'a habité la pension Salvatore depuis des décennies ! fis-je remarquer devenant agitée moi aussi.

- Le Conseil a caché son départ et il a caché lui-même son existence. Il vivait dans une petite maison à l'extérieur de la ville et n'utilisait pas son vrai nom.

- Zachary Grunts, s'écria Caroline. Il venait parfois voir ma mère pour lui apporter des produits de sa serre. Une fleur, comment elle s'appelle déjà...

- De la verveine, dis-je. Il venait en apporter à mes parents aussi. Ma mère nous en donne une tisane chaque soir pour nous aider à dormir.

- Mais pourquoi ne voulait-il pas qu'on sache qui il était ? interrogea Caroline.

- Il fuyait sa famille selon ma mère.

- Et quel est son lien avec les frères Salvatore qui viennent d'arriver ? C'est leur père ?

- Il n'a jamais eu d'enfants. Ma mère présume que ce sont ses neveux, les fils de cette famille qu'il fuyait.

- Le Conseil gère donc les affaires sombres de la ville, conclus-je.

- Entre autres. Mais j'en ai déjà trop dit, se lamenta Tyler. Si mon père savait, il me tuerait.

- On ne dira rien Ty. Mais une dernière question, est-ce que tu es déjà allé à une réunion ?

- Non, répondit-il. Mon père me l'interdit, en faite il préfère que je ne sache rien du tout. Et puis ils se réunissent lors des événements des Fondateurs qu'ils organisent à tout bout de champ, je les évite moi ces soirées.

- J'ai toujours su que c'était une couverture, déclara Caroline. Ma mère ne peut pas aimer à ce point ces dîners.

- Et les Salvatore, pourquoi tu ne les supportes pas ? demandai-je.

- Une vieille querelle de familles, éluda-t-il. Les Lockwood ont toujours été leurs concurrents directs et cela reste dans les gènes. Enfin, faut que j'y aille, ma mère voulait absolument me voir à propos du prochain Bal. N'oubliez pas, cette conversation ne sort pas de ces murs.

- Parole de scout, dit Caroline tandis que je lui promettais de ne rien dire.

Tyler sourit avant de s'en aller avec un petit signe. Au dernier moment, je l'empêchai de partir et il me regarda perplexe. Je venais de me rappeler quelque chose d'important.

- Je ne veux pas être indiscrète mais voilà, j'ai eu une conversation avec ma mère et je me demandai, est-ce que ton départ a un quelconque rapport avec le Conseil ?

Les yeux de Tyler se voilèrent d'une tristesse indescriptible. Son regard semblait contenir toute la misère du monde, comme si quelque chose d'horrible était arrivé. Je ne l'avais jamais aussi vu abattu.

- C'était vraiment des affaires de famille Elena, finit-il par me dire. Et rien de plus, rien qui ne doit t'embêter.

J'acquiesçai et le laissai partir. Il m'avait menti. Je l'avais vu, c'était aussi voyant que le nez au milieu du visage. Je lançai un regard significatif à Caroline et elle m'en rendit un perplexe. Même si nous avions appris des choses, nous pataugions encore dans les informations.

- Bonnie. On a besoin d'elle.

- Et on a besoin de faire le point, ajouta la blonde.

ooooooooooooooooo

Caroline revint quelques minutes plus tard en grimaçant. Je compris tout de suite que Bonnie n'était pas chez elle. Mais alors où pouvait-elle bien être ? Nous étions devant sa maison, Caroline avait conduit comme une furie après que nous ayons quitté Tyler et le lycée. Et maintenant nous bouillions d'impatience, il fallait que nous racontions tout à notre meilleure amie.

- Sa mère m'a dit qu'elle était chez sa grand-mère mais que nous ne pouvions pas la voir. Elle est extrêmement malade et contagieuse, m'expliqua Caroline.

- Mais pourquoi est-ce qu'elle est allée chez sa grand-mère ?

- Je ne sais pas, elle m'a presque claqué la porte au nez. Quelque chose de bizarre se passe chez les Bennett.

- Encore un problème à ajouter à une longue liste, me plaignis-je. Depuis quand nos vies sont devenues si compliquées ?

- Depuis que tu es tombée amoureuse de Damon Salvatore. Ce qui remonte à... la rentrée.

- Je ne suis pas amoureuse de lui !

- Oui et moi je suis la reine d'Angleterre. Admets-le Lena, tu te sentiras beaucoup mieux !

- Il m'attire, je suis d'accord. Mais de là à parler d'amour, protestai-je. Et puis, je n'attendais pas vraiment une réponse, tu sais...

- T'en as eu une pourtant. Bon, je vais te ramener chez toi. Ma mission, appeller Bonnie pour savoir comment elle va. Ta mission, fouiller ta maison pour ces infos sur le Conseil, décida la blonde en démarrant.

- Bien. Tiens moi au courant pour Bonnie.

- Et tiens moi au courant pour le Conseil.

ooooooooooooo

Il était environ cinq heures lorsque Caroline me déposa chez moi. Pénétrant dans le salon, j'appelai ma mère. Aucune réponse. La voie était libre. Je me précipitai sur la banquette pour l'ouvrir. De la poussière vola et je toussai. Depuis quand cette banquette n'avait pas été nettoyée ?

Doucement, j'ouvris la banquette... C'était un bric-à-brac de papiers divers, classés dans des chemises telles que ''Électricité 2002'' ou ''Téléphone 2004'', bref des factures. Ce que mes parents m'avaient toujours dit. Pas de papiers sur des réunions secrètes de la mafia de Mystic Falls.

- Qu'est-ce que tu fais, demanda soudain une voix.

Je poussai un petit cri et portai la main à mon cœur en haletant. Mon frère venait d'apparaître de nul part. Il était encore en caleçon et avait les yeux cernés. Il venait de se réveiller.

- Les parents t'ont laissé ici ?

- Ils n'ont pas vraiment eu le choix. Qu'est-ce que tu fais Lena ?

- Rien, un peu de rangement.

- A d'autres, toi comme moi n'avons jamais ouvert cette banquette. Alors pourquoi le soudain intérêt ?

- Je cherche des informations sur le Conseil, dis-je en soupirant.

- Encore ce Conseil ? Mais qu'est-ce que tu as avec ce truc ?

- Tu n'es pas intrigué par la possible double vie de nos parents ? Ainsi que de tous les autres membres des familles Fondatrices ?

- Non pas vraiment, bailla Jeremy en s'affalant sur le canapé.

- Enfin, je me suis trompée, il n'y a rien dans cette banquette. A part des factures. Et la généalogie Gilbert.

- Tu as cherché au fond, demanda mon frère en allumant la télé.

- Oui, Jer, j'ai cherché en dessous des autres papiers.

- Non, je voulais dire, tu as cherché s'il y avait un double fond ? C'est là où je cache ma d... monnaie dans mes tiroirs, se rattrapa-t-il.

- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu petit frère, dis-je en le fusillant du regard. Mais sache que nous allons avoir une conversation sur ce sujet très vite.

- Oui oui Elena. Alors ?

- Ça t'intéresse soudain ? rétorquai-je alors que je tâtai le fond de la banquette.

Je sentis soudain un trou permettant de glisser ses doigts et souris victorieusement. Je débarrassai la banquette de tous les papiers et enlevai le double fond. En dessous, il y avait... de la verveine. Mais aussi des vieux journaux avec...

- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? m'interrogeai-je en sortant un bout de bois.

C'était un bout de bois, le bout était taillé et pointu. Il ne devait pas faire plus de trente centimètres de long et était assez fin pour que je puisse envelopper ma main autour.

- Wow, se réjouit Jeremy en me rejoignant. C'est trop cool !

- Parce que tu sais ce que c'est ?

- Euh... Un bout de bois pointu ? rétorqua-t-il en me le prenant des mains.

- Ha ha très observateur Jer. Je me demande à quoi ça sert...

- A tuer des vampires. Regarde, je m'appelle Buffy, ricana-t-il en faisant semblant de donner un coup.

- Sérieusement Jeremy, pourquoi les parents ont caché ça dans la banquette ?

- C'est peut-être l'ustensile d'un de nos ancêtres préhistoriques ?

- Jeremy !

- Bah quoi ? Ça ne m'étonnerait pas que papa ait conservé un truc de ce genre. Bref qu'est-ce qu'il y a d'autre dans la banquette d'Ali Baba ?

- De la verveine, d'ailleurs je ne bois plus le truc de maman si elle nous sert de la tisane avec ces fleurs moisies. Des vieux articles de journaux et un carnet.

Je sortis les articles et le carnet avant de feuilleter les informations que mon père avait jugé assez importantes pour les garder. Jeremy se précipita sur le carnet lui, sans lâcher le... bout de bois.

Les articles dataient des années 70 aux années 2000, ils parlaient d'attaques animales. Des victimes retrouvées dans les bois avec des morsures au cou, la chasse au loup était ouverte. Il y avait aussi quelques articles sur des corps brûlés, du trafic de drogue ayant mal tourné selon le département du Shérif.

- Lena, regarde le carnet !

Je sortis de ma lecture pour contempler ce que me montrait Jeremy. Des dessins. Toutes les pages étaient recouvertes de dessins fantastiques. Des créatures légendaires, cauchemardesques.

- C'est des dessins de Jonathan Gilbert, s'enthousiasma Jeremy. Ils sont beaux, hein ?

- Hum, beau n'est pas vraiment le mot. De quand ça date ? demandai-je distraitement.

- Le premier a été dessiné en 1864, répondit mon frère.

Je me redressai, 1864 ? Les premières années où des frères Salvatore sont évoqués.

- Et les articles ?

- Des attaques d'animaux. Et des corps brûlés. Il semble que papa soit un fan de faits divers morbides.

- M'étonne pas du vieux. Ce carnet est vraiment excellent, j'aimerais bien le garder, rêva Jeremy.

Je lançai un regard tendre à mon frère. Depuis qu'il était tout petit, Jeremy adorait dessiner. Je me rappelais de lui, à cinq ans, revenant de la maternelle avec un dessin pour me le montrer, tout fier avec ses mèches noires lui tombant adorablement sur le nez. En grandissant, sa passion s'était intensifiée, tout comme son talent. Mais depuis qu'il s'était disputé avec notre père, il n'avait pas retouché à un crayon. Alors cela me réchauffait le cœur de le voir si enthousiaste, des étoiles brillant dans ses yeux noirs.

- Sauf que si les parents doivent regarder, ils s'apercevront que le carnet manque.

- Et puis ? Je leur dirai que je l'ai trouvé au grenier, ils penseront qu'ils l'ont mal rangé.

- Trop risqué, contrai-je.

- Toi qui voulait confronter papa, avec ça il sera obligé de te dire la vérité.

- Ou alors il se renfermera encore plus et il m'engueulera pour avoir fouillé, rétorquai-je. Tu ne peux pas le garder !

- Tiens, il y a des notes à la fin. On dirait une sorte de journal intime, nota mon frère attentivement.

- Montre moi, exigeai-je en tendant la main.

Jeremy continua de lire sans se préoccuper de moi. Je voyais bien qu'il faisait exprès et je commençais à m'impatienter.

- Jeremy, articulai-je sur un ton menaçant.

- Si je peux le garder, je te montre, proposa-t-il.

- Je t'ai dit que tu ne pouvais pas ! Mais j'ai peut-être une idée.. Papa ne sera pas là avant sept heures voire huit heures. Et maman est..

- Partie à un thé avec Carol Lockwood, compléta Jeremy.

- Donc on a le temps de faire des photocopies.

Le garçon brun leva un sourcil et je lui fis mon plus beau sourire. En un instant, nous montions quatre à quatre les marches pour aller au bureau de notre père. Nous nous précipitâmes vers la vieille porte marron et j'essayai d'ouvrir. Verrouillée.

- Depuis quand papa verrouille cette pièce ?

- Tu as déjà essayé d'y aller quand il n'était pas là, contra Jeremy.

- Non. Et toi ?

- Niet.

- Il l'a toujours verrouillée alors ? Mais pourquoi ?

- Peut-être pour qu'on ne tombe pas sur des papiers révélant des informations sur le Conseil.

- Je suis déjà allée dans ce bureau, il n'y a jamais rien eu de bizarre. A part peut-être le rangement parfait de papa, très étrange. Je veux dire, il classe ses livres par ordre alphabétique !

- Tu n'as jamais fouillé ses tiroirs, j'imagine, me fit remarquer Jeremy.

- Pas faux. Il faut entrer, dis-je fermement.

- Où est-ce que papa pourrait avoir caché sa clé ?

- Et si on crochetait la serrure ?

- Tu l'as déjà fait peut-être ?

Je repensai à notre escapade d'hier soir et grimaçai. Mon expérience de crochetage ne s'était pas très bien passée. Mais mon frère peut-être.

- Non. Mais toi...

- Hey, je suis peut-être un adolescent turbulent mais pas un délinquant, protesta mon frère. Enfin, ça ne coûte rien d'essayer.

- Non ! m'exclamai-je. Imagine l'épingle reste coincée, papa comprendra qu'on a essayé de s'introduire dans son bureau.

- Bien pensé... Trop bien pensé même. Elena ?

- J'ai juste une bonne logique. Mais j'ai une idée, suis moi, ordonnai-je à mon frère. Oh et prend un sac pour mettre les papiers dedans, t'auras besoin de tes mains !

Je me précipitai pour aller sortir de la maison. Nous contournâmes la maison avant d'aller dans le jardin. Je marchai jusqu'à être en dessous de la fenêtre du bureau. Elle était ouverte.

- Merci papa pour sa maniaquerie, murmurai-je.

- Tu veux grimper, s'étonna mon frère.

- Si on passe par le saule, on peut atteindre la rambarde et aller jusqu'au rebord de la fenêtre, expliquai-je en montrant à mon frère.

- Ça m'a l'air dangereux et difficile.

- Je l'ai déjà fait une fois. Arrête de râler et grimpe !

Je fus la première à grimper sur l'arbre, Jeremy près derrière moi. Atteindre ma fenêtre était la partie facile. Longer le mur en marchant sur une petite bande de quinze centimètres était plus difficile. M'agrippant à la gouttière au-dessus, je commençai les petits pas. Il n'y avait pas beaucoup d'écart entre ma fenêtre et celle du bureau mais dans cette position, on aurait dit des kilomètres de distance. Jeremy haletait derrière moi, mes mains glissaient et mes pieds dérapaient parfois.

- Si je meurs à cause de toi, je te hanterai, me prévint mon frère.

- Parle pas, tu me déconcentres !

Il ne restait plus que quelques centimètres. Prudemment, j'accélérai pour la fin et sautai à travers la fenêtre. J'atterris gracieusement sur mes pieds, accroupie, mais mon frère n'eut pas cette chance. Non, il tomba sur moi et je m'étalai sur le sol sous son poids, l'air expulsé hors de mes poumons violemment.

Jeremy jura et grogna avant de rouler sur le côté. Je ne sentais plus mes côtes et je restais allongée quelques secondes. J'allais inscrire mon frère à la gymnastique, c'est décidé.

- Bon, tu te lèves ?

- Excuse moi de ne pas être pimpante après que tu te sois écrasé sur moi, grognai-je.

- Je suis désolé.

- Bon, tu t'occupes des photocopies, je m'occupe de fouiller, dictai-je.

- Bien chef.

Je balayai la pièce du regard. Le bureau de John était arrangé à la manière des vieux offices : une bibliothèque recouvrait l'un des murs et un imposant bureau en chêne était placé au milieu de la pièce. Un tapis persan vert, doré et bleu s'étalait sur le sol, des étagères avec des objets insolites étaient accrochées au mur de gauche et un planisphère était posé sur le bureau ainsi qu'une vieille lampe en fer. La photocopieuse et l'ordinateur posés dans le coin gauche sur une petite table contrastait avec l'ambiance ancienne de la pièce. L'arbre généalogique de la famille Gilbert recouvrait le pan de mur à droite de la porte.

Curieuse, je m'avançai pour le regarder. Jonathan Gilbert était le premier des Gilbert ici à Mystic Falls. Lui et son frère étaient le début de notre arbre, faisant d'eux les Fondateurs. Ils avaient eu trois et quatre enfants respectivement. Mais seuls les enfants de Gray Gilbert avaient continué la lignée, ceux de Jonathan n'avaient pas enfanté.

Je me dirigeai ensuite vers le bureau. Il était large avec plusieurs tiroirs sur le côté et de magnifiques gravures le couvraient. Il datait des années 1860, l'un des premiers meubles de la famille Gilbert. J'ouvris le premier tiroir. Vide. Le deuxième contenait des papiers inintéressants sur la comptabilité de la ville. Et dans le troisième, il y avait une clé. Une petite clé dorée.

- Jeremy, qu'est-ce que cette clé peut ouvrir, demandai-je.

- Aucune idée, répondit mon frère en s'approchant. Il n'y a pas de coffres quelque part ?

- Non, soupirai-je alors qu'un bruit de voiture se fit entendre.

- C'est maman, s'alerta Jeremy. Faut qu'on file.

Il rangea les papiers dans le sac avant de s'enfuir par la fenêtre. Il était déjà à mi-chemin lorsque je posai le pied sur la rambarde. En arrivant au saule, je vis la voiture de ma mère se garer. Jeremy était près de la dernière branche. Je descendis à toute allure et sautai quand je fus assez près du sol avant de courir vers la porte de derrière. Je ratai mon atterrissage et égratignai mon genou en tombant. Mon deuxième genou. Deux blessures en à peine deux jours, je commençais à en voir marre. Jeremy m'aida à me relever et me transporta jusque dans la cuisine pour que je puisse m'asseoir.

- Ce n'est pas beau à voir, grimaça mon frère alors que je soulevai mon jean.

Ma peau était sale et ensanglantée, la douleur était supportable mais j'étais sûre d'avoir une belle croûte d'ici la fin de la semaine. Au moins, elle serait assortie avec l'autre. Les jambes nues étaient définitivement éliminées de la soirée de samedi... Caroline me tuerait, j'étais persuadée qu'elle aurait voulu me faire porter une robe.

- Le salon, paniqua soudain Jeremy. On a oublié de tout ranger !

Nous entendîmes à ce moment les clés tourner dans la serrure. Jeremy se leva brusquement et se dépêcha d'aller à la porte d'entrée. Je me lançai à sa poursuite en boitillant, la blessure me gênait même si elle n'était que superficielle.

Jeremy bloquait la porte lorsque j'arrivai dans la pièce. Il me mima de ranger le bazar que nous avions laissé par terre et je me jetai à terre. Bout de bois pointu, vieux articles de journaux, carnet et double fond refermé, je balançai les autres papiers en vrac dans la banquette. Dehors ma mère nous appelait en disant qu'elle était coincée, que la porte ne voulait pas s'ouvrir.

Je fis signe à Jeremy de la laisser entrer et dès qu'il eut débloqué la porte, il se précipita de mon côté. Ma mère finit donc par entrer et nous essayâmes de paraître les plus innocents possible.

- Maman ! Qu'est-ce qui se passe, demandai-je en essayant de paraître surprise.

- La porte était bloquée, répondit-elle en la refermant. Je vais demander à votre père de regarder, la charnière doit sûrement être cassée. Tu n'as pas eu de problèmes pour rentrer ma puce ?

- Nope, aucun problème. Il y avait peut-être un caillou ?

- Peut-être.

Jeremy ne pipait pas un mot et souriait béatement. A ce rythme, notre mère finirait vraiment par devenir suspicieuse. Ma mère se tourna pour poser son long manteau rouge et je donnai discrètement à mon frère un coup de coude avant de montrer son visage en fronçant les sourcils. Il comprit car instantanément il reprit son visage habituel d'adolescent en rébellion contre ses parents.

- Mais qu'est-ce qui s'est passé, s'écria ma mère.

Oh mince, elle nous avait repérés ! Comment avait-elle compris, est-ce que les mères avaient vraiment ce sixième sens les informant dès que leurs enfants faisaient une bêtise ? Je commençai à croire que oui..

- J-j-je... Et il.. , balbutiai-je sans savoir quoi répondre.

- De quoi tu parles, maman ? demanda Jeremy anxieusement.

- Du genou d'Elena voyons ! Tu es tombée ?

- Oui, réagis-je rapidement. On était dans le jardin et j'ai trébuché sur un caillou.

- C'est pour ça qu'on est arrivé si tard à la porte, renchérit Jeremy. On ne t'entendait pas de là-bas.

- Il faut désinfecter, annonça ma mère. Allons à la salle de bain !

- Bien sûr ! On a eu chaud, ajoutai-je à Jeremy en chuchotant.

- Oui, répliqua-t-il sur le même ton. Je mettrai les photocopies dans ta chambre !

J'acquiesçai de la tête puis suivis ma mère à l'étage. Ce soir, il y aurait de la lecture au programme.

oooooooooooooo

Le dîner s'était passé sans encombres. Un faux sourire sur les lèvres et un hochement de tête intensif avait suffi pour que mon père oublie toute l'histoire de mon escapade et que le cours normal des choses reprennent. Mais en vérité, je rêvais d'aller chercher le bout de bois pour le montrer à mon père et d'exiger de savoir quelle était son utilité. Et j'étais aussi pressée d'aller lire nos découvertes pour en apprendre encore plus.

Maintenant, j'étais sur mon lit, assise en tailleur et prête pour ma lecture. J'avais étalé tous les articles devant moi et j'essayais désormais de les classer par date. Le plus vieil article remontait à 1975, l'année de naissance de mon père. Donc ces recherches de faits divers n'avaient pas commencé avec mon père mais avec mes grands-parents. Quant au dernier, il datait de 2004. Je me rappelai de l'affaire : Samuel Winters, un pêcheur de la région, avait été sauvagement attaqué alors qu'il faisait une randonnée. Cela avait été un choc pour Mystic Falls, c'était la première mort brutale depuis des décennies. Ou du moins c'est ce qu'on voulait nous faire croire. Puisqu'il y avait de multiples articles sur toutes les attaques animales excepté que ces journaux n'étaient jamais parus. Le Conseil cachait toutes ces affaires, j'en étais sûre. Mais la question était pourquoi ? Comment personne ne pouvait connaître l'existence de ces attaques à part eux ? Empêcher le journal local de publier et les officiers du Shérif de parler était à portée, je voulais bien le croire. Mais la famille ? Les amis ? Les faire taire devait requérir beaucoup de moyens... Et même si le Conseil était composé des personnes les plus puissantes, riches et influentes de cette ville, c'était... beaucoup à avaler. Sinon, il n'y avait pas beaucoup d'informations. Le seul rapport entre ces affaires était que des animaux étaient impliqués ou qu'il y avait des corps brûlés. Sinon, aucun lien.

Je rangeai les articles en me promettant de les amener aux filles, peut-être qu'elles verront quelque chose que j'ai loupé. Le carnet était donc la suite de mon investigation. Je laissai les feuilles avec tous les dessins, elles seraient peut-être utiles plus tard, et me concentrai sur les quelques feuilles avec des notes. Il semblait que mon frère ait eu raison, c'était bien un journal intime. Il n'y avait que quelques dates et c'était surtout des appréciations sur ses inventions. Jonathan Gilbert était donc un inventeur... Je ne me rappelai pas d'avoir entendu mon père parler de ça un jour. Il n'y avait pas beaucoup de détails à propos des inventions, excepté qu'il les préparait pour une ''chasse'' qui aurait bientôt lieu. Développait-il des armes pour tuer des animaux ? Pourtant ses descriptions ne me semblaient pas parler d'animaux.

« 12 mai 1864

Ils se sont reproduits. Nous ne savons toujours pas comment ils se multiplient mais les victimes ont augmenté. Nous supposons donc qu'ils ont ajouté des membres à leur ''meute''. Toute la ville me croit fou. Avec mes dessins et mes inventions. Heureusement, certains sont encore assez censés pour être de mon avis. Giuseppe Salvatore est d'ailleurs venu me voir aujourd'hui. »

Giuseppe Salvatore ? Serait-ce le père des Damon et Stefan de cet époque ? Ou bien un oncle comme celui parti en guerre...

« Il suspecte une infiltration dans sa maison. Il a peur pour ses fils, spécialement Stefan du fait que Damon ne soit rentré de son engagement que depuis une semaine. Je lui ai assuré que la boussole serait bientôt en état de marche et que nous découvrirons bien assez vite la vérité. »

Une boussole ? Ils voulaient utiliser une boussole pour repérer quoique ce soit qui leur étaient menaçants. J'étais de plus en plus persuadée que ce n'était pas des animaux. Je fouillai les feuilles pour trouver des dessins datant de mai 1864. Il y en avait trois, tous représentaient des vampires. Ou du moins son interprétation des vampires puisqu'ils ressemblaient à un étrange croisement entre Nostradamus, une gargouille et des gobelins aux oreilles pointues. Seules les canines me rappelaient les créatures buveuses de sang.

« 15 mai 1864

J'en ai vu un. Je n'ai jamais été si effrayé de ma vie. Je faisais tranquillement ma promenade du soir à travers le cottage, savourant l'air pur lorsqu'un cri a atteint mes oreilles. Je me suis précipité vers la source de ce bruit pour y découvrir la scène la plus effroyable à laquelle j'ai pu assisté. Un homme était en train de saigner une pauvre femme que je reconnus comme Mrs Finners. Je n'ai pu par contre reconnaître l'agresseur. Ce dernier a dû m'entendre arriver puisqu'il s'est retourné. Son visage était déformé par le démon, ses traits noirs et ses crocs sanglants. La créature rugit et se jeta sur moi. Nous roulâmes par terre, mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Je me débattis pour qu'il n'atteigne mon cou nous entraînant donc jusqu'à un parterre de petites plantes fleuries. La créature se mit à crier. Sa peau brûla sous mes yeux et il me laissa pour se relever et s'enfuir. Il semblerait que ces plantes l'ait affecté violemment. En prenant une dans ma poche pour des futures recherches, j'ai couru jusqu'au corps étendu par terre. J'étais arrivé trop tard, la dame était morte. Son cou était violacé, elle avait été drainée de tout son sang, quelques gouttes coulant encore des deux petits trous marquant la morsure à son poignet.

J'ai ramené le corps sans vie chez moi avant d'appeler l'officier de garde pour prévenir le Shérif. En les attendant, je me suis enfermé dans mon laboratoire pour étudier la plante ce qui m'amène à ces découvertes : la plante fait partie de la famille des Verbenaceae, je la reconnais en tant que l'espèce Verbena officinalis ou plus communément appelé verveine. Les créatures de la nuit sont donc affectées par cette plante, ce dont il faudra informer le Conseil immédiatement après leur arrivée. »

Je lâchai ma feuille. Je ne pouvais le croire. Dans ce récit, mon ancêtre parlait de l'attaque d'un... vampire ? Une créature de la nuit, des morsures au cou, drainée de son sang... Tout était là devant moi.

Et la verveine ? Elle serait un moyen de les blesser... Cela voudrait-il donc dire que mes parents nous en donnaient à mon frère et moi pour nous protéger des... vampires ?

Et cela valait pour les autres Fondateurs ? Le Conseil servait donc à ça ? Mais les vampires n'existaient pas, ce n'était que des légendes urbaines et des mythes pour faire peur les enfants... Nos familles seraient donc toutes folles?

Mon téléphone sonna, interrompant le train de mes pensées. Je regardai l'écran, un message de Caroline : ''Alerte rouge, j'arrive, descends.'' Mon cœur accéléra, Alerte rouge ? Est-ce que sa mère avait découvert la pot aux roses ? J'enfilai un pull et un jogging par-dessus mon pyjama et descendis à toute vitesse les escaliers. Mes parents étaient devant la télé en train de discuter.

- Je dois filer, déclarai-je rapidement. Caroline a un problème.

- Elena, il est dix heures moins dix, c'est un peu tard pour que tu sortes, réprimanda ma mère.

- C'est vraiment urgent.

- Elena, intervint mon père. Ta mère a raison, il est tard et tu étais dehors les deux dernières nuits. Tu as même dépassé ton couvre-feu mardi soir. Sois heureuse de ne pas être punie.

- Je ne vous le demanderai pas si ce n'était pas important, suppliai-je.

- Tu es à la maison à dix heures et demie précisément, finit par concéder ma mère. Si tu es en retard, je...

- Je ne serai pas en retard, promis-je. Vous êtes les meilleurs, à tout à l'heure !

Je sortis en courant, attrapant ma veste au passage. La voiture de Caroline arrivait au loin et je me précipitai à sa rencontre. Je m'engouffrai dans la voiture et la regardai cherchant un signe de panique sur son visage.

- Qu'est-ce qui se passe, demandai-je. C'est ta mère ? Elle a tout découvert à propos de l'intrusion dans les locaux ? On va aller en prison ?

- Calme toi Lena ! Il faut vraiment que tu apprennes à gérer ton stress, observa Caroline en tournant à droite au bout de ma rue.

- Où est-ce que tu nous emmènes ?

- Chez la grand-mère de Bonnie. Je n'ai pas réussi à l'avoir de toute la soirée et il y a dix minutes, elle m'a appelé pour me dire trois mots ''Viens chez ma grand-mère avec Elena'' !

- Ça fait plus de trois mots Caroline.

- Ce n'est pas l'important, esquiva la blonde. Bref, elle semblait pressée et avait une voix bizarre au téléphone.

- Okay... Tu es sûre que ta mère n'a rien découvert ?

- Elena !

- C'est bon, c'est bon. Je me renseignais juste !

- Eh bien, arrête ! Tu te stresses pour rien, ajouta-t-elle plus doucement.

Nous arrivâmes devant la maison de la grand-mère de Bonnie. Sans attendre, nous courûmes jusqu'à la porte et toquâmes avec ferveur. Caroline était nerveuse ce qui était un mauvais signe, Caroline ne perdait jamais le contrôle. Bonnie devait vraiment avoir une voix bizarre.

Cette dernière nous ouvrit, un air sérieux assombrissant ses traits. Mes pulsations augmentèrent encore, quelque chose de grave s'était passé. Tous les nerfs de mon corps se mirent en alerte maximum et je commençai à chanceler.

- Bonnie, s'écria Caroline. Est-ce que ça va ? C'est ta grand-mère ? Elle est malade ? Ou c'est toi qui es malade... Oh mon dieu, c'est mortel ? Tu es mourante ? Ou tu es déjà morte et je parle à ton fantôme ?

Caroline débitait des paroles à toute allure et gesticulait avec hystérie. Elle qui parlait de contrôle de stress... Je ne pensais pas avoir déjà vu une personne aussi paniquée. Bonnie ne répondit rien, elle se décala juste pour nous laisser entrer. J'agrippai Caroline pour la forcer à bouger, elle était encore en train d'hurler des paroles ayant ni queue ni tête. Je l'emmenai dans le salon à la suite de Bonnie et l'obligeai à s'asseoir.

- Calme toi Caroline, finit par dire Bonnie. Je ne suis pas morte, ni mourante.

- Vraiment ? Alors c'est ta grand-mère ? Elle est dans son lit allongée et ses dernières volontés sont de nous voir ? Elle a peut-être un grand secret à nous révéler, un peu comme dans ces séries dramatiques à la télé !

- Caroline, l'interrompis-je violemment. Tais toi et laisse Bonnie parler !

Cela eut l'effet escompté et Caroline ferma la bouche, ses yeux grands ouverts et ronds. Je ne voulais pas être méchante mais nous ne saurions jamais le fin mot de l'histoire si elle continuait à divaguer. Bonnie prit une longue inspiration avant de nous regarder fixement, les yeux confus comme si elle avait peur de nous dire quelque chose.

- J'ai quelque chose à vous annoncer. Mais je ne sais pas comment m'y prendre.

- Eh, tu sais que tu peux tout nous dire, rassurai-je en touchant sa main doucement. On est tes meilleures amies, on ne juge pas.

- Oui, ajouta Caroline. Je veux dire, qu'importe ce que tu as fait, je suis sûre d'avoir fait pire !

- Ce n'est pas quelque chose que j'ai fait. Voilà, aujourd'hui j'ai appris quelque chose de très important.

Elle prit une pause et sembla réfléchir à ce qu'elle dirait à la suite. Je serrai sa main pour lui montrer qu'elle pouvait se confier et elle me retourna un faible sourire. Nous étions pendues à ses lèvres. Finalement, elle trouva le courage de nous avouer puisqu'elle nous regarda dans les yeux et parla distinctement.

- Je suis une sorcière.