Bonne année à tous.

J'ai eu un peu de mal pour ce chapitre même si je savais où je voulais aller.

Bonne lecture.

AraHwang


Choix final – Irréversible

(2eme partie)

PDV Severus

J'étais dans le compartiment, changé et accoudé à la fenêtre, j'attendais que Ivy revienne.

J'entendis la porte s'ouvrir mais l'air n'était pas le même que quand c'était elle qui pénétrait une pièce, il était intoxicant prenant à la gorge pour t'étouffer. Je me suis retourné, impassible. Je vis un groupe plus âgé provenant de ma maison, ils étaient bien connu pour leur idéologie très arrêtée Lily ne les aimait pas, à raison, ils détestait tout ce qu'elle représentait, alors que moi à l'inverse je chérissais tout ce qu'elle était.

- J'ai une proposition à te faire petit Snape. Une voix aiguë retenti dans la cabine, elle venait de la femme en tête du groupe.

- Je ne suis pas intéressé. J'ai dis lentement, ennuyé.

Elle s'est lentement avancé vers moi, véritable serpent qui essayait de charmer la proie pour qu'elle se laisse plus facilement dévorer. Penchée sur mon oreille, j'eus un frisson, un qui paralyse, un de ceux qui rend vulnérable.

- Un monde. Un monde où Snape n'est pas un lâche. Un monde où tu es grand. Un monde où on te craint pour tes talents. Un monde de sorcier. Un monde où tu as ta place. Un monde où tu es respecté. Réfléchis-y petit Snape, le seigneur serait fier de t'avoir à ses côtés.

Un rire assourdissant, et le spectre maléfique s'en va. Ce n'avait été que des murmures, perfide litanie qui s'insinuait dans ma tête. Je retrouvais ma position contre la fenêtre, le paysage défilant ne captait plus mon attention. Devenir quelqu'un. Être respecté. Être vu et craint. Ne plus subir. Une vengeance au goût métallique.

Je l'ai entendu entrer mais j'étais trop absorbé par ses perspectives d'avenir, je ressentais ce froid réconfortant, présence permanente à mes côtés. Ivy. Je me suis retourné vers elle.

- Tu seras toujours avec moi ? J'ai demandé tout en me levant.

Tu n'as pas répondu immédiatement.

Je me suis avancé, lentement, dangereusement. Fuis. Fuis tant qu'il en est encore temps. Sauve toi. Sauve moi. Sauve mon âme souillée et abusée. Un monde pour moi. Un monde où j'aspirais la crainte; la sienne, à ce père indigne, à ce voleur de Potter. Il me respecterait. Elle me verrait, moi, l'homme, je la sauverai, elle serait à moi, je l'a protègerais de ce monde qui ne sera plus le sien. Je serais, son unique pilier.

- Qu'as-tu en tête. Que te voulaient-ils. M'as-tu demandé, presque indifférente.

- Devenir quelqu'un. Qu'on me voit. Être une ombre que les gens craignent. Ai-je dis, mauvais.

- Es-tu sûr que c'est la bonne solution. Tu as murmuré doucement, telle une mère conseillant son enfant.

- Elle me verra. J'ai murmuré presque faible, elle, ma mère, elle, ma Lily.

- Elle te voit...

- Plus maintenant. Douloureuse confession, mon visage était si près du tien, incarnation du froid.

- Tu pourrais devenir quelqu'un autrement. As-tu tenté.

- Je ne suis rien dans ce monde, qu'un misérable, ils comptent en façonner un dans lequel j'aurai une place, où je serais grand. Ais-je dis, rêveur.

- Aurai-je la mienne ? As-tu demandé.

Non tu n'auras pas ta place, aussi lumineuse qu'une étoile, aussi fragile que les premiers flocons de neige tu disparaitrais dans la noirceur de ce monde en devenir. Je te perdrais de vue, ta lumière succomberait dans la haine et le sang. Toi si blanche, tu te teinterais de rouge. Le blanc te va si bien. Fuis. Je t'en supplie. Fuis petit éclat de neige, ne te pose pas sur ce sol souillé par l'Homme.

- Seras-tu heureux ? M'as-tu finalement demandé.

- Oui. Affirmais-je, sans appel.

Au fond j'avais peur, allais-je pouvoir t'oublier aussi facilement, toi qui est là depuis le premier jour, toi qui semble graviter autours de mon monde. Toi, silencieuse, toi volute fumée lumineuse qui me montre le chemin. Non. Je ne pourrais pas, ta présence était un réconfort dans mes jours et apaisante dans mes nuits.

- Alors je serais là.

- Bien.

Omniprésence...

Depuis ce jour, Ivy et moi faisions partie à part entière du groupe de Serpentard qui m'avait abordé. À leurs côtés je me sentais grand, on ne me bousculais plus dans les couloirs, au contraire, tout le monde s'écartait à notre passage. Personne n'osait, les représailles auraient été terrible.

Quand je me suis mis à apprendre la magie noire Ivy s'est éloignée, plus pâle encore qu'elle ne l'était. Elle était toujours là mais une distance s'était mise entre nous. Toujours aussi silencieuse, elle ne parlait que quand nous étions seuls. Quant à Lily.. ma Lily.. elle me regardait de loin, une peur grandissante émergeait dans ses yeux verts. Les seuls moments que nous passions ensemble étaient ponctués de dispute, elle essayait de faire en sorte que Ivy prenne partie, que la blanche devait me raisonner, me faire prendre conscience que je changeais.. en mal.

Rien ne fit, je n'écoutais plus que cette voix qui raisonnait en moi depuis que j'étais descendu de ce train.

- Tu n'es plus le même. Une parole dit dans une tristesse infinie. Auparavant j'aurai réagi, j'aurai tout fait pour lui rendre le sourire, ma douce Lily.

...Omniprésence...

Plus rien n'allait, le cœur anesthésié par une magie sombre, j'avais tout perdu.. je l'avais perdu, elle, la seule raison que j'avais trouvé autrefois pour ne pas sombrer dans la tourmente de mon esprit et de quitter ce monde, sans un bruit.

Trois mots crachés et sanglignolant. Une pensée perfide qui fait perdre l'esprit. Une amitié qui éclate sous la douleur. Une colère sourde qui brise les os. Une tristesse infinie qui paralyse. Juste. Trois mots qui ont signés la fin.

Je me souviens de ce jour, il faisait encore un peu froid, l'hiver laissait peu à peu sa place au printemps. Potter m'avait encore prit en grippe, plus seulement parce que j'étais à Serpentard, mais aussi car j'étais un être malfaisant en devenir. Ivy n'était pas présente, rare était les moments où elle n'était pas présente.. quoique depuis cette décision fatidique je voyais sa lumière s'éloigner de plus en plus, se perdre dans le méandre d'une noirceur meurtrière.

Bloqué par un sortilège la tête en bas, Potter me tenait en joug, sans aucun moyen de défense, humilié. J'étais faible. Je l'ai vu, bonté incarnée, me défendre, crier de me laisser descendre. Le sort annulé, j'ai durement heurté le sol, le visage dans la terre encore humide, la rage montait dans mes veines. Instable. Je bouillonnais. Je me suis relevé, j'ai reculé quand j'ai vu Lily se diriger vers moi, le regard inquiet, je l'ai regardé si rudement qu'elle a suspendu son geste.

- Je n'avais pas besoin de ton aide... Ai-je commencé violemment.

- Severus.. Un murmure dans ma colère.

- .. sale sang de bourbe. Ai-je craché.

Une main qui se lève. Un bruit sourd. Une joue rougie. Un souffle court. Des larmes qui montent doucement. Des pas précipités. La fuite. Trois mots. Trois mots ont signés ma fin.

… Omniprésence...

Quand j'ai repris conscience, j'étais dans la salle commune, assis comme à mon habitude sur l'un des canapés en face de l'âtre. Tout était normal, mais l'air qui m'entourait était pesant, je suffoquais. La porte de la salle commune s'est ouverte sur une Ivy malade. Elle est venue près de moi tout en instaurant une certaine distance.

- Es-tu satisfait. Tu m'as demandé d'une voix blanche.

- De quoi parles-tu. J'ai demandé, perdu.

- Tu ne te souviens pas.

Je ne me souvenais pas, en effet une partie de mon après midi n'était pas présent dans mon esprit.

- Ivy...

- Je te conseille de ne plus approcher Lily Evans, pour notre bien à tous les deux. M'as-tu coupé, brutalement.

- Qu'est ce qu'il se passe avec Lily. J'ai demandé, paniqué.

- Tu ne te souviens vraiment pas. Tu m'as regardé, peinée et fatiguée.

Je me suis levé, tremblant, j'avais peur, essayant par tous les moyens de fuir la vérité qui allait me frapper d'une manière violente, qui me prendrait aux tripes et me ferait perdre toutes mes ressources.

- Ils t'ont fait miroiter un monde où tu serais l'un des forts, l'un de ceux qui sont respectés.. au final tu n'es rien de plus qu'un pantin. Soupir de dédain. Jamais encore tu ne m'avais adressé la parole ainsi. Tu l'as insulté Severus, de la pire des manières qui soient.

- Qui. Demandais-je en connaissant la réponse, j'avais eu des flash rapides d'une tête rousse, d'un oeil rougis et d'une chevelure de feu qui s'éloigne.

- Lily Evans.

Et d'un coup tout m'est revenu. Je suis tombé à terre, heureusement pour moi, l'heure était tardive et la salle vide. Je me balançais d'avant en arrière, ne pensant qu'à une chose, me faire pardonner, lui demander pardon, la supplier.

Durant tout le reste de l'année j'ai essayé, en vain, de me faire pardonner par Lily.

Les années ont passées, nous n'étions plus étudiant et c'est avec un regard douloureux que je fixais le château qui m'avait vu grandir. Bientôt je recevrais la marque qui allait officiellement me déclarer comme faisant partie du côté du mal.. de l'autre côté.. l'opposé du sien.

Les années ont passées, et je m'étais accroché à Ivy de toute mes forces. Seule sa présence me réconfortait, seul son aura pouvait m'apaiser. Je savais qu'elle ne voulait pas de cette vie, un ange blanc que je donnais gracieusement aux enfers. Elle m'avait promis qu'elle serait toujours à mes côtés, elle ne m'avait jamais déçu. Alors je me suis raccroché à cette lumière rayonnante, qui au fil du temps s'épuisait, rongée par le monde, détruit par mon orgueil et mon égoïsme, ravagée par ma colère et ma stupidité.

Dans quelques jours je recevrais la marque, ce tatouage qui met fin à toutes les libertés, qui réduit au silence les différences. Un monde grand se profilait à l'horizon et mon regard idolâtrait ce qu'il voyait. Un homme grand, respecté.

Mon regard se posa sur le poignet qui serait bientôt souillé par l'ambition. Je sentis son regard froid sur moi. Nous n'étions plus que tous les deux, comme avant.. comme avant ma rencontre avec Lily.

- Crois-tu vraiment en leurs idéologies. M'as-tu demandé, faussement détachée.

Je t'ai regardé, longuement. Non je n'y pensais même pas, même si au fond de moi je détestais les moldus pour leur intolérance, juste parce qu'une personne avait un don particulier il devait automatiquement être monstre et éveiller en eux la violence.

- Pas vraiment. Soufflais-je.

- Alors pourquoi. M'as-tu demandé, sans surprise dans la voix.

- Pour devenir quelqu'un.

- Tu es quelqu'un.

- Oui, quelqu'un de faible. J'ai répliqué fortement.

J'ai repensé à ma mère, mon père, la violence, les cris.. je n'avais pas su la protéger. Je serrais les poings. Une main blanche et froide s'est doucement posée sur les miennes, Ivy s'était approchée toujours aussi silencieuse. Elle voulait me libérer de mes démons mais le voulais-je.

J'ai levé les yeux vers son visage lisse de toute expression. Ses yeux blancs ont attrapés les miens, certains auraient eu peur de leur aspect limpide, moi je me perdais dans tout ce blanc, ils me rendaient la raison que je semblais perdre au fil des jours.

- Ne fais pas ça, Severus..

- Je suis obligé..

Omniprésence...

Nous étions dans le salon miteux, Impasse du Tisseur vide depuis un an, tu étais assise par terre, le dos calé contre le fauteuil dans lequel j'étais assis. Le regard hypnotisé par les flammes dansantes dans l'âtre. Un voile posé sur tes yeux, tu pensais, regrettais-tu tes choix, les miens ? Moi, je les regrettais de plus en plus. J'étais brisé, jamais elle ne me pardonnerait.

Je me souviens de la nuit précédent la rentrée de notre cinquième année, je me souviens des cris, des pleurs, d'objets qui se brisent, je voulais m'évader. Je me souviens plus vraiment de la suite mais je crois que tu étais là. Je me rappelle de ce rêve, l'unique songe tranquille, je revois ce monde froid, emplie de glace et de blanc.

Un monde où tu en serais le centre. J"avais imaginé un monde pour toi, un où tu ne serais pas regardé de haut, un où les regards ne seraient qu'admiration devant une magie si belle, un où la peur et le dégout n'aurait aucune place.

Tu t'es levée, étirant tes jambes nues, tu t'es rapprochée un peu plus de la cheminée. Avant que tu ne puisses faire un seul moment je me suis levé et j'ai entouré ta taille. Tu t'es figée, petite statue de glace immaculée.

Maintenant, mes nuits ne sont que des cauchemars, où je la perd elle, où je te perd toi. Ce monde dont tu étais le centre disparait peu à peu lui aussi, envahi par la mort et le sang tu t'effaces sans un mot tout en me souriant tristement. Comme si.. comme si tu savais que tu partirais que dans le monde que je convoitais tu n'avais pas ta place.

- Je me servirai de ce monde pour en faire un où tu ne disparaitrais pas. Ai-je dis, mon corps se courbant, ma tête se nichant dans ton cou de glace.

Dans ce monde, je dirais adieu à ma Lily. J'y arriverai, tu endormirais mon coeur. Elle finirait par partir. Toi tu resterais, souffrant en silence, tu resterais.

- Ce n'est pas amusant, Severus. As-tu dis, tremblante.

- Je suis sérieux.

Je te voulais pour moi, à moi seul, je ne ressentirai plus rien à tes côtés. La tristesse, le regret, la haine, la rancune.. envolés.

- Tu ne sais rien de moi.

- Je n'ai que toi.

- Tu vas me perdre.

Comme elle.

- Jamais.

- Tu ne comprends pas, Severus..

- Je n'ai plus que toi.

Je glissais ma main dans la poche de mon pantalon, attrapant la petite chaine glacée. Doucement je l'ai passé sur ton cou translucide.


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AraHwang