Interdiction formelle de mordre, de griffer ou d'utiliser des objets tranchants ! Bon... Plus sérieusement, pour ceux qui mourraient d'envie (il doit bien en avoir, non ? *-*) de lire la suite et fin de cette fic', je suis vraiment désolée, une fois de plus, d'avoir pris tant de temps pour l'écrire, d'autant plus qu'elle est très courte. Ce n'était pas par manque d'envie ou par manque de temps, mais plutôt à cause de mon incapacité à coucher mes idées sur le papier (enfin le clavier plutôt...) que j'ai été si longue.

Quoi qu'il en soit, je suis très satisfaite de pouvoir enfin publier ce neuvième et dernier chapitre et j'espère, comme à l'accoutumée, qu'il vous plaira !

Merci à ceux qui ont eu la patience de suivre "l'aventure" jusqu'au bout !

Meadow


Chapitre 9 : Le miroir de son âme

Tout comme la fois précédente, lorsqu'il atteignit l'obélisque et posa sa main sur sa surface, le Serpentard se retrouva devant les grilles de son manoir.

« Son manoir »… Ces mots résonnaient de manière si étrange dans son esprit… Jamais il n'aurait cru pouvoir un jour disposer d'une telle demeure et surtout pas après sa mort. A vrai dire, même si, au fond de lui, il avait toujours nourri l'espoir que le trépas permettait l'accès à un nouveau monde, une nouvelle existence où il pourrait retrouver Lily, il avait été, au reste, convaincu qu'il ne s'agissait que d'une fin brutale de toute forme d'existence.

L'esprit ailleurs, il atteignit la porte d'entrée. Sans surprise, en l'ouvrant, il découvrit Lily, qui ne tarda pas à quitter le canapé pour avancer sans bruit vers lui. Ses yeux pétillaient d'impatience. Face à son silence, l'homme se contenta d'un bref acquiescement qui suffit à lui faire comprendre la tournure qu'avaient prise les événements, puisque, la seconde d'après, elle vint l'enlacer.

- Tu avais raison, dit-il tout bas.

- C'est-à-dire ?

- A propos d'Harry.

La remarque fit relever les yeux à la sorcière et, après s'être légèrement écartée, elle se mit à l'observer avec attention, mais l'air curieux qu'elle affichait fut rapidement remplacé par un simple sourire. Avant que le Serpentard n'ait le temps de lui demander la raison de son attitude, elle reprit sa position initiale, l'étreignant avec davantage de force. Machinalement, il passa son propre bras autour d'elle. Il lui conta ensuite plus en détail sa discussion avec Harry, tout en se gardant bien d'évoquer la lettre que le garçon lui avait remise.

Ce n'est que le soir même, lorsque Lily se rendit dans la salle de bain, qu'il en profita pour aller la glisser sous son oreiller, ainsi, il était sûr qu'elle pourrait la lire dans la plus grande intimité. En retournant à l'étage inférieur, il se permit de toquer à la porte.

- Oui ? répondit une voix à l'autre bout de la pièce.

- Je vais faire un tour à l'extérieur, ne m'attends pas pour dormir.

- D'accord. Tout va bien ?

Malgré la distance qui les séparait, il décela dans son ton une légère inquiétude.

- On ne peut mieux.

Quelques minutes plus tard, il se trouvait parmi les nombreux arbres qui recouvraient les alentours de la demeure. L'obscurité régnait, mais l'éclat de la lune était suffisant pour permettre à l'homme de voir où il allait, bien qu'il n'y prêtât guère une grande attention. A vrai dire, il réfléchissait. Il cherchait à interpréter le sentiment de bien-être qui l'animait depuis qu'il était revenu au manoir. Evidemment, cette forme de béatitude était en quelque sorte devenue courante depuis qu'il avait retrouvé Lily, mais quelque chose avait changé. Peut-être était-ce aussi la cause des légers fourmillements qu'il ressentait aux pieds et aux mains depuis un petit moment.

Il marcha, longtemps. Une agréable brise s'immisçait parmi les arbres et faisait s'agiter leurs feuilles. Chaque mort se déroulait-elle d'une manière si parfaite, à la limite de l'irréalité ? L'esprit occupé, le Serpentard ne vit pas le temps passer. Lorsqu'il remarqua que cela faisait maintenant deux heures qu'il avait quitté le manoir, il prit tranquillement le chemin du retour, aidé par un sortilège de localisation.

Lily devait probablement déjà avoir lu le contenu de la lettre.

En poursuivant son chemin, il finit par trouver la raison de son complet bien-être : sa mission était enfin achevée. Même au-delà du monde des vivants, il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider Harry et, ainsi, il pouvait désormais se considérer comme libre. Libre de vivre, aussi étrange que cela pouvait paraître. Une autre chose lui revint en mémoire : l'attitude du fils de Lily. Jamais le sorcier n'aurait pu imaginer que l'adolescent pourrait encore faire preuve de confiance envers lui et écouter ses paroles. Toutes ces années, Severus s'était lourdement trompé sur son compte, Harry était loin d'être comme James.

Harry lui avait pardonné, malgré sa haine sans borne et son insatiable rancœur.

Un bruit de pas le poussa instinctivement à sortir sa baguette et à s'approcher de l'arbre le plus proche. Dans l'obscurité, il ne tarda pas à discerner une silhouette dont la vue lui était au moins aussi désagréable que familière.

- Potter… Ta dernière humiliation ne t'a donc pas suffit…

- Qu'est-il arrivé à mon fils ?

- Pourquoi n'irais-tu pas lui poser la question toi-même ? Lui demanda-t-il en esquissant un sourire particulièrement condescendant.

- Réponds-moi.

La rage, ainsi que la crainte, lui donnaient de légers tremblements. Une partie de l'ex-mangemort se délectait de faire perdre son sang-froid à celui qu'il considérait comme un sombre abruti et ne souhaitait qu'une chose, continuer. Pourtant, il refréna cette envie et s'appliqua à paraître moins méprisant qu'à l'ordinaire.

- Il est retourné dans le monde des vivants pour le débarrasser définitivement du Seigneur des Ténèbres.

Un poids immense sembla quitter les épaules de son pire ennemi et il se détendit à vue d'œil, allant même jusqu'à baisser sa baguette. Severus l'imita et l'observa fixer le sol pendant de longues secondes.

- Merci, articula finalement James.

Si le Serpentard fut surpris de l'entendre le remercier il le fut davantage lorsqu'il le vit ranger sa baguette, puis esquisser un geste de recul.

- Que se passe-t-il, Potter ? Aurais-tu enfin compris que tu n'as aucune chance face à moi ?

- Si tu ne prends pas soin d'elle, je te jure que tu n'auras pas assez de l'éternité pour le regretter, marmonna l'homme aux lunettes rondes.

- Pardon ?

- Tu as très bien entendu.

De la simple surprise, Severus en était désormais au stade de la stupéfaction, ce qui lui coupa toute envie de répliquer. Immobile, il observa le Gryffondor se détourner de lui et s'éloigner d'un pas incertain. Etait-ce un piège ? Même si James ne disposait pas de suffisamment de neurones actifs pour mettre en place un tel stratagème, il avait très bien pu se faire aider… Après une longue hésitation, le sorcier plaça sa baguette dans sa manche et se remit en marche, tous les sens en alerte.

Rien ne vint troubler son retour au manoir.

Tout en se changeant, il tournait et retournait les évènements dans sa tête, sans toutefois parvenir à mettre ses pensées en ordre. Il mit cela sur le compte de la fatigue, puis décida finalement de mettre ses réflexions de côté pour la nuit.

Il remarqua, une fois arrivé dans la chambre, la présence de la lettre d'Harry sur la table de nuit de Lily. Le parchemin qu'elle contenait avait été soigneusement replié et rangé à l'intérieur. La sorcière était tournée dans sa direction, un air serein au visage. Elle dormait paisiblement. Sans bruit, le sorcier s'approcha, puis l'embrassa délicatement sur le front, après quoi il fit le tour du lit pour se glisser à son tour sous les couvertures.

L'homme eut à peine le temps de s'installer avant que la Gryffondor ne vienne se caler contre lui, la tête dans le creux de son cou et son bras autour de sa taille. Son corps dégageait une douce chaleur.

Le contact inattendu d'un baiser sur sa peau le fit légèrement frissonner. Pendant un moment, il se contenta d'observer Lily se rendormir, puis il ferma à son tour les yeux, en souhaitant de tout cœur poursuivre son rêve éveillé dans son sommeil.

Une sensation étrange ne tarda pas à le parcourir, alors que ses pensées le quittaient peu à peu.

Délivré du poids de ses sens, il se laissa bercer par les mirages de sa conscience.

Par-delà la lumière, il crut apercevoir une paire d'yeux verts, qui veillaient sur lui.