Chapitre 8
Après ce langoureux et passionnée baiser entre Derek et moi les choses auraient put se passer selon trois scénarios possibles.
Scénario 1, nous nous réveillons en nous rendons compte de l'absurdité de la chose et nous nous mettons, de nouveau, à réagir de façon puérile en nous envoyant des piques à longueur de journée pour cacher notre attirance manifeste (comme nous l'avons précédemment fait).
Scénario 2, nous sommes réellement gêné et tentons un maximum de nous éviter, chose qui s'avérerait difficile en habitant sous le même toit et en considérant que ce toit en question ne fait que 50 m², ne laissant donc guère de choix pour se cacher.
Ou, troisième et dernier scénario, nous faisons comme si de rien était.
J'admets que, au cours de mon insomnie, un quatrième scénario impliquant une fuite par la fenêtre en pleins milieu de la nuit m'a légèrement traversé l'esprit mais, devant l'idiotie de la chose, j'ai renoncée à cette possibilité. Je me suis donc levé sans réel plan d'attaque en misant sur l'improvisation et, finalement, Derek à choisit pour moi.
Il a choisit le scénario 3.
-Nora a appelée. M'informa Derek alors que je m'installai pour petit-déjeuné.
-AH oui ?, m'étonnai-je, faussement intéressée.
-Pour résumé, nous sommes des enfants indignes qui ne rendent pas souvent visites à leurs parents.
Je souris d'amusement et poursuivis, toujours comme si de rien était :
-Nous les avons vus avant-hier.
-C'est vrai, mais avant cela nous leur avons rendu visite deux fois en...
Je vis qu'il tentait de calculer alors conclus à sa place :
-4 mois.
-C'est ça, 4 mois. Répéta-t-il.
-Que veut-elle ?
-Que l'on aille leur rendre visite plus souvent.
-C'est-à-dire ?
-Un week-end sur deux.
-Quoi ?!, m'étonnai-je.
Il releva enfin son regard dans le miens.
-Un week-end sur deux. Répéta-t-il.
La façon dont il me regarda me cloua sur ma chaise. Bon Dieu, cacher notre attraction en vivant sous le même toit relevait déjà du miracle mais le cacher en étant dans notre famille... Autant signer mon arrêt de mort tout de suite car, à la façon dont je me sens rougir, je pense que je ne le cacherais pas plus d'une minute.
-À quoi penses-tu ?, s'enquit-il.
-Rien. Mentis-je.
-Ce « rien » m'a l'air fort intéressant. Partage.
-Ce « rien », n'est qu'un simple « rien ».
-Ce « rien » serait-il en rapport avec ce qu'il c'est passé hier ?, demanda-t-il de but en blanc.
-Hier ? Je ne vois pas de quoi tu parles. Mentis-je de nouveau en le défiant du regard.
Il sourit en coin.
-Vraiment ?
Sa langue passa sur sa lèvre supérieur alors que je me mordis ma lèvre inférieur.
-Quelque chose me dit pourtant que nous pensons à la même chose. Rétorqua-t-il.
Nous nous défions du regard encore plusieurs secondes, sentant clairement l'électricité passer de lui à moi et de moi à lui, avant que je ne revienne un peu trop brusquement sur terre et que je soupire profondément en détournant le regard.
-Que se passe-t-il ?, s'enquit-il, toute trace d'amusement ayant quitté son visage.
-C'est mal, Derek. À tellement de niveau que s'en est même absurde.
Il soupira à son tour.
-Et c'est reparti. Souffla-t-il.
-Reparti ? Tu crois que c'est un jeu ? Bien sûr que j'adore flirter avec toi sous de dissimulées sous-entendus mais au bout d'un moment il faut se rendre à l'évidence : ce n'est pas un jeu, nous ne pouvons pas continuer de faire comme si il n'y avait rien en jeu.
-Tu crois que je joue ?!, s'impatienta-t-il.
Il se leva de sa chaise, contourna la table et se planta devant moi.
-Tu crois que je prends plaisir à être dans cette putain de situation merdique ? Tu crois que je trouve ça amusant de faire croire à tout le monde que tu m'appartiens alors que c'est la seule chose que j'aimerais réellement ?
J'en fus sans voix.
-Cela t'étonnes ?, demanda-t-il en se calmant. Cela t'étonnes que je te veuilles à se point là ? Et je ne parles pas seulement de sexe, malheureusement, ce serait bien plus simple.
-Tu n'as pas l'habitude, hein ?
-De quoi ?, s'étonna-t-il.
-Que ce sois autre chose que du sexe ?
Il sourit légèrement.
-Tu veux dire d'être amoureux ?, rétorqua-t-il.
-Ne dis pas ça.
-Je te l'ai déjà dis hier et je te le redis : je t'aime.
-Arrête. Suppliai-je en baissant les yeux.
-Et si j'ai bonne mémoire, tu m'as répondu que tu m'aimais aussi. Poursuivit-il.
Sa main se posa sur ma joue et me força à relever la tête pour le regarder.
-N'est-ce pas ?, insista-t-il.
-On est tellement dan la merde. Murmurais-je.
-C'est le cas de le dire. Sourit-il. Mais si tu es prête à me suivre, je suis prêt à prendre le risque.
-Quel risque ?
-D'essayer. Toi et moi.
-Rien que ça ?, plaisantai-je.
-Tu n'as qu'à dire oui ou non, Casey. Veux-tu sortir, pour de vrai, avec moi ?
-Que fait-on des parents ?
-On verra ça plus tard, tentons déjà de découvrir si ça peut marcher. Proposa-t-il. Alors ?
-Oui.
-Oui, quoi ?, insista-t-il.
-Oui, Derek, je veux bien essayé de sortir, pour de vraie, avec toi.
-Parfait.
-Parfait.
Il sourit légèrement en coin, ce sourire arrogant que je lui connais si bien, qui parfois à le pouvoir de me mettre hors de moi et qui d'autre fois, a celui de me faire littéralement fondre. Je lui souris en réponse alors qu'il se pencha légèrement.
-Puis-je ?, demanda-t-il, amusé.
Sans répondre, je me suréleva légèrement et l'embrassa. Il souris contre mes lèvres en répondant à mon baiser, se collant d'avantage à moi.
Le soir même nous vivons notre première sortie en couple – officiel -. Nous sommes sortis des millions de fois avec les amis de Derek, qui sont également devenu les miens, mais aucune fois n'a été aussi stressante pour moi que celle d'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que cette fois nous sommes un couple, cela n'est pas simplement un rôle, mais c'est la réalité et cela me fiche une peur bleue. Moi sortir avec Derek, vous imaginez le truc ? Moi, pas vraiment... Nous nous sommes pas vus depuis le matin puisque j'ai passée la journée avec Mélanie et que nous les avons directement rejoins au bowling, ce qui, visiblement, devient leur activité favorite ces derniers temps.
Le sourire qu'il m'adressa à notre arrivé me fit rougir alors qu'il approcha doucement et murmura à mon oreille :
-Est-ce moi ou tu rougis réellement ?
Je le frappai à l'épaule en riant légèrement alors qu'aussitôt il attrapa mon poignet pour m'attirer à lui, me plaquant contre son torse, pour me voler un baiser. Tout le monde nous regarda étrangement, peut-être parce que les signes d'affections telles que celui-ci sont très rare.
Une fois la gêne passée, tout revint à la normale entre Derek et moi. C'est-à-dire, naturel, sans malaise, simplement... nous. Je passai ma soirée assise sur lui, sa tête posée sur mon épaule alors qu'il déposait de temps à autre un baiser sur mon épaule ou dans mon cou. De temps en temps nous devions nous séparer sois parce que c'était à son tour de jouer ou parce que c'était le miens et chaque fois je ressentais ce même sentiment inconfortable et j'étais incroyablement soulagé en retrouvant ma place sur ses genoux.
Après le bowling nous nous sommes rendus dans un bar où Mélanie et moi nous sommes assit au bar tandis que les garçons jouaient au billard.
-Que se passe-t-il entre Derek et toi ?, demanda Mélanie.
-Comment ça ?
-Vous êtes bizarre depuis le début de la soirée, presque... je ne sais pas.
-Je ne comprends pas.
-Amoureux. Lâcha-t-elle, j'arque un sourcil. Non pas que vous n'aviez pas l'air amoureux avant, ça c'est clair que vous l'avez toujours été, vous êtes un couple incroyable. Tenta-t-elle de se rattraper. Démonstratif ! Voilà le mot !, s'écria-t-elle, contente d'avoir trouvée.
-Tu nous trouves plus démonstratif que d'habitude ?, demandai-je.
-Oui ! Alors que se passe-t-il ?
Je haussai les épaules :
-Aucune idée, je n'avais pas vraiment remarqué.
Mensonge. Mais quel autre mensonge trouver pour coller à tout ceux qui ont précédés ?
Mon téléphone bip. J'ouvre le SMS de Mélanie : « Je suis en bas ». Je souris en attrapant mon sac et sors de ma chambre.
-Derek ?
-Hum ?
Il est assit sur le canapé, les pieds sur la table basse. Je soupire profondément.
-Les pieds... Commençai-je.
-Les pieds sur la table !, me coupa-t-il en enlevant ses pieds.
Je souris d'amusement.
-Je vais y aller, Mélanie est là.
-D'accord.
-Je ramène quelque chose à manger pour ce soir ?, m'enquis-je en enfilant mes chaussures.
-Ouai.
-Une préférence ?
-Non, comme tu veux.
-Ok, je verrais ce que je trouve en chemin. Conclus-je en enfilant mon manteau.
Je m'apprêtai à partir :
-Tu n'as rien oublié ?
Je m'arrêtai en riant et fis rapidement demi-tour pour déposer un baiser sur ses lèvres.
-A ce soir. Soufflai-je.
Il me sourit.
-A ce soir.
Je repartis vers la porte alors qu'il lança :
-Je t'aime.
Je m'arrêtai de nouveau, la main sur la poignet en me retournant avec surprise. Il ne me regardait pas, le regard toujours braquer sur la télévision. Je fus surprise par la banalité de la chose et de l'importance presque absurde que cela eut pour moi.
-Je t'aime aussi. Répondis-je doucement.
Il releva enfin le regard sur moi avec incompréhension devant ma mine défaite puis me souris tendrement :
-Un problème ?, s'enquit-il.
-Du tout. Répondis-je. A ce soir, Derek.
-A ce soir, Case. Répondit-il, sur le même ton.
Une semaine, cela ne fait qu'une semaine... Bon Dieu comment fait-il pour déjà me rendre dingue ?
