Posté le : 30 Décembre 2010. Bientôt 2011. Parce que ce millénaire ne nous baisera pas. Pas plus que le précédent.

Note : Voici un chapitre qui fait environ la même taille que le prologue - donc, assez bref. Mais les prochains chapitres seront plus longs et... palpitants. Je dis ça, je ne dis rien ! En tout cas, sachez que cela me fait plaisir d'écrire une telle histoire. C'est toujours drôle de rédiger quelques scènes avec Draco - que vous semblez idolâtrez (ne soyez pas fous tout de même). En tout cas... Je vous souhaite une excellente nouvelle année même si ce sont des mots un peu creux. Donc voici un chapitre spécial nouvelle année que j'ai composé sous l'effet de la marijuana. Non, je plaisante ! x)' En tout cas savourez bien ces quelques mots et si vous êtes sages, le prochain chapitre - un spécial Harry x Draco - viendra très vite.

post-scriptum : le dictionnaire de la plate-forme veut absolument remplacer Draco par Crado. What else ? Ah, j'oubliais : un grand merci à Aleksandre pour sa review - qui m'a fait rire et m'a enchantée. x)'

Post-it : Chapitre de transition ESSENTIEL quant à la suite de l'intrigue. C'est pas moi qui le dit : c'est Dieu.


ROCKRITIC

Chapitre 8 : « 2011 »


Sous-titre : Avec lui

.

.

.

2011. Une nouvelle année. Une année de plus : rien d'extraordinaire, en somme. Pourquoi les gens sont-ils si heureux de passer à une nouvelle année ? Ne se souviennent-ils plus de l'année précédente ? Ont-ils oubliés leurs souffrances passées ? Voient-ils devant eux un bonheur encore plus grand ? Boient-ils du champagne pour oublier ? Oublier que jamais... non, jamais plus ils...

- Draco, viens à l'intérieur : c'est bientôt minuit.

Matheus avait ouvert la fenêtre coulissante qui laissait s'échapper en rafales des odeurs de fête. Draco finit sa cigarette en quelques bouffées et l'écrasa sur la rambarde de son balcon. Londres était sous la neige et on voyait le grand oeil scintiller de ses lumières foraines. Soho était agité. Beaucoup de groupes d'amis festoyaient et chantaient bruyamment. C'était parfait pour un jour de l'an.

C'était vivant.

Son loft était chalereux malgré les couleurs noires, grises et bleus étalées sur les murs. Cela respirait de convivialité et c'était bien la première fois que ça arrivait depuis qu'il était propriétaire... A l'intérieur, plusieurs adultes discutaient joyeusement en faisant tinter leur coupe de champagne. Cela sonnait presque comme les carillons de Noël. Noël qui semblait déjà loin.

Il prit la main que Matheus lui tendait et le rejoignit loin de la solitude, loin du froid, loin de tout. Aujourd'hui, l'appartement était complètement aménagé. Chaque chose avait trouvé sa place - y compris les affaires de Matheus : sa table d'architecte, ses vyniles, ses vêtements et sa joie de vivre. Il avait finit par trouver sa place dans la vie de Draco Malefoy.

Draco, lui, avait appris la vie à deux. Et le fameux "H24" ne lui faisait plus peur...

2011. Une nouvelle année. Une année de plus : rien d'extraordinaire, en somme. Onze années depuis le nouveau millénaire. Onze années symboliques. Onze années depuis qu'il n'avait plus rêver. Et depuis quelques mois à peine il se mettait à penser avenir. Il était enfin tant de grandir.

Grandir pour lui, pour eux, pour ce nous au conditionnel.

Au départ, cela n'avait pas été évident. Ils s'étaient souvent disputés. Il avait même réussi à faire pleurer Matheus - salaud comme il était... Mais tout finissait par rentrer dans l'ordre. Draco faisait des efforts sur lui-même et cela devait se sentir. Encore au jour d'aujourd'hui, il ignorait s'il était amoureux. L'unique chose qu'il savait c'est qu'il ne voulait pas finir sa vie seul... Seul.

Seul.

Seul.

Il n'avait pas choisi Matheus par dépit. Il ne l'avait pas fait venir à Londres par lâcheté. Il ne lui avait pas proposé de partager son existence par peur. Il y avait de ça mais ce n'est pas tout. Dans le coeur de Draco grandissait l'espoir de devenir un peu plus mâture. Matheus le faisait grandir.

2011. Pourquoi les gens sont-ils si heureux de passer à une nouvelle année ? Ne se souviennent-ils plus de l'année précédente ? Hier encore, c'était le flou. Le flou dans sa tête, dans sa vie, dans tout ce qu'il entreprenait. Draco était un enfant perdu. Cependant, il se battait pour se retrouver. Retrouver un sens à sa vie. Retrouver une raison de se lever le matin. Retrouver le courage. Retrouver son rêve perdu.

Il voulait de nouveau toucher au cinéma parce qu'onze ans plus tôt, le cinéma l'avait touché.

Cette année-là, il n'était allé qu'une seule fois au cinéma. C'était une projection en plein air de nouveaux cinéastes. Des moyens-métrages regroupés autour du titre de la chanson London Calling. Ils s'étaient étendus sur la pelouse du mois de juillet - Matheus entre ses jambes - et avaient regardé le film. Draco s'était senti bizarre. Un sentiment d'envie lui gonflait les poumons dès qu'il voyait un acteur sur l'écran.

Cela aurait pû être lui.

Il aurait pû devenir acteur.

Il avait laissé le destin lui passer sous le nez.

Il avait été spectateur de son existence.

Cela aurait dû être lui.

Lui sur l'écran qui aurait jouer.

Lui qui aurait son image agrandie fois dix.

Lui qui aurait peut-être reçu un prix.

Mais tout était au conditionel.

La vérité, la vérité de sa vie, c'était qu'il l'avait raté. Et ça lui donnait envie de vomir. Ce soir-là, sur la pelouse londonienne, il s'était rendu compte qu'ils n'étaient qu'un nombre infinitésimal à atteindre leur rêve. C'étaient les chanceux, les utopistes, les rêveurs.

Putain, mais qu'est-ce qu'une vie sans rêve ?

Une vie sans rêve, c'est de la survie.

Matheus avait eu les yeux brillants. Il aimait le cinéma. Il ne pouvait pas comprendre sa douleur et son désenchantement. Mais Draco avait serré les dents : il endurait ça pour lui faire plaisir. Il fermait les yeux et se disait que le bonheur d'une personne pouvait faire celui de deux...

Il se forçait à y croire. Et il continuait d'y croire, pour la nouvelle année.

2011. Ont-ils oubliés leurs souffrances passées ? Voient-ils devant eux un bonheur encore plus grand ? Boient-ils du champagne pour oublier ? Oublier que jamais... non, jamais plus ils vivront comme avant, que tout changera à partir de maintenant, qu'ils devaient avancer.

Regarder en arrière fait trop mal.

Regarder en avant fait trop peur.

Face à lui, Matheus proposait des petits-fours à leurs invités. C'était si... conventionnel. Si... Monsieur-Tout-Le-Monde. Alors c'était donc ça grandir ? Ressembler à personne, au final. Draco était resté en retrait. Il aurait préféré fêter le Nouvel An autrement. Il aurait aimer emmener Matheus dans une boîte de nuit bruyante, danser jusqu'à en perdre la tête, faire le décompte avec des centaines d'inconnus, les embrasser sur la bouche dans la folie de l'instant, rire aux éclats, et sentir les canons mousse innonder la piste de danse. Il voulait un Nouvel An comme on en fête à 18 ans.

Mais cette année-là, il allait en avoir trente. Trente ans, c'était l'âge d'une momie. Il avait déjà trop vécu. Et là, une année de plus : 2011.

Draco s'enferma dans son bureau. Il n'en pouvait plus de cette décevante banalité, de cette vieillesse qui ne tarderait plus à arriver, de la mort qui faisait déjà le décompte...

Il appuya sur ses messages du répondeur tandis que les autres dans le salon entamaient le compte à rebours.

10

Bip.

"Monsieur Malefoy, ici votre banquiaire Caroline Parker. Je venais vous prévenir que votre dernière transaction..."

Il effaça le message.

9

8

7

6

"Monsieur Malefoy, ici Mr Mayfair, directeur de la maison d'édition où vous nous avez déposé votre manuscrit il y a plusieurs mois de cela. Etant donné que vous n'avez pas répondu à notre courrier je me permets de déposer un message. Votre livre a été retenu par le comité de lecture. Il est un peu long mais... peut-être qu'avec quelques arrangements ça passera bien. Veuillez me contacter au..."

5

4

3

Le coeur de Draco se contracta.

2

1

Et le monde entier se souhaitait bonne année. Draco avait toujours son doigt appuyé sur la touche écoute du répondeur. Il était trop choqué.

- Bonne année, murmura une voix derrière son dos tandis qu'un baiser lui chauffait le cou. Pourquoi tu n'es pas resté avec nous ?

- Crise existentielle je présume, répondit Draco d'une voix lointaine.

- Il s'est passé quelque chose ?

- En dix secondes, oui.


Sa plume grattait le papier, en bas d'une page. Il signait. Il signait un contrat de publication. La démarche avait été longue et laborieuse mais finalement... c'était arrivé : un coup de tête venait de transformer sa vie.

S'il y avait bien un mot pour qualifier cette nouvelle année, c'était bel et bien "tourbillon". Draco s'était senti aspiré dans une vie à mille lieux de ce qu'il s'était imaginé, ni acteur, ni journaliste, mais écrivain.

Putain, il devenait écrivain.

Certes, il avait dû faire des concessions - comme couper son livre en deux et réécrire des passages entier - mais l'aventure en valait la peine. C'était un nouveau métier, de nouvelles perspectives, un nouveau souffle... une nouvelle vie.

2011 allait passer comme un coup de vent.

- Bon et bien, maintenant... il ne reste plus qu'à tout imprimer, prononça Mr Mayfair.

- Ce n'est pas qu'un livre pour moi, vous savez, répondit Draco en déposant son stylo noir sur la table. C'est une vie entière.

2011 signait une renaissance pour Draco Malefoy. Cette nouvelle carrière qui se dessinait lui permettait d'oublier. D'oublier son rêve manqué. Et surtout, d'avancer... Le reste : personne ne s'y attendait.

Le soir même il s'était endormi au milieu du lit, comme à son habitude. Matheus avait dû se blottir contre lui, faute de pouvoir trouver de la place autrement. Il sentait bon. Il sentait le parfum de leur première nuit à deux : vodka tagada. Matheus avait distraitement caressé ses cheveux tandis qu'il dormait. Il le sentait rajeunir contre sa peau. Il était beau quand il dormait. Dans ces moment-là, il n'était plus soucieux. Il n'était plus ce salaud adorable. Il ne faisait plus semblant.

- Tu mouriras jeune Draco, murmura Matheus. Tu mouras jeune parce que tu l'es, tu l'as été et tu le seras toujours.

Son torse se souleva en une respiration lente et profonde. Il était parti. Parti trop loin. Parti dans une vie peuplée de songes... Ses doigts s'entrelacèrent aux siens. Quand 2011 avait sonné, Matheus n'a souhaité qu'une chose : qu'ils ne soient pas séparés.

Les réveils l'un à côté de l'autre s'étaient succédés. Et l'angoisse montait chez Draco. Son livre allait sortir. L'espoir allait entrer dans sa vie. Le succès médiatique était au rendez-vous. Parce qu'on s'était souvenu de lui - ROCKRITIC. On s'était souvenu des chroniques du vendredi. Et les gens étaient curieux de savoir quelle personne se cachait sous ce masque.

Et sous le masque se cachait un homme, avec ses forces et ses faiblesses.


- Il veulent adapter le livre de Rockritic en film.

- Et en quoi ça me concerne ? tonna Harry Potter en rangeant ses papiers.

- Ils ont d'abord penser à toi, répondit son meilleur ami et agent - Ronald Weasley.

Le cinéaste eu un rire méprisant.

- Ah, ils ont pensé à moi ? Et ils ne trouvent pas ça bizarre que je réalise un film qui parle de moi ? Cela ne serait pas très objectif. De toute manière, je ne suis pas intéressé par le projet. Je n'ai pas envie de faire le film du mec qui s'est amusé à bousiller ma vie.

- On s'en fout de ça ! s'écria Ron. Ce qui est important, c'est que ce bouquin ait du succès, qu'il y a matière à travailler. Ce n'est pas ce que tu cherchais ? Une bonne histoire à raconter ? Eh bien, on te la sert sur un plateau. Tu as pratiquemment déjà le scénario d'écrit. Cela serait une grosse erreur de refuser ce contrat...

- Hors de question !

- Mais, Harry... sois raisonnable et mets ton orgueil de côté. C'est une chance en or ! En or, tu m'entends ?

Le cinéaste haussa des épaules tandis que son agent s'approchait pour déposer sa main sur son épaule.

- Le destin ne frappe pas deux fois à la même porte. Ce film peut relancer ta carrière. Et... Et tu ne vas pas me croire mais l'auteur a dit que... que si ce n'était pas toi, cela serait personne d'autre. Il veut que cela soit toi qui tienne la caméra. Si tu t'obstines à refuser juste pour une question d'égo, tes confrères te trouveront puérils... C'est une décision trop importante pour ne pas y réfléchir. Mais... Mais pense à une chose : Rockritic est l'auteur de ce livre. Si tu acceptes de tourner, tu acceptes également de travailler avec lui.

A suivre