Les nombreuses années qu'il avait passé ici paraissaient se transformer en siècle à mesure que le temps s'écoulait encore. Au début, il avait commencé à barrer le mur à chaque nouveau jour, mais il n'avait pas la notion de temps, il ne distinguait plus la nuit du jour et s'endormait à chaque maigre repas que Dumbledore lui apportait. Il était faible, plus qu'il ne l'avait jamais été auparavant.

Mais depuis un moment, depuis qu'il avait senti son enfant et son âme soeur se réunir, il avait retrouvé un raison de se battre encore plus. Il devait les retrouver, il ne devait surtout pas abandonner, ne jamais baisser les bras, peu importe les supplices qui lui infligeait le vieux sorcier.

La lourde porte qui le séparait depuis une quinzaine d'année du reste du monde s'ouvrit dans un bruit. Il grimaça en entendant le vieillard appelé son nom avec sa voix nasillarde et son ton enjoué.

- James-chéri! Tu ne devineras jamais qui j'ai vu ce soir au banquet.

- Si tu m'en parles, il ne peut s'agir que de Harry.

- Notre fils est si beau, mon James.

- Il n'est pas ton fils Albus et je ne suis pas ton James. Je ne le serai jamais.

- Ton assurance s'ébranlera à un moment ou un autre. Je t'ouvrirai les yeux sur Tom, je te montrerai le monstre sans cœur qu'il est et je te prouverai qu'il ne mérite en rien ton amour.

- Il serait temps que tu abandonnes cette idée. Si Tom est tel qu'il est à présent, c'est uniquement ta faute et celle de tes sous-fifres. Tu es tellement obnubilé par lui, que tu ne rends pas compte de tes actes. Tu ne te doutes pas à quel point ils me font te haïr, à quel point tu me dégoûtes. Je t'admirai, plus que mon propre père, et tu as détruit tout ça.

Le regard bleu ciel du plus âgé perdît de son éclat durant quelques minutes alors qu'il regardait son prisonnier finir son plateau repas avec une haine incommensurable. Il le détestait vraiment, mais il s'en fichait, il devait préserver la lumière, préserver le monde. Et pour cela, Harry était sa plus puissante arme. Il se rendait compte que le rôle du vieillard amoureux et prêt à former un famille ne menait à rien, alors il était temps qu'il montre son vrai visage.

- Je ne veux pas de toi à mes côtés Potter, et je ne veux sûrement pas de ton morveux de fils auprès de moi.

- Oh, enfin un peu de vérité, ça te change. Si tu ne veux pas de moi, alors pourquoi continues-tu à me nourrir? Pourquoi me maintiens-tu en vie?

- Je suis un sorcier de lumière, mon âme est pure et je refuse de la salir en commentant des meurtres, volontaires ou non.

- C'est pour ça que tu n'as pas assassiné Grindelwald après t'être servi de lui.

- Il ne méritait pas de mourir. Et puis, il m'a été plutôt utile, il méritait que je le laisse vivre.

- Vivre enfermé comme un criminel à ta place. Tu ne créé que des monstres là où il y avait des gens bien. Tu détruis tout. Gellert, Tom, Abelforth et cette pauvre Ariana.

- Je t'interdis de parler d'elle! Ragea Albus, en attrapant le plus jeune par la gorge et en le plaquant contre le mur.

- Ah oui, sinon quoi? Tu vas me tuer? Demanda ce-dernier, la voix enrouée par la pression.

Le vieil homme lâcha son prisonnier dans un grognement de colère, un éclair de haine pur voyageant un court instant dans ses yeux clairs. Il quitta le cachot d'un pas rageur, murmurant nombre d'injures dans sa longue barbe.

Il savait que James avait raison. Il était plus intelligent qu'il ne lui était possible de l'avouer, mais rien de ce qu'il serait capable de dire le ferait changer d'avis. Il se rendait compte du mal qu'il avait infligé, mais c'étaient des maux nécessaires, et même si des temps en temps il regrettait, il lui était impossible de revenir en arrière à présent, il était aller trop loin pour s'arrêter là. Il devait sauver cette lumière qu'il chérissait temps et détruire ces ténèbres qu'il détestait, ainsi que toutes les particules de magies noires.

Harry était l'arme la plus puissante qu'il ait pu trouvé. Il n'était ni noir, ni blanc. Il était capable de pratiqué toutes sortes de magies, une fois qu'il les avait apprises. Il avait un don et des aptitudes rares dans le monde et pourrait devenir l'un des sorciers les plus puissants au monde, si pas LE plus puissant. Mais Albus ne le laisserait pas faire, Harry lui servirait durant la dernière bataille, mais il n'y survivrait pas, il s'en portait garant.

Installé dans son grand siège, devant son large bureau qui supportait nombre d'objets et de dossiers en tout genre, il se frotta le visage, un sourire mali au coin des lèvres. Toute cela serait bientôt fini, il réparerait les tords infligés au monde et seul son nom s'associera à cette victoire, lorsque victoire il y aura. Après tout, rien ne pourrait l'en empêcher, il était le plus puissant et le plus influent sorcier.

Enfin, c'est ce qu'il pensait.

Dans son cachot, James jubilait. Il avait réussi à lui faire révéler son vrai visage, il ne savait pas encore où tout cela allait mener, mais il était sûr que Tom et Harry allaient tout donner et allait détruire ce vieux fous. Après, il espérait de tout son cœur qu'ils le sortiraient de là et qu'il pourrait enfin revoir les deux amours de sa vie.

Il était sûr que Lily jubilerait, elle aussi, si elle était toujours là. Elle avait véritablement aimé Harry et s'était inquiétée jusqu'à la fin de sa vie de ce que Dumbledore pourrait lui faire. Elle serait certainement heureuse de savoir que le jeune homme avait appris la vérité et qu'il était prêt à se battre, car James était persuadé que si Harry était revenu à Poudlard ce n'était ni pour le jeune Wealsey pour la jeune Granger ou encore pour les cours. Tom était bien plus intelligent que cela!